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dimanche 14 janvier 2018

Super Besse

J'adore Super Besse, groupe biélorusse de pop post-punk veinée cold wave, et ce, pour de multiples raisons. Primo, le nom. Secundo, leur esprit, pas politiquement correct. Tertio, leurs titres sont chantés en russe. Au dessus du chapeau, il y a la qualité mélodique et technique qui inonde les chansons et leurs prestations en live. Comme leurs compatriotes Motorama, il émerge de leur univers toute l'âme slave difficile de mettre à terre, suivant le sillage de grands comme Joy Division, The Cure et Bauhaus. Basés à Minsk, le trio signe en 2015 son premier album nommé 63610 qui est le code postal de la station Super Besse en Auvergne et part le présenter au public en Allemagne, en Russie, dans les pays baltes, France, Italie, et sera au festival Eurosonic aux Pays-Bas le 17 janvier 2018. En octobre 2017, le groupe signe son deuxième album appelé La Nuit et sans surprise, les neuf titres sont des joyaux.





Les efficaces et inspirés Super Besse sont Maksim Kulsha au chant et à la guitare, Aleksandr Sinica à la basse et rythmiques, Pavel Mikhalok aux synthétiseurs. Le sublime La Nuit attaque, dégaine le menaçant et solide Predlogenie qui a la subtilité de vouloir dire 'suggestion'. Le tempo endiablé est autant mené par la boite à rythmes que par le jeu de basse, le chant et le synthé. Le titre suivant, Yunost, enchaine sans pause et l'effet est à couper le souffle, hypnotisant et bondissant. Les notes virevoltent sur le thème de la jeunesse évoqué, mis en beauté par la guitare électrique. Les voix en écho ornent l'ensemble pour cristalliser et renforcer l'effet glacial réussi quand Vsega reprend le thème du 'temps' en jouant sa mélodie nerveuse et éclaboussante. Omut suit en happant et paralysant l'attention, comme une spirale psyché qui abolit toute résistance. Le titre parle d'un bain tourbillonnant ; Son tempo révolté ferait devenir punk tout le peuple de Sibérie. Net Nichego poursuit la magie cold avec ses arrangements vitaminés et le chant de Maksim ensorcelant. Les cloches de Noch immobilisent nos oreilles dans une ascèse parfaite. Leur carillon plonge dans un romantisme froid absolu qui commence à fondre pour in fine s'embraser sur Krug et son synthétiseur au tempo tendu, incessant. L'excellence et le somptueux esthétisme sonore continuent avec Strah qui parle de peur. A armes égales, les cordes et claviers scintillent. La rythmique binaire, comme des pulsations cardiaques sur le chant plein de charme, forment un ensemble homogène et donne de l'impulsion sur le dernier titre Doroga Domoi d'une beauté concise totale.
SuperBesse





samedi 13 janvier 2018

Marc Elston

Commençant sa carrière d'auteur-compositeur dans les années 90 avec la formation Bulldozer Crash, Marc Elston apparait avec le nouveau groupe The Liberty Ship en 2003 à Nottingham signant l'opus Tide chez Matinee Recordings inspiré de la veine Sarah Records. En 2014, Marc se remet en selle avec l'alias Franklin's Kite et peaufine de nouveaux titres en studio, des joyaux pop comme le beau Mumble, orchestré avec la complicité de Adriano do Couto du groupe Postal Blue. Je vous invite à écouter les reprises et les inédits de The Liberty Ship sur les compilations du label Matinee Recordings comme celle de The Smiths sur Romantic and Square is Hip and Aware.

Depuis quatre ans, Marc Elston continue son épopée en cavalier seul avec son frère Graeme au mixage des albums magnifiquement construits pour séduire les fans d'indie pop. The Colours They Bring parait en 2016 parfaitement complet avec ses 15 chansons pop. L'auteur-compositeur anglais, le grand songwriter devrais-je dire, griffe ses compositions de rythmes vitaminés, d'un grain de voix sophistiqué, cristallin, de textes somptueux et solides, ornés de partitions de guitares géniales. Les embardées pop qu'il mène avec son âme britpop donnent envie d'y revenir et c'est une joie de recevoir son tout nouvel album I'll Build A Better Castle en ce début d'année 2018.



Marc consacre ses écritures aux endroits qu'il aime, ceux qu'il connait, comme la Normandie où l'artiste a une maison ou encore la vallée de la Loire où il passe ses vacances l'été dernier. De Honfleur, Fécamp, Etretat le voyage se poursuit dans les villages du Loiret et sa vallée, admirant les champs d'épeautre au coucher du soleil. I'll Build A Better Castle nait le long de la Loire l'été 2017 et à son écoute, les mélodies me semblent familières, amicales, comme une évidence du mariage culturel anglais aux contrées françaises visitées. L'ode à la campagne ouvre ses volets sur Le Pire, introduction voluptueuse avant de lâcher l'arsenal de guitares, le nez au vent, sur la vertigineuse I'll Build A Better Castle et son tambourin en lice. La batterie offre une rythmique dansante pour accompagner une histoire d'amour aux remparts hauts mais sensibles.



Puis le manège de notes sur The Great Outdoors fait voltiger la mélodie pop, où guitare et tambourin alliés accompagnent le texte décrivant une géographie étendue pour deux amoureux qui se retrouvent avec la Head In The Clouds. La ritournelle délicate sautille et sonne estivale pour écarter toute inquiétude, tout nuage. De manière logique, pleine d'émoi intimidant, arrive la magnifique Speechless, ancré dans la douceur et le sillage de groupes comme Pale Fountains et Blueboy. I Was Lost évoque le thème du mouvement et des pleins scéniques, agrémenté de poésie et d'arrangements façon Lucksmiths et Lloyd Cole à ravir les amateurs.
Marc fait preuve d'ingéniosité pour les harmonies et de talent mélancolique. Les titres se suivent, surprenants, alternant les tempos comme sur Idle Talk, invitation délicieuse à l'école buissonnière qui donne envie de danser. Le créneau indie continue l'envoûtement avec You Cannot Feed A Family puis Wake Up avec ses claviers aériens typés eighties. Marc Elston poursuit son avancée rafraichissante et colorée comme une carte routière en 3D avec Three Speeds que j'aime beaucoup. Cette mélopée touchante parle d'un cycliste que Marc croise tous les jours sur le chemin de son bureau avec ce regard tendre de l'artiste tout comme l'avis peu positif que ce regard peut avoir avec I'm Glad That I'm Not You. Ici le lieu évoqué est le 'demi-monde' habité d'artistes gonflés et gonflants, fui, soigneusement évité par Marc qui ne les envie pas sur des arrangements extrêmement jolis et une stabilité vocale émouvante, vibrante. Le fort de Marc Elston est de nous emmener par la main à travers ses disques pour une balade d'été, battant la campagne avant de déguster un vin de Loire à l'ombre d'un clocher de village. I'll Build A Better Castle est un voyage poétique, aux ingrédients mélodieux et catchy, à la saveur feutrée ou pétillante, brodé avec qualité et savoir-faire pop.
MarcElston

Normandie by Sundown from MJE on Vimeo.



samedi 6 janvier 2018

Mitya

Sous l'alias Mitya se trouve le maestro Mitya Burmistrov, un artiste russe qui dégaine plusieurs cartes de visite avec sa tête d'angelot et son oreille absolue. Multi-instrumentiste, il joue vraiment de son don et de sa capacité à s'adapter instinctivement au son qu'il produit pour en fondre une sculpture sonore immédiate. Doué et passionné, le jeune musicien originaire de la ville de Kazan est en plus d'être compositeur un producteur accompli. Il grandit dans une famille qui aime la musique et enfant, il infiltre ses oreilles dans les vinyles de ses parents qui écoutent Led Zeppelin, Beatles, Black Sabbath, Elton John, Queen, David Bowie et Supertramp. Grandissant, il apprend à jouer de la guitare, basse, batterie, flûte, piano et commence à écrire des morceaux pop psychédélique, dance et electro.



Mitya apparait en 2015 avec son premier EP Crest et ses titres superbes enregistrés avec La Primavera Orchestra pour les cordes. Suivent les originaux et surprenants singles Christmas Eyes puis Fabula Spatium, l'excellent reprise de Deep Purple Space Truckin', le très cuivré Destination qui marque le thème leitmotiv du voyage. En 2016, paraissent l'EP Meta, le single Omen Over Sky qui précède le deuxième EP Monument de décembre dont tous les titres sont géniaux.

Monument s'ouvre sur Omen Over Sky aux allures psychédéliques sublimes. Je pense autant à la pop des Beatles, Kinks qu'à MGMT et Neutral Milk Hotel quand jouent le clavecin, la flûte et la basse sur la batterie gaillarde et la guitare électrique hypnotique. On plonge dans le bain de la production huilée et addictive en chantant à tue-tête sur "What sound I found? Is it new, is it lightful Blue or delightful for you?". L'envie de danser est saisissante quand 1 Life Is Not Enough déploie ses ailes dance et funky avec sa mélodie qui happe les émotions. Le groove poursuit son ascension avec Easy , superbement menée et affranchie de toute contraintes. Mitya tâte, explore, remplit le silence de son aisance pétillante. Varié et fouillé, son style nous emmène chaque seconde sur des sentiers inattendus étudiant comme un expert pop chaque détail et chaque son. Lumineux, le musicien habité par l'âme de Peter Pan et du super héro aux pouvoirs étendus déclare sa flamme à Sandy sur des arrangements psyché incroyablement beaux. Le magnifique EP termine plein de sensualité grâce à Mariem. Alternant entre un tempo langoureux et stellaire, les harmonies deviennent audacieuses, prenant de la vitesse et de la hauteur, mélodique et cohérente. Mitya signe un Monument efficace, à l'orchestration géniale, qui promet une suite en cascade, admirable.
Mitya





vendredi 5 janvier 2018

Shy Shy Shy

Le groupe est apparu en 2015 au coeur du Danemark avec dans leurs carnets des mélodies qui font resplendir l'esprit nordique, l'âme musicale scandinave . Je suis fondue des Shy Shy Shy. Le duo pop efficace coécrit, co'chante, constitué des talentueux Astrid Cordes et Simon Kjeldgaard. Il émane de leurs compositions de la matière. La musicalité est fleurie sans être gonflée de prétention, la maitrise dans la rythmique est soft et dansante à la fois, le chant ajusté et limpide coule fluide et léger comme une bulle de savon sur un ensemble pop aux notes electro-funk-dreamy.
La première signature a lieu en 2015 avec les EP In the Palm of My Hand, suivi de Do Not Ask et de Soft & Hard. Ces titres apparaissent sur Love Songs du 13 novembre 2015. En 2017, année de leur sacrement indie, le single Beautiful Boys & Girls augure du solide et cela ne tarde pas avec en novembre dernier le deuxième single Making a Fool qui sera sur l'album de 2018 qui vient de sortir des matrices.



J'étais passée à côté de Love Songs au moment de sa sortie et heureusement je le déniche et l'apprécie à sa juste valeur. Soft & Hard ouvre le bal amoureux et les cinq titres forment une grappe romantique à savourer pour la saint-valentin. Do Not Ask qui suit dévoile aussi les formidables batteur et bassiste, Asker Bjørk aux baguettes avec Símun Lindholm Mohr et Daniel Brandt aux basses. La douceur pop énergique galope naturellement dans le casque stereo. Les harmonies vocales sont flamboyantes sur Drive qui nous embarque sur les routes vikings lâchant la pédale et accélérant le tempo pour constamment attraper notre attention . Puis In The Palm Of Your Hand sensuel et atmosphérique lance des notes délicates comme un baiser déposé sur une paume de main . Sa guitare électrique taquine et élégante offre de la reverb qui ouvre la voix au guilleret guiro. Les titres continuent aussi percutants qu'hypnotiques avec le majestueux Anymore, bondissant, langoureux, pour imager une rupture sentimentale sur une interprétation cristalline. Le couple Shy Shy Shy inspiré et lyrique scintille. Love Songs est un mini album au niveau passionnel et mélodique maxi.
ShyShyShy





mercredi 27 décembre 2017

Meilleurs Voeux 2018 !



« N’arpentons pas la route avec la toise, marchons » Alexandre Dumas, Le collier de la reine

« J’aime marcher hors des pistes ; c’est d’ailleurs la figure de ma vie : être ailleurs. » Vincent La Soudière









Sunturns "Sunni"



Red Shoe Diaries "Ice & Snow"


William Fitzsimmons "The Winter From Her Leaving"



Mellow Fellow & Floor Cry "New Year's Eve"


Catholic Action "New Year"


Yung Heazy "Anytime of the Year"


Blot "December"


The Go Find "New Year"


Sunturns "Would You"


Benni Hemm Hemm "Don't Forget the Northern Morning Light"

lundi 25 décembre 2017

Sunflower Bean

Sunflower Bean est un trio new-yorkais formé en 2013, composé de Jacob Faber à la batterie, Julia Cumming à la basse et chant et Nick Kivlen à la guitare et chant . Les trois personnalités s'accordent pour jouer et signer des mélopées twee, rock, pop psychédélique brillantes. Les EP Rock & Roll Heathen de 2014, Show Me Your Seven Secrets en 2015 suivis d'une tournée internationale mettent en jambe pour accueillir l'album Human Ceremony en 2016. J'écoute ce dernier disque en boucle, arrivé dans mes oreilles comme par effraction, addictif, aspirant, avec sa production aussi ciselée que l'interprétation et la composition.



Les deux guitares font bloc pour scintiller dans le casque quand commence Human Ceremony et ses quatre minutes de délice sonore. Le titre monte en puissance sur les accords, le tempo, les voix tout en balançant un air sensuel qui défie les paroles pop psychédéliques et mirifiques. Le rythme rock entre sans prévenir, efficace et mélodieux sur un Come On endiablé qui reprend les leitmotiv de l'autonomie, de l'indépendance, la liberté gagnée avec impatience. L'idée est la même sur l'absorbant 2013 qui me rappelle Television Personalities et Sonic Youth suivi de l'excellent Easier Said à la ritournelle dansante et enveloppante pour évoquer le temps, l'âge et les responsabilités attenantes. Le schéma décoiffant et électrique poursuit sur This Kind of Feeling aux sonorités coldwave dans la basse, aux mots révoltés avant I was Home avec sa notion psychédélique de déplacement dans le temps et l'espace. Tandis que le besoin de danser étreint déjà, Creation Myth ne laisse aucun répit et fait repartir pour un tour de dodelinement dément.



Entre le froid et le chaud, le paradis et la terre, la dissonance et la distorsion sont aussi dans les arrangement infernaux magnifiques de Wall Watcher . La rythmique devient langoureusement pop fleurissant les harmonies du clavier, des guitare, et du duo basse-batterie sur l'amoureux I Want You To Give Me Enough Time. Les musiciens de Sunflower Bean resplendissent et leur talent de mélodistes explose sur I Just Don't Know puis sur le grandiose rock et psychédélique Space Exploration Disaster qui contient toute leur belle énergie, leur inspiration et leur technique bien maitrisée. Sunflower Bean est de retour en novembre 2017 avec le single I Was A Fool, tournoyant de notes pop dont le tempo enivrant cache une palette d'influences et reflète la capacité des new-yorkais à surprendre.
SunflowerBean





dimanche 17 décembre 2017

Peppermint B

Peppermint B est le projet de l'auteur-compositeur danois Steffen Westmark qui crée le renommé The Blue Van en 2003 pour signer avec ce groupe huit albums jusqu'en 2015. Ses chansons connaissent un grand succès et apparaissent dans des films, séries, publicités, quand les musiciens sont invités sur les festivals et des tournées aux quatre coins du monde. Le voici en cavalier, pas si solitaire, entouré d'excellents musiciens pour ce nouveau très pop et mélodieux projet. Peppermint B signe cette année le fabuleux Head Perfume de dix titres. Les influences vont des sixties aux années 90 accueillant Søren Stensby au violon de l'ensemble de cordes Mother Lewinsky, des cuivres assurés par Johan Bylling et Bjarke Nikolaisen, Christian Rindorf à la batterie, Søren Michael Koch à la basse et guitare acoustique, Christian Ki aux claviers et guitare, mixés par Steffen et Christian Ki Dall, masteurisés par Brian Lucey qui travaille avec The Kills et The Artic Monkeys.





Head Perfume est solide en mélodies, en rythmiques variées. Dansant, il offre des titres au comble de la pop et des thèmes qui réchauffent les coeurs. A son écoute, il délivre du sourire, de la musicalité efficace pour opiner du chef fébrilement et de manière addictive. La voix de Steffen, puissante, nous emmène dès l'introduction de New to Me au tempo virevoltant, évoquant des souvenirs frais et vifs. Les choeurs énergiques développent une atmosphère positive qui enveloppe illico les oreilles. La batterie galope combattante poursuivant de façon alternative sur It is Time où la mémoire revient élégante et harmonieuse, pour une ballade romantique proche de l'univers de Ben & Jason et de Wilco. Puis Amber Sun et son saxophone embarque vivement pour une promenade romantique gaillarde ornée du chant de Steffen ensoleillé et consistant. Quand la guitare brillante de Venus de Milo fait des étincelles c'est pour jouer un air soul, funk, qui accompagne des mots langoureux et amoureux. Le tempo taquin musclé, vitaminé, montre sur les mots chantés en français faisant écho au refrain que la sensualité est de mise. L'ambiance Saint-Valentin continue avec la magnifique mélopée pop Because We're Together où le tempo ondule, les guitares tourbillonnent sur des voix fondantes et entrainantes.



Les violons forment un ensemble émouvant sur la rythmique fantastique de Thinking 'Bout the Kid' pour parler de la peur d'un adulte qui devient parent dans le monde actuel. Le titre démontre tout le talent de composition de Steffen Westmark qui habille ses sentiments de sa voix tendue, touchante et rock'n roll. Cette impression se prolonge sur Clear your Mind au tempo endiablé, fort fringant avec son clavier psychédélique résolument impeccable. Quand arrive The Importance of a Kiss, c'est pour délivrer un moment de douceur et de délicatesse sur des harmonies sunshine-pop et un jeu de basse  chatoyant et des accords à la suprématie brit-pop. Cette bonne et belle sensation se retrouve sur le magnifique Friends, sur la batterie et les guitares qui font des pirouettes en balançant une mélodie scintillante qui cache une histoire amoureuse. Perfume Head, à mon avis un des meilleurs albums 2017, rend hommage à Lou Reed. Steffen assigne à l'artiste new-yorkais un caractère d'exception pour boucler son écoute admirablement.
PeppermintB





samedi 16 décembre 2017

Jeanes

A la manière de Donovan, Gruff Rhys, Nick Drake, des poètes John Keats, William Butler Yeats, Robert Burns, l'univers poétique, pastoral et musical de Russell Jeanes est fort émouvant. Jeanes est un artiste, qui transforme en beau tout ce qu'il touche: la poésie, la musique, le dessin, le graphisme et la réalisation de films décrit dans sa biographie comme un : "pastoralfolk songwriter, naturelover, poet...Over many years Russ squirrelled away a collection of poems, melodies, bird song and drawings. Morning's first breath in the trees, swans & geese in morning mists, chance meetings with fox, deer and weasel, 'the secret life of nature'."



En juin 2017, Jeanes fait appel à trois voix duveteuses et cristallines pour enregistrer l'EP Sleeping Leaves. Le disque commence donc avec le majestueux et amoureux Simple Jayne (With Morning Blackbirds) porté avec le grain de voix plein de charme et de délicatesse de Catherine Hershey, musicienne franco-américaine qui l'enregistre dans son appartement parisien. Le texte est inspiré par un article de Ian Macdonald sur Nick Drake disant 'sensitive young people often have a horror of being understood for fear of losing their uniqueness, and in the process finding that they are not as unique as they like to think.' La guitare est assurée par Scott Fraser et les arrangements par Tom Sidebottom présents sur les quatre titres. La chanson est un véritable nectar sonore, dont la poésie irisée est aussi attendrissante que sa vidéo signée de Russell Jeanes. Toujours avec le même enchantement, comme un moment qui nous fait voyager dans le temps passé enveloppé d'une innocence pure, la voix de Catherine continue de scintiller sur Barley hops and yeast et son atmosphère lyrique faite de champs, de domaines, de remparts fruités et sirupeux.


Puis c'est une autre artiste qui vient honorer de sa voix Smiles with Her Eyes. L'américaine Emily Grace Zornado offre son chant harmonieux, son talent au ukulele. Elle apporte de la mélodie aux mots de Jeanes qui entend un jour cette voix pour la première fois sur sa bicyclette, arpentant l'île de Ré, restant subjugué. Les chants d'oiseaux et le buzzing des abeilles apportent une note printanière à la chanson d'une beauté infinie " when the forming fruit rise, see the morning sun and tomorrow arrive, honey bees in fields of blossoming lakes, her skin awakes and she smiles with her eyes, then she arrives, says she is mine, when spring is high, lay down beside and see her smile with her eyes." Le dernier titre, le grandiose Trees Hug Bees, fait entrer une troisième artiste, Léa Decan qui enregistre sa voix elle aussi à Paris. Léa griffe le texte de son chant fleuri et parfumé qui parle d'une promenade matinale, quand les premiers rayons du soleil se lèvent dans le bruissement des feuilles et le balancement des arbres qui respirent et appellent les abeilles à venir les polliniser.

Dougie Harley
With Leaving Birds de novembre 2017 est une histoire écrite dans son cottage dans les bois du Yorkshire, qui parle d'un adieu sur les rives d'un loch écossais. Posée dans un décor automnal, avec la métaphore des oiseaux migrateurs qui partent vers d'autres horizons, elle évoque le départ d'un être aimé pour d'autres contrées. Elle est inspirée par Charles Morton, scientifique anglais du XIIème siècle qui fonde sa théorie sur les oiseaux qui migrent vers la lune et reviennent chaque année et par les légendes d'anciens marins qui croyaient que les oiseaux revenaient de l'espace pour atterrir sur leurs navires. Que ce soit dans les encyclopédies médiévales, chez Homère, ou chez Shakespeare, la migration des oiseaux, l'eau et la mer, inspire et inonde le monde littéraire. Jeanes a sa place évidente dans cette digne lignée.



Ce single, enregistré en Ecosse, ces mots magnifiques, touchants, sont interprétés par Dougie Harley. Autre artiste complet, l'écossais est également musicien, chanteur, designer et illustrateur. Sa voix chaleureuse et son jeu de guitare apporte beaucoup d'émotions et d'âme au texte splendide de Jeanes, le tout orné du talent de Tom Sidebottom aux arrangements de cordes. Les deux livres favoris de Russell Jeanes sont The Secret Life of Plants de Peter Tompkins et The Secret Life of Trees de Peter Wohlleben qui expliquent la communication et le mystérieux phénomène nourricier entre les arbres et les plantes. Avec le projet Jeanes, le poète auteur-compositeur anglais égrène la nature sur ses partitions avec une imagination et une inspiration envoûtantes à savourer au coin du feu pendant les fêtes de fin d'année ou au jardin bientôt quand le printemps s'engagera.
Jeanes
DougieHarley



Dougie Harley

dimanche 10 décembre 2017

Choir of Young Believers

Choir of Young Believers est le nom du projet musical mené d'une main de maître par l'auteur-compositeur  de Copenhague Jannis Noya Makrigiannis. Ses compositions sont dotées de partitions folk, agrémentées parfois d'arrangements pop symphoniques sur des textes diablement poétiques. Jannis se sépare de son premier groupe en 2006 et pour se consacrer entièrement à son inspiration et se recentrer sur sa création. Il s'exile un temps loin des amis et de son téléphone sur l'île de Samos en Grèce. Là, isolé quelques mois, il écrit l'EP Burn the Flag et de retour au Danemark en 2007, s'entoure de musiciens pour fonder Choir of Young Believers et enregistrer le disque, qui est suivi du majestueux album This Is for the White in Your Eyes en 2008.

L'artiste écrit et gère les arrangements de cordes, joue de la basse, de la guitare, du piano, du clavier, des percussions et chante. Pour fleurir l'instrumentation, dix musiciens l'accompagnent assurant la rythmique, flûte, trompette, batterie, violoncelle, violon, choeurs et piano. Le premier titre Hollow Talk est perçu comme un véritable trésor par la critique internationale mais aussi par ses pairs. Le morceau apparait dans la série Reign et comme générique de la série scandinave Bron/Broen (The Bridge) que je conseille chaleureusement. Son intrigue captivante est brodée autour du pont de 16 kilomètres, majestueux avec ses haubans les plus longs du monde, et sa symbolique historique, technologique, qui relie la Suède-Malmö au Danemark-Copenhague.




La musique de Choir of Young Believers est tendue, puissante et ambassadrice du style nordique. Le chant de Makrigiannis est aussi grandiose et envoûtant sur le second album de 2012 Rhine GoldSedated, Paralyse et Have I Ever Truly Been Here apparaissent à mes oreilles comme des pièces pop orchestrale fondatrices.


Puis Grasque (Græske, Grec en danois) parait en 2016, dévoilant les origines grecques de son auteur comme sur Face Melting, titre incroyablement beau et touchant qui foudroie d'émotions. Jannis est un sculpteur de mélodies et un auteur de grand talent qui sait dessiner ses montagnes enneigées, décrire l'atmosphère scandinave avec brio sur Under the Moon, Wintertime Love, The Wind Is Blowing Needles et Vaserne.
Grasque commence avec un hommage live aux russes de Moscou et leur accueil au stade Olimpiyskiy où Jannis offre un concert à l'affiche avec Depeche Mode en 2014. Puis Serious Lover est galbé cold-pop. Ecrit en 2009, son auteur le revisite façon synth-pop et l'enregistre live également. Vaserne est orné d'une instrumentation évoquant la Grèce mais parle pourtant de la petite ville au nord de Copenhague où Jannis grandit. Puis Face Melting et son piano magique déroule un tempo sensuel appuyé par le grain de voix caressant, hypnotisant, arrangé et écrit par les deux musiciens Jannis et son fidèle ami et producteur Aske Zidore qui s'enferment dans une ferme suédoise au fond des bois avec du vin et des synthés pendant une semaine. Il résulte de cette complicité Graeske, première chanson electro-pop créée par les deux acolytes.



Puis Jeg Ser Dig suit, avec son texte en danois, réussi et parfait pour la mélodie pop. Toujours sur l'inspiration métallique qui suit la rencontre avec Depeche Mode, Cloud Nine est aussi cristalline qu'électrique, mixée par le fameux producteur de Copenhague Flemming Rasmussen, parlant d'une 'just another World War'. The Whirlpool Enigma poursuit d'une manière logique dans le même esprit avec un saxophone, une basse et une guitare splendides. La guitare espagnole, les castagnettes deviennent effrayantes sur Perfect Estocada pour sabrer un Georges Michael détestable à une table de restaurant bousculant la serveuse parce qu'il avait ses humeurs. Le titre Salvatore rend hommage à Terence Trent D'arby que Jannis admire en continuant sans transition sur le très dansant et intime Gamma Moth et l'atmosphérique Does It Look As If I Care de 9 minutes. Ce dernier titre avec la voix féerique de Jannis, du funk avec Aske, magnifique à la basse, la pop ambiante et d'avant-garde, contient tout le style de Choir of Young Believers, indubitablement varié et exponentiel.
ChoirOfYoungBelievers



Joyeux Noël 2017


Hallé Orchestra 'Christmas Concerts 2017



Jose Gonzales-Gonzales 'Pancho Claus' (1964)




Dirk Darmstaedter 'Have Yourself A Merry Little Christmas'

Stag 'Another Christmas'




Belle and Sebastian 'Santa bring my baby back to me'

Train 'Mele Kalikimaka'



Ela orleans & idiot glee 'baby it's cold outside'

Les Bicyclettes de Belsize 'Christmas Card 1983'

Skinny Lister 'This Christmas'

ACDC 'jingle hells bells'

The Eastern Sea - walking in the air

Joan of Arc 'King Song'

The Grapes & Friends 'Christmas crush'

Girl Ray 'I Wish I Were Giving You a Gift This Christmas'

Stay In (A Holiday Song) by Army Navy



Students at the Norwegian University of Science and Technology Norway 'Little drummer boy'

John Lewis 'The Fox and the Mouse'