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mercredi 30 avril 2008

The Oaks

The Oaks c'est Ryan Costello et Matthew Antolick. Les deux se rencontrent à la fac d'Orlando en 1999. Et ils se sont bien trouvés car leur interet commun pour la musique nous aura offert leur 1er album Our Father and The Things They Left Behind en 2007 et le prochain qui sort début mai 2008, Songs for Waiting. Les deux disques ont la patte pour le mastering de Alan Douches qui a aussi enregistré Graceland de Paul Simon, et Illinois de Sufjan Stevens.
L'histoire des Oaks, comme celle des chansons est hors des sentiers battus, elle est extraordinaire et belle.

2001, Ryan (qui écrit les textes) entend la nouvelle: Massoud vient d'être assassiné. Dès lors, le jeune guitariste décide d'y attacher une attention particulière et se joint au Global Hope Network en 2002 pour partir vivre deux ans en Afghanistan. Il vit aux côtés des réfugiés, leur enseigne l'agriculture et autres techniques de survie. De loin, Matthew peaufine ses études et obtient son Master ès Ethique-Environnementale. Les deux compères écrivent et composent à distance, par emails, puis travaillent ensemble en studio dès le retour de Ryan en Floride.
Ce séjour sera la source même de leur inspiration dans les deux albums. Ryan et Matthew le disent eux mêmes, certains écrivent des chansons en parlant de leurs expériences personnelles, le sexe, la drogue, les jeans slim, mais pour eux deux il n'y a pas de comparaison, l'essence de leur musique est tout autre. Leurs expériences personnelles sont nobles.

Entre un style pop-lyrique et jazzy les Oaks utilisent la batterie, instrument de Matthew, les guitares, orgues, synthé, et voix pour Ryan, les tambourins, le trombone et mandoline joués par Jeremy Siegel , les trompettes, cloches et percussions, piano joués par Tim Coking, le saxophone avec Greg Willson, et un ensemble de voix, accordéon, percussions de la main de Melissa Reyes.
Les compos groovent, swinguent ou bien sont douces et voluptueuses. La voix de Ryan est accompagnée de celle de Melissa et tous les autres viennent en choeur. Les textes sont émouvants d'humanisme (The Two Calls, Pike County). L'aide, l'apport moral, le poids de la parole et de l'action sur le terrain sont déclinés tout en poésie et lyrisme (War Changes Everything, Masood). Le sens est très philosophique mais reste discret et non pas moralisateur. Les deux leaders reconnaissent que les métaphores viennent plus facilement avec la maturité. Dans After the fires ils parlent de la résistance après la tragedie, et s'inspirent aussi de l'auteur Flannery O'Connor que les deux aiment lire et qui reprend dans ses livres l'idée de cette "résistance d'après la tragédie".

Ryan et Matthew ont su faire passer des messages, des émotions dans cet album en usant donc d'images et de sons comme le faisait, précisent-ils, Debussy pour l'impressionnisme ou Coltrane pour le jazz. L'histoire de Ryan en Afghanistan est dans les silences, les notes, les mots, l'ensemble est philanthropique et d'une beauté absolue.
La musique adoucit les moeurs. Il serait de bon ton de passer Songs for Waiting dans les oreilles de pas mal de personnages aux éminentes responsabilités politiques (parait-il).
myspace.com/wearetheoaks

mardi 29 avril 2008

Nous Non Plus

Je rencontre souvent de gros incultes dans les labels, les maisons d'édition, où il y a des attachés de presse, les critiques rocks, ces boeufs à l'oeil creux et vide dont les cils attendent la mouche (d'où le port obligatoire de lunettes noires pour apparaitre en public). Ils connaissent les Rolling Stones par coeur, cela me fait une belle jambe. Par contre en les questionnant sur la musique rock du 21ème siècle, les bovins, ça bug.

Mais pour l'heure, parlons de frenchy émigrés à New-York City, les Nous Non Plus. Les journaux rockeux français n'en parlent pas, je les ai découvert sur les ondes des radios américaines. Et le groupe chante dans la langue de Molière !
Anciens membres des Sans-Culottes, les Nous Non Plus, après querelle interne et clash, se sont lancés dans l'aventure en 2005. Ces prises de "museaux" sont clairement expliquées dans la chanson Tant pis pour toi, un titre electro-rock qui dit au leader des Sans-Culottes : C'est fini les sans-culottes, on en a tous ras-le-cul, c'est fini les coups de poignards dans le dos, on en peut plus..Tu nous hais, Nous non plus...Toi tout seul tu règnes au top 50 des tas d'connards. C'est pas poétique, je le concède, mais ils ont matière à être enervés.
Désormais, la troupe est constituée de Céline Dijon, Jean-Luc Retard, Bonnie Day, Calvino Di Maggio (dit Al), Henri Covert (dit Le Professeur parce que diplomé de la Sorbonne), Morris Chevrolet (dit Mars, roi du synthé), François Hardonne (le génie de la trompette).

L'album et ses 10 titres est essentiellement sensuel, parfois très romantique, parfois ultra sexy. Mais très frenchy. Avec la phrase "tu nous hais, nous non plus", une reprise d'antan de la chanson Poupée de Cire, le groupe clame ses références, Gainsbourg et Dutronc. Les morceaux les plus pop-sixties sont super groovy, shiny avec des "papapapa" comme dans Monokini où François Hardonne sévit à la trompette comme un dieu vivant. Premier Baiser est une balade soft et sophistiquée à deux voix mais qui reste dans le fond formidablement sexy. Balade de Tourette est sous forme d'aveux émouvants, auto-biographiques chantés par Céline. C'est délicat, sur les arpèges de guitare, le romantisme à la française tient le pavé.
Le disque s'écoute entier; distribue des chansons jazzy, rock-garage, un pur son rock-electro en passant par du folk et du electro-disco, une variance équilibrée.

La finesse des titres se retrouve aussi dans le côté sexy, moult coquin dans Le Chateau, ou dans One Night in Paris (dont le clip est censuré) ou encore dans Lawnmover Boy, qui parle du garçon qui aime les gazons (mais sans que ce soit une ode à l'écologie non plus)
Les Nous Non Plus viennent de sortir leur 1er album éponyme, et je l'écoute en boucle en découvrant encore des rythmes, des ambiances, des mots cachés inavouables.
Un groupe français qui réussi outre-atlantique? Avec des textes dans la langue d'astérix que le public américain connait par coeur?
Oui oui...ça existe ! Autant que les français soient "au jus". Passez le mot !
myspace.com/nousnonplus
nousnonplus.com


dimanche 27 avril 2008

This is Ivy League

Si vous aimez la pop de Brooklyn (Essex Green, Ladybug Transistor), avec un pincée de pop nord-européenne (Acid House Kings, Camera Obscura, Kings of Convenience) vous aimerez aussi les This Is Ivy League. Le duo, composé de Alex Suarez et de Ryland Blackinton vient de sortir un album éponyme le 1er avril dernier. En 2006 ils apparaissaient avec un ep London Bridges. Les quatre titres qui y figurent sont fondants, des joyaux. L'album et ses 11 titres est tout aussi beau.
Alex et Ryland se rencontrent au lycée en 1997, se perdent de vue et se retrouvent au sein de New-York en 2005, toujours habités par la passion pop et l'envie de création. Ils mettent leur deux voix au service de magnifiques mélodies, et de textes éminents. Quelle réussite !
Ce sont des multi-instrumentistes de brio qui créent de la pop cosy et accoustique mais aussi des morceaux savamment orchestrés, des harmonies voluptueuses.

Quoi de mieux que de vous offrir en avant-première l'écoute de Celebration avec ses hand-claps, sa basse dévergondée, ses envolées de guitares, ses puissants claviers? Signés chez le fameux label TwentySeven Records, je croise les doigts pour que la tournée compte la France parmi les étapes.
myspace.com/ivyleagueonline
thisisivyleague.net

samedi 26 avril 2008

Olivier Libaux et Imbécile

Après vous avoir parlé de la Nouvelle Vague et de Godard, de la jolie et talentueuse Barbara Carlotti, celui vers qui tous les regards se tournent s'appelle Olivier Libaux.
Projet hors normes porté noblement par Olivier Libaux, Imbécile sort en 2007 dans les bacs et derechef revient sous forme de "comédie musicale". Le concept reprend les chansons en les mettant en scène, avec comme acteurs les artistes de l'album, Philippe Katerine, JP Nataf et Barbara Carlotti. Présenté au Café de la danse en Novembre dernier où les rôles réciproques de Katerine et Héléna étaient tenus par Bertrand Belin et Armelle Pioline (Holden) pour l'intérim, JP Nataf et Barbara étant de la partie.

J'ai déjà adoré le disque et ai aussi beaucoup d'admiration pour chacun d'eux. Evidemment, je suis sous le charme à l'idée de les retrouver sur scène pour jouer un spectacle chanté. Olivier Libaux est un auteur compositeur unique en France. De plus son oeuvre tord le cou à toutes ces vilainies, ces horribles comédies musicales qu'on nous sert à toutes les sauces depuis 10 ans; ras le bol des esmeralda, des moïse, des Mae et des Romeo contrits d'hémorroïdes.
Olivier était apparu en 1990 avec son groupe les Objets, travaille avec Jean-françois Coen, avec Michel Gondry, l'excellent Doriand, Dominique Dalcan, travaille aussi sur certaines BO jusqu'à sa rencontre en 2003 avec Marc Collin de laquelle découle la création du groupe Nouvelle Vague. Dans la foulée, il crée sa premiere oeuvre pop mise en scène, L'Héroine au bain. Katerine et Héléna sont déja du projet.

5 ans plus tard, Sieur Libaux remet ça pour notre plus grand plaisir avec Imbécile. Le disque étant sorti en 2007, c'est dans les mois qui viennent que nous allons retrouver la troupe sur scène, sillonnant la France et Navarre.
Sur scène, comme dans l'album, il y a biensûr le violoncelle, les guitares et des mélodies dignes d'une pop symphonique finement délicieuse.
Philippe Katerine joue Fernand, Héléna joue Héléne, Barbara Carlotti est sous les traits de Thérèse et JP Nataf interprète René. Sont présentés un couple et deux célibataires qui évoquent l'amour, ses beautés, ses caprices, et philosophent sur le sens de la vie. Olivier Libaux nous livre un magnifique spectacle, unique en France qui mérite réellement une attention particulière.
L'aventure est belle, avant-gardiste, ingénueuse et enchanteuse, très loin d'être imbécile.
A bon entendeur !
myspace.com/imbeciledisc

vendredi 25 avril 2008

Tous les films ont la même fin


Groupe de Chartres, Tous les Films ont la même fin, viennent de sortir un superbe album. Je l'attendais depuis un an pile, date à laquelle je diffusais leur titre Les présidents sur les ondes! Le disque arrivé, je plonge encore plus dans l'univers du groupe, auteur de pop-songs ennivrantes, composé de Lionel Fondeville et Cyrille Catois, Bastien Amy et Jean-Pascal Boudet. Ils se rencontrent en 2005. Lionel avait auparavant un groupe nommé Jaloux de mon succès, piloté et suivi par Rodolphe Burger jusqu'en 2002.
Voilà un an après la période électorale de mai 2007, il parait que c'est l'heure des bilans...

L'association Fondeville & Catois forme une symbiose mélodique et poetique, additionnée d'humour parfois sarcastique et de bon aloi.
Les chansons sont à foison et chacune d'elles embarque dans une histoire, très imagée, avec des textes réalistes mais aussi fort métaphoriques. Le domaine du groupe est original, il n'y en a pas d'autre semblable dans le paysage pop rock français. Les écrits sont riches en vocabulaire et en sensibilité (L'Ego, Un Faux Mouvement). Les paraboles et les traits d'humour sont toujours caressés de poésie. Pour les amateurs, vous retrouverez du Marc Gauvin ou Sylvain Vanot, pour les non-initiés, ce sera du Miossec ou Mickey 3D.
Lionel a une sacrée voix, tantôt feutrée, tantôt glissant majestueusement sur les compositions ultra-ficelées. Sa voix dévoile une sorte d'intimité, notamment sur le violoncelle de Chanson Infrasonore. Dans Tu ne me déranges pas, "j'entreprends pour la forme une oeuvre multiforme" résume l'album, exposant plusieurs petits films, plusieurs histoires de nobles chansonniers. Ces troubadours français font honneur aux guitares et claviers en déposant des rimes et du charme dans les sons.
myspace.com/touslesfilms

mardi 22 avril 2008

Tally Hall


Groupe magnifique formé de chenapans originaires du Michigan (Ann Arbor). Les Tally Hall sont mon coup de coeur du mois.
Ce talentueux quintet se compose de jeunes énergumènes cravatés du nom de Rob Cantor (cravatte jaune), Joe Hawley (cravatte rouge), Zubin Sedghi (cravatte bleue), Andrew Horowitz (cravatte verte), and Ross Federman (cravatte grise).
Leur tenue leur va à merveille car leur compositions sont smarts et variées, alliant pop, rock, mambo, swing et un beat digne des poursuites de voitures de Starsky&Hutch. Chaque chanson est différente. Un disque "poupées russes": Une surprise à chaque fois est au rendez-vous. Le nom de leur album sorti en 2005 et réedité le 1er avril 2008, correspond à un musée, à la limite du kitschouille, qui se trouve dans le Michigan. Ce musée comme leur disque s'appelle le Marvin's Marvelous Mechanical Museum et tout comme ce qui en constitue les collections l'album est festif, vintage et animé.
Ce musée est spécialisé dans les jeux, des bandits manchots des années 60 à Mario Bros, des robots, des avions, des mobiles, des automates des années 30 au posters de Burt Reynolds. Le palais du jouet ancien, d'objets de fêtes foraines, un palais de l'antiquité.
L'âme magique de ce musée est omniprésente dans l'album. C'est joyeux, lumineux, original, un manège enchanté!

Ces garçons font honneur à des instruments comme le trombone, le clavecin (The Whole World and You), l'orgue de barbarie et le sifflet "marteau couineur" (The Whole World and You). Il y a aussi des ballades country où le groupe chante en chorale des "badapabadapa" beachboys'iens ou Queen'esques mêlés au son du banjo et du violon (Be Born); on jubile avec le ukulélé et le chant de tahitiens sur Hidden in the Sand, on tape du pied aussi à l'écoute de Spring and a Storm, ultra printanier et alternatif, avec une voix mécanique qui contre-balance avec un swing divin et répond à l'avant dernier titre Ruler of Everything. Ce disque est construit de petites histoires, dont le fond parle de leur vie d'étudiants et leurs amours (Two Wuv), amusants et drôles ponctués de bourdonnements d'abeilles.
C'est l'apogée du téléchargement et du libre arbitre quant au titre pour 1 euro. Dans la forme cet album est une entité et il est composé de manière intelligente. Il peut contenté en écoute découpée, et ravir en écoute complete.
La jeunesse donne là une bonne leçon artistique aux aigris frustrés de 30 à 40 ans qui ont une facilité déconcertante à la critiquer ( à croire que leur adolescence était "grave moisie").
Rob, Joe, Andrew composent et écrivent chacun leur tour, Ross et Zubin gèrent la rythmique et la mise en place des morceaux. C'est d'une indiscutable maturité, un professionnalisme éclatant.
myspace.com/tallyhall


lundi 21 avril 2008

Elephant Parade

C'est un couple à la ville comme à la scène, deux voix qui se répondent et se marient avec enchantement.
Elephant Parade enregistre un album dans sa chambre de Brooklyn avec un pc, une guitare, un piano et un micro. D'une simplicité exquise, le couple sort naturellement Bedroom Recordings en 2006. C'est fait maison et c'est bon.
Elle, c'est Estelle, chanteuse du feux Brittle Stars qui m'avait bluffé en 1999 avec un album éponyme puis un ep Garage Sale en 2001, sur lequel est la reprise des OMD, Souvenir.
Lui c'est Ido, réalisateur de films, professionnel de la vidéo qui fait quelques concerts avec des amis à New-York. De sa rencontre avec Estelle, il voit la lumière et la fièvre musicale le prend.

Ils ne se quittent plus depuis 2005, dès la parution de l'album le groupe se produit sur scène au cotés d'artistes comme Beirut et Chris Garneau. Dans une interview, Estelle souligne qu'elle écoute Françoise Hardy et les Papas Fritas, et Ido, c'est Will Oldham et Neil Young. Toutes ces influences s'entendent vraiment dans leur style pop lo-fi, intimiste, délicat qui a de faux airs de Trembling Blue Stars.
Ce mélange donne des mélopées langoureuses qui envoûtent par les détails sonores, les souffles, les murmures; l'album est terriblement sensuel.
C'est beau l'amour quand cela aboutit à une telle "musique de chambre".
(en vidéo: Goodbye)
myspace.com/elephantparade

vendredi 18 avril 2008

Ant & Darren Hayman




Caisse claire et cymbale, guitare, piano, cuivres, harmonica, voilà l'armure d'Hefner, groupe pop de légende. Hefner c'est aussi 4 albums sur lesquels jouent et chantent Antony Harding (chant, batterie), Darren Hayman (chant, guitare), John Morrisson (basse), Jack Hayter (guitare, orgue) et Suzanne Rhatigan (chant, calvier). Le groupe cartonne dès 1998, sort 4 albums donc, 6 eps, une quinzaine de singles, avec pas loin de 100 titres inédits. Il sortira son dernier disque en 2001. Leur dernière apparition en public est en 2005 en l'honneur de John Peel (animateur de radio sur la BBC, internationalement connu pour son flair de dénicheur de talents. C'est lui qui aura découvert et aidé le groupe à se faire connaitre avec une dizaine de concerts live dans son studio de radio. Un ami); ils se reforment momentanément pour lui, disparu en 2005, et chantent Keeping it Peel. Hefner est pop, drôle, une machine infernale de compositions, leur oeuvre est jonchée de tubes. Le seul groupe anglais qui écrira autant d'"hymnes", dispersés sur leurs albums: Hymn for the coffee, Hymn for the cigarettes, Hymn for the postal service et hymn for alcohol. Original, ce groupe a d'immenses qualités musicales sérieuses, personnifiées grâce à Darren Hayman (à gauche sur la photo) et Antony Harding ( à droite sur la photo), tous les deux multi-instrumentistes.


Tous les deux ont, depuis, reformé deux projets solo tout en restant unis.
D'abord Darren Hayman, le monsieur à lunettes, qui est un compositeur, un chanteur qui ne connait pas l'ennui. Il n'arrete pas d'enregistrer et dit lui-même que c'est à cause de la conformité commerciale qu'il se restreint à 1 album par an. Il passe son temps en studio et voudrait sortir un album par mois; il ronge son frein! Sa musique reste dans la lignée du style Hefner. Là aussi, on retrouve des morceaux pop à souhait, rythmés et dansants, arrosés de guitares frétillantes, de claviers, cuivres et claviers. Signé chez le label Track & Field, ce lutin musicien, originaire d'Essex, ne s'arrête plus: Table for One, 2006, Darren Hayman and the secondary Modern, 2007, et pour juillet 2008 un album incluant une série de eps avec 20 titres et un dvd Great British Holiday. Un autre album en prévision ce printemps, Pram Town, un folk-opera avec du banjo-rock, guitare et violon, qui offrira la présence de Jack Hayter de Hefner. Harding a collaboré a certains titres comme pour The Light in her Room.


Et quand on parle du loup...
Ant, alias Antony Harding est celui que j'écoute le plus. Ce musicien, batteur de formation mais aussi guitariste, pianiste, est un génie. Tout autant prolifique que Darren, ce qu'il produit est infiniment parfait. C'est de l'art acoustique, pop, folk, sur des mélodies irrésistibles. Enfant de l'île de Wight, Antony vit depuis plusieurs années à Malmö en Suède, le pays de la scène pop. Dès 2000, l'artiste travaille à son projet et entouré de la bande de Hefner sort Cures For Broken Hearts sur lequel Suzanne chante, et même son chat Bobby miaule (Tongues). Puis 2002: A Long Way to Blow a Kiss où John Morrisson joue de la basse, 2003: Floating on the Breeze, là c'est Ant qui assure les partitions de violon, en 2004 parait une compilation d'inédits et en 2006 c'est l'excellent Footprints through the Snow.
Ant est en ce moment en studio au travail sur son prochain bijou, il se prépare à une tournée de concerts avec en bonus l'apparition ponctuelle de ses amis Jack et Darren sur scène.
Les fans attendent et éspèrent la reformation de Hefner un jour. Je pense secrétement que Hefner n'a pas dit son dernier mot.
On a le droit de rêver... (vidéo: Good Fruit)

myspace.com/darrenhayman
myspace.com/antonyharding

mercredi 16 avril 2008

Brent Cash


Américain de son état, Brent Cash nous offre un bien bel album entièrement habillé sunshine pop.
Cash est multi-instumentiste et cela se note aisément à l'écoute des 10 titres qui composent How Will I Know If I'm Awake.
D'une sophistication bénite, l'album est une sorte d'exploration archéologique qui ferait renaitre de ses cendres Burt Bacharach, Harry Nilsson ou les Beach Boys. Plus près dans le temps, Brent Cash fait de la musique dans un style proche des canadiens, Heavy Blinkers. Il s'est entouré de musiciens en studio à Athens (Georgie, USA) qui l'accompagnent dans un orchestre de cordes et cuivres, comprenant violons, violoncelles, harpes, trompettes, saxo.

Il crée des harmonies élégantes et si romantiques qu'on se demande pourquoi un bouquet de roses ne surgit pas des enceintes, oui pourquoi? Good morning Sunshine, When the world stops turning, And Had We Ever... sont des odes à l'amour. Only Time est splendide avec ses cuivres joviaux et coquins. This Sea, These Waves est imprégnée de bossa et en écoutant la guitare qui taquine, on voit presque la mer émeraude, un daiquiri-fraise au bout de la paille et les pélicans se dandiner au sommet d'un acajou.
Pour boucler la boucle, la voix très glamour de Brent Cash procure d'excellentes vibrations et se fond à merveille dans les instrumentations.
Virtuose, pas loin du génial, Cash surprend en mars 2008 avec son premier album de mélodies pop sucrées. C'est parfait pour le printemps, impeccable pour garder le moral au beau fixe (pour fêter la victoire de Carquefou ce soir face au PSG, par exemple...)
myspace.com/brentcashmusic


lundi 14 avril 2008

Clinic


Les Clinic sont à la fois anachroniques et contemporains, rétro et modernes, atypiques et charismatiques. Un coktail détonant.
Ces 4 garçons de Liverpool sortent leur 5ème album Do it! chez l'illustre label Domino. Jacquire King, qui a travaillé aux enregistrements des Kings of Leon, Tom Waits et Modest Mouse en a peaufiné le mixage final. Depuis la formation du groupe en 1997, le leader Ade Blackburn et ses acolytes, Brian Campbell, Jonathan Hartley et Carl Turney (formation initiale depuis 10 ans) sont originaux, eclectiques, en marge des groupes actuels de l'indie-pop-rock.
Leur tout 1er single s'appelle IPC Subeditors dictate our youth; titre expressif qui restera dans le top ten de John Peel, sera acclamé par les magazines, mènera le groupe à signer chez Domino en 1999, puis à sortir en 2000 leur opus nommé Internal Wrangler. Cet album est exceptionnellement groove, rock garage psyché. Déjà les guitares electriques poseront Clinic dans la case enigmatique, incomparable. La société des jeans Lévi achete le titre 5 du disque The second Line pour une publicité.

Les sorties d'albums suivent leur cours, 2002: Walking with thee, 2004: Winchester Cathedral, 2006: Visitations. Ces 4 albums sont géniaux. Clinic égal à lui-même présente Do it! dont la fibre prédominante reste, comme pour les 4 autres albums, le synthé vintage, l'orgue, le piano et la guitare fuzzy, tremollo ou blues. A cela s'ajoute la clarinette, la harpe, le melodica, la flûte, l'harmonica, instruments toujours utilisés. En trame de fond, on distingue leurs influences musicales (Fleur de Lys, Cimarons,The Bourbons, Gene Vincent). Sans surprise, Do It! contient du rock garage 60's, dans Memories qui ouvre le bal, du rock punk dans Shopping Bag, du folk dans Marie & Eddie, Coda, du groove et du psychotique dans The Witch et High Coin, une pause acoustique sur Tomorrow. Clinic donne l'impression de tout savoir jouer, du classique avec Beethoven sur un clavier vintage sur Internal Wrangler, du tempo 4 temps de valse au rock démentiel et sauvage. Voilà ce qui fait de ce groupe des autodidactes un chouilla borderline et totalement libres.

L'ensemble du disque est aussi beau grâce à la voix aristocratique, pastorale et habitée de romantisme de Blackburn (Emotions). Et ornés de leurs masques chirurgicaux, les Clinic sont un cas!
myspace.com/clinicvoot

(vidéo:Harvest sur Visitations)

dimanche 13 avril 2008

Peter Morèn


Dans la famille Peter, Bjorn & John, je demande Peter.
Encore un équipage viking suédois catapulté dans les années 2000 sous le nom de Peter, Bjorn & John, reconnus notamment grâce au titre Young Folks sur lequel chante Victoria Bergsman des Concretes.
Pour mémoire Young Folks du 3ème album Writers Block, c'est des semaines de présence dans le chart anglais, meilleur titre 2006 pour le magazine NME, musique de films, de pubs, rappée par Kanye West, et le Grammy Award de la meilleure vidéo 2007.
Le groupe nait en 1999, Peter et Bjorn se rencontrent sur les bancs du lycée. John les réjoindra plus tard. Peter est agé de 10 quand sa mère lui offre une guitare. Il écoute les Beatles, les Byrds, les Kinks, plus tard, Ride, Teenage Fanclub et les Stone Roses. Il joue dans des pizzerias avec Bjorn. Il a 15 ans et il écrit...il écrit...une pléthore de chansons.

Le succés pour le groupe est une spirale infernale depuis 2006, un aspirateur de temps. C'est lors de quelques éclaircies, d'accalmies que Peter secrétement peaufine ses dizaines de chansons gardées sous cape depuis des années.
Le 8 Avril dernier, grâce à The Last Tycoon, le mystère est enfin dévoilé.
L'album est folk, parfois pop, surtout intimiste et délicat. La guitare acoustique et les cordes (violoncelles, violons) prédominent, enrichies d'envolées de piano, d'harmonica, de vibraphone qui sonne musique de film des sixties. Avec ces 10 titres, Peter nous emmène, nous décrit ce qui l'émeut et nous invite à toucher du doigt le sens particulier de la vie d'artiste; vie qui anime ses textes avec tact et mesure.
Voilà qui renvoie très logiquement au choix du nom de l'album The Last Tycoon, titre du film d'Elia Kazan (1976) adapté du dernier roman inachevé de F. Scott Fitzgerald, paru en 1941, qui relate la vie d'un homme marié à sa profession, sorte d'échappatoire à une vie sentimentale réelle.
On retrouve tout à fait le style rétro dans la composition musicale, effet sonore du gramophone dans Old Love, chanson qui parle d'amour déchu et qui suit de manière cohérente Missing Link, poétique et envoûtante. Puis c'est Le Petit Coeur, chanté en français, mélopée d'une pudeur éclatante. Dès le premier titre Reel to Real, les cordes, la guitare, le vibraphone et les cloches annoncent un album fascinant de sons et touchant par ses histoires imagées, autobiographiques que Peter clament tel un prophète.
Peter Moren est un song-writer digne de Dylan, Lennon, avec un grain de voix de Neil Finn (Crowded House) ou de Paul Heaton (Housemartins, Beautiful South). De passage ce soir à Paris, il continue la tournée par la Belgique, l'Angleterre, et New-York, première ville américaine. J'éspère qu'il repassera par la France plus tard pour jouer dans une salle plus intimiste.
myspace.com/petermorn

jeudi 10 avril 2008

1990s


Pas la peine de classer les 1990s dans un genre. Le groupe passe haut la main les frontières des générations et des types, sans public ciblé particulier. Et c'est bien dans ce domaine que se démarquent ces 3 garçons de Glasgow. On ne parle pas d'image ni de people-isation, les 1990s ne sont pas des commerciaux, ce sont bien des rockers. 1990s c'est Jackie McKeown à la guitare, Michael McGaughrin à la batterie, et Dino Bardot à la basse.
Cela fera un an en mai que leur album Cookies est sorti. Pourtant ce ne sont pas des débutants car c'est justement dans les années 90 que Jackie McKeownse apparait sous le nom de Yummy fur, groupe dans lequel les deux leaders du groupe Franz Ferdinand ont fait leurs armes. Le batteur et le bassiste jouaient dans un autre groupe écossais V-twin.
Leur premier single, You Made Me Like It, est paru en 2006. Ils se sont produits sur scène avec les Babyshambles, biensûr, avec Franz Ferdinand et ont participé à nombre de festivals ces deux années.

Cookies est un album remarquable. C'est du son rock anglais pur jus. Les mélodies riccochent, ne se ressemblent pas, surprennent, de titre en titre, et tendent à la perfection. A eux trois, ils donnent une sacrée substance à cet album dont je ne me lasse pas.
La construction des morceaux est terriblement alternative, très propre. Cookies dans les oreilles, c'est se prendre la batterie "multivitamines" en intraveineuse (Enjoying Myself), la basse "pince-me pince-moi" taquine cruellement (Risque Pictures), la guitare electrique balance des bombes de riffs (Thinking Of Not Going).
Sans se faire de l'ombre, ni se marcher sur les cables, les trois chantent en choeur, comme seuls les anglo-saxons savent le faire. Le trio lance à tue-tête des wawa, des badabada, des ouhouhou pour parfaire la jovialité et la bonne humeur générale. En plus les textes sont hilarants: dans Pollockshields, quand ils sortent en plein soleil, ils voient des filles transformées en nonnes, ou bien dans Weed, un type fume tellement de drogues qu'il en devient parano au point d'avoir peur de son téléphone alors qu'il n'en a pas.
Les 1990s reprennent du service cet été avec des concerts et festivals en Angleterre, Irlande, Norvège et Espagne. En France? euh non. Nous on a Cali....voilà, voilou, voili. Chacun sa croix.
myspace.com/1990sband



mercredi 9 avril 2008

Gregoire 4

Grégoire 4 est un groupe de rock français, mené par l'élégant Grégoire Garrigues qui fait naître le quatuor en 1995.
A la fin des années 70, Grégoire joue de la guitare mais cela ne lui suffit pas, et se met à apprendre la batterie, sax ténor et autres instruments. Il écoute et aime Eddie Cochran, Bill Halley et Vince Taylor qu'il accompagne sur scène un soir de 1979. C'est aussi la période où il rencontre son ami Eudeline, où il commence à jouer avec les Guépards, les Castaways et Pill Box.
Des années plus tard, l'envie de création, d'écriture et de scène est toujours aussi piquante. Grégoire se lance en 2005 avec son projet en sortant Insouciance et Eternelles Compulsions. Ambiance rock'n'roll à souhait agrémentée de frime, de drague dignes de voyou au grand coeur des années 50/60 au volant d'une Aston Martin ou d'une Jaguar. L'univers "âge tendre", Carnaby, mocs, sur un balancé-roulé doo-wop est mis en exergue par le son phénoménal des riffs de guitares (Te dire, La flamme de l'amant inconnu, Tu mens, Etenelles compulsions) et l'orgue, piano, clavecin aux sonorités Yardbirds et Velvet Underground (Des Impressions, Be my queen).

Bonus avec Grégoire:
*Peux-tu nous dire plus sur tes collaborations amicales (paroles, musique)?
pour les paroles, Robert Lloyd a beaucoup collaboré sur les deux premiers albums, on a pris l'habitude d'écrire ensemble, avant même la création du groupe, sur des thèmes et obsessions que nous avons en commun.
Sur notre second "Eternelles compulsions" Jean-William Thoury a écrit le texte de "Eloigne-toi de moi"
et sur notre prochain, "Arrogants et sauvages", Jean-William en a écrit 4 et moi le reste.
*et les musiciens qui sont intervenus sur tes albums?Sur le premier album il doit y avoir Gérald Coulondre au tambourin sur un titre qui est resté inédit et l'ingé son aux maracas sur "Walking around".
Sur le second, c'est l'invasion!
De la formation Gregoire 4 du début, il y a Nicolas Sabra (ex-guitare) qui chante avec moi "Des impressions" et Guillaume Fréal (ex-basse) au violoncel sur le même titre.
Ma femme, Marie, chante sur "A contre courant" (elle chante également sur le prochain disc "La nuit sur Paris").
Il y a également Jon Von (ex Rip Offs et Mr T.Experience) à la guitare ("Soir de juin" et "Black suede shoes" du 4 titres) et un autre américain en la personne de Alan Merrill qui fait le solo de "Soir de juin" et choeurs et solo de "Time flies".
Il faut savoir que Alan Merrill jouait dans les 70's avec The Arrows et qu'il a composé ce tube planétaire "I love rock'n'roll"! Egalement sur "Time flies", il y a aux choeurs, Romain Decoret bassiste et chanteur des Lone Rangers avec qui j'ai joué longtemps avant Gregoire 4 dans the Castaways, Pilll Box et Mojo Navigators.
Et pour terminer Patrick Eudeline est venu interpréter le pont de son titre "Soir de juin".
Sur le single, F.Robert Lloyd partage avec moi les solos de la version longue de "In and out of time" et les membres de Steve and the Jerks font les claps sur "Black suede shoes" un titre que j'avais écrit pour eux.
Le tout enregistré avec deux batteurs, l'actuel, Hervé Laithier et Iann Assuied qui a assuré l'interim quand Hervé était parti.
*Depuis combien de temps fais tu de la musique? Ce qui t'a tenté ou influencé dans tes premiers pas , les groupes que tu ecoutais?J'ai commencé la guitare vers 13 ans et j'ai eu ma première électrique à 14 ans. J'ai toujours été entouré de musiciens dans ma famille, il y a toujours eu un piano à la maison. Mon père est un fan de jazz et joue du sax, de la clarinette et du piano régulièrementet donc avant même de m'en rendre compte j'ai été bercé par Duke Ellington et bien d'autres.
Ma première tentative de groupe était à Petit Quevilly en 1976 avec des copains du lycée.
Mon premier flash important c'est Eddie Cochran et plus particulièrement "Summertime blues" puis Vince Taylor, Bill Halley les premiers Stones, Beach Boys, Smoke et plus moderne: Alice Cooper, Slade, T.Rex donc du classic et du glam rock de l'époque de ma jeunesse.
Et ce qui m'a vraiment tenté, c'est quand les Ramones sont arrivés en 1976 en ramenant avec eux le coeur du rock'n'roll, l'os qu'on ronge sans fin!
Là je me suis dit "c'est pour moi!"

Et voilà le 3ème album, Arrogants & Sauvages, du pur-sang Grégoire 4, enregistré dans les studios A.P.C ( la griffe renommée de vêtements) sur lequel nous retrouvons à la guitare l'excellent José Ortuno, la belle et talentueuse Vanessa Chrétien à la basse et Hervé Laithier en maestro de rythmiques et batterie. Marie Garrigues avec sa voix majestueuse est là sur La nuit sur Paris. La pochette, clinquante et classe, est signée Jean-Baptiste Mondino et le graphisme, Alec Hörlin Du Houx.
La mission du groupe: concilier le cahier des charges rock'n'roll — énergie, hédonisme, attitude — et celui de la power pop — mélodies, concision, élégance.
Mission fort joliment réussie. Grégoire 4 honore le rock français en véritables esthètes.
(vidéo live Mutant Show: Insouciance)
gregoire@apc.fr
myspace.com/gregoire4

mardi 8 avril 2008

Chris Esquerre


Chris Esquerre est un personnage, l'extra-terrestre du paf qui me fait énormément rire.
Pour être honnête, il me fait rire aux larmes. Et c'est bien le seul!
L'humour est-il subjectif? Peut-on rire de tout?
Ce que j'aime chez Chris Esquerre, c'est qu'il survole avec malice les questions existentielles. Il s'inspire de tout ce qui l'entoure, les personnes qu'il croise, les sujets traités dans les journaux, et il a matière.
Il a le don pour relever le petit truc qui prête à sourire et le rendre franchement drôle. Sa voix également me fait rire. Il y a dans son timbre de voix un brin de sarcasme et d'éspieglerie.
Les interviews micro-trottoir pour la radio (il a travaillé pour RFI et Radio Nova) sont truculents. Chris interpelle des badauds fort inspirés qui répondent aux questions "que pensez-vous de la création du Centre d'accueil pour extra-terrestre à Antony?" ou bien encore "Alliot-Marie a decidé de rendre la moustache obligatoire pour les gendarmes, qu'en pensez-vous?".

Depuis ses passages chez Ardisson, puis M6, Chris excelle dans sa chronique "les journaux que personne ne lit" dans l'Edition Spéciale sur Canal+. Son cheval de bataille: éplucher, analyser, décortiquer des revues spécialisées parlant de fauteuils articulés, de hérissons, de tatouages (où il souligne, biensûr, des anecdotes personnelles sur son passé de loubard dans le gang de Vierzon). Chris est également le seul humoriste à ce jour à maitriser le language cheval, sanglier et éléphant, sans complétement non plus s'assimiler à ces espèces. C'est aussi grâce à lui, qui n'a pas pour habitude de se voiler la face, que l'on découvre des magazines qui proposent des stages informatiques en Egypte avec des options "maniement de souris en croisière sur le Nil". Lui seul a l'oeil aguerri, lui seul sait nous donner les bonnes infos pour mieux servir et accomplir son devoir d'analyste ès-presse.
Ayant déjà carte blanche aux côtés de Samuel Etienne sur Canal+, je croise les doigts pour retrouver Chris sur scène un jour, pour enfin concrétiser son rêve de One-Man Show dont le thème serait, évidemment, la chouquette. Ca tombe sous le sens!
chris.esquerre.free.fr

lundi 7 avril 2008

Little Name

C'est sous cet humble nom que Lee Barker surgit avec le bijou tweepop de l'année, son opus How to swim and Live. Terrible!
Garçon discret de Liverpool, Little Name semble avoir tous les atouts en poche. L'écriture, le chant, et le charisme.
Comme il est noté sur son site officiel, ses préférences vont à Belle & Sebastian, Camera Obscura, les Smiths et Bacharach. Je pense que Lee Barker n'a point à s'incliner devant cette liste. Son nom peut s'inscrire directement et dignement dans sa suite.
Inspiré et créatif Lee propose des paroles drôles et tendres, alimentées d'imaginaire et de poesie. Les textes sont empreints de naiveté, de joie de vivre, de vulnérabilité.

Sam And Molly Are In Love, Tracy & I sont des déclarations d'amour délicates et pures, de jolis mots posés sur une guitare accoustique et les vibrants instruments à vent. Le trio de base guitare, basse, et batterie cohabite avec le xylophone, les cloches, le cor, les synthés créeant une ambiance de camp de vacances. Orienteering est une chevauchée pop toute en puissance et en cascade de sons, piano, guitare, trompettes, excellemment progressive. En plus de sa voix cristaline, Barker l'acrobate, joue de tous les instruments, compose et abuse de son agilité à la perfection. S'ajoute à la pochette amusante, son titre qui invite à un cours de natation dans un bassin qui sent la jovialité et la sincère gentillesse. Little Name a un superbe univers, comme un doux rayon de soleil qui se glisse à l'oreille, en boucle, à se griller les lobes au second degré.
littlename.co.uk
myspace.com/littlename2

vendredi 4 avril 2008

Dean Wareham

Grand monsieur du pop-rock, Dean Wareham apporte un univers nouveau à la musique depuis la formation de son groupe initial Galaxie500 en 1987, puis Luna fondé en 2001, et enfin son duo Dean&Britta depuis 2003.
Wareham, diplômé de Harvard, est la perle nacrée du rock depuis 20 ans. 6 albums signés avec Galaxie500, 10 avec le groupe Luna, et 4 avec Britta, son patrimoine fourmille d'excellents disques, de chansons à sculpter dans le marbre.
Ses compositions sont un mélange de Lee Hazelwood et Nancy Sinatra, de Serge Gainsbourg et Jane Birkin; ses influences sont Yo La Tengo, Love, les Stones, Stooges et les Velvet Underground.
Il voue une profonde admiration pour le Velvet dont il fera la première partie lors de la tournée européenne de 1993 à la demande de Lou Reed, lui même fan du travail de Dean Wareham.



Petite bio pour les non-initiés:
Dean Wareham nait en Nouvelle-zélande, puis part vivre son enfance en Australie, enfin, ses parents emménagent à Manhattan lorsqu'il est adolescent. Il découvre la scène musicale en arpentant des endroits stratégiques comme le CBGB de New-York. C'est avec ses amis de Harvard, après les cours, qu'il joue du Velvet Underground et dans la foulée crée Galaxie500. Le label Rykodisc sortira dans les années 90 un coffret de tous les albums du groupe, avec des eps, des inédits.

Toujours aussi rock avec des nuances plus indie-pop, le groupe que Dean crée en 1991, Luna, aura le succés escompté. Les guitaristes sont Stanley Demeski des Feelies et Justin Harwood du groupe néo-zélandais The Chills. Le batteur de Mercury Rev, Jimmy Chambers, se joint à eux en 1992. Le groupe enregistre, d'abord Luna Park en 1992, part en tournée avec le Velvet Underground, sort Bewitched en 1994, Penthouse 1995 qui offre une magnifique reprise, Bonnie & Clyde de Gainsbourg , Pup Tent 1997, The Days of Our Nights 1999, puis en 2000 Dean met une annonce dans les journaux: "cherche chanteuse".
Britta Phillips passe l'audition et ne quittera plus Wareham. Britta est alors mariée avec Jody Porter des Fountains of Wayne, Dean est également marié. Les mariages explosent et le duo sur scène se marie. C'est dans ce romantisme ambiant qu'à la manière de Lee Hazelwood Dean écrit des odes à sa belle; ils les chantent ensemble via Luna et l'album Romantica de 2002, suivi du disque signé Dean & Britta, L'Avventura en 2003, dont la reprise de Madonna I deserve It et le titre Knives from Bavaria (clin d'oeil à Bonnie & Clyde), RendezVous avec Luna en 2004. Puis c'est la séparation en 2005. Un album de reprises Lunafied en 2006 comprenant des covers de Gainsbourg, Blondie, Donovan, Velvet Underground, Michel Polnareff etc.. concluera l'oeuvre.

Dean Wareham et Britta Philipps, mariés, heureux, continuent leur belle aventure sous le nom de Dean & Britta évoquant plus que jamais le couple Lee Hazelwood & Nancy Sinatra, dont d'ailleurs ils feront une reprise, You Turn My Head Around. Leur histoire débouche sur un nouvel album en 2007, Back Numbers avec Tony Visconti ( proche de David Bowie) aux manettes. Ce disque est de la pop instrumentale de toute beauté; les textes sont fabuleux, les compositions sont inspirées, le duo est formidablement assorti!
Vous pouvez retrouver tout le récit et la vie complète du "Aristorocker" comme le titrait le New-York Magazine, des anecdotes sur ses groupes, dans la biographie qu'il vient d'écrire (publication chez Penguin Press en mars 2008), Black Postcards.
Dean Wareham, agé de 45 ans, est un artiste, pour les non-initiés, à découvrir absolument.
myspace.com/deanandbritta

jeudi 3 avril 2008

Forest City Lovers


Originaire de Toronto, Forest City Lovers est un trio né de l'initiative de Kate Burns. Elle est accompagnée de Mika Posen qui joue du violon, violoncelle, piano et Kyle pour la guitare et basse. (Paul Weadick, le batteur est parti, remplacé par Steve Lappano)
Kate, auteur compositeur, joue de la guitare, piano et elle est la voix du groupe.
Les Forest City Lovers apparaissent en 2005, se produisent sur scène pour faire connaître leur opus The Sun and the Wind sorti en 2006.
Les compositions de ce premier album sont à la fois d'une fraicheur et d'une chaleur infinies. Folk, pop, ce qui caractérise les mélodies du trio sont les jeux intrigants de voix, la superposition des chants qui font penser à l'extravagance de Joanna Newsom, l'élégance de Feist ou encore la finesse de Cat Power. La voix de Kate se pose delicatement et justement sur les arrangements de cordes et de piano, sans jamais donner l'impression qu'elle se coince un doigt dans une porte. Son chant est délicat, voire envoûteur comme celui d'une sirène.
La trame musicale, avec les morceaux de basse vertigineux, en impose. Le charme alterne avec le talent. Tous les instruments, violon, tuba, trompettes, banjo, et même le triangle enveloppent la base indie d'une note pop. Des balades touchantes Castles, In Flight interviennent entre des morceaux plus dynamiques On The Basis, Oh Humility.
Le dernier titre Mermaids répond au titre Beneath Rocks & Sand, nous plongeant dans une ambiance iodée et salée.

Et revoilà le thème marin dans le deuxième album du trio, Haunting Moon Sinking sorti depuis le 11 Mars dernier. Le titre Don't Go a la couleur bleue et l'odeur maritime, tout comme la chanson Sullen seas, puis Pirates(cant all sail the indian ocean).
L'album à avoir absolument dans les oreilles cet été et à savourer en direction des plages.
myspace.com/forestcitylovers


mardi 1 avril 2008

ABBA Dancing Queen

Le disco est de retour, il revient au galop avec ses boules à facettes et ses pantalons pattes d'eph.
L'occasion d'évoquer le groupe Abba et sa chanson Dancing Queen.
C'est dans les années 60 que les deux garçons Benny Andersson, Björn Ulvaeus et les deux filles Agnetha Fältskog, Anni-Frid Lyngstad (frida) se rencontrent. Ils enregistrent les premiers titres ensemble en 1970, après avoir chanté dans des bars, ou en vacances sur des plages puis être surpris par le vif succès remporté. Mais c'est en 1974 que le groupe se fait connaître en gagnant le prix de l'eurovision avec Waterloo. Bien installés en tête des hits avec 3 albums à leur actif, leur sacre est en 1976 avec l'album Arrival. C'est sur cet album qu'est Dancing Queen, jouée et interpretée pour la première fois (voir vidéo) au cours du mariage de Charles XVI Gustave de Suède et de Silvia Sommerlath (Frida chante Dancing Queen accapella lors de la cérémonie anniversaire en 1993, les 50 ans de la Reine Silvia).
La famille royale de Suède est chère au groupe Abba, et c'est réciproque. Dans leur premier album Ring Ring, le titre Nina, Pretty Ballerina parle déjà d'une reine qui danse. La royale Dancing Queen sera vendue à 10 millions d'exemplaires et restera 14 semaines première dans les hits parade américains et européens. Le film ABBA-The Movie explose les écrans aux USA en 1978, fait plus d'entrées que Grease ou La Guerre des etoiles et la chanson Dancing Queen restera, cette même année, classée numéro 1 des ventes du pays.

Depuis le titre aura été repris par plus de 60 groupes dans le monde entier. Cela va de Kylie Minogue à la cérémonie des JO de 2000 à l'orchestre militaire de la Reine d'Angleterre qui le joue aux changements de gardes à Buckingham Palace! Et puis il y a aussi les reprises de Franck Pourcel, des Sex Pistols, Belle & Sebastian, Sunday Drivers, U2, de l'Orchestre philharmonique de Londres, et très récemment le groupe français Cocoon qui en a fait également une cover.
L'histoire de Dancing Queen a 32 ans et semble bien éternelle.
La couronne de Suède offrira un musée en juin 2009 à la gloire de Abba qui a vendu 370 millions d'albums dans le monde. Reste à imaginer en France ce que donnerait un musée Mireille Mathieu offert par l'Elysée...

Friday night and the lights are low
Looking out for the place to go
Where they play the right music, getting in the swing
You come in to look for a king
Anybody could be that guy
Night is young and the music's high
With a bit of rock music, everything is fine
You're in the mood for a dance
And when you get the chance...

You are the Dancing Queen, young and sweet, only seventeen
Dancing Queen, feel the beat from the tambourine
You can dance, you can jive, having the time of your life
See that girl, watch that scene, dig in the Dancing QueenYou're a teaser, you turn 'em on
Leave them burning and then you're gone
Looking out for another, anyone will do
You're in the mood for a dance
And when you get the chance...