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vendredi 26 septembre 2008

Eardrums


Eardrums est un blog précieux pour les amoureux de la pop. A ses manettes, à l'origine, un seul homme, un amateur de musique norvégien extraordinaire, Knut B. Il aime l'indie-pop, la musique des sixties, s'intéresse à l'electronique et l'expérimentale.
Curieux et passionné, Knut gère son blog, riche et performant depuis 2005.
Le succès arrive très vite, il s'entoure alors de trois autres accrocs de la pop, Lotte et Ivar de Norvège et Nicolas, un français. Cette jolie équipe nous gâte de sons truculents en écrivant sur les artistes et diffusant des mp3, toujours avec l'autorisation en amont et l'enthousiasme des groupes.

Le blog Eardrums est devenu une institution. Visité et chéri par un public d'amateurs et de professionnels, il prend son envol en juin 2008 et se déploie en label.
En quelques jours, le label offre une compilation en 2 volumes avec 24 titres, Summer's Here 2008. La participation amicale des groupes qui ont fourni certains titres inédits pour l'occasion, est unanime. Eardrums a concocté une compilation "nordique", composée de petits groupes d'indie-pop scandinaves mais aussi de collaborations de musiciens de renom, Little Name, Northern Portrait, Bedroom eyes, Ant.. etc. La superbe équipe de Eardrums met la compilation en téléchargement libre sur le blog, désormais site internet Eardrumsmusic.

Depuis le 23 septembre, nous pouvons également profiter en téléchargement libre de la dernière compilation Eardrums Autumn Compilation 2008, en quatre volumes là encore, comptant plus de 40 titres ! Il y a deux autres volumes qui seront en ligne dès mardi 30 septembre, plus acoustiques et folk avec une ribambelle de super groupes. Le disque est constellé de bijoux pop allant de Je suis Animal, à Anthony Rochester, Irene, Roses kings castles, The Lodger, The Postmarks.. etc, et une découverte, une petite bombe : Le Man avec Les Lunettes. La compilation automnale a en plus du chien puisqu'elle bénéficie d'une couverture artistique signée du peintre et sculpteur américain Souther Salazar pour le volume 1 et d'un travail du graphiste et musicien anglais Alex Ostrowski pour le volume 2.
La troupe Eardrums a le groin fureteur, le museau affiné et déniche des perles pop avec un talent certain et toujours cette passion si admirable. Leur volonté est sublime, la promotion de groupes et diffusion des dates de concerts est aussi un cheval de bataille. A l'heure où certains croutons frenchy occupent leurs soirées d'hiver à astiquer leurs vinyles, l'avant-garde scandinave a déjà tout compris de l'industrie du disque actuelle, s'est adaptée et sait comment agir pour le bien des groupes et de la musique. Viva Eardrums!
eardrumsmusic.com

jeudi 25 septembre 2008

Northern Portrait


Northern Portrait, c'est de la pop élégante et sophistiquée. Ils font partie dès leur premier ep The Fallen Aristocracy, sorti le 1er avril 2008, de la grande famille du label Matinée Records. Cela tombe sous le sens; le trio danois de Copenhague, Stefan Larsen, Michael Sorenson qui se connaissent depuis leur enfance, et Rune Reholt, sont des activistes de la pop dans la pure tradition. Leur musique fait inévitablement penser à d'autres groupes du genre, Jens Lekman pour l'ambiance, Smiths pour les compositions et la voix, Maths & Physics Club pour les sonorités toutes en legereté et contemporaines. Fallen Aristocracy ne contient que trois titres, et ils sont tous parfaits. Crazy est le titre phare qui illico sort Northern Portrait de l'ombre. Ils sont diffusés sur les télés et radios scandinaves en quelques semaines. Un hit.




Que ce soit dans le tempo, les arpèges de guitares, le glockenspiel ou le clavier, le trio maitrise sa création et se permet même avec classe, de faire une reprise de Cliff Richard, Some People, fondante, pulpeuse. Le 2 septembre dernier, les Northern Portrait signent un deuxième ep, Napoleon Sweetheart. D'emblée, le décor est planté : romantisme, jangle-pop. La voix de Stefan Larsen est fracassante dans Our Lambrusco Days, composition remarquable où le tambourin sur les accords de guitare met en exergue le chant de Stefan. Le titre I give you two seconds to entertain me sur le ep nous met dejà l'eau à la bouche, l'album étant en préparation pour paraître dans quelques jours. Celui-ci portera le titre Criminal Art Lovers... tout un programme !
myspace.com/northernportrait

mardi 23 septembre 2008

The Lodger


Apparus en 2005 sur diverses compilations pop aux côtés d'autres groupes de Leeds dont ils sont originaires, The Lodger sortent officiellement leur opus de 14 titres, Grown-Ups, en juin 2007. Acclamé par la presse, essentiellement bloguesque, la mayonnaise prend et le groupe part en tournée européenne mais aussi américaine avec The Long Blondes. Il faut admettre que cet album est punchy, ultra-pop, habité par la culture musicale du nord de l'Angleterre. Pas étonnant que ce jeune trio Ben Siddall, Joe Margetts et Bruce Renshaw se démarquent sur la toile. C'est un délice, qui séduit les fans de Morrissey, des Housemartins, Wedding present, Orange Juice, Belle & Sebastian...

Les Lodger sont mon coup de coeur. Un beau coup porté par les accords dynamiques des guitares, le son "catchy" des trompettes, la batterie chaloupée et chipie, des paroles réalistes. Et cet accent de Leeds dans les airs comme dans le chant, si joliment marqué, fait briller les pupilles, creuser la fossette sur la joue, rayonner la Britpop dans les chaumières. Les cordes vocales de Ben, les cordes de la basse de Joe, la rythmique de Bruce font sonner une pop enthousiaste. Les compositions des Lodger effleurent le genre psyché à la Eggstone mais gardent aussi ses racines dans le style smithien des années 80, en y ajoutant une pincée de jangle-pop galvanisante.

A peine la série de concerts achevée que les trois musiciens repartent en studio et offrent en mai 2008 leur album Life is Sweet. Comme le titre l'indique, les Lodger ont fait un album de tendresse ciselé de mélodies qui fleurent l'humilité. Les textes sont simples et drôles, efficaces. L'ambiance virevolte légerement entre des airs country dans An Unwelcome Guest ou Nothing Left to say et des partitions délicates de violon dans Honey sur le timbre de voix "so british" de Ben. Un bien chouette groupe qui réchauffe les coeurs poppeux en ce début d'hiver. Les Lodger travaillent à leur troisième disque qui sortira dans quelques semaines. Ayez l'oeil et les oreilles aiguisées. (vidéo : The Good Old Days)
myspace.com/thelodgerleeds

samedi 20 septembre 2008

Kings of Leon


Arrivés en 2003 avec leur premier ep Holly Roller Novocaine dont les 5 titres paraissent sur l'album Youth and Young Manhood, les Kings of Leon frappent un grand coup et leur notoriété américaine prend essor en Europe. Kings of Leon, c'est une affaire familiale comprenant les trois frères Caleb, guitare et chant, Jared à la basse, Nathan au chant et batterie et Matthew leur cousin. Les quatres garçons de la famille Followill sont alors agés de 17 à 24 ans, enfants de pasteur, ils choisissent un nom de groupe familial correspondant au surnom de leur père et leur grand-père, Léon.
Youth and Young Manhood est spontané, un peu garage avec des sonorités roots du rock américain de Nashville où évolue le groupe avec des paroles évoquant le Montana, la Californie et pourtant le titre de l'album vient d'un titre de roman d'Ernest Hemingway, Paris est une fête. Le groupe est acclamé par les critiques, les fans et d'autres artistes les invitent à partager la scène. Les Kings of Leon suivent une voie dorée en accompagnant les Strokes en tournée.

Les voilà, les quatre, avec leur look un peu garage, un peu grunge, jouant un style de musique coincée entre du White Stripes, du Pixies, du Strokes, un rock bien à eux finalement que la presse anglaise définit comme "la révolte du rock". 2004, the Bucket place le groupe et son deuxième album Aha Shake Heartbreak au top des ventes.
2005 les Kings of Leon tournent avec Bob Dylan et en 2005, avec les Pearl Jam. Because of the Times sort en 2007. Ce disque propose des titres là encore rock, parfois seventies avec des guitares au son saturé exquis pour les amoureux du genre. L'Amérique y est derechef mise à l'honneur, le bayou, l'Arizona, Virginia, Texas etc...

Les Kings of Leon, pieux, arborent une croix autour du cou et semblent vouloir mettre en avant leur côté spirituel dans le dernier album qui sort le 23 septembre 2008, Only by the night. Dans l'ensemble le disque est honorable. Les membres des Kings of Leon ont coupé leurs tignasses et moustaches, offrent des paroles plus significatives comme dans Closer, Revelry ou encore Manhattan, chansons dans lesquelles le son est plus intime, offensif, parfaitement peaufiné et où les riffs de guitares qui planent sur les voix en écho arrivent à rendre les mélodies rock'n'roll et solennelles à la fois.
kingsofleon.com
myspace.com/kingsofleon

mercredi 17 septembre 2008

Caesars


Groupe suédois formé en 1995 par Cesar Vidal et Jocke Ahlund, ils sont rejoints par David Lindqvist et Jens Orjenheim, ce dernier sera remplacé après son départ par Nino Keller. Dès 1998, le groupe sort son opus Youth Is Wasted on the Young. Cela permet au groupe de faire des concerts et se présenter au public. Cherry Kicks en 2000 entre en lice et voilà les Caesars Palace lancés sur les scènes de Scandinavie avec leur air juvénile et leurs instruments flambants neufs.
Puis les Caesars Palace présentent leur troisième album en 2002, Love the Streets, très rock où le clavier est roi, dans la veine mods, un disque habité par le psychédélisme des années 60. Un bijou de 14 titres délirants de synthés, guitares, voix avec une batterie et percussions hallucinantes.
En 2002, les Caesars Palace ne lachent pas la barre, gardent le rythme, composent le fameux Jerk it out qui sera utilisé dans la pub ipod en 2005 et qui sera la clé du succès hors des frontières scandinaves. C'est aussi l'année de l'album 39 Minutes of Bliss toujours aussi offensif, dans les sonorités et les paroles, plus mature et encore plus puissamment ancré dans le psychédélisme. On retrouve Jerk it Out qui sera dans une autre version sur l'album suivant Paper Tigers de 2005, titre phare des Caesars Palace qui sont honorés par un Swedish Grammy Awards.



Cela faisait trois ans d'attente, les Caesars (tout court, le "Palace" à la trappe) ont pris le temps de nous concocter un album de 24 titres sorti en mars 2008 Strawberry Weed . Délicieusement provoquant, mordant, energique, on y retrouve le style mods, le son Caesars qui colle à la peau, mais aussi des teintes psyché moins propres, moins lisses. C'est pour certains morceaux un peu plus roots, dans l'esprit des Brian Jonestown Massacre.
Une cacophonie attaque pendant quelques secondes puis les Caesars envoient le son avec les guitares et les choeurs efficaces dès Waking up. La batterie déroule le tapis rouge à la guitare electrique qui évolue jusqu'à She's getting high, balançant un rock'n'roll idyllique avec des arrangements fleuris de tambourins psychédeliques. Puis Boo Boo Goo Goo, ainsi que Down Down Down persuadent du virage musical pris par le groupe. C'est du son rock brut, du pur jus sonore. Ca sonne spontané et enjoué, moins calculé, moins produit de studio.

Dans Tough Luck, il y a cette assurance, cette maturité comme dans You're next, où le piano de saloon sur la voix de César et la guitare acoustique de Jocke emmènent dans l'Ouest américain. Les titres offrent des atmosphères diverses et variées prouvant que les Caesars sont des auteurs de talent, voguant entre leur univers déjà dévoilé et de nouveaux genres musicaux inexplorés. Crystal sonne délicieusement sixties avec son clavier des plus délurés. L'ambiance est marquée dans chacun des 24 titres qui ne dépassent pas 4 minutes. Quelque soit cette ambiance, les guitares et la batterie, cosmiques, donnent définitivement une couleur aux Caesars, désormais reconnaissables et identifiables.
myspace.com/caesars

mardi 16 septembre 2008

Sharon Jones & the Dap Kings

Pour célebrer la venue en grande pompe de BenoitXVI en France, deux possibilités s'offrent à vous : Ecouter Soeur Sourire en boucle et dans l'allégresse ou écouter une soul'sister tout droit venu de New-York, Sharon Jones and the Dap Kings. Je conseille la seconde mais it's up to you.
Il suffit de coller Sharon Jones dans la stéréo, la table basse ikéa vole dans un coin du salon, les lunettes noires sur le nez, la transe vous fait lever les bras au ciel et vous criez "Hallélujah! est-ce que tu vois la lumière?".

Elle nait à Augusta, u.s.a, en 1956, bénie des dieux du gospel, elle chante et fait trembler le dancefloor de l'église le dimanche. Très jeune, elle emménage à New-York et y fait quelques sets avec ses frères, reprenant des chansons de James Brown. Depuis les années 70, la chanteuse vit de son job de gardien de prison et de petits shows d'animation pour mariages quand elle rencontre un des 'dap kings' le bassiste et fondateur du label Daptone Records, Gabriel Roth. Les anges sont avec elle. Daptone Records, qui s'attelle essentiellement à sortir des reprises des années 60/70, à faire du soul revival et faire renaitre de ses cendres la Stax Records, la prend sous son aile en 1996. Les deux têtes du label, Lehman et Roth sont époustouflés par la présence de Sharon Jones. Elle enregistre quelques 45t, des reprises d'eddie Bo, d'Otis Redding à James Brown, participe à des compilations, accompagne les Mighty Imperials et les Soul Providers, les deux groupes devenus aujourd'hui un seul : Dap' Kings. A la batterie : Homer Steinweiss, guitares : Binky Griptite, Tommy 'TNT' Brenneck, à la basse l'illustre Bosco Mann, cuivres : Dave Guy, Neal Sugarman, Ian Hendrickson-Smith, Bugaloo Velez. Les Dap Kings sont les musiciens de Amy Winehouse sur l'album Black to Black, Rehab mais aussi lors de sa première tournée américaine.


Devenue "Queen of Funk", dans les studios d'enregistrement, le premier album Dap Dippin' se prépare en 2002 et Sharon Jones gagne l'estime des gens du métier, le respect. C'est une belle immersion dans le boogooloo, le funky-chicken, les rythmes endiablés de basse sur des airs psychédeliques de clavier mariés aux voix de ténors et baritons des Dap Kings. Sa renommée et son professionnalisme la désigne comme la Soul Sister de Brooklyn. Le groupe part en tournée qui s'étend au monde entier, le deuxième album Naturally leur faisant gagner en succès et reconnaissance. Les Dap Kings la vénèrent, ne se consacrent qu'à leur reine de la funky-soul musique depuis 2006 et ensemble offrent leur dernier chef d'oeuvres en 2007, 100 Days, 100 Nights.

La chanteuse à l'âme vibrante est passée à Paris, a parcouru l'Europe et les Etats-Unis cette année, a également assuré la tournée pour le disque Berlin en accompagnant Lou Reed. La célébrité de la nouvelle diva de la soul est méritée, sa réussite la mène à travailler avec d'autres artistes qui la réclament, They Might Be Giants, Rufus Wainwright; même Robbie Williams et Lily Allen grattent aux portes de Daptone Records. Aretha Franklin peut être fière de sa descendance. (vidéo : Tell Me)
myspace.com/sharonjonesandthedapkings
(Aretha Franklin... le Royal Theatre de Brighton, toi et moi, jerkeuses, debouts sur les sièges dansant sur Think, nos échanges de chapeaux avec les Blues Brothers dans l'Apollo de Canterbury, nos déhanchés démoniaques à Londres sur Minnie the Moocher'... C'est pour toi ma soul' sister !)

samedi 13 septembre 2008

Stuart Moxham

Stuart Moxham est un des plus grand auteur-compositeur anglo-saxon de ces dernières années.
Originaire de Cardiff, il arrive sur son cheval blanc dans les années 80, accompagné de son frère Philip pour former le groupe mythique Young Marble Giants. Au chant il y a la superbe Alison Statton. Formé en 1978, ils sortent leur album phénoménal Colossal Youth qu'ils joueront dans le monde entier et qui restera une référence post-punk pour nombre d'artistes. Influencés par des perles comme Can, Eno, Kraftwerk et les Velvet Underground, ils deviennent très vite eux-même une influence.

Nommé d'abord True Wheel, tiré d'un titre de Eno, le groupe se baptise Young Marble Giants, s'inspirant d'un livre sur les statues classiques dans l'Archictecture. Leur son de synthé du nord de l'île, la basse de Philip habitée par les eighties, la rythmique endiablée, la voix cristalline et pragmatique d'Alison en font un groupe phare. Les mélodies et les arrangements sont toujours d'actualité. Pas étonnant que les YMG seront repris ces dernières decennies par d'autres pointures comme Kurt Cobain, Yo La Tengo ou les Vaselines. C'est Stuart Moxham qui, dans l'ombre, discretement jouant de son talent à la guitare et clavier, à écrit les trois-quart des titres. Les chansons parlent de Cardiff, ville industrielle à l'âme heavy-rock et de ses habitants dans leurs "plastic home" (Include me out).
Après 8 disques le quator split en 1980 et Stuart Moxham forme illico presto the Gist, qui ne tarde pas à être connu avec le hit Love at the first sight qui sera repris par Etienne Daho sous le titre Café de Flore.

Stuart continue d'écrire, de faire de la musique et en 1982 après un grave accident de moto il offre en enregistrant de chez lui des compositions significatives appelées Embrace the Herd. 10 ans passent... sort Signal Path en 1992, une pluie de mélopées pop folk dont un superbe duo avec Alison Statton. Puis il rencontre notre français adoré exilé à Londres, Louis Philippe. Leur complicité, leurs brios pour composer mêlés fait un album dès 1993 Random Rules avec Louis Philippe aux synthés et le jeune frère de Stuart, Andrew, à la batterie.
Aux Etats-Unis Moxham enregistre pour d'autres artsites l'album Fine Tuning et Barbara Manning Sings With The Original Artists. Ces cinq dernières années, les deux artistes travaillent intensément et sortent en mai 2007 The Huddle House, album soupoudré de tambourin, de balades où la guitare resplendit, agrémenté toujours de cette noble voix de Stuart.

Je reparlerai de Louis Philippe car son oeuvre est splendide (collaboration avec Bertrand Burgalat, Valerie Lemercier, April March, High Lamas, the Clientele, l'écrivain Jonathan Coe), Louis étant lui-même auteur-compositeur, interprète mais aussi écrivain et journaliste. Le frère de Stuart, Philip, joue dans l'excellent groupe David Thomas and Pedestrians. Les artistes qui gravissent autour de Stuart Moxham sont tous des talents et pour un plaisir nostalgique, les Young Marble Giants, récemment reformés, se produisent en Belgique avec d'autres sur scène comme Syd Matters, Troy von Balthazar le 1er Novembre prochain, puis à Cardiff ... il y a matière à rester "aware".
L'emblématique et magique Café de Flore, dans la version des deux as de la pop, Stuart Moxham et Louis Philippe réunis..sur Comme un seul Homme de 1997.
myspace.com/stuartmoxhammusic


jeudi 11 septembre 2008

Liz Durrett


Pour ceux qui aiment PJ Harvey, Cat Power ou Bonnie Prince Billy, voici une jolie américaine à la voix celeste comme il en existe trop peu. Liz Durrett est d'Athens, Georgie. En plus de son minois qui plaira à la gente masculine, la demoiselle propose aussi une réelle personnalité artistique.
Cette personnalité ne tombe pas du ciel puisqu'elle a comme belle ascendance l'auteur-compositeur Vic Chesnut, son oncle.
Husk est l'opus de 2005, qui met en selle Liz avec 9 titres soft et langoureux, encore un peu hésitants musicalement bien que chargés de promesses dans le ton de la voix, engageants dans les textes et les mélodies. Ses influences vont de Tom Waits à la musique du film West Side Story avec notamment cette reprise de Somewhere de la comédie musicale, en duo avec Vic Chesnut.

L'album Mezzanine suit en janvier 2006, plus sûr, plus marquant, imprégné d'une sobre ambiance mélancolique. Les guitares et le timbre de voix de Liz font resurgir des fantômes, vombrir des échos comme dans Shivering Assembly. L'harmonica lancinant hante les morceaux, Knives at the Wall transperce l'échine, les revenants s'expriment dans Little Ascendant avec les voix en crescendo sur les notes graves de guitare, de tambourin et du trombone dans Creepyaskudzu.

Un pas de plus, une avancée certaine, Liz Durrett revient le 9 Septembre dernier avec son frais et fringuant disque Outside Our Gates. L'effet à la première écoute est frappant. Les 11 titres sont de toute beauté, avec des cordes plus abondantes, violons et violoncelles, des cuivres, trombones et trompettes, une rythmique offensive. Le chant est assuré, profond, presque possédé. Une belle réussite que je conseille. C'est une collaboration avec le producteur et arrangeur Eric Bachmann du groupe Archers of Loaf qui donne un résultat extra. On y découvre aussi la participation à l'enregistrement d'amis artistes comme Brian Causey, les Olivia Tremor Control et biensûr le grand Vic Chesnut.
myspace.com/lizdurrett
lizdurrett.com

mercredi 10 septembre 2008

Thomas Dybdahl/National Bank


Arrivé de Norvège telle une météorite en 2000 ( Bigard dirait surement que c'est un gros caillou encore envoyé par les américains...), Thomas Dybdahl est un artiste napalm, plein de grâce et de sensibilité, il enflamme tout ce qu'il touche. Sa voix, véritable instrument se mêle au banjo, à la mandoline, aux violons, violoncelles, guitare, piano, contrebasse d'une manière magistrale.

C'est avec The Great October Sound de 2002 que l'on peut découvrir le son Dybdahl, intimiste, intact, l'atmosphère folk mélodieuse sur claviers pop et rythmiques jazzy gravés dans l'or brut. Chaque frottement de ballet, claquement de baguettes, pincement de cordes, touches de piano se distingue délicatement. 2003, revoilà notre jeune Thomas et toute sa généreuse musicalité véhiculée lors d'une tournée européenne, avec son deuxième album Stray Dogs. Il n'y a plus de doute, les chansons sont griffées, l'artiste offre là encore un disque magnifique. Stray Dogs dénote d'un réel talent, d'une âme. Thomas Dybdahl fait corps avec ses compositions sur scène comme sur One Day You'll dance for me New-York City le troisième magnifique album qui suit en 2004. Le philosophe Arne Næss vient enregistrer sa voix sur le titre If we want it, it's right (vidéo). On reconnait désormais la patte de Thomas Dybdahl, tous les titres sont Revendiqués.

2004 est aussi l'aventure avec The National Bank et la sortie de l'album éponyme. Groupe norvégien qui est constellé de superbes musiciens comme les frères Lars et Martin Horntveth, Suzanna, Nikolai Eilertsen, Morten Qvenild et Thomas Dybdahl, les National Bank présentent depuis le mois de mars 2008 leur tout nouveau bijou Come On Over To The Other Side.
Pop, rock, groovy avec des sonorités jazz et electro mêlée à du clavecin, c'est une multitude de sons, d'univers, de couleurs.

L'équipe de vikings part sur les routes présenter son travail après avoir chacun raflé un grammy award. Puis Thomas Dybdahl se recolle au chapitre et à l'écriture de Science sorti en 2007 qu'il offrira sur scène en faisant une tournée promotion au côté du fantastique Sondre Lerche. Science est lumineux, subtil, désarmant, Dybdahl y est maître de cérémonie, charismatique et stylé jusqu'au bout des doigts et du chapeau. Il y est entouré de ses amis, cour royale de country-pop classique, Mathias Eick à la guitare, Øyvind Jakobsen à la trompette, vibraphone, piano, guitare et basse, Ådne Sæverud, pour le chant, vibraphone et batterie, Eirik Lye au chant, à l'orgue Hammond et pianos, Silje Salomonsen à la basse et chant, Bjørnar Lampegutt, chant et percussions.
Dybdahl porte bien son couvre-chef.
myspace.com/tdybdahl
myspace.com/thenationalbank

samedi 6 septembre 2008

The Lilys


Groupe de dream-pop fanatique, psyché et diabolique des années 90, les Lilys travaillent actuellement à de nouveaux titres. A la tête du groupe, l'immense et majestueux Kurt Heasley donne le ton depuis 1992 avec un premier album kaleidoscope In the Presence of Nothing avec les voix des trois membres du groupe Suddenly, Tammy! En 1994, l'américain surdoué, Kurt, rencontre le producteur de Clem Snide et Yo La Tengo, Adam Lasus et enregistrent ensemble un 10 titres. Le style de musique est de plus en plus ancré dans le mellow-mods des Kinks. Deux albums se succèdent, en 1995 Eccsame The Photon Band et en 1996, le fameux Better Can't Make Your Life Better sur lequel se trouve A Nanny In Manhattan. Ce titre a un succès immédiat et sa présence dans la pub pour Lévis en 1998, hisse les Lilys au rang des groupes incontournables de la décennie.
C'était sans compter sur un retour en 2003 avec un album portant un nom de circonstance Precollection, au son arrondi, nuancé, à l'âme british avec des combinaisons de guitares encensées. Moins mods, plus mûr, plus mature et agressif, Precollection présente des compositions ardentes, parfois avec des tonalités sombres dignes des Pixies mais avec la voix en bonus de Kurt Heasley plus intègre que jamais. Dans la même énergie, en 2006, on retrouve les lilys et l'album Everything Wrong Is Imaginary. Les batteries y sont militantes, les claviers attaquants, les paroles et le chant encore plus puissants. Ca groove psychédéliquement, à en perdre son latin mais c'est du 100% délicieux pour les ouies.
Les lilys sont multi-instrumentalistes, supra-inspirés, méga-chameléons et sont admirables dans ce genre, de manière continue depuis leurs débuts... à suivre de près pour leur prochaine production en 2009. Crossed fingers.
myspace.com/thelilys

Harry Nilsson


Décedé en 1994, l'américain Harry Edward Nilsson III reste sur ma platine, immortel. Méconnu du grand public, il est une des figures les plus importantes des sixties, une influence et une référence pour les groupes actuels mods ou pop et les amateurs de pop-rock indépendant.
Né à Brooklyn en 1941, entouré de grands-parents suédois d'antan acrobates dans un cirque, le garçon est agé de 3 mois quand son père quitte le foyer.

Seul avec sa mère, ils partent vivre en Californie où ils retrouvent un oncle, celui qui offrira des cours de chant et une guitare au jeune Harry qui ne tarde pas à écrire des chansons. En 1958, il entre pour un petit boulot à la Paramount et y rencontre Jerry Smith avec qui il formera un duo dans la veine des Everly Brothers. Ayant des aptitudes dans l'informatique, il assure un job de nuit dans une banque et le jour écrit des chansons, compose sans relâche. Un manager de la Paramount lui offre un ukulélé et très vite le jeune homme développe des facilités artistiques pour la guitare, le piano tout en étant assidu à ses cours de chant. Naturellement doué pour la musique et la composition, au début des années 60, Scott Turner lui commande des chansons. En 1963, Little Richard entend parler du prodige Harry et lui commande aussi des titres. Mercury Records remarque son talent et offre la possibilité à Harry Nilsson d'enregistrer son premier disque sous le pseudonyme Johnny Niles. En 1964, Phil Spector demande à travailler avec le phénomène Nilsson, en découlera 3 chansons et une assise professionnelle certaine.

Tower Records lui signe son premier single sous le nom Harry Nilsson. Le jeune artiste continue son travail de nuit à la banque tout en écrivant ses titres qui seront chantés par Glen Campbell, Fred Astaire, the Yardbirds, les Ronettes, plus tard les Monkees avec Daddy's Song, chanson autobiographique.
1967, c'est le 1er album, une beauté pop complète et totale, Pandemonium shadow show, portant le nom du cirque de ses grand-parents. Tous les titres de cet album sont magiques, ce disque est une référence de fond en comble.
1968, le second album Aerial Ballet arrive encore plus beau, plus pop, avec trompettes, cors, percussions révoltées, des mélopées grandioses. Mais le succés auprès du public ne suit pas. 1941, chanson qui parle du départ de son père "Well, in 1941, the happy father had a son, And in 1944, the father walked right out the door, And in '45 the mom and son were still alive, But who could tell in '46 if the two were to survive"...est un des bijoux de ce disque.

Lors d'une interview des Beatles en 1969, le groupe annonce que leur musicien favori est Harry Nilsson. Immédiatement, on s'arrache les deux disques, passés inaperçus, qui ressortiront en 1971 par la force de la demande sous le nom Aerial Pandemonium Ballet.
1969, le 3ème album I Guess The Lord Must Be In New York city remporte également un franc succés, et enfin le talent de Nilsson est reconnu.
En 1971, c'est le fantastique album enregistré à Londres avec un orchestre symphonique Nilsson Schmilsson et son titre Without You qui apparait sur la BO de Badfinger (repris par Maria Carey). Depuis des années, Paul McCartney, Harrisson et Ringo Starr ne cessent de clamer leur admiration pour Nilsson. C'est avec John Lennon, qui avouera avoir écouté Aerial Pandemonium Ballet pendant 36 heures non-stop et Ringo Star, qu'une réelle amitié se liera. Ils habitent la même maison pendant plus de 3 ans à Los Angeles et composent ensemble. Nilsson sera effondré à la mort de son ami Lennon assassiné, arrêtant quasiment d'écrire et qui dès 80, se produisant de manière sporadique, décide de reverser ses royalties à l'Association Stop Gun Violence. En 1990, il fait une des dernières apparitions à Liverpool pour chanter sur scène give peace a chance puis à Los Angeles avec Ringo Star en 1992, pour reprendre Without You.
Harry Nilsson au cours de sa carrière c'est: des Grammy Awards, une quarantaine de BO comme Midnight Cowboy, Son of Dracula, Popeye, Forrest Gump, High Fidelity, plus d'une quinzaine d'albums et compilations. Auteur de presque 200 titres, aimé, admiré, Harry Nilsson sera repris moult fois et fera l'objet d'une compilation en 1995 For the Love of Harry avec Aimee Mann, Brian Wilson, Ringo Starr, Ron Sexsmiths, Randy Newman.. En 2006, un film documentaire Who is Harry Nilsson? offre un bel aperçu de sa vie, son amitié aussi avec les Monty Python.
L'éternel Harry Nilsson, fait partie de notre discographie et vidéothèque pour encore un bon moment.