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vendredi 31 octobre 2008

Mark Kozelek


Mark Kozelek est un des meilleurs songwriters depuis 15 ans. De l'Ohio, sa renommée est internationale, le musicien est extremement respecté et vénéré par l'ensemble de la profession.
Il apparait en 1992 avec son premier groupe Red House Painters, accompagné de son ami, le batteur Anthony Koutsos, le bassiste Jerry Vessel et le guitariste Gorden Mack. Ces quatre musiciens depuis n'ont cessé de travailler ensemble, fait rarissime qui dénote une sincerité et intégrité, également présentes à l'écoute de leurs disques, Down Colorful Hill (1992), Red House Painters (1993), Ocean Beach (1995), Songs for a blue Guitar (1996), Old Ramon (2001).

En 2001, Mark Kozelek continue la seule chose qu'il aime et sait faire, comme il le reconnait lui-même, de la musique. Il sort en solo un EP de reprises de AC/DC Rock 'n' Roll Singer, réarrangeant complétement les riffs de guitares grinçantes en mélodies folk et ballades acoustiques. Se consacrant exclusivement aux concerts, il part en tournée au quatre coins de la planète. Plusieurs albums Live découleront de ce gigantesque tour : White Christmas Live (2001), Duk Koo Kim (2003), Little Drummer Boy Live (2006), un coffret de 4 LP en édition limitée (2007), 7 Songs Belfast (2008).
Kozelek a une âme. Sa création est touchante. Il écrit sur ses expériences personnelles avec poésie et tendresse. De Mickael, un de ses amis disparu à l'âge de 24 ans, à Up to my Neck in You, la brillante cover à la sauce autobiographique Carry me Ohio, au royal Ruth Marie où il fait parler une vieille femme qui quitte sa maison, sa vie, en parlant à sa fille. Kozelek a une voix, pénétrante, profonde, marquée au fer. D'une douceur infinie, elle est puissante de sonorités et de variations. Un chant gutural, qui semble venir des tréfonds de sa poitrine, un livre narré par un ventriloque qui fait écho et caisse de résonnance, offert et ouvert. Ses arpèges, sont aussi signés et reconnaissables parmi mille.

Depuis 2005, l'auteur-compositeur a produit deux magnifiques objets avec Anthony, Gordon et Jerry, sous le nom de Sun Kil Moon, l'album Tiny Cities, qui est entièrement fait de reprises du groupe Modest Mouse. Mark Kozelek aime reprendre Leonard Cohen, Bernstein et son magique Somewhere de West Side Story, et s'approprie joliment aussi des titres de son ami Will Oldham (Bonnie Prince Billy) qui chante et joue sur le dernier disque de Sun Kil Moon, April, sorti il y a 7 mois. Ce bijou ultra-mélodieux, toute en folk délicate, est l'album de l'amitié. Mark y a invité Will Oldham mais aussi Eric Pollard et Ben Gibbard de Death Cab for Cutie et Postal Service, Geoff Stanfield de Black Lab et d'autres encore comme Low. Monsieur Kozelek démontre toute l'étendue de son don et se place au sommet de la pyramide des songwriters à côté de Nick Drake et de Cat Stevens.
myspace.com/markkozelek

jeudi 30 octobre 2008

Eleni Mandell


Eleni Mandell, au prénom de déesse greque, maintient sa tignasse brune d'un élastique élémentaire en jouant avec sa guitare sur scène. Originaire de Los Angeles, où elle étudie les arts, elle écoute Tom Waits en grattouillant sur sa Gibson, puis le rencontre en chair et en os. Cette expérience la persuade de devenir musicienne. Elle tente l'aventure.
Guitariste à la voix énergique et confidentielle, la jeune femme vogue dans multiples sphères musicales, country, pop, rock, jazz avec toujours, sa propre note, sa griffe personnelle et sa personnalité éclaboussante.

Elle développe très tôt un son Mandell avec Wishbone, son opus folk-jazz de 11 titres sorti en 1998, sur lequel apparait le titre Normandie, vaporeux et langoureux. Sorti sur son propre label qu'elle crée sur le pouce, nommé Mr Charles, ce premier album en 1000 exemplaires qu'elle propose elle-même après ses concerts, se vend comme des petits pains. La jeune femme a du talent et du tempérament. Dans ce monde essentiellement masculin, elle ne recule devant rien, encore moins devant la production de son second album en 2000, Thrill, toujours folk et country ficelé à la corde digne d'un lassau de rodéo pour une ballade dans le grand ouest américain. La demoiselle joue sur scène, parcours des miles seule avec sa guitare, comme guidée par son étoile, écrit dans la foulée en 2001, Turn on the lights, un 2 titres et Snakebite composé de 13 titres.

En 2003, c'est son magnifique Country for true Lovers qui aide la belle Eleni à se dévoiler au grand public; elle y chante un traditionnel Kingsport Town. Elle remporte la même année avec Elliott Smith la récompense annuelle du LA Weekly.
Son chant et son interprétation se font désormais plus rythmés, plus affirmés et confirmés. Elle se produit avec ses compagnons de route, le bassiste Ryan Feves, le batteur Kevin Fitzgerald et joint au groupe récemment le guitariste Jeremy Drake. Afternoon pointe le bout de son nez cette année 2004.
Son style feutré balance entre Dean Martin, Madeleine Peyroux et Jill Sobule (la Negatives de Lloyd Cole; pour les connaisseurs), Eleni dégage une présence sur ses mélodies, elle habite littéralement ses compositions avec un charme chic et rétro. Elle est naturelle, spontanée, une jolie artiste avec un réel talent de création et d'interpretation (elle n'a guère besoin de se maquer avec un président de république, et elle fait elle-même ses chansons). Son dernier album signé en 2007, Miracle of Five est une totale réussite, riche de violons, accordéons, contrebasse, guitares, que je conseille de cueillir avant l'arrivée de Artificial Fire, disque prévu dans quelques mois. (vidéo : Make-Out King)
elenimandell


samedi 25 octobre 2008

Woodpigeon


Woodpigeon est un collectif canadien conduit par Mark Hamilton, aux allures de hippie des années 70, sans en être vraiment. Ils me font plus penser aux chercheurs d'or du 19ème siècle avec cette flamme qui les habite, avec leurs barbes et chemises à carreaux et cette quête de beauté, de rêve.
Un premier ep Sketchbook sort en 2005, puis la même année suit Pigeonbooth.
La dizaine de compères poursuivent leur travail de création en produisant eux-mêmes leurs ep, six en tout, en l'espace de deux ans. Leurs productions très chaloupées, voguent entre le pop-folk et de la pop twee-country (allez! inventons des mots!), entre Sufjan Stevens, Belle and Sebastian, et Reindeer Section. Leur son est si brut, tellement naturel, enregistré en studio dans les mêmes conditions que celles adoptées par Sufjan Stevens, qu'en écoutant les Woodpigeon on imagine déjà une bande-son pour un autre "Into the Wild".

En 2006, voilà leur opus Songbook, perturbant et absolu, par les constructions des chansons, alternatives, des paroles de rêve qui emportent loin et conquièrent les oreilles, une répartition enchanteresse des instruments. Les mélodies tombent comme des pluies d'étoiles, grâce aux tambourins, maracas, banjo, guitares, basse, accordéon, hand-claps, pianos, violons, glockenspiel, trombone, trompette qui brillent et s'amusent à nous envelopper d'une orchestration parfois baroque et psychédélique. Les Woodpigeon ne font rien comme tout le monde, même pas dans le choix des titres de chanson, hors normes, comme Home As A Romanticized Concept Where Everyone Loves You Always And Forever.


En Août 2008 est paru leur nouvel album, Treasury Library Canada. Ils ont encore frappé fort. Le disque ne comporte que des pépites, nos chercheurs d'or se sont bel et bien installé sur une mine, aucun doute. La musicalité du disque flirte avec l'excellence. L'ensemble est superbe, doux et énergique, soyeux et rugueux. C'est un livre de petites histoires qui se suivent et Mark Hamilton, avec talent, sensibilité, qui est journaliste de profession, nous les livre d'une voix magique et habile. Treasury Library Canada est une enluminure à écouter absolument.
woodpigeon

jeudi 23 octobre 2008

Im from Barcelona


Who killed Harry Houdini? demande les I'm from Barcelona, titre de leur tout flambant neuf album..Harry Houdini, prestidigitateur hongrois émigré à Detroit USA, est mort en 1926 à 52 ans d'une péritonite. La version officielle du décès, rupture violente de l'appendice, est depuis des années controversée.
Quelques jours avant son trépas, il donnait une représentation mettant en scène sa faculté à recevoir des coups dans le ventre et ainsi prouver son invincibilité. La rumeur d'un meurtre court et inspire moult écrivains, parmi eux Sir Arthur Conan Doyle avec The Edge of the Unknown. Houdini assassiné? Une exhumation a été réclamée par les descendants pour une ultime autopsie du magicien. Alors que le mystère est sur le point d'être élucidé, les suedois d' I'm from Barcelona signent un sublime disque dédié à Houdini.

La magie opère. Les titres sont brillants. Ils ont surmonté la difficulté de faire aussi bien, voire mieux, que le premier album de 2006 Let Me Introduce My Friends, succès grandiose pour le groupe. L'ensemble des textes, l'ambiance y est plus intime, plus soft et personnelle. Gunhild , duo du chanteur Emanuel et Soko est d'une douceur absolue, intriguant. L'instrumentation y est riche : trombone, ukulélé, glockenspiel, claviers, violons, l'abondance des instruments est à l'image du nombre de lurons (29) dans la troupe suédoise.

Le tambourin et la trompette annonce Andy, le titre sorti en single il y a quelques semaines. Certainement moins catchy que les tubes précédents qui finalement se retrouvaient dans de stupides jingles météo. Cet album est plus construit, plus pensé, extrêmement travaillé et s'apprécie en écoutes répétées. L'oreille est vite envahie par le doux son de clarinette et de banjo dans Paper Planes, les cuivres titillent et accompagnent les paroles drôles et inspirées There's a big old man, In his underpants, He plays the clarinet every night....In the flat below, There's the Cosby show, And Theodor is screaming at Bill, Claire is mad and Ruby is ill, There's a cat out there, Running everywhere, Chasing all the girls in the park, I wish that I could see in the dark...
Merci Emanuel Lundgren, fondateur des I'm from Barcelona, de prendre votre guitare, de composer des mélopées aussi pertinentes et amusantes. Rendez-vous à leurs concerts, show et chaleur garantis : en Octobre le 24 à Amiens, le 25 à Lille, le 26 à Rennes, 27 à Nantes, 28 à Toulouse, 29 à Barcelone, le 31 à Paris et au festival de Vendômes le 1er Novembre.
myspace.com/imfrombarcelona

mercredi 22 octobre 2008

Lucksmiths


J'ai déjà écrit sur les Lucksmiths mais quand on aime on ne compte pas ( cf Piggledy17/06/08).
Je peux écrire, encore et encore, tant que ce groupe pop australien mythique composera et sortira des disques. Car depuis Spring a Leak paru en 2007, les Lucksmiths ont fait honneur à leur public en parcourant les continents, jouant sur scène comme des princes. L'éloignement pendant la tournée leur a inspiré ce nouveau disque First Frost qui nous arrive comme une bombe pop.

First Frost, c'est "la première gelée" et quand on glisse le cd dans la platine, les frissons sont là. C'est de la faute à Tali White, le seul chanteur pop au monde qui chante et joue de la batterie en même temps. Dès le premier titre The Town & The Hills, sa voix est là, envoûtante, charismatique. Il y a du swing dans les mots, d'une beauté absolue, et dans cette rythmique présente autant dans ses cordes vocales qu'à l'extrémité de son pouce. Marty Donald et Louis Richter, guitaristes, Mark Monnone, bassiste, sont assurément les trois meilleurs guitaristes que je connaisse dans le milieu pop-indé, au même titre que Jeff Baron des Essex Green, Ben Crum des Great Lakes, la bassiste Julia Rydholm des Ladybug Transistor ou encore Jens Lekman et son ukulélé. Louis, Marty et Mark habillent les mélodies de leurs arpèges comme des orfevres sertissent les diamants. How we met, offre une partition de basse et guitare absolument ennivrante. Ce disque semble habité. Les Lucksmiths ont passé du temps en Tasmanie, Tali White n'a plus quitté son crayon, les mélodies et les paroles lui venaient comme s'il avait rendez-vous avec la région, comme un retour aux sources qui le touche très profondément. La geographie, la distance sont les thèmes principaux, notamment dans le très rock Never & Always. A l'écoute des textes comme Pines, South-East Coastal Rendezvous, How We Met, The Town & The Hills, on perçoit une personnalisation des paysages, une intimité entre Tali et la nature tasmanienne qu'il n'a plus envie de quitter "the city looks its best over my shoulder". The National Mitten Registry est comme toutes les autres chansons, merveilleuse, un tour somptueux de magie, sortent du chapeau des flugelhorn, des violes, violons, trompettes, cuivres en cascade, les voix en choeur de tous les amis qui ont participé au disque. Parmi eux, Fred Astereo qui prête sa voix et signe l'album avec son label The Lost and the Lonesome.
Là encore les Lucksmiths nous font un cadeau magnifique avec First Frost, géant et divin. Le quator natif de Melbourne, brille, album après album, pour entrer en grande pompe au panthéon de la pop.
myspace.com/lucksmiths
myspace.com/thelostandlonesomerecordingco

samedi 18 octobre 2008

Bricolage


Bricolage est un jeune groupe de Glasgow, mélange de pop, rock et esprit mod's, trempé du style de Postcard et Franz Ferdinand, avec qui ils partagent la scène en tournée l'année dernière. Wallace Meek, Graham Wann tous deux à la guitare et chant, Darren Cameron au clavier et à la basse et Colin Kearney à la batterie, apparaissent avec le single Footsteps en 2006. Le titre accroche, est illico joué sur les ondes de radios, les Franz Ferdinand les nomment dans le NME et voici les Bricolage en marche vers la notoriété, les studios et les concerts.

Le 27 Octobre 2008 sortira l'album éponyme, le premier bébé du groupe, comprenant 12 titres dansants, très rock, un ensemble de chansons vitaminées de la veine des 1990's. Le groupe véhicule une excellente humeur et un genre musical fort british à la rythmique savamment énervée. Le quator nous propose des sons énergiques, des mélodies intenses et rebelles. Bricolage a le mordant necessaire pour ne pas faire que passer dans nos chaumières mais rester encore un bon moment. En septembre 2008, ils nous ont concocté le titre The Waltzers, un avant-goût épicé et savoureux de l'album à venir. (vidéo : The Waltzers)
myspace.com/bricolagetheband

jeudi 16 octobre 2008

Brooke Waggoner


Elle s'approprie les touches blanches et noires du piano de ses parents à 4 ans et compose sa première chanson à 10 ans. Chez Brooke Waggoner, la musique c'est viscéral. Elle ne la ressent pas seulement, elle la crée, la sculpte, l'accompagne.
Compositrice, pianiste d'excellence ayant Chopin et Simon & Garfunkel comme références, la jolie américaine est diplômée depuis 2006 en musicologie - composition et orchestration. Agée de 23 ans, la jeune artiste véhicule une maturité et un charisme lors de ses concerts et de ses passages studios qui laissent l'assistance coite. Originaire de Louisiane, elle part vivre à Nashville, Tennessee, pour étudier et y vivre sa musique. Un ep de 6 titres sort en 2007, Fresh Pair of Eyes, stylé, ultra performant et impressionnant.

"Hush if you must, if you must so you'll trust, In the power of your silence, the fear in compliance, Hush if you must, if you must so you'll trust, In the power of your silence, the fear....you'll come outloud". L'album Heal for the Honey est apparu le 2 septembre 2008, objet d'un charme absolu. Les compositions sont vibrantes, Brooke dépose des envolées d'ensemble à cordes sur ses notes de piano tel un maestro. L'écriture est fine, comme sa voix. On devine une artiste fragile, sensible et sure à la fois quant à la retranscription de ses émotions et la fulgurance des arrangements. La demoiselle gère tout ses morceaux de la première note à la dernière : Rarissime.
Des tempéraments, des personnalités, des têtes comme Waggoner démontrent sans contours que la musique indé-alternative "home-made" n'est pas prête d'être détrônée. A classer entre les Kate Bush et Feist. (vidéo : Golden Ear Theatre)
brookewaggoner.com



mercredi 15 octobre 2008

Rod Thomas

Quand on demande à Rod Thomas "qui est dans le groupe?", il répond : moi, ma guitare acoustique, mon tambourin, mon Casio des années 80 et mon sample. Ce jeune écossais qui vit à Londres a joué dans nombre de festivals cet été et a présenté son single Same Old lines à Glastonbury où déjà des fans fredonnaient et reprenaient les paroles en choeur avec lui.(vidéo : Same Old Lines)


Il s'adonne à sa passion à temps complet depuis deux ans; sa confiance porte ses fruits : Same Old Lines est bien le genre de chanson supra accrocheuse. Les premières notes de ukulélé sont entrainantes. Le clap-hands et la voix de Rod qui entre en scène avec un petit accent écossais charmant, évidente et limpide, toute en volupté, habille la composition d'une matrice dynamique. Sa voix celeste, évoquant à la fois le groupe Ben & Jason, Whitest boy Alive, et Crowded House, s'accorde parfaitement à l'harmonica, l'accordéon, triangle et autres instruments de percu. Ajoutez à cela une tonitruante consistance dans les mélodies qui restent en tête et un Rod Thomas qui allonge les accords de guitares sur les partitions de synthé, une collaboration avec son ami James Yuill (cf Piggledy Pop 13/02/08) qui a remixé certains titres et vous obtenez 5 superbes singles comprenant plus de 11 titres avec bonus.
Rod Thomas apparait très complet, de la création à la scène. Il jouera dès la fin du mois d'octobre en France et pour plusieurs dates, accompagné de deux musiciens, après être passé en Angleterre aux côtés d'artistes comme Kathryn Williams et Sam Isaac. A noter sur les agendas. (vidéo : Your Love is a Tease)
myspace.com/rodthomasmusic

vendredi 10 octobre 2008

Jeremy


Ce génial groupe de Norvège est composé Lars Christian Olsen à la guitare et chant avec Øivind Hatleskog guitare et chant, Jørgen Helliesen à la batterie et Mikaell Olsson à la basse. Les Jeremy apparaissent dès 2004 en partageant la scène avec Thomas Dybdahl et Sondre Lerche. Le 15 septembre dernier ils offrent leur premier ep Silly love songs qui annonce l'album Smells Like Rain, Feels Like Sun concocté également par deux fameux multi-instrumentistes qui jouent avec Sondre Lerche, HP Gundersen et Kato Adland. Je n'avais plus entendu depuis un bon moment de la pop aussi joyeuse, dans les textes et dans l'interprétation. Les compositions sont un délicieux mélange de sunshine pop, avec des sonorités mods, blues, rock.

Ces quatres musiciens opèrent en maitres du genre car s'ils ont des influences, ils les utilisent à bon escient. De ces références ils ne font pas une musique clonée ni une pale copie de groupes qu'ils aiment mais au contraire ils produisent un son personnel, un nouveau style en jouant de ces influences, en les remodelant. C'est en cela que Jeremy est avant-gardiste et exceptionnel. Ces jeunes norvégiens sont fort prometteurs.
Les paroles sont un régal de malice, de drolerie qui collent le sourire jusqu'aux oreilles. Make Love not War est un petit bijou pop, single sorti en mai dont le B-side a été mixé par le portugais Allen André Anjos qui travaille aussi avec the Shins, CSS, Bloc Party etc.
Voilà la Norvège et son micro-climat torride qui frappe encore. Jeremy fait rayonner un taux d'uv Brian-wilsonnien, inonde de chaleur ce frileux mois d'octobre. Les aficionados de pop vont être comblés.
myspace.com/jeremy

jeudi 9 octobre 2008

Emmanuel Can


Emmanuel Can dessine depuis qu'il a six ans. Instinctivement, il laisse libre cours à son don naturel, décrochant à l'école des notes en artistique flirtant avec l'excellence.
Après le lycée, ses activités professionnelles le mènent sur une autre voie. L'artiste normand pose très tôt ses outils, met de côté ses croquis et ses esquisses. Depuis quelques années, à peine âgé de 40 ans, le revoici en piste avec des oeuvres époustouflantes. Emmanuel a repris ses pinceaux et pastels, travaille sur papier, toile, bois, carton. Au gré de ses envies, de ses inspirations, il crée essentiellement des portraits. Les dessinateurs et les peintres savent à quel point les yeux, l'expression du regard sont difficiles à reproduire. Que nenni! Il n'y trouve non seulement aucune complication mais au contraire, exécute des regards perçants et touchants avec une aisance impressionnante.


C'est un plaisir continuel de se plonger dans ses visages, à qui il redonne une âme ou fait ressurgir une caractéristique effacée d'une personnalité. Emmanuel, d'un coup de pastel, rend une fossette majestueuse et un grain de beauté transcendant.
Comme pour beaucoup, l'artiste reste modeste, pas forcément conscient de posséder des doigts en or et un immense talent. Il ne vend pas ses toiles ni ses dessins, rangés et un peu oubliés. Hormis une fois par an, il les propose à une salle d'exposition de Saint-Rémy-sur-Avre dans l'Eure au début du mois de Mars. L'occasion est offerte d'aller à la rencontre d'Emmanuel Can et de profiter de ses superbes productions, Marlene Dietrich, Bourvil, acteurs et personnalités, il y en a pour tous les goûts.
Je connais Monsieur Can depuis que nous avons six ans! Si j'avais su à l'époque, je lui aurais prêter ma trousse à crayons à la place des playmobiles. Mais il n'est jamais trop tard...

lundi 6 octobre 2008

Rodolphe Burger

Originaire d'Alsace, Rodolphe Burger forme son premier groupe Kat Onoma, anciennement nommé Dernière Bande, à Strasbourg en 1986.
Il travaille en collaboration avec des artistes comme Alain Bashung (Cantique des cantiques, La Ballade de Calamity Jane, Fantaisie militaire), un autre ami, Jacques Higelin (Amor Doloroso), Françoise Hardy (Le Danger, Clair-obscur, Parenthèses), Olivier Cadiot (On n'est pas des indiens c'est dommage, Hôtel Robinson), James Blood Ulmer (Guitar Music, No Sport), Jeanne Balibar (Paramour, Slalom Dame) etc..

Rodolphe Burger est au panthéon des compositeurs-interprète français, dans le sillage de Serge Gainsbourg dont il fera des reprises lors d'un tour de chant à l'Elysée Montmartre et sur France 5 (inédits).
Deux mots pour qualifier l'artiste qu'est Rodolphe Burger: Splendeur et Sensualité.
Ces deux mots cohabitent et se retrouvent au cours du festival annuel Dernière Bande qu'il a créé à Sainte Marie les Mines son village natal, près de Colmar. Rodolphe y a crée un rendez-vous splendide d'artistes qui se produisent au sein d'une chapelle romane, aux lueurs des candélabres, produisant une résonance particulière au coeur des Vosges. Dernière Bande est également le nom de son propre label.
Son dernier album No Sport, telle était la malicieuse réplique de Churchill aux curieux désirant percer le secret de sa longévité, sorti en 2008 atteint un plus large public. La beauté qui émane du disque et de l'artiste tient de son talent de composition, des riffs de guitare agrippants, des vagues envahissantes d'arpèges de basse et de violoncelle enlacées dans la poésie des mots, dans la volupté de sa voix.

Rodolphe Burger sait jouer des mots, poete, philosophe, il habille ses textes de dorures chaudes ou froides avec des phrases qui parfois, tranchent telles des sabres. Mais le plus souvent, c'est le dandy amoureux qui déclame sa flamme, cette flamme splendide et sensuelle. Piggledy Pop est fan absolue de monsieur Burger. (Vidéo: Rodolphe Burger & the dining rooms. Promise)

à mon ami Donald.

liste de concerts: myspace.com/rodolpheburger

mercredi 1 octobre 2008

Love Dance


Love Dance est un trio de Bergen qui après avoir sorti un ep en 2005, présente l'année dernière un sublime album, Result, contenant 10 titres de pop dorée et scintillantes.
Tout y est, la batterie minimaliste, la petite trompette qui se glisse dans l'oreille, les mélodies jouées au violoncelle qui se scotchent à tous les lobs du cerveau et qu'on se surprend à siffloter sur un quai de métro au milieu de mines déconfites.
Les trois jeunes musiciens norvégiens de Love Dance, anciennement Try Happiness, sont Eirik et Kristopher qui se rencontrent en 2003 sur les bancs de fac à Bergen et Kjetil le bassiste qui les rejoint dès 2005. Les trois ont la tête sur les épaules, inspirée et bien faite. Ils font de la musique comme un hobby et poursuivent efficacement leurs études de philosophie, littérature et politique. Ils écrivent des textes sans prétention basés sur leur lecture, la musique qu'ils écoutent ou encore sur le football qu'ils aiment. La composition est guillerette, bon-enfant, superbement bien construite pour un premier disque. Les airs sont tonitruants et fulgurants de punch, de sonorités rock-garage à la Eggstone mélées aux Pale Fountains.




C'est de la pop "va-va-voum" qui n'a pas échappé au petit label allemand Marsh Marigold. Le groupe véhicule une image saine et positive du style musical. Ils jouent comme des professionnels, font de la musique belle et romanesque, mais n'en sont ni esclaves, ni chimériques.
On annonce Result comme le disque pop de l'année 2007. Même si Love Dance est un groupe d'étudiants qui bossent leurs cours, font de la musique (réellement) et n'ont guère le temps loisible de surfer sur le net pour apparaître sur myspace ou youtube, leur musique vaut vraiment le coup que l'on prenne le temps de l'évoquer... sur la toile et ailleurs.
lastfm.fr/music/Love+dance

Lorimer Sound


Ce charmant petit groupe composé de la chanteuse Kristine, du bassiste Dan, du guitariste et pianiste Christopher et du batteur Lisle, Lorimer Sound débarque de Chicago tel un ovni pop. Ils composent un ep le mois dernier nommé Greenstreets comportant cinq titres absolument étincelants. Les fanatiques de la vague pop américaine formée des Ladybug Transistor, des Essex Green, des Aislers Set vont être conquis.
Les Lorimer Sound produisent un son bercé de folk, de pop naive et romantique qui rappelle les Lucksmiths, utilisant du bout des doigts les maracas, le glockenspiel, les cordes pincées qui résonnent, décollent, s'envolent.
Le disque est fluide, l'écoute des mélodies séduisantes passe très vite jusqu'au dernier titre où là, surprise, je découvre Notre Chanson en Français dont le texte philosophique est chanté en français.

La voix de Kristine qui est aussi multi-instrumentiste comme ses acolytes, est une splendeur, un véritable écho des sixties. Le clavier est hallucinant, les partitions claquent et swinguent. Sorti le 29 Août 2008, cet ep est prometteur et je l'éspère annonceur d'un album pour cette année.

myspace.com/lorimersound