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samedi 27 décembre 2008

Harry Connick Jr


Il est le king du swing, humble, honnête (même quand il se fait coffrer une nuit pour port d'arme dans un aeroport), marié à sa femme depuis des années, couple sans histoires, loin de la jet-set, père de famille et agacé par l'image de crooner, Harry Connick Jr est un musicien et un compositeur qui a le blues dans les veines, le jazz dans l'âme. Harry aime le parfum des années American Way of Life, quand Sinatra remplissait Madison Square Garden, quand Hemingway recevait le prix Nobel de littérature. Arthur Miller épousait Marylin. Il y avait Hollywood et Lauren Bacall, James Dean, Brando, Bogart et puis Broadway avec Gene Kelly, Fred Astaire, les limousines, Manhattan, les smokings...le Blue Note et Duke Ellington, Count Basie, Dizzy Gillepsie, un univers de style, d'élégance que le jeune Harry Connick, né à la Nouvelle Orléans en 1967 décide de remettre au goût du jour.

Devant son piano à 5 ans, Harry compose, enregistre son premier album à 11 ans dans sa ville natale, animée par les sons et les couleurs. C'est dans le quartier français, dans un bar de Bourbon Street que le jeune homme met en pratique douze ans d'études classiques de piano en délivrant du Amstrong, Ellington, Nat king Cole, où il assure ses jam-sessions accompagné des plus grands jazz men de la ville. Dès ses 16 ans, Harry rêve de New-York en jouant dans les bars du matin au soir, du soir au matin...à 18 ans, il arpente le Bronx cherchant à jouer à tout prix, apprend, affronte le monde de la nuit de la Big Apple pendant deux ans, erre de bar en bar jusqu'à Greenwich village où il se fait accepter, finalement, blanc-bec, dans la communauté du jazz.

A 18 ans, Harry se fait remarquer par le manager Ann-Marie Wilkins qui lui décroche des contrats; son album Twenty chez Columbia, puis la BO de Quand Harry rencontre Sally où Harry explose en tant que chef d'orchestre. Il n'a pas encore 20 ans et déjà se profile une tournée mondiale. Drôle, sympa, doué pour tous les instruments et la direction d'orchestre, sur scène, il vole, s'amuse, joue des claquettes, plaisante. Le public reconnait le show-man d'exception immédiatement.
Dans la foulée, il sort deux disques, Lofty's Roach et Were are in Love. La critique s'incline devant les performances de l'auteur, compositeur, pianiste, chef d'orchestre, arrangeur. A broadway c'est l'émeute. En 1990, il est déjà, à 23 ans, à la tête d'un répertoire stupéfiant. Il joue un rôle de pianiste dans Memphis Belle de Michael Caton, plus tard Jodie Foster convie le comedien pour Little Tate man. En 1991, Blue Light, Red Light sort et Harry file au château de Windsor pour honorer l'invitation royale du prince Philip pour son anniversaire. Cette année, un premier oscar, des Grammy awards tombent et Harry, ce fils de la nouvelle Orleans, garde la tête sur les épaules. Sa mission: ranimer le jazz, le swing, l'élégance auprès du grand public qui plonge dans le rap, le trash, le rock grunge.

1993, Harry sort son septième album qui porte son âge Twenty-five. L'américain débarque à l'opéra Bastille à Paris pour un hommage à Charles Trenet puis compose l'album France I wish you love. Sa carrière le propulse en tête des charts, il écrit et compose pour le cinéma ( Sleepless in Seattle, the Mask), travaille avec le producteur des Simpsons, joue dans Copycat, Independance Day, Basic .. etc, obtient plusieurs oscars dont une nomination pour 2009 au côté de Renée Zellweger. Il sort en 2007 Oh my Nola, avec une orchestration fabuleuse et vient d'offrir en novembre son 25e album What a Night! Christmas album (dont le troublant Ave Maria) et apparait en duo avec sa fille Sarah-Kate agée de 11 ans sur NBC début décembre. La relève Connick est assurée, le swing c'est génétique !
hconnickjr.com



Kingsbury Manx

Le compositeur Ryan Richardson, Clarque Blomquist, Paul Finn et Bill Taylor forment le groupe Kingsbury Manx depuis 1999. C'est de notoriété publique, je ne suis jamais objective pour le choix de mes chroniques. Pourquoi je me suis penchée sur Kingsbury? Parce que j'ai vu sur le site officiel du groupe que leur personnage favori à Mario Kart est Princesse Peach. Pourquoi je ne décolle pas de leurs disques depuis plusieurs jours, parce que leur quatre albums sont de réels bijoux.

Ce quator de Caroline du Nord est phénoménal, magique. Après un premier album éponyme en 2000, d'une beauté rare, habitée par le son enchanteur des Velvet Underground, le psychédélisme des Pink Floyd des années 60, couronnée de mélodies pop rappelant les Byrds ou les Essex Green (oh No, Animations). L'orgue Hammond se balade sur les arrangements alternatifs des guitares. Remarquable. L'album suivant, Let You Down, en 2001, confirme l'excellence de Kingsbury Manx. Les voix sont gigantesques, magnifiques. Le piano, l'orgue, le banjo et la batterie plutôt chipie sur la flûte traversière reviennent dans Aztec Discipline de 2003. Les compositions y sont mirifiques. De Dinner Bells aux percussions de Your Castle ou de Ruins, au banjo de Fixed Bayonets, le don des quatre musiciens éclate au grand jour. En piqure de rappel, le quatrième disque, The Fast Rise And Fall Of The South sort en 2005, produit par le producteur de Wilco, Mikael Jorgensen . Et là, il y a de quoi rester coite et béate. Oubliez les listes récapitulant les albums de 2008. Si vous ne connaissiez pas les Kingsbury Manx, précipitez vous sur ces quatre albums et vous pourrez le menton haut passer en 2009. Le groupe n'est pas assez connu en Europe, encore moi en France, où on écoute Britnez Spears. Donc, Ryan, Clarque, Bill et Paul se produisent en concert sur le territoire américain uniquement. Néanmoins, ils concoctent un 5e album et s'apprêtent à conquérir le monde "using the RISK model; We are sitting back, gathering troops in North America and slowly making fans in other parts of the world so that we can turn in our RISK cards for a ton of fans to help us march across the planet."
myspace.com/thekingsburymanx

vendredi 26 décembre 2008

Inara George


Inara George, originaire de Californie, grandit au milieu d'instruments, entourée de musiciens; son père Lowell George, décedé alors qu'elle a 5 ans, était guitariste et chanteur des Little Feat. Quelques années plus tard, étudiante en art dramatique classique, elle voue une passion pour le theâtre et Shakespeare et se produit sur les planches. Parallèlement, pour s'amuser, elle crée un groupe de rock, Merrick, qui accompagnera Devendra Banhart et Eleni mandel. Merrick s'arrête en 2002. Inara rencontre le multi-instrumentiste et producteur Michael Andrews. Ils co-ecrivent All Rise en 2005. Un des titres de l'album Fools In Love apparait dans la série Grey's Anatomy. L'album qui fourmille de mélodies pop, de guitares folk sur des paroles enthousiastes dévoile ses qualités de musicienne et d'interprète. En plus, cette superbe artiste reprend les Bee-Gees, How Deep is your love, ce qui j'avoue, vaut de l'or et me fait perdre toute objectivité (oui ! monsieur H. je suis fan des BeeGees !) Inara et Piggledy vous souhaitent un joyeux Noel psychédélique !


En 2005, Inara rencontre le guitariste et compositeur Greg Kurstin (pianiste pour Beck, Lily Allen, Ben Harper etc) qui vient jouer de l'orgue et du piano sur All Rise. La même année, ils lancent ensemble le projet pop-psyché The Bird and the Bee. Très vite le premier album éponyme voit le jour, suit un ep Please Clap Your Hands sur lequel figure la reprise des Bee Gees, puis ils partent en tournée avec Rilo Kiley. Le duo d'amoureux Bird and the Bee fonctionne à merveille, composant des airs bossa, folks, jazz, psychédéliques, parsemant leurs morceaux de tambourins et orgues survoltés. Pour leurs clips, le duo fait appel à Autumn de Wilde, réalisatrice et photographe très stylée et renommée. (vidéo : Again & Again)

2008, la voix d'Inara George prend toute sa dimension sur l'album solo qu'elle compose à quatre mains avec Van Dyke Parks, ami de son père, une des premieres personnes à se pencher sur son berceau. Sur An Invitation, on valse avec les violons et les accordéons, on swingue sur les cuivres, on bondit avec les contre-basses et les cors. Les flutes traversières, les clarinettes voltigent avec les fantômes de Bernstein (West Side Story) et de Sherman (Mary Poppins).

Inara et Van Dyke Parks ont fait un album digne des plus grandes comedies musicales ou bandes originales de film. On y décele l'influence de la comédie et un réel amour de la musique symphonique. Pour mémoire, Van dyke Parks, né en 1943 à travaillé en tant qu'acteur avec Grace Kelly, récemment apparait dans Twin Peaks, il a composé des titres pour les Beach Boys (smile), des Byrds, musicien de renom, il joue avec Harry Nilsson, Ringo Starr, Buckley, Sam Philips, Frank Black, Rufus Wainwright et tant d'autres...
Inara George et Van dyke Parks nous livrent un album plein d'orchestrations lumineuses et fantaisistes. Ces deux talents du néoclassique se connaissent bien, leurs liens familiaux et artistiques donnent un résultat grandiose, comme le souligne Michael Andrews : "There was more love going through the glass with Inara and Van Dyke than any other record I've worked on," says producer Mike Andrews. "It was a family love. Very real."
myspace.com/inarageorge


vidéo : Greg Kurstin et Inara George/ Again & Again

samedi 20 décembre 2008

Princeton

Les romanciers Virginia Woolf (To the Lighthouse, the Waves) son mari Leonard Woolf, l'écrivain E. M. Forster (howard's End, A Room with a View, Maurice), le peintre Roger Fry, Lytton Strachey (Eminent Victorians) et sa femme Vanessa Bell, Lytton Strachey, historien biographe (Queen Victoria), son frère James Strachey, psychanalyste, John Maynard Keynes (et sa secrétaire amoureuse Ms Bentwich) économiste et Duncan Grant forment le Bloomsbury Group dans le Londres du début XXème siècle jusqu'à la fin des années 30. Appartenant à la classe sociale et intellectuelle supérieure, les membres de cette société amicale venaient d'universités de renom : Cambridge, King's College et Trinity College. Ecrivains, peintres, ils étaient amis et se réunissaient essentiellement au 46 Gordon Square chez miss Woolf, au coeur du quartier chic de Londres Bloomsbury pour y évoquer la littérature, l'art, la philosophie mais aussi l'athéisme, le libéralisme sexuel et leur idée de la famille à contre-courant de la pensée conventionnelle de l'époque, de l'art abstrait qu'ils réfutaient, d'histoire, de politique, de théâtre, etc.
Bloomsbury c'est aussi le nom d'un ep que le groupe Princeton vient de sortir.



mercredi 17 décembre 2008

Starling Electric

Starling Electric c'est comme un salambo, fourré de sonorités pop et recouvert d'un coté de rock opéra faisant penser aux Who et à Pink Floyd et de l'autre, des orchestrations pop de cuivres, de cordes et d'orgue hammond. L'album Clouded Staircase est enregistré en 2006. Le groupe le présente sur scène, se produit dans le Michigan leur état, puis Detroit, New-York, Boston, Philadelphie. Ils jouent avec The hidden Cameras, Chris Barthgate, Saturday looks good to me et les Guided Voices. Ces derniers convient les Starling Electric à partager leur tournée. Les mélodies catchy, power pop constituées de "bababa" Zombiesques, de sonorités subtiles évoquant Love et de connotations chatoyantes "pop de chambre" des Byrds, tout est harmonieux et goutu.


lundi 15 décembre 2008

Takka Takka


Takka Takka débarque de Brooklyn en 2005 et enregistre en 2006 un album pop, pulsant à souhait, We feel saver at night. On y découvre les compositions de Gabriel Levine, le chanteur guitariste et clavier du groupe. C'est un plongeon, tête première, dans sa voix captivante et le son exquis de ses guitares. Accompagné de Conrad Doucette, Grady Jurrens, Drew Thurlow et Rene Planchon, il entame un tour promotion en Anglettere et des sessions à la SXSW d'Austin, Texas. Le groupe Clap your hands say yeah remarque les Takkas et les invite pour leur tournée de 2006.



jeudi 11 décembre 2008

Otis Redding

"I had a dream" cette nuit, plutôt un cauchemar : la musique afro-américaine n'était plus représentée que par des gros rap'eurs bourrés d'amphétamines, de chaines en or pendouillantes, et de bimbos plein le coupé toyota...Si l'élection d'Obama apporte du positif sur le plan sociologique, qu'apporte t-elle à la musique?
Les artistes blacks vont-ils se pavanaient tels des kings du RnB plus riches que Beckham? Est-ce la fin du blues, des grands musiciens noirs-américains qui se battaient contre l'oppression depuis les années 50 en composant de la soul, luttant pour être libre de se produire en public et érigeant de grands labels comme la Motown ou la Stax?
On tourne une page. Certes. Mais adieu aussi au Blues, à la Soul, au Gospel, bye-bye BB King, Sam Cooke, Aretha Franklin, Ray Charles. Place au Bling-Bling.
Alors ce matin j'écoute le conseil du groupe Okkervil River qui chante Listening To Otis Redding At Home During Christmas....

Mort à 26 ans dans un accident d'avion, Otis Redding laisse derrière lui un sacré patrimoine musical. De son enfance en Georgie à la rencontre déterminante de sa courte carrière avec le guitariste blanc Johny Jenkins (Pinetoppers), sa vie est un roman. Jenkins sera le premier à jouer de la guitare à l'envers étant gaucher et à influencer Jimmy Hendrix. Otis Redding intègre le groupe des Pinetoppers à 19 ans. Il a 22 ans en 1963 quand il se produit sur la scène de l'Apollo à New-York aux côtés de Rufus Thomas et Ben E. King. Rufus Thomas sera le premier artiste signé chez le label Stax pour un duo avec sa fille Carla.

Carla Thomas sera plus tard la complice de Otis Redding et il feront un disque ensemble King & Queen paru en 1967 et réedité en 2001. Superbe vinyle.
Il signera My Girl, Respect, chanté par Aretha Franklin, Tramp, Knock on the wood, Sitting on the Dock of the Bay...etc. Otis Redding fait donc partie des pionniers du blues et de la soul. Le chercheur d'or, ce créateur d'eternelles pépites disparait le 10 décembre 1967. Pour son combat pour le respect et la liberté des gens de couleur dans l'industrie de la musique, beaucoup lui doivent une fière chandelle.
otisredding.com


mardi 9 décembre 2008

Willy Mason


Pete Townshend (the Who) dit du deuxième album de Willy Mason "The Best Thing I've Heard This Year". Oui, c'est vrai, If the Ocean Gets Rough est un des meilleurs albums de l'année. 2009 pointe le bout du nez, il est l'heure de faire des bilans. Willy Mason est un enfant du second millénaire, un adolescent qui s'est lancé corps et âme dans la création de musique, dans laquelle il baigne depuis sa première quenotte. Son père lui écrit d'ailleurs un titre, Save myself ; et fait l'objet du sujet dans The World That I wanted que Willy lui dédie. Originaire de New-York, la famille déménage en 1992 pour aller vivre dans une grande maison du Massachusetts. C'est là qu'il commence à composer et enregistre son premier album Where the Humans Eat en 2004. Willy Mason n'a alors que 18 ans quand il joue sur la scène du Glastonbury Festival. Folk, blues, un peu americana, parfois country, son style est étonnant. D'une grande maturité, presque d'un autre temps, d'une autre époque, sa musique est poignante de nostalgie. L'originalité de Willy Mason est sa voix. En plus d'un don d'écriture, une présence charismatique sur scène, sa voix est unique, son chant est d'une gravité, d'une puissance rare.

Son deuxième disque est époustouflant. On y trouve du violoncelle, du piano "à la Thomas Dybdahl", de la mandoline, de la guitare country à la "Johnny Cash", et surtout on y décèle une véritable âme bluffante. Il compose du gospel, des morceaux de guitares qui semblent droits sortis des partitions des grands bluesmen de Nashville. Le magazine de rock américain NME dit de lui : "a 22-year-old New Yorker who sings like a 97-year-old Alabaman returns with Tennessee whiskey in his throat and radio-friendly country folk in his soul". Cette personnalité ne laisse personne indifférent. KT Tunstall l'accompagne en duo pour We Can Be Strong sur un single. Ben Kweller l'invite à partager des concerts, tout comme Sondre Lerche, Thomas Dybdahl et Radiohead. Il chante sur un titre des Chemical Brothers, Battle Scars, joliment revisité. Ce jeune Willy Mason n'a pas fini d'étonner.
willy-mason.com

lundi 8 décembre 2008

Jeremy Messersmith


Jeremy Messersmith est un auteur-compositeur qui plaira aux orphelins de Elliott Smith, dont je fais partie. Originaire de l'Etat de Washington, Jeremy joue très jeune de la trompette et puis découvre les instruments à cordes. Multi-instrumentiste, ses amis de la faculté de Minneapolis où il vit désormais avec son épouse Vanessa, ébahis par son charisme et son style, lui conseillent d'enregistrer un disque. Ce qu'il fait. Chez lui, il compose, écrit, enregistre dans son home-studio et fait circuler son disque empaqueté dans du papier "paper-bag". L'originalité de sa démarche attire l'attention du label Princess Records qui signera en 2006, le premier album The Alcatraz Kid.
A l'image des pochettes de ses disques, élégantes et naïves, Jeremy Messersmith compose de la pop minimaliste. Il soupoudre ses touchantes paroles de cor, de trompette, mélodica, glockenspiel, de guitare électrique et acoustique. Si The Alcatraz Kid est un bijou symphonique absolu, et The Siver City, sorti en septembre 2008 frappe encore plus fort. Les 11 titres de l'album sont magnifiques. Ceux qui ont la chance d'avoir déjà vu Messersmith sur scène disent qu'il est impressionnant. Enroulé de câbles, immergé dans ses processeurs, il jongle avec les sons, fait des effets acoustiques de haute-voltige; réservé et discret, il attire l'attention et aimante son public. Le titre de l'album The Silver City annonce un ensemble de chansons dédiées à Minneapolis et ses gratte-ciel ( la pochette du disque et son château médiéval sont un clin d'oeil). Il nous y accueille avec Welcome to Suburbia et nous emmène en balade dans sa voiture avec The Commuter, au travers de Franklin Avenue. Si nous sommes accueillis pour une visite guidée de la ville, nous sommes aussi cueillis par le son du violoncelle de Skyway et la voix émouvante de Jeremy dans Virginia "the only state for broken hearts and lovers, the only place for starting over". Le dernier titre Light-rail boucle superbement la boucle.
Jeremy Messersmith signe un second album brillant et mémorable, un cadeau de Noel qui ne restera pas au pied du pinède.
jeremymessersmith.com
myspace.com/jeremymessersmith

samedi 6 décembre 2008

Horse in the Sea


Se réveiller un matin d'hiver, la tête dans le seau, le nez dans son bol de café et ouir un titre comme Mosquito King glissé dans la platine, fait lever la paupière à coup sûr. A l'écoute de ce morceau, d'abord la voix de Joel Janis noble et raisonnante, saisit. Puis le son du violoncelle de Austin Hoke dilate la pupille de l'oeil fraichement ouvert.
Horse in the Sea, c'est du lyrisme, du mélodique, des harmonies majestueuses pour des réveils ensoleillés, des après-midi intimes, des concerts nocturnes intenses. Banjo, guitare folk acoustique, violoncelle, piano, basse, accompagnent des paroles complètement poétiques et féeriques comme dans George Had Wooden Teeth, titre qui évoque l'Illinois. Ce groupe de Chicago, Joel Janis l'auteur-compositeur et chanteur, Ray Klemchuk, Tess Haskins, Joe Darnaby, produit des mélopées pop enrobées de handclaps, d'inspiration folklorique, chaloupées et rythmées par des tambourins et de la batterie.

En plus de la situation géographique, le style musical de Horse in the Sea s'apparente à celui de Sufjan Stevens, mais il y a aussi un travail de sonorités acoustiques effectué en collaboration avec le producteur Kyle Andrews qui fait penser à Andrew Bird ou encore à Adem. I order the sun enregistré en Novembre 2007 est leur tout premier album. Pourtant débutant, Horse in the Sea a galopé (jeu de mot du weekend) sur tout le continent américain et est encore en selle pour une série de concerts avec Josh Rouse et l'ami Kyle Andrews. Le quarté a aussi participé cette année à une compilation, Thy Old Murkville Forest, aux côtés de multiples groupes dont Page France ou les 1990's. L'album est scintillant, sans nul doute une des meilleures productions de 2008. Si, à ce jour, on ne trouve aucun article en français sur Horse in the Sea, Piggledy est ravi d'ouvrir le champ.
myspace.com/horseinthesea

jeudi 4 décembre 2008

Beep Seals


Habillés de marinières ou de polos anglais, jouant du mélodica dans le bus, copains des Olivia Tremor Control,  sont pour Piggledy Pop, dans le top 10 des groupes de l'année 2008. Ils ont joué sur scène toute l'année 2007 et ont signé Things That Roar sur le fabuleux label Kings & Creatures. Leur style est juché entre celui des Of Montreal, des Beach Boys et a la fibre des groupes du label collectif américain Elephant Six. Autant dire que Beep Seals jouent du rock psychédélique pur.
Ces cinq jeunes anglais sont convaincus, surprenants, enthousiastes et ils ont fait un disque de douze titres remarquables; Things That Roar, dont la couverture est de Matt Sewell, est plein d'espoir et glorieux !

Jack cooper et Ian smith se partagent l'écriture des textes kaleïdoscopiques et fleuris d'humour. La rythmique et les mélodies plongent immédiatement dans la shiny-pop de la côte ouest américaine des années 60. Le quintet entier entonne des woohoo woohoo dans On Opening The Curtains… en agrippant sauvagement les guitares et leurs pedales Fuzz pour offrir un nettoyage de printemps et une cure de jouvence à vos enceintes qui peinent à se remettre du passage de I Used To Work At The Zoo, marqué "mods psyché" à souhait.
Dans ce genre musical les anglo-saxons battent le pavé. Ce sont les rois du psychédélisme et du rock. Ils savent les éxecuter avec un perfectionnisme et un professionnalisme exemplaire. Phil Anderson à l'orgue et claviers, Sam Morris à la basse, Jay Sikora à la batterie, Jack Cooper et Ian Smith aux guitares sont produits par Norman Blake (Teenage Fanclub) et assurent des concerts avec Dead Meadow, Stephen Fretwell, Olivia Tremor Control, the Ting Tings.. Ils ont comme dieu Todd Rundgren, écoutent les Zombies et viennent d'enregistrer un titre avec Jim Noir, Tell Your Friends and Stars (cf Piggledy 28/03/08). Manchester est bel et bien là ! (vidéo : Beep Seals + Jim Noir, Eanie meany + interview + My Patch)
myspace.com/beepseals


mardi 2 décembre 2008

Eugene McGuinness


Comme son nom l'indique, Eugene est irlandais. Il vit désormais à Liverpool et s'y construit une jolie carrière qui démarre en grande pompe. Cet artiste de 23 ans est un assaillant mêlé d'un poète, un guerrier aux allures de troubadour, un astéroïde musical. Impressionnant de par son talent, il compose seul des mélodies furieusement impéccables et écrit des paroles sous forme de scénario mirifique. Ca sonne spontané, drôle dans les textes, original dans les compositions, un vrai régal mélodique. Eugene McGuinness sort en Octobre 2008 son premier album éponyme.
Les douze titres sont riches d'instruments, riches de sonorités fracassantes où la voix d'Eugène fait raisonner une maturité et une énergie sans faille. C'est d'un pas assuré et de sa lame de fleuret acérée que l'escrimeur McGuinness surgit dans le monde de la pop.

Sur son pied d'appui, l'auteur-compositeur présente l'arme dès les premières notes, angulations de poignets sur la guitare endiablée. Il donne du coffre sur le rythme offensif de la batterie de Rings Around Rosa et de Fonz, puis entonne un chant en chorale angélique. Avant de lancer l'assaut, Eugène nous câline l'oreille sans compter avec des arpèges de guitares, de violons magiques dans Wendy Wonders et dans Those Old Black And White Movies Were True. Quand arrive Moscow State Circus, cela fait belle lurette que l'on fait office de brochette. Après Crown the clown, puis Not So Academic, la cible est ébranlée. Le piano, l'ambiance saloon, les balades cadencées, que l'on retrouve dans God In Space qui conclut l'écoute sur les archets des violons, la guitare, les claviers psychédéliques, les handclaps, produisent un effet progressif et alternatif. L'album est une réelle et belle réussite; Eugene McGuinness est déjà un des glorieux disques pop de notre génération. Magistral ! (vidéo: Moscow State Circus)
myspace.com/eugenemcguinness85