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mercredi 18 février 2009

Series Two Records


Label hors normes, Series Two Records est assuré par une tête, une personnalité incontournable de la pop : Christopher. Ce jeune brigand atypique du Nebraska ne se laisse pas impressionner par le travail. Il fouine, scrute, explore la toile, la passe au crible, découvre des talents puis met tout en œuvre pour les révéler. Christopher est un passionné qui remet en exergue l’activité par excellence d’un label tout en utilisant les nouvelles technologies de communication et de promotion.

Son sens de l’analyse, son acuité sont remarquables. Ce qui est notable également chez lui c’est la générosité. Christopher en impose car en peu de temps, il prouve qu’il se voue à la musique, aux groupes qu’il aime sans flatter son égo ni jamais chercher à faire parler de lui. S’il mène son label ardemment, tel un Aficionado de la pop, du rock, du folk, de l'electro-pop, ce n’est pas par intérêt personnel mais bien par pure passion. D’ailleurs son champ d’action est large. Ses goûts sont variés à l’image de sa curiosité et de son amour de la musique. Il ne s’enferme pas dans un style particulier et valorise tous les genres, sans compter.

Dans une émission de 1968, « entrez dans la confidence », Serge Gainsbourg disait: « Dans la vie moderne, il y a tout un langage à inventer. Un langage autant musical que de mots. Tout un monde à créer, tout est à faire. »

Le 21 février, Christopher soufflera les 3 bougies de Series Two Records. Le bilan en 3 ans : 23 compilations, des albums d’artistes comme Oh! Custer, Bakers At Dawn, The Pristines, Klas, Flannel, Lonely Boy, Robert Church & the Holy Community, et aussi : Anthony Rochester (cf Piggledy Pop 19/05/08), Le man avec Les Lunettes (cf Piggledy Pop 16/01/09), Mr Wright, the Odd Fiddler, Desmond Reed, Blackberry Wine, Local Heroes (cf Piggledy Pop 15/08/08), the Hartmans, et tant d’autres à citer… La liste est pharaonique!

Sur le site de Series Two Records, il y a plus de 150 titres disponibles en téléchargement libre, les compilations de plus de 20 chansons chacune y sont proposées. L’étendue des titres brasse intelligemment plusieurs continents et nationalités. Christopher fait un travail d’investigation digne d’un Phileas Fogg de la Pop Musique. Il s’intéresse aux groupes indépendants et signe des artistes du monde entier : USA, UK, Allemagne, Chine, Costa Rica, Australie, Norvège, Japon, France, Russie, Italie, Suède...
Il peaufine son œuvre de promotion grâce à des émissions de radio aux USA mais aussi grâce à des stations de radio en Europe, Asie, Amerique Latine, Scandinavie et des articles sur internet.

Je tire mon chapeau à Christopher qui a su créer et mettre en place un nouveau système de labellisation, fondu et intégré au nouvelles technologies. Il prouve ubi et orbi qu’internet, les mp3, le téléchargement libre, sont de sérieux outils pour que vive la musique. Si tout est à créer, à refaire dans cette vie moderne, je connais un petit soldat au cœur du Nebraska qui est en première ligne, prêt à agir.

indiepages.com/seriestwo/
myspace.com/seriestworecords


mardi 17 février 2009

Papercuts

Papercuts est le nom de projet de Jason Roberts Quever apparu en 2004 avec Mockingbird. L’auteur-compositeur interprète de San Francisco révèle une pop naive, mélancolique, délicate, aux sonorités sixties, cocktail d’Elliott Smith et du Velvet Underground, perceptible dans Tulips ou December Morning. Les orgues taquinent les arpèges de guitare. Dans ce colin-maillard de notes, la voix de Jason voltige comme un souffle sur les akènes de fleur du pissenlit dandelion.
Le leitmotiv pop romantique est omniprésent dans le tempo mais n’abolit pas le côté visionnaire et précurseur des arrangements. Can't Go Back sort en 2007. Les harmonies sont fantastiques, mêlant la musique des années 60 aux sons puissants des guitares; Jason parle de Django Reinhardt comme influence et cela s’entend. Les thèmes, l’amour et ses dégats, les splendeurs du passé, sont mis en valeur par une ribambelle d’instruments, violons, violoncelle, orgues et claviers, guitares en tous genres, tambourins, glockenspiel.

Le feu d’artifice est encore au rendez-vous dans You Can Have What You Want prévu pour le 14 Avril 2009, dont Papercuts présente d'ores et déjà le single Future Primitive; l’album de dix titres frappe encore plus fort et dans sa progression annonce un Quever plus inspiré que jamais. C’est avec Graham Hill, David Enos, Frankie Koeller, Alex Scally que Jason Quever accompagne Grizzly Bear en tournée et participe sur Geographic North à une compilation au côté de Au revoir Simone, Soft Circle, Sunny day in Glasgow, etc. Nous verrons surement cet héritier spirituel des Byrds, le protégé de Cabic (Vetiver) sur les scènes du vieux continent dès le printemps.

lundi 16 février 2009

Golden Boots


Apparus en 2005 avec sous le bras un album alt-country , Bland Canyon Adventure, un opus en guise de pied à l’étrier, les Golden Boots créent un nouvel univers musical au cœur des plaines de l’Arizona, lovés dans un studio de Tucson. Signés chez Park the Van Records et Havalina Records pour la France, les deux auteurs-compositeurs aux bottes dorées, Dimitri Manos et Ryen Eggleston récidivent en 2007 avec Burning Brain. Ce second disque met la puce à l’oreille avec des titres magiques, en ajoutant du violoncelle sur des partitions country et un tempo alternatif digne des Kinks ou de Love.

Le duo enchaîne les productions, Deathbed Surprise sort en 2008 comprenant dix-sept titres profilés, honorant un western américain psychédélique quasi-inconnu où l’orgue Hammond serait roi dans les saloons. Ou alors on n’a rien vu venir et les Navajos se faisaient déjà des fiesta sous les tipis du grand canyon en mettant des cactus hallucinogènes dans leurs calumets?
Le 29 janvier 2009, les Golden Boots offrent leur quatrième bébé, The Winter of our Discotheque. L’album est diaboliquement bon. A l’écoute des accords parfaits, d’une rythmique enivrante, des refrains-couplets surprenants, on opine du chef, on tape du pied, on bouge même les orteils dans les souliers.

(Les bottes sont à la mode semble-t-il, comme l’année dernière, et l’année d’avant, pour faire original… nous n’allons pas tarder à re-harnacher nos chevaux où aller à la pêche aux moules à ce rythme! Aparté « ras-le bol des gueux en bottes ».)
Les Golden Boots eux, ne manquent pas d’originalité. C’est d’ailleurs leur atout. Tucson est la mecque de la guitare, du rock-alt-country, où les studios d’enregistrement accueillent des figures du genre comme les Giant Sand, Calexico, Neko Case, Gary Olson qui y enregistre Kevin Ayers et maintenant ce génial groupe, vivement et hautement conseillé.
myspace.com/goldenboots
parkthevan.com/goldenboots/wood/

mercredi 11 février 2009

the Lovetones


The Lovetones est un groupe australien conduit par Matthew Tow chanteur et auteur, membre des Brian Jonestown Massacre depuis 2003. Les deux groupes sont très liés. Après un premier single Stars, c’est en 2002 que Lovetones propose son opus Be What You Want qui décroche un beau succès aux USA et auprès des Brian Jonestown Massacre qui leur demandent de partager la tournée américaine et européenne. Lovetones fait la première partie des BJM. Matthew intègre le groupe, devient leur guitariste et leur compose deux titres A New Low In Getting High et Starcleaner.

Puis en 2005 arrive Meditations, doté d’une superbe pop psychédélique, qui rend évident la complicité artistique entre Matthew Tow et Anton Newcombe des BJM. Le disque est succédé par Axiom en 2007, parfait, habillé de sons psyché et d’ensemble à cordes, flûtes luxuriantes, piano et clavier détonants.
Les Lovetones passent maîtres en matière de pop kaléidoscopique et finement instrumentale, avec Dimensions qui sort le 24 Février prochain.
C’est un mariage-hommage des Byrds et du Velvet Underground aux sonorités actuelles, un cousinage avec les Dandy Warhols grâce à la présence d’Anton Newcombe qui participe au dernier de la trilogie en mixant le titre Journeyman.

Les Lovetones composent des morceaux stylés, d’une diversité et d'une modernité étonnante. Ils ne manquent pas d’inspiration. Artistes de talent, ils gagnent de leurs influences un esprit aventurier et explorent un genre musical nouveau avec l’utilisation traditionnelle du mélotron, du tambourin, de la trompette et du psychédélique bouzouki. Avis aux amateurs : vous allez vous régaler. La voix de Matthew est vibrante. 
myspace.com/thelovetones

samedi 7 février 2009

Sweet Serenades


Martin et Mathias, non, ne sont pas des bucherons. Ils forment depuis 1991 le duo inséparable des Sweet Serenades. Originaires de Stockholm, ces deux là ne font pas de bûches ni du petit bois, mais façonnent des bijoux pop, rock profilés psyché.
En 2007, ils apparaissent avec un ep confirmant ma thèse, la Suède est le royaume de la pop.

Sur cet essai transformé grandiose First Taste, tout y est: le handclaps, les ba-da-ba-da, les rythmes de guitares mi-punk, mi-pop sixties, on y entend maracas, kazoo, tambourins. Puis un duo de bucherons suédois qui se trouve dans une voiture (voir vidéo) ornementée d’un sapin désodorisant rose qui pendouille au rétroviseur tout comme leur musique accroche savoureusement en distribuant des sons énergiques et une mitraille de riffs garage régénérante, je dis « bingo ».
Martin Nordvall à la guitare et au chant qui est ponctuellement le bassiste de Pelle Carlberg et son acolyte Mathias Näslund à la guitare ont récemment été les musiciens de Club 8 lors d' une tournée en Asie.

Leur premier album Balcony Cigarettes vient de sortir, complètement pop dans l’âme ,sans mégalomanie, ni recherche de gloire. Les Sweet Serenades et la bande de musiciens qui enregistre l‘album avec eux, un groupe d’amis à l’image de I’m from Barcelona, se font plaisir. Balcony Cigarettes est impressionnant de musicalité et d’originalité. Blindé de titres garage-pop, de paroles drôles et entraînantes, l’album présente en avant-première dès décembre le single Mona Lee.
thesweetserenades

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mercredi 4 février 2009

PT Walkley


Mister PT Walkley n’est pas un débutant. Cet auteur compositeur new-yorkais est à l’œuvre depuis 2004 avec à son actif trois BO de films pour son ami Ed Burns, Looking for Kitty , The Groomsmen, et Purple Violets de 2007. Cette même année PT Walkley sort 2 disques : un, intitulé Up The Blue Jackets, avec les The Blue Jackets, dont il est le frontman. Les titres sont rock, de la veine de Wilco ou de Brendan Benson. Le second, And the adventures of Track Rabbit, toujours aussi rock avec des touches plus sixties, influencé par les Beatles, comporte des refrains captivants où les guitares taquinent effrontément.

Entouré d’une jonchée d’artistes, il enregistre un album fantastique sorti le 27 janvier 2009, Mr. Macy Wakes Alone. Il compose tous les morceaux, écrit les paroles, chante et joue de la guitare.
Ce qui caractérise cette superbe œuvre de PT Warkley est l’instrumentation très sophistiquée et la structure alternative surprenante des mélodies. Les différents titres racontent l’histoire colorée de trois personnages, Mr Macy (un sal type), sa fille Audrey Macy (qui veut se débarrasser de son père) et Calvin the Coroner (amoureux d‘Audrey). C‘est drôle, vaudevillesque, le récit est emmené sur un quartet de cordes (Kings Highway String Quartet ), orné de flûtes, de cors, harpe, piano, guitares, cloches etc... La voix de Walkley est remarquable, accompagnée du White Street Choir de New-York.

Les collaborations artistiques fleurissent sur cet album concept : Sean Lennon au piano et à la guitare, le guitariste de Bob Dylan, Larry Campbell, le trompettiste Steven Bernstein qui accompagne Rufus Wainwright, David Campbell arrangeur pour Beck et Johnny Cash, Trina Shoemaker qui est au mixage et travaille aussi avec les Queens of the Stone Age. Le disque est une pièce maîtresse du genre pop-symphonique qui émerge de la côte Est américaine depuis les années 2000, alliant la richesse instrumentale, la construction mélodique et le narratif rappelant le 7ème art. Ce trésor jubilatoire et romantique de 18 titres fait désormais partie des favoris de Piggledy Popmyspace.com/ptwalkley