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mardi 26 mai 2009

Alexander Faem


Alexander Faem, guitariste et pianiste du groupe Gülcher, nous offre de l’élégance et de la classe en barre avec son opus Agent238. Auteur-compositeur et producteur de l‘album, qu'il signe sur son propre label Chantage Records, nous convie à découvrir l’histoire de Nils Durieux et Deborah Lane, couple d’agents secrets qui part à la recherche de l’Agent238, mystérieusement disparu.

Face à la vague du mp3, à l’heure où l’on achète des titres à l’unité sur les sites de téléchargement, Agent 238 est une exception qui brave ce nouveau type de consommation de musique en proposant 11 titres indissociables. En bonus, Alexander Faem mène un combat de haut rang en utilisant la langue française.

Alexander a ce petit quelque chose qui me fait penser au grand Serge. Au-delà de la délicieuse orchestration qui flirte avec le coup de maître, je pense à Gainsbourg par le principe de l’album concept d'une part, comme Mélody Nelson, (album hommage à Vladimir Nabokov nommé dans Agent 238) et cinq ans plus tard, l’homme à tête de chou. Je distingue d'autre part une audace commune, une volonté de créer une unité artistique, de coller leur passion toute entière dans un disque.

Alexander Faem imagine l’histoire, la met en scène musicalement tel un Jacques Demy chef d’orchestre, décide et creuse magnifiquement son sillon en arrangeant les instrumentations, les voix avec goût et style. De L’Agent 238 a disparu à Fondu au noir, on suit le cours du film, on embarque dans l’aventure secrète de Nils et Deborah via Leningrad, l’Everest, la Somalie, l' Italie, Shangaï, sur des bruitages étudiés de conversations téléphoniques, des bruits de trains, d’avions etc. La puissance des cordes, des rythmiques et percussions de Julien Curé, les textes formidablement poétiques et riches dictent un scénario à notre imagination. Les images fusent, des indices dessinent les protagonistes. Les accords pop des violons, du piano , du clavecin acidulé, puis du mélodica, entraînent dans l’univers de Nils et Deborah, dans ce face à face élite d'agents doubles. Au fur et à mesure de l’écoute on déchiffre les codes et de titres en titres, c’est éclectique, surprenant, la guitare électrique menaçante égrène chaque note comme pour délivrer un indice et fait corps avec le swing d’Alexander, excellent virtuose qui sollicite le suspens en pinçant ses cordes de basse avec dextérité.
Le tandem vocal classieux de Clara et Alexander fonctionne à merveille, leurs deux voix se lient et se répondent.

Nils et Deborah, Alexander et Clara, dandy et diva? Sûrement pas. Simplement un artiste brillant qui s’amuse à brouiller les pistes en travaillant ardemment. Des concerts s’organisent en France et ailleurs. Alexander Faem et l’album Agent 238 qui sort le 27 mai 2009 fait rayonner la langue française et fait régner la musique pop sur l’hexagone tel un Cagliostro du 21ème siècle.
myspace.com/alexanderfaem

jeudi 21 mai 2009

Dent May


Comme c’est bientôt le tournoi de Roland Garros, tant attendu par les fondus de tennis, pour l’occasion et pour me mettre dans le bain, je me délecte du titre de Dent May, God loves you Michael Chang. Il est issu du délicieux album The good feeling music of dent may & his magnificent ukulélé sorti en Février 2009. L’ambiance qui règne dans cette chanson est prompt au style du tennisman et démontre que Dent May est un artiste ovni craboté d’un extra-terrestre de la pop, apparu un jour de 2008 sur les berges du Mississippi. Le groupe Animal Collective l’entend au détour d’un concert et ne tarde pas à le produire et l’inviter sur le label Paw Tracks.

L’artiste a surement du sang de Tom Sawyer dans les veines. Sa personnalité pousserait volontiers les premiers de classe à faire l’école buissonnière. Il incarne à lui seul Buster Keaton, Elvis, Jens Lekman, Fred Astereo. Subtilement comique, charismatique, il se distingue par le ukulélé, comme cité dans le titre d’album. Devenu à la mode, utilisé à tire larigot, n’importe comment par n’importe qui, surtout en France, il serait légitime d’être lassé par cet instrument… Dent May, ça lui va comme un gant.
Un peu crooner, roi de l’auto-dérision, il chante comme un équilibriste sur son vibrato et ses cordes vocales des années 50, un collier de fleur hawaien autour du cou. Il y a chez lui le swing et la sensibilité de Serge Gainsbourg et de Lee Hazelwood, ses deux références.

Peu étonnant de lire dans sa biographie qu’il a étudié à la NYU Film School. Chacun de ses titres forme une sorte de court-métrage avec des paroles très imagées qui se lient à la musique habillées de cordes et de cor. L’écoute de The good feeling music of dent may & his magnificent ukulélé plonge dans l’atmosphère du cinéma hollywoodien d’avant-guerre quand seule la musique ornait les films. Dent May est un romantique loufoque et charmant doté d’un talent phénoménal de composition et d’interprétation. A suivre.
myspace.com/dentmay
dentmay.com


lundi 18 mai 2009

Marshmallow


L’Auvergne et ses secrets, ses trésors.. Du pounty aux salers, en passant par l’aligot et ses gentianes, de Volvic à ses châteaux, de Besse à la Croix de Murat, on peut découvrir la région le nez dans les myrtilles et les oreilles garnies de Marshmallow. Car il y a ce groupe, un quator de Clermont-ferrand qui donne un profil mod’s au désuet et aride crâne de Giscard. Avec les Marshmallow dans le ouies on a envie de grimper au sommet du Puy de Dôme à 100 à l’heure, d’imaginer Vercingétorix danser le jerk avec des nattes psychédéliques sous son casque à cornes.

Fred Gamboa au chant et guitare avec son timbre de voix me fait penser à un Doherty gaulois. Son chant porte les titres avec maturité, frénésie et un savoureux dosage d’excentricité qui manque au rock français. Fabien et Julien assurent à la guitare électrique hallucinante et à la basse punk un rock d’une qualité mélodique désaltérante, sans oublier le son des baguettes dévergondées du dernier arrivé dans la clique, le p'tit bout'gnat à la batterie, Pierre. Les quatre musiciens chantent et forment un chœur d’une énergie tenace et orchestrent leurs titres avec une homogénéité à faire pâlir les rockeux anglo-saxons. Les textes véhiculent une ambiance de plage, de vacances, communiquent une franche et bonne humeur.
Depuis leur album éponyme en 2003, les Marshmallow tournent, jouent, usent leurs semelles sur les scènes, ont honoré les 1ère parties des Sunday Drivers pour leur tournée 2007, et continuent dans la France entière (voir leur programme estival sur le myspace).
Leur cd 6 titres est une galette truffée de sucre rock, de pop psyché, juteuse et goûtue, idéale pour l’été.

myspace.com/marshmallowpop

jeudi 14 mai 2009

Bonjour Brumaire



Petite révolution auditive, c’est-ce que ce quintet pop rock de Montréal apporte avec leur opus De la Nature des Foules sorti en avril 2008. C’est surprenant. Les balades font voyager et sortent des sentiers battus, à l’image du nom de groupe qui a dans sa besace des textes en français et une veine pop-rock énergique et révoltée, une fougue qui me rappelle Gamine dans les années 80, agrémentée d’une orchestration très actuelle.

L’histoire du Canada et l’histoire du continent européen, de la France plus précisément, sont étroitement liées. Le voyage, les exils, leurs joies et leurs peines sont au menu dans ce magnifique album. Bonjour Brumaire sait de quoi il parle puisque le chanteur et guitariste Youri Zaragoza, est un français expatrié originaire d’Orléans, Nathan Howard du Brunswick est devenu québécois anglophone, François Lessard, batteur (vous avez un indice..) est québécois francophone tout comme Mathieu le bassiste et Karine Novelle au clavier et piano est expatriée de Suisse.
Au-delà des textes dignement concoctés, clamés hauts et forts en choeur avec des « pa pa pa » pop, menés par la voix revigorante de Youri, au-delà des titres rondement orchestrés à la manière anglo-américaine, faisant place aux synthés et trompettes. Ce qui est honore Bonjour Brumaire, de ce côté de l’Atlantique, c'est d’écrire en français, langue plus qu’oubliée par les groupes rock français eux-même.


Avec Argelès, St-Catherine, ou encore le sensuel Pavillon La Chapelle, on devine les origines lointaines; leur patrimoine familial apporte une richesse musicale et une ambiance un peu désuète, mystérieuse et grandiloquente.
Bonjour Brumaire, nom attirant et intriguant est sur le circuit depuis 2007, après une multitude de récompenses et prix, enregistre en studio avec Ryan Battistuzzi (Malajube, We Are Wolves) . Les voici au printemps 2009 en tournée en Europe après le festival d‘Austin au Texas, South By Southwest, en mars dernier, où le groupe a joué en compagnie de Melissa Auf Der Maur (Hole, Smashing Pumpkins), du Sam Roberts Band et de Black Diamond Bay (ex Dears). Bonjour, mot traditionnel du matin, forme une fine allitération avec Brumaire, nom du coup d’état que porta Napoléon pour accéder au pouvoir en 1799.
Le groupe débarque sur le vieux continent le 27 mai 2009 pour une série de concerts en Suisse, Belgique, puis fera son coup d’état le 3 juin à Paris aux Trois Baudets en compagnie d’un autre groupe de la Rochelle, Asyl, des frenchies qui chantent aussi en français, comme dans leur fabuleux titre Les dieux sont des rois signé sur l’album Brûle Brûle Brûle (où figure un duo avec Daniel Darc, Ne plus y penser). Dans les bacs le 25 Mai 2009.
www.myspace.com/bonjourbrumaire
www.myspace.com/asylband

lundi 4 mai 2009

AMA


Formé par des membres des groupes Le Mans et La buena Vida, AMA est à son troisième album après l' éponyme AMA de 2002 et l’absolument croustillant A un mètre de moi de 2005.
Je précise pour les néophytes que nous avons affaire là, à la crème de la pop espagnole. Originaires de San-sebastian, les frères Javier Sánchez et Borja Sánchez sont assurément les meilleurs compositeurs de musique pop du royaume hispanique. C’est accompagnés de Yon Vidaur, Jon Intxausti, Ander Vidaur qu’ils viennent de sortir un magnifique album Exposición permanente avec sa pochette scintillante, signée Jorge Primo.

L’album est entièrement en téléchargement libre sur le site du groupe. Joli cadeau proposé par cette formation espagnole inscrite dans une tradition pop qui force le respect. Exposición permanente possède tout au long de ses 15 balades des accointances avec la pop de Belle and Sebastian.
Les compositions fluides d’une élégance extrême sont construites sur du clap-hands, de la flûte, tambourins, maracas, des guitares qui carillonnent joyeusement avec la mélodie intrasèque de la langue espagnole. Ce beau raout de titres aux accords malicieux ravit. Sa fraîcheur communicative fait grand plaisir. Le disque atypique, sorte de retour aux sources pour les frères Sanchez, ne tombe jamais dans le cliché ni le passéisme. Il surprend, colle à la peau comme une huile solaire. La « calor » y caresse les lobs d’oreille. L’écoute de cette perle pop est une réelle récréation ensoleillée.

Exposición permanente c’est des UV musicaux conseillés sans modération, une pure « galettas » de sons qui se termine somptueusement et amoureusement avec El Monte Saint-Michel. La poésie de AMA dans ce titre boucle la boucle en répondant à l’opus de l’album qui parle de poème Dime de verdad «Dime de verdad si merecerá la pena escribir otro poema o mejor me tumbo en el sillón. Dime de verdad si me cubrirás de honores por traerte algunas flores o dirás Se van a marchitar»
En bonus, les vidéos de Le Mans Cancion de todo va mal et de La buena Vida Viaje por países pequeños.
myspace.com/amamusica
amamusica.info/