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mardi 27 octobre 2009

Hannah


Véritable keepsake mélodique, le travail de composition de Hannah, accroche, décolle, aspire et scotche. Phénomène que j'ose comparer au charisme d'Elliott Smith, ce jeune artiste nous arrive de son fief niçois dès 2000 en assurant la première partie de Dominique A.
Emmanuel Alarco est Hannah, le créateur, depuis peu accompagné du batteur Laurent T alias Mr Tam.

A ses débuts, avec sa guitare, Emmanuel envoute et son grain de voix attire l'attention suite à sa reprise notamment de MGMT, Time to pretend (vidéo). Exercice ardu que celui de se produire seul, se lancer dans l'arène avec ses feuillets et ses tripes. Pourtant cela semble si naturel et lui va comme un gant. Le talent et la passion, alliés, coulent de source en présence d'Hannah.



Ses morceaux font éclat. Son interprétation est solide autant que sensible. Sa musicalité et sa voix véhiculaient déjà une force en solo mais avec son comparse Laurent à la rythmique, les mélopées du duo deviennent puissantes. Comme dans un des nouveaux titres, Prehistory, la guitare électrique ne lésine pas sur le voltage. L'originalité du tempo de Mr Tam trouve sa place. Ses baguettes dansent avec énergie sur les ballades tantôt folk tantôt pop, en complète symbiose avec les textes ornés "lye in the dark, wait for us to be in bed, in the living-room, headphones on, you play your best records you don't need the light...for the music in your head, you know all the intros and the lyrics by heart...where the singers go to high, where the drums are too loud" Hannah est inventif, porte en lui cette créativité qui fait la grandesse et la jolie définition d'un artiste. Emmanuel Alarco est un musicien à l'aube de son oeuvre qui nous réserve assurément de belles surprises.

hannah

dimanche 25 octobre 2009

DAP


Fondé par Benoit DAP, ex-bassiste de Teaspoon, groupe pop avec lequel il a enregistré un album, DAP prend son envol en 2006 quand Yann le bassiste de Teaspoon et le batteur JF.V, ancien de Da Brazilians le rejoignent, suivis du violoncelliste bassiste Serge V et la pianiste chanteuse Cha au tourbillonnant grain de voix, de la chanteuse Emilie et de la comédienne Elsa M.

Inspiré par le cinéma des années 70 et par ses compositeurs, allant de Colombier à Sarde en passant par Jean-Claude Vannier, par le charme de ses actrices comme Anna Karina ou Jeanne Moreau, Benoit compose des morceaux dignes de bandes-originales pour un cinéma gracieux et galant. Il est peu surprenant que des scenari s’immiscent dans les chansons sachant que Benoit Dap écrit des nouvelles également à ses heures loisibles.


La séduction a déjà opéré puisque le groupe joue sur plusieurs scènes françaises et parisiennes, dans des festivals comme Les Rendez-vous Soniques avec Pauline Croze, ou encore assuré la première partie de Philippe Katerine.
Comme au volant d’une Jag’ les DAP avancent en offrant le 1er juillet 2009 leur tout premier album éponyme mixé par Yann Arnaud (Air, Syd Matters) et Alexandre Cloître (Lanskies).
A la manière de Christophe ou de Benjamin Biolay, une douce mélancolie s’échappe des titres, et le fantôme du grand Serge Gainsbourg n’est jamais très loin..


DAP dévoile son atmosphère comme une pellicule en noir et blanc avec aussi des scènes de swing et de rythmique ravissante ! Benoit compose avec distinction ses morceaux orchestrés et inspirés tout en assurant de superbes textes en français. Son timbre de voix sensuel, son chant erogène met en valeur les femmes qui l'accompagnent; tout comme savait le faire Gainsbourg. Ses partenaires dans Western ou le titre X font vibrer leur féminité sur les arpèges de basse et les cuivres suaves, tout en rondeur erotique. Les tempo crescendo de L'île fantastique et de Georges Michael donnent de l'intensité et de l'exaltance glissante jusqu'à Les Kamikazes. L'élégance du piano dans le dernier morceau Les requins blancs rejoint la mélodie du clavier du premier titre Moleskine et boucle ainsi l'écoute en guise de plongeon envoûtant et pétulant dans l'univers DAP.

Dap (Emilie M. (chant) Elsa M. (chant) Ben dap (chant) Yann (guitares) Jeff (batterie) CHa(claviers) Serge (basse) C.H henry(batterie) Tonio H.(enregistrement) réalise aussi des génériques pour la télévision comme celui de Musique classique sur France3

myspace.com/legroupedap

jeudi 8 octobre 2009

Guy Blackman


1990, Guy Blackman a 16 ans et vibre pour Syd Barrett, de qui il emprunte le titre d’une chanson pour nommé son fanzine, Chapter 24. Originaire de Perth, dans l’ouest australien, Guy a 18 ans quand il édite ses articles et chroniques musicales accompagnés de compilations sur cassettes audio. Il ne tarde pas à créer son propre label puis un autre fanzine avec son ami Richard Foster et dès 1995, installés à Melbourne, ils produisent leurs premiers disques. 1996, Guy est le seul employé au label Corduroy records, autre label, dont il prendra finalement les rênes.

Guy Blackman est avant tout un musicien accompli et intègre plusieurs groupes, d’abord le sien, Sulk and Sleepy Township puis ceux de Joanna Newsom, Bill Callahan, Jens Lekman, Calvin Johnson, Mt Eerie, en partageant des concerts avec Stereolab, Cat Power, ou encore Elliott Smith..


En 2002, Guy s’offre un break et part vivre au japon. Il revient 18 mois plus tard pour relancer Chapter Music et Corduroy Records.
Après des années nourries de sa passion, passées à jouer avec une multitude de groupes, responsable de labels, le voici sur le devant de la scène avec son premier album Adult Baby.
Ce disque respire la flower-pop australienne, un diamant de mélodies minimalistes et naïves qui honorent le genre. La guitare acoustique resplendit sur les envolées des partitions de piano et se mêle au cor, au saxo, aux trompettes pour créer une ambiance délicate et élégante.

Les 15 titres ont une âme pop (à la Belle & sebastian, Lucksmiths); Ils se présentent tous avec une orchestration différente. Guy Blackman assure seul la plupart des instruments et cette brillante polyvalence s’en ressent dans le format des compositions. A ses côtés, nombre d’artistes ont participé à Adult Baby, la chanteuse de The Art Of Fighting, Peggy, sur Johnny et Jens Leckman qui chante en duo sur Dark And Quiet Place, puis aussi les musiciens de son label, les Dirty Three, The Crayon Fields, Pikelet etc…
Fan absolu de Syd Barrett, les influences de Guy sont toutes aussi sexy que sensuelles, Dennis Cooper, The Left Banke et Serge Gainsbourg. Le rythme séducteur du casio et de la batterie livre une atmosphère cabotine où les paroles dévoilent une dialectique audacieuse à l’érostisme pudique délicieux. Adult baby c’est de la pop charnelle, de la musique tactile, l’art de dire sans dire…Guy Blackman a une imagination mouvante et émouvante.
myspace.com/guyblackman