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lundi 13 décembre 2010

Ben Folds et Nick Hornby

Nick Hornby, monstre de la littérature anglaise contemporaine, connu pour l’amour de la musique pop indépendante qu‘il clame dans ses livres depuis l’illustre High Fidelity de 1995, chroniqueur musical pour le New-yorker, chroniqueur littéraire pour le magazine The Believer, pour le Times Littérature, le Sunday Times, The Independent, Vogue, scénariste nominé aux Oscars pour An Education, fan absolu de football, a la jolie habitude d’explorer simultanément ses passions.

Dans sa vie personnelle, l’homme qui avait déjà eu l’épreuve du divorce de ses parents alors âgé de 11 ans, en traverse deux autres : le diagnostic pour son premier fils atteint d’autisme, puis son propre divorce. Né en 1957, Nick Hornby fait des études brillantes à l’université de Cambridge où il voue déjà une passion pour le football ( son premier roman autobiographique en 1992 Fever Pitch relate le quotidien d’un fan du club d’Arsenal).



Hornby est un musicien des mots, son goût pour le rock et la pop envahit tout son univers d’auteur, ses histoires, ses personnage : vendeur de disques dans High Fidelity, chanteur de rock qui livre des pizzas dans A long way down (dont Johnny Depp a souhaité acheter les droits d‘édition), star du rock dans son dernier livre Juliet Naked ( le Guardian le décrit comme le livre de l’année 2009). About a boy est adapté au cinéma avec une BO truffée de références pop, tout comme High Fidelity, ou encore 31 Songs, la bande-son de sa vie et superbe collection de textes où il parle de groupes et chansons qu’il aime, avec en tête de lice, Ben Folds

Ben Folds, monstre américain de la musique pop-rock, connu pour son don de multi-instrumentiste qui s’amuse à jouer au piano avec les coudes et les poignets, auteur-compositeur qui signe des textes plus proches de scenari et d’histoires que de poèmes ou de couplets redondants, leader des Ben Folds Five de 1993 à 2000, aborde un projet solo Fear of Pop, collabore avec une multitude d’autres musiciens, forme les Bens (avec Ben Kweller et Ben Lee), joue avec Rufus Wainwright, Weezer, Tori Amos, John Mayer, partage la scène avec Aimee Mann, reprend sur ses disques, Cure, Divine Comedy, Elliott Smith. Il est le premier à mettre un concert en totale gratuité sur Myspace ou le reseau Chatroulette et comme Neil Hannon de Divine Comedy, goûter au vertigo d’orchestres symphoniques. Producteur et arrangeur il travaille en studio avec William Shatner, les Dresden Dolls et devient au fil du temps une valeur solide et exemplaire dans le milieu pop indépendant. (vidéo : Zack and Sara)



Sur le plan personnel et sentimental Ben Folds a lui aussi eu quelques déboires (voire des bûches, c’est l’époque). Ses trois premiers mariages sont un fiasco, mais il semble conventionnellement heureux dans son rôle d’époux depuis 2007 avec sa quatrième femme Fleur et ses enfants jumeaux, Gracie et Louis.




Ces deux là se croisent en 2008 et se mettent à travailler ensemble. Les textes sont écrits par Nick Hornby, la musique signée Ben Folds et cela donne Lonely Avenue, sorti en octobre 2010, un des meilleurs albums entendus cette année.
Il y a tout ce qu’un amoureux de pop peut attendre d‘un disque : des guirlandes de sons, de l’humour et du sarcasme, de la simplicité et de la beauté grandiloquente, de l’émotion en barre. Une collaboration telle ne peut qu’engendrer des compositions fulgurantes dans les textes et dans les partitions. L’album est fascinant, varié, parle à l’oreille, attire l’attention et séduit.



Les textes sont une myriade d’histoires narrant l’amour, le couple; qui au vu de leurs expériences personnelles et étude du sujet, ne manquent pas d’ironie. Le désopilant Belinda qui se moque des chanson avec le prénom d’une fiancée comme titre, qui deviennent des tubes à gouailler à gogo même si rupture. D’ailleurs, dans le domaine de la gouaille, Sarah Palin y est gentiment égratignée avec Levi Johnston’s Blues. Le superbe titre Doc Pomus rend hommage au musicien qui était l’auteur de la chanson Lonely Avenue pour Ray Charles en 1957.

Mélodiquement, Ben Folds a construit un album très beau, garni de clap-hands, de piano et synthé, guitares, violoncelles, tambourins, avec des arrangements dignes d’un travail d’orfèvre. Le mariage des deux artistes est magique car Nick Hornby, fan de Ben Folds, connaissait l’univers musical du galopin pop qu’il a fort intelligemment respecté et pour boucler la boucle, Folds, ayant lu tous les romans de Hornby, a su mettre en valeur avec pudeur et talent les lyrics de l’auteur anglais.
Lonely Avenue, pour les fans de pop, sera un « tit beau cadeau » au pied du conifère.

Myspace
NickHornby



vendredi 10 décembre 2010

Honeys


Tout le monde connait Brian Wilson, monsieur Beach Boys, le plus grand arrangeur et producteur de pop de tous les temps avec le fameux Pet Sounds. C’est à la suite d’une rencontre peu ordinaire dans un café concert de Los Angeles (il lui renverse du chocolat sur les pieds), que Brian Wilson, alors bassiste des Beach Boys et Marilyn Rovell venue écouter le fameux groupe californien, ne se quitteront plus. En 1962, Marilyn fait partie d’un girls band avec ses deux sœurs Diane et Barbara, les Rovell Sisters. Issues d’une famille musicienne, leur mère est pianiste de jazz, les Rovell Sisters ont déjà acquis du succès quand Marilyn ressent des Good Vibrations pour le jeune Wilson et sa tête de bambin. 1964, ils se marièrent, eurent deux filles (Carnie et Wendy qui formeront plus tard les Wilson Phillips avec deux membres des Mamas & Papas) et ils montèrent ensemble un projet nommé Honeys, comprenant les sœurs Rovell et une cousine, Ginger Blake, fiancée à Garry Usher.

FallinInLoveMP3

D’un mariage parfaitement harmonieux, la famille Wilson et la famille Rovell se lie artistiquement, les uns et les autres écrivent, jouent une nuée d’instruments, chantent dans la même veine et de cet unisson né Spring, un superbe album de 14 titres.
Nous sommes en 1970, le rock roll déferle et ne laisse guère de place aux autres mouvements musicaux comme celui de Wilson, griffé sixties mais qui n’a a posteriori pas pris une ride. L’album sonne très contemporain, presque intemporel, ce qui finalement n’est pas étonnant puisque Brian Wilson est le Mozart de la pop.

GoodTimeMP3

Le duo Wilson/Rovell se font plaisir avec des productions maison comme This Whole World (composé avec Mike Love), Good Time, Forever, Thinkin' 'Bout You Baby Love, Sweet Mountain mais ils s’offrent aussi le luxe de réarranger des titres de Carole King, Tennessee Waltz, Down Home, Now That Everything's Been et de Leon Russell avec son magnifique Superstar. Spring est chanté essentiellement par Marilyn qui a une voix magnifique, Brian Wilson apparait en duo ou dans les chœurs avec le reste de la famille. Sur les envolées lyriques, sont jouées de grandioses partitions de piano, guitares, basses, violoncelle, batterie, accordéon, clarinette. C’est une œuvre qui mérite une écoute et une attention particulière. J‘ai savouré.. Merci à Pete Doherty, qui m’a offert ce beau bébé post-psychédélique.
A réecouter dans les productions récentes Brian Wilson : What i really want for Christmas (2005), That Lucky old Sun (2008) et la dernière Brian Wilson reimagines Gershwin (2010).


Allez pour le plaisir...

samedi 4 décembre 2010

Wild Nothing

Wild Nothing est le nom symbolique choisi par Jack Tatum pour désigner son projet solo. L’américain de 22 ans, autrefois membre de deux groupes, Jack and the Whale et Facepaint, présente son premier album Gemini sorti le 25 mai 2010 après avoir concocté en amont pendant l’année 2009, deux superbes ep Summer Holiday et Cloudbusting. Depuis la sortie du printanier Gemini sur le label US Captured Tracks, Wild Nothing a enregistré deux autres ep, Evertide, signé chez Warmest Chords, petit label anglais qui vient de naître, et le récent Ep datant d’octobre 2010, Golden Haze.

Jack Tatum explore le shoegaze mêlé à la twee-pop et réalise un coup de maître en créant Gemini de chez lui, jouant tous les instruments et mixant sur son logiciel, sans passer par un studio d’enregistrement. Le résultat est troublant, mélodiquement parfait, épatant sur l’étendue de sa compétence. Le genre musical de l'album semble renaître de ses cendres même si nos oreilles étaient dépoussiérées l’année dernière avec le groupe electro-pop The Pains of Being Pure at Heart.

WitchingHourMP3

La dream-pop est un autre nom pour définir ce style de pop, au tempo précieux, utilisant des synthétiseurs griffés eighties, des guitares au sonorités vaporeuses et un chant fugitif, discret, sur du clap-hands, du melodica, une batterie électronique, des constructions alternatives.
Wild Nothing parvient à rendre tous les effets du genre, avec sa voix cristalline et ses textes langoureux comme dans Drifter et The Witching Hour, une instrumentation sans anicroche sur ses compositions dansantes, Summer Holiday, Chinatown, My Angel Lonely.

Jack Tatum avoue écouter les Go-Betweens et les Monochrome Set quand il est en voiture au retour de ses concerts. Aux nostalgiques de Sarah Records, ou bien des Blue Boys, des Pastels, de Heavenly, vous serez aux anges à l’écoute de Gemini.
Wild Nothing joue en tournée un peu partout aux Etats-Unis et en Europe sauf en France, légitimement où on saura l‘écouter. Avec Jack Tatum, le groupe réunit Nathan Goodman à la guitare, Clay Violand à la basse, Michael Skattum à la batterie.

Myspace


Wild Nothing - Chinatown

jeudi 25 novembre 2010

Scarlet's Well

Les Scarlet’s Well sont à classer dans le genre pop psyché et baroque. Formé en 1998, par le fabuleux artiste Bid, d'antan leader des Monochrome Set, les musiciens qui composent les Scarlet changent, mais fidèlement reviennent pour certains concerts, l’amitié scellant le groupe depuis les débuts. Tels des hobbits de Tolkien, ils viennent d’un village du sud-ouest de l’Angleterre qui selon leurs termes est “populated by howling wolves, seductive mermaids and a bawdy captain with his crew of beer-swilling pirates and off-kilter animals with disturbingly human characteristics."

The Mayor's SongMP3

Les Scarlet's Well véhiculent, à travers leur musique, les illustrations de leurs 9 magnifiques disques, leurs paroles, un esprit emprunté de récits épiques et fantastiques. On trouve d’ailleurs des poèmes et textes d’Edgar Allan Poe, Alfred, de Lord Tennyson dans leur repertoire : Strange Letters (1999), The Isle of the Blue Flowers (2000), Alice in the Underworld (2002), The Dream Spider of the Laughing Horse (2004), Unreal (2006), Black Tulip Wings (2006), Gatekeeper (2008), Unreal II (2010), Society of Figurines (2010).

The Dream Spider Of The Laughing HorseMP3

Alors que l’écoute de ces disques offre une ribambelle de sons, d’ambiances, ornés d’une flotte d’instruments, accordéon, mandoline, ukulele, flûtes, violoncelle, guitares, tambourins, batterie et piano, les mélopées excentriques, sont orchestrées de différentes manières : médievale, twee-pop, chamber-pop, indie-pop, sixties, bossa, rock. Bid, au chant et à la guitare tel un troubadour dont la voix fait penser aux Magnetic Fields, avec un grain crooner de sensualité Bacharrach-esque, compose les titres avec originalité, poésie et lyrisme. Alice Healey qui assure le chant comme une sirène apporte une note féerique, tout comme Deb van der Geugten à la basse, Helena Johansson au violon et mandoline, Jennifer Denitto à la batterie, présences féminines qui savent mettre en valeur la finesse des textes, en avant la texture musicale.

I Sleep Amongst The Tall, Tall FlowersMP3

Les partitions semblent revenir du 18ème siècle, mixées à une rythmique fantaisiste des années 1960, montrent le talent infini de Bid et la richesse de son imagination; Issu d’un mélange américain et indien (maman de Washington, papa de Madras, né à Calcutta, il grandit à Londres et ses productions sont d’un romantisme et d’une sophistication très britannique. Auteur-compositeur, arrangeur, producteur depuis 1993 (Would-be-goods, Jet Set, etc..), Bid aime les Velvet et Lou Reed, July Garland, Gilbert Sullivan, Yes, les Monkees, autant d’influences qui nourrissent ses titres et les stylisent avec dandysme et classe. Society of Figurines, le récent album de Scarlet’s Well sorti en juillet 2010 est un cadeau conseillé pour Noel.

dimanche 21 novembre 2010

She & Him

Je parlais de She & Him dans ma chronique sur le film 500 days in the summer en juillet dernier. L’actrice principale du film étant Zooey Deschanel (musicienne, chanteuse et actrice) qui est la cerise sur le gateau She & Him avec à ses côtés M.Ward.
En 2008, le duo Zooey Deschanel et M.Ward conjuguent leurs talents pour former She & Him, Zooey chante, joue au piano et banjo et M.Ward est à la guitare et arrangements. Pour les concerts, d’autres musiciens les accompagnent, Mike Mogis à la mandoline, guitare, Mike Coykendall à la basse et Rachel Blumberg à la batterie.

WhyDoYouLetMeStayHereMP3

Les deux artistes se rencontrent en 2007 sur le tournage du film de Martin Hynes, The Go-Getter, dans lequel Zooey a le rôle de Kate et pour lequel M.Ward compose la bande originale. Le film rend hommage à Godard, à son film de 1964 Bande à part avec Anna Karina, Sami Frey et Claude brasseur qui dansent le Madison dans un café, scène mythique reprise avec le chic en moins dans The Go-Getter. (vidéo ci-dessous)





Les deux artistes se sont musicalement trouvés et complétés pour signer dès 2008 le Volume1 de leurs compositions. Evidemment, c’est somptueusement pop et mutin à l’image de la demoiselle, c’est finement folk-indie et cadré par la personnalité du jeune homme. Les 13 titres du Volume 1 sont réellement beaux, avec des titres comme Why Do You Let Me Stay Here?, Sentimental Heart, le smithien This Is Not A Test, la balade country Change Is Hard, I Thought I Saw Your Face Today, au groove sixties de I Was Made For You qui serait allé comme un gant aux boots de Nancy Sinatra, au badin Black Hole, c’est un voyage sentimental et mélodique assuré. Les chansons parlent d’amour, de bons sentiments, de sensualité, avec en bonus une reprise d’un titre de Smokey Robinson You Really Gotta Hold On Me sur des guitares taquines, un piano espiègle, et la suave voix de Zooey qui porte en elle tout un héritage pop stellaire à multi-branches et qui resplendit au tambourin.

InthesunMP3

Le couple She & Him sort le Volume 2 en mars 2010 avec au menu des guitares, des cymbales, des mandolines, du banjo, claviers, piano, des chœurs qui susurrent des doo-waaap, des houlalahou, des covers comme celle de Skeeter Davis, You Really Gotta Hold On Me, puis… toujours de l’amour, du sucré, du mielleux sans pour autant pourchasser les bisounours. Le ton donné est « eau de rose » mais bon, l’amour est ce qui fait tourner le monde (après l’Economie), donc le sujet récurrent plaira et parlera à beaucoup.

Quoi que les paroles puissent porter comme message fruité, les chansons sont vraiment bien chaloupées, les mélodies, bien cintrées, nous emmènent. La deuxième galette de She & Him est globalement charmante, élégante, presque du country précieux qui mériterait que le volume 3, s’il y a, prenne un peu plus de risques pour frôler l’excellence.
Myspace

samedi 20 novembre 2010

AA Bondy

Compositeur de musique folk, originaire de l’Alabama, AA Bondy désormais exilé dans la banlieue de New-York, est une sorte d’oiseau rare. Ce fils spirituel de Bob Dylan quitte son premier groupe Verbana qu’il crée en 2003, accompagné de Daniel Johnston à la basse. Il se lance en solo avec une première production American Hearts en 2007 puis la seconde enregistrée dans le Mississippi en 2009, When the devil’s loose, tous les deux sur le label Fat Possum (Adam Green, Wavves, Band of Horses, Al Green etc)

OhTheVampyreMP3

AA Bondy, alias Auguste Arthur Bondy qui ne se sépare pas de son harmonica, a une voix puissante, pas rocailleuse ni cassée comme ont les chanteurs de blues, ni folk nasillarde. Son chant d’une belle limpidité jouxte le sens poétique des paroles et son harmonica extrêmement harmonique.
Ce deuxième album est fleuri d’instruments, une cascade de guitares qui vient ornementer et transcender le genre country blues en folk americana des temps modernes, comme par exemple avec les orgues délurés sur Mightiest of Guns qui se joint au soft duo guitare-voix. L’artiste a du charisme et un joli don pour la composition de mélodies. Découvert par hasard en regardant la série Doctor House, (AA Bondy apparait sur la BO de la série 6 des épisodes), l’univers de Bondy m’a fait penser à Neil Young, à Dylan biensûr, et à Vic Chesnut… En bref, le style de AA Bondy flirte avec les pointures !
Myspace



mercredi 17 novembre 2010

Love Language

Ce groupe de cinq compères est originaire du romantique état de Caroline du Nord. Conduit par Stuart McLamb dont le doux nom rappelle la romantique écosse, auteur et compositeur des titres, mis en valeur par le savoir-faire du producteur, ingénieur son et guitariste BJ Burton ( rien en commun avec la romantique marque de chaussettes), un romantique nom choisi par le combo américain, les Love Language ne sont pourtant pas là pour nous compter fleurette.

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Leur deuxième album Libraries, sorti le 13 juillet 2010 sur le label Merge Records est rock avec des orchestrations pop sixties, où les percussions, les orgues, les guitares parfois jangle ou fuzz, ou en solo sur Heart to tell, donnent un ton joyeux et psychédélique. Le groupe s’enthousiasme sur les tambourins, le xylophone à la mode mods et les envolées de cordes. Les arrangements font tantôt penser à Brian Wilson, tantôt aux Byrds, avec en bonus une pincée de Kinks. Sur le plan écriture et paroles, l’energie et l’effervescence sont au rendez-vous, renforcées par le chant en chorale des frères McLamb (Stuart et Jordan, batteur), de Justin Roermond (bassiste), de BJ Burton (guitare), accompagnés par Missy Thangs (clavieriste).

Inspirés, les Love Language font référence à Godard et Anna Karina dans la vidéo de leur titre Lalita du premier album; Sans nostalgie ni redondance, ce superbe second disque aspire à une ambiance sixties mais avec beaucoup de maturité, de nouveauté dans le son et une approche personnelle du genre pop. De This room, charmant et langoureux, à la ballade Summer Dust au mi-tempo touchant, à Britanny’s Back, surf, jerk et alternatif, au dernier titre Wilmont, enregistré façon « transistor des années 20 », les dix titres sont convaincants. Libraries est autant rock roll dans l’âme que pop, de l'avant-garde, et plaira aux amateurs des Camera Obscura avec qui les Love Language ont partagé la dernière tournée.
Myspace

samedi 13 novembre 2010

Everybody was in the French Resistance...Now !



Depuis Mars 2010 Eddie Argos et sa compagne Dyan Valdés nous présentent un album croustillant de drôlerie Fixing the Charts Volume 1, qui comme son nom l’indique, reprend des chansons qui ont été des tubes, les parodie sans en faire de réelles cover. Les mélodies changent, les paroles aussi, et Eddie appose son style décalé, son humour et son phrasé so british, pas chanté mais déclamé, qui est devenu sa marque de fabrique. Le groupe phare qui a fait connaitre le très prolifique Eddie Argos est Art Brut (clin d’œil au peintre français Dubuffet) avec ses trois albums. Ce résistant et solide artiste anglais aime l‘art pictural, le pratique en vendant parfois ses toiles sur son propre blog http://the-eddie-argos-resource.blogspot.com/ ; Suivent ses groupes annexes, The Art Goblins,
The Black Arts, The English Travelling Wilburys, Art Naïf, et ce dernier joliment nommé Everybody Was In The French Resistance...Now!

 
CreequeAlliesMP3

Bien que l’ambiance du disque soit aux antipodes du kaki, des galons et des chars d’assaut, chaque titre revu et corrigé en prend pour son grade. Girlfren (you know i’ve got A) est une moquerie du Girlfriend d’Avril Lavigne, Billy's Genes qui triture le Billy Jean de Jackson est mordant de rire. He’s A Rebel est un petit coup de pied au derrière de Pete Doherty. Toujours dans le même esprit Superglue est un pied de nez cinglant à Vaseline, Creecque Allies ou Creeque Alley des Mamas And The Papas revisité devient un hymne à la Résistance, The Scarborough Affaire, éponge Simon & Garfunkel et même les Martha & The Vandellas se prennent une gentille grenade avec le titre Jimmy Mack.

BillysgenesMP3



C’est avec beaucoup de second degré qu’Eddie et sa compagne Dyan Valdès, clavieriste du groupe Blood Arm, détournent des charts, des hits, avec une note de sarcasme poilante comme quand ils squament la mégalo Kanye West dans Coal Digger.
En plus des paroles amusantes, la construction musicale du duo Everybody Was in the French Resistance…Now! est luxuriante, rutilante par la présence de tambourins, de clavecin, trompettes, accordéon, clarinette, etc… la pop domine, symbolisée par le tempo, les harmonies, les orchestrations dynamiques et le typé Eddie Argos, qui par son charisme et son sens de l’autodérision, supplante certains de ses collègues de l’indie pop qui pourraient bien en prendre de la graine.
FixingtheChartsMyspace
ArtBrutMyspace

lundi 8 novembre 2010

Villagers


Derrière ce joli nom de Villagers qui sonne « green » se trouve un artiste irlandais qui récolte unanimement des récompenses ( il gagne le Music Prize en Irlande, le Mercury Prize) et la reconnaissance de ses pairs ( Paul Weller l’invite pour un live sur la BBC, Leonard Cohen est présent à son concert à New-York, Neil Young et Tracy Chapman l’invitent à faire leur 1ère partie, en 2010 il partage la tournée des Tindersticks).
Avant tout, Conor J. O'Brien qui forme les Villagers en 2008 à la suite de la séparation de son groupe The Immediate et qui s’entoure de Tommy McLaughlin, James Byrne, Danny Snow et Cormac Curran gagne un public et une belle renommée depuis la sortie de son premier album Becoming a Jackal en mai dernier. Conor perd sa jeune sœur une semaine après, et malgré cela, a le courage de continuer au-delà du drame qui le touche en faisant vivre sa musique avec une tournée qui prend de l’ampleur. Il se produit avec le groupe presque tous les soirs, ayant commencé par les états-unis où le disque est sorti en juin.

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Becoming a Jackal est la meilleure vente en Irlande depuis le mois de mai; les critiques l’acclament et le qualifient de « disque plein de charme et de mystère », comme le New-York Times et le Irish Times : « les Villagers créent le genre de musique qui va dépasser les genres pour prendre une grande envolée ».
Signés sur le même label que Franz Ferdinand et Arctic Monkeys, Villagers offre en effet un disque splendide. Folk, pop, ultra mélodieux, superbement construit et réfléchi, l’album égrène des mélopées qui coulent, sussurent, voltigent avec classe. O’Brien qui joue de la guitare depuis l’âge de 12 ans sait avec brio composer, écrire des textes, mettre en forme l’ensemble avec goût et style. Pour les amateurs de Glen Hansard, Neil Hannon, Duke Spirit avec qui il a récemment partagé la scène, vous retrouverez chez lui la sensibilité et la sonorité irlandaise.

Conor via ses mélodies, dont la poésie et la magie pourraient le muter en elfe, nous emmène explorer des thèmes intimes qu’il aborde avec délicatesse. L’instrumentation soft et acoustique parsème les titres de douceur, le clavier pop-psyché est parfois très dansant, quand le chant de Conor J O’Brien arrose les notes de finesse. Les violons, la basse, la guitare, le piano et la rythmique groovent sur The Pact et apportent un tempo engageant sur Home, ou sur Becoming A Jackal qui sonne un peu My Little Red Book de Love, drôlement bien rodé en balade sur Twenty Seven Strangers. Je retrouve même des accents d’Elliott Smith dans le titre To Be Counted Among Men. Becoming a Jackal des Villagers est une des meilleures productions de l’année 2010.
Myspace



lundi 1 novembre 2010

Elizabeth and the Catapult


Je notais la fulgurance de leur opus Taller Children en janvier dernier et voici le deuxième album de Elizabeth and Catapult, The other side of zero, sorti le 26 octobre, qui présente une autre facette du groupe new-yorkais. Elizabeth Ziman, chanteuse, pianiste et auteur-compositeur, le souligne lors d’une interview « I’d hope there’s humor to both of our albums, but they’re actually quite different from one another, While Taller Children has the sarcastic lightness of a Woody Allen film, the new record’s more in the vein of Kubrick or Lynch. It’s a bit darker, a bit more tongue-in-cheek—another side to who we are. »



L’ensemble des titres a une sonorité pop et groove, avec la voix d’Elizabeth qui égrène ses mots lyriques avec la clarté vocale de Tori Amos et la finesse musicale de Feist. Il y a bien des contrastes et des dissonances entre les titres qui créent des surprises et cela crée une variété d’ambiances sur un fond de poésie. Alors qu’Elizabeth reprend un titre de Cohen sur le premier album Everybody knows, l’écrivain et musicien Leonard Cohen qui fait paraitre son recueil de poèmes The Book of Longing en 2007, inspire la jeune compositrice de Brooklyn.

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C’est le piano qui ouvre le bal, suivi d’une pléiade d’instruments, violon, flûte, batterie et guitares, qui brillent et resplendissent comme les étoiles des paroles du titre opus Time We all fall down. Le trio composé d’ Elizabeth Ziman, Pete Lalish et le batteur Danny Molad offre un génial homage à Cohen, sans faire précisément de reprise, le poéte est pourtant omniprésent, par des références, par le style, son aura qui plane et voltige au-dessus des orchestrations et des paroles, comme sur Thank You For Nothing, ou Open Book. Elle se retrouve des points en commun entre l’approche monastique du zen chez Cohen et sa vie new-yorkaise.

Il y a des parallèles dans les chansons, et des dissociations sans confusion, comme dans You and me, qui parle de la fin d’une relation sur un air instrumental pop et dans Go Away my lover en duo avec Jeff Taylor. L’alternance entre le son pop jovial et les balades romantiques, brodée par l’excellent multi-instrumentiste Danny Molad, ici à la rythmique et à la production, la force des mélodies, l’originalité des symphonies ondulent et démontrent le talent infini du trio.
Leur style, net et rond comme le zéro embrasse néanmoins divers genres, jazz, country, pop, blues. C’est vivant et sophistiqué (avec la collaboration du guitariste Blake Mills et le pianiste de Tom Waits, Patrick Warren), spontané (comme par exemple la participation de Gillian Welch et de Dave Rawlings, pas prévue) et étudié (depuis deux ans avec Tony Berg, producteur de Peter Gabriel). La qualité des compositions reflète bien l’inspiration de Elizabeth Ziman qui a grandi à Greenwich Village, dans la rue où se produisaient pour la première fois Bob Dylan et Joni Mitchell. Loin du sarcasme et du sourire de Taller Children, le thème de The other Side of Zero, forgé de regret et de nostalgie, est savoureusement soft et solide.

Site
Piggledypop








dimanche 17 octobre 2010

Belle And Sebastian

Le groupe écossais Belle and Sebastian voit le jour en 1995 au sein de l’université de Glasgow où certains groupes peuvent bénéficier d’un studio pour enregistrer. Stuart Murdoch et Stuart David s’y rencontrent et écrivent des démos qui accrochent le label local Jeepster. La paire de Stuart étoffent leurs morceaux en la compagnie de Stevie Jackson, Chris Geddes, Richard Colburn et Isobel Campbell.

L’équipe signe son tout premier album éponyme dans l’enceinte de l’université et attire très vite l’attention, notamment par l’attitude assez mystérieuse du groupe qui ne met pas de photo sur le disque et l’humilité toute particulière qui le personnalisera toutes ces années. Sur le petit label de l’université, au doux nom de Electric Honey, où l’on peut croiser Ken McCluskey, ancien chanteur des excellents Bluebells et Alan Rankine du groupe The Associates, les Belle and Sebastian signent en 1996 l’album Tigermilk. Les compositions pop de la bande écossaise séduisent et traversent le Royaume-Uni. La même année, un deuxième album apparait, garni de mélopées savoureuses, If you’re Feeling Sinister. Belle and Sebastian assure d’emblée la première partie des Tindersticks à Londres.


Jeepster réédite les deux premiers albums puis en 1998, les écossais signent The Boy with the Arab Strap et en 2000 Fold Your Hands Child, You walk like a Peasant, sans compter une pluie de Ep...

2001 marque un passage pour les Belle and Sebastian parsemé de plusieurs changements : Isobel Campbell quitte le groupe, les signatures sont désormais sur le label Rough Trade. Sarah Martin intègre l’équipe au violoncelle ainsi que Mike Cook à la trompette pour bientôt, tous deux, en faire partie officiellement. Puis arrive Bobby Kildea qui assure la basse suite au départ de Stuart David. Avec un bel esprit de communion pop, chacun évolue dans des projets annexes, Stevie et Chris sont V-Twin, Richard Colburn est dans Snow Patrol, autre groupe du label Jeepster. Pendant ce temps, Isobel Campbell chouchoute son projet solo Gentle Waves et Stuart David se consacre à Looper. Belle and Sebastian, fort lié autour de Stuart Murdoch, remet la main à la patte en 2002 avec le ep Legal Man qui lance vraiment la renommée du groupe qui signera dans la même année, la BO du film Storytelling.
Le sixième album Dear Catastrophe Waitress apparait en 2003. Après une belle et longue tournée internationale qu'effectue la bande, il nous faudra attendre 2006 pour savourer The life Pursuit et un album live BBC Sessions. Entre temps Stuart Murdoch ne lésine pas et continue de travailler sur des compilations et l’album comedie musicale God Helps the Girl de 2009.




Depuis le 11 octobre dernier, les Belle and Sebastian nous font le cadeau sublime Write about Love comprenant 11 titres galvanisants, resplendissants. Murdoch s’est entouré de ses acolytes et artistes comme Norah Jones, l’actrice Carey Mulligan, ainsi que des musiciens du LA’s Section Quartet. Pour les amateurs qui commanderont la version vinyle, ils auront deux titres bonus, Last Trip et Suicide Girl. Ce huitième album est magnifique, varié, stylé. C’est là encore du grand Belle and Sebastian où Stuart chante en duo avec Norah Jones, parvenant à respecter le genre vocal et l’univers de la chanteuse. Album choral, chaque membre du groupe a la possibilité d’écrire et chanter ses propres titres. Sarah y écrit, compose et chante sur deux titres magnifiques I didn’t See It Coming et I can see Your Future et Stevie est l’auteur et interprète de I’m not Living in the Real World. Ce n’est pas la première fois que Stuart Murdoch qui est le leader et le compositeur de la majorité des titres laisse une grande liberté à ses complices avec qui il travaille depuis des années. C’est la griffe et l’esprit des Belle and Sebastian, cette humilité et simplicité s’entendent, se ressentent à l’écoute de leurs albums et font d’eux, outre la qualité infinie de leurs productions, des musiciens attachants et uniques.
SiteOfficiel

dimanche 19 septembre 2010

Mark Lanegan & Isobel Campbell

L’un vit à Los Angeles, l’autre à Glasgow. L’un est membre dès les années 80 du groupe Jury et plus tard de Queens of the Stone Age, travaille avec Kurt Cobain, Melissa auf der Maur, Mike Watt etc et l’autre fait partie de la formation initiale Belle and Sebastian, chanteuse et violoncelle du fameux groupe pop écossais, conduisant parallèlement en solo son projet Gentle Waves dans les années 2000. Ils collaborent depuis 2006 avec l’opus Ballad of the broken Seas, album de country-blues mélancolique qui précède Sunday of the Devil Dirt de 2008, dans la même veine musicale. Le 19 septembre 2010 sort le troisième disque de Mark Lanegan et Isobel Campbell, Hawk.


En dépit de l’atmosphère sophistiquée incarnée par le splendide duel de voix imbibées du style Burt Bacharach, Hawk, franchement country-folk marque de sa propre griffe. Les titres sont riches d’arpèges et de sonorités americana très abouties, nourries de guitares mises en évidence par l’accompagnement de violons et du piano, ce qui n’empêche pas parfois l’intrusion d’orchestrations blues et sixties comme sur Come Undone. L’allure et le tempo balancent, évoluent et valsent entre le folk acoustique des mélopées telles que We die and See ou encore No place to fall, empreintes de l’univers de Nick Drake. Il y a également du rock avec Get Behind Me, des arrangements pop dans Time of the Season, valorisés par la basse et l’ensemble de cordes.



Le mariage artistique de Mark et d’Isobel est là ravissant, leurs deux voix élégantes, délicates et charmantes s’allient à la perfection. Elles sont revigorées par l’accordéon, les archets de violons qui claquent une ambiance folk traditionnelle sur Eyes of Green où la rythmique conquérante bat le rappel, tout comme sur Snake Song. Le contenu est une ode à l’amour, où règnent des textes farouchement évocateurs et enflammés. Le sentimental est mis en exsangue par le chant ténébreux et dominant de Lanegan qui se pose sur le grain de voix secret et magique de Campbell, sillonnant et traversant ensemble les titres. Leur complicité offre une très jolie profondeur à l’album, voluptueux et beau. (vidéo : Time of the Season)
isobelCampbellMyspace
MarkLaneganMyspace

dimanche 12 septembre 2010

Lucksmiths

Matinée Recordings annonce un tout nouvel album prévu bientôt de nos amis les Lucksmiths.
Voici en avant-première, frais de 5 jours, un titre extrait, Get-to-bed Birds:

Get-to-Bed Birds by The Lucksmiths

Race Horses

Les Race Horses sont quatre garçons originaires du Pays de Galles, Meilyr Jones, Alun Gaffey, Dylan Hughes et Gwion Llewelyn. Auréolés de l’indémodable indie-pop le quator propose son premier album Goodbye Falkenburg en 2010.
Ils apparaissent en juillet 2009 avec le ep Cake et sa pochette gourmande. Avec le second titre du single Cacen Magmu, mêlant du gallois à de l’anglais, les Race Horses montrent d’emblée leur volonté de faire rayonner la tradition galloise dans leur musique, dans le même esprit et lignée de leurs compatriotes Gorky’s Zygotic Mynci.

CakeMP3

En Mars dernier, Race Horses participe à la compilation du magazine anglais Mojo Tribute to Syd Barrett, The Madcaps Laugh Again! aux côtés de REM, Besnard Lakes, Jennifer Gentle etc en reprennant le titre No Man’s Land.

Guitares, batterie, claviers, glockenspiel, tambourin, clap-hands et des “houhouhouu”, des “lalala”, du kazoo comme sur Isle of Eve, animent les compositions pop et fleuries de Goodbye Falkenburg. Les titres sont joyeux et entrainants, liant des ambiances rock et pop bucoliques dans l’instrumentation des orgues psyché, comme dans les harmonies vocales. L’âme sixties est mariée à l’âme celtique pour offrir un disque de qualité, fort inspiré et réussi. Les textes délicats et drôles sont portés par les voix rieuses et l’atmosphère champêtre bordée de cuivres ou de cordes, comme sur Voyage to St Louiscious, certifie le talent des quatre gallois. Cardiff compte un nouveau groupe de pop psychédélique déterminé et prometteur dont les 13 titres de l’album comptant la cover de Syd Barrett, sont absolument beaux et conseillés.

Myspace

samedi 11 septembre 2010

Welcome

Bienvenue ! chers lecteurs, on enchaîne sur le tout nouveau Piggledy Pop... rien ne change à part le nom.

lundi 23 août 2010

Bombadil


Bombadil est un groupe de la Caroline du Nord, daniel michalak, bryan rahija, james phillips qui forme une sorte de trois-pièces folk, bluegrass, pop anglaise. A la frontière de l’indéfinissable, leurs chansons sont alternatives, surprenantes dans le format comme dans l’instrumentation.
Le ep Bombadil est présenté en mai 2006 et le premier album A Buzz, A Buzz en mai 2008. Tarpits and Canyonlands sort le 25 septembre 2009, signé chez Ramseur records, l’écurie familiale des Avett Brothers.

BarcelonaMP3

L’album est grandiose, garni de mélodies enjouées, les textes de toute drôlerie traitent du mariage et de la vie matrimoniale qui peuvent devenir effrayants comme dans Kate and Kelsey ou dans Honeymoon, du train-train quotidien et de voyage amusant comme celui en Espagne dans Barcelona . Les textes sont d’une franchise fringante, le chant folâtre percute l’accordéon, le saxophone et le cor, l’amusement se ressent dans les arrangements, les 15 titres des Bombadil forment un univers fort jovial. Les rythmiques chevaleresques se frottent à la flute de pan, les claviers et le piano chevauchent les cordes des guitares, le glockenspiel devient psychédélique sur les violons dans Jellybean Wine.

HoneymoonMP3

Les trois excellents musiciens aiment Elliott Smith, les Beach Boys et les Kinks, le nom de Bombadil étant un personnage de Tolkien leur va comme un gant. Ils sont allègres, bondissants, leurs harmonies sublimement et finement excentriques. En nous livrant Tarpits and Canyonlands les sémillants Bombadil réussissent à nous attirer dans leur fiction.

Myspace






dimanche 22 août 2010

William Fitzsimmons


William Fitzsimmons passe son enfance dans l’Ilinois, avec ses deux parents aveugles, musiciens hors normes. Ils ont su passer cette passion à leur fils en l’initiant très tôt à la guitare, le piano, trombone, à la musique classique, au chant des oiseaux. Son père fabrique même un orgue pour leur maison pleine d’instruments et dont les murs dansent sur les disques de Bob Dylan et Joni Mitchell.

Bercé de tous styles musicaux, Williams Fitzsimmons approfondit ses connaissances techniques tout en achevant ses études en psychiatrie et obtenant son diplôme de thérapeute, mais finit par se remettre à la musique entièrement. Il enregistre ses premières productions chez lui. Le jeune homme a une habilité particulière à aborder les sons et les mélodies, tel un orfèvre, écrit et compose des orchestrations stylées et habitées de pop-folk nourries de ces diverses influences. (vidéo : King of Wishful Thinking)



Ses deux auto-productions paraissent en 2005 avec Until When We Are Ghosts et l’année suivante Goodnight. Ses compositions acoustiques glissent sur son lyrisme embelli par ses textes et sa voix délicate. Ces deux albums marquent l’attention de Marshall Altman qui lui propose d’enregistrer l’album suivant The Sparrow And The Crow, sorti en 2009.

On peut découvrir à l’écoute de ce superbe album orné de ukulélé, melodica, banjo, mandoline, de 13 titres son don de multi-instrumentiste. Alors que Goodnight était inspiré par le divorce de ses parents durant son adolescence, The Sparrow And The Crow fait écho à son propre et récent divorce, nommant le premier titre After Afterall qui lie la boucle avec le dernier titre Maybe be Alright où il chante “I never wanted you to be alone, I never thought I could break our happy home, I'm so damn sorry for everything I did, But im still that stupid kid”. L’effet de résonnance se retrouve aussi dans l’avant-dernier titre de The Sparrow And The Crow, Goodmorning, aux lignes optimistes, qui répond au nom de l’album précédent Goodnight.

MaybeBeAlrightMP3

Les mélodies font chanter le moineau (sparrow) et la corneille (crow), illustré dans I don’t feel it anymoreWe'll fall just like stars being hung by only string, Everything, everything here is gone
No map can direct how to ever make it home”. Ce sont ses parents qui lui ont transmit la passion du chant des oiseaux, il leur en rend hommage dans le titre qui suit We feel aloneMom and Dad parted ways, We were young and got good grades then, Trees in yards meant to climb,We left home and never looked behind”.

A travers The Sparrow And The Crow, William Fitzsimmons nous offre son univers personnel, un magnifique et touchant aveu musical fait avec une dextérité technique époustouflante, beaucoup de sensibilité et un don artistique inné.
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samedi 21 août 2010

Brigitte




Sylvie Hoarau et Aurélie Maggiori dont le nom de scène sont Vendetta et Mayanne Delem sont amies et décident de créer en 2008 le duo Brigitte. Alors que chacune d’elles avait déjà fait des albums, les deux copines, mamans à la vie et talentueuses artistes en coulisse, apparaissent sur scène en première partie d’Anaïs en 2009.

Aimant et mêlant plusieurs genres musicaux, du disco à Michel Legrand, du hip-hop à Janis Joplin, leurs paroles sont succulentes d’humour. Les deux jeunes femmes se dévoilent un peu plus lors d’un passage à l’émission Taratata, sur Direct 8, TV5 Monde, à la radio, dans les magasines, puis aux côtés de Benjamin Biolay, Vanessa Paradis, en participant à la jolie BO du film Thelma, Louise et Chantal (film de Benoit Pétré avec Jane Birkin, Catherine Jacob et Caroline Cellier), bande originale arrangée par Keren Ann.

Aurélie Maggiori alias Mayanne Delem, également actrice au théâtre et au cinéma, joue d’ailleurs dans Foon, premier film de Benoit Pétré. La vidéo du titre La vengeance d’une louve est signé Mark Maggiori, du groupe Pleymo et réalisateur de clips (Louis Chedid, Charlie Winston, Superbus...etc), beau-frère d’Aurélie.



Brigitte sont libres, elles s’amusent en chantant ce qu’elles aiment, assumant le look qu’elles adoptent et faisant honneur à la mode vintage, de très bon goût. En plus d’être comme elles le disent des mamans “gourmandes et amoureuses”, de délivrer un esthétisme qui n’est pas dû au hasard, elles ont un talent de musiciennes accomplies uni à leurs deux voix réellement séduisantes et pétillantes. Mayanne offre son timbre de voix à la Patti Smith qu’elle reprend avec Because the Night et Vendetta livre son grain de voix dansant pop et rock qu’elle a mis au service d’un superbe duo avec Arthur H sur le titre Viens.

Désormais un groupe formé du charmant duo, Julien Guy à la guitare et Grégory Maume à la batterie, Brigitte joue sur les scènes parisiennes depuis quelques mois pour présenter leur ep Battez-vous sur lequel figure une reprise truculente de “ma benz”. Même Joey Star en l’écoutant en était tout émoustillé.
Rendez-vous avec Brigitte dès Septembre pour une série de concerts !

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jeudi 19 août 2010

Wave Pictures



Les Wave Pictures, groupe originaire du Leicestershire, sont David Tattersall, Franic Rozycki and Jonny Helm, né en 1998. C’est en 2003 qu’ils arrivent en partageant la scène avec les groupes Herman Dune et Jeffrey Lewis. Une grande amitié artistique est scellée entre les Wave Pictures et les Herman Dune, travaillant ensemble en studio ou en reprenant en duo le titre Dust Off Your Heart dans l’émission de radio live de John Peel.

En 2003, le premier album Streets of Philadelphia est enregistré chez André Herman Dune qui compose 9 titres sur celui-ci et où David Tattersall se fait plaisir en faisant une reprise d’un titre de Bruce Springsteen. Il s’offrira même le luxe de faire un album entier de reprises de l’artiste américain au célèbre bandana, Play Some Pool et un single cover avec le leader de Hefner, Darren Hayman, If I Should Fall Behind.



Sucré et pop, le style des Wave Pictures est aussi somptueux par les textes qui content histoires et scénari lyriques, romantiques. Les compositions sont folk, poudrées de pop anglo-saxonne, fleuries de la voix de David Tattersall, qui dénote, enchante et apporte une belle originalité au genre. Le splendide album Just Watch Your Friends Don't Get You qui propose des compositions de David, une reprise de John Cale, suit, et dans son sillage, More St. Less T.V, un 9 titres comprenant deux splendides reprises, Dignified And Old de Jonathan Richman et Chinatown de Dean Wareham et Luna.

Prolifique, le groupe signe en 2004 The Airplanes At Brescia, The Hawaiian Open Mic Night en 2005, album familial avec la participation de Mick Tattersall, Rose Tattersall, André Herman Dune, puis sort l’album Sophie dans la même année. 2006 annonce l’arrivée du batteur Jonny Helm qui remplace Noble et le disque Catching Light sur lequel André Herman Dune appose sa griffe en signant le dernier titre de l’album It Tastes Like Poison.

ILoveYouLikeAMadmanMP3

Les collaborations amicales ne manquent pas dans le parcours du groupe désormais installé à Londres. En 2008, les Wave Pictures s’allient à Mark Crown, Mathew Benson, Aki Päivärinne, Heddwyn Davies, Darren Hayman, Simon Trought, Pete Hudson, Dan Mayfield, Dean Wareham de Polar Bear, Lisa Li Lund et David Ivar Herman Dune pour la sortie du fantastique LP 14 titres Instant Coffee Baby. Signés sur le label anglais Moshi Moshi, les Wave Pictures apparaissent également en Allemagne sur Little Teddy Recordings et en Espagne sur Acuarela Records, passent les frontières, travaillent avec des artistes aux horizons variés et laissent entrevoir des influences internationales dans leurs chansons, finement panachées dans les structures et les orchestrations.


2010, parait l’album Susan Rode The Cyclone qui propose un univers parfaitement abouti, fourni de sons où la guitare et la basse en osmose avec la houle provoquée par la batterie, n’écime en rien le chant, marquant et vigoureux. L’ensemble est frais, iodé, énergique et vivifiant. Kittens galope, quand Cinnamon Baby ondule et monte en puissance, la guitare électrique délivre des notes excitatrices et belles.
Susan Rode The Cyclone est un album détonnant de distorsion, étonnant de saveurs, magnifique de mélodies et de rythmes.

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vendredi 13 août 2010

Rubettes


1973 est un bon cru, une année marquée par la naissance d’un groupe anglais, coloré et emblématique d'une génération, les Rubettes. Deux poulains de Polydor, Wayne Bickerton et Tony Waddigton partent à la quête du graal avec l’aide du batteur du groupe, John Richardson, qui a la mission de réunir les musiciens. La première vague recrutée sera composée de Mick Clarke, Peter Arnesen, Paul Da Vinci (l’auteur et compositeur initial du tube de l’été 1974 Sugar Baby Love) et Bill Hurd; Le chanteur blondinet au déhanché incommensurable et infernal qui fait se rhabiller Iglésias, Alan Williams, rejoint la troupe un peu plus tard. Casquettes, vestes clinquantes et pétillantes, noeuds papillons qui s’illuminent, les Rubettes arrivent sur la planète doo-wap, pop, funky et disco dès 1974 en vendant des millions de disques, deux millions de Sugar Baby Love, rien qu’en France.


Paul Prewer alias Paul Da Vinci, à l’origine du succès des Rubettes, quitte le groupe en 1975; Polydor ne lâche pas une once des royalties sur Sugar Baby Love, écrite et chantée par Paul. Suivront les titres Tonight, Juke Box Jive and I Can Do It qui lance les Rubettes sur les voies du succès. L’interprétation est désormais assurée par Andy Williams, qui parvient à mettre toutes les femmes de la planète dans un état d’hystérie à bruler tous les toits des chaumières.
Peter Arnesen quitte à son tour le groupe et est remplacé par Tony Thorpe (guitare,clavier et batterie et noeud papillon).



Le succès et la gloire font transmuter les deux producteurs de polydor de poulains en rapaces. Bikerton et Waddington, les deux compères de la maison de disques passent du stade de Nounours à Gripsou et de grosse tête à pastèque. Se prenant au sérieux, ils tentent d’écrire des chansons à texte qui tombent à plat (comme Under One Roof) et essaient de séparer les Rubettes. Les membres du groupe eux, ne changent pas et continuent de véhiculer une harmonie bon-enfant sur les scènes, et se libèrent des deux producteurs corrompus.

Quatre albums vont paraitre entre 1975 et 1978, avec une participation Rick Westwood des Tremeloes sur l’album Sometime In Olchurch. Dans cette ambiance de guerre froide, d’avocats, de règlements de compte, le succès décline dès 1979, les Rubettes feront de l'accrobranche jusque dans les années 80.
Ils resteront dans les annales ce phénomène des années 70, inspireront parfois d’autres artistes comme Luke Haines du groupe the Auteurs autant qu’ils auront inspiré les amateurs de pop que nous sommes devenus...

à Hervé

the Auteurs (Luke Haines)


lundi 9 août 2010

Eagle Winged Palace


Cashew Von Harding commence son aventure avec le groupe Le Prix, splitté en automne 2008, puis suite à la rencontre de Uncle Rhéa, chanteuse et musicienne diplômée en musicologie et chant classique, qui deviendra son épouse, il monte le projet appelé Eagle Winged Palace. Le couple s’installe à Los Angeles et accompagnés de Mimi et Michelle, deux chanteuses, Nathan à la batterie, ils concoctent Hand Of Doom, le premier fantastique 4 titres qui annonce l’album. C’est le 22 juin dernier que cet onirique et mirifique Where We're Coming From parait.

L’extrait du ep, Hand of Doom, nourrit de flûtes traversières, de clap-hands et tambourins rappelle un peu nos amis new-yorkais Essex Green.


C’est Cashew le compositeur et auteur des morceaux qui parsèment l’album; Dès l’incipit Timber, les guitares claquent, rutilent et résonnent sur les voix des chanteuses. Le décor psychédélique est planté. Le premier acte annonce des partitions de guitares qui côtoient élégamment le clavecin et la tumultueuse grosse caisse qui illico fait dresser une couronne de happy flowers sur la tête. L’ambiance woodstockienne médièvale nous emmène, et la voix cristalline de Uncle Rhéa sur le titre Where we’re coming from fait rêver. Là, les choeurs omniprésents sur tout l’album, entrent en scène et habillent la composition florale musicale d’une cape sixties digne des Yardbirds où même l’aura de Arthur Lee du groupe Love.


C’est fort joli, réussi. L’univers des Eagle Winged Palace s’ouvre sur des ritournelles un poil hippies ultra mélodieuses. Les chants d’oiseaux offrent l’amorce de Breaking Down The Wilderness, titre évocateur et symbolique de la thématique des textes. Le tambourin marié à la voix de Cashew et aux choeurs angéliques, forment un ensemble pop chaloupé, riche en sonorités folk. Brethen balance une rythmique médiévale là encore, sur des chants proches du grégorien mêlés au tambour vibrant et à la flûte venue de la plaine du grand Ouest qui ferait presque penser que les Sioux et les Apaches faisaient eux aussi partie de la Beat Generation.

Movin' On to Avalon, titre phare de l’album, élu comme single promotionnel par le groupe, quitte un instant la trame hippie pour faire place à la pop, ponctuée de claviers rieurs et taquins, ainsi que de la voltigeante voix de Rhéa.

MovinOnToAvalonMP3

La construction instrumentale des 10 titres est surprenante, même le Routard ne proposerait pas de sentiers mélodiques aussi variés, originaux, étudiés et recherchés. In Another Life fait avancer pas à pas le deuxième acte, que je nommerais Pop is Peace & Love, préparé aux petits oignons par Cashew. Derechef l’univers musical contrebalance, vogue entre les robes longues à fleurs déboutonnées et la mini jupe mods de Mary Quant. Le vent de liberté souffle sans pour autant donner l’impression d’être étouffé par la prise d’acides ou autre pillule colorée phagocytée. Le genre LSD hippie reste une influence en coulisse alors que le premier plan est nickel. Spiral et Skeleton, sont deux titres kaléidoscopes qui mixent des ingrédients comme la guitare, voix et vibraphone, plus proche du symphonique que du narcotique.
Just Like An Old Time Legend Dyin’ est surement le morceau le plus proche du genre d’Arthur Lee, chanté par Cashew dans une torpeur sérigraphiée en guise d’ode aux sixties. Sa voix intime, voire mythique, douce et rock’n roll, reprend les thèmes des chansons et conclue l’album quasi conceptuel avec un fort impact. De son chapeau de prestidigitateur, Cashew Von Harding sort un bouquet de chansons aussi audacieuses que rutilantes. A découvrir avant que les Eagle Winged Palace viennent jouer en Europe, venue qu’ils préparent de pied ferme.
myspaceEagleWingedPalace

mercredi 4 août 2010

Marc Morvan & Ben Jarry

Marc Morvan & Ben Jarry sont deux artistes qui se rencontrent en 2006, après avoir chacun évolué dans d’autres formations musicales dans les années 2000. Marc menait le groupe Three Guys never in, Benjamin était bassiste de Moesgaard et a joué avec Matt Eliott.
Venant du pays nantais, Marc écrit et compose les titres de leur opus Udolpho sorti en 2009 et Benjamin y apporte sa griffe dans les arrangements de violoncelle.

Depuis la sortie de Udolpho, le duo reçoit des critiques élogieuses de toutes parts, légitimes et méritées.




Unique en son genre, les 11 titres qui ornent ce superbe album, également beau par son enveloppe, sont composés de manière originale, contemporaine et classique, mêlant un style actuel dans les arrangements et le format des chansons à une griffe mélodique nostalgique.
Udolpho se savoure, se décortique, se dévoile au fil des écoutes après avoir mis une bonne gifle dès la première. La surprise et l’originalité viennent aussi du fait que Marc Morvan et Ben Jarry soient français. Leur musique transgresse les frontières, les influences anglosaxonnes. Avec ces 10 purs joyaux mélodieux, on voyage autant dans les pays slaves, sur les tours de châteaux écossais (pochette de l’album), les plaines américaines ou sur les cimes néo zélandaises ; Voyage musical majestueux intemporel et inaltérable de qualité.



Dans le fond, les airs dénotent de ce que l’on entend habituellement. La guitare et le violoncelle se parlent, se répondent, se courtisent avec élégance et finesse. Les deux instruments se respectent, les partitions non écrasées par un éventuel télescopage, sont limpides et s’unissent avec clareté, parfois avec fusion et ardeur comme sur la fin de The Magical gloves of K.S.
La dentelle instrumentale du fond est couronnée par les textes de Marc, poétiques, qui résonnent tels des sonnets de Du Bellay, passionnés et esquissés comme des peintures de Blake. L’âme de Udolpho est romantique. Les textes en anglais sont recherchés, c’est un travail d’écriture admirable.




Marc étoffe l’instrumentation et lyrisme de ses compositions avec ses mots mais aussi, ce qui m’est apparu réellement troublant à l’écoute, sa voix. Le chant est le troisième instrument et la présence de la voix de Marc est l’essence d’Udolpho. L’interprétation des paroles tient un rôle liant et fondant, primordial même car le grain de voix harmonieux et très juste de Marc Morvan est charismatique. Son chant balance de nobles particules dans les airs d’Udolpho; Douceur et volupté, son chant d’aède apporte une oralité à la guitare et au violoncelle de Benjamin Jarry pour former une tierce somptueuse.



Notes de Marc Morvan sur Udolpho, suite sur le myspace...
myspacemarcmorvanundbenjarry
"Nous voulions pour ce disque un titre qui renvoie à l'imaginaire littéraire, car l'idée principale était de raconter des histoires. Voici quelques éléments pouvant éclairer notre travail sur chaque titre, même si les références convoquées ne sauraient en figer l’interprétation. Il s’agit toujours de traces, de souvenirs, transformés par l’imaginaire. Le titre du disque « Udolpho », provient du roman gothique anglais "The mysteries of Udolpho" d'Ann Radcliffe, publié en 1794. Il y a dans une de nos chansons « Emily », une jeune femme attentive à ses premiers sentiments amoureux, égarée dans la campagne anglaise. Cette Emily, je n'y avais pas pensé à l'époque de l'écriture de la chanson, pourrait tout à la fois ressembler au personnage principal du roman d'Ann Radcliffe (Emily St Aubert), comme à ses lectrices, des femmes, plutôt jeunes en majorité, au goût prononcé pour le romanesque. C'est donc d'un roman pour jeune fille dont il s'agit, mais pas seulement : Walter Scott notamment, en avait loué les qualités littéraires."

« From the lair of the desert’s king » évoque l'accablement d'un personnage peu héroïque, dont la femme a été enlevée par 717 soupirants armés, et promise au Roi du Désert. Aussi veule qu’il puisse être, il part quand même à sa recherche, mais meurt enseveli sous une avalanche de sable… gris ; car si « l’orient est rouge comme le vin », le désert est gris depuis Delacroix ! Cette chanson doit autant aux films de sabres japonais, qu’au Peckinpah d’«Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia » auquel je pensais au préalable en jouant l’intro de guitare."