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dimanche 25 avril 2010

Sunday Drivers

Mon avis au sujet du dernier album des Sunday Drivers est mitigé. Le groupe fait partie de ceux que j'admire et chéris. Je l'écris d'ailleurs sur Piggledy en février 2008 à l'occasion de la sortie de Tiny Telephone.


Il y a deux ans; Déjà je ne m'étonnais pas de la similitude des accords et de l'instrumentation avec celles de Josh Rouse. Voici leur quatrième disque The End Of Maiden Trip qui sort et derechef, les accords de claviers et de guitares sonnent comme ceux de Josh Rouse mais avec moins d'originalité, moins de surprises.

Je mets la barre haute, suis un peu exigeante parce que je sais que ce groupe espagnol est un des meilleurs du paysage indie pop actuel. The End Of Maiden Trip ne sera pas leur Melody Nelson et ne se démarquera pas. Quelques titres comme Specially (Today), So What, (Hola) To See The Animals brillent et sortent du lot des autres chansons trop lisses, voire commerciales comme My Plan, I , Guerilla.. Everything reminds me of you.
Bon voilà la petite déception sur laquelle je ne m'étendrai pas car je garde une hâte non dissimulée d'écouter le prochain album. (vidéo: cover de Abba, Dancing Queen)
myspace.com/thesundaydriving

mercredi 21 avril 2010

Arnaud-Fleurent Didier


Arnaud-Fleurent Didier a cette frivolité poétique à la française que l'on retrouve rarement ou avec trop de parcimonie dans le paysage musical français. Je pense tour à tour à DominiqueA pour la poésie, Sylvain Vanot pour le grain de voix, à Louis Philippe pour la délicatesse, aux compositions décalées et avant-gardistes de Air et de Phoenix ses proches amis de Versailles, à l'anglais Neil Hannon pour l'écriture intimiste symphonique.
Il y a beaucoup à dire sur La Reproduction son tout récent album. Ce que j'ai constaté en fouinant sur le net ou bien en échangeant avec les amis chroniqueurs, c'est que c'est Arnaud- Fleurent Didier, lui-même, qui fait parler. En bien, en mal...Pourquoi? Parce qu'il est excellent. Certains s'emballent, d'autres s'empourprent.
Admiration ou Jalousie? Peu importe, le talent délie les esprits.

Cet artiste, alors étudiant en 1995, signe sur un label japonais sa premiere oeuvre , Chansons Originales puis Chansons Françaises album griffés du groupe Notre Dame et offre Comment l'amour est mort avec Ema Derton en 2002, Portrait du jeune homme en artiste en 2004, premier album de son nom, travaille en 2005 la BO du film Thomas Hylland Eriksen and the story of the origami girl.
Comme le souligne Arnaud-Fleurent Didier dans une interview, sa musique se classe dans la pop. Ce n'est pas de la chanson française; Ses références sont clairement pop anglo-saxonnes alimentées de ses textes en français. Que ce soit dans les partitions de basse, l'orchestration des cordes ou dans la rythmique, la construction alternative des mots, le style pop est une évidence.


Le titre France Culture (vidéo) ouvre ce superbe disque de La reproduction telle une introduction, un portail ouvert sur le thème de l'album: le questionnement d'un jeune homme sur sa future paternité et l'inventaire qu'il fait de ce qu'il a reçu comme héritage culturel familial à léguer.
Avec une élégante pudeur, il effeuille les questions comme on déshabille un artichaut jusqu'au coeur. Les choeurs beach-boysiens accompagnent le second titre A l'origine du monde qui dessine les sensations vécues lors des primes émotions. Imbécile Heureux dévoile l'Amour naissant sur une rythmique digne des Barron Knights ou des Byrds et des sonorités de piano bar effleurées de paroles pop-naives.
Au fil de l'écoute, la maturité des sentiments et du son s'introduit, avec Reproductions, titre riche de sens et de significations, disco, groovy, alterne avec la profondeur de la déclaration, de l'aveu, de l'art d'essuyer un affront et du désenchantement qui parfois en découle.

Reproductions

Les deux titres Mémé 68 et Pépé 44 sont les questions politiques du jeune homme, sur la liberté sexuelle, l'occupation, l'après-guerre qui font écho au titre d'ouverture France Culture, une émission de radio née d'ailleurs en 1946.
Je vais au cinéma fait un travelling cinématographique sur "l'histoire d'un type qui meurt pour ses enfants" et sur la ville de Paris, de la place Clichy, les Batignoles, de ses rues aux profils internationaux comme la rue de Florence, de Turin, de Berlin, rue de Moscou, d'Amsterdam...
Ne sois pas trop exigeant parlera aux pères qui rentrent dans le rang au point de se mettre des oeillères, les cordes (quasi au cou) s'envolent sur les choeurs seventies qui résonnent et valsent sur le piano courtois; My space Odity et sa basse languissante s'accorde avec le tempo de l'année 74, année de naissance d'Arnaud; la nostalgie des accords du clavier emmène par moments sur les traces de William Sheller.
Risotto aux courgettes, annonce des métaphores culinaires succulentes, sur des envolées de flûtes. C'est sublimement fripon. L'album se termine avec Pépé44 et Si On Se Dit Pas Tout. Cette dernière chanson adressée à son père est un balade fournie d'instruments à vent, d'arpèges de guitare acoustique pour conclure toute en légèreté avec les mots "si on ne se dit pas tout, c'est pas grave papa".
Reproduction est la preuve qu'Arnaud-Fleurent Didier est un sacré compositeur qui sillonne les voies royales de l'histoire de la musique.
Myspace
arnaudfleurentdidier.com/lareproduction/

lundi 12 avril 2010

Bertrand Bitz


Auteur-compositeur suisse, Bertrand Bitz sort son premier single en 2006 En bruissements d'elle, bossa, chaloupé, trompettes et guitares déroulant un tempo ensoleillé. L'ep qu'offre ce jeune artiste à la voix soyeuse et cristalline aligne des mots chantés en français et anglais. Les violons de Mom, les arpeges de guitares dans Lorsque nos yeux, les cuivres dans En Bruissements d'elle nous emportent dans un doux cocktail de Nick Drake, de Kings of Convenience, ajouté à la noble désinvolture du grand Delerme.

En Thalasso

Le talent de composition de Bertrand se confirme en 2008 avec la sortie de son album Multifaces. Le label Believe le distribue, les festival Voix de Fête de Genève l'accueille, les radios le diffusent, la télévison TSR l'invite, on s'accorde et on aime. La sensibilité drôle du titre Chômage ou la subtilité rafraichissante de En Thalasso, chanson longtemps classée au top 20 de la radio suisse-normande sèment une atmosphère chatoyante et revigorante. En attendant le deuxième album qui est en préparation, je vous invite à découvrir ce talent helvétique, qui dévoile dans le superbe album Multifaces, une jolie collaboration avec l'auteur Ludovic Pannatier.
Deezer
myspace.com/bertrandbitz

Woodpigeon


Woodpigeon est avec Magnetic Fields deux groupes d'ores et déjà classés dans mon top 5 de l'année 2010. Après écoute de ce troisième bijou mélodique, Die Stadt Muzikanten, difficile d'en écouter un autre après... C'est le genre de disque qui marque, que l'on chouchoute et qu'on glisse dans la platine cds plus qu'à son tour. C'est un disque content, souriant et chaleureux.


Voici ce que je disais de Woodpigeon en 2008, des deux premiers excellents albums et du créateur de ce fabuleux groupe canadien, Mark Hamilton.
Die Stadt Muzikanten, enregistré en janvier 2010 débarque avec ses 16 titres, dont un au nom français invite à découvrir cette sortie de disque, Enchanté Janvier.
Originaire d'Edimbourg, de grand-parents allemands et autrichiens, désormais canadien, Mark Hamilton porte en lui des cultures kaleidoscopes qui colorent ses compositions. Ecrit à Berlin, Die Stadt Muzikanten est comme une architecture monumentale, construite sur un site archéologique précieusement fertile, alternant entre le genre classique et moderne. Mark Hamilton frappe encore plus fort que pour ses deux précédents albums.

Sur le site woodpigeon-songbook.com, on peut lire que le groupe se définit comme jouant de la pop quasi orchestrale de l'outre-Monde. Oui, c'est même symphonique et intercontinental. Tous les instruments sont présents. Hamilton ose faire groover un harmonica avec un violon, il compose du folk qui swingue, du rock minimaliste grandiose. La structure des chansons impressionne et surprend, propose un travail de création et d'interprétation peu commun. Le style pop orchestral rime avec le countryfolk et forme un tout sensible et distingué qui plaira à tous.
Longue Vie au pigeon Ramier !
Je remercie Benjamin Caschera de Almost Musique qui a pris soin de me l'avoir confié.
woodpigeon-songbook.com/
myspace.com/woodpigeon

dimanche 4 avril 2010

Clémentine


Clémentine est une chanteuse française... D'où précisément, il est bien difficile de vous en dire plus (pas de myspace, ni de facebook, ni de sites) car mon travail d'investigation se heurte au néant. Enfin pas tout à fait, il m'a mené sur le site de Virgin entre autres, truffé d'âneries, vantant les disques d'une certaine Clémentine en se mélangeant les pinceaux et en balançant sur la même page les cds de deux jeunes femmes au même prénom qui n'ont absolument rien à voir.

Ballade de Johnny-Jane

Si après avoir écouter ici les titres de Clémentine, l'envie vous prenait de commander ses disques, voici la liste des cds concernant "notre" Clémentine: Soleil (2004), Best de Clémentine (2004), Made in France (2005), Avec (2005), Lumiere (2006) et les singles: Sweet Illuminution (2008), Sweet Rendez-vous (2008), Chocolat et sweets (2008).
Voilà une interprète qui se penche essentiellement, à la manière de la Nouvelle Vague, sur des reprises bossa de Kokomo des Beach Boys, de Moon River d'Henry Mancini, La Mer, Sunny, le Queen Mary, Two of us des Beatles, des titres de Gainsbourg, Couleur Café, la balade de Johnny-Jane et une floppée de titres évoquant des figures détonnantes du 7ème art, l'ambiance sixties et bossa nova tient la note. Y règnent un avant-goût d'été et un rythme chaloupé à dépoussiérer les bikinis.
Pour les amateurs de pop, vous vous régalerez de glockenspiel, de claviers joyeux, guitares et piano. Biensûr, Clémentine est radieuse autant en français, en italien, en espagnol, anglais, vient voltiger et poser délicatement sa voix sur toutes ces savoureuses mélodies.

Itsi Bitsi petit bikini

Ce qui tend à révolter, à l'heure où l'on parle d'identité nationale (stupidité! hélas), où la culture musicale à la télévision française, sur les ondes de radios françaises, est mutilée par des Tokyo Hotel, les  Beyonce, Rihanna, Aguilera ou Lady Gaga, .. tout ce qui finit grosso modo par un "a" et, où, on offre un cachet de centaines de milliers d'euros à un Johnny imposé à l'étranger pour venir chanter sur le Champs de Mars un 14 Juillet (cachet payé par vos impôts, hélas), et constater qu'une artiste comme Clémentine, totalement inconnue en France, n'est signée qu'au Japon. La culture musicale française serait-elle tenue par des ânes et des boeufs? Diam's est nommée directrice du label Motown France en 2006. C'est désormais au nombre de "yo" dans une phrase que l'on distingue les nouveaux grands chefs d'entreprises musicales dans l'hexagone (... 3ème hélas).



Clémentine, charmante et brillante chanteuse, elle, est née à Paris en 1963 d'un papa directeur de Orange Blue Records, fameux grand label de Jazz. Elle a offert en tout plus d'une dizaine de disques et tous produits et sortis au Japon, pays qu'elle adore.
Finalement, le pays du soleil levant n'est peut-être pas si mal que ça...si on y entend Clémentine chanter Que sera sera... ou encore Les Champs-Elysées remixés par son ami Stéphane Pompougnac.
A vous de juger et de commander.
cdJapan