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lundi 23 août 2010

Bombadil


Bombadil est un groupe de la Caroline du Nord, daniel michalak, bryan rahija, james phillips qui forme une sorte de trois-pièces folk, bluegrass, pop anglaise. A la frontière de l’indéfinissable, leurs chansons sont alternatives, surprenantes dans le format comme dans l’instrumentation.
Le ep Bombadil est présenté en mai 2006 et le premier album A Buzz, A Buzz en mai 2008. Tarpits and Canyonlands sort le 25 septembre 2009, signé chez Ramseur records, l’écurie familiale des Avett Brothers.

BarcelonaMP3

L’album est grandiose, garni de mélodies enjouées, les textes de toute drôlerie traitent du mariage et de la vie matrimoniale qui peuvent devenir effrayants comme dans Kate and Kelsey ou dans Honeymoon, du train-train quotidien et de voyage amusant comme celui en Espagne dans Barcelona . Les textes sont d’une franchise fringante, le chant folâtre percute l’accordéon, le saxophone et le cor, l’amusement se ressent dans les arrangements, les 15 titres des Bombadil forment un univers fort jovial. Les rythmiques chevaleresques se frottent à la flute de pan, les claviers et le piano chevauchent les cordes des guitares, le glockenspiel devient psychédélique sur les violons dans Jellybean Wine.

HoneymoonMP3

Les trois excellents musiciens aiment Elliott Smith, les Beach Boys et les Kinks, le nom de Bombadil étant un personnage de Tolkien leur va comme un gant. Ils sont allègres, bondissants, leurs harmonies sublimement et finement excentriques. En nous livrant Tarpits and Canyonlands les sémillants Bombadil réussissent à nous attirer dans leur fiction.

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dimanche 22 août 2010

William Fitzsimmons


William Fitzsimmons passe son enfance dans l’Ilinois, avec ses deux parents aveugles, musiciens hors normes. Ils ont su passer cette passion à leur fils en l’initiant très tôt à la guitare, le piano, trombone, à la musique classique, au chant des oiseaux. Son père fabrique même un orgue pour leur maison pleine d’instruments et dont les murs dansent sur les disques de Bob Dylan et Joni Mitchell.

Bercé de tous styles musicaux, Williams Fitzsimmons approfondit ses connaissances techniques tout en achevant ses études en psychiatrie et obtenant son diplôme de thérapeute, mais finit par se remettre à la musique entièrement. Il enregistre ses premières productions chez lui. Le jeune homme a une habilité particulière à aborder les sons et les mélodies, tel un orfèvre, écrit et compose des orchestrations stylées et habitées de pop-folk nourries de ces diverses influences. (vidéo : King of Wishful Thinking)



Ses deux auto-productions paraissent en 2005 avec Until When We Are Ghosts et l’année suivante Goodnight. Ses compositions acoustiques glissent sur son lyrisme embelli par ses textes et sa voix délicate. Ces deux albums marquent l’attention de Marshall Altman qui lui propose d’enregistrer l’album suivant The Sparrow And The Crow, sorti en 2009.

On peut découvrir à l’écoute de ce superbe album orné de ukulélé, melodica, banjo, mandoline, de 13 titres son don de multi-instrumentiste. Alors que Goodnight était inspiré par le divorce de ses parents durant son adolescence, The Sparrow And The Crow fait écho à son propre et récent divorce, nommant le premier titre After Afterall qui lie la boucle avec le dernier titre Maybe be Alright où il chante “I never wanted you to be alone, I never thought I could break our happy home, I'm so damn sorry for everything I did, But im still that stupid kid”. L’effet de résonnance se retrouve aussi dans l’avant-dernier titre de The Sparrow And The Crow, Goodmorning, aux lignes optimistes, qui répond au nom de l’album précédent Goodnight.

MaybeBeAlrightMP3

Les mélodies font chanter le moineau (sparrow) et la corneille (crow), illustré dans I don’t feel it anymoreWe'll fall just like stars being hung by only string, Everything, everything here is gone
No map can direct how to ever make it home”. Ce sont ses parents qui lui ont transmit la passion du chant des oiseaux, il leur en rend hommage dans le titre qui suit We feel aloneMom and Dad parted ways, We were young and got good grades then, Trees in yards meant to climb,We left home and never looked behind”.

A travers The Sparrow And The Crow, William Fitzsimmons nous offre son univers personnel, un magnifique et touchant aveu musical fait avec une dextérité technique époustouflante, beaucoup de sensibilité et un don artistique inné.
Myspace

samedi 21 août 2010

Brigitte




Sylvie Hoarau et Aurélie Maggiori dont le nom de scène sont Vendetta et Mayanne Delem sont amies et décident de créer en 2008 le duo Brigitte. Alors que chacune d’elles avait déjà fait des albums, les deux copines, mamans à la vie et talentueuses artistes en coulisse, apparaissent sur scène en première partie d’Anaïs en 2009.

Aimant et mêlant plusieurs genres musicaux, du disco à Michel Legrand, du hip-hop à Janis Joplin, leurs paroles sont succulentes d’humour. Les deux jeunes femmes se dévoilent un peu plus lors d’un passage à l’émission Taratata, sur Direct 8, TV5 Monde, à la radio, dans les magasines, puis aux côtés de Benjamin Biolay, Vanessa Paradis, en participant à la jolie BO du film Thelma, Louise et Chantal (film de Benoit Pétré avec Jane Birkin, Catherine Jacob et Caroline Cellier), bande originale arrangée par Keren Ann.

Aurélie Maggiori alias Mayanne Delem, également actrice au théâtre et au cinéma, joue d’ailleurs dans Foon, premier film de Benoit Pétré. La vidéo du titre La vengeance d’une louve est signé Mark Maggiori, du groupe Pleymo et réalisateur de clips (Louis Chedid, Charlie Winston, Superbus...etc), beau-frère d’Aurélie.



Brigitte sont libres, elles s’amusent en chantant ce qu’elles aiment, assumant le look qu’elles adoptent et faisant honneur à la mode vintage, de très bon goût. En plus d’être comme elles le disent des mamans “gourmandes et amoureuses”, de délivrer un esthétisme qui n’est pas dû au hasard, elles ont un talent de musiciennes accomplies uni à leurs deux voix réellement séduisantes et pétillantes. Mayanne offre son timbre de voix à la Patti Smith qu’elle reprend avec Because the Night et Vendetta livre son grain de voix dansant pop et rock qu’elle a mis au service d’un superbe duo avec Arthur H sur le titre Viens.

Désormais un groupe formé du charmant duo, Julien Guy à la guitare et Grégory Maume à la batterie, Brigitte joue sur les scènes parisiennes depuis quelques mois pour présenter leur ep Battez-vous sur lequel figure une reprise truculente de “ma benz”. Même Joey Star en l’écoutant en était tout émoustillé.
Rendez-vous avec Brigitte dès Septembre pour une série de concerts !

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jeudi 19 août 2010

Wave Pictures



Les Wave Pictures, groupe originaire du Leicestershire, sont David Tattersall, Franic Rozycki and Jonny Helm, né en 1998. C’est en 2003 qu’ils arrivent en partageant la scène avec les groupes Herman Dune et Jeffrey Lewis. Une grande amitié artistique est scellée entre les Wave Pictures et les Herman Dune, travaillant ensemble en studio ou en reprenant en duo le titre Dust Off Your Heart dans l’émission de radio live de John Peel.

En 2003, le premier album Streets of Philadelphia est enregistré chez André Herman Dune qui compose 9 titres sur celui-ci et où David Tattersall se fait plaisir en faisant une reprise d’un titre de Bruce Springsteen. Il s’offrira même le luxe de faire un album entier de reprises de l’artiste américain au célèbre bandana, Play Some Pool et un single cover avec le leader de Hefner, Darren Hayman, If I Should Fall Behind.



Sucré et pop, le style des Wave Pictures est aussi somptueux par les textes qui content histoires et scénari lyriques, romantiques. Les compositions sont folk, poudrées de pop anglo-saxonne, fleuries de la voix de David Tattersall, qui dénote, enchante et apporte une belle originalité au genre. Le splendide album Just Watch Your Friends Don't Get You qui propose des compositions de David, une reprise de John Cale, suit, et dans son sillage, More St. Less T.V, un 9 titres comprenant deux splendides reprises, Dignified And Old de Jonathan Richman et Chinatown de Dean Wareham et Luna.

Prolifique, le groupe signe en 2004 The Airplanes At Brescia, The Hawaiian Open Mic Night en 2005, album familial avec la participation de Mick Tattersall, Rose Tattersall, André Herman Dune, puis sort l’album Sophie dans la même année. 2006 annonce l’arrivée du batteur Jonny Helm qui remplace Noble et le disque Catching Light sur lequel André Herman Dune appose sa griffe en signant le dernier titre de l’album It Tastes Like Poison.

ILoveYouLikeAMadmanMP3

Les collaborations amicales ne manquent pas dans le parcours du groupe désormais installé à Londres. En 2008, les Wave Pictures s’allient à Mark Crown, Mathew Benson, Aki Päivärinne, Heddwyn Davies, Darren Hayman, Simon Trought, Pete Hudson, Dan Mayfield, Dean Wareham de Polar Bear, Lisa Li Lund et David Ivar Herman Dune pour la sortie du fantastique LP 14 titres Instant Coffee Baby. Signés sur le label anglais Moshi Moshi, les Wave Pictures apparaissent également en Allemagne sur Little Teddy Recordings et en Espagne sur Acuarela Records, passent les frontières, travaillent avec des artistes aux horizons variés et laissent entrevoir des influences internationales dans leurs chansons, finement panachées dans les structures et les orchestrations.


2010, parait l’album Susan Rode The Cyclone qui propose un univers parfaitement abouti, fourni de sons où la guitare et la basse en osmose avec la houle provoquée par la batterie, n’écime en rien le chant, marquant et vigoureux. L’ensemble est frais, iodé, énergique et vivifiant. Kittens galope, quand Cinnamon Baby ondule et monte en puissance, la guitare électrique délivre des notes excitatrices et belles.
Susan Rode The Cyclone est un album détonnant de distorsion, étonnant de saveurs, magnifique de mélodies et de rythmes.

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vendredi 13 août 2010

Rubettes


1973 est un bon cru, une année marquée par la naissance d’un groupe anglais, coloré et emblématique d'une génération, les Rubettes. Deux poulains de Polydor, Wayne Bickerton et Tony Waddigton partent à la quête du graal avec l’aide du batteur du groupe, John Richardson, qui a la mission de réunir les musiciens. La première vague recrutée sera composée de Mick Clarke, Peter Arnesen, Paul Da Vinci (l’auteur et compositeur initial du tube de l’été 1974 Sugar Baby Love) et Bill Hurd; Le chanteur blondinet au déhanché incommensurable et infernal qui fait se rhabiller Iglésias, Alan Williams, rejoint la troupe un peu plus tard. Casquettes, vestes clinquantes et pétillantes, noeuds papillons qui s’illuminent, les Rubettes arrivent sur la planète doo-wap, pop, funky et disco dès 1974 en vendant des millions de disques, deux millions de Sugar Baby Love, rien qu’en France.


Paul Prewer alias Paul Da Vinci, à l’origine du succès des Rubettes, quitte le groupe en 1975; Polydor ne lâche pas une once des royalties sur Sugar Baby Love, écrite et chantée par Paul. Suivront les titres Tonight, Juke Box Jive and I Can Do It qui lance les Rubettes sur les voies du succès. L’interprétation est désormais assurée par Andy Williams, qui parvient à mettre toutes les femmes de la planète dans un état d’hystérie à bruler tous les toits des chaumières.
Peter Arnesen quitte à son tour le groupe et est remplacé par Tony Thorpe (guitare,clavier et batterie et noeud papillon).



Le succès et la gloire font transmuter les deux producteurs de polydor de poulains en rapaces. Bikerton et Waddington, les deux compères de la maison de disques passent du stade de Nounours à Gripsou et de grosse tête à pastèque. Se prenant au sérieux, ils tentent d’écrire des chansons à texte qui tombent à plat (comme Under One Roof) et essaient de séparer les Rubettes. Les membres du groupe eux, ne changent pas et continuent de véhiculer une harmonie bon-enfant sur les scènes, et se libèrent des deux producteurs corrompus.

Quatre albums vont paraitre entre 1975 et 1978, avec une participation Rick Westwood des Tremeloes sur l’album Sometime In Olchurch. Dans cette ambiance de guerre froide, d’avocats, de règlements de compte, le succès décline dès 1979, les Rubettes feront de l'accrobranche jusque dans les années 80.
Ils resteront dans les annales ce phénomène des années 70, inspireront parfois d’autres artistes comme Luke Haines du groupe the Auteurs autant qu’ils auront inspiré les amateurs de pop que nous sommes devenus...

à Hervé

the Auteurs (Luke Haines)


lundi 9 août 2010

Eagle Winged Palace


Cashew Von Harding commence son aventure avec le groupe Le Prix, splitté en automne 2008, puis suite à la rencontre de Uncle Rhéa, chanteuse et musicienne diplômée en musicologie et chant classique, qui deviendra son épouse, il monte le projet appelé Eagle Winged Palace. Le couple s’installe à Los Angeles et accompagnés de Mimi et Michelle, deux chanteuses, Nathan à la batterie, ils concoctent Hand Of Doom, le premier fantastique 4 titres qui annonce l’album. C’est le 22 juin dernier que cet onirique et mirifique Where We're Coming From parait.

L’extrait du ep, Hand of Doom, nourrit de flûtes traversières, de clap-hands et tambourins rappelle un peu nos amis new-yorkais Essex Green.


C’est Cashew le compositeur et auteur des morceaux qui parsèment l’album; Dès l’incipit Timber, les guitares claquent, rutilent et résonnent sur les voix des chanteuses. Le décor psychédélique est planté. Le premier acte annonce des partitions de guitares qui côtoient élégamment le clavecin et la tumultueuse grosse caisse qui illico fait dresser une couronne de happy flowers sur la tête. L’ambiance woodstockienne médièvale nous emmène, et la voix cristalline de Uncle Rhéa sur le titre Where we’re coming from fait rêver. Là, les choeurs omniprésents sur tout l’album, entrent en scène et habillent la composition florale musicale d’une cape sixties digne des Yardbirds où même l’aura de Arthur Lee du groupe Love.


C’est fort joli, réussi. L’univers des Eagle Winged Palace s’ouvre sur des ritournelles un poil hippies ultra mélodieuses. Les chants d’oiseaux offrent l’amorce de Breaking Down The Wilderness, titre évocateur et symbolique de la thématique des textes. Le tambourin marié à la voix de Cashew et aux choeurs angéliques, forment un ensemble pop chaloupé, riche en sonorités folk. Brethen balance une rythmique médiévale là encore, sur des chants proches du grégorien mêlés au tambour vibrant et à la flûte venue de la plaine du grand Ouest qui ferait presque penser que les Sioux et les Apaches faisaient eux aussi partie de la Beat Generation.

Movin' On to Avalon, titre phare de l’album, élu comme single promotionnel par le groupe, quitte un instant la trame hippie pour faire place à la pop, ponctuée de claviers rieurs et taquins, ainsi que de la voltigeante voix de Rhéa.

MovinOnToAvalonMP3

La construction instrumentale des 10 titres est surprenante, même le Routard ne proposerait pas de sentiers mélodiques aussi variés, originaux, étudiés et recherchés. In Another Life fait avancer pas à pas le deuxième acte, que je nommerais Pop is Peace & Love, préparé aux petits oignons par Cashew. Derechef l’univers musical contrebalance, vogue entre les robes longues à fleurs déboutonnées et la mini jupe mods de Mary Quant. Le vent de liberté souffle sans pour autant donner l’impression d’être étouffé par la prise d’acides ou autre pillule colorée phagocytée. Le genre LSD hippie reste une influence en coulisse alors que le premier plan est nickel. Spiral et Skeleton, sont deux titres kaléidoscopes qui mixent des ingrédients comme la guitare, voix et vibraphone, plus proche du symphonique que du narcotique.
Just Like An Old Time Legend Dyin’ est surement le morceau le plus proche du genre d’Arthur Lee, chanté par Cashew dans une torpeur sérigraphiée en guise d’ode aux sixties. Sa voix intime, voire mythique, douce et rock’n roll, reprend les thèmes des chansons et conclue l’album quasi conceptuel avec un fort impact. De son chapeau de prestidigitateur, Cashew Von Harding sort un bouquet de chansons aussi audacieuses que rutilantes. A découvrir avant que les Eagle Winged Palace viennent jouer en Europe, venue qu’ils préparent de pied ferme.
myspaceEagleWingedPalace

mercredi 4 août 2010

Marc Morvan & Ben Jarry

Marc Morvan & Ben Jarry sont deux artistes qui se rencontrent en 2006, après avoir chacun évolué dans d’autres formations musicales dans les années 2000. Marc menait le groupe Three Guys never in, Benjamin était bassiste de Moesgaard et a joué avec Matt Eliott.
Venant du pays nantais, Marc écrit et compose les titres de leur opus Udolpho sorti en 2009 et Benjamin y apporte sa griffe dans les arrangements de violoncelle.

Depuis la sortie de Udolpho, le duo reçoit des critiques élogieuses de toutes parts, légitimes et méritées.




Unique en son genre, les 11 titres qui ornent ce superbe album, également beau par son enveloppe, sont composés de manière originale, contemporaine et classique, mêlant un style actuel dans les arrangements et le format des chansons à une griffe mélodique nostalgique.
Udolpho se savoure, se décortique, se dévoile au fil des écoutes après avoir mis une bonne gifle dès la première. La surprise et l’originalité viennent aussi du fait que Marc Morvan et Ben Jarry soient français. Leur musique transgresse les frontières, les influences anglosaxonnes. Avec ces 10 purs joyaux mélodieux, on voyage autant dans les pays slaves, sur les tours de châteaux écossais (pochette de l’album), les plaines américaines ou sur les cimes néo zélandaises ; Voyage musical majestueux intemporel et inaltérable de qualité.



Dans le fond, les airs dénotent de ce que l’on entend habituellement. La guitare et le violoncelle se parlent, se répondent, se courtisent avec élégance et finesse. Les deux instruments se respectent, les partitions non écrasées par un éventuel télescopage, sont limpides et s’unissent avec clareté, parfois avec fusion et ardeur comme sur la fin de The Magical gloves of K.S.
La dentelle instrumentale du fond est couronnée par les textes de Marc, poétiques, qui résonnent tels des sonnets de Du Bellay, passionnés et esquissés comme des peintures de Blake. L’âme de Udolpho est romantique. Les textes en anglais sont recherchés, c’est un travail d’écriture admirable.




Marc étoffe l’instrumentation et lyrisme de ses compositions avec ses mots mais aussi, ce qui m’est apparu réellement troublant à l’écoute, sa voix. Le chant est le troisième instrument et la présence de la voix de Marc est l’essence d’Udolpho. L’interprétation des paroles tient un rôle liant et fondant, primordial même car le grain de voix harmonieux et très juste de Marc Morvan est charismatique. Son chant balance de nobles particules dans les airs d’Udolpho; Douceur et volupté, son chant d’aède apporte une oralité à la guitare et au violoncelle de Benjamin Jarry pour former une tierce somptueuse.



Notes de Marc Morvan sur Udolpho, suite sur le myspace...
myspacemarcmorvanundbenjarry
"Nous voulions pour ce disque un titre qui renvoie à l'imaginaire littéraire, car l'idée principale était de raconter des histoires. Voici quelques éléments pouvant éclairer notre travail sur chaque titre, même si les références convoquées ne sauraient en figer l’interprétation. Il s’agit toujours de traces, de souvenirs, transformés par l’imaginaire. Le titre du disque « Udolpho », provient du roman gothique anglais "The mysteries of Udolpho" d'Ann Radcliffe, publié en 1794. Il y a dans une de nos chansons « Emily », une jeune femme attentive à ses premiers sentiments amoureux, égarée dans la campagne anglaise. Cette Emily, je n'y avais pas pensé à l'époque de l'écriture de la chanson, pourrait tout à la fois ressembler au personnage principal du roman d'Ann Radcliffe (Emily St Aubert), comme à ses lectrices, des femmes, plutôt jeunes en majorité, au goût prononcé pour le romanesque. C'est donc d'un roman pour jeune fille dont il s'agit, mais pas seulement : Walter Scott notamment, en avait loué les qualités littéraires."

« From the lair of the desert’s king » évoque l'accablement d'un personnage peu héroïque, dont la femme a été enlevée par 717 soupirants armés, et promise au Roi du Désert. Aussi veule qu’il puisse être, il part quand même à sa recherche, mais meurt enseveli sous une avalanche de sable… gris ; car si « l’orient est rouge comme le vin », le désert est gris depuis Delacroix ! Cette chanson doit autant aux films de sabres japonais, qu’au Peckinpah d’«Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia » auquel je pensais au préalable en jouant l’intro de guitare."