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dimanche 18 décembre 2011

The White Album

Ceux qui lisent assidûment Piggledy Pop, et je les en remercie chaleureusement, sauront que j’ai quelques obsessions, quelques névroses ou fixettes. Parmi celles-ci il y a Noeud les Mines qui me fait peur, le tambourin que je vénére, et les vikings, qui m’intriguent. J’en ai d’autres, je vous rassure. Pour le moment il s’agira des vikings, en la présence de The White Album et leur magnifique ep, nommé The Album. Pourquoi faire compliqué quand on peu faire simple.
J’évoquais les I got You on Tape de Copenhague il y a quelques jours et The White Album sont trois vikings qui arrivent du même fief danois.

December by TheWhiteAlbum

Découvert au hasard de mes lectures, j’ai entendu le titre December et illico le charme a tapé mes tympans.
December est acoustique mais en écoutant le reste de The Album, fourni d'instruments, on découvre une richesse de mélodies, de voix, de rythmes, d’arpèges de guitares, de mandolines, de banjo, des envolées de cordes à foison.
Originaux, les choeurs que forme le trio, Jakob Eilsø, Claus Arvad, Frederik Vedersø, traversent les titres comme de vaillants drakkars. The Album, composé de six morceaux, tous admirables, est habillé de pop-folk superbement arrangée, variée et rythmée par chaque instrument, chaque voix. Ils aiment Gemma Haynes et David Bazan de Pedro the Lion, mais sont avant tout admirateurs des Beatles (avec un nom de groupe pareil, vous l’aurez compris). Ils sont actuellement en tournée en Angleterre et travaillant actuellement sur leur LP qui sera prêt en 2012, The White Album éspèrent passer par nos contrées pour nous le présenter. A suivre...
TheWhiteAlbumBandcamp



samedi 17 décembre 2011

Voxtrot - Ramesh

Voxtrot, groupe d’Austin, Texas apparait en 2003 sur la scène indie-pop comme une comète. Après avoir annoncer au printemps dernier la fin du groupe, le leader Ramesh Srivastava, continue son chemin en solo en sortant un ep de trois titres.
A l’époque où débarque Voxtrot, les groupes d’Austin ne manquent pas et la concurrence est féroce ( Of Montreal, Okkervil River, Ben Kweller, Shearwater, Midlake, Spoon, bon je vais faire court.. ce n’est pas Noeud les mines, il y a plus de 300 groupes dans la ville d’Austin, qui tient aussi le record US des lieux pour concerts). Autant dire que Ramesh a ce brin de volonté, d’énergie qui détonnent et l’adversité ne le refroidit pas. On le voit sauter sur scène tel un kangourou, en chantant, et tient pendant des heures ; Sa passion pour la composition et sa généreuse interprétation distinguent Voxtrot du lot. Le premier ep Raised by Wolves avec son titre symbolique The Start of something (vidéo), est d’une beauté pop absolue qui rappelle les Smiths.



Voxtrot avec donc Ramesh Srivastava qui est entouré de Matt Simon, Jason Chronis, Mitch Calvert, volontaires et souriants nous offre en 2006, des guitares, des tambourins, violons et trompettes avec les deux ep Mothers, Sisters, Daughters & Wives et The biggest Fan, tous les deux d’une qualité fantastique, puis l’album éponyme de 2007 fleuri entièrement d’inédits comme Stephen (vidéo).



En 2009, les Voxtrot sortent un single vinyle Berlin, without Return, un bijou pop réussi et émouvant tant par les textes que par les mélodies et annoncent en juin 2010 qu’ils arrêtent. La nouvelle surprend bon nombre de personnes jusqu’à ce que l’on apprenne que le prolifique Ramesh amorçait une carrière en solo. Après avoir travaillé avec Spoon, avec Aurevoir Simone, Jennifer Moore qui chante dans les choeurs sur les albums de Voxtrot, il signe son premier disque appelé EP1 en janvier 2011 avec le titre The King en single promo (téléchargement libre sur son blog).

TheKingMP3

Ramesh Srivastava est diplômé en littérature et depuis qu’il mène sa carrière, attaché à ses influences musicales anglo-saxonnes comme New-order dont il reprend Love Vigilantes, the Smiths ou Felt, il vit entre l’Europe et New-York. Ses productions solo aboutiront bientôt à un LP qui sera plus atmosphérique avec la présence de synthétiseurs, toujours des arrangements guitare, batterie fougueux et rythmés.
TheVoxtrotKidBlogRamesh

Long Haul


Berlin, without Return

mercredi 14 décembre 2011

La Casa Azul

Parlons pop, mais parlons bien. Grâce à Luis Calvo créateur du label pop espagnol Elefant Records, je constate que cet Elefant là, ne donne pas dans la tromperie. Une des signatures notables du label est La Casa Azul. Après l’ep El sonido efervescente de la casa azul en 2000, le premier album logiquement appelé Milkyway sort en 2002. En effet, ce groupe espagnol constitué de cinq musiciens David, Clara, Oscar, Sergio et Virginia, ne se produit jamais sur scène et reste en fin de compte une sorte de produit de studio créé de toutes pièces par Guille Milkyway, qui compose et dirige les opérations. Le résultat est parfaitement mixé, exécuté avec beaucoup de savoir faire. Les mélodies et les compositions sont guillerettes, péchues, se référençant à la pop des sixties jusqu’aux eighties. Une multitude d’instruments sont utilisés, du piano, aux cloches, trompettes et claviers. A la suite de Tan simple como el amor en 2003, El sonido efervescente de la casa azul en 2006, c’est La revolución sexual de 2007 qui permet au groupe d’asseoir sa renommée.

LaFiestaUniversalMP3

Les Casa Azul viennent de sortir La Polinesia Meridional. Selon les titres, les ambiances varient, les synthétiseurs de Sucumbir rappellent les années 80, alors que la basse, xylophone, les trompettes, flute traversière et la batterie qui balancent un sacré boogie sur La Fiesta Universal refont vivre La croisière s’amuse. Suit la pop orchestral dans La Polinesia Meridional, groovant langoureusement sur une basse Wonder Woman et des violons sensuels dignes des Drôles de Dames. Les réjouissances continuent avec les cuivres et le tempo endiablé de Colisión Inminente (Red Lights, Red Lights) qui donne l'impression que Travolta vient faire voler ses pattes d’eph dans les oreilles. L’ambiance dancefloor enflammé se poursuit avec le claphands de Terry, Peter Y Yo, l’electro-pop enfievrée de Una Mañana, de Europa Superstar, et la haute voltige de sons dans Todas Tus Amigas. La Vida Tranquila qui suit, malgré le titre, offre des rythmes alternatifs qui font faire des bonds même sans darkdog en intraveineuse et donne cette envie irrésistible de faire swinguer les rotules. Les 13 titres sont conseillés en cette période hivernale pour ensoleiller vos enceintes. Il parait que les gens sont sensés faire la fête à Noel...Faritas aux huitres, tortillas au foie gras et reblochon et pour éliminer un ventre de pachiderme, une danse frénétique sur le très caliente La Polinesia Meridional des Casa Azul. Joyeux Noel Felice ! Un merci spécial à Luis !
CasaAzulMyspace
Elefant Records

lundi 12 décembre 2011

Simone White

Simone White illumine la pop de son timbre de voix folk et de ses mélopées jouées à la guitare electro-acoustique. Elle a quelque chose d’inné, un don pour composer les mélodies qui enchantent, entêtantes, et qui s’écoutent sans modération.
Cette jeune auteur-compositrice d’origine hawaienne qui grandit au sein d’une famille d’artistes, père sculpteur, mère chanteuse, grand-mère artiste de music-hall, grand-père poète et une tante compositrice de chansons pop, tient aussi ses influences variées aux villes qu’elle a habitées, Londres, Los Angeles, Paris et New-York. C’est en 2000, après avoir appris tardivement à jouer de la guitare qu’elle se lance seule dans des petits clubs new-yorkais.



Elle sort son premier album The Sincere Recording Company Presents en 2003. Puis il y a en 2004 une série de rencontres magiques, sa carrière prend un autre virage, un autre visage. Elle rencontre cette année là, à Nashville, Mark Nevers qui est le producteur de Calexico, Will Oldham, Silver Jews, et Lambchop puis enregistre sous sa houlette I Am The Man qui séduit de suite Damon Albarn le leader du groupe Blur qui dirige le label Honest Jons et lui propose sa signature. Le titre The Beep Beep Song sera repris dans la publicité pour Audi et tandis que Simone White joue à New-york ou à Berlin, participe à des festivals au Royaume-Uni et au Japon, les journaux l’acclament en publiant d’excellentes critiques lors de ses tournées avec des groupes comme Nouvelle Vague, Alela Diane, Teitur, Stephen Fretwell.. etc.
Ne vous y trompez pas, elle vit la plupart du temps au vert en Californie et aime tout autant jardiner, s’occuper de son étang et de ses citronniers que de jouer sur scène.



En 2009 sort son troisième album, Yakiimo, toujours chez Honest Jons. En 2010 et 2011 elle accompagne Andrew Bird en tournée.
Alors qu’elle prépare son quatrième album Silver Silver qui devait sortir en Octobre et sera prêt (touchons de la peau de singe) en Février 2012, Yakkimo est à découvrir pour fleurir vos soirées d’hiver de nobles particules sonores. Les textes voltigent entre la nostalgie et l’éspèrance, une voix intense et mélancolique pour offrir l’ambiance folk rétro sur des arrangements délicats de flûte, violons, guitares, cuivres et piano. L’intimité et la douceur sont de mise. A l’écoute des trois albums, stylés et habités d’une ou plusieurs âmes, l’ensemble pourrait former une bande originale d’un film romantique des fifties tourné au coeur de Manhattan...
SimoneWhite

mercredi 30 novembre 2011

I Got You On Tape

Fan de la première heure, j’avais leur opus I got you on tape dans ma discographie dès 2005.
Depuis 6 ans, le groupe danois formé en 2004 continue de signer de superbes disques, joue sur scène avec sa sincerité et son professionnalisme, gagne du galon et de la renommée.

IGotYouOnTapePiggledyPop2008
A Copenhague, il y a la petite sirène, Kierkegaard, et du rock indépendant : I got you on tape. Leurs références pourraient être un mélange de l'intimité des Tindersticks, la résonnance de Magnetic Fields, l'originalité du timbre de voix de David Bowie avec une pincée de My Bloody Valentine.
Nous sommes dans l'alternatif avec ce qu'il offre de beau, de dangereux, dans le poetique avec de la finesse et de la mélancolie. Peut-être connaissez vous le groupe Mew? Les danois exellent particulièrement dans ce domaine rock indé sombre et bouleversant.

ChurchoftheRealMP3

Après un troisième album en 2008, Spinning For The Cause, l’auteur compositeur et interprète Jakob Bellens revient cette année 2011 avec ses acolytes, le guitariste Jacob Funch, le bassiste Jeppe Skovbakke et le batteur Rune Kiel Gaard pour présenter Church of the real sorti en Septembre. Hypnotiques, celestes, les orgues et claviers collent à la voix de Jakob comme une seconde peau. La basse et les guitares créent une ambiance coldwave dansante et rythmée avec des sonorités sixties qui groovent. On s’attache au paradoxe de la voix grave et posée de Jakob sur les arrangements disco et funky de Stereo ou de Church of the Real, titre qui sonne comme les prémices de Pulp. Song for euros au thème ancré dans son époque est une chanson sublimée par un tempo indie, qui reflète la plume de Jakob à la fois tranchante et poétique. Les synthétiseurs de Beneath a cloud, de Springsteen sont majestueux, déroulent les mélodies magiques. L’imagination et l’inspiration des I got you on tape est belle, intense et ambitieuse.
IGotYouOnTapeMyspace
IGotYouOnTapeSite



lundi 28 novembre 2011

Ken Russell

Ken Russell ci-contre avec Twiggy en 1971 sur le tournage de Boyfriend. Réalisateur, scénariste, acteur (Lady Chatterley) et photographe anglais, il tourne le mythique Tommy avec les Who en 1975.
Ken Russell a rejoint hier le firmament du rock.



dimanche 27 novembre 2011

Kate Bush

Pour mémoire : Catherine Bush est anglaise, née en 1958, d’un père medecin et pianiste, Hannah sa mère est irlandaise et transmet la culture musicale folk à ses trois enfants. David Gilmour, guitariste des Pink Floyd tombe sous le charme de la jeune auteur-compositeur à la voix tumultueuse qui se produit dans les bars de Londres, danseuse classique et mime, qui a un charisme scénique peu commun. Son premier 45t Wuthering Heights sort en 1978 et annonce deux albums la même année sur lesquels jouent les Alan Parsons Project mais aussi son frère Paddy Bush, violoniste et son ami De Palmer qui est bassiste. Ils auront de suite un grand succès. Déjà la jeune Kate Bush compose autour de thèmes précis et de concepts. Kick Inside parle de romans (Emily Bronté), de philosophie (Gurdjieff) et Lionheart traite de la sexualité et du cinéma d'horreur britannique des années 60, ce dernier sera quelque peu boycotté par la frileuse BBC. C’est son frère John Bush, poéte réputé et édité en Angleterre qui la sensibilise à la littérature.

TheManWiththeChildinHisEyesMP3

En 1980, à 22 ans, elle monte son propre studio d’enregistrement et sort dans la foulée Never For Ever avec le tube Babooshka, puis The dreaming où elle fait allusion derechef au cinéma, aux romans, des sujets allant du magicien Houdini à Shining de Stephen King. Hounds of Love en 1985 comprenant Don’t give up, duo avec Peter Gabriel remporte un succès planétaire et en 1989 sort The sensual world auquel collaborent David Gilmour, Nigel Kennedy et Alan Stivell. Kate Bush est perfectionniste et exigente, en grande professionnelle elle écrit et interprète avec son sens du détail et ses références. Les textes chantés avec sa délicatesse et sa grâce tranchent dans le vif. The red shoes de 1993 comprend la participation de Prince, de Jeff Beck, d’Eric Clapton, de Gary Brooker (Procol Harum, Art of Noise), et rend hommage à la danse classique, au film de 1948 de Michael Powell.

UnderTheIvyMP3

Elle partage sa vie avec le guitariste Danny McIntosh et attendent leur fils Albert. Kate Bush sera totalement transformée par la naissance de son fils en 1999, lui consacre tout son temps et lui écrit le titre Bertie, son surnom, qui apparait sur le superbe double album Aerial de 2005. L’album offre une ambiance médiévale, avec des instruments d’époque, guitare renaissance, percussions renaissance, viole de gambe, des choeurs, des thèmes comme la nature, la littérature, le cinéma (King of the Mountain rend hommage à Citizen Kane). Kate Bush y invite son ami De Palmer, les Alan Parsons Project, son ami musicien classique Eberhard Weber qui est contrebassiste, l’humoriste Rolf Harris, Gary Brooker à l’orgue et le London Metropolitan Orchestra.

BertieMP3

Pour information : Le 21 novembre 2011, Kate Bush revient avec un album hivernal, brulant et sensible, composé de 7 titres, 50 words for snow. Elle garde sa griffe personnelle en signant cet album concept, érigé en sons et en mélodies touchantes, brodé sur des partitions de piano, une composition de ballades en dentelle, minimalistes ou lyriques, avec en fond de toile le froid, la féerie de l’hiver et de la neige. C’est une heure d’écoute délicate et émouvante qui commence par Snowflake, duo avec son fils âgé aujourd'hui de 13 ans. Le thème est l’amour. L’amour pour un homme qui fond comme neige au soleil dans Wildman, l’amour d’une mère pour son fils, aussi pur et fort que Dame Nature, dans Snowflake et Among Angels.
KateBush



samedi 26 novembre 2011

Kim


Son album Radio Lee Doo sorti le 24 octobre 2011 est la plus belle surprise de l’année. La surprise est à juste titre puisque cet album est le 19ème, que j’ignorais l’existence de Kim auteur-compositeur multi-instrumentiste français qui fait de la musique depuis 20 ans. Radio Lee Doo est extraordinaire.
Il parait que les gens s’offrent des cadeaux à Noel, en voilà un garanti.
Kim est un véritable artiste qui vit son art comme un artisan, au sens noble du terme en signant plus de 400 titres et assurant plus d’un millier de concerts. Avec des parents et grand-parents musiciens, une maman qui travaille dans une radio et un papa guitariste d’Higelin, la musique coule dans ses veines et fait vibrer sa carte génétique. Il commence à 10 ans par apprendre la batterie en école de musique puis arrive la guitare, le piano et tutti instrumenti. Prodige, il enregistre son premier 45t à 16 ans et son premier album Our Dolly Lady Lane In Mk Land à 18 ans sur lequel il assure tous les instruments.



Stanislas Giani alias Kim, parisien bordelais âgé de 34 ans, diplômé en musicologie, joue de la batterie, guitare, piano, orgue, basse, banjo, ukulélé, saxophone, trompette, accordéon, harmonica, flute, vibraphone etc. Récemment, il sort Hard Rock en 2000, album très rock garage, puis Kim is dead, un album "posthume" sur lequel jouent ses amis de Calc, the Film et Herman Dune. Il partage des tournées avec Dionysos, travaille sur le dernier album d’Olivia Ruiz et sort le premier volet de la trilogie en 2008, Don Lee Doo puis Mary Lee Doo et enfin le splendide Radio Lee Doo.
Très productif, Kim ne lésine pas pour autant sur la qualité et Radio Lee Doo signé chez Gimme Shelter, fourmille de mélodies, d’atmosphères pop, garage, funk, variées et colorées. Les titres s’enchainent avec une alchimie magique et l’activité de DJ que Kim excerce depuis des années saute aux oreilles.

RadioLeeDooMP3

Les rythmiques de Radio Lee Doo, premier titre, à Muriel, to Kremlin sont magnifiques. Il y des violons, des claviers, de la batterie, des synthéthiseurs jusqu’aux cuivres bossa de La Dolce Lee Doo où la voix limpide et si musicale de Kim se tend et s’étire langoureusement. Le rock revient de plus belle avec des guitares et un beat offensif dans I’m getting OldKim dévoile toute sa vive énergie . Le tempo soft de la basse amplifie le groove sur le psychédélique Uptown. The Sunlights never came, monte en puissance mêlant choeurs, guitares et claviers, précède le superbe son pop de The Candidate, suivi de l'exotique Don Lee Doo. Le dernier titre des 10 pistes est un bijou mélodique, mélancolique qui dit Goodbye Lee Doo en utilisant une cascade d’instruments dont un synthétiseurs vintage, des mandolines, piano et guitare jazzy et qui referme élègamment le livre musical trilogique écrit par un éminent maitre de la french pop, Kim.
Merci à Louis et à Chakalaka !
Kim
KimMyspace

vendredi 25 novembre 2011

Miles Kane

Musicien anglais qui apprend à jouer de la guitare à 12 ans, surement épaulé par son cousin James Skelly du groupe The Coral, la solide expérience technique et scénique de Miles Kane vient aussi de son aventure avec son groupe de 2004, Little Flames qui se nommera ensuite The Rascals. En 2007 il monte un groupe avec son proche ami Alex Turner des Arctic Monkeys, appelé The Last Shadow Puppets ; Cela fait 3 ans que Miles Kane peaufine son projet solo en sortant deux disques dont l’album LP de mai 2011 The Colour of the Trap.
Il défendra ce disque en février en assurant les premières parties des Arctic Monkeys avec une tournée qui compte 7 dates en France.



Un fois n’est pas coutume, bien que peu indépendant et assez commercial (Miles Kane est signé chez Columbia), The Colour of the Trap est un album qui véhicule une âme rockn roll et cela suffit à me séduire. Il est produit par deux experts, offre la participation de Noel Gallagher, de Gruff Rhys des Super Furry Animals et de son complice Alex Turner. Miles Kane ouvre dès janvier 2011 pour Liam Gallagher en présentant son single Come Closer et depuis, la diffusion radio est large, la presse est unanime et l’audience convaincue. 

Le disque est excellent, il est dansant, très rythmé, attaquant par Come closer et Rearrange dont les riffs de guitares électriques flirtent avec une batterie battante et des partitons de claviers scintillantes et sautillantes.
Puis l’ambiance mods arrive au galop avec Counting Down The Days, ou encore des notes psychédéliques se rajoutent au tempo diabolique dans Happenstance, le sophistiqué Quicksand, Inhaler, Kingcrawler et le dernier Before It's Midnight, où les paroles lovees dans une rythmique dansante sont franchement, amoureuseument arrogantes. Entre temps il y a des balades, bien menées, inspirées, avec des violons ou mandolines sur Take The Night From Me, le beatlesien My Fantasy qui rend hommage à Marc Bolan de T-Rex et sur mon coup de coeur Colour the trap.



L’album est étudié et abouti, superbement bâti en studio, beau produit in fine mais ce qui me séduit c’est que Miles Kane, quand même un peu indépendant, fleuri son travail avec ses passions personnelles comme Serge Gainsbourg auquel il rend hommage dans le titre Happenstance ou Dutronc dont il offre les reprises sur vinyle, Le Responsable et Kakaboom. Ces reprises prouvent les références du jeune anglais de 25 ans et son sens du dandysme. Cette démarche qui se rapproche le plus de sa personnalité est admirable, tout comme le sont ses prestations lives où son talent de guitariste et d’interprète est évident.
MilesKane

The responsable

mardi 22 novembre 2011

Craft Spells

C’est en 2009 que Justin Paul Vallesteros commence à composer à la guitare chez lui en Californie. Très vite il met en place son groupe nommé Craft Spells et c’est en compagnie de Frankie Soto, Jack Doyle Smith et Anna Luxx Ryon qu’il peut faire connaitre ses morceaux en jouant sur les scènes locales. Fortement et ouvertement inspiré du son New Order, ils choisissent une pochette d’album très proche esthétiquement de celle de l’ancien groupe anglais Power, Corruption & Lies, en sortant l’opus Idle Labor au printemps 2011. Le disque est épatant, brillant même pour un premier disque.

After the Moment


Entre dream pop, cold wave et pop new romantic des années 80, Justin Paul Vallesteros apporte son style moderne, une rythmique dansante et enthousiaste. Les augustes synthéthiseurs se marient aux guitares et à la basse et dégainent des mélodies très inspirées.
Craft Spells est decidemment doté d’un créateur qui a un talent prometteur du haut de ses vingt-deux ans et une belle personnalité. Les arrangements sont pointilleux, les parties instrumentales nickel sont aussi bien exécutées que les textes chantés fort justement par Vallesteros lui-même. Son don pour la composition et l’interprétation est renforcé par un travail de studio et une production que l’on devine exigents. Les paroles sont peaufinées, l’amour inonde l’album qui surprend de qualité à la première et auquel on revient parce que les airs sont attachants et bien ficelés.

The Fog Rose High


Signés chez Captured Tracks, Craft Spells est distribué en France pour notre ami de l’indie-pop Hand & Arms (lien en fin de chronique). Aux nostalgiques de Ian Curtis, Felt, Sister of Mercy, ou même les Smiths, aux amateurs de nouvelles vagues exploratrices pop, je conseille chaleureusement Idle Labor, et de jeter un oeil aux lives de Craft Spells qui joue aussi en Europe.
MyspaceCraftSpells
Hands&Arms

From The Morning Heat

lundi 21 novembre 2011

J von Corda & the C. Southern Poison Light

Je chroniquais le disque de Gilles Mallet alias Sunday Sunday il y a peu, artiste signé dans le label Katatak. J von Corda & the C.Southern Poison Light est un duo français composé de Claire Mallet (soeur de Gillet Mallet) et de Julien Cardaillac (du groupe Cabwaylingo signé sur Katatak).

Le disque de J von Corda & the C. Southern Poison Light, The Rain, petite mer under my brain sort des sentiers battus et propose une atmosphère musicale qui pourrait être définie comme un fin mélange de Rodolphe Burger et de Holden. Les titres magnifiques du duo sont parlés en première partie avec la voix suave et mélodieuse de Claire qui habille les textes poétiques. La voix pleine et libre de Julien apparait sur la deuxième partie du disque, Tarte à la fraise, De l’amour pour les chiens, Rien ce soir, Cockoaches, et ajoute un brin de non-conformité à l’écoute de l’album.

SuperFreak

Julien et Claire savent mettre en valeur les partitions de guitare vivaces et régnantes, comme sur Rien ce soir, ou les arpèges se croisent et s’entremêlent. Les morceaux comportent du glockenspiel, ukulélé, piano, mais c’est surtout les guitares et la basse qui sont à l'honneur. Le duo accorde ses deux voix sur A tant rêver des secondes, le dernier morceau qui compte des notes folk, rock, à l’image des autres titres. La sensualité traverse les mots avec une dose de mélancolie, d'élégante déviance à la Gainsbourg, toujours avec retenue et densité et le résultat est d’une originalité troublante.
J von Corda & the C.Southern Poison Light est une de mes plus belles découvertes de cette année 2011.
Myspacejvoncorda

vendredi 18 novembre 2011

Wilfried Paris

Voilà une pièce de maître. L’album D’ailleurs de Wilfried date de 2008, mais grâce à mon indic, membre du grand banditisme pop qui me remet la marchandise mano à mano (l’agent spécial secret Piggledy Pop), j’ai découvert ce bijou de 15 titres ce mois ci. D’ailleurs fait partie du top 10 des albums chroniqués cette année.
Si Wilfried est un artiste discret, il y a trop peu d’informations sur lui et son travail de composition.
Quelle hallucination et incompréhension ! Pourquoi n’entend-on pas Wilfried en boucle sur les radios? Pourquoi les médias français ne lui baisent-ils pas les orteils? Quelle distribution musicale gauloise bien aride, bien galleuse !


Extrait : Qui est avec moi (avec Arnaud Fleurent Didier)
QuiEstAvecMoi

Wilfried et D’ailleurs c’est de l’or pop en barre. Auteur-compositeur, il joue de la guitare, du clavier, des percussions et chante si joliment, si délicatement, avec une poésie et une élégance touchante dans la voix . Wilfried est entouré de David Yaya et Neman de Herman Dune, Jerôme Laperruque, Arnaud Fleurent Didier et ses chanteuses Ema Derton et Elsa Diot, Nicolas Galina à la basse, Cyril Guillaneuf à la guitare, les Roomates au choeur, Bertrand Burgalat à la basse, François Gallet (French), Stéphane Laporte (Domotic) aux percussions, Laurent Vaissière (Paloma) et  Stéphane Garry (Pokett) aux guitares .
Les amateurs de pop reconnaitront les noms cités qui collaborent à D’ailleurs. Pour ceux qui sont moins amateurs, ces artistes sont la crème de la crème popilly, la cerise sur le popcake, les diamants de la french pop.

D’ailleurs est passionné, construit sur le thème de la dualité écrit avec la plume du journaliste, il est drapé de sublimes mélodies pop typées synthpop, il est dansant, rythmé, lié dans les notes, les textes et on ne décroche pas de son écoute. Les claviers sont intensifs, les basses sont vivaces, les guitares badinent, s’envolent sur les mots d’une finesse infinie de Wilfried.

Si les médias français ont la tête enfarinée, égayez votre écoute et commandez avec entrain D’ailleurs sur Abeille Musique. Fabuleux*
MyspaceWilfried

ArnaudFleurentdidier
French
HermanDune
Paloma
Pokett
et Bertrand : Tricatel

Extrait : Les coccinelles ( avec David Yaya Herman à la guitare)

Heavy Blinkers

Groupe d’Halifax, Canada, les Heavy Blinkers apparaissent en 1998 avec l’album Hooray for Everything, présentant un style pop ochestrale et pop baroque, rappelant le style sixties des Beach Boys. A l’origine, c’est Jason Mcisaak, pianiste et guitariste, qui compose et signe les titres et qui s’entoure de quatre compères Andrew Watt au clavier, Greg Fry à la batterie, Trevor Forbes à la basse et  de l’interprète Ruth Minnikin. Le rejoignent plus tard, son ami David Christensen (piano, cor, arrangements) et la chanteuse Jenn Grant. L’équipe se produit sur scène pour promouvoir ce premier excellent album, très orchestré avec trompettes, cors, flûtes, orgue, guitares et piano. Suit un deuxième album éponyme en 2000 regroupant 21 titres, puis en 2002, le troisième Better Weather.



Ces trois superbes albums est un travaille hors normes d’arrangements, d’orchestration sunshine pop d’une complexité telle que Jason Mcisaak nous offre des disques sophistiqués, qualifiés par le journal Rolling Stone de "tour-de-force of unequalled pop excellence".
Pop, certes.. mais aussi soul, country, groovy, gospel et jazz avec toujours ce style propre Heavy Blinkers qui évolue avec des références comme Harry Nilsson, Van Dyke Parks, Brian Wilson, Burt Bacharach, Velvet Underground et Leonard Cohen.
Connaissant Jason qui parle français, grand amoureux de la France où il vient dès qu’il le peut, grand amateur de musique française avec un faible pour Françoise Hardy et Serge Gainsbourg, il travaille en 2003 avec le groupe de Nancy Orwell ( OrwellPiggledyPop ) et ils signent ensemble un 6 titres, Intercontinental Pop Exchange No. 3.
Depuis 2005 et l’album The Night and I Are Still So Young, les Heavy Blinkers n’avaient pas réellement raccroché les guitares puisque Jason, devenu aussi producteur s’est occupé à peaufiner d’autres projets et aider d’autres musiciens comme Sondre Lerche, Sean o’hagan des High Llamas ( HighLlamasPiggledyPop ) , Jenn Grant, et Orwell en signant Septembre sur l’album de 2007 des nancéens, le Génie Humain.



Jason revient à ses premiers émois avec Heavy Blinkers et il est actuellement en studio pour nous concocter un cinquième album Health, délicat, classieux, enluminé d’une pop shiny, aux ensembles de cordes et de cuivres chaleureux. Le magazine de rock Spin écrit en 2009 «The Greatest Bands You’ve (Probably) Never Heard». Donc si vous êtes passés à côté des Heavy Blinkers, en attendant Health, il y a matière pour les découvrir avec leurs quatres magnifiques albums. Le coup de coeur de Piggledy Pop : Tribute to Sparrow (titre ci dessous, avec du banjo et de l’accordéon )


HeavyBlinkersMyspace

jeudi 17 novembre 2011

Sondre Lerche

Apparu en 2002 avec son opus Faces Down dans sa besace, le norvégien Sondre Lerche âgé de 29 ans, ne cesse de composer et se produire en concert. D’un dynamisme à toute épreuve, il met à profit cette décennie pour gagner en notoriété, passant de manière courageuse les échelons du métier. Aujourd’hui, après 7 albums, sa musique apparait dans le 7ème art (avec le titre Mother Nature sur la bande originale de Dan in the real Life avec Steve Carell et Juliette Binoche) et le milieu indie-pop rock, de la presse aux prix (le Norvegian Grammy) le récompense. On le voit jouer au côté de Beth Orton, partager les tournées avec A-Ha, Elvis Costello, etc.
Son avant dernier album, sorti en Juin 2011 est signé avec la collaboration de McKenzie Smith, batteur de Midlake, Dave Heilman batteur de Regina Spektor et l’ingénieur son de Spoon et d’Animal Collective, Nicolas Verhnes.



Amateur de musique pop, Sondre Lerche est hétéroclite, éclectique et sait aussi bien composer un morceau rock, qu’une mélodie griffée sixties ou un titre de pop orchestrale. Véritable atome libre, très prolifique, il a une superbe pêche et toujours la banane. L’artiste est un cocktail de vitamines sur scène et propose des albums aussi riches en énergie. Il se fraie un chemin, réussit à imposer son style et sa voix en écrivant, chantant l’amour, les ruptures ; Ses textes vont crescendo dans la qualité d’écriture, ses compositions jazz, pop, symphoniques et rock, si variées, en deviennent impressionnantes. Il sait peaufiner les harmonies et orner ses partitions de guitare acoustique de violons, de basse, de synthéthiseurs psychédéliques.

MotherNature

Sondre Lerche vit depuis 6 ans dans la Big-Apple où il fait vibrer son style flamboyant et joyeux dans les studios d’enregistrements, où tout en visitant plusieurs styles musicaux, il parvient à rendre l’ensemble de sa discographie cohérente et remarquable. Son public s’élargit, à juste titre et Piggledy Pop en fait partie, avec un coup de coeur pour le titre Ricochet (vidéo)
Son dernier album Muppets: The Green Album, sorti récemment, est un vrai régal. 
PS : dédicace à mon ami Jason McIsaac du groupe Heavy blinkers, également producteur, qui a travaillé avec Sondre Lerche. Sacrée référence !
SiteSondreLerche



Ricochet

samedi 12 novembre 2011

Brent Cash

Sans tourner autour du pot, How Strange it seems de Brent Cash sorti le 27 mai 2011 est au top du classement Piggledy Pop 2011.
Fan de la première heure de Brent Cash, j’écrivais en 2008 lors de la sortie de son opus, How Will I Know If I'm Awake ceci :
BrentCashPiggledyPop

Ce deuxième album est d’une rare densité musicale, les 11 titres sont tous excellents, le hidden track compris. Brent Cash réussit une performance en visitant tous les genres musicaux parsemés élégamment sur une trame sunshine pop. C’est riche en sons, fourni en références, fleuri de mélodies, habillé chaleureusement d’une ribambelle d’instruments et pour autant c’est extremement limpide, soyeux et frais. How strange it seems est un tour de force, le résultat d’un travail accompli du nouveau maestro de la sunshine pop.

Originaire d’Athens, Brent Cash entre dans le milieu musical comme batteur au sein de trois groupes puis se met à l’écriture. Multi-instrumentiste, son inspiration est mise en forme sans difficulté et il enregistre, distribue lui-même deux cassettes audio de 4 titres, Muse Rapture et The Most Beautiful Girls In The World Have Unpronounceable Last Names. En 2007, l’auteur-compositeur signe avec le formidable label de Hambourg, Marina Records.



Pour une première production, How Will I Know If I'm Awake est brillant et ce second volet, orchestré avec un ensemble de 30 musiciens du classique, le choeur du South City Voices, est un chef d’oeuvre de la pop, «magic pop jewels in the vein of Brian Wilson, the Byrds and the Monkees" dit le journal Rolling Stone.
Brent Cash nous emmène dans un univers romantique et sensuel, servi par de la power pop, du disco, de la bossa, chamber pop, du boogie, du funky avec des éléments qui font penser à Herb Alpert, Burt Baccharach, les Beach Boys, Roger Nichols mais aussi l’ambiance des années 70 de Todd Rundgren ou Ed Sullivan. Néanmoins, ce n’est pas non plus une copie nostalgique de la pop orchestrée des années 60. Les arrangements sont modernes, l’orchestration est rutilante, le disque est actuel. Le choix des instruments montre qu'il s’ancre dans son époque, les guitares electriques rock se mêlent à la basse au groove renversant, à l’orgue, piano, saxo, accordéon, castagnettes, clochettes, cornet, trompettes, cor, trombone, cor anglais, piccolo, flûtes, harpe, clarinette, violons, violoncelles et contrebasse.
Brent Cash assure la guitare, le piano, le handclaps, l’harmonica, le clavecin et le chant toujours juste et finement harmonieux sur un timbre de voix tantôt crooner tantôt tendrement délicat.



Le premier titre I wish i were a song monte en puissance, plante le décor et annonce la couleur. Le domaine exploré : la pop sophistiquée et ensoleillée des sixties californiennes. Puis Brent Cash enchaine sur un tempo plus cadré années 70 avec It’s easier without her et son clavecin taquin. I can’t Love you anymore than i do, instrumental, groovant, funky, grandiloquent, est un kaleidoscope époustouflant de styles musicaux exécuté d’une main de maitre. Just Like today offre des partitions de claviers psyché accompagnées du choeur aérien du South City Voices. La qualité et l’efficacité continuent avec How strange it seems où les castagnettes, les violons et le piano, font monter le titre comme une chantilly tandis que le titre suivant, Where do all the raindrops go, orné de flûte traversière, de trompettes, des violons, harpes et de suaves rythmiques bossa est plus langoureux. The heart will always work alone est typé pop boogie avec du handclaps et une basse, des cuivres dignes d’une musique de film des années 70 qui plaira aux amateurs du groupe Beaumont de Siesta Records, ex Blueboy de Sarah Records. I must tell you now est une balade nostalgique suave et douce jouée au piano avec l’accompagnement de l’orchestre, cors, harpes et l’ensemble des cordes où Brent Cash déclare et décline ses sentiments, comme dans Don’t turn your back on the stars, où l’harmonica et le saxo se mêlent à l’orchestre symphonique.
Le dernier titre I just can’t look away, majestueux, d’une classe absolue offre pour conclure un panel de mélodies, belles et touchantes, un piano woogie, de nobles arpèges des violons, et le choeur poignant fait place à la voix pure de Brent Cash.

Au fil du temps, Brent Cash, auteur-compositeur d'excellence qui relance le genre sunshine pop avec brio, se révèle, continue de surprendre. How strange it seems est selon moi, le meilleur disque du genre en 2011. Merci à Marina Records où vous pourrez commander le disque en cd et vinyle.
BrentCash
MarinaRecords

mardi 1 novembre 2011

Peter von Poehl

Peter von Poehl est un des artistes que j’admire le plus. C'est jeune diplômé de musicologie, papa suédois et maman allemande, qu'il arrive de Malmö à Paris et fait ses armes dès 1998 aux côtés de Bertrand Burgalat  qu'il accompagne en concert, intègre le groupe AS Dragon, signés sur Tricatel le fameux label de Burgalat. Peter von Poehl accompagne également d’autres artistes de l’écurie Tricatel, Michel Houellebecq, Valerie Lemercier, etc. En 2001, le jeune suédois qui vit entre Paris et Berlin écrit pour Chamfort, Vincent Delerm, Lio, Doriand, commence à prendre son envol et se lance dans la production de son propre travail.
Le premier disque du jeune artiste pop, Going to where the tea-trees sort en 2006. De structure impeccable, mélodiquement riche et touchant, l’album marque par son originalité et sa qualité. Les partitions de guitares sont belles, les arrangements délicats, élégants sont à l’image de son auteur, excellents.



Courageusement, Peter von Poehl arpentent toutes les scènes européennes (en faisant la premiere partie de Phoenix et de Air mais aussi parfois en solo, Transmusicales, Benicassim, le Rock dans tous ses etats, Eurockéennes etc) pour présenter Going to where the tea-trees à un rythme de marathonien, sans sourciller, toujours souriant et avenant. Sa tournée qui l’amène jusqu’aux Etats-unis et en Australie, porte ses fruits, le succès arrive, les radios et télévisions le diffusent (pub pour Clairfontaine). Récemment, le titre The Bell Tolls Five, orne la derrière scène du film La Guerre est déclarée.
C’est dans le studio AMG près de Malmö qui appartient à son ami Christoffer Lundquist, producteur et ex guitariste de Roxette, que Peter von Poehl travaille ses chansons et c’est là qu’il revient en 2009 pour enregistrer May Day.



Peter von Poehl révèle sa griffe, son sens aigu de l’orchestration et de la construction symphonique en partant de ses mélodies pop, véritables ritournelles qui restent en tête. L’artiste réservé jubile, explose musicalement. La pop de May Day est magique, dansante, virevoltante d’instruments avec des basses, des guitares, des cordes, des cuivres à couper le souffle. Peter von Poehl s’y affirme littéralement, se livrant dans ses textes tantôt avec un peu de poudre à canon pour dire ce qu’il a sur le coeur, tantôt avec sa classe  nous parle de sa vie de musicien, avec May Day, Silent as Gold ou encore Forgotten Garden, comme il le souligne dans une interview : « j’ai fait ces concerts en toute discrétion, de manière simple, c’était très flippant mais franchement je le remercie beaucoup, car cela m'a aidé à trouver de quoi mon disque allait parler, quelles allaient être les chansons et leurs styles. Il m’a fallu passer par plein d’étapes pour pouvoir arriver à sortir ce disque."



2011, enfin, notre ami Peter von Poehl revient avec un single fantastique, luxuriant de sons, enregistré avec un orchestre symphonique qui l’accompagnera en tournée. Troubadour qui vit ses voyages avec sa guitare et son harmonica, réel magicien qui transforme une chanson de 3 minutes en hymne lyrique à la façon de Harry Nilsson ou Bob Dylan qu’il aime, l’atout de Peter von Poehl est l’instinctif. Il ne travaille pas une chanson en le triturant, en l'épluchant pendant des heures. Il entre en studio quasiment avec les mains dans les poches, les mélodie en tête, et le soir même l’album est sur bandes. Agé de 38 ans (oui c’est jeune !!! ), l’artiste fait preuve désormais d’expérience. 2012 sera l’année de son très attendu troisième album Big Issues Printed Small. Pour patienter ce grand cru, Peter von Poehl nous offre depuis cet été le single magnifique en 45t, Twelve twenty one. Faites chauffer les platines ! (et j'en connais qui n'en manquent pas )
SitePeterVonPoehl

Twelve Twenty One


malmö


Elisabeth


one shot

lundi 31 octobre 2011

Cake sale

Je sors de derrière les fagots une chronique écrite  pour la promotion d’une compilation nommée Cake Sale, dont les fruits de la vente revenaient à l’organisation humanitaire Oxfam.

The Cake Sale, collectif principalement irlandais, a sorti l’album du même nom en 2006 pour l’Angleterre et nord-Europe, puis paru en Octobre 2007 aux USA. Les artistes qui participent (compo, écriture, interprétation) ont parfois dû travailler à distance pour l’enregistrement. C’est d’ailleurs joliment suggéré dans la vidéo de Some surprise, duo de Lisa Hannigan/Gary Lightbody. (vidéo)

Tout l’argent récolté de la vente du disque va à l’association Oxfam (Oxford Committee for Famine Relief), qui lutte noblement pour le commerce équitable, contre la famine et l’injustice. Elle se bat et énerve les gouvernements qui constatent avec mépris son bel entêtement. Les états trouvent une attitude anti-démocratique à l’association, parce qu’elle balance, dénonce les intérêts économiques (pas nets) de certaines grandes puissances. Crée en 1942 par Sir Milford à Oxford en Angleterre, entouré d’amis et son épouse (toujours active), la première mission fût d’acheminer de la nourriture en Grèce pour les personnes bloquées par les autorités nazies. Voilà, Oxfam est belle et rebelle.

AllTheWayDownGlennHansard

Mélodiquement parlant c’est un mariage de musique irlandaise, anglaise, américaine et australienne. Le disque s’ouvre comme une fleur sur le titre Last leaf, enveloppe de douceur : la voix de lépréchaun de la celte Lisa Hannigan, des doigts qui effleurent le piano, un balai de soie sur la peau de caisse claire, un violon lutin et mutin, “I know what it take for me to be free”. La dégustation commence et on se retrouve sur les côtes ondoyantes irlandaises de Erin, sous les arcs-en-ciel de l’Idaho, country soft de Josh Ritter. Le délice se poursuit toujours dans la douceur avec la suédoise Nina Persson (Cardigans, Sparklehorse) que l’on peut retrouver sur la compilation Monsieur Gainsbourg revisited
Plus loin, Gemma Hayes propose une mélopée (du caviar) écrite par Glen Hansard. Les compositions envolées, les voix réunies pour la cause, les instruments réels (basse du mégadoué Nick Seymour), les paroles naïves, touchantes, se mêlent lentement, naturellement…Pourtant des miles les séparent. Noonan s’impose en véritable chef d’orchestre, accompagné de Dave Geraghty, guitariste aux doigts de fée. Conor Deasy saupoudre l’appareil avec sa voix déliée, fragile. Et le final Aliens, la crème, la cerise sur le cake, c’est Neil Hannon ; Comme une majestueuse couronne de mousse sur un demi de kilkenny pour boucler la boucle et monsieur Hannon nous invitant “Well come on the aliens, my friends the aliens, sweet little aliens come on, So we can start again”.
La cause et l’effet: une compilation d’honneur et de coeur.
CakeSaleMyspace



Se sont alliés au projet Cake Sale : Gary Lighbody (Snow Patrol), Nick Seymour (Crowded House), Gemma Hayes, Josh Ritter, Glen Hansard (The Frames), Nina Persson (The Cardigans), Lisa Hannigan (partenaire de Damien Rice), Neil Hannon (Divine Comedy), Conor Deasy (the Thrills), Ollie Cole (Turn), Dave Geraghty, Crosby et Paul Noonan, ainsi que du batteur Graham Hopkins (Frames, Josh Ritter, Reeinder section, Ann Scott, Snow Patrol) .

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samedi 29 octobre 2011

Stevie Jackson

Stevie Jackson est l’éminent «bass player» du mythique groupe pop écossais, Belle & Sebastian. Multi-instrumentiste, il joue de la guitare, de la basse, de l’harmonica, du piano et chante. Avec le clan des écossais (Stuart Murdoch, Stuart David, Isobel Campbell, Chris Geddes, Richard Colburn, Sarah Martin en 1996), il offre son talent d’auteur-compositeur dès 1998 et ses chansons sont intégrées aux albums. Stevie Jackson est un personnage, un artiste drôle, attendrissant et impressionnant qui au sein des B&S tient un rôle de pierre angulaire. En bonus, il se dévoile comme un grand compositeur en signant les musiques et paroles (en les interprétant aussi parfois) de Seymour Stein, Chickfactor, The Wrong Girl, Jonathan David, Wandering Alone, Roy Walker, Step Into My Office Baby, I Believe in Travellin' Light, To Be Myself Completely, Song for Sunshine, I Took a Long Hard Look (clin d’oeil à Syd Barrett), Mr Richard, Long Black Scarf, I'm Not Living in the Real World.


BELLE & SEBASTIAN - THE WRONG GIRL

Stevie Jackson signe enfin son propre album I can’t get no, sorti le 24 Octobre 2011 et s’envole le présenter en tournée dans le Royaume-Uni mais aussi en Allemagne, Belgique et France (le Divan du monde le 21 nov 2011).
I can’t get no est un grand album, qui fourmille de références, de clins d’oeil à ses passions. Stevie Jackson est un spécialiste ès-Beatles ( spéciale dédicace à mon ami Stuart dit Stubaloo), également fan de Bob Dylan, passionné de la France et des sixties. Les 12 titres qu’il compose sont exquis, ornés d’une atmosphère pop, fleuris d’instruments. Il chante et joue de la basse, de la guitare (qu’il n’avait pas ressortie depuis Tigermilk), de l’orgue, du piano et des percussions. La plupart des titres sont écrit par Stevie Jackson, d’autres à quatre mains avec son ami Roy Moller, et d’autres en équipe avec ce qu’il appelle The Company qui comprend les membres des Belle & Sebastian, ainsi que des artistes amis qui jouent du cor, du violon, violoncelle, du sitar, du glockenspiel, batterie, accordéon, de la viole, de l’harmonium etc. Les thèmes se déclinent au fur et à mesure de l’écoute, de l’envie de danser, de sourire, puisés avec finesse dans l’amour, la musique, la pop sixties, la littérature, le virtuel d’internet.

Pure of Heart


Le premier titre Pure of heart, qui bénéficie des coups de main de Katrina Mitchell (Pastels) à la batterie, de Bill Wells (Arab Strap) à la basse, est une splendeur pop où Stevie Jackson chante «From boy to man, the awkward stance, the guitar chords and also-rans, The brown suede for the 60’s look».
Suit Just just so to the point, dansante, groovy et où la basse de John Clark resplendit, une ribambelle de violons, de percussions, la voix et la sitar électrique de Stevie évoquent les vikings, le voyage, «Like Hemmingway would always say, “ Hey, you know, you know that the Man makes the work” Your naysayers don’t get your groovin’ as your reaching for your elephant gun».

Try me est une chorale pop : Sarah Martin, Chris Geddes, Bob Kildea, et Bill Wells, Katrina Mitchell, Roy Moller qui en choeur avec Stevie entonnent «Don’t vote where you don’t belong, the theme of this song is Try Me, I wish it was 1964, I’m still stuck in ’63 maybe next year Try Me, Try Me».

Try me


Dans Richie now, Rose Melberg (Tiger Trap, Go Sailor, Softies) vient prêter sa voix "He has every Beatle record and me I only had one…The ‘Twist and Shout’ EP from 1963, He talked of ‘Rubber Soul’ and wonder would unfold. At lunchtime we played our guitars, We dreamed of being stars."
Suivent les excellents Dead man’s fall avec la participation du canadien Kurt Dahle, batteur des New Pornographers, Chris Walla, Death Cab for Cutie, The Organ etc, Bird’s eye view est écrite avec Nicola Atkinson et Gary Thom pour la sauvegarde du village green de Dunfermline en Ecosse.

Man of God poursuit avec toute la Company, une armée d’instruments et de voix, le travail d’écriture et d'interprétation du titre avec Roy Moller est décrite par Stevie ; It’s funny to think of us in the same room, trying to seduce the same woman with dim lighting and some 70’s Soul records. In reality, the girl would probably soon get bored and leave, as we’d end up talking about Beatles’ b-sides or something. Tous les deux s’en donnent à coeur joie en chantant «Hear the voice of Donny Hathaway and the Detroit Emeralds, Playing on my turntable for you, And the Love Unlimited

Man of God


Kurosawa, est un titre splendide avec Aby Vulliamy à la viole (et accordéon dans la suivante), Yuko Takemoto au chant avec Stevie et ils sont accompagnés de la Company tout comme dans Where do all the good girls go qui est un hymne à la France où Stevie chante «Chemin de fer may now take me there, En route to Julie Greco, Commencement, Arrondissement, super intellectual, Philosophise, ‘neath Parisian skies, Dans le café Les Deux Magots»

La même Company assure dans le morceau nostalgique Telephone Song qui évoque les débuts de musicien de Stevie quand il était jeune «Playing her records, dreaming her wishes, Now I’m running with my group, I’m feeling alright, being chased by the rain like ‘A Hard Day’s Night’».
Press send est une gentille moquerie des communications virtuelles sur le net, balancée sur des notes gaillardes et pop exécutées par la Company et qui annonce l’épilogue fantastique Feel the morning qui clôt avec élégance et classe l’ensemble des titres «The more I saw her, I can’t forget her under Saturn’s Moon, Stars are flying, past my window, morning comes too soon»

A vos casques ou à votre musique à fond dans le salon pour découvrir I can’t get no (en free streaming sur son site encore 7 jours!) avant d’aller accueillir Stevie Jackson à Paris le 21 Novembre prochain !
StevieJackson

to be myself completely


roy walker

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lundi 24 octobre 2011

The Lighthouse and the Whaler

Jeune groupe de Cleveland, The Lighthouse and the Whaler est mis en place à l’origine par Michael LoPresti, chanteur, guitariste et pianiste, son frère Matthew LoPresti, batteur, percussionniste et par Aaron Smith qui est violoniste et pianiste.

Ils sortent en 2008 le premier EP A Whisper, a Clamour,  partent en tournée, présentent leurs chansons et composent l’album éponyme dans la foulée en 2009. C’est sur les routes que The Lighthouse and the Whaler rencontre les deux nouveaux musiciens qui font désormais de la troupe, le bassiste Steve Diaz et Mark Porostosky, mandoliniste et guitariste. 
Ils s’inspirent d’une certaine littérature pour écrire leurs paroles et particulièrement de Moby Dick pour le nom de groupe et le thème développé dans l’opus The Lighthouse and the Whaler.

UnderMountain,UnderGroundmp3

Mélodiquement, cela balance entre du folk américain, légèrement country et de la pop avec des orchestrations de cordes élaborées, savamment construites pour toucher le genre indie-pop ou chamber-pop. Les sonorités ondulent entre la guitare acoustique ou rock, une mandoline moderne, des partitions de violon très harmoniques, du metallophone espiègle et un piano subtilement aiguisé.
La voix sublime de Michael, les arrangements impeccables des titres, attirent l’attention de MTV, de Paste, Spinner, divers médias comme les radios et la télévision qui passent les single White Days et Under Mountain, Under Ground en boucle ; Les festivals pop-rock américains et canadiens les invitent, des groupes, The Dodos et Sufjan Stevens, les convient en tournée. 

The Lighthouse and the Whaler sortent actuellement un single, Venice, en amont du second album, This is an Adventure qui sortira en 2012 et a été enregistré avec le support de Ryan Hadlock, ingénieur son des Strokes. A découvrir sur le site de Paste Magazine ou Daytrotter.
TheLighthouseAndTheWhalerSite

dimanche 23 octobre 2011

Goastt

Parce qu’apparait un cliché d’eux pris par un photographe français en double page dans un Vanity Fair, parce qu’ils ont écrit une chanson appelée Jardin du Luxembourg, on dit de leur style qu’il est typé music pop psyché française des années 60 (le Vogue Italien le qualifie de 60s French Pop and Folk Pops' Bohemian Gypsie atmosphere). Je ne trouve pourtant pas de corrélation entre Annie aime les sucettes ou encore J’entends siffler le train et les Goastt. S’ils me font penser à un couple musical c’est à Lee Hazelwood et Nancy Sinatra, à Johnny Cash et June Carter, ou encore aux Wings (Paul et Linda Mc Cartney), aux récents duo Rue Royale formé de Ruth et Brookln Dekker ou She & Him avec Zooey Deschanel et M. Ward.



Goastt ( The Ghost of a Saber Tooth Tiger), c’est le nom donné au duo formé de Sean Lennon et sa compagne Charlotte Kemp Muhl. Tous les deux sont multi-instrumentistes, ils jouent du vibraphone, de l’accordéon, du piano, de la guitare. Ils se rencontrent en 2004 et touchés par la flèche de Cupidon, se mettent à composer, à étoiler leur histoire de mélodies. Les chansons, présentées dès 2009 en live sont finalement enregistrées en version sessions acoustiques en 2010. Après l’EP deux titres, suivi du single Jardin du Luxembourg, l’album de sessions acoustiques contient 9 titres dont les premiers cités. Le genre est pop folk, tantôt psychédélique dans les accords qui évoquent Syd Barrett. Les titres sont essentiellement des balades où les voix de Charlotte et Sean, brutes, cristallines, offrent un mariage sonore parfait et où la guitare de Sean Lennon remplace aisément à elle seule l’accompagnement d’autres instruments. Du haut de ses 35 ans, Sean Lennon est un guitariste et un auteur détonnant. Il a bel et bien hérité de l’inspiration, du talent de création, de l’immense musicalité de papa John.
siteTheGoastt

jeudi 20 octobre 2011

Cass McCombs

Le ménestrel américain Cass McCombs revient cette année avec deux nouveautés, j’écrivais sur lui en 2008 : Il aurait pu tenir le rôle principal dans Into The Wild, le film de Sean Penn. Cass McCombs voyage à travers les USA, de sa Californie natale, par Baltimore, puis New-york et enfin Chicago. Ce jeune artiste de trente ans est un electron libre.
Un peu manièré, sa fragilité planquée derrière ses lunettes de soleil, ce songwriter est non seulement un excellent musicien, mais il est aussi spirituel et drôle. Il fait penser tour à tour à Elliott Smith, Morrissey, Lou Reed...Cela donne une idée sur l'atmosphère qui règne dans ce 3ème album fraichement sorti Dropping the Writ. C'est le disque le plus pop après le 1er A en 2003 et Prefection en 2005, un bouquet de mélodies élégantes et accrocheuses.



Depuis, l’auteur-compositeur continue sa route avec Catacombs, paru en 2009 et dont les morceaux riches de guitares sur son chant vaporeux le rapproche encore plus de l’univers et l'intensité d’Elliott Smith.
En 2011, Cass McCombs, plus grobe-trotter que jamais, travaille entre la Californie, Chicago et New-York avec son fidèle ami producteur Ariel Rechtshaid et enregistre deux albums : Wit's End sorti en Avril et Humor Risk qui sortira le 8 Novembre prochain. Tous les deux montrent son talent énorme de composition, étant variés de sonorités et de thèmes comme les sentiments, la vie américaine, le voyage, la musique, avec nombre de repères littéraires qu’il maitrise.



Dans A knock upon the door sur Wit’s End, Cass McCombs chante The tired minstrel, leaving town, heard the Muse’s weeping, He turned up the Elvis tape in his grey car. Avec des allégories, des métaphores, il dévoile son quotidien d’artiste toujours avec humilité et dignité : You scoff at my card, Guess I’m no Abelard, “I don’t know…” just how far is Beulah, Would only to song, weren’t indulgent and wrong and shadow a long twilight, Always to play and sleep through the day for music and night et souligne aussi ses aventures dignes de l’amiral Byrd dans County Line: On my way to you, old county, Hoping nothing’s changed, County Line, I left so far behind.
Alors que Wit’s End est habillé de choeurs, d’orgues géniaux, d’une rythmique langoureuse sur les accords absolument émouvants de guitare, Humor Risk qui arrive bientôt dans les bacs est encore plus dansant et  ce en partie grâce à la participation de Rostam Batmanglij du groupe Vampire Weekend qui a apporté sa patte sur le titre Robin Egg Blue.

Cass McCombs - Robin Egg Blue (Gun Drum Mix) by DominoRecordCo

Wit’s End est un album tout en émotion, dans la voix, les textes, la délicatesse du piano, les arpèges de guitares puissants qui fournissent l’instrumentation travaillée et brillamment exécutée. Depuis 2009, les titres de Cass McCombs fourmillent dans des films et documentaires. L’artiste, qui a l’âge biblique de 33 ans , partage la scène avec nombre de groupes : Band of Horses, Cat Power, Bonnie 'Prince' Billy, Andrew Bird, Blonde Redhead, Modest Mouse, The Decemberists, Arcade Fire, Peter Bjorn and John, Papercuts, Fiery Furnaces, Jose Gonzales, The Shins, Iron and Wine, etc. Jugée introvertie parce qu’il fait preuve de grande discrétion, la personnalité de Cass McCombs rayonne pourtant dans ces deux magnifiques albums à vous procurer et à savourer.
CassMcCombsSite

Cass McCombs - The Same Thing by DominoRecordCo

jeudi 13 octobre 2011

Mocca

Groupe de pop indonésien de 1998, dont les membres initiaux Arina Simangunsong au chant, clavier, flûte et Riko Prayitno à la guitare, rejoints l'année suivante par Toma Pratama, bassiste, et Indra Massad, batteur, les Mocca proposent une pop joyeuse, savoureusement fraiche.
C’est en 2002 que Mocca sort son premier disque My Diary, album concept qui narre la vie d’une jeune fille, ses amours, ses désillusions, et comme l’indique simplement le titre, son journal intime. L’album sera salué par le magazine Rolling Stone qui le classe dans les 150 meilleurs disques indonésiens de tous les temps. Suit l’album Friends en 2004 et le groupe qui se fait connaitre essentiellement en Asie, parait sur une compilation pop distribuée en Europe en 2002, Delicatessen, qui séduit les amateurs du genre et qui  également retient l’attention de labels. Leurs titres, ornés de trompette, de saxo, de claviers et trombones sont fournis et très dansants. 



En 2006, ils signent le titre I Would Never en collaboration avec Karolina Komstedt, chanteuse du groupe pop suédois Club 8. Club8PiggledyPop
Dès lors, la renommée de Mocca va en grandissant et ils offrent des concerts en Malaisie, en Corée, en Suède et au Japon, où ils trouvent un autre label, Excellent Records, pour peaufiner l’album Pop Renaissance.
En 2007, c’est la sortie de Colours, encore plus fleuri, swinguant sur de la bossa, des airs disco rythmés et influencé par les sixties et seventies, qui les emmène en tournée partout en Asie jusqu’en juillet 2011 quand le groupe annonce la fin de l’aventure.
Si vous êtes passés à côté de Mocca, glissez les discrétement dans votre discographie, ça vaut son pesant pop d’or.
MoccaMyspace

jeudi 6 octobre 2011

Eureka Birds

Eureka Birds est un groupe de cinq musiciens mené par Justin Levy, qui compose les morceaux, joue du clavier tout en chantant. En tournée depuis la sortie du premier EP, Eureka! en mars dernier, Justin est accompagné par Scott Hesel qui est à la batterie et à la basse, parfois joue les deux en même temps avec une baguette dans une main taquinant les cymbales tandis que l’autre main pince les cordes de la basse. Lors de ces concerts impressionnants de technique, Dami Soh assure ses partitions de violoncelle quand Nathan Royer s’exécute à la trompette. Dave Rogoza peut quitter momentanément sa guitare, faire un solo de kazoo ou se mettre à la batterie (le batteur est la plupart du temps Dan Vellucci), alors que Justin Levy joue des partitions psychédéliques dignes des Yardbirds à l’orgue.




Le show est garanti avec les Eureka Birds et la qualité musicale n’y perd absolument rien, au contraire. La maitrise des instruments, la dextérité, l’inspiration, qui rend hommage par exemple à Houdini, inondent les titres pop du groupe originaire de Baltimore. Les arrangements sont profondément travaillés, les harmonies sont solides, alternatives dans Cactus Man un peu velvetien, nourries de pop dansante dans There was light. La cohésion est vivante au sein du groupe qui chante en choeur et propose des partitions simultanées fantastiques, quand se mêlent violon et orgue aux guitares dans Sarah (Sits and cries), créant une somptueuse ambiance chamber pop et évoluant vers du son psychédélique dans That Mountain Is a Volcano.



Eureka! est une belle réussite de 6 titres des jeunes Eureka Birds qui je l’éspère passeront le présenter en Europe.
siteEurekaBirds

mercredi 5 octobre 2011

Sunday Sunday

Sunday Sunday est le pseudonyme ensoleillé de Gilles Mallet qui sort le splendide album The Death of Johnny H en 2010. Le disque est un véritable phénomène phonique, l’artiste est un personnage atypique dans le paysage musical pop français. Multi-instrumentiste accompli et très complet, Gilles Mallet n’est pas un jeune premier puisqu’il jouait auparavant au sein du groupe Polyethylene et il orne désormais en solo Sunday Sunday de multiples sonorités et ambiances . The Death of Johnny H. est comme un film qui déroule ses séances, au fil des 13 titres, avec des textes travaillés et poétiques. La voix de Gilles est ronde, d’une justesse absolue sur les mélodies lumineuses. Au prime abord, le mariage piano-voix cristallin et l’intimité dans les mots évoquent l’univers de Chris Garneau. Puis en poursuivant l’écoute, battant la rythmique en crescendo, tour à tour en écoutant les titres Bank, Perhaps, New Gold Star, on retrouve du son Beatlesien, quand John Lennon touche par sa perfection vocale, ou encore Bob Dylan dans les partitions folk, de la beauté mélancolique rappelant Nick Drake.



La douceur balance avec le tempo et avance en osmose avec les textes, de manière osée, inspirée. Après la magnifique Northern Star, Coffee emmène malgré son titre dans un moment hypnotisant. La guitare électro-acoustique de 2 many people, suivie de la basse, la batterie et le piano, enrubannée dans le grain de voix de Gilles, joue une composition digne d’une ritournelle d’Elliott Smith. Idem pour Bruce Wayne, où la guitare chevauche sur le tempo du metallophone dévergondé. A radiolise in my acid stomach me rappelle l’atmosphère de Sigur Ros, une voix celeste qui se confirme plus grave et intérieure sur Beautiful Grave Sunday Sunday brille et où Gilles Mallet se révèle plus créateur que jamais. At your funeral explore la ballade avec le synthé qui devient psyché sur les mots plus mordants au fil du déroulement de The Death of Johnny H. qui est un album incroyable, une fleuraison de titres qui s’écoutent sans parcimonie. Le final I know i am a lake est une composition d’orfèvre, à l’image de l’album qui est un astre mélodique. Signé sur Katatak, Sunday Sunday s’ouvre un cap et un horizon pop avec encore de beaux jours devant lui.
SundaySundayMyspace

dimanche 25 septembre 2011

Memoryhouse

Il n'y a rien de révolutionnaire dans leur genre musical, mais le style de Memoryhouse exploite le son pop ambient, atmosphérique, avec sa propre griffe : l’ésthétique est pointue et réfléchie, dans l’interprétation comme dans les visuels.
Leur univers nostalgique, la mémoire en leitmotiv, redessine l’espace et le temps avec grâce. Les canadiens de Memoryhouse apporte une once de modernité avec une application particulière pour les lives et les disques. Le duo est composé du musicien Evan Abeele, guitariste compositeur inspiré et prolifique, de Denise Nouvion au chant, qui est vidéographe et photographe. Chacun sème des éléments de sa personnalité, de sa sensibilité et offre un résultat très créatif, à la fois technique et visuel empreint d’une mélancolie romantique.



Décrit comme de la dream pop, leur EP The Years sorti en septembre 2011 chez Sub Pop, est un bijou sonore qui annonce l’album prévu pour 2012. Sorti en 2010, la nouvelle version  du EP est remasterisée, avec des bonus tracks. Memoryhouse participe également à des compilations et reprend Jackson Browne, My Bloody Valentine et Grizzly Bear. La voix cristalline et intimiste de Denise est en osmose avec les compositions stellaires et mystiques d’Evan . La guitare, la basse, le tambourin, les claviers coulent de source. Le couple se complète en créant un univers musical hypnotisant et relaxant.
Comme le groupe Princeton dont l'album concept Cocoon of Love parle de Virginia Woolf, l'écrivain inspire Memoryhouse qui orne The Years des deux titres en hommage à Woolf, The Waves et The Lighthouse, rappelant les romans écrits respectivement en 1931 et 1927. Cette belle référence est à l'image du groupe, doté d'une musicalité et d'un esthétisme fournis que l'on retrouvera bientôt pour la sortie de leur premier LP .
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«Il y a des gens qui ont vraiment des dons. Le problème, c'est de les découvrir.» Virginia Woolf, Entre les Actes.