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mardi 25 janvier 2011

Roses Kings Castles

Depuis 2008, Adam Ficek, membre des Babyshambles aux côtés de Pete Doherty, joue cavalier seul sous le nom de Roses Kings Castles. Son projet solo brille de mille feux pop. C’est possible de vous reporter à ma chronique d’antan. RKCsurPiggledy
Son premier single Sparkling Bootz est signé au printemps 2008 et dans la foulée, l’album Roses Kings Castles sort. Adam Ficek, a en plus d’un talent inouï de guitariste, un sacré don d’écriture et son booklet déborde de compositions. Né dans le Buckinghamshire, l’accent qui ponctue son chant fait penser à Paul Heaton, le chanteur des Housemartins.

RabbitPunchMP3



En 2009, un ep de Roses Kings Castles, Apple and Engines, promet un futur album détonnant qui paraitra en décembre 2010, Suburban Time Bomb. Sa voix y est feutrée et chaleureuse même si certains textes sonnent comme des règlements de compte, dans I killed you ou Shut Your Stupid Little Mouth. Son interprétation est alternative, tout comme les compositions. Elle est présente au même titre que les instruments, ce qui enveloppe joliment les airs rythmés et dansants. Les cuivres en cascade adhèrent à l’ambiance pop et joyeuse qui comme le nom qu’a choisi Adam Ficek pour son projet, est fleurie, élégante et puissante.
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dimanche 23 janvier 2011

flight of the conchords


Le mélange bollywood et danse haka était improbable mais il existe, loin, très loin dans les forêts de Nouvelle-Zélande grâce à Bret McKenzie et Jemaine Clement!

Les flight of the conchords sont un duo de comiques délurés, bien frappés, ils font du guitare basse digi-bongo acapella-rap-funk-comedie . Ils se soignent mais à base d'herbes bizaaares des sous-bois du Seigneur des anneaux et font du kayak en bobsleigh dans les gorges de la Moria. Après avoir inventé le rugby en 1989 dans leur école spécialisée puis le rap en 1998 au cours d'un barbecue chez des amis, ils restent habités par le folk.



Les Flight of the conchords revisitent le folk mais aussi la pop. A eux deux, c'est Woodstock sans Vietnam mais avec David et Jonathan.
Après des débuts fracassants sur BBC radio séries, les deux neo-zelandais ont dérivé à New-York en 2007 sous contrat avec HBO pour une sit-com délirante. Ils y jouent leurs propres rôles, entourés d'un manager, d'une groupie, d'amis, d'un proprietaire etc. La musique prédomine dans la série, les deux allumés entonnent leurs tubes sans prévenir, et chaque épisode contient un nouveau titre. Ca cartonne aux USA. La chaîne de télé américaine pas frileuse a re-signé avec ces malautrus pour 2008.
Il y avait l'album Folk the World Tour en 2002. Ils persistent en signant The Distant Future chez Sub-pop en 2007, un ep 4 titres qui annonce l'album éponyme pour avril 2008 suivi de I told you i was Freaky en 2009.

Les Paul & simon Garfunkel avec camisole sont nés, les Joey Starr de la mandoline arrivent. Ils sont malades mais mettent une énorme volonté à l'heure de la piquouse du matin de bonne humeur.

samedi 22 janvier 2011

Elbow

Groupe de rock indépendant né à Manchester, les Elbow sont un réel clan dans l’esprit des clans du nord du Royaume-Uni. Chacun y va de son talent et de son charisme, met la main à la pâte, les coudées franches, pour composer et écrire. Le chanteur Guy Garvey, le pianiste Craig Potter, le guitariste Mark Potter, Richard Jupp le batteur et Pete Turner, bassiste, offrent des morceaux grandioses sur leurs albums mais aussi sur scène, leur domaine.

One Day Like This

Le premier disque Asleep in the Back sort en 2001 après des singles qui ont très bien marché et leur ont apporté une renommée. Cast of Thousands suit en 2004, décevant un peu le public car pas aussi plaisant que l’excellent Asleep in the Back. Mais l’arrivée de Leaders of the free World en 2005, ravit et derechef, les émules sautent les pieds joints aux concerts. Elbow reçoit en 2008 le Mercury Prize qui récompense The Seldom Seen Kid. Disque exquis, on ne sait pas encore qu’il se prépare une suite au thème développé dans cet album, l’enfance. Le titre Grounds of Divorce apparait dans la saison 6 de la série Docteur House et Peter Gabriel a repris Mirrorball sur son récent Scratch my back de 2010 et les Brit Awards les sacrent meilleur groupe de l‘année.

Grounds of Divorce

Elbow arrivera en force le 4 Mars 2011, avec leur cinquième album Build a Rocket Boys! sous le bras et une tournée en vue qui débutera à Glasgow.
Revisitant l’âme musicale de leurs débuts, revenant sur le thème de l’enfance qui leur est cher, dont parle Guy Harvey dans une interview : "It's quite a nostalgic thing. I've got a thing about growing up… a certain period of your life when - well kids are called 'hoodies' these days aren't they when they reach their teens. I remember it being an amazing important time, so I've written a lot about that."
Le résultat est grandiose, Elbow émeut et emmène. Les envolées de guitares, de piano, les rythmes de la basse et la batterie ardente accrochent et groovent. La voix fulgurante de Guy Harvey et ses acolytes musiciens à l’oreille absolue, font prendre corps à l’album. Les titres palpitent, vibrants d’élégance.
Ayant déjà travaillé avec le Hallé Orchestra de Manchester au Bridgewater Hall en 2009, Elbow réitère en complétant leurs compositions magiques de Build a rocket Boys! avec la contribution du Hallé Youth Choir.
La pop et le classique forment un mariage prodigieux et mystérieux, qui ne manque pas de mettre à fleur de peau…
En extrait vidéo Lippy Kids, sortie le 27 février prochain.
Site
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mardi 18 janvier 2011

Anathallo

Anathallo est groupe de Chicago, apparu en 2000 et qui a pris la décision d’arrêter en 2008, au moment où l’ensemble des sept musiciens conduit par Matt Joynt, est à son zénith.
Quasiment depuis les débuts, Anathallo est comparé à un autre groupe renommé du Michigan, ressemblance qui sautera aux oreilles des amateurs. La plupart des animateurs-radio, des chroniqueurs, ne manquent pas de mettre leur travail en parallèle avec cet autre artiste américain, ce qui doit profondément lasser les concernés.

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2001, leur EP Luminous Luminescence in the Atlas Position annonce clairement un don de composition, d’interprétation, une poésie et un lyrisme dans les textes. Il précèdera Sparrows de 2002, A Holiday at the Sea et le grandiose Hymns (All Creatures Of Our God and King). Après des années de pratique de la musique, Matt étant multi-instrumentiste, il se met à composer des partitions pop-folk comprenant du cor, du trombone, des guitares, de la harpe, de la trompette, du violoncelle, des violons, percussions et piano. Toute une troupe de musiciens qui chante pour former des chœurs émouvants le suit dans l’aventure et après la sortie en 2006 de leur opus, Floating World, ils feront ensemble 18 tournées aux Etats-Unis, Japon et au Royaume-Uni.

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Très croyant, le groupe est inspiré par Dieu, ce qui apporte une note spirituelle et touchante à l’écoute. Les deux années qui suivent les emmènent donc en tournée, ils vont à la rencontre de leur public dans leur van affrété pour la tournée, où ils dégustent des margaritas, de la vodka et jouent à tétris. Matt Joynt continue de composer et le label Anticon signera le superbe deuxième album Canopy Glow, véritable bijou mélodieux qui est enregistré dans l'église où ils sont résidents, évoque des histoires (comme le superbe Noni‘s field), des récits de fantômes (Sleeping Torpor), parle d’art (John J. Audubon).

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Salués et applaudis, les 8 membres d’Anathallo se produisent lors de deux tournées en 2008, puis c‘est le silence radio. En avril 2010, l’un des membres annonce sur son blog la fin de l’aventure et la dissolution du groupe.
Au vu de la qualité de ce dernier disque, c’est incohérent de placer Anathallo aux oubliettes. Mieux vaut se procurer leur travail en espérant qu’ils revêtiront un jour leur habit de lumière.
En grec, "anathallo" veut dire "refleurir", "renaître" .
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dimanche 16 janvier 2011

Aberfeldy

Alors que les chroniqueurs s’accordent à rapprocher la musique des américains Math and Physics Club à la pop écossaise de Belle and Sebastian, à l’inverse il arrive que l’écossais Aberfeldy joue loin des links de ses terres natales pour parcourir le genre folk-country. Riley Briggs crée Aberfeldy en 2002 et enregistre son premier fulgurant album Forever Young en 2003 dans un studio d’Edimbourg avec des conditions minimales pour réaliser un birdie pop. Remarqué par le label Rough Trade Records qui le signe en 2004, les magazines le place en tête des sorties de disques, le clip de Love is an Arrow réalisé par Chris Waitt est nominé aux MTV awards. Summer’s gone apparait dans des publicités américaines et canadiennes, de 2005 à 2010.
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Cela permet à Aberfeldy de gagner une renommée internationale et composer son deuxième album Do Whatever turns you on, truffé de mélodies bondissantes, tout comme dans Forever Young. Le style y est pop, les violons, les guitares, le trombone, s’amusent à explorer le son « dance » des années 80, mêlé de country, pour dessiner 12 titres sautillants qui véhiculent une belle humeur.
Le swing Aberfeldy revient en septembre dernier avec la sortie du troisième album Somewhere to jump from composé par Riley Briggs qui chante, joue de la guitare, du clavier et s’entoure de son frère Murray à la batterie, Poppy Ackroyd au violon, Nick Griffin au cor, Kirsten Adamson au synthé, Chris Bradley à la guitare et Ken McIntosh à la basse.
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Là encore, les titres s’alignent sur différents répertoires, divers styles. Certains vont reprendre les eighties, d’autres le son americana, ou encore des notes pop griffées british. Les titres des chansons sont des prénoms rappelant un des premiers : Jennifer. Il y a sur ce dernier, Claire, Malcolm, Lisa-Marie, Wendy, compilant rock, folk, indie-pop, groove 70’s et décrivant la trajectoire artistique très éclectique de Briggs. Turn the record over est d’une qualité divine, absorbe les tympans et les orteils enfermées dans les moonboots hivernales en deviennent presque funky, rappelant l'univers de Josh Rouse, de Beautiful South avec qui Aberfeldy a joué en tournée.
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L’album est splendide, les orchestrations sont originales, bigarrées de tempos passés et malgré tout fort actuelles. Un joueur de golf écossais ou un compositeur de pop écossaisse, ce n’est pas un pléonasme, c’est du brut, du caractère, une beauté musicale légitime à découvrir avec Aberfeldy.
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LOVE IS AN ARROW

jeudi 13 janvier 2011

Math and Physics Club

Math and Physics Club, trio pop américain de Seattle, fait partie des 10 groupes privilégiés, rares et précieux, de Piggledy; parmi ceux-ci, il y a aussi les Lucksmiths et Fred Astereo avec qui les Math and Physics Club partagent la scène à maintes reprises. Signés en 2004 sur l’excellent label Matinée Recordings, leur premier EP, Weekends Away ne tarde pas à être remarqué par les amateurs du genre, à être chouchouté par les radios indépendantes et blogs.

Suit en 2005, Movie Ending Romance, EP de quatre titres, chacun étant brillant et efficace. Après une tournée aux côtés des Lucksmiths, une compilation comprenant les Acid House Kings, Loveninjas, et les Sambassadeur, Math and physics Club sort en 2006 son premier album éponyme.
Dans les règles de l’art pop, avec le travail de l’ingénieur son et producteur Kevin Suggs (Walkabouts), le groupe composé de Charles Bert (chant, guitare), James Werl (guitare), Ethan Jones (basse), Kevin Emerson (batterie) et Saundrah Humphrey (violon), compose 10 titres fantastiques et magiques; Coup d’éclat pour un opus. Annonciateur d’une suite royale, Math and Physics Club freine néanmoins ses productions, la paternité de Charles et James, puis le départ de Kevin et Saundrah leur font faire un petit détour.

En 2007, le EP Baby i’m Yours permet d’aider à patienter ces trois années pour enfin pouvoir savourer ce superbe deuxième album, I Shouldn’t Look as Good as I do, paru en juin 2010.

Ce récent disque est somptueux et Math and Physics Club fidèle au rendez-vous. Dès les premières notes de Jimmy had a Polaroid, les deux guitares, l’arrivée du clavier, l’entrée de la voix de Charles plantent le décor d’une pop traditionnelle qui rappelle les Housemartins, Belle and Sebastian, Tullycraft et The Smiths (évoqués dans le titre the Internationale où Charles entonne « nothing in particular he does his best Morrissey impression » et où James s‘en donne à cœur joie avec des accords à la Johnny Marr).
La rythmique est dansante, la caisse claire groove sur les hand-claps de Will You Still Love Me? où la chanteuse Jen Garrett prête sa voix, la basse sautille sur le mellotron dans Love or Loneliness, le banjo taquine les guitares, le tuba, le trombone et l’accordéon sur un tempo sixties dans Everybody Loves A Showtune. L’écoute de 25 minutes est un régal poppeux trop court, frustrant même, tant les morceaux sont beaux, mélodiquement riches, les textes clinquants d’humour et d‘amour. C’est le producteur de Mark Lanegan et des Presidents of the USA, Martin Feveyear qui a encadré le mixage dans les studios Jupiter, où les Posies travaillaient il y a 20 ans. Charles, James et Ethan offrent un album fort aux arrangements lumineux qui classe évidemment I Shouldn’t Look As Good As I Do dans le top 10 des albums de 2010.
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lundi 10 janvier 2011

Ernie Coombs

C’est à l’origine le nom d’un comédien canadien qui fut un des animateurs-pionniers d’émissions pour enfants dans les années 60. Ernie Coombs alias Mr Dressup à la télévision, accompagné des marionnettes Casey et Finnegan a inspiré les quatre musiciens qui signent leur premier disque.

Ernie Coombs, est donc le nom porté par un artiste de Moncton près de Montréal, et ami de Piggledy, Keith MacLean. J’ai découvert ses compositions indie-pop talentueuses à l’époque de ma chronique sur un autre groupe du New Brunswick, Standard procedure.
Standard-Procedure-Piggledy

Keith (voix, guitare) n‘est pas seul, il y a à ses côtés Denis Mazerolle (voix, guitare), Philippe Drapeau (voix, batterie) et Anthony Lavallee (basse). Ils offrent en juillet 2010 un superbe opus, Do you think it would fall on us, dont la variété de sons, d’ambiances, ravira toutes les oreilles.
WeAreThingsThatFloatMP3

Les morceaux de l’album sont construits en crescendo, avec des introductions de guitares dignes des Teenage Fanclub sur Shame Lane ou des Boo Radleys sur We are things that float, des envolées de voix psyché et des synthétiseurs hypnotisants qui font penser aux Who et aux Pink Floyd sur You get what you want from him, sur Music from a porch. Il y a aussi de la franchise dans le chant qui peut parfois évoquer Frank Black et qui peut surprendre quand le rock progressif ou le style funky dansant viennent s’y frotter comme sur Too bad your views are sad.
L’album est un zoom panoramique du don et brio des guitaristes Keith et Denis, qui semblent pouvoir tout jouer, tout toucher, se promener dans tous genres de partitions avec leurs doigts en or. 52 pickup est un voyage sidéral de cordes où les deux guitares électriques, la basse d’Anthony et les cymbales de Philippe rayonnent et flambent. La maturité des Ernie Coombs est ravissante, leur culture musicale, leurs influences s’entendent au fil des titres de Do you think it would fall on us et leur technique maitrisée fait déjà montre d’une belle ambition !