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mercredi 30 mars 2011

Dry The River

Groupe anglais formé de cinq musiciens, Dry the River joue une pop-folk aux allures gospel et écrit des textes touchants interprétés avec une note excentrique british. Apparu récemment, le second ep New Ceremony  du 7 mars 2011 est à découvrir.
Le compositeur et guitariste Pete Liddle détient un timbre de voix notable et inhabituel. Il y a du blues dans sa voix, avec une once de fragilité et un brin de solidité comme si chaque note ne tenait qu’à un fil tout en maîtrisant à la perfection les cordes vocales.
Ces cinq garçons établis à Londres forment un ensemble musical cohérent et déjà, en concert et exhibitions, montrent un charisme certain, un talent infini et leurs mélodies fleuries captivent l’audience.

NewCeremonyMP3

Côté productif, ils ne sont ni oiseux ni asséchés, avec quelques excellentes mélopées dans leurs besaces, annonciatrices d’albums à venir trucculents. Tout en jouant sur scène, en écrivant, les Dry the River prennent noblement part à Yellow Bird, projet caritatif né en 2008 à Montréal auquel participent des groupes de pop indie comme Andrew Bird, The National, Of Montréal, Magic Numbers, Aurevoir Simone ...etc. Dry the River vient d'éclore, affaire à suivre.
MyspaceDryTheRiver
YellowBirdProject



dimanche 27 mars 2011

Blind Pilot

Blind Pilot est un groupe américain de six musiciens originaire de Portland. C’est à l’université que Israel Nebecker et Ryan Dobrowski se rencontrent pour lancer le projet et commencer à enregistrer leurs mélodies acoustiques pop-folk. Le premier ep sort en 2006 et c’est avec volonté et humilité que les deux amis partent sur les routes le présenter en vélo, les guitares et matériel dans un chariot. Leur opus Three Rounds and a Sound parait en 2008, sans prétention, d’une simplicité exquise, les titres mélodieux tiennent dignement la route et en sont doublement touchants et beaux. Le duo Nebecker-Dobrowski avec deux autres musiciens qui se joignent au peloton, repartent en tournée à deux roues et vont de Vancouver à San Francisco, filment un documentaire de leur escapade qui servira indirectement de publicité.

A contrario du temps qu’ils ont passé sur le bitume, huilant les chaines et pédalant de concert en concert, le succès de Three Rounds and a Sound est immédiat, fulgurant.
Dès lors, c'est en roulant en van que Blind Pilot compte six musiciens qui agrémentent et relèvent le tempo des titres.



La complicité de Israel Nebecker à la guitare-voix et de Ryan Dobrowski à la batterie rayonne dans les chansons. Les morceaux forment un savant dosage de rythmique, de guitare acoustique auquel se joint Luke Ydstie, chant, basse et contrebasse, Kati Claborn au chant et banjo, Ian Krist au vibraphone et xylophone et Dave Jorgensen au clavier et trompette. Autant d’instruments qui prennent place naturellement, sans prétention, mettant en valeur les textes et le chant. Cette cohésion, ce respect, crée un esprit intime et un son généreux. Même en concert, les breaks sont parfois assurés par les musiciens en solo qui jouent leurs propres compositions.
Force est de constater dans le milieu indie-pop ( et autres arts que la musique) que la modestie va souvent de paire avec le talent. Blind Pilot offre un album poétique, confident, solidement arrimé avec Three Rounds and a Sound qui promet encore de belles échappées.
SiteBlindPilot
MyspaceBlindPilot



jeudi 24 mars 2011

Cinematic Orchestra

Groupe du Royaume-Uni dont le créateur, Jason Swinscoe, animateur de radio durant les années 90, compositeur et multi-instrumentiste exilé à New-York, étudiant aux Beaux-Arts de Cardiff, est devenu un maestro du sampling, des arrangements et de l’orchestration. Oreille absolue, son point d’orgue, c’est le jazz. Il fonde Cinematic Orchestra en 1998 avec comme première production Motion, signé sur Ninja Tune, label pour lequel il travaille ; L’album présente un nouveau style, une fusion de jazz, d’acoustique mêlé à l’electronique. Salué par la critique, hautement diffusé sur les radios, Jason enchaine les compositions, un remix en 2001, Everyday en 2002 sur lequel apparait la chanteuse de St-Louis, Fontella Bass, puis Man with a Movie Camera en 2003 avec la participation de la chanteuse Lou Rhodes ex-Lamb, album qui est la BO du film du même nom. Un long break de 4 ans pendant lesquels l’anglais va assurer des tournées, écouter beaucoup de musique, écrire. Il revient en 2007 avec le fruit de son travail élaboré entre New-York et Paris : le fabuleux Ma Fleur.


A ses côtés, le bassiste et contrebassiste, co-auteur des partitions de cordes, Phil France, le batteur Luke Flowers, les pianistes Alex James et John Ellis, et le saxophoniste Tom Chant. Cet album est une bombe de sensualité, d’élègance, meublée de silences à la Sigur Ross, de nobles particules ambiantes à la Arcade Fire, avec des pincements délicats de cordes mixés à des voix suaves qui me font penser à Thomas Dybdahl. Ces voix touchantes, attachantes, viennent de Fontella Bass qui enregistre le titre Breath à un moment de sa vie où elle est très vulnérable (décès de son mari), Lou Rhodes et Patrick Watson sur To Build A Home qui finit à son tour de donner les frissons.


Interview de Jason : «The song To Build a Home is a synopsis about life and how we have to feel pain to know what happiness is» est la parfaite définition du titre qui fera partie de la BO des Ailes Pourpres, BO entièrement composée par Cinematic Orchestra en 2008, mais surtout, qui accompagne le superbe et émouvant film The Tree avec Charlotte Gainsbourg. The Tree traite du thème de la mort d’un père de famille, d’une jeune veuve, de ses enfants, qui s’accrochent et se raccrochent aux branches, poétiquement et symboliquement dans le film, d’un arbre centenaire du jardin dont les racines finissent par endommager la maison. Le titre To Build a Home tombe magistralement à brûle-pourpoint.
En 2010 sort un mix consacré à Late Night Tales. Pour découvrir Cinematic Orchestra, je conseille le chef d’oeuvre Ma Fleur qui ne peut que faire frémir les âmes sensibles.
CinematicOrchestraSite


The Cinematic Orchestra - To build a home (live Londres Barbican


dimanche 20 mars 2011

Kurt Vile

Kurt Vile a cette voix qui colle le tumulte dans l’ouie, le tohu-bohu dans le lobe temporal. Son grain de chant envoûtant et charismatique, indomptable, d’une absolue harmonie, ne fait guère de lui un enfant de choeur mais lui procure néanmoins une aura certaine. Depuis 2009, Kurt Vile nous livre ses chansons rock, qui trouvent grâce dans les arrangements de guitares dont les cordes vibrent, glissent, agrippent et tatouent les partitions. Les effets saturés des guitares font penser à Syd Barrett, les morceaux accompagnés d’harmonica rappellent Bob Dylan, le côté border line dans certains titres ramènent tantôt aux Jams ou tantôt aux Jonestown Massacre.

Originaire de Philadelphie, ses textes parlent d’espaces, de distances, de religion et de sa vie de musicien. L’artiste forme The War on Drugs avec Adam Granduciel en 2004, groupe de la veine de Calexico, où coulent des orgues psychédéliques. En solo depuis 2008, Kurt Vile sort son opus Constant Hitmaker chez Gulcher Records, vite remarqué par le label Matador son second album God Is Saying This To You parait, puis le magique Childish Prodigy et enfin le quatrième diamant sonore Smoke Ring For My Halo arrive le 7 mars 2011.


Certains critiques parlent du genre americana, or j’imagine plus une prairie de champignons stupéfiants (non, pas chez les Schrtroumpfs) plutôt qu’un champ de rutabagas ou de ruminants en écoutant la pop-psyché de la guitare folk, acoustique et electrique, ou le taquin tambourin qui chambarde l’harmonica. Smoke Ring For My Halo est un régal à laisser muser dans l’oreille.
Myspace

jeudi 17 mars 2011

Summer Camp

Duo formé de Elizabeth Sankey, journaliste et de Jeremy Warmsley auteur-compositeur (voir Piggledy ), Summer Camp nous met la puce (électronique) à l'oreille avec le dit nom. Les deux artistes nous concoctent une pop ensoleillée, rythmée de beats pop en faisant paraitre un ep six titres, Young, le 6 septembre dernier.

GhostTrainMP3

Les thèmes et noms évoqués dans les titres, Round the Moon, Ghost Train,Veronica Sawyer, Jake Ryan, collent parfaitement à l’approche rétro des arrangements qui voguent dans les sphères pop des années 80 ; Veronica et Jake pourraient être deux personnages de Sixteen Candles, film phare des eighties. Avec des textes ornés de ‘stars’ et de ‘castles’ les deux voix, fans des films de John Hugues, se répondent «We danced all night and we held each other tight til the morning light». Les synthés griffés chillwave, voire coldwave, régnent sur une rythmique dansante et donnent à l’histoire d’amour du jeune couple, une note à la fois grave et légère.

MontgomeryAvenue1984MP3

La délicatesse est de mise dans Summer Camp où les chants volatiles d’Elizabeth et de Jeremy, en osmose, créent une tendre et complice alchimie qui opère sur les six titres et concrétise le thème romantico-naïf. Ces deux là s’aiment et tirent leur inspiration de leur vécu pour offrir Young, frivole, innocent, superbement exécuté dans les règles de l’art pop des 80‘s.
Myspace

Jeremy Warmsley

Même si j’ai toujours tendance à être genée par ces sonorités « packman » ou « mario kart » utilisées plus qu‘à leurs tours chez nos contemporains, en l’occurrence sur How we became le deuxième coup d’essai de Jeremy Warmsley, le disque reste irréprochable. Je l’avais découvert en 2006 grâce à son opus the art of fiction, orchestré de manière folktronica, remarquable.

A l’écoute de son dernier, How we became, il est évident que Warmsley sait visiter avec aisance divers styles. Il surprend. C’est un inventif prolifique qui ose sortir humer l’air du temps et qui fait montre de ses talents en explorant de nouvelles pistes. Jeremy Warmsley n’aime pas les barbelés. L’album est lancé avec le titre, Lose my cool. Offensif, efficace. Le falsetto de sieur Warmsley prévient: il est prêt à l’attaque.

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Dans Take care la voix implaquablement franche de Jeremy Warmsley a le don d’arrêter le temps. Suit I keep the city burning qui offre l’étendue de sa sensibilité mêlée à sa créativité escortées par le piano, magistral et où la voix de l’artiste se révèle et s’érige. L’ensemble des titres est engageant, sonne bel et bien comme un départ acharné d’un conquérant en croisade. Dès le quatrième titre 15 broken swords le chevalier Warmsley prend les armes entouré de ses compagnons, Adam Beach et Seye Adelekan à la basse, Fay Milton au tambourin, l’excellent batteur Adam Betts, Jess Townsend au clavier, Tomas Challenger, vaillant saxophoniste qui sévit dans Dancing With The Enemy. Les paroles portées par le chant puissant et affûté de Warmsley montent à l’assaut au fur et à mesure des plages, « If he breaks your heart, I will break his legs, …I will kill him stone cold dead ». Après Pressure, la charge est donnée dans Boat song et Temptation les 2 derniers titres bonus de l‘album, où la guitare acoustique crache du feu et le piano fait des étincelles.

Les mélodies créent une ambiance fort réussie, la proposition est du plus bel effet, l’estocade est élégante et réussie.

JeremyWarmsleySite


If He Breaks Your Heart (acoustic version) - Jeremy Warmsley

mercredi 9 mars 2011

Scrabbel

Duo formé de Dan Lee et Becky Barron en 2000 à San Francisco, leur premier album éponyme marque les esprits des chroniqueurs et journalistes rock. Dès 2002 les deux musiciens se séparent et Dan Lee continue le projet Scrabbel en chevalier seul. Créateur fécond et admirateur de l’univers des Beatles, il compose des mélodies pop ; sur ses titres il chante et joue à la guitare, au clavier, à l’orgue et à la clarinette. 2003, Dan Lee devient membre des Aislers Set et restera au sein du groupe tout en peaufinant son prochain disque. Et c'est en 2005, à la suite du ep Hijacked Tunes, que le superbe 1909 parait.

ChicagoNewYorkMP3

Des amis musiciens de valeur collaborent et enregistrent au côté de Dan sur cet album. Parmi ceux-ci, Alicia Vanden Heuval des Aislers Set et Gary Olson des Ladybug Transistor. Hellen Jo, violoncelliste se joint au groupe. Une multitude d’instruments orne les fabuleux morceaux, guitares, claviers, tambourins, xylophone, cor, kazoo, orgue Hammond, violon, violoncelle. Les harmonies raviront les lecteurs de Piggledy. Scrabbel propose une pop indépendante griffée lounge, twee, sixties, alternative dans la pure tradition pop indie. Les textes doux et sucrés sont amenés par la voix de Dan Lee, sensuelle et épicée, qui se glisse absolument dans la lignée de Burt Bacharach, Gary Olson, Pelle Carlberg. En attendant les prochaines productions de Scrabble, 1909 s’écoute et se déguste sans compter, idéal sous les premiers rayons de soleil de 2011.
SiteScrabbel

samedi 5 mars 2011

Margot and the Nuclear So and So's

Voilà un groupe américain qui sort des sentiers battus, de par sa structure et de par le domaine musical visité. Depuis 2004, les deux principaux piliers des Margots & the Nuclear So and So’s, auteurs-compositeurs, multi-instrumentistes, se produisent dans d’autres projets parallèles. Ce sont des touche-à-tout fertiles et perfectionnistes pour couronner le tout. Richard Edwards et Andy Fry, tour à tour, composent, jouent de la guitare, de la basse, des percussions, du clavier, du melodica et du banjo. Au fur et à mesure, ils s’entourent d’autres compères qui assurent trompette, cor, tambourin, violon, violoncelle, avec à la batterie le frère d’Andy, Chris Fry et forment une troupe de huit musiciens sur scène.
The Dust of Retreat sort en 2006, premier album très pop, parfois chamber pop, alternatif, dans la veine de Neutral Milk Hotel où la voix magnifique et brute d’Edwards, propulsée par les chœurs et une cavalerie d’arpèges de guitares, de violons, de cuivres, rappelle l’univers des Boo-Radleys et révèle des textes aux influences littéraires et cinématographiques.
SkeletonKeyMP3
S’ensuivent en 2008 deux albums consécutifs Animal ! et Not Animal, différents de leur opus, délivrant des titres pop-psyché, indie, où les claviers vibrent en communion avec les guitares électriques. Les violons et archers sont aiguisés, le chant offensif et les textes incisifs. Mixés et montés en montagnes russes, de la suave beauté de Real Naked Girls à l’excentricité mods de The Shivers (I Got 'Em) les ambiances variées des chansons séduisent et charment.
Du domaine zoologique, Edwards et Andy qui se sont rencontrés dans une animalerie, nomment leur album Animal, signent Buzzard en 2010 comprenant 12 titres, dont Birds qui fait écho à Quiet a a Mouse dans The Dust of Retreat et Holy Cow ! dans Not Animal et dont la pochette est illustrée par un cacatoes.
TinyVampireRobotMP3
Buzzard diversifie de nouveau le paysage artistique des Margots and the nuclear So and So’s. Le rock y domine, plus arrogant, écorché où au milieu des guitares électriques et de la batterie, un rythme chaloupé peut apparaître, comme le très velvetien Tiny Vampire Robot.

Le 11 janvier dernier le groupe a enregistré un ep acoustique Happy Hour at Sprigg's Volume 1 en amont du prochain album avec sur la pochette du disque, un oiseau du genre toucan. Là encore, Richard Edwards brille dans un nouvel exercice de style, offrant des mélopées abouties, viscérales, en mariant simplement guitare et voix.
AJournalistFallsInLoveMP3
Quelques soient les styles empruntés, les Margot and Nuclear So and So’s tracent leur petit bonhomme de chemin, s’autoproduisent sur leur label Mariel Recordings, faisant fi des modes et de ce qu’ingurgite le gros public, déploie un large panel de genres avec une grande compétence.
SiteMargots