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lundi 31 octobre 2011

Cake sale

Je sors de derrière les fagots une chronique écrite  pour la promotion d’une compilation nommée Cake Sale, dont les fruits de la vente revenaient à l’organisation humanitaire Oxfam.

The Cake Sale, collectif principalement irlandais, a sorti l’album du même nom en 2006 pour l’Angleterre et nord-Europe, puis paru en Octobre 2007 aux USA. Les artistes qui participent (compo, écriture, interprétation) ont parfois dû travailler à distance pour l’enregistrement. C’est d’ailleurs joliment suggéré dans la vidéo de Some surprise, duo de Lisa Hannigan/Gary Lightbody. (vidéo)

Tout l’argent récolté de la vente du disque va à l’association Oxfam (Oxford Committee for Famine Relief), qui lutte noblement pour le commerce équitable, contre la famine et l’injustice. Elle se bat et énerve les gouvernements qui constatent avec mépris son bel entêtement. Les états trouvent une attitude anti-démocratique à l’association, parce qu’elle balance, dénonce les intérêts économiques (pas nets) de certaines grandes puissances. Crée en 1942 par Sir Milford à Oxford en Angleterre, entouré d’amis et son épouse (toujours active), la première mission fût d’acheminer de la nourriture en Grèce pour les personnes bloquées par les autorités nazies. Voilà, Oxfam est belle et rebelle.

AllTheWayDownGlennHansard

Mélodiquement parlant c’est un mariage de musique irlandaise, anglaise, américaine et australienne. Le disque s’ouvre comme une fleur sur le titre Last leaf, enveloppe de douceur : la voix de lépréchaun de la celte Lisa Hannigan, des doigts qui effleurent le piano, un balai de soie sur la peau de caisse claire, un violon lutin et mutin, “I know what it take for me to be free”. La dégustation commence et on se retrouve sur les côtes ondoyantes irlandaises de Erin, sous les arcs-en-ciel de l’Idaho, country soft de Josh Ritter. Le délice se poursuit toujours dans la douceur avec la suédoise Nina Persson (Cardigans, Sparklehorse) que l’on peut retrouver sur la compilation Monsieur Gainsbourg revisited
Plus loin, Gemma Hayes propose une mélopée (du caviar) écrite par Glen Hansard. Les compositions envolées, les voix réunies pour la cause, les instruments réels (basse du mégadoué Nick Seymour), les paroles naïves, touchantes, se mêlent lentement, naturellement…Pourtant des miles les séparent. Noonan s’impose en véritable chef d’orchestre, accompagné de Dave Geraghty, guitariste aux doigts de fée. Conor Deasy saupoudre l’appareil avec sa voix déliée, fragile. Et le final Aliens, la crème, la cerise sur le cake, c’est Neil Hannon ; Comme une majestueuse couronne de mousse sur un demi de kilkenny pour boucler la boucle et monsieur Hannon nous invitant “Well come on the aliens, my friends the aliens, sweet little aliens come on, So we can start again”.
La cause et l’effet: une compilation d’honneur et de coeur.
CakeSaleMyspace



Se sont alliés au projet Cake Sale : Gary Lighbody (Snow Patrol), Nick Seymour (Crowded House), Gemma Hayes, Josh Ritter, Glen Hansard (The Frames), Nina Persson (The Cardigans), Lisa Hannigan (partenaire de Damien Rice), Neil Hannon (Divine Comedy), Conor Deasy (the Thrills), Ollie Cole (Turn), Dave Geraghty, Crosby et Paul Noonan, ainsi que du batteur Graham Hopkins (Frames, Josh Ritter, Reeinder section, Ann Scott, Snow Patrol) .

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samedi 29 octobre 2011

Stevie Jackson

Stevie Jackson est l’éminent «bass player» du mythique groupe pop écossais, Belle & Sebastian. Multi-instrumentiste, il joue de la guitare, de la basse, de l’harmonica, du piano et chante. Avec le clan des écossais (Stuart Murdoch, Stuart David, Isobel Campbell, Chris Geddes, Richard Colburn, Sarah Martin en 1996), il offre son talent d’auteur-compositeur dès 1998 et ses chansons sont intégrées aux albums. Stevie Jackson est un personnage, un artiste drôle, attendrissant et impressionnant qui au sein des B&S tient un rôle de pierre angulaire. En bonus, il se dévoile comme un grand compositeur en signant les musiques et paroles (en les interprétant aussi parfois) de Seymour Stein, Chickfactor, The Wrong Girl, Jonathan David, Wandering Alone, Roy Walker, Step Into My Office Baby, I Believe in Travellin' Light, To Be Myself Completely, Song for Sunshine, I Took a Long Hard Look (clin d’oeil à Syd Barrett), Mr Richard, Long Black Scarf, I'm Not Living in the Real World.


BELLE & SEBASTIAN - THE WRONG GIRL

Stevie Jackson signe enfin son propre album I can’t get no, sorti le 24 Octobre 2011 et s’envole le présenter en tournée dans le Royaume-Uni mais aussi en Allemagne, Belgique et France (le Divan du monde le 21 nov 2011).
I can’t get no est un grand album, qui fourmille de références, de clins d’oeil à ses passions. Stevie Jackson est un spécialiste ès-Beatles ( spéciale dédicace à mon ami Stuart dit Stubaloo), également fan de Bob Dylan, passionné de la France et des sixties. Les 12 titres qu’il compose sont exquis, ornés d’une atmosphère pop, fleuris d’instruments. Il chante et joue de la basse, de la guitare (qu’il n’avait pas ressortie depuis Tigermilk), de l’orgue, du piano et des percussions. La plupart des titres sont écrit par Stevie Jackson, d’autres à quatre mains avec son ami Roy Moller, et d’autres en équipe avec ce qu’il appelle The Company qui comprend les membres des Belle & Sebastian, ainsi que des artistes amis qui jouent du cor, du violon, violoncelle, du sitar, du glockenspiel, batterie, accordéon, de la viole, de l’harmonium etc. Les thèmes se déclinent au fur et à mesure de l’écoute, de l’envie de danser, de sourire, puisés avec finesse dans l’amour, la musique, la pop sixties, la littérature, le virtuel d’internet.

Pure of Heart


Le premier titre Pure of heart, qui bénéficie des coups de main de Katrina Mitchell (Pastels) à la batterie, de Bill Wells (Arab Strap) à la basse, est une splendeur pop où Stevie Jackson chante «From boy to man, the awkward stance, the guitar chords and also-rans, The brown suede for the 60’s look».
Suit Just just so to the point, dansante, groovy et où la basse de John Clark resplendit, une ribambelle de violons, de percussions, la voix et la sitar électrique de Stevie évoquent les vikings, le voyage, «Like Hemmingway would always say, “ Hey, you know, you know that the Man makes the work” Your naysayers don’t get your groovin’ as your reaching for your elephant gun».

Try me est une chorale pop : Sarah Martin, Chris Geddes, Bob Kildea, et Bill Wells, Katrina Mitchell, Roy Moller qui en choeur avec Stevie entonnent «Don’t vote where you don’t belong, the theme of this song is Try Me, I wish it was 1964, I’m still stuck in ’63 maybe next year Try Me, Try Me».

Try me


Dans Richie now, Rose Melberg (Tiger Trap, Go Sailor, Softies) vient prêter sa voix "He has every Beatle record and me I only had one…The ‘Twist and Shout’ EP from 1963, He talked of ‘Rubber Soul’ and wonder would unfold. At lunchtime we played our guitars, We dreamed of being stars."
Suivent les excellents Dead man’s fall avec la participation du canadien Kurt Dahle, batteur des New Pornographers, Chris Walla, Death Cab for Cutie, The Organ etc, Bird’s eye view est écrite avec Nicola Atkinson et Gary Thom pour la sauvegarde du village green de Dunfermline en Ecosse.

Man of God poursuit avec toute la Company, une armée d’instruments et de voix, le travail d’écriture et d'interprétation du titre avec Roy Moller est décrite par Stevie ; It’s funny to think of us in the same room, trying to seduce the same woman with dim lighting and some 70’s Soul records. In reality, the girl would probably soon get bored and leave, as we’d end up talking about Beatles’ b-sides or something. Tous les deux s’en donnent à coeur joie en chantant «Hear the voice of Donny Hathaway and the Detroit Emeralds, Playing on my turntable for you, And the Love Unlimited

Man of God


Kurosawa, est un titre splendide avec Aby Vulliamy à la viole (et accordéon dans la suivante), Yuko Takemoto au chant avec Stevie et ils sont accompagnés de la Company tout comme dans Where do all the good girls go qui est un hymne à la France où Stevie chante «Chemin de fer may now take me there, En route to Julie Greco, Commencement, Arrondissement, super intellectual, Philosophise, ‘neath Parisian skies, Dans le café Les Deux Magots»

La même Company assure dans le morceau nostalgique Telephone Song qui évoque les débuts de musicien de Stevie quand il était jeune «Playing her records, dreaming her wishes, Now I’m running with my group, I’m feeling alright, being chased by the rain like ‘A Hard Day’s Night’».
Press send est une gentille moquerie des communications virtuelles sur le net, balancée sur des notes gaillardes et pop exécutées par la Company et qui annonce l’épilogue fantastique Feel the morning qui clôt avec élégance et classe l’ensemble des titres «The more I saw her, I can’t forget her under Saturn’s Moon, Stars are flying, past my window, morning comes too soon»

A vos casques ou à votre musique à fond dans le salon pour découvrir I can’t get no (en free streaming sur son site encore 7 jours!) avant d’aller accueillir Stevie Jackson à Paris le 21 Novembre prochain !
StevieJackson

to be myself completely


roy walker

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lundi 24 octobre 2011

The Lighthouse and the Whaler

Jeune groupe de Cleveland, The Lighthouse and the Whaler est mis en place à l’origine par Michael LoPresti, chanteur, guitariste et pianiste, son frère Matthew LoPresti, batteur, percussionniste et par Aaron Smith qui est violoniste et pianiste.

Ils sortent en 2008 le premier EP A Whisper, a Clamour,  partent en tournée, présentent leurs chansons et composent l’album éponyme dans la foulée en 2009. C’est sur les routes que The Lighthouse and the Whaler rencontre les deux nouveaux musiciens qui font désormais de la troupe, le bassiste Steve Diaz et Mark Porostosky, mandoliniste et guitariste. 
Ils s’inspirent d’une certaine littérature pour écrire leurs paroles et particulièrement de Moby Dick pour le nom de groupe et le thème développé dans l’opus The Lighthouse and the Whaler.

UnderMountain,UnderGroundmp3

Mélodiquement, cela balance entre du folk américain, légèrement country et de la pop avec des orchestrations de cordes élaborées, savamment construites pour toucher le genre indie-pop ou chamber-pop. Les sonorités ondulent entre la guitare acoustique ou rock, une mandoline moderne, des partitions de violon très harmoniques, du metallophone espiègle et un piano subtilement aiguisé.
La voix sublime de Michael, les arrangements impeccables des titres, attirent l’attention de MTV, de Paste, Spinner, divers médias comme les radios et la télévision qui passent les single White Days et Under Mountain, Under Ground en boucle ; Les festivals pop-rock américains et canadiens les invitent, des groupes, The Dodos et Sufjan Stevens, les convient en tournée. 

The Lighthouse and the Whaler sortent actuellement un single, Venice, en amont du second album, This is an Adventure qui sortira en 2012 et a été enregistré avec le support de Ryan Hadlock, ingénieur son des Strokes. A découvrir sur le site de Paste Magazine ou Daytrotter.
TheLighthouseAndTheWhalerSite

dimanche 23 octobre 2011

Goastt

Parce qu’apparait un cliché d’eux pris par un photographe français en double page dans un Vanity Fair, parce qu’ils ont écrit une chanson appelée Jardin du Luxembourg, on dit de leur style qu’il est typé music pop psyché française des années 60 (le Vogue Italien le qualifie de 60s French Pop and Folk Pops' Bohemian Gypsie atmosphere). Je ne trouve pourtant pas de corrélation entre Annie aime les sucettes ou encore J’entends siffler le train et les Goastt. S’ils me font penser à un couple musical c’est à Lee Hazelwood et Nancy Sinatra, à Johnny Cash et June Carter, ou encore aux Wings (Paul et Linda Mc Cartney), aux récents duo Rue Royale formé de Ruth et Brookln Dekker ou She & Him avec Zooey Deschanel et M. Ward.



Goastt ( The Ghost of a Saber Tooth Tiger), c’est le nom donné au duo formé de Sean Lennon et sa compagne Charlotte Kemp Muhl. Tous les deux sont multi-instrumentistes, ils jouent du vibraphone, de l’accordéon, du piano, de la guitare. Ils se rencontrent en 2004 et touchés par la flèche de Cupidon, se mettent à composer, à étoiler leur histoire de mélodies. Les chansons, présentées dès 2009 en live sont finalement enregistrées en version sessions acoustiques en 2010. Après l’EP deux titres, suivi du single Jardin du Luxembourg, l’album de sessions acoustiques contient 9 titres dont les premiers cités. Le genre est pop folk, tantôt psychédélique dans les accords qui évoquent Syd Barrett. Les titres sont essentiellement des balades où les voix de Charlotte et Sean, brutes, cristallines, offrent un mariage sonore parfait et où la guitare de Sean Lennon remplace aisément à elle seule l’accompagnement d’autres instruments. Du haut de ses 35 ans, Sean Lennon est un guitariste et un auteur détonnant. Il a bel et bien hérité de l’inspiration, du talent de création, de l’immense musicalité de papa John.
siteTheGoastt

jeudi 20 octobre 2011

Cass McCombs

Le ménestrel américain Cass McCombs revient cette année avec deux nouveautés, j’écrivais sur lui en 2008 : Il aurait pu tenir le rôle principal dans Into The Wild, le film de Sean Penn. Cass McCombs voyage à travers les USA, de sa Californie natale, par Baltimore, puis New-york et enfin Chicago. Ce jeune artiste de trente ans est un electron libre.
Un peu manièré, sa fragilité planquée derrière ses lunettes de soleil, ce songwriter est non seulement un excellent musicien, mais il est aussi spirituel et drôle. Il fait penser tour à tour à Elliott Smith, Morrissey, Lou Reed...Cela donne une idée sur l'atmosphère qui règne dans ce 3ème album fraichement sorti Dropping the Writ. C'est le disque le plus pop après le 1er A en 2003 et Prefection en 2005, un bouquet de mélodies élégantes et accrocheuses.



Depuis, l’auteur-compositeur continue sa route avec Catacombs, paru en 2009 et dont les morceaux riches de guitares sur son chant vaporeux le rapproche encore plus de l’univers et l'intensité d’Elliott Smith.
En 2011, Cass McCombs, plus grobe-trotter que jamais, travaille entre la Californie, Chicago et New-York avec son fidèle ami producteur Ariel Rechtshaid et enregistre deux albums : Wit's End sorti en Avril et Humor Risk qui sortira le 8 Novembre prochain. Tous les deux montrent son talent énorme de composition, étant variés de sonorités et de thèmes comme les sentiments, la vie américaine, le voyage, la musique, avec nombre de repères littéraires qu’il maitrise.



Dans A knock upon the door sur Wit’s End, Cass McCombs chante The tired minstrel, leaving town, heard the Muse’s weeping, He turned up the Elvis tape in his grey car. Avec des allégories, des métaphores, il dévoile son quotidien d’artiste toujours avec humilité et dignité : You scoff at my card, Guess I’m no Abelard, “I don’t know…” just how far is Beulah, Would only to song, weren’t indulgent and wrong and shadow a long twilight, Always to play and sleep through the day for music and night et souligne aussi ses aventures dignes de l’amiral Byrd dans County Line: On my way to you, old county, Hoping nothing’s changed, County Line, I left so far behind.
Alors que Wit’s End est habillé de choeurs, d’orgues géniaux, d’une rythmique langoureuse sur les accords absolument émouvants de guitare, Humor Risk qui arrive bientôt dans les bacs est encore plus dansant et  ce en partie grâce à la participation de Rostam Batmanglij du groupe Vampire Weekend qui a apporté sa patte sur le titre Robin Egg Blue.

Cass McCombs - Robin Egg Blue (Gun Drum Mix) by DominoRecordCo

Wit’s End est un album tout en émotion, dans la voix, les textes, la délicatesse du piano, les arpèges de guitares puissants qui fournissent l’instrumentation travaillée et brillamment exécutée. Depuis 2009, les titres de Cass McCombs fourmillent dans des films et documentaires. L’artiste, qui a l’âge biblique de 33 ans , partage la scène avec nombre de groupes : Band of Horses, Cat Power, Bonnie 'Prince' Billy, Andrew Bird, Blonde Redhead, Modest Mouse, The Decemberists, Arcade Fire, Peter Bjorn and John, Papercuts, Fiery Furnaces, Jose Gonzales, The Shins, Iron and Wine, etc. Jugée introvertie parce qu’il fait preuve de grande discrétion, la personnalité de Cass McCombs rayonne pourtant dans ces deux magnifiques albums à vous procurer et à savourer.
CassMcCombsSite

Cass McCombs - The Same Thing by DominoRecordCo

jeudi 13 octobre 2011

Mocca

Groupe de pop indonésien de 1998, dont les membres initiaux Arina Simangunsong au chant, clavier, flûte et Riko Prayitno à la guitare, rejoints l'année suivante par Toma Pratama, bassiste, et Indra Massad, batteur, les Mocca proposent une pop joyeuse, savoureusement fraiche.
C’est en 2002 que Mocca sort son premier disque My Diary, album concept qui narre la vie d’une jeune fille, ses amours, ses désillusions, et comme l’indique simplement le titre, son journal intime. L’album sera salué par le magazine Rolling Stone qui le classe dans les 150 meilleurs disques indonésiens de tous les temps. Suit l’album Friends en 2004 et le groupe qui se fait connaitre essentiellement en Asie, parait sur une compilation pop distribuée en Europe en 2002, Delicatessen, qui séduit les amateurs du genre et qui  également retient l’attention de labels. Leurs titres, ornés de trompette, de saxo, de claviers et trombones sont fournis et très dansants. 



En 2006, ils signent le titre I Would Never en collaboration avec Karolina Komstedt, chanteuse du groupe pop suédois Club 8. Club8PiggledyPop
Dès lors, la renommée de Mocca va en grandissant et ils offrent des concerts en Malaisie, en Corée, en Suède et au Japon, où ils trouvent un autre label, Excellent Records, pour peaufiner l’album Pop Renaissance.
En 2007, c’est la sortie de Colours, encore plus fleuri, swinguant sur de la bossa, des airs disco rythmés et influencé par les sixties et seventies, qui les emmène en tournée partout en Asie jusqu’en juillet 2011 quand le groupe annonce la fin de l’aventure.
Si vous êtes passés à côté de Mocca, glissez les discrétement dans votre discographie, ça vaut son pesant pop d’or.
MoccaMyspace

jeudi 6 octobre 2011

Eureka Birds

Eureka Birds est un groupe de cinq musiciens mené par Justin Levy, qui compose les morceaux, joue du clavier tout en chantant. En tournée depuis la sortie du premier EP, Eureka! en mars dernier, Justin est accompagné par Scott Hesel qui est à la batterie et à la basse, parfois joue les deux en même temps avec une baguette dans une main taquinant les cymbales tandis que l’autre main pince les cordes de la basse. Lors de ces concerts impressionnants de technique, Dami Soh assure ses partitions de violoncelle quand Nathan Royer s’exécute à la trompette. Dave Rogoza peut quitter momentanément sa guitare, faire un solo de kazoo ou se mettre à la batterie (le batteur est la plupart du temps Dan Vellucci), alors que Justin Levy joue des partitions psychédéliques dignes des Yardbirds à l’orgue.




Le show est garanti avec les Eureka Birds et la qualité musicale n’y perd absolument rien, au contraire. La maitrise des instruments, la dextérité, l’inspiration, qui rend hommage par exemple à Houdini, inondent les titres pop du groupe originaire de Baltimore. Les arrangements sont profondément travaillés, les harmonies sont solides, alternatives dans Cactus Man un peu velvetien, nourries de pop dansante dans There was light. La cohésion est vivante au sein du groupe qui chante en choeur et propose des partitions simultanées fantastiques, quand se mêlent violon et orgue aux guitares dans Sarah (Sits and cries), créant une somptueuse ambiance chamber pop et évoluant vers du son psychédélique dans That Mountain Is a Volcano.



Eureka! est une belle réussite de 6 titres des jeunes Eureka Birds qui je l’éspère passeront le présenter en Europe.
siteEurekaBirds

mercredi 5 octobre 2011

Sunday Sunday

Sunday Sunday est le pseudonyme ensoleillé de Gilles Mallet qui sort le splendide album The Death of Johnny H en 2010. Le disque est un véritable phénomène phonique, l’artiste est un personnage atypique dans le paysage musical pop français. Multi-instrumentiste accompli et très complet, Gilles Mallet n’est pas un jeune premier puisqu’il jouait auparavant au sein du groupe Polyethylene et il orne désormais en solo Sunday Sunday de multiples sonorités et ambiances . The Death of Johnny H. est comme un film qui déroule ses séances, au fil des 13 titres, avec des textes travaillés et poétiques. La voix de Gilles est ronde, d’une justesse absolue sur les mélodies lumineuses. Au prime abord, le mariage piano-voix cristallin et l’intimité dans les mots évoquent l’univers de Chris Garneau. Puis en poursuivant l’écoute, battant la rythmique en crescendo, tour à tour en écoutant les titres Bank, Perhaps, New Gold Star, on retrouve du son Beatlesien, quand John Lennon touche par sa perfection vocale, ou encore Bob Dylan dans les partitions folk, de la beauté mélancolique rappelant Nick Drake.



La douceur balance avec le tempo et avance en osmose avec les textes, de manière osée, inspirée. Après la magnifique Northern Star, Coffee emmène malgré son titre dans un moment hypnotisant. La guitare électro-acoustique de 2 many people, suivie de la basse, la batterie et le piano, enrubannée dans le grain de voix de Gilles, joue une composition digne d’une ritournelle d’Elliott Smith. Idem pour Bruce Wayne, où la guitare chevauche sur le tempo du metallophone dévergondé. A radiolise in my acid stomach me rappelle l’atmosphère de Sigur Ros, une voix celeste qui se confirme plus grave et intérieure sur Beautiful Grave Sunday Sunday brille et où Gilles Mallet se révèle plus créateur que jamais. At your funeral explore la ballade avec le synthé qui devient psyché sur les mots plus mordants au fil du déroulement de The Death of Johnny H. qui est un album incroyable, une fleuraison de titres qui s’écoutent sans parcimonie. Le final I know i am a lake est une composition d’orfèvre, à l’image de l’album qui est un astre mélodique. Signé sur Katatak, Sunday Sunday s’ouvre un cap et un horizon pop avec encore de beaux jours devant lui.
SundaySundayMyspace