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dimanche 30 septembre 2012

Gruff Rhys

Gruff Rhys est la personnalité du groupe Super Furry Animals depuis 1996. Son aventure solo qui prend forme en 2005 avec l’album Yr Atal Genhedlaeth révèle un des plus grands talents gallois en matière de création de mélodies pop. Il dévoile un don pour l’écriture avec des textes poétiques, un talent inouï pour composer des airs alternatifs contemporains. Véritable tête pensante de la pop, il nourrit ses textes de références littéraires, historiques, orne ses chansons d’instruments divers, piano, orgue, guitares, trompettes, banjo et placés de façon éclectique, ils lui dessine un profil de troubadour psychédélique. 


Yr Atal Genhedlaeth et ses textes uniquement en gallois qui parlent d’amour et de la génération «contraception» est suivi en 2008 par Candylion, album classé au panthéon des disques Piggledy Pop. Les paroles en anglais truculentes, ravissantes, sont mises en valeur par une instrumentation originale et élégante. Violons, flûte, trompettes, violoncelle, stylophone, tambourin, cloches, synthétiseurs, guitares se côtoient gaiment et fraichement. Un psychédélisme délicieux et pastoral accompagne une balade digne du far west pour une chanson de rupture sur Lonesome Words qui précède Cycle of violence, où le rythme des flûtes traversières galopes sur les arrangements de violons. Le jazzy mélancolique Painting People Blue est suivi par le grandiose Beacon in the DarknessGruff Rhys étincelle par son interprétation classe et touchante sur des guitares country. L’harmonica planant nous entraine en voyage dans The court of King Arthur et on finit par décoller avec le dernier titre de 14 minutes, Skylon, histoire pharaonique à bord d’un avion qui balance dans tous les sens du terme commençant par l’annonce: Candy Airlines welcomes you aboard the flight, F-U-N, To, Nirvana.


En 2011, Gruff Rhys jamais déséché, toujours inspiré, offre le génialissime Hotel Shampoo. Fini le mal de coeur et la rupture sentimentale, l’artiste de nouveau en selle, signe un album aérien, lumineux et mordant. Alternant les mélodies pop, toutes aussi parfaites, les violons et les trompettes, les textes d’une beauté lyrique riches de métaphores, Gruff Rhys s’impose avec ce troisième bijou comme un des meilleurs auteurs-compositeurs pop de cette décennie. Partageant un duo somptueux sur Space Dust #2 avec la chanteuse d’El Perro Del Mar, l’équipe qui travaille à ses côtés est toute aussi splendide : Sean O’Hagan des High Lamas qui est aux arrangements de cordes et Miles Kane à la guitare. Il y a aussi des pointures comme David Ralicke, saxo, trombone, cor, trompette qui joue avec Charlotte Gainsbourg, The Bird and The Bee, Ben Harper, Beck ou encore de la clarinette avec les Flight of the Conchords


Le premier titre de l’album Shark Ridden Waters offre un sample de Hal David et Burt Bacharach que le Gallois admire et l’ensemble des titres exquis d’Hotel Shampoo montre que Gruff Rhys par sa création et son inspiration devient à son tour un mentor et une référence. En livrant le morceau pop-psyché Christopher Columbus, Gruff Rhys passionné d'histoire, part en tournée depuis le mois d’Août sur le continent américain, jouant de Saint-louis à Philadelphie, respectant le tracé qu’a suivi l’explorateur gallois John Evans de 1792 à 1799 le long du Missouri, à la recherche d’une suspecte tribu d’indiens gallois. Gruff Rhys n’a décidément pas fini de surprendre et sa prochaine production est fort attendue. GruffRhys

 

jeudi 27 septembre 2012

Lake

Apparu en 2007 avec un opus éponyme, Lake, originaire de l’état de Washington, compose des mélodies indie-pop, coincées entre la pop orchestrale et la twee-pop. Ses cinq membres sont Ashley Eriksson et Eli Moore qui forment le duo Eli & Ashley, Lindsay Schief qui forme l’excellent groupe Solid Home Life avec son acolyte Greg Olin de Graves, Andrew Dorsett et le dernier arrivé Markly Morrison
Une fois leurs violons accordés, les cinq musiciens produisent un deuxième superbe album en 2008, Oh, The Places You'll Go qui laisse apparaître leur prodigieuse musicalité. Lindsay Schief qui a commencé dans la formation à la batterie et désormais la bassiste et participe à l’écriture, par exemple en signant Gravel, titre sur le troisième volet de 2009, Let's Build a Roof qui leur offre une belle notoriété.


Ashley Eriksson et Eli Moore qui roucoulent au micro sont un couple d'amoureux dans la vie et ensemble écrivent les textes, composent les chansons au piano et à la guitare, en saupoudrant les harmonies de flûtes, de synthétiseurs, d’harmonica et de divers cuivres. Leur style valse entre la pop psychédélique des Beach Boys, la pop sucrée des Heavy Blinkers.

Lake sort en avril 2011 son dernier bébé, Giving and Receiving, plein d’influences telles que Steely Dan sur Roger Miller, The Essex Green sur Stars, et deux ressemblances notoires comme les Dave Mattews Band avec leur titre Crash Into me sur Pilgrims Day et Ruff Rhys avec son titre Candylion sur Skeleton Costume. Sans parler de copie, on supposera donc qu’il s’agit d’un malheureux hasard ou d’inspirations intenses de la part de Lake qui annonce d’ores et déjà deux sorties de disques pour 2012; Reste à surveiller ces nouveautés. Lake

 

vendredi 21 septembre 2012

Noah and the Whale

Quintet pop folk de Londres, Noah and the Whale qui n’a pas d’actualité ni désormais besoin de couverture médiatique, mérite que ses trois disques sortent de temps en temps des fagots. Charlie Fink est au chant, ukulele et guitare, Michael Petulla à la batterie, Matt Owens alias Urby Whale à la basse, Fred Abbott au clavier et à la guitare électrique et Tom Hobden au violon. A ses débuts en 2008, le groupe qui compte des choristes comme Emmy the Great et Laura Marling, compose des mélodies folk avec une dominante de cordes, mandoline, guitares, ukulele et des voix féminines en fond accompagnant la jeune voix majestueuse de Charlie Fink. Le single 5 Years Time, plus pop et dansant que les autres, les distingue illico sur les radios et porte leur opus Peaceful, the World Lays Me Down dans les meilleures ventes anglaises.

  

En 2009, les choristes féminines quittent le navire sans que cela soit pour autant un manque à gagner, Noah and the Whale sort un second album The First Days Of Spring qui est en si peu de temps après, magnifiquement inspiré et orné d’arrangements symphoniques comme sur Love of an Orchestra. Tandis que Peaceful, the World Lays Me Down est un album amoureux, The First Days Of Spring est un album de rupture. Wikipédia révèle qu’une des choristes en partant aurait brisé le coeur de Charlie Fink (mais cela ne nous regarde pas). Donc, Charlie Fink écrit des textes somptueusement nostalgiques et touchants en ayant perdu sa muse, les interpréte avec sa voix en dessous de la tonalité, lui donnant un effet désabusé excellent dans My Broken Heart, qu’on lui espèrerait presque une floppée de deceptions amoureuses «You can give up anything when you're following your heart, I never had the time to show I could depart, with my whole being, go back to the start, Oh I promised more in vows then I ever give with my heart, But I’ll be Lonely again.»
  

En 2011, Noah and the Whale signe sa troisième production Last Night on Earth, plus rythmée, electronique, tenant plus de Springsteen que du Velvet Underground, deux de leurs influences. J’y suis moins sensible parce que le pop folk disparait derrière du mainstream mais l’album semble être une réussite,  qui plait et séduit puisque la formation continue de jouer dans des festivals de renom et assure nombre de concerts. Le single Life is Life, remixé par le français Yuksek, montre à quel point Fink s’éloigne de Tom Wait, de Bob Dylan, de Lou Reed et son Berlin, ses références. Je ne sais pas s’il y a du positif dans le changement mais en attendant leur prochain album, ces cinq fans de Wes Anderson sont présents dans moult bandes originales de séries, de films et dans les publicités, continuent de gagner une renommée. Récemment, j’ai découvert leur titre 5 Years Times sur la bande originale de Let my people go, film original de Mikael Buch qui sort des sentiers battus, à voir. 

dimanche 9 septembre 2012

Marthas & Arthurs

L’idée des Marthas & Arthurs murit en 2010 autour d’un feu de camp. Les Arthurs, Matt Hart et Tom Ball, les Marthas, Mary Douglas et Esther la soeur de Tom, forment le projet en famille et composent le single vinyle Sally Started It All qui est suivi en janvier 2011 par l’EP Apes in Aeroplanes. Dans la veine des Mamas & the Papas, les titres ornés de flûtes, de trompette, d’accordéon, de xylophone, d’autoharpe, de tambourin, claviers et guitares nous emmènent irrémédiablement dans l’univers pop des Belle and Sebastian. Marthas & Arthurs venant de Herefordshire savent alterner avec des airs pop british et folk américain, sophistiqués ou plus roots, sur des textes poétiques menaient au banjo par exemple sur Who Will Marry Me? 


A l’écoute de The Hit World of ... le premier album du quator anglais paru en avril 2012, la richesse des harmonies et des instrumentations surprend d’un titre à l’autre. Les quatre voix s’allient sans fausse note, le chant très harmonieux créant une atmosphère bucolique et champêtre; les 11 titres sont des odelettes à la pop pastorale et symphonique de Abba, aux enfants de la country les Everly Brothers, offrant en bonus un hommage aux Stones Roses avec la reprise de Shoot You Down


Les balades pop pleines d’esprit par un côté frondeur country mais jamais séditieux offrent même un écho amusant et rafraichissant. Les mélodies d’accordéon sur I Won’t stop flirtent avec les violons, avec le xylophone, les tambourins sur Hey Ho, Ho Hum, What Fun, les somptueuses guitares sur Vine Leaves In Her Hair, les flûtes lyriques, le clavecin sur Clamour For A Fudge, les chants d’oiseaux sur Barberosophy, les trompettes étincelantes sur Awkward Holidays. Je conseille fortement cet excellent et charmant album pop The Hit World of ...des prodigieux Marthas & Arthurs, classé évidemment dans les meilleures sorties 2012 mais aussi dans l’empyrée des albums Piggledy Pop. Marthas&ArthursBandcamp

 

vendredi 7 septembre 2012

Zoos Of Berlin

Originaire de Detroit, Zoos of Berlin, groupe fondé à l’initiative de son chanteur Trevor Naud ancien Pas/Cal et le bassiste Daniel Clark, comprend depuis les débuts, le batteur Collin Dupuis et le pianiste, clavier et clavecin, Will Yates. Le style des Zoos of Berlin valse entre la sunshine-pop et la pop baroque. Le rythme tantôt rétro, tantôt sophistiqué moderne et l’univers musical oscille entre le disco, l’electro-pop et le rock. Les compositions signées de Trevor avec Daniel sont tigrées et alternatives par leurs influences, les Beatles, Guided by Voices, Abba, Bowie, Hendrix, Elliott Smith, et Tchaikovsky, Debussy pour Will. Tout ce cocktail musical s’acclimate dans les 11 titres du premier album en 2009, Taxis. Les Zoos of Berlin participent à l’enregistrement de l’album de reprises de Bowie Life beyond Mars, avec la collaboration de Carl Craig pour qui travaille leur batteur Collin Dupuis, ingénieur son. Chaque personne du groupe offre son savoir-faire, Trevor offre des harmonies vocales délectables qui mettent ses textes en valeur comme son âme-soeur Daniel qui écrit, compose et chante, Will Yates qui joue dans plusieurs formations du Michigan comme les Javelins, crée ses solos de claviers et apporte sa touche aux compositions, Collin donne le rythme en tant que batteur mais aussi derrière la console. De manière homogène, les quatre musiciens sont créatifs et leur musique nourrie de leurs expériences respectives en devient exotique, dynamique et mutante. Depuis le 4 titres Pallister Chant de novembre 2011, Piggledy Pop fait le pied de grue pour les nouveautés des Zoos of Berlin qui devraient bientôt pointer le bout du museau. A suivre.
ZoosOfBerlin

mercredi 5 septembre 2012

The Library

C’est après son groupe The Mayflies, en Caroline du Nord, qui a fait paraître trois albums de 1997 à 2002, que Matt Long déménage à Brooklyn et fonde les The Library. Il s’entoure du guitariste Jeremy Burnworth, du bassiste des The Comas, Jason Caperton, du batteur Eric Puente et du guitariste leader des Seamonsters, Blake Courlang ainsi que de Jennifer Hutz aux choeurs. Bien que The Mayflies splite et signe son dernier album en 2002 Walking in a Straight Line, enregistré avec la complicité du producteur de Mercury Rev, le groupe se réunit sur scène en 2007, 2009 puis en 2012.
Dès 2009, The Library signe un premier EP de 6 titres et prend son envol avec des mélopées pop de la veine des Mazzy Star, Chapter House, Belle & Sebastian, Ride, Teenage Fanclub ou encore The Clientele. Entrainantes ou mélancoliques, les chansons sont ornées de flûtes, d’harmonica, de banjo, de trompettes et d’un arsenal de guitares et claviers. La voix parfois tendue et aigue de Matthew Long colle à la perfection aux titres dream-pop, intimistes parfois psyché de The Library dont il griffe tous les titres de sa personnalité. La même année, paraît l’excellent The Life and Times of Rosa Lee

En août 2011, Matt Long réitère avec ses compositions surprenantes, des titres efficaces sur tous les plans. Les paroles touchantes, poétiques aux allures brit-pop sous le manteau new-yorkais sont tout autant surprenantes. Trompettes et violons se côtoient joliment sur l’album de 12 titres, The King Of Silverlake. La guitare de l’opus Sometimes I wish rappelle l’élégance délicate des accords d’Elliott Smith. Le dansant When I loved You est fourni de pedales steel et d’une rythmique qui, comme dans Starry Eyed Circus Band, forment deux gaillardes baladelles pop jusqu’au soft et langoureux piano de The King Of Silverlake. Sheila redonne une certaine fougue psychédélique et rock à l’écoute avant le nostalgique All About The Big Nothing, interprété avec des rondeurs dans le chant et de la finesse dans les mots.

Ecouter : WishIKnew

Le banjo presque courtois, brillant, de 6am Sunset Blvd est une ode amoureuse à l’aube. Le soleil se lève avec délicatesse dans le titre qui suit It’s Sunny When You Make Believe, plein de tambourins, d’arpèges de guitares, de choeurs ensoleillés qui flirtent avec les percussions, évoquant les Kinks, et fait place à une promenade digne des Badly Drawn Boy, avec de l’éspèrance dans les trémolos, I still Believe. 6 Days in Madrid et le dernier morceau Follow Me Down, sentimentaux, troublants, pourraient aisément faire partie d’une nouvelle BO de High Fidelity, tant dans le sens des textes que dans le format musical qui se classe avec brio entre les sons britpop des années 80 des Smiths ou de XTC et la nouvelle vague pop psyché des Gorky’s Zygotic Mynci et des Apples in Stereo.