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lundi 29 octobre 2012

Marking Marks

Making Marks commence en 2007 avec le ep Songs in A Major sous le nom de Mylittlepony et ce quartet norvégien joue ses chansons à travers l’Europe, arpente la Suède, le Danemark, l’Allemagne, l’Autriche, la France, mais aussi les Etats-Unis et le Canada. En 2008, le premier album Think Too Much remporte un franc succès, reçoit la distinction du meilleur album international remise en Espagne par le Premio Pop Eye. Le chanteur auteur-compositeur Ola Innset amène une belle touche d’inspiration et de classe à ses compositions, dans la veine de la pop des Belle and sebastian, orchestrale, pastorale, méthodiquement mélodique. Mylittlepony consacre l’année 2011 à accompagner d’autres groupes amis sur scène comme les Allo Darlin’, Smittens, Wave Pictures ou encore Darren Hayman et enregistrent Making Marks, deuxième superbe album. Ola le leader, joue de la guitare, chante et crée le groupe à l’origine avec Simen Herning, s’entoure de Jørgen Nordby batteur et de la chanteuse clavieriste Nina Bø. Plus tard tandis que Simen quitte la troupe, ils forment Marie Sneve Martiniussen à la basse. Elle apprend à leurs côtés puis intègre le groupe qui prend en 2012, le nouveau nom de Making Marks, officialisé avec la sortie du ep Ticket Machine le 15 octobre dernier. Le disque parait en format vinyle, avec un bonus signé Johan Hedberg des Suburban Kids With Biblical Names. Pareils au magnifiquement ficelé Hard to be Good sur l’album Making Marks, les guitares sont sublimes, les harmonies vocales parfaites et les arrangements pop, avec tambourins, banjo, glockenspiel, violons et trompettes, rutilants. Les norvégiens changent de nom mais continuent de nous chouchouter les oreilles avec des chansons rythmées, sucrées, et élégamment écrites. Admirateur et fan de Paul Simon, Ola fait entendre cette jolie influence dans les titres 1943 ou Comic Relief, ronds de tendresse et de lyrisme. Making Marks offre des mélodies pop fines et absolument belles, à découvrir. MakingMarks

Marthas & Arthurs

Je chroniquais le 9 septembre dernier : L’idée des Marthas & Arthurs murit en 2010 autour d’un feu de camp. Les Arthurs, Matt Hart et Tom Ball, les Marthas, Mary Douglas et Esther la soeur de Tom, forment le projet en famille et composent le single vinyle Sally Started It All qui est suivi en janvier 2011 par l’EP Apes in Aeroplanes. Dans la veine des Mamas & the Papas, les titres ornés de flûtes, de trompette, d’accordéon, de xylophone, d’autoharpe, de tambourin, claviers et guitares nous emmènent irrémédiablement dans l’univers pop des Belle and Sebastian. Marthas & Arthurs venant de Herefordshire savent alterner avec des airs pop british et folk américain, sophistiqués ou plus roots, sur des textes poétiques menaient au banjo par exemple sur Who Will Marry Me?
La suite à lire là : Marthas&ArthursPiggledyPop 

Le 20 octobre 2012, les Marthas & Arthurs signent ce nouveau titre Dr Andrea qui nous rassure efficacement sur leur état de santé !

vendredi 26 octobre 2012

Cayucas

Zach Yudin est à la conquête des hautes vagues harmoniques. Ce musicien surfeur californien se débaptise cette année. Son projet solo s’appelait Oregon Bike Trails en 2011 et prend désormais le nom de Cayucas (nom d’une plage de la côte ouest). Aimant Paul Simon et les Beach Boys, Zach Yudin exalte le style sixties dans ses chansons, avec un talent inoui pour le song-writing sunshine pop. Les guitares energiques à la Dick Dale, les tambourins et cymbales vivifiants sur les mélodies estivales et bucoliques apporte un air mods, surf-pop à l’ensemble du Ep High Scool Lover sorti en format digital et vinyle en avril 2011. 



Le 16 octobre 2012, le doré Zach Yudin qui a pelé en Cayucas, accompagné de son frère Ben à la guitare, revient avec le single Cayucos. Les notes ensoleillées déferlent, les arrangements de choeurs font sensation et l’instrumentation de Zach est peaufinée avec délicatesse. Les californiens déroulent une dizaine de titres denses et aboutis qui annoncent un album pour 2013 surement le plus accrocheur de l’année. Cayucas

 

mercredi 24 octobre 2012

Randolph's Leap

Dans la série écossaise, parce que chez Piggledy Pop on aime le shortbread ( oui, j’en connais qui vont se reconnaitre), il y a aussi ce jeune groupe détonnant qui sévit depuis octobre 2009 avec l’ep Seaside. Chant parfait avec l’accent des hauts plateaux et des landes scots, des chansons explosant de mélodies dignes de troubadours, les ep qui présentent les Randolph’s Leap débordent de musicalité. Les ménestrels empruntent le nom de groupe à une région du pays garni de pinèdes, de cascades, de falaises où cohabitent de façon joviale écureuils et mouettes. L’ambiance et le décor sont plantés. L’univers artistique de Randolph’s Leap, qui comptent six membres, est pastoral, champêtre et bucolique. Le ep Crisps parait en novembre 2009; L’ep Squeamish, dansant, fourni d’une flûte virevoltée sort en janvier 2010, avant la reprise Everybody Got d’Ivor Cutler, écrivain et poéte écossais qui tient le rôle du chauffeur du car dans le Magical Mystery Tour des Beatles sorti en juillet 2010 et qui sera suivi par l’ep Special en aout 2010. Enfin en novembre 2010, le bijou de cinq titres Battleships & Kettle Chips voit le jour. Difficile de dire si on accroche à Randolph’s Leap grâce au charisme du chanteur qui enveloppe les titres de sa voix d’or, ou grâce à la puissance des mélopées, variées, alternant les surprises, construites en évolution constante. Les cuivres, les cordes nourrissent les titres pop folk et le groupe avoue avoir enregistré ces cinq morceaux en 2009 déjà sur cassette pas par soucis d’esthétique old-school, de cliché vintage, mais parce qu’ils ne maitrisaient pas les technologies modernes. Cette simplicité, cette bulle d’air sincère loin du dandysme, donne de l’oxygène tout au long de l’écoute et leurs compositions en sortent grandies, plus honorables. Les Randolph’s Leap précisent même que «the EP was almost called ‘While My Catarrh Gently Seeps’ due to the mild cold suffered by singer Adam during the recording process». En mai 2011, dans la veine des Lucksmiths, swinguant de trompettes et de guitares, de claviers audacieux et psychés, sort le magnifique ep au titre de bon aloi pour des écossais, Counting Sheep. Février 2012, Randolph’s Leap qui compte huit personnes en son sein, Adam Ross au chant et guitare, Gareth Robert Perrie au claviers, Ali Hendry à la trompette, Iain Taylor à la batterie, Andrew MacLellan au violoncelle, Vicki Cole à la basse, Heather Thikey à la flûte et Fraser Gibson au trombone signe une génial The Curse of the Haunted Headphones comprenant 15 morceaux de plus délicieux et qui présagent du meilleur.

Sans tarder, la joyeuse bande de drilles fait paraître un nouvel album en juillet 2012 nommé Introducing … Randolph’s Leap qui présente les 11 titres des ep et une deuxième partie The Way of the Mollusc (tout un programme!) avec 9 nouveautés. Leur humour, leur niak mordante, la chaleur romantique des notes pop qui habitent chaque titre fait oublier la pluie des highlands et la poésie mutine des compositions donne envie de faire swinguer le tartan psyché du kilt. En septembre 2012 le groupe vient de signer un superbe disque As Fast as a Man que je vous invite à écouter et que Piggledy Pop classe au panthéon de ses albums. L’album, qui résonne comme la chanson de Roland, est un roman d’aventures, véritable floraison de mélodies et d’instrumentations, de charme dans les paroles. Cette clique de musiciens fait son chemin, certain et prometteur. RandolphsLeap

Aidan Moffat

La carrière d'Aidan Moffat est fleurie de projets, de collaborations, conséquente de chansons et d’associations. Né en Ecosse en 1973, il commence la musique au lycée, écrit très tôt ses morceaux. N’ayant pas un goût très affûté pour les études qu’il quitte à 17 ans, il travaille au sein d’un magasin de disques, puis en 1995, rencontre son alter-ego Malcom Middleton, avec qui il enregistre sur cassettes les premières démo pop de Arab Strap que le label Chemikal Underground signe dès 1996. L’album The Week Never Starts Round Here parait, avec Jenny Reeve au violon et Stacey Sievewright au violoncelle. Aidan Moffat chante, participe à l’écriture, joue du piano et de la batterie, tandis que Malcolm Middleton multi-instrumentiste, écrit la plupart des textes. Le tandem, magnifique, s’entend à la perfection, compose des musiques indie-pop suaves et sensuelles qui se mélangent à des textes parfois caustiques, sarcastiques mais aussi poétiques et amoureux. 


Arab Strap poursuit avec en 1998 Philophobia (sur lequel Stuart Murdoch, Sarah Martin et Chris Geddes apportent leur participation), le succès grandit avec en 2000, Elephant Shoe, puis un an après The Red Thread et en 2003 l’excellent Monday at the Hug and Pint. Le duo signe le dernier album en 2005 du nom évocateur de The Last Romance. L’amitié ne cesse pas pour autant entre les deux artistes qui travaillent toujours ensemble. Malcolm Middleton, depuis, signe cinq albums de son nom ainsi que sous le pseudo Human Don't Be Angry, et s’apprête à sortir un sixième album cette année. 
Quant à Aidan Moffat, après la séparation d’Arab Strap, il travaille avec Mogwai qui lui dédie un titre en 1999 Waltz for Aidan; il récolte l’admiration de ses pairs et autres messages de collègues musiciens comme Belle and Sebastian qui signe l’album The Boy with the Arab Strap en 1998. Il en va de soi, Moffat prend part au Reindeer Section en 2001, ensemble d’artistes écossais formé par Gary Lightbody de Snow Patrol, comptant les membres de Mogwai, The Vaselines, Belle & Sebastian, Idlewild, Alfie, Teenage Fanclub, mais aussi Eugene Kelly, Iain Archer etc..

En solo, Aidan Moffat sous son nom d’artiste Lucky Pierre propose Hypnogogia en 2002, suivi du plus instrumental Touchpool en 2005, puis Dip en 2007; Albums personnels, dont les compositions montrent son grand talent d’auteur, de musicien complet avec des instrumentations ornées de trompette, violon, violoncelle, piano, guitares et flûte. En 2011, c’est la consécration avec Everything's Getting Older qu’il concocte avec Bill Wells, bassiste, pianiste, guitariste de jazz influencé par Burt Bacharach, les Beach Boys et qui accompagne The Pastels, Isobel Campbell, Kevin Ayers, BMX Bandits entre autres. Everything’s Getting Older qui remporte The Scottish Album of the Year est un savant mariage de pop, de jazz, offrant la participation d’Isobel Campbell au violoncelle, Stevie Jackson à la guitare et Paul Savage au mixage. De style alternatif, la voix d’Aidan Moffat qui est au piano et à la batterie est toujours source de frissons. Porteuse de textes pleins de poésie, la délicatesse des mots va comme un gant à Aidan Moffat qui là, abandonnant le principe du caustique, laisse entrevoir de manière brillante et émouvante toute sa tendresse et sa complexité. AidanMoffat
  C’est caillouteux de tracer le parcours de cet auteur-compositeur à la voix renversante, artiste prodige au piano, qui signe d’abord avec Arab Strap puis sous le nom de Lucky Pierre, Alaho Hawaii avec Mogwai, les projets délirants de Human Don't Be Angry et The Angry Buddhists, ou encore sous le nom Aidan Moffat & the Best-Ofs, avec en bonus des participations à Emma Pollock, Loch Lomond, Daughters and sons, Okkervil River etc.

mardi 23 octobre 2012

The Soundcarriers

Avec de l'élégance dans les harmonies et leur jeu sur scène, du groove et du tempo psyché dans leurs mélodies, The Soundcarriers apparaissent en 2007 avec le single I had a Girl. Ces quatre dandy de Nottingham (hormis la chanteuse Leonore qui vient de Manchester) ornent leur univers musical d’influences sixties comme le Velvet Underground ou John Barry, y glissant une esthétique contemporaine évidente. Sur Harmonium qui sort en mai 2009, la basse, pulpeuse et céleste (sans Babar), dégaine des mains de Pish un psychédélisme soft sur une flûte jazzy, des riffs de guitares rock et un clavier disco plutôt dévergondé. 



Bijou sirupeux et stylé de 61 minutes, Harmonium décline des morceaux sunshine pop teintés d'un trip sonore hallucinatoire et voilé d’hippie’sme (sans cheval), où s’accordent claviers, harpe, stylophone, guitares et flûtes. Adam Cann compose, chante, joue de la guitare, de la batterie, Paul Isherwood dit Pish compose et joue de la basse, Dorian Conway est au mixage. Ce trio d’amis se connait depuis l’enfance. Un quatrième larron était à la naissance du projet, le guitariste Little Barrie, qui joue avec Morrissey et Primal Scream et qui est désormais parti et remplacé par Leonore Wheatley pour le chant ou quelques harmonies. 
  Le groupe en place sort l’album sophomore Celeste en 2010, moins fourni de chansons mais plus tourné vers le genre expérimental et ambiant, un voyage dans la twee, la soul, l’electro-pop et un groove sensuel. Hybride et kaleidoscopique, les genres entrecroisés y créent une qualité de mélodies pop, riches, cosmiques et colorées qui s’écoutent avec beaucoup de plaisir. Il y a 15 jours, The Soundcarriers passe en studio et nous offre un Boiling Point magique et envoûtant qui promet une suite fulgurante via un troisième album attendu. TheSoundcarriers

Admiral Fallow

L’amiral, auteur compositeur de Glasgow, s’appelle Louis Abbott. Il aborde sa carrière en 2006 sous le nom de Brother Louis Collective, fait paraitre un ep deux titres en 2008 avec Gipsy Girl et These Barren Years qui le lancera dans le sillage des Guillemots pour une tournée nationale. C’est alors que le projet prend le nom de Admiral Fallow. Louis Abbott à la guitare et chant, des mélodies plein sa besace, s’équipe et s’entoure d’un groupe de musiciens : Sarah Hayes, chant, flûte, accordéon, piano, Kevin Brolly à la clarinette et au clavier, Joe Rattray aux percussions et à la basse, Philip Hauge à la batterie. En 2009, Admiral Fallow et sa flotte propose un premier album Boots Met My Face. Louis Abbott y parle sans tabou de ses expériences personnelles, son enfance, ses bonheurs et ses déboires, dans une forme lyrique et poétique.

Admiral Fallow - Gypsy Girl

Agrémenté d’arrangements de cordes pop rock, les orchestrations de Admiral Fallow bondissent, s’envolent en crescendo et sont admirablement cousues d’un fil d’or mélodique. La voix de Louis Abbott délivre autant de fragilité que de force. Toujours dans l’émotion, les flûtes, le mélodica, le violon, la clarinette transforment le rythme rock des compositions en chansons pop orchestrale. Les accompagnements qui sonnent parfois champêtres croisent pourtant des textes qui traitent de thèmes violents comme sur Subbuteo qui relate l’épreuve traumatisante que Louis Abbott a dû traverser quand il avait 15 ans, attaqué dans la rue par deux types de son âge battu jusqu’à l’inconscience. Ce difficile épisode, la violence de la jeunesse, apparaissent aussi sur Dead Leg 'Cause that's youth today; They will fall on anyone in the name of having fun, Or is it pressure from you peers? As the cries fall on deaf ears, What have I done? 



Acclamé par la presse, l’album emmène l’équipée sur les routes aux côtés de Belle & Sebastian, Paolo Nutini, Adem, Felice Brothers, et sans arrêter de composer, Louis Abbott signe de sa griffe en mai 2012, un deuxième album, Tree Bursts in Snow. Un peu plus teigneux et rock dans le rythme, les textes révoltés sont aussi plus offensifs. Ayant gagné en confiance, Admiral Fallow et sa flotte ne se laissent plus marcher sur les plates bandes en griffant des titres solides, ornés de mélodica, de cuivres et d’instrumentations efficaces. Energiques, les chansons pop, folk traditionnel mêlé à des sonorités modernes rock, sont mises en beauté à l’enregistrement par Paul Savage, leader des Delgados, producteur de Franz Ferdinand, Mogwai et Teenage Fanclub et masteurisées à New-York par Greg Calbi, qui travaille avec Bon Iver et The National
Chaque morceau offre des harmonies différentes, parlant du gâchis humain provoqué des guerres ( Tree Bursts, Delivered), des méfaits de l’alcool ( The Way You Were Raised, Guest of the Government), des facultés de penser (Beetle in Box, co-écrite avec son amie Jo Mango), de se souvenir (Burn, Oh Oscar) et de la spiritualité (Isn't This World Enough? titre inspiré de la comédie de Tim Minchin). L’optimisme étincelle dans Tree Bursts in Snow proposant toute la musicalité de l’Ecosse dans la voix hautement gradée de Louis Abbott. AdmiralFallow


vendredi 19 octobre 2012

Jeremy Messersmith

Jeremy Messersmith est un auteur-compositeur qui plaira aux orphelins de Elliott Smith, dont je fais partie. Originaire de l'Etat de Washington, Jeremy joue très jeune de la trompette et puis découvre les instruments à cordes. Multi-instrumentiste, ses amis de la faculté de Minneapolis où il vit désormais avec son épouse Vanessa, ébahis par son charisme et son style, lui conseillent d'enregistrer un disque. Ce qu'il fait. Chez lui, il compose, écrit, enregistre dans son home-studio et fait circuler son disque empaqueté dans du papier "paper-bag". L'originalité de sa démarche attire l'attention du label Princess Records qui signera en 2006, le premier album The Alcatraz Kid.



A l'image des pochettes de ses disques, élégantes et naïves, Jeremy Messersmith compose de la pop minimaliste. Il saupoudre ses touchantes paroles de cor, de trompette, mélodica, glockenspiel, de guitare électrique et acoustique. Si The Alcatraz Kid est un bijou symphonique absolu, The Siver City, sorti en septembre 2008 frappe encore plus fort. Les 11 titres de l'album sont magnifiques. Ceux qui ont la chance d'avoir déjà vu Messersmith sur scène disent qu'il est impressionnant. Enroulé de câbles, immergé dans ses processeurs, il jongle avec les sons, fait des effets acoustiques de haute-voltige; réservé et discret, il attire l'attention et aimante son public. Le titre de l'album The Silver City annonce un ensemble de chansons dédiées à Minneapolis et ses gratte-ciel ( la pochette du disque et son château médiéval sont un clin d'oeil). Il nous y accueille avec Welcome to Suburbia et nous emmène en balade dans sa voiture avec The Commuter, au travers de Franklin Avenue. Si nous sommes accueillis pour une visite guidée de la ville, nous sommes aussi cueillis par le son du violoncelle de Skyway et la voix émouvante de Jeremy dans Virginia "the only state for broken hearts and lovers, the only place for starting over". Jeremy Messersmith signe un second album brillant et mémorable. 


Après avoir travaillé avec le producteur Dan Wilson, membre de Semisonic, Jeremy Messersmith revient le 4 mai 2010 avec son album The Reluctant Graveyard qui suit The Alcatraz Kid et The Silver City; L’artiste définit ce troisième chapitre comme la « life-cycle trilogy ». Le disque toujours signé chez Princess Records est excellent, chaque titre est béni des dieux de la pop. S’y trouvent des instruments variés, ses compositions griffées du son de Dylan avec de l’harmonica, des rythmes beatlesiens avec des cuivres, du tempo à la Kinks avec du tambourins et flûtes sur Repo Man, l’aura d’Elliott Smith illuminant les arpèges de guitares dans Tomorrow, des claviers et chœurs beach-boysiens comme sur Violet ou sur Deathbed Salesman. Les 11 titres de l’album sont différents, certains sont orchestrés de manière symphonique sans batterie, d’autres sont rock, pop, acoustiques; La surprise est complète. La voix délicate de Jeremy Messersmith déroule le tapis rouge aux thèmes évoqués dans les deux premiers albums, qui, avec logique et constance, sont ici développés comme dans un roman. Messersmith parle de littérature et du Pulitzer Prize dans Dillinger Eyes, de la mort cavalière et colorée dans Lazy Bones, Toussaint Grey First In Life And Death, A Girl A Boy And A Grave yard. Sans que ce soit déprimant le sujet de la mort est soulevé de manière épique pour devenir émouvant et beau. Jeremy Messersmith, prolixe, progresse dans l’univers mythique qu’il crée dans ces trois albums conceptuels, tel un Tolkien de la pop qui détient les codes. Oyé Chevaliers aux casques stéréo ! Jeremy Messersmith qui entre dans la légende avec The Reluctant Graveyard, pièce maîtresse à classer dans votre forteresse de CDs, ouvre un nouveau chapitre le 25 septembre 2012 avec Paper Moon, un ep de 6 titres. 



Jeremy le définit moins pop et plus instrumental, pas un cri et mais un murmure, à écouter chez soi telle une bande originale de film «for stargazing, falling asleep, making out, flying a kite, reading, slow dancing, cubicle farming, relaxing, or washing the dishes». Les six pièces de Paper Moon sont célestes, avec très peu de chant, dans un processus expérimental que Jeremy Messersmith voulait explorer pour titiller son mode de création. C’est réussi. Avec Grant Cutler au mixage et Dan Lawonn au violoncelle, les titres qui portent simplement leurs numeros, font valser des antiennes majestueux et s’avancent noblement, progressent en intensité pour réhausser la splendeur des deux derniers morceaux. Y mêlant de l’âme et de l’imagination, Paper Moon est composé de pures harmonies et mélodies. Là encore l’étendue de ses talents de musicien est éloquente. En 2011 il participe au projet The Minnesota Beatle Project, album de reprises des Beatles dont les ventes ont été reversées aux écoles de musique du Minnesota. Jeremy Messersmith se montre élégant, disponible avec toujours cette manière originale de progresser dans ses compositions, enregistrant en studio à la manière des Beatles, aimant écouter les Belle & Sebastian, Dr Dog, pour écrire in fine Tatooine, une ode à Star Wars.

samedi 13 octobre 2012

Sally Seltmann

Sally Mary Russell est une auteur, compositeur, interprète australienne qui se produit de 2000 à 2009 sous son nom d’artiste New Buffalo. Elle écrit, arrange et produit son opus The Last beautiful Day puis son album sophomore Somewhere, Anywhere en 2007, année durant laquelle ce disque est nominé aux ARIA Music Awards, tandis qu’elle remporte parallèlement un franc succès avec son titre 1234 co-écrit avec Feist. A 37 ans et maman d’une petite Judy, Sally distribue de la douceur et de la gaité sur scène et sur ses disques depuis 20 ans.
Musicienne prolifique, douée et inspirée, elle rencontre Darren Seltmann en 1999, leader du groupe The Avalanches, pour qui elle chante dès leur premier album Since I left You. Contrairement au titre, ils ne se quittent plus et se marient en 2003. Sally Mary Seltmann tombe dans la marmite de l’indie-pop en 1992, monte son premier projet power pop Lustre 4, rencontre Ben Lee lors d’une soirée anniversaire ( étant nés tous deux le 11 septembre), participe à l’écriture de chansons pour le groupe Bowers jusqu’à ce qu’elle se lance en solo avec New Buffalo.


La jeune femme orchestre de 25 ans, mixe, arrange, joue la majorité des instruments et chante sur ses titres, modelés d’une main de maître. Sur The Last Beautiful Day qui offre la participation de Beth Orton aux choeurs et de Jim White à la batterie, Sally Seltmann assure la basse, la guitare acoustique et électronique, les claviers, le chant, le piano ; Liste agrémentée d’orgue, saxophone, flûte, de percussions et d’accordéon qu’elle manie avec dextérité sur Somewhere, Anywhere


Insatiable, la demoiselle travaille sans relâche et ses amitiés pop l’amènent à chanter en 2005 avec le suédois Jens Lekman, avec Feist, signe une superbe reprise de Crowded House, met en place en 2011 un nouveau un trio de filles, Seeker Lover Keeper, avec Sarah Blasko et Holly Throsby, écrit et chante avec Architecture in Helsinki ou encore Broken Social Scene. En 2010, les mélodies pop, le chant sucré, les textes poétiques signés cette fois de son nom Sally Seltmann reviennent sur l’album de 12 titres Heart that’s Pounding où l’on retrouve Mark Monnone des Lucksmiths aux percussions sur Dream about changing (percussions maison puisqu’il se claque le derrière...oui oui, Mark fait la rythmique en se fessant), Jens Lekman, Ned Collette, Gus Franklin des Architecture in Helsinki et son mari à la batterie, Darren Seltmann.



Tandis qu’elle part en tournée en 2012 avec Bon Iver, elle crée un nouveau projet et album Alphabet Botanical cet été comprenant des duos avec Ben Lee et Bon Iver. Magnifiques et mélodieuses, les pépites pop que sait si bien inventer Sally Seltmann sont folk electro ou chamber-pop et si elles ne sont pas forcément dansantes et destinées à une salle de gym pour perdre de la cellulite, elles iront comme un gant à une après-midi de pluie ensoleillé par son timbre de voix. SallySeltmann