Translate

lundi 30 juillet 2012

Isobel Campbell

Tandis qu’elle rencontre un jeune musicien nommé Stuart Murdoch en 1995, agée de 19 ans, Isobel Campbell et Stuart écrivent des morceaux qui seront enregistrés lors d’une session offerte par l’université de Glasgow qu’ils fréquentent. Gravés en quelques copies, le succès de Tigermilk est fulgurant. Belle and Sebastian est sur les rails et signe en 1996 chez Jeepster ; C’est le début de l’aventure pour Isobel Campbell qui sera chanteuse, violoncelliste, harpiste, flutiste et pianiste au sein du groupe pendant 6 ans, pour le quitter pendant la tournée américaine de l’emblématique Storytelling. Depuis, elle a travaillé avec des artistes variés, comme Eugene Kelly (Vaselines, BMX Bandits) et avec Mark Lanegan (Queens of the Stone Age) ces dernières années en co-signant 3 albums : Ballad of the Broken Seas en 2006, Sunday At Devil Dirt en 2008 et Hawk en 2010.


La sensualité et le glamour dans la voix de l’artiste sont aussi présents dans son talent d’écriture et de musicienne. Multi-instrumentiste, la jeune femme est aussi une excellente auteur-compositeur. Elle a 11 ans quand elle suit des cours de piano et de violoncelle. Tandis qu’elle prend part à Belle & Sebastian, elle joue aussi dans un orchestre, puis se lance dans la composition en solo sous le nom de groupe Gentle Waves en 1999 avec l’opus The Green Fields of Foreverland. L’album révèle le magnifique don pour l’écriture d'Isobel qui assure le chant, le violoncelle, la guitare, le glockenspiel, le piano, le melodica, le vibraphone ainsi que les arrangements pop orchestraux, comprend une élégante poignée d’autres instruments allant de la trompette, harpe, flûte au cor et stylophone.


Isobel Campbell, discrète, avec ses airs candides très sixties à la Jean Seberg ne cesse de travailler et offre en 2000, toujours sous le cachet Gentle Waves le superbe album Swansong for You. Les 10 titres qu’il comporte sont orchestrés avec beaucoup de grâce (il suit d’ailleurs l’Ep Falling from Grace de 2000). Là encore les compositions délicates, subtiles sont arrangées et ornées d'une pléthore d’instruments. Les textes en grande partie inspirés de son parcours personnel sont poétiques et aussi colorés en métaphores que la palette d’Isobel Campbell, également peintre. Dès l’opus Let the Good Times Begin, l’orchestration est symphonique, laissant apparaitre des violons, violoncelles, contrebasses, trompettes etc...Le timbre de voix d’Isobel Campbell semble peu poussé, voire effacé, mais on se rend compte à quel point elle joue de sa voix avec l’oreille de musicienne et à quel point elle maitrise son chant, juste et parfait. 


Amorino de 2003 est le dernier album de Gentle Waves, griffé de pop orchestrale, de chamber pop, c'est un diamant mélodique signé par Isobel Campbell qui arrange l’orchestration avec brio et signe des textes inventifs et inspirés. Flottent les esprits des artistes qu’elle admire, François Hardy, Nancy Sinatra, Donovan, Foster, Drake, Astrud Gilberto samplé sur The Breeze Whispered Your Name. Là encore, la pluie d’instruments scintillent et les trompettes, le cor, trombone, l’ensemble de cordes, les flûtes traversières, le clavecin, le saxophone, basse, guitares, percussions, clarinettes et banjo se mêlent avec classe à la voix fragile d’Isobel. Oeuvre aux allures bossa, pop baroque, Amorino comme les deux premiers albums dévoile des mélodies intemporelles d’une qualité qui semble, 10 ans plus tard, inégalée dans l'indie-pop par aucune autre auteur-compositeur femme à ce jour. 
La bonne nouvelle arrive ces jours-ci et donne aux fans un peu d’espoir quant à un retour de l’artiste en solo avec un nouveau titre en téléchargement offert sur le site d’Isobell Campbell, une reprise des Franz Ferdinand, Walk Away.. Comme autrefois, un flashback, un retour aux sources Bel? IsobelCampbell

dimanche 29 juillet 2012

Will Samson

Astre ou étoile, certainement météorite dans le ciel indie-pop, le jeune anglais de 20 ans revient de 4 mois dans le sud de l’Asie en 1999 quand il compose son premier album Constellations qu’il joue avec son groupe Himalaya. En 2000, sous son propre nom, Will Samson signe de nouvelles chansons, aériennes, magiques qu’il fait paraitre sur l’album Hello Friends, Goodbye Friends. Dès lors, sa voix pure et cristalline à l’image de la pochette du disque transperce les accords de guitares, les notes de piano voltigent et planent sur les cimes, nous emmènent dans son univers musical délicat et intime. L’ambiance soft atmosphérique, les envolées lyriques qui oscillent entre les recueils de Bon Iver et de Chris Garneau, offrent des balades à la fois mélancoliques et pleines d’élan. 


Nourri de son voyage au Népal et de son expérience personnelle, Hello Friends, Goodbye Friends décline des tonalités expérimentales, instrumentales d’une grande maturité et des arrangements électroniques chargés en émotions. La musicalité et la parfaite interprétation s’enchainent et reviennent cette année avec la dernière production de Will Samson qui paraitra en Octobre 2012, signé chez l’excellent label berlinois, Karaoke Kalk dont j’avais parlé dans la chronique sur Donna Regina. Balance est enregistré par Will Samson durant ses nuits blanches, à l’aide de cassettes audio anciennes, de claviers et micros vintage qu’il bidouille, en tire un son original pour orné ses partitions de claviers, guitares et piano pour finalement être masteurisé avec son ami Nils Frahm en studio à Berlin. Les textes parfois tristes évoquent un amour déçu mais comme l'auteur-compositeur le souligne lui-même, il s’est beaucoup amusé en studio. Cela s’entend quand malgré la trame mélancolique des mots, l’écoute transporte, tinte et résonne laissant une impression planante et envoûtante. Le chant de Will Samson empli de quiétude et d’exactitude captive l’auditeur et persuade que ce jeune artiste a un don sacré, un talent infini pour nous cueillir encore à l’avenir. 

Reprise de Daniel Johnston True Love Will Find You In The End

 

samedi 28 juillet 2012

Sundae

Duo espagnol originaire de Séville, formé de Cristobal Romero et Davis Rodriguez, Sundae prend forme en 2005 à l’initiative de Cristobal qui se produit en concert avec une première formation tandis que Davis en vacances à Paris, écrit des chansons de son côté. En 2006, à l’occasion d’une compilation sur laquelle Davis fait une reprise de Field Mice qui accroche Cristobal, les deux musiciens s’accordent et Sundae accueille de bon aloi Davis. Comme en 2005, il y a Juanlu à la basse, Cristobal et Raul à la guitare, Valentin à la batterie et David au chant. Au fur et à mesure les musiciens partent, d’abord Valentin puis Raul et Juanlu qui rejoignent leurs groupes respectifs Tannhauser et Ursula. 

  Les deux compères continuent leur chemin en duo, Cristobal composant, jouant de la guitare, basse et clavier et David au chant écrivant les paroles et quelques mélodies. Inspirés de Trembling Blue Stars, My Bloody Valentine, les Beach Boys ou encore Saint-Etienne, leurs titres écrits dans leur langue natale resplendissent de rythmes pop et de mélodies dansantes. Raul les rejoindra pour des sessions en studio lors de l’enregistrement du premier EP 3 titres en 2008 et du éponyme en 2009 qui comprend les excellents Verano-invierno et Alarma Nuclear. Sundae continue donc sa route en étant invité à nombre de festivals comme l’indiepop festival de Berlin au côté de The Waves ou encore le Limoges PopFest cet été avec les Garlands, entre autres ( Evenement unique en France organisé par Anorak Records). Le duo s’est fleuri depuis de deux nouveaux musiciens aussi amateurs de pop, Jose Rodriguez et Maria Barrero.
  
En 2012, après avoir filmé un magnifique clip de Verano-invierno inspiré des films des années 80, magnifiquement rétro et vintage (Flashdance, Dirty Dancing), réalisé dans un bel hotel de la Costa Brava par Yago Partal, Sundae remasterise le titre pour l’occasion et revient cette année avec les meilleures intentions, comme le EP 4 titres, dreamy et indie pop à souhait, signé chez le label Little Treasure en janvier 2012 et préparent actuellement un mini LP; Affaire à suivre ... Sundae
   

dimanche 22 juillet 2012

Watoo Watoo

Watoo Watoo est un couple à la vie comme à la scène, deux parisiens éxilés à Bordeaux depuis une dizaine d’année. Ce qui les caractérise depuis les débuts en 1997 avec le 9 titres Un peu de moi, c’est l’aptitude de l'auteur-compositeur Michaël Korchia à offrir à son épouse Pascale des mélopées pop variées, décorées de twee, d’easy-listening et de bossa. Les textes tantôt en français, tantôt en anglais sont aussi souples et sucrés que la prestation vocale de Pascale. Amoureux de Felt et de Gainsbourg, après la sortie de Picture of a Lost Friend en 1999, Michael concocte des reprises qui apparaissent sur Curiosités en 2001 (sorti aux USA comme les deux premiers), mais prend aussi part à une trentaine de compilations de qualités : Let it Bee, A Very Magistery Valentine, Decomposing the Songs of Galaxie 500 and Luna, A gift from a garden to a flower: a tribute to Donovan, A tribute to Jesus & Mary Chain, etc .... 


Album principalement écrit avec des textes en français, c’est le label japonais Clover Records qui sortira Le Fumalin en 2001, réédité en 2003 sur un label français, Les Disques maladroits. Le rythme bossa-nova subtile de Une décision, la guitare électrique et le clavier de L’absence stylé easy et le voluptueux A ma place, forment une atmosphère pop hardie. Plein de charme et de délicatesse, La Fuite parait en 2007 sur le label anglais LetterBox. Watoo Watoo offre un disque indiepop délicieux, habité par la grâce de Sarah Records, avec un romantisme psychédélique et une candeur entrainante qui garnissent les textes de manière admirable. 


Watoo Watoo revient cet été 2012 avec Le Tourbillon, panier garni de friandises comme les reprises de Felt Tuesday’s Secret, de Daho Tombé pour la France, de Donovan Jennifer Juniper, de Voulzy-Souchon L’Amour en fuite sur la BO de 1978 du film de François Truffaut mais aussi Ce qu’il va en rester en version acoustique dans la veine de Stereolab et Whirlpool of Pride, l’ode de Michael pour Felt. Watoo Watoo qui gagne une renommée internationale signe là une production éclatante de sonorités pop rétro et modernes mélangées, aux crépitements vintage ravissants et aux allures lo-fi et tweepop vaporeuses attachantes. Le Tourbillon groove et roucoule des titres aux mélodies imparables et Watoo Watoo, qui est le rare groupe français à avoir participé au Popfest de New-York, rend hommage derechef avec beaucoup de classe au style indiepop. WatooWatooMyspace

 


jeudi 12 juillet 2012

Sugarplum Fairies

Basé à Los Angeles, Sugarplum Fairies est un duo originaire de Vienne composé de Sylvia Ryder au chant et Ben Bohm à la guitare. Signés depuis 1999 chez Starfish Records avec l’opus Flake, les deux artistes qui drapent leurs mélodies de dream pop signent quatre ans plus tard Introspective Raincoat Student Music. Dès lors, la voix de Sylvia Ryder aux accents charmants rappelle le chant sensuel de Nico et les compositions acoustiques de Ben Bohm, multi-instrumentiste, ramènent aussi au Velvet Underground. De la veine de Mazzy Star ou Cowboy Junkies, le duo revient avec encore plus de cachet en 2006 et présente Country International Records, enregistré à Nashville sous la direction du producteur Ken Coomer (Wilco) qui assure la batterie sur l’album et qui sera nominé au festival Independent Music Awards. Ils offrent un troisième album moins lo-fi que les précédents, plus americana, nettement plus égayé par les percussions. Le tempo entrainant des dix titres est aussi alimenté par la présence du clavier de Jerry Dale McFadden (Sixpence None the Richer) ainsi que par l’apparition du cor, du violon et de la guitare électrique.
  Ryder et Bohm tous les deux amoureux de la culture sixties française (Anna Karina, Serge Gainsbourg, Godard, Truffaut) et musicalement inspirés par John Lennon, Lee Hazlewood, évoquent les thèmes de Jules et Jim dans les textes et croisent volontairement dans leurs titres la culture européenne et le style country comme le souligne le nom de l’album. Pour autant Chinese Leftovers qui parait en 2009, n’a pas de lien particulier avec les chinois. Etincelant, soft, l’album comporte onze titres solides et aboutis, rythmés de tambourin et batterie grâce à Joey Waronker, les notes du clavier psyché de Jebin Bruni, la basse de Gus Seyffert, la guitare électrique de Ben Bohm et la voix céleste de Sylvia Ryder se frottent et sensuellement se confondent.
  Avec la classe et le chic mêlés à la mélancolie, le style Sugarplum Fairies prend toute son ampleur dans le dernier album de 2011, The Images We Get. Mixé par Todd Burke qui travaille avec Belle & Sebastian, masterisé par Pete Lyman, qui oeuvre pour Daniel Johnston et toujours Ken Coomer de Wilco à la batterie et la production, le disque devient un réel petit bijou. Les cuivres des trompettes, du trombone, l’accordéon, la mandoline sur Moth et le brio de Ben Bohm à la guitare acoustique, décollent en beauté sur les violons et déroulent un tapis de roses pour le chant de Sylvia Ryder. Dynamique et offensif avec Jump the Gun, la mandoline qui taquine les trompettes sur One Trick Pony et les Smiths ou REM qui viennent rôder sur Plastic Sky, le genre pop planant et hypnotique de Heart Hell, de 96 Dreams, donne envie de se laisser aller à une savoureuse écoute inondée des voluptés de Sugarplum Fairies. SugarplumFairies 

lundi 9 juillet 2012

Diagrams - Tunng

Tunng est un groupe anglais, qui est fondé en 2003 par Sam Genders, auteur-compositeur au style bien marqué qui se lie d’amitié avec Mike Lindsay qui est alors musicien de studio. Tandis que Sam Genders enregistre ses compositions en bidouillant avec Mike Lindsay et d’autres musiciens, Martin Smith aux percussions et clarinette, Becky Jacobs au mélodica, Ashley Bates du groupe Chapterhouse au banjo, Phil Winter aux samples, l’album Mother's Daughter And Other Songs prend forme et sort en 2005; il sera aussi édité en vinyle jaune transparent en 1000 exemplaires. C’est alors que l’on découvre le son de la voix intimiste de Sam Genders, qui tatoue et inonde de lumière ses arpèges de guitares, banjo, clarinette, et d’harmonica ... Les titres sont folk, arrangés avec dextérité et originalité. Sam Genders manie le style expérimental avec brio en glissant des bruits et samples électroniques surprenants qui alternent avec ses mélodies pop pastorales. Les textes qui évoquent la nature et la psychologie sont poétiques, travaillés avec beaucoup de lyrisme et colle au timbre de voix de l'artiste à la perfection.


  

La combinaison pop folk et électronique réapparait en 2006 avec Comments of the Inner Chorus, encore un album de toute beauté, riche en sonorités, en mélodies. La patte de Sam Genders est posée. Le bidouilleur compositeur est le digne héritier des grands explorateurs des années 70 qui tentaient l’aventure avec de nouvelles technologies, comme les Pink Floyd, Hendrix, Todd Rundgren ou les Beatles. Le virtuose parsème l’album de pépites acoustiques mélangées à de l’electronica, ornées d’envolées hypnotiques magnifiques peaufinées par le méticuleux et précis Mike Lindsay en studio



Le hic dans l’aventure Tunng est l’extrême réserve et timidité de Sam Genders qui ne veut pas prendre part aux concerts, aux lives et toute autre forme d’apparition en public. Le groupe de scène se forme donc autour de Mike Lindsay et la chanteuse Becky Jacobs, Ashley Bates, Martin Smith, Simon Glenister à la batterie. 2007, le fabuleux mariage pop acoustique et electro de Tunng revient sous la signature de l’illustre Sam Genders avec Good Arrows qui explose de mélodies, de King à Bullets, de Bricks à Cans, il n’y a des 13 morceaux, aucune perte ni déchet.


  

Sam Genders quitte le groupe en 2007, qui continue en gardant le nom Tunng et sort, sans l’âme du créateur, un album en 2010, And Then We Saw Land. De grande qualité d’enregistrement, les compositions ne sont plus de la même veine et je ne retrouve pas trop de charisme dans cette nouvelle formation Tunng. Mike Lindsay et Becky Jacobs qui ont l’air sympatique mais n’ont pas la même intelligence artistique récupèrent et exploitent le nom de Tunng sans parvenir à recréer l’atmosphère des trois précèdents albums. Ils y mettent pourtant beaucoup de volonté en se produisant notamment en live sur la BBC, rejouant une grande partie des titres écrits par Sam Genders et en éditant ce show sur disque en 2011.
Pour le reste, depuis 2007, Sam Genders qui n’a pas à puiser ses idées ailleurs, continue de composer et produire ses propres chansons, des chansons haletantes, pour ses amis du groupe écossais The Accidental, ou encore ceux de Soy Un Caballo et surtout, il signe son nouveau projet Black Light, sous le nom de Diagrams en janvier 2012 que je recommande fortement. Dansant, sculptant des beats electro sur des basses plutôt bien balancées et chaloupées, Diagrams sort la cavalerie et les accrocs au plaggia peuvent se coucher. C’est musclé, doué, inspiré, revigorant. J’aime ce pied de nez, beaucoup. Diagrams

 

samedi 7 juillet 2012

J'irai dormir à Hollywood

Camera au poing et à l’épaule, le globe-trotteur qui propose ses aventures à la télévision en filmant ses voyages et s’invitant chez les particuliers à chaque halte, entreprend ici de traverser le continent américain pour offrir un long-métrage de son périple. De J’irai dormir chez vous , sa noble entreprise se transforme en J’irai dormir à Hollywood . Drôle, émouvant, Antoine de Maximy nous invite à partager ses douces folies, ses excentricités : sauter en parachute au dessus de New-York, négocier avec des vigiles de Los Angeles armés jusqu’aux chaussettes, entrer chez Georges Clooney ou forcer les barrages de sécurité autour de Will Smith. C’est un zoom humain sur l’opulence et l’extrême pauvreté vu avec l’esprit rieur, taquin et surtout libre de De Maximy. Ce personnage curieux de rencontrer et écouter les indigènes, n’aime guère les interdictions et véhicule une véritable âme rock’n Roll.




Pour imager cette personnalité, couronner de bonnes notes le film, Fabrice Viel compose la musique originale avec la complicité de Beatrice Ardisson qui appose sa griffe, signe sa première BO en rajoutant sa sélection de titres. Le choix des morceaux se lie à la perfection au road trip d’Antoine de Maximy qui lui-même souligne "Ce genre de reprises correspond tout à fait à mon univers, où l’auto-dérision occupe une grande place… ".



On retrouve de l’humour dans la version chaloupée de Riders On the Storm par Senor Coconut, l’ambiance far west est bien installée grâce à Marty Robbins, aux Hormonautes et leur version country de Staying Alive. Il y a aussi du funk jazzy, du groove avec Lucille Tepperman, du rock biensûr avec Elvis Presley et du décalé qui colle aux images à la perfection avec les Greenskeepers. Sur les 21 titres, 9 sont composés par l’excellent Fabrice Viel qui entouré de François Sabin aux cuivres, Grégoire Fauque à la guitare, Aurélien Guyot au violon, Michael Lafolie au piano, Bruce Cherbit à la batterie, propose une bande originale engagée, rythmée et en osmose avec le film sorti en novembre 2008 qu’il est de bon ton de voir en amont. 


jeudi 5 juillet 2012

Loch Lomond

Loch Lomond est un lac du nord de l’Ecosse et c’est aussi un groupe de Portland qui soufflera bientôt ses 10 bougies. A sa tête, l’impressionnant Ritchie Young qui multi-instrumentiste, auteur-compositeur, a aussi la particularité de pouvoir chanter dans des tonalités incroyables. Le style musical de Loch Lomond se classe dans l’orchestral-pop, le chamber folk et se révèle drôlement riche en compositions, inspiré dès l’opus de 2003 When we were Mountains. Hormis le talent de compositeur et d’interprète flagrant sur ce bel album, on rencontre son univers onirique, littéraire. Il aime s’entourer d’une troupe de musiciens et Young dès 2006 en joue sur scène avec 9 musiciens qui assurent les guitares, le piano, les claviers, la clarinette, le banjo, mandoline, flûte, mellotron...Dans une veine folk traditionnelle, Ritchie Young fleurit ses titres de sonorités pop symphonique et parfois électronique avec des beats comme sur Sir Edmund qui doit plaire aux amoureux de Sufjan Stevens, des Fleet Foxes et des Decemberists avec qui Loch Lomond assure des tournées américaines. Le tambourin, le violon, violoncelle vont à ravir au titre chanté en français Sourire.


When we were Mountains est suivi en 2006 du EP Lament For Children qui confirme la sensibilité de Young au domaine de l’enfance, tel un Richard Brautigan de la pop orchestrale ( il signe en 2009 un magnifique EP Trumpets For Paper Children en téléchargement libre) puis en 2007 du superbe Paper the Walls. Carl Sagan ouvre le bal tout en délicatesse, sur la guitare acoustique et le piano, puis l’ensemble de cordes sur la voix de Young, élégante et chaleureuse, ne cesse de toucher et saisir tout au long des 9 morceaux. Banjo et mandolines se croisent sur A Field Report et sur le bondissant Northern, Knees, Trees, and Lights tandis que les choeurs sont lumineux sur Scabs on This Year, écrite par son petit frère Dillon Young. Les quatre frères Young dont Ritchie est l’ainé sont tous musiciens et en 2007, jouent pour le plaisir ensemble, se produisent sur Portland et les environs sous le nom de Foureveryoung. Toute la troupe de Loch Lomond par en tournée, Ritchie Young sort un single pour le cinéma en 2010 Wax and Wire et en 2011 sort le troisième disque Little Me Will Start A Storm


Ce disque subjuguant, éclatant de sonorités pop folk, dévoile en partie la personnalité de Ritchie Young qui est un vrai créateur. On y retrouve sa patte, sa classe, sa fragilité comme dans les deux autres albums. Blue Lead Fences attaque en premiere plage, swinguant, rythmé évoque l’habilité et la vitalité d’un gamin de huit ans. Elephants & Little Girls, pure et naif, parle inévitablement à notre âme d’enfant. Let’s walk together, Let’s run together, We’ll ride on the back of an elephant, And we’ll go somewhere warmer And we’ll go somewhere new. I love me est d’une teneur nostalgique aussi, douce et envoûtante. Blood bank fait valser les cordes de mandoline et de violon sur une mélodie folk presque traditionnelle nourrie par la clarinette, avec le chant parfois revolté de Young qui vacille entre la tendresse et la contestation. Alternatif jusqu’au bout, dans la voix, dans les arrangements, dans l’orchestration et le choix des instruments, ses titres sont brodés et construits avec beaucoup d'originalité. Les disques de Loch Lomond sont fascinants, aussi fluides que l'eau du fameux lac écossais, à vous procurer avant la sortie imminente du prochain album. Le dernier EP White Dresses date du 5 mars 2012 et annonce un quatrième album fort prometteur.

 

lundi 2 juillet 2012

Pants Yell !

Les trois garçons de Pants Yell ! originaires du Massachussetts sont le chanteur et auteur-compositeur du groupe Andrew Churchman, le bassiste Sterling Bryant, tous les deux à l’origine de la formation quand ils se rencontrent à l’école d’arts de Boston, et le dernier venu, le batteur Casey Keenan ex-Major Stars. Ils jouent depuis 2003 et signent leur premiere très underground production Our Horse Calls sous format cassette chez best kept secret (ce nom de label tombe sous le sens!). L’année suivante c’est le sensationnel et plus remarqué Songs for Siblings, disque de 9 titres, un poil tweepop, qui réjouit les fans de The Smiths et des Belle and Sebastian.


Andrew Churchman écrit des paroles classes, souriantes, du domaine naif et romantique qui caractérise le mouvement néo-pop américain dont font partie Voxtrot et les Ladybug Transistor. Les instruments, guitares, batterie, tambourin, cor, flûte, violons habillent les compositions de Pants Yell ! ; Elles sont dansantes, parfois parfumées au vintage sixties et eighties. En 2006 le second très mélodique cd, Recent Drama, voit le jour et derechef, les airs sont entrainants, rythmés, avec l’innocence emblématique de l’écriture pop et la sensibilité charmante dans la voix de Churchman. Puis en 2007, c’est Alison Statton qui sort comblé de titres encore plus aboutis, comme Two French Sisters, Magenta and Green, Cold Hands, You Make Me Nervous, The Royal We où les arpèges de guitares sont rutilantes, les paroles teintées d’humour et de préciosité à la Lucksmiths. En 2009, le son revigorant des Pants Yell ! revient avec Received Pronunciation qui offre en plus des flûtes, trompettes, tambourin, du saxophone et de l’orgue. Quand le tambourin taquin de Cold Hands réchauffe la platine, quand la basse sur Someone Loves You chatouille les reins et flanque cette folle envie de danser, le groupe se retrouve vite placé au panthéon des cds poppeux chez Piggledy Pop. A suivre !
PantsYellMyspace