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dimanche 29 décembre 2013

Les yeux et les oreilles de Piggledy Pop en 2013



Inside Llewyn Davis / Bob Dylan, Dink's Song covered by Marcus Mumford and Oscar Isaac

Happiness Therapy / Alabama Shakes, Always Alright

From The Sea To The Land Beyond / British Sea Power, The Land Beyond

Frances Ha / Bowie, Modern Lover


Prince Avalanche / Explosions in the Sky & David Wingo

 Jappeloup / Thin Lizzy, Dancing in the moonlight

Not Fade Away / Rolling Stones

Warm Bodies / Troggs, A girl like you

Wicker Park / Mazzy Star, Flowers in December

50/50 / Radiohead, High and Dry

Oblivion / Daft Punk, Beyond




Brooklyn Brothers Beat The Best /  Brooklyn Brothers

Garden State / Simon & Garfunkel, The Only Living Boy in New-York

vendredi 27 décembre 2013

Eye Travel

Découvert il y a quelques jours, Still Twinkle Like Stars in my Brain signé de Eye Travel, constitue à mon goût, un des meilleurs albums 2013, sorti il y a 20 jours. Derrière ce pseudo, il y a une jolie personnalité du nom de Christoffer Andersson, artiste suédois qui vit à Göteborg. Auteur-compositeur de talent, sa belle âme et sa sympathie sont appréciées dans le milieu indie-pop et elles transparaissent dans ses chansons. En 2010 Eye Travel signe son premier single Every Little Smile, puis au printemps dernier fait paraitre un deuxième single Calm Water. Les deux titres sont prometteurs, magnifiques, offrant des mélodies jouées à la guitare qui évoquent Paul Simon ou Bob Dylan. La sensibilité se perçoit autant dans les cordes pincées et taquinées de la guitare que dans son grain de voix, touchant et efficace. Avec une tonalité dans le chant qui fait penser à Cat Stevens ou Peter Von Poehl, Eye Travel nous emmène dans son univers particulier. Orchestré avec des cuivres, basses, tambourins, guitares et pianos, Still Twinkle Like Stars in my Brain, sorti le 6 décembre 2013 est savoureux et généreux. Accrochant l'oreille, les mélopées sont rythmées, dansantes ou plus langoureuses.


Les textes qui ornent l'album sont tout aussi gracieux que les mélodies, écrits autour des thèmes du temps, du voyage, de l'amour comme I can be Your Window que Eye Travel peaufine en 2007 chez ses parents, inspiré par le Wonderful World de Paul Simon. Tel un exégète raffiné et adroit, Christoffer Andersson propose des émotions musicales intenses en héritage et titille intelligemment les vastes thèmes de la valeur morale et de l'humanité. Cette influence se retrouve aussi sur March (i wrote it for Us), dansant et joyeux qui donne envie de se lover dans les sifflements et la rythmique entrainante. Les chansons étaient dans un premier temps enregistrées à la maison entre 2006 et 2008 avant que Christoffer ne rencontre le producteur Charlie Storm qui arrange l'ensemble des titres en studio avec à leurs côtés le guitariste Magnus Tengby et parfois un ensemble de 25 musiciens. Les orchestrations de violons superbes et fines, les choeurs gospel sur les rythmiques édifiantes de Soldiers Without Guns prouvent un sacré talent d'écriture et de construction de chansons. La basse et les cuivres sur Our Journey, où l'orgue et le clap hands se faufilent, forment une mélodie pop réellement belle et aboutie. When the Colours Are Changing boucle l'écoute avec le chic de Eye Travel pour mêler les sentiments amoureux aux saisons. En s'immergeant dans Still Twinkle Like Stars in my Brain, on éspère pouvoir prolonger la magie, enveloppés des harmonies prononcées et griffées de l'artiste. Le répertoire acoustique de Christoffer est souriant. Il sait jouer, jongler avec des instrumentations orchestrales avec souplesse et marier les textes aux mélodies avec adresse. Eye Travel, magnifique songwriter est un des coups de coeur de Piggledy Pop de 2013. 

mardi 24 décembre 2013

Bill Ryder-Jones

Bill Ryder-Jones est un auteur-compositeur originaire du Cheshire, coeur musical battant entre Liverpool et Manchester où le musicien fait ses armes en tant que guitariste entre 1996 et 2008 au sein de The Coral. Après les cinq premiers albums du groupe, Ryder-Jones part pour une aventure en solo en 2008 qui prend aujourd'hui le profil d'une bien belle carrière. En 2011, son opus If dévoile un travail de composition excellent, instrumental et symphonique qui laisse entrevoir déjà les prochaines collaborations avec le cinéma. If déroule les 10 titres comme une bande-son de film, avec des orchestrations très étudiées et proches d'oeuvres classiques. Musique de chambre, envolées de cordes se mêlent sur le thème du roman oulipien de 10 volets d'Italo Calvino Si par une nuit d'hiver un voyageur qui inspire Bill Ryder-Jones. Les 10 titres accompagnent les 10 chapitres du roman, offrant parfois le chant de l'anglais, somptueux et délicat, comme sur Leaning (star of Sweden). Bill Ryder-Jones a de multiples influences qui se retrouvent sur If comme celle des Gorky's Zygotic Mynci, Nick Cave que l'on perçoit sur Give me a Name ou Syd Barrett qui vient hanter de sa superbe le titre Enlace. Aimant les compositeurs de films, Ryder Jones compose et enregistre l'album soit dans la maison de sa mère avec les guitares comme sur Le Grand Desordre soit les parties orchestrales avec le Royal Liverpool Philharmonic Orchestra et le Scandinavian Church of Liverpool. En 2011, Bill enregistre l'EP Submarine avec son ami Alex Turner des Artic Monkeys avec qui il assure la tournée internationale cette même année. 



Parrallèlement, Ryder-Jones ne cesse d'écrire pour le cinéma avec ses débuts pour des court-métrages en 2009, Leave Taking de Laurence Easeman, en 2010 It's Natural to Be Afraid de Justin Doherty, en 2011 Bed de James Lees pour enfin recevoir sa première commande de bande originale de 26 titres magnifiques en 2012 pour le film Piggy de Kieron Hawkes. En avril 2013, l'artiste signe son deuxième album studio A Bad Wind Blows in My Heart où son talent de composition et d'écriture s'épanouissent et Bill Ryder-Jones brille dans son exercice en y apposant son chant touchant et émouvant. Les 11 titres proposent des balades folk, pop, avec des arrangements fleuris de piano, de guitares, basse et d'une rythmique sensuelle. Les textes personnels, narratifs, qui reviennent à son enfance, emploient des métaphores qui donnent un aspect fort poétique à l'ensemble et montre le réel don d'écriture et la passion pour la littérature de l'auteur. By The Morning I et Wilds Swans rappellent  les ambiances pop des écuries écossaises et galloises du genre, comme les Pastels et les Gorkys auxquels on pense en s'enveloppant du génial Christina That's the saddest Thing. L'instrumentation riche montre que Ryder-Jones avec sa modestie naturelle est un musicien-maestro qui commançant jeune à jouer du violon, du piano dont il dit qu'il "arrive tout juste à sortir des sons corrects", assure sur A Bad Wind Blows in My Heart la guitare, la basse, la batterie, le clavier et piano, et comme il le dit "entre deux clopes" il joue même de la guimbarde. L'ambiance musicale est suave et entrainante, nostalgique avec un retour à ses sentiments d'antan mais avec de jolies notes d'ironie et d'humour comme sur You’re Getting Like Your Sister. Elegance et courtoisie sont présentes sur les morceaux de A Bad Wind Blows In My HeartBill Ryder-Jones se révèle aussi chaleureux qu'impressionnant de charisme. Pour Piggledy Pop, il s'agit d'un des meilleurs disques de 2013 et que je conseille, évidemment.  


dimanche 22 décembre 2013

Pleyel

En novembre, la presse a annoncé la fermeture des ateliers de fabrication des pianos Pleyel à Paris. Il s'agit des derniers ateliers français mais aussi européens, le marché du vieux continent qui a vu naître Mozart, Chopin, Litzt et Haydn ne fait plus face au chinois ni au coréen. 1757, Ignaz Joseph Pleyel nait en Autriche où parrainé par le comte Ladislas Erdödy, il beneficie de l'apprentissage du piano auprès de Haydn jusqu'à ses 15 ans. Déjà, une grande amitié lie les deux musiciens qui se retrouveront des années plus tard. En 1784, Pleyel a 27 ans et déjà son travail intrigue et des admirateurs se dévoilent comme Wolfgang Amadeus Mozart qui écrira cette année là : "il vient de paraître des quatuors d'un certain Pleyel qui est un élève de Joseph Haydn. Si vous ne les connaissez pas encore, essayez de les trouver, ils méritent toute notre attention" ou encore une lettre de Mozart qui confie à son père au sujet de Pleyel : "C'est un bonheur pour la musique" .
A à peine 20 ans, Ignace Pleyel, est maitre de chapelle et à 30 ans, il part en Italie où le roi de Sicile lui fait une commande d'opéra en 1785, année où il va vivre à Strasbourg pour devenir l'assistant maitre de chapelle de François Xavier Richter. 1789, Richter meurt et Pleyel le remplace quelques temps car la révolution française le pousse à fuir à Londres où il retrouve Haydn. Ensemble ils assurent nombre de concerts dans la capitale anglaise de 1791 à 1792, parfois l'un contre l'autre quand l'élève dépasse le maître en compagnie du compositeur Johann Salomon. Pleyel revient en France, achète un château près de Strasbourg et craignant la Terreur, emprisonné et menacé, pour sauver sa tête, il compose avec son ami Rouget De L'Isle des chants comme l'Hymne pour la liberté


Salon de musique Pleyel, rue Rochechouart, Paris 1893 (Eugène Ysaÿe, le violoncelliste Joseph Jacob, MM. Crickboom et Van Hout et Claude Debussy assis au piano)

Ignace Pleyel, prolifique, réputé et respecté pour son talent de composition, signe après Temple de l'Être Suprême, Le jugement de Paris, des opéras, des concertos pour clarinette, violon et violoncelle, une pléthore de compositions de musique de chambre, plus de 40 symphonies, avec une technique particulière qui attire l'attention. En 1794, il s'installe à Paris avec femme et enfants, y monte son premier commerce de vente de partitions et une maison d'édition. Dans ce domaine, il sera précurseur en étant le premier à éditer les partitions en format de poche. Depuis 1797, la maison d'édition Pleyel qui fait paraitre à ses débuts les oeuvres de Haydn et de Beethoven, publiera plus de 4 000 compositions. C'est en 1802 qu'il peaufine son premier piano qui a la particularité d'avoir les cordes frappées par un marteau et non plus pincées et dépose ce brevet en 1807. Avec la collaboration de Charles Hemme, la Manufacture des pianos Pleyel ouvre ses portes en 1809. Il y en aura des adeptes de l'instrument Pleyel à la mécanique légère, sensible au toucher avec des touches lourdes qui rendent les notes élastiques et aériennes, comme Saint Saens, Debussy, Liszt, et surtout Chopin. Ce dernier est un fidèle de l'écurie Pleyel et tombant amoureux de l'élègance et la grâce du piano Pleyel s'écrira :"Les pianos de Pleyel sont non plus ultra". Plus tard Chopin, devenu intime, ami fidèle, s'investira dans la Société Ignace Pleyel & Compagnie fondée par son fils Camille Pleyel en 1829. Camille s'associe en 1830 à Kalkbrenner, compositeur ami de Chopin et professeur de piano de Marie Pleyel et du compositeur-chef d'orchestre Charles Hallé, pour lancer une fabrique de nouveaux pianos.


  
En 1820 on compte une trentaine de fabricants de piano en France, qui souvent ouvrent leur salon et salle de musique comme le fameux et resplendissant Salon de musique Pleyel à cette époque, qui se trouve rue Cadet à Paris où Frederic Chopin donne son premier concert en 1832 et son dernier concert en 1848. Près de Blanche, Marcadet et Rochechouart, la fabrique de pianos Pleyel en 1830 fait vivre plus de 200 ouvriers (900 ouvriers en 1890) et le complexe énorme aux affaires florissantes qui comprend une scierie gigantesque, une multitude d'ateliers, offrira également rue Rochechouart la deuxième plus grande salle de concert au monde de 550 places. Une plus modeste sera ouverte également au siège Pleyel rue Richelieu jusqu'à ce que celle du Faubourg Saint-Honoré, toujours en place, ouvre ses portes. La Salle Pleyel inaugurée en 1927, dont le sol et les murs sont art-déco, a accueilli le jeune Camille Saint-Saëns âgé de 11 ans pour son premier concert, Cortot, Debussy, Liszt, Rubinstein, Hiller, Stravinsky est devenu en 90 ans un haut lieu musical international que les artistes contemporains venant du classique ou du rock admirent. Ignace Pleyel mort en 1831, avant-gardiste brillant, invente une sonorité en créant le cadre métallique ou introduit le piano droit en France et son fils Camille aussi compositeur et pianiste continue la même aventure en créant de nouveaux pianos aux allures romantiques dont les marteaux effleurent délicatement les cordes. En deux siècles, 250 000 pianos Pleyel ont été fabriqués et vendus. Quand dans les années 2000, le propriétaire de la salle Pleyel décide de regrouper les désormais 3 seuls fabricants français de pianos, Erard, Gaveau et Pleyel à Alès, c'est pour que cette Manufacture des pianos français d'Alès annonce en 2007 la fermeture de ses ateliers. Regroupés dès lors à la fabrique Pleyel de Saint-Denis bâtie en 1865, tout fermera à la fin de l'année sans que les investisseurs publics ou privés y prêtent la moindre attention. Tout ceci est bien voilé et bien bouché. L'indifférence ne coûte pas cher, heureusement il reste toujours les burgers à engouffrer devant les matchs de foot. Mais en 2014, c'est Pleyel qui ne jouera plus. 

Patrick Watson à la Salle Pleyel 



mardi 17 décembre 2013

Xmas compilation

Charlie Chaplin - Stop the cavalry - For Christmas

Music video by Bing Crosby & David Bowie performing The Little Drummer Boy / Peace On Earth

Brett Dennen - "Holidays are Here (And We're Still at War)"

The Ramones - Merry Christmas (I Don't Want To Fight Tonight)


Last Christmas cover by Erlend Oye

The Wave Pictures - I Love You Like a Madman

She & Him - Baby, It's Cold Outside

Bruce Springsteen - Santa Claus Is Comin' To Town - 2007


Carol Of The Bells by The Bird And The Bee

Nat King Cole Chestnuts Roasting On An Open Fire



The DandyWarhols - Little Drummer Boy
 

Come On Santa - The Raveonettes


Aimee Mann - Christmastime


Hawksley Workman - 3 Generations

Darren Hanlon - I Wish That I Was Beautiful For You

The High Fidelity - Buy yourself an Omnichord for Xmas

Weird Fishes/Arpeggi- Radiohead (Dr. Who "A Christmas carol")

Grandaddy - Alan Parsons in A Winter Wonderland

Sarah Vaughan sings "My Favorite Things"

Belle and Sebastian - O Come, O Come, Emmanuel

vendredi 13 décembre 2013

Andrew Keoghan

Andrew Keoghan vient de Nouvelle-Zélande pour proposer en 2011 son opus Arctic Tales Divide et peaufine actuellement son deuxième album entre Auckland et New-York. De formation classique, violoniste, il est auteur et compositeur de ses mélopées pop, finement arrangées avec du piano, cor, ukulele, violon et des guitares brillantes qui accompagnent sa voix cristalline. Les cuivres présents sur les titres offrent en parcimonie des particules pop baroque et orchestrale qui s'approchent du style de Sufjan Stevens sur un chant délicat qui évoque Thomas Dybdahl. L'album est magnifiquement mélodieux, abouti et construit avec savoir-faire. Andrew Keogan qui travaille avec son compatriote Lawrence Arabia aux arrangements de The Sparrow, coopère à l'album Christopher des The Ruby Suns, signe des titres rythmés où il joue de la guitare, du piano, du violon, joint par le producteur de l'album Wayne Bell qui est aussi à la batterie et aux percussions, Jol Mulholland à la basse et guitare, Gareth Thomas qui joue au sein de Goodshirt est aux claviers, Ben King du groupe Goldenhorse à la guitare mais aussi au chant avec Victoria Girling-Butcher qui parallèlement joue pour Lupin et Lucid 3
Les thèmes du voyage dans le temps et l'espace y sont soulignés avec élégance, les titres nous invitent à visiter l'Artique ou le cosmos, dans une atmosphère de contemplation et de fascination. Pour le voyage dans le temps, Andrew Keoghan utilise pour l'enregistrement son violon vieux d'un siècle qui appartenait à son grand-père, l'utilisant comme une guitare sur certains titres. Fan de Bob Dylan, Leonard Cohen et des Beatles, Andrew Keoghan qui apprend à 8 ans auprès de sa mère professeur de piano à jouer avec les notes et les accords, mêle ses influences classiques d'enfance à ses goûts musicaux d'adulte ainsi que ses influences de globe-trotter en amerique du sud avec la rythmique samba de Rio qui se faufile dans les chansons. Le single Ca va bien merci est un clin d'oeil à Serge Gainsbourg. La poésie et les harmonies pop folk, les instrumentations variées et alternatives habillent les 11 titres contenus dans Artic Tales Divide qui est à mes oreilles un des meilleurs albums de ces deux dernières années. Andrew Keoghan et sa voix touchante, majestueuse, a d'ailleurs reçu le Taite Prize de 2012 et est classé dans le top 30 des artistes par le Time-Out. A découvrir absolument ! 


jeudi 12 décembre 2013

Evripidis and his Tragedies

Evripidis Sabatis est un artiste grec aux talents multiples, musicien et écrivain, qui s'établit à Barcelone en 2004. Indépendant il crée en 2007 le projet Evripidis and his Tragedies qui est label et nom de groupe pour pouvoir produire librement son album éponyme de 15 titres. Auteur-compositeur interprète, il arrange aussi avec beaucoup d'inspiration ses compositions pop et s'entoure d'une jolie troupe de musiciens comme Marc Ribera, également un designer très réputé, Manel Ibañez à la guitare et clarinette, Rafa Ibañez au saxophone, Iker Glez à la basse, Jaume Ribell à la batterie, Cristina De Sola au violon, et se joindront plus tard Xavier Tort à la trompette, Sergi Puyol à la guitare électrique et banjo, Luis Berges à la mandoline, Santi Rivas au ukulele, Carlos Carbonell à la clarinette, les trois guitaristes Adrian de Alfonso, Aleix Clavera, Borja Rosa et Anie Arjona aux percussions. Avec des choeurs qui évoquent la sunshine pop des Beach Boys, des chanteurs et chanteuses accompagnent Evripidis depuis l'opus : Marisol Simó, Anie Arjona, Nora Gala, Odil Bright, Pedro Luis Martinez, Marc Ribera, Victor Antolin également bassiste. Les mélodies sucrées sixties, pop baroque, écrites par Evripidis Sabatis sont collégiales au chant mais aussi parfois aux arrangements.
  Fan de David Bowie, Phil Spector, Jonathan Richman, Pulp et de Stephen Merritt à qui il rend hommage en 2008 sur l'album de reprises 21-song tribute to The Magnetic Fields avec le titre Time enough for rocking when we´re old, Evripidis Sabatis sait faire jongler les cordes, piano et rythmiques avec une belle présence et un charisme certain. Ses textes parlent de son départ d'Athènes, du manque et de l'absence, comme sur le titre Abroad qui ouvre le bal, mais aussi de l'Europe, de la musique, de l'amour comme sur Euroyéyé, sur l'épique Transylvania qui laisse entrevoir le travail à venir romantique, aux variations musicales médiévales : Historia de la Espuma. Cet album est une bande-son de 9 vidéos stylées, signées du catalan David Bestué, qui précède un autre travail de la même veine en 2013, Hombre Caminando, titre soundtrack pour le court métrage de Jordi Cussó. Après l'EP deux titres de 2010 consacrés aux transports avec Motorbike et Dreamboat, Evripidis and his Tragedies sort en 2011 un sublime album nommé A healthy dose of pain. Les mélodies y sont construites comme des scénarios, les textes délicats sont ornés d'humour, l'ensemble est intemporel et multi-culturel avec des influences du folk grec, espagnol dans les percussions, pop sixties californiennes et britpop avec des harmonies proches de celles des Beatles
La mélancolie et la nostalgie y sont précieuses et élégantes, arrangées de manière à rendre l'ensemble dansant et gai par exemple sur le titre Take a healthy dose of pain où la voix mélodieuse d'Evripidis Sabatis annonce dans une atmosphère rétro et classe "take a healthy dose of pain, it will ground you and make a better man of you. Caress softly your grandfather´s beret, remember how he used to take you in his arms, sing you songs and slip money in your pocket" ou sur Before it's over "When you taste the fruits you always let, their juice stain your chin and fingers. It reminds you of being a messy little girl, the rebel on the family table. Maria, you don´t need any lover"
A Healthy Dose of Pain d'Evripidis and his Tragedies qui mêle la pop à des arrangements classiques sur les thèmes nostalgiques de l'enfance, romantiques du mariage, est un keepsake d'images et de mélodies aux notes méditerranéennes qui assure un dépaysement total à son écoute, surtout quand l'amateur de cinéma et de poésie, Evripidis Sabatis boucle l'écoute en chantant en espagnol sur le bonus track Este Verano

mardi 10 décembre 2013

Alexander Von Mehren

Le mozart de la pop droit venu de Norvège, Alexander Von Mehren, à 4 ans découvre le piano et consacre ses dix années suivantes à apprendre la musique classique. Suivant des études à l'université, il dirige en plus un orchestre symphonique local et le week-end, il passe des disques de french-pop dans une boite appelée "bibliothèque musicale" à Bergen. Quel ambassadeur et quel honneur! Etudiant en langues, il s'intéresse à la science et à la psychologie. Alexander est passionné, inspiré, se nourrit de jazz et de rock toutes ces années. Son amour pour la culture musicale française le conduit à participer à l'album Le Génie Humain du groupe de Nancy Orwell, à reprendre Stereolab avec Hillbilly Motobike sur The Politics Of Photosynthesis (Stereolab Tribute), à travailler avec les High Lamas, Modular, William Hut qu'il accompagne au grand piano avec le Bergen Philharmonic Orchestra à Grieghallen, 2007. Il accompagne également Espen Horne de Kinny & Horne en 2006 sur la compilation Saint-Germain-Des-Prés Café 7




De formation classique ce virtuose du piano qu'il étudie des années découvre la culture pop et s'y plonge corps et âme en apprenant à jouer de la guitare, du vibraphone, de la basse. Passionné de l'univers rétro futuriste de la musique des années 60' et 70', il grandit dans l'atmosphère indie post-scène rock américaine en écoutant The Sea and Cake ou David Axelrod. Alexander Von Mehren n'est pas seulement un amateur de pop, il s'active et contribue à un renouveau du genre en composant depuis 5 ans. Il ne cherche pas à reproduire mais il malaxe ses influences qui se chrysalident et analyse tout ce qu'il écoute pour en reformer de fraiches mélodies. Depuis 2007 et sa présence aux côtés d'Orwell à l'orgue, piano, guiro, aux arrangements de cordes du titre Sun Holiday, il crée en Norvège La Bibliothèque Musicale qui consiste, avec l'aide d'un de ses amis Audinho da Vitrola, à un concept concert mêlant l'audition et le visuel sur des airs sixties, en grande partie francophones. 2009, Alexander prend part à l'album Sticks du français Chris Joss en jouant du vibraphone sur Tea Age Sea mais aussi travaille au côté du finlandais Le Futur Pompiste
  Multi-instrumentiste, arrangeur et producteur de 30 ans fait montre d'un charisme merveilleux. Il honore la pop française et ses influences mélodiques vont de Gainsbourg à Françoise Hardy en passant par Bertrand Burgalat. Sa voix, fleurie et suave, nourrit la création exceptionnelle de l'artiste de textes écrits et interprétés dans un excellent français. En 2010, le voici en piste avec Aéropop, son premier album. Alexander Von Mehren enregistre dans son studio chez lui et se joignent à lui ses amis et acolytes musiciens : le guitariste Fredrik Drønen, Erlend Alm Lerstad, Erik Johan Bringsvor et Chris Joss, Sigurd Fischer Olsen aux cordes, Siri Eimhjellen Oie, Eline Rodvelt Hansen et Andy Nice, Ina Walde, Tor Erik Pettersen Seim, Erlend Hausken, Silje Veit et Marius Solevåg Eide, les chanteurs Mari Kvien Brunvoll, Nathalie Nordnes, William Hut et Lise Seth ainsi que des membres des High Llamas, Orwell et de Modular. Ce feu d'artifices de Moog, synthé et orgues, de savoureuses guitares, de tambourins, flûtes, saxophone, vibraphone, trompettes, trombone, cor, appelé Aeropop vient d'être réedité avec des inédits en septembre 2013. Ce magnifique objet de 20 titres avec 6 aerosuites allant du style pop baroque au groovy symphonique de la basse qui conclut avec Aérosuite Partie G Survol de l'Amérique et constitue le cadeau idéal au pied du pinède. 


 

mardi 3 décembre 2013

The Ballet

The Ballet est un trio new-yorkais, mené par l'auteur-compositeur et arrangeur Greg Goldberg et ses deux amis, Craig Willse qu'il rencontre en 2005 à l'université, par sur les bancs de fac mais dans la salle de professeurs, et Marina Miranda. Dès 2006 ils signent leur opus Mattachine! puis en 2009 Bear Life, ces deux albums sont actuellement déjà tous vendus et désormais en version digitale seulement. La synth-pop des débuts est aérienne, dansante, arrangée à la manière des compatriotes  Voxtrot ou des écossais de Belle and Sebastian. Le lyrisme qu'appose Greg Goldberg dans ses textes est envoutant. Sur ces deux premiers albums, les mots sont naifs, francs avec des thèmes contemporains évoqués comme les relations amoureuses et ses ambiguités. D'autres sujets de société comme la guerre y sont soulignés poétiquement, avec beaucoup d'élégance et le chant sublime de Goldberg leur donne davantage de magnificence. Les compositions sont jouées essentiellement au synthétiseur mais il y a aussi des mélodies enorgueillies de guitares, de violons, de handclaps comme When You Go Dancing, des rythmiques endiablées sur I'm Going Through a Personal Transformation, du glockenspiel ravissant sur Kitty
Le cocktail de sonorités pop, parfois lo-fi, revient avec le dernier album sorti en juin 2013 au nom éloquent, I Blame Society. Les instruments prennent place au côté du synthétiseur, la basse y est royale et nous love dans une ambiance joviale et dansante. L'electro-pop de The Ballet est sucrée, charmante et les mélodies qui se suivent sont d'une qualité constante. Signé chez Fortuna Pop, l'album est abouti, efficace, avec des textes qui traitent des mêmes thèmes mais avec des expressions moins juvéniles, des formes plus matures et profondes. Batterie, basse, guitares et violons nous convient à une escapade pop dès Alright, parfait titre pour attaquer le repertoire offensif. Cruel Path, nous emmène dans la rythmique sensuelle du mouvement des hanches avec Greg qui entonne "we should go dancing" quand la basse continue ses taquineries sur Difficult Situations avec des guitares sixties et des maracas ensoleillés. Le délicieux Feelings aux sonorités eighties qui ranimerait toute la scène de Manchester pose le décor et le beat libéré donne infiniment envie de les balancer ces hanches. Le tempo et la résonnance splendide des guitares sur Meaningless, au profil coldwave est touchant par sa mélodie et son texte "i’ve got no wedding dress, i’ve got no diamond ring, no vows or crowd to address, i guess my love is meaningless" mettant le doigt sarcastique et mordant sur le sujet qui lui tient à coeur, le mariage. Too Much Time, plus gai que Is Anybody Out There, continue dans l'élégance et la délicatesse et sont suivis du brillant Turn You. Sorry sort la cavalerie de synthétiseurs et d'effet dans le chant nous propulsant dans les années 80, pour conclure sur le génial All the Way que les amateurs du Velvet Underground pourront apprécier. The Ballet sont indéniablement les héritiers du grand Lou Reed de par les harmonies intelligentes de Greg Goldberg mais aussi évidemment, par la belle bataille qu'ils mènent pour le respect des individualités et leurs libres choix. Ramesh de Voxtrot et Linton des Aislers Set viennent jouer et chanter sur les albums de The Ballet qui après avoir assuré des concerts avec Hidden Cameras, Voxtrot, Dear Nora, the Felt Tips, de Stockolm à Munich, de Londres à Glasgow, sera présent au Popfest de New-York en juin prochain avec The Smittens, Making Marks, les Silkies et croisons les doigts, peut-être un jour à Paris. 

lundi 2 décembre 2013

The Olms

The Olms est un nom de groupe concis mais il y a derrière cet alias deux multi-instrumentistes, auteurs- compositeurs au talent illimité et riche, J.D King et Pete Yorn. Le premier, troubadour californien qui avec sa guitare acoustique et son harmonica transforme ses chansons countryfolk en potions magiques, a signé deux albums, en 2006 American Mercury et en 2008 Here's J.D. King. Il a un coup de coeur a 10 ans en découvrant les vinyles des Beatles et d'Elvis Presley, prend des leçons de piano, guitare et apprend seul, la flûte, clarinette, basse, saxophone. Adolescent, J.D King  rencontre Thurston Moore (Sonic Youth) à New-York et créent ensemble, avec le bassiste Bob Pullin et le batteur Danny Walworth le groupe The Coachmen. A 21 ans et une flopée de chansons en poche écrites depuis qu'il a 17 ans,  on le décrit comme "a old soul", spirituel et philosophe. J.D King est un artiste complet qui pose parfois sa guitare pour dessiner et peintre, illustrateur de métier et récompensé par des awards (American Illustration), il expose, crée des bandes-dessinées et travaille pour le Newsweek, New-Yorker, Fortune, Time, etc. 
Quand au second artiste, du New-Jersey, cela fait 13 ans que l'on savoure ses compositions avec l'opus de 2001 Music for the morning after suivi depuis de 6 albums dont celui de 2009, Break-up en duo avec Scarlett Johansson, inspiré par le duo Gainsbourg/Bardot qui recolte un bon succès. Mais Pete Yorn n'est pas que ce succès commercial, loin de là. Dans la lignée de Donovan, Elliott Smith, Mark Kozelek et son ami J.D King, Yorn est un troubadour, un auteur avec des textes et des mélodies intemporelles que j'écoute depuis 2001 quand le magazine Rolling Stone le classe dans le top 10 des artistes de l'année. Day I Forgot de 2003 puis Nightcrawler de 2006 l'emmènent sur les routes partageant la scène avec Foo Fighters, REM, Crowded House etc, travaille en studio avec Don Fleming de Sonic Youth et invite sur ses propres enregistrements le guitariste Peter Buck de REM ou encore Frank Black des Pixies qui produit le dernier album éponyme en 2010 de Pete Yorn.

  

Yorn fan de l'album Here’s J.D. King invite son mentor à partager une tournée et il en résultera la jolie collaboration The Olms qui commence en 2011 avec l'album Twice as Nice. Le duo en parfaite osmose compose et écrit des titres aux résonances country avec des textes narratifs qui nous embarquent dans l'Ouest américain, bercé par une atmosphère de saloons et de l'épopée des chercheurs d'or. Leur amitié musicale nous propose en juin 2013 un superbe album nommé The Olms qui nourri des influences du duo, est solidement construit autour des styles rock progressif, country-folk, et pop sixties. Le disque offre une ribambelle de sonorités et d'instruments qui sont crédités aux noms des deux artistes. J.D King y joue de la guitare, flute, accordéon, banjo, orgue, trompette, cymbales, clarinette, violoncelle et Pete Yorn, guitare, batterie, piano, tambourin, orgue, percussions et basse. Tous les deux se partagent le hand-clapping, le chant et la composition. Tandis que J.D King me fait penser aux Byrds et The Animals sur le titre Only One Way, ses textes mélancoliques sont amoureux, pleins de musicalité sur des mélodies dignes de celles des Beatles comme Things We Said Today, On the Line, ou Wanna Feel It où l'esprit sixties vient se glisser dans les arrangements. Another Daydream et Twice As Nice contiennent des harmonies qui évoquent Pet Sounds. Le duo propose un disque magnifique, aux influences diverses et griffé de leurs propres styles qui se marrient excellemment bien. The Olms est un objet de grande qualité et ces deux fans des Kinks et des Ramones forment un duo lumineux et émouvant.  


dimanche 1 décembre 2013

Yellowbirds

Le monde musical de Yellowbirds, originaires de Boston et désormais installés à Brooklyn, est totalement aspirant. Dominées par les guitares, guidées par les synthétiseurs, agrémentées de rythmiques dynamiques, de harpe, flûte, trompette, tambourins, clarinette et d'orgue, les chansons écrites par le leader Sam Cohen sont dotées d'un psychédélisme fabuleux. Peu étonnant d'apprendre que l'auteur-compositeur est aussi musicien fondateur des Apollo Sunshine mais aussi guitariste pour Joseph Arthur, Norah Jones, producteur des The Bandana Splits ou encore musicien arrangeur de l'album hommage à Bob Dylan, Paupers, Peasants, Princes & Kings: The Songs of Bob Dylan. Dans la lignée des Olivia Tremor Control avec un style proche de The Clientele, les singles de 2010, The Rest Of My Life et The Honest Ocean ouvrent la marche pour Yellowbirds qui prend son envol en 2011 avec l'album de 11 titres, The Color. Sam Cohen, charismatique à la composition, chant, guitare, batterie, basse, cithare et claviers enveloppe ses titres de sa voix majestueuse et maitrisée à la façon Hazelwood ou Morrissey. A ses côtés, les quatre acolytes musiciens forment en choeur élégant, George Lewis Jr à la basse, Wynne Bennett à l'orgue, Max Koepke à la guitare classique et cithare, Brian Geltner à la batterie et un ensemble efficace. 
Sam Cohen nous conte des histoires, nous transporte dans le temps et l'espace avec ses métaphores et ses harmonies variées, ses arrangements alternatifs. L'effet kaléidoscope est garanti avec Honest Ocean ou Pulaski Bridge et le style sixties comme sur The Color, les ballades pop, rock, garage parfois, sont fort réussies. Le jeu puissant des guitares de Yellowbirds est impressionnant de qualité. The Reason qui boucle l'écoute de The Color nous offre l'agréable sensation que les Beatles viennent hanter le titre. L'influence quatre de Liverpool se confirme sur le deuxième album sorti en mai 2013, Songs From The Vanished FrontierSam Cohen dévoile un sacré talent de compositeur. Si Yellowbirds se pose en héritier de Lennon, McCartney, Harrison, il y a aussi des arrangements qui explorent le genre sunshine et pop orchestrale proches de Van Dyke Parks ou de Phil Spector. Les instruments, la batterie de Brian Kantor, la guitare et clavier de Josh Kaufman et la basse, guitare, orgue et synthétiseur de Sam Cohen, se mêlent avec harmonie. Les mélodies gardent un aspect spontané et underground qui m'évoque la musicalité du Velvet ou de Cardinal. Les textes sensuels ont un beau cachet et un raffinement qui émeuvent. La poésie des mots est un bain d'émotions et la personnalité de Sam Cohen, renversante de sincérité. Cette fraicheur se retrouve sur le dernier album Across The Whipplewash dont le schéma est un soundtracks avec des notes encore plus sixties et rétro dans les guitares, galopantes et emballantes. 


Lisa Crawley

Originaire du pays de la Terre du Milieu, la jolie néo-zélandaise Lisa Crawley a plusieurs cordes à son arc. Chanteuse à la voix de velours, elle est excellente musicienne et une parfaite auteur-compositeur. Après ses deux premiers EP, Shoot the Night en 2007, Hello Goodbye and everything in Between en 2009, elle signe l'opus Everything That I Have Seen en 2011 en apposant à son univers piano-voix des arrangements pop élégants, des choeurs gracieux avec Hollie Fullbrooke au violoncelle, avec Oliver Emitt au trombone, du banjo qui offre la participation de David Ward, la basse de Djeisan Suskov, les guitares de Matthew Hutching et une rythmique assurée par Stephen Thomas rayonnants. We are Wolves écrite par Richard Setford, est chantée avec Andrew Keoghan, auteur-compositeur et musicien qui travaille avec Lawrence Arabia aux arrangements de cordes sur The Sparrow. L'univers jazzy et boogie de Lisa Crawley est ravissant de féminité et son écriture romantique, poétique, fleurit Everything That I Have Seen de classe. 
Cette année, la fée aux doigts d'or et à la tête couronnée de brio, signe 3 singles qui annoncent la sortie du second album paru en septembre 2013, All in my Head. Car Lisa Crawley n'est pas active qu'au niveau de la production de ses disques, elle sillonne également les pays, les bars-concerts, les hotels, elle joue seule (piano, clarinette, guitare) ou avec son groupe, au Japon, au Danemark, en Angleterre, au Texas et à New-York avec Jon Natchez de Beirut ou encore en Nouvelle-Zélande avec Paul Weller. A ses côtés pour ce deuxième magnifique album Heart of Mine, il y a son ami producteur des Tiny Ruins et membre des Cool Rainbows, le multi-instrumentiste Djeisan Suskov. Ensemble ils travaillent un album très stylé, des mélodies sublimes, sophistiquées dans les harmonies pop, qui accueillent des tambourins, des guitares fifties au côté rétro charmant. La griffe jazz est savamment mélangée à une atmosphère pop sixties qui glisse à l'écoute des titres délicats, allant des titres dansants sortis en single, Tide is Low, Elizabeth, What Would I Give vers une fin d'album soft, nourri de balades mélancoliques.

L'envolée de cordes et la désinvolte basse accrochent l'oreille dès le premier titre, tout comme le grain de voix de Lisa Crawley, cristallin et envoutant. Même si on distingue une belle vulnerabilité, l'artiste sort l'artillerie aussi, maitrisant ses mélopées avec maturité et efficacité. La sensibilité et la force y sont mêlées dans les harmonies et les paroles comme sur Imagination et sur Stranger, où les réglements de comptes sentimentaux sont épinglés et sur Better Lands ne sont pas épargnés : "Oh God, What have I done? I’ve just killed my only love, I took things into my hands And I sent him on his way to better lands". Sur des mots poivrés ou sucrés, Lisa Crawley avec son style singulier jazzy conclut l'album sensuellement, en déposant les armes et en créant des harmonies langoureuses au piano-voix magiques sur Heart Of Mine "Every night I look towards the stars, And I wonder where you are I wonder if you’re far, Oh this heart of mine, Beats for your tired mind, On my own I have travelled far On my own I have battled war". Lisa Crawley, à qui Tim Finn des Crowded House vient de demander de faire partie de la troupe de la comedie musicale qu'il vient d'écrire, Woman In Black, est une artiste inspirée, fan des Beatles et de Burt Bacharach,  continue son aventure musicale avec talent et tact. 


jeudi 28 novembre 2013

Wintergatan

L'electro m'ennuie souvent sauf quand, cas exceptionnels, elle est imaginative et pas pompeuse. Les quatre musiciens de Wintergatan originaires de Gothenburg proposent une electro-pop élégante et maligne, qui en plus de swinguer et de donner envie de danser, est esthétique et efficace. Tels des laborantins, les suédois travaillent le son analogique avec finesse, y ajoutant de vrais instruments comme de l'accordéon, de la batterie, du glockenspiel, harpe, tambourins ou du vibraphone ce qui apporte une note humaine et touchante. Wintergatan réussissent à donner une âme aux sons électroniques et leur savoir-faire d'excellents techniciens, puisqu'ils sont réellement musiciens, leur imagination percutante, donnent aux mélodies une belle sonorité. Wintergatan signe un premier 9 titres instrumentaux éponyme en avril 2013, tendre et mélodieux, d'une qualité exquise. L'ensemble des morceaux passe sur la platine comme une une bande originale d'un film qui parle de saisons, de bicyclettes, d'amour, de musique.
  La pop y est radieuse, parfois folk comme sur Biking Is Better qui fait penser à Yann Tiersen, où l'accordéon magistral se dénude de son étiquette rétro pour devenir diaboliquement moderne, idem sur Västanberg ou sur The Rocket. De manière complice, on assiste sans tromperie à l'élaboration de l'enregistrement, Wintergatan ayant laissé tous les épisodes d'enchainement d'instruments ce qui rend leur univers brillamment alternatif. L'esthétisme est travaillé avec finesse, sans voile, les musiciens nous invitent à prendre part à leur création, de façon sonore et visuelle avec la vidéo de Starmachine2000. Indirectement et de façon avant-gardiste, les suédois ravivent le côté artisanal de la composition musicale en nous y conviant et en y ajoutant intelligemment du numérique. Le dernier titre Paradis comporte en 14 minutes tout leur univers. Depuis le 20 novembre 2013, Wintergatan signe un somptueux vinyle nommé Tornado qui comme bien nommé est un album bourrasque et virevoltant de notes sixties, garage, pop avec des orgues hammond psychédéliques qui montrent via l'exploration de ce nouveau domaine musical l'étendue et la fertilité du talent et de l'imagination des artistes. Il y a de l'esprit, de l'humour, de la sensibilité, de l'intemporalité dans Wintergatan qui se traduit en français par "Voix lactée" dont les quatre artistes Martin, David, Marcus et Evelina arborent les étoiles.

 

lundi 25 novembre 2013

Camera Obscura

Camera Obscura est un groupe de Glasgow formé en 1996 par la chanteuse et guitariste Tracyanne Campbell, le bassiste Gavin Dunbar, le chanteur et batteur John Henderson. Pour les deux premiers singles Park and Ride et Your Sound, le guitariste David Skirving se joint aux trois autres. Puis entre 2000 et 2001, la composition du groupe change, Skirving part, la pianiste Lindsay Boyd, le batteur Lee Thomson et le guitariste Kenny McKeeve prennent part à l'aventure. Camera Obscura signe son opus Biggest Bluest Hi Fi en 2001 produit par Stuart Murdoch des Belle and Sebastian et dès lors, les écossais s'imposent dans le monde de la musique indépendante avec des critiques qui les gratifient de "meilleur groupe indie-pop". Le single Eighties fan bat tous les records dans les charts anglais et on découvre la pop harmonieuse et dansante parsemée de mandoline, de cloches, de trompette assurée par Nigel Baillie désormais intégré au groupe et des envolées de cordes avec violons et violoncelles. La délicatesse et le style des écossais viennent des arrangements, fins et élégants, mais aussi des paroles chantées par Tracyanne avec grâce, dont la voix est riche de poésie et
de musicalité.

  

Tandis qu'en 2002 Boyd quitte le navire remplacée par Carey Lander, Camera Obscura prépare son second album pour 2003, Underachievers Please Try Harder. A mes yeux, à mes oreilles, ce deuxième disque est un chef d'oeuvre, parfaitement écrit, composé, sans fausse note de style et diablement inspiré. Camera Obscura fera une grande tournée pour le présenter, en Europe et aux Etats-Unis. Tracyanne Campbell y révèle tout son talent de composition et d'écriture pour la pop baroque et les arrangement de cordes qui accrochent l'attention et restent entêtants. En 2004, John Henderson quitte le groupe qui continue son chemin étoilé de mélopées géniales en signant deux titres, deux poèmes de Robert Burns mis en musique, idée proposée par John Peel : I Love My Jean et Red, Red Rose. Tracyanne est fan de Felt, The Pastels, Heavenly, mais aussi de son compatriote Lloyd Cole à qui elle répond via le titre Lloyd, I'm Ready to Be Heartbroken présent sur le troisième album Let's Get Out of This Country, enregistré en Suède en 2005. Comme le souligne le titre, les ballades de Camera Obscura mélodieuses et groovy, sont pastorales, fleuries de cordes, de cuivres, d'accordéon parfois, une multitude d'instruments arrangés par le percussionniste suédois Jari Haapalainen qui travaille avec Club 8, Lacrosse, The Concretes, Magic Numbers etc. En studio, toute une équipe suédoise de talent tourbillonne autour de Tracyanne, comme Christoffer Lundquist au mixage, multi- instrumentiste qui coopère au travail de Peter Von Poehl et de Roxette. Pour les choeurs, il y a la brillante présence de Victoria Bergsman, chanteuse de The Concretes, et Markus Krunegård membre de Laakso et We are Serenades, sans oublier la participation de Björn Yttling producteur et compositeur de Franz Ferdinand, Groove Armada, Caesars, Peter Bjorn and John, Shout Out Louds etc. C'est tout un bataillon des meilleurs musiciens indie-pop actuels qui brille autour de Camera Obscura pour ce magnifique Let's Get Out of This Country qui nous convie à aller butiner l'air de la campagne sur des mélodies ensoleillées et buccoliques. 




En 2008, le single French Navy annonce l'arrivée du quatrième album My Maudlin CareerNicolai Dunger prête sa voix. Les violons, le cor, la trompette, le piano, les guitares et la basse nous plonge savoureusement dans la mélancolie de Tracyanne, sorte de bilan mélodique de son parcours musical, en nous emmenant à Mexico sur Honey in the Sun, à Toronto sur forest and sands ou en Alaska sur Swans et en nous dévoilant aussi ses états d'âme avec une pudeur magnifique. Le romantisme coule sur les titres et les sentiments amoureux sont toujours décrits avec volupté et classe. Camera Obscura est de retour en 2013 avec le somptueux Desire Lines qui explore d'autres horizons avec une basse plus funk, des rythmiques langoureuses, des textes qui comptent la participation de Neko Case et de Jim James (My Morning Jacket) au chant. Dans une veine plus disco, le swingue des guitares et du saxophone est ravissant, l'ensemble des chansons produites par Tucker Martine (Sufjan Stevens, R.E.M) fait rayonner le grain de voix de Tracyanne. Les titres sont réussis, les textes intimes et doux sont portés par les harmonies de guitares qui évoquent The Smiths ou la préciosité du chant rappelle Burt Bacharach et Lee Hazelwood. Desire Lines est digne d'un travail d'orfèvre et la sensualité du titre Cri du Coeur prouve que Camera Obscura est décidément bien le groupe phare de la pop baroque et orchestrale, ingénieusement alternative et au top de la subtilité qui sait si bien toucher les coeurs. 

 

dimanche 24 novembre 2013

The Bank Holidays

J'écrivais en 2008 : Constitué de deux membres norvégiens, Bekk Reczek et Nat Carson, fans des Kings of Convenience, le groupe australien est au complet avec James Crombie et Stuart Leach. Ils se font connaitre en 2004 avec l'ep Good Looks to Camera puis un autre ep l'année suivante Day For Night. Le vinyl Love is my Velocity sort en 2006. Voilà les Bank Holidays sur les rails. Bekk chante avec les Peter, Bjorn & John lors d'une tournée australienne et on aperçoit même le groupe faire une première des Belle & Sebastian en juin 2008. Enfin un album, signé chez The Lost & The Lonesome, le label de Stanley Paulzen alias Fred Astereo, et produit par J.Walker, voit le jour en 2007. Le disque, As a Film, est une réussite absolue. Au royaume de la pop, The Bank Holidays s'offre un rang confortable et indiscutable. De la veine des Zombies, influencées par les Beach Boys, les Shins, les compositions fleuries de flûtes, cordes, guitares et d'harmonies vocales forment un tout en or brut qui ne sort plus de la platine. Les titres sont emplis de paroles joviales, construites comme des formules magiques qui tendent à se rouler dans l'herbe, faire du clap-hands en coeur avec les coccinelles, se ballader en rosalie en fredonnant des "pa pa pa pa" popeux. 
TheBankHolidays2008PiggledyPop Les compositions de Nat Carson et de James Crombie qui se partagent l'écriture, guitares et basses, la rythmique endiablée de Stuart Leach et la voix cristalline de Bekk Reczek reviennent en 2010 avec Sail Becomes a Kite. Avec une production et des arrangements impeccables, The Bank Holidays signent un superbe album de 12 titres typés sixties avec des choeurs évoquant le style de Brian Wilson et des lignes de guitares surf ou garage qui prêtent à dodeliner du chef. Les harmonies y sont parfaitement construites, automnales et délicates, où les clap-hands et le glockenspiel s'allient aux textes mélancoliques et bouillonnants à la fois. Les origines diverses des membres du groupe, mêlant la Norvège, l'Angleterre et l'Australie nourrissent les chansons comme Oxford Street, profilées comme des scenari de films comme sur Particles, In The Desert ou The Motif par l'excellent producteur Steve Bond, présent sur chacun des albums. De manière fidèle, le génial label Lost and Lonesome accompagne leur travail et signe également le nouveau projet de Nat Carson et Stuart Leach, groupe nommé Captain Coach qui a joué hier soir, le 23 novembre à la soirée anniversaire des 15 ans du label, accueillant Bart & Friends, au sein duquel joue le leader du label Stanley Paulzen, The Zebras, The Sublets, The Icypoles etc. Captain Coach promettent un album grandiose et j'éspère qu'ils passeront jouer en Europe comme The Bank Holidays l'ont toujours fait. A suivre absolument ! 
 

jeudi 21 novembre 2013

Monsieur Mo Rio

Derrière le joli nom de Monsieur Mo Rio, excelle le multi-instrumentiste allemand Moritz Finkbeiner. Originaire de la région de Stuttgart, Moritz joue du piano, orgue et clavecin au sein du groupe Metabolismus qui opère une musique pop psychédélique, rock alternatif et indiepop depuis les années 90 et assure nombre de festivals, concerts, notamment avec Thurston Moore (Sonic Youth). Monsieur Mo Rio qui apprend le français au lycée, lance son projet en solo dès 1998, en écrivant et chantant en français. Ses mélodies naives et rétro, d'abord enregistrées sur cassettes, sont regroupées sur l'album Click et Craque en 1999 puis sur Bonne Chance en 2002. Cet amoureux de Kevin Ayers commence à chanter en français en s'exerçant sur Puis-Je et s'en sort fort bien avec ses textes qui sont loin de sa langue maternelle. Evidemment, l'accent charmant se lie parfaitement à l'atmosphère naive-pop, sunshine-pop et à l'élégance des thèmes évoqués comme l'amour courtois, la campagne avec ses villages, ses hirondelles et ses chats. La pop baroque de Monsieur Mo Rio est orchestrée toute en finesse et néo-psychédélisme avec du clavecin, des violons, flûtes, clarinette et une basse étincelante comme sur Toutçamefaitfou qui offre un tempo bossa nova délicat. Le cor et le trombone accompagnés de sittar, de carillons et de choeurs beachboysiens, colorent des mélopées pleines d'enchantement, ornées de flower-pop et de textes qui marquent l'intérêt de Moritz pour le soleil, l'ivresse, l'amour, les jeunes filles et la poésie, remerciant Guillaume Appolinaire dans Le Bestiaire
 
Depuis le délicieux Bonne Chance, Moritz ne cesse d'écrire et de garder son objectif, sa sensibilité rétro et vintage en délivrant une série de cassettes audio fabuleusement nostalgiques et romantiques. Suite aux 13 cassettes entre 1998 et 2002, dont Mademoiselle du Carousel, Tape to New-York City, et Disques à vendre, nom drôle et saugrenu pour une cassette, le compositeur Monsieur Mo Rio poursuit avec Jogging Mystique, Danse avec moi et une série d'EPs, pour enfin nous ficeler un second superbe album en 2012, The Sun Express. En anglais cette fois ci, la musicalité y est toujours aussi séduisante, pop, sur les thèmes du bestiaire, du soleil, de l'amour et de la nostalgie. Les orchestrations pop sunshine et bossa sont habillées de flûte avec Tom Lynn, de trompette et de cor avec Christoph Wagner, de violons avec Annette Blattmacher et Inga Von Ohlshausen, de violoncelle avec Coco Hampel, de batterie avec Robert Steng, et foule d'instruments assurés par Moritz qui convie sa soeur musicienne Julia Finkbeiner à l'enregistrement. L'âme des Kinks, de Roger Nichols, des Beatles et des Left Banke rode dans les 16 titres de The sun Express où les orchestrations sont belles et efficaces, les chansons enveloppées d'une myriade de sons, d'ambiances dans l'instrumentale Sunshine Serenade, intemporelle et magnifique, le savoureux psychédélisme bossa de Green Leaves ou encore les rythmiques bréziliennes de My Friends. La voix limpide et solaire de Monsieur Mo Rio nous emmène en voyage dans le temps et l'espace de manière quasi onirique avec Time, l'instrumentation années folles de Strange Boy, la précieuse Doris Day évoquée dans Blackhole Memory, ou encore la distance et l'escadrille d'harmonies sur Fly. La pop de The Sun Express est merveilleuse, envoûtante, et le vaillant Monsieur Mo Rio dont l'univers réchauffera les chaumières cet hiver, en concert demain vendredi 22 novembre à Esslingen, nous concocte actuellement de nouvelles chansons. Piggledy Pop sera au rendez-vous de cette nouvelle parution. 


vendredi 15 novembre 2013

The City and Horses

Groupe de Philadelphie, The City and Horses est conduit par l'auteur compositeur et interprète Marc Cantone alias Marc Louis depuis 2008 pour signer l'opus dès 2009 I don't want to dream enregistré à Brooklyn. Marc qui assure les percussions, la guitare, l'orgue et le chant s'entoure de sa troupe qui fleurit ses compositions de flûte avec Domenica Fossati, d'une basse avec Joshua Siegel, d'un harmonica avec Matt Schatz, d'un violoncelle avec Katie Ender, d'une contrebasse avec Matt Schatz. L'ensemble de musiciens offre une pop orchestrale joyeuse et dansante grâce aux textes naifs qui narrent les souvenirs d'adolescence avec toupet, entrain et humour. Utilisant un champ lexical enfantin, les thèmes sérieux sont traités avec légèreté tout au long des chansons comme sur Pierre The Arab, Your father's Factory, I'll Marry You qui nous emmènent dans un style pop alternatif proche de celui des Belle and Sebastian. En 2011, The City and Horses sort le fabuleux album de 10 titres We Will Never Be Discovered qui est une réussite certaine. Là encore, la griffe des producteurs Aaron Nevezie et Chuck Palmer y est belle, le talent de Marc y est au zenith. L'espiéglerie s'entend jusqu'aux arrangements, malins et contemporains, avec Aaron qui passe de la production à un rôle de bassiste dans le groupe pour un ravissement absolu. A la troupe se greffe la saxophoniste Nikki D'Agostino, Dave Eggar au piano, Deborah Smith au chant, Jessica Eisenberg au violon, Jacob Bergson à l'orgue, Jason Domnarski au piano et la new-yorkaise Katie Costello qui aborde les 3 duo The Company, Inc, Dum Dee Dum et We've Said it Before avec Marc. Le tempo coloré et chaleureux, les variations dans les mélodies, les arrangements solides montrent que Marc Cantone, également producteur d'émissions à la télévision pour les enfants a de multiples cordes à son arc. 

Les cordes de guitares, de basse, de violon, clavecin, violoncelle, sont de retour en juin 2013 avec le superbe album Strange Range. Les 11 titres qui ornent le disque sont orchestrés avec raffinement et un esprit pop encore plus fruité et ensoleillé. Comme We Will Never Be Discovered, la rythmique des basses et de la batterie est fraiche et dansante. Strange Range pose les cartes avec le titre Whip, sensuel, harmonieux qui est suivi par l'excellent 17, la mélodie langoureuse habillée de flûte sur Pretty Pretty où le chant de Marc est impeccable, sensiblement travaillé et en progression et où son sens de l'humour épingle avec intelligence la consommation de drogue "I know I've been acting weird, But I have my reasons, And one of them is not a girl or the drugs I snort up my nose, No I don't do drugs and the girl that I got is fine".
Du mellow adorable de Strange Range au son synthétique, moderne de re-Inking jusqu'au vaporeux groove de Kawaii Dance, The City and Horses s'affirme et confirme son talent kaléidoscopique pour la composition et ce don faussement innocent pour le sarcasme ou le romantisme dans les paroles en surface naives. Techniquement parfait, les mélodies y sont belles et efficaces, Strange Range est une des plus belles productions de l'année 2013 et classe The City and Horses, désormais installés à New-York, au top du genre pop, alt rock, orchestral ou twee pop... Chacun y trouvera son compte.  


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lundi 11 novembre 2013

Wild Honey

Guillermo Farre est un artiste originaire de Madrid qui commence son parcours dans la musique indépendante en 2004 en tant que chanteur, bassiste, arrangeur et compositeur pour les Mittens (Anita Steinberg, Javier Moya, Jose Luis Fernández, Javier Lorente) avec qui il signe trois EPs, l'album Deer Park Mirage en 2010, puis un single en 2012, A Christmas Chin para ti, délicieusement pop. 
  Multi-instrumentiste il concocte son projet nommé Wild Honey en 2008, s'envolant pour Nashville pour son enregistrement en 2011. Personnalité riche au talent infini, l'auteur-compositeur s'allie au producteur de Josh Rouse, Brad Jones pour peaufiner le fabuleux et juteux Epic Handshakes and a Bear Hug. Véritable coup de maître pour un opus, l'album est raffiné, orchestré avec une âme sixties et une pointe de psychédélisme, alimenté de mélodies inspirées. La construction des titres y est alternative, variée, nourrie de textes forts en thèmes, aussi colorés et fertiles que les instrumentations. Les arrangements pop y sont pures et beaux, sans superflu et enveloppés d'élégance. Aucun des 12 titres ne fait tâche, tous sont excellents, ornés de guitares, basse, flûte, glockenspiel et du chant d'Ana Steinberg des Mittens dans les choeurs. Comme l'indique le titre, l'ambiance y est épique, amoureusement conquérante comme sur Kings of Tomorrow ou délicatement nostalgique comme sur 1918-1920 où la voix de Guillermo se fait cristalline et charmante : "You promised that after winter,You’ll come to pick me up,To drive all around Europe,Like the old days, dressed in white. La mélancolie y est joyeuse, la rythmique du ukelele et de la trompette nous plonge dans les souvenirs d'enfance sur Whistling Rivalry "Where we’re playing by the river, And climbing trees, With friends I can’t remember, All with scabby knees, Pictures of family secrets I’m glad I’m not involved in " La luminosité des créations et la sensualités dans la composition de Wild Honey reviennent en avril 2013 avec le somptueux Big Flash, produit cette fois par Tim Gane, guitariste, clavier et producteur de Stereolab et acolyte des High Llamas. La jolie collaboration se fait à Berlin où Guillermo dit avoir vécu une des plus belles expériences musicales de sa vie. Les mélopées de Big Flash, toujours sunshine pop revisitent aussi parfois la bossa sur des rythmes tropicaux, où les flûtes et les claviers hypnotiques flirtent sur les maracas dans My Memory May Also Be A Wish. L'âme des Beach Boys flotte sur les titres, Guillermo s'inspirant de leur album pour le nom Wild Honey, mais aussi celle des Zombies et des Beatles. See How Hard My Heart Is Beating ou The Kite And Captain John, sont solidement jouées dans un style pop psyché et dream-pop, interprétées avec grâce et volupté par Guillermo Farre au chant, guitare, basse, piano, synthétiseur, qui signe un 12 titres cohérent, ensoleillé et éthéré, là encore un second coup de maître admirable dont Piggledy Pop est fan. 

 

samedi 9 novembre 2013

Big Fresh

C'est John Roger Ferguson qui est à l'origine de Big Fresh en 1998 s'entourant de Brian Gorenthal et de Benjamin Fulton pour former le groupe qui depuis ne cesse de se développer. John, fils de Roger Ferguson ami et complice de R.Stevie Moore, grandit dans le milieu underground et depuis évolue au sein des Apples in Stereo depuis 2005 avec son ami Robert Schneider avec qui il crée les Ulysses en 2002. Les 3 musiciens d'à peine 20 ans, John, Brian et Ben ont fait leurs armes pendant divers concerts dans des bars jusqu'à ce que Big Fresh basé à Lexington commence son épopée pop psychédélique, bossa et orchestrale en 1998 avec l'opus monumentale We Come From Outer Space de 9 titres, Who Are the Believers? en 1999 et Yes, Nice, Please, Thanks en 2001 pour lesquels Jeremy Midkiff à la basse et Daniel Coy au piano les rejoignent. L'art des paroles sarcastiques et ironiques s'accentue au fil des albums et les textes imagés, les ambiances psychédéliques mordantes et aiguisées réapparaissent en 2008 sur l'album BFF (Big Fresh Forever). Encore plus arrangés et aboutis les 13 titres contiennent des instruments variés qui nourrissent une pop sucrée aux allures sixties.




Les Big Fresh continuent la belle aventure avec un nouvel album en 2011, Moneychasers, savamment moqueur qui parle des défauts de la société américaine, de ses classes sociales, notamment sa bourgeoisie et des abus politiques. Pour ce faire, les métaphores sont fines, l'instrumentation brillante avec un ensemble de cordes, de cuivres, des claviers revigorants qui évoquent Neutral Milk Hotel, Olivia Tremor Control, Beulah, Of Montreal, les groupes du label américain mythique de 1992, elephant6 monté par Robert Schneider, leader des Apples in Stereo qui in fine signera Big Fresh. Moneychasers offre des harmonies et des mélodies suprêmes, dansantes, où flotte l'âme des Beach Boys ou de XTC. De cinq musiciens, Big Fresh passe à un ensemble de plus de 10 musiciens où reigne une ambiance joviale qui répertorie de belle manière les talents de chacun : Evan Belt aux cuivres avec Ryan Moore, Jim Lindsay (Oranger, Preston School Industry, High Water Marks) aux congas, Regan Osterfield à la flûte, Nick Coleman et Daniel Coy, Katie Drof, John Ferguson et Ben Fulton, Jason Nesmith (Of Montreal) qui peaufine le master, Jeremy Midkiff, Matthew Goodman (Apples in Stereo) au chant et clarinette, Dave Farris déjà présent sur BFF et Ben Phelan. Le Lexington Herald dit "For more than a decade, the band has mixed summery soul, pop, dance grooves and more into a bright sound all its own" et les fans des Big Fresh dont Piggledy Pop fait partie attendent avec impatience le prochain bijou cosmique que signera le groupe.
BigFresh

 

vendredi 8 novembre 2013

Ryan Ruff Smith

J'ai écris un billet le mois dernier sur l'univers des Spencer McGillicutty
Quartet pop de Minneapolis, les Spencer McGillicutty se rencontrent au lycée en 2004, les deux garçons et les deux filles partagent leur goût enflammé pour la musique et le groupe qui les influence, les Beatles. Dès 2006, Mitchell Adam Johnson et Ryan Ruff Smith, écrivent et composent des chansons éditent un premier album éponyme où Brittany Miller et Nicole Wilder chantent. Cette collection de premiers titres est jouée en acoustique à la manière de leurs débuts sur scène. Puis le deuxième album Games comprenant 11 titres sort en septembre 2008; leur style griffé des quatre garçons de Liverpool est évident, dans la veine sixties, les mélodies sont jouées à la guitare, batterie, xylophone, tambourins, orgues avec des choeurs façon Beach Boys. Les titres sont joyeux, courts, ensoleillés, rythmés pour danser sur des paroles naives et amoureuses, le tout parfaitement abouti. De Claire Carnaby à Secret Best Friend où l’élégance et la délicatesse trottent sur les mots : « I always think of you, When I hear my favorite songs Come and meet me out tonight, It feels like it’s been so long» , c’est l’âme de Sgt. Pepper qui vient flotter dans les oreilles. 




Au coeur du groupe, il y a l'auteur-compositeur incroyablement talentueux, Ryan Ruff Smith, qui opère en cavalier seul depuis 2012 en signant l'Ep Everything Seemed To Happen At Once, puis en offrant en juillet 2013 le second EP Wildered & Westered. Différent du projet Spencer McGillicutty, sur Everything Seemed To Happen At Once Ryan qui appose sa belle voix aux titres fait swinguer ses cordes de guitare et son harmonica, y glissant néanmoins la même patte "Spencer"du compositeur dans l'art de planter un décors, donner une atmosphère et créer une ambiance dans chacune des chansons. Pop, rock, avec des notes jazzy et groovy, les textes rétro griffés sixties, amoureux et langoureux sont mis en beauté par Tylor Tholl à l'harmonium, piano, synthétiseurs, tambourins, par Dan Lawonn au violoncelle et Ryan aux guitares majestueuses et à l'harmonica. Ryan Ruff Smith confirme son talent pour l'écriture, l'art de conter des histoires et de créer des personnages dans ses morceaux du génial Wildered & Westered, sublime et abouti. Les 5 titres sont originaux, ne se ressemblent pas mais forment un EP homogène dans l'idée et sacrément bien ficelé. Fan des Beatles, Tom Waits, Bob Dylan, toutes ces influences se devinent dans les chansons qui n'en perdent rien en singularité et en harmonie. La musicalité est présente tout au long du EP, délicate et efficace qui séduira les admirateurs de Nick Drake et d'Elliott Smith. La veine indie folk brille sur State Of Nature avec ses envolées d'harmonica. Comptant Pete James Johnson à la batterie et toujours Tylor Tholl, multi-instrumentiste, il y a aussi son acolyte et ami des Spencer, Mitchell Johnson, qui joue de la guitare et chante sur Don't Take My Heartache Away et qui, comme Ryan, travaille à un disque en solo. Piggledy Pop reviendra biensûr sur ce projet que je sais prometteur. 
L'âme pop sixties de Silly Goose porte le chant de Ryan, juste et majestueux qui s'accorde à la perfection au trémolo et à le reverb un peu surf des guitares. La caisse qui galope sur les maracas de Some Days, fleuries d'une riche rythmique et de guitares entrainantes, fait dodeliner du chef et balance un swing digne d'une petite bombe dansante. Les notes nostalgiques plongeant dans les années 50 de Don't Take My Heartache Away dévoile la faculté de Ryan à faire de ses chansons des mini scénari délicieusement mélancoliques qui font voyager dans le temps. L'accompagnement à la guitare et aux choeurs de Mitchell y est succulent. Les compositions solides et rayonnantes de Ryan Ruff Smith se ferment sur une reprise fort réussie, Anything We Want de Fiona Apple. La voix falsetto que Ryan sait moduler avec beaucoup de technique, jonglant avec plusieurs tonalités pour faire passer les émotions tout comme la cavalerie de guitares qui tournoie et donne envie de danser. Je vous invite à découvrir ces deux EP en attendant le premier album de Ryan Ruff Smith qui ne tardera pas à frôler le tapis rouge de l'indie-pop.