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samedi 12 janvier 2013

Mauves

Mauves est un groupe canadien, de Québec, qui compose des mélodies dansantes, fourmillantes d’instruments et sait y déposer des paroles pop en français, élégantes et poétiques. L’âme des sixties plane sur leur premier album Cinéma Plymouth, sorti en octobre 2011. Jean-Christophe Bédard-Rubin, Cédric Martel, Alexandre Martel et Julien Déry offrent des airs pop garnis d’harmonica, de tambourins, flûte, de banjo, saxophone (Comme un loir), guitares, violons, batterie, trompette (le Bal) faisant communier le rock, la pop et le folk. Les constructions mélodiques délicieuses rappellent les Beatles et Beach Boys, avec du Paul McCartney dans La maison de Johnny, une once de Burt Bacharach et du Brian Wilson dans le chant en chorale des quatre artistes. Les sonorités swinguantes sixties de Annie Hall avec ses envolées de tambourins et de clap-hands psychédéliques, offrent aussi batterie et guitares furieusement effrontées et galopantes. Le groupe québécois qui met un peu du continent américain et de l’élégance yéyé à la française dans ses orchestrations et dans les variations ravissantes des tempos, prouve que le genre pop n’a pas de frontières. Mauves montre de manière convaincante que des textes en français, naifs et délicats, romantiques et ensoleillés, vont comme un gant à la pop et la portent à son zénith. Les 13 titres s’enchainent avec volupté, Verveine et Madeleine s’entremêlent dans les effluves du «thé» et la douceur de la «neige», reliés brillamment à Chérie, écoute moi où «tout finira par s’arranger». L’ambiance romantique début 20ème siècle, sur le cuir de la Plymouth, dans l'hôtel de Décor parle d’amour, tout comme Le Bal et Pour mieux valser qui se jouent des métaphores avec une espièglerie courtisane. L’insouciance résonne sur la platine avec Mauves. Cinéma Plymouth a du caractère, une âme désuète et envoûtante, un concept où les chansons pleines de subtilité, d’ingéniosité sont exécutées avec beaucoup de talent et de brio. Vivement conseillé ! Mauves