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lundi 29 avril 2013

Thurston Moore

Thurston Moore, auteur compositeur qui marque notre époque de son empreinte punk, rock et pop, est connu pour être un des piliers de Sonic Youth qu’il forme avec le guitariste Lee Ranaldo dès 1981 et qui accueillera sa future épouse, amie de Kurt Cobain, la bassiste et guitariste Kim Gordon, le batteur Steve Shelley qui oeuvre sur trois albums de Cat Power et le guitariste Mark Ibold, également membre de Pavement
Il arrive du Connecticut très jeune à New-York, se trouve une colocation chez l’artiste Dan Graham, écrivain et chroniqueur qui lui prête ses cassettes audio. Moore commence l’aventure du punk au sein de groupes locaux et rencontre Ranaldo; Ensemble, ils perfectionnent leur pratique de la guitare avec le Glenn Branca's guitar orchestra, puis montent Sonic Youth, qui signera 15 albums et sillonnera les scènes du monde entier jusqu’en 2011, toujours avec une trentaine de guitares à portée de main.



Pendant 30 ans, Thurston Moore n’aura jamais cessé de travailler. Dans les années 90, en parallèle de Sonic Youth, il participe à des bandes originales de films, Backbeat de 1994 avec les Afghan Whigs, Foo Fighters, et REM groupe pour lequel il joue de la guitare et chante sur leur album Monsters. En 1998, il participe à la musique du film Velvet Goldmine avec des membres des Stooges et son ami Don Fleming, musicien et producteur (Sonic Youth, Posies, Teenage Fanclub etc). En 1993, pour Sonic Youth entre autres, il lance son propre label Ecstatic Peace! sur lequel il signera son deuxième album solo Trees Outside the Academy en 2007, l’opus Psychic Hearts de 1995 étant sur Geffen Records, label de David Geffen qui signera Double Fantasy de John Lennon et Yoko Ono. Le new-yorkais Thurston Moore et son ex-femme depuis, Kim Gordon, travailleront d’ailleurs avec Yoko Ono. Ono lui demande en 2012 de peaufiner certaines de ses chansons, qui seront sur l’album YokoKimThurston



Moore ne lésine pas sur ses activités et en plus de la musique, de la gestion du label, des ses collaborations artistiques multiples comme la réalisation du clip Here pour Pavement, il est aussi écrivain, éditeur et chroniqueur pour le Arthur Magazine et son site Protest Records. Passionné par le jazz, on l’a vu récemment sur scène avec une légende du jazz Michael Chapman, et apparait pour un projet de jazz improvisé à Oslo en 2007, aux côtés de musiciens norvégiens et de son ami Jim O'Rourke (Wilco) qui enregistrent le live pour l’album The First Original Silence.



En 2011, il signe son troisième album solo dont les 9 titres tiennent du génie et montrent l’immensité du talent de Thurston Moore. Demolished Thoughts est une pure merveille tant en composition, en orchestration que dans l’écriture, avec des mélodies et des textes sculpuraux. La personnalité de Moore y est étincelante et le résultat parfait. Produit par Beck, qui y joue et chante, Demolished Thoughts est davantage proche de la pop orchestrale que du hardcore, du noisy ou du rock. Avec une trame acoustique, Thurston Moore a réussi à exceller en expérimentant les arrangement symphoniques de harpe et de violons qui viennent épicer les guitares de Moore, la basse et les claviers de Beck. Ce disque printanier qui ouvre le bal avec un magnifique Benediction, puis Orchard Street qui rend hommage à New-York, ou encore le splendide In the Silver Rain with a Paper Key, puis Circulation qui me fait penser à The Auteurs, le final grandiose January, passera les saisons et les années, bijou intemporel, à se procurer absolument. Thurston Moore en 2013 fait un retour aux sources avec son nouveau groupe rock Chelsea Light Moving qui signe le 5 mars dernier un album éponyme. La tournée est commencée par le festival texan SXSW et passera par Londres au Meltdown Festival créé par Yoko Ono, Suède, Allemagne, Irlande, Belgique et Paris le 22 juin. ThurstonMoore
 

dimanche 28 avril 2013

Dufflecoat Records

C'est le printemps alors on range les manteaux au placard ... sauf celui-là ! Dufflecoat Records est un label indépendant anglais qui délivre et fait connaître une pléthore de groupes pop délicieux et malicieux. Dans la veine de Sarah Records, Dufflecoat est lancé en 2011 grâce à Gary Sansom dont la noble entreprise dans un premier temps est de promouvoir des artistes pop asiatiques, peu connus en Europe, idée évoluant grâce au label indonésien Maritime Records. Entouré de ses acolytes, Joz, Rusli et Sara, Gary développe depuis son label en travaillant avec des groupes du monde entier représentant l’indiepop, la dreampop et la tweepop comme par exemple les excellents Alpaca Sports de Suède. Dans son activité de prospection et de promotion, Gary Sansom improvise parfois des compilations incroyables et surtout bien senties. Il se met en quête de groupes talentueux pop en Indonésie et aux Philippines et opte pour une compilation nommée The sacred Music qui les met à l’oeuvre avec des reprises du mythique Trembling Blue Stars. Parmis les 19 groupes qui participent, on retrouve notamment les asiatiques Annemarie, Carnival Park mais d’autres nationalités sont aussi représentées comme la France avec Skittle Alley de Limoges (fabuleux projet de Fanou Alley) et Aline, ou encore l’Ecosse avec Bubblegum Lemonade


Dufflecoat Records explore le format EP et depuis quelques mois offre de bien beaux objets comme le 4 titres partagés par les suédois d’Acid House Kings et les philippains de Carnival Park. Plusieurs signatures montrent la motivation de Gary : le vinyle rouge du groupe anglais A Fine Day For Sailing, le majestueux cd de Artic Flow dont l’univers s’approche des Field Mice ou de Brighter, la pop sophistiquée de Cave Cat, la power pop des indonésiens d’Astrolab, les irlandais Choir Invisible et leur janglepop, les suédois Cornershop et Double Dan avec leur pop accrocheuse, la récente sortie de Colleagues, groupe de filles indonésiennes, Gentle Isolation, Hobbes Fanclub, Funny Little Dream, Kensingtons, Nature Set, The Ritas etc....... Visitez le site de Dufflecoat Records, c’est un puits de pétrole, une mine d’or, un label «pépite de pop» qui se fraie un bien beau chemin dans le monde de l’indiepop. DufflecoatRecords

Jean-Louis Bergère

Inspiré par Léo Ferré qu’il admire et honore à travers le spectacle qu’il monte sur le poète en 1993, l’angevin Jean-Louis Bergère est un artiste ovni dans le paysage musical français. On peut lire sur la biographie de l’auteur-compositeur interprète qu’il est influencé des Stones, de Cohen, Nick Drake, Neil Young et Lou Reed. Ces références se retrouvent sur son récent album Demain de nuits de jours qui propose 11 magnifiques titres chantés en français, poétiques, superbement mélodiques et dont la production est un enchantement. Cela fait plusieurs semaines que j’écoute Jean-Louis Bergère qui m’évoque tour à tour Rodolphe Burger, Jean-Louis Murat et le Velvet Underground tant la poésie et le lyrisme sont mis en musique avec élégance et sensualité. La pudeur des mots et le lyrisme dans les textes sont bercés par des arrangements et des orchestrations d’une finesse notable. Jour sans fin pose le décor avec délicatesse et les thèmes de la mémoire, du voyage, de l’amour. 



Evelyne Chauveau chante sur Long Courrier mais apporte aussi sa participation aux choeurs sur l’album d’une manière ravissante et attachante. Les deux voix, accompagnées de celle de Laurent David, sont portées par les musiciens qui excellent, chacun à son instrument: Blaise Desol à la guitare électrique et acoustique, Hervé Moquet à la basse, Antoine David à la batterie, Xavier Pourcher au piano et aux claviers. Atlantic Drive aux rythmes dansantes et rock nous emmène en bord de mer, nous berce de la lumière du phare quand le thème marin est poursuivi dans Les roches brunes, morceau aérien qui annonce Demain de nuits de jours, ballade enivrante ornée des envolées vocales du ténor Laurent David. Le voyage musical continue allégrement dans Rien ne nous sera épargné grâce aux métaphores voluptueuses du froid de l’hiver valorisé par le chant touchant de Jean-Louis et d’Evelyne. Tout ce qui nous protège et sa batterie puissante, ses guitares langoureuses, son texte offensif et brulant précède A l’envers le monde où le clavier et les arpèges de guitares se mêlent sublimement aux mots qui emmènent sur des terres inconnues, traversent des horizons, des saisons, qui imagent l’amour pour un père qui meurt sur l’émouvant Dans mes bras. L’exploration se perpétue à travers les deux derniers titres Les distances et Dans le couloir où les cordes de la basse et de la guitare électrique sont amples et harmonieuses, mariées à la voix et aux textes profondément poétiques de Jean-Louis Bergère qui signe en janvier 2013 un magistral et lumineux Demain de nuits de jours. jeanlouisbergere

 

jeudi 18 avril 2013

Pond

Pond est un groupe de rock psychédélique formé en 2008 que j’ai découvert au travers de leur excellent album Beard, Wives, Denim sorti en 2012 mais enregistré dès 2010 en 15 jours dans une ferme à Eagle Bay, Australie (photo de la pochette disque). Pond, Nick Allbrook, Jay Watson, Joseph Ryan, Jamie Terry, Kevin Parker et Cam Avery accompagnés d’une clique d’amis en studio, ont signé trois albums en 2009 et 2010 : Psychedelic Mango, Corridors of Blissterday et Frond. A cette époque Nick, Jay et Kevin Parker qui est membre de Pond à ses débuts, vivent aussi un succès retentissant avec leur autre groupe Tame Impala. Kevin Parker qui l’a fondé et le conduit se consacre depuis à Tame Impala, ses amis musiciens continuent l’aventure Pond en parallèle et bonne entente. C’est Nick, Jay et Joseph qui composent l’essentiel et leur dynamisme pop psychédélique commun offre des mélopées efficaces et rodées. Excellents techniciens en studio, ils gardent une fraicheur dans les compositions et une énergie incroyable de showmen sur scène. Leur collaboration dans l’écriture croise celle présente dans l’interprétation, créant des choeurs joviaux et une ambiance kaleidoscopique et euphorique. Les titres de Beard, Wives, Denim sont à l’image des signatures de Pond, variées et fleuries de sonorités qui marche aux quatre vents rock, pop, funk et psychédélisme.


  
Le disque commence avec l’explosif Fantastic Explosion of Time, titre qui pose d’emblée le décor et l’ambiance qui nous ramène aux Who, à Of Montréal grâce à l’écriture de Jay Watson et Nick Allbrook qui s’en donne à coeur joie au chant. Les guitares de Jay et de Joseph sont grisantes et même la basse qu’assure Jamie Terry et parfois Joseph est royale. When It Explodes poursuit l’aventure psyché avec les claviers et la batterie dévergondée de Kevin Parker. Le funk et le groove font leur entrée sur Elegant Design écrite par Jay qui est au chant avec Nick. La prouesse des trois compères Nick, Jay et Joseph qui sont tous trois guitaristes, bassistes et batteurs continue avec la géniale balade pop psyché Sorry I Was Under the Sky et la brulante, rock’n roll Sun and Sea and You. Puis Allergies qui à mes oreilles se pose en pièce maitresse au milieu de l’album avec le chant envoûtant de Jay est délicieusement alternative. Les sept titres qui suivent sont somptueux. You broke my cool, magistral, chanson signée Nick Allbrook qu’il interprète avec sa voix intraséquement psychédélique appuyée par les claviers qui balancent des notes fantastiques est suivi par Moth Wings, simplement splendide. Vient la rythmique endiablée de Leisure Pony, galopante et terrifiante de tempérament. Mystery au chant Pink-floydien sème une sensualité sixties hallucinante qui pousserait à la contemplation mystique mais pas morale. Dig Brother, dans la même veine fabuleuse, pop et dansante, signée cette fois de Joseph, est là aussi un des chefs d’oeuvre de l’album et confirme que le trio de musiciens compositeurs est un trio brillant. 


La qualité mélodique et l’originalité superbement exécutée des arrangements se retrouvent dans le grandiose Eye Pattern Blindness et le touchant Moreno's Blend qui boucle l’écoute sous la douche avec humour et esprit. Il est évident qu’il y a un retour du psychédélisme actuellement dans le travail des groupes pop et rock mais en ce qui concerne Pond, ils ne tombent pas dans le revival ou l’inspiration basique, ils transportent une âme de la fin sixties, ils sont habités par le psychédélisme et se sont clairement trompés d’époque. Beard, Wives, Denim est tellement admirable et indomptable qu’il fait partie pour moi des meilleurs albums de la décennie. Jetez-vous sur Pond ! Pond
   

mercredi 17 avril 2013

Bonjour Brumaire



Petite révolution auditive, c’est-ce que ce quintet pop rock de Montréal apporte avec leur opus De la Nature des Foules sorti en avril 2008. C’est surprenant. Les balades font voyager et sortent des sentiers battus, à l’image du nom de groupe qui a dans sa besace des textes en français et une veine pop-rock énergique et révoltée, une fougue qui me rappelle Gamine dans les années 80, agrémentée d’une orchestration très actuelle.

L’histoire du Canada et l’histoire du continent européen, de la France plus précisément, sont étroitement liées. Le voyage, les exils, leurs joies et leurs peines sont au menu dans ce magnifique album. Bonjour Brumaire sait de quoi il parle puisque le chanteur et guitariste Youri Zaragoza, est un français expatrié originaire d’Orléans, Nathan Howard du Brunswick est devenu québécois anglophone, François Lessard, batteur (vous avez un indice..) est québécois francophone tout comme Mathieu le bassiste et Karine Novelle au clavier et piano est expatriée de Suisse.
Au-delà des textes dignement concoctés, clamés hauts et forts en choeur avec des « pa pa pa » pop, menés par la voix revigorante de Youri, au-delà des titres rondement orchestrés à la manière anglo-américaine, faisant place aux synthés et trompettes, ce qui est honore Bonjour Brumaire, de ce côté de l’Atlantique, c'est d’écrire en français, langue plus qu’oubliée par les groupes rock français eux-même.


Avec Argelès, St-Catherine, ou encore le sensuel Pavillon La Chapelle, on devine les origines lointaines; leur patrimoine familial apporte une richesse musicale et une ambiance un peu désuète, mystérieuse et grandiloquente.
Bonjour Brumaire, nom attirant et intriguant est sur le circuit depuis 2007, après une multitude de récompenses et prix, enregistre en studio avec Ryan Battistuzzi (Malajube, We Are Wolves) . Les voici au printemps 2009 en tournée en Europe après le festival d‘Austin au Texas, South By Southwest, où le groupe a joué en compagnie de Melissa Auf Der Maur (Hole, Smashing Pumpkins), du Sam Roberts Band et de Black Diamond Bay (ex Dears). Bonjour, mot traditionnel du matin, forme une fine allitération avec Brumaire, nom du coup d’état que porta Napoléon pour accéder au pouvoir en 1799.
Le groupe débarquait sur le vieux continent le 27 mai 2009 pour une série de concerts en Suisse, Belgique, puis faisait son coup d’état le 3 juin à Paris aux Trois Baudets en compagnie d’un autre groupe de la Rochelle, Asyl, des frenchies qui chantent aussi en français, comme dans leur fabuleux titre Les dieux sont des rois signé sur l’album Brûle Brûle Brûle (où figure un duo avec Daniel Darc, Ne plus y penser). Dans les bacs le 25 Mai 2009.
www.myspace.com/bonjourbrumaire
www.myspace.com/asylband

dimanche 14 avril 2013

Hospitality

Hospitality se fait connaître dès 2008 avec un EP qui séduit les sites spécialisés d’indie-pop et les radio new-yorkaises. Le trio de Brooklyn composé de la chanteuse, pianiste, guitariste et auteur - compositeur Amber Papini, du bassiste Brian Betancourt et de Nathan Michel qui est batteur au sein du groupe mais aussi multi-instrumentiste avec quatre albums en solo à son actif dans la veine pop expérimentale (ABC Def, Dear Bicycle, Trebly, The Beast), revient signer chez Merge Records en 2012 un sublime album éponyme. Les dix titres de Hospitality nous emmènent dans New-York et nous invitent à découvrir les expériences, les rencontres, les sentiments que vit et éprouve une jeune artiste dans la Big Apple. Les mélodies pop m’évoquent Camera Obscura tout en étant griffées d’un style bien personnel et original. J’écoute l’album de Hospitality depuis plusieurs mois et non seulement je ne m’en lasse pas, mais surtout je l’apprécie davantage à chaque écoute. 


Les titres signés d’Amber Papini sont très mélodieux, chantés avec délicatesse et une simplicité touchante, attachante. Car au fil des écoutes, les ritournelles intemporelles et lancinantes en deviennent des mélopées solidement mémorables et des valeurs sûres dans l’univers de la pop. Les arrangements sont élégants, avec à la production la présence de Shane Stoneback qui travaille avec Sleigh Bells et Vampire Weekend et la participation de l’excellent Nathan Michel à la guitare, piano et batterie. Comme je n’aime pas coller des étiquettes et que dans le cas des Hospitality, suffisamment inspirés et brillants pour explorer tous les genres musicaux, je dirais qu’ils offrent une pop accrocheuse et dansante, avec des accents rock, jazz, twee et power-pop. Je suis touchée par ce trio qui, fan des Clash et de New Order, a partagé l’affiche avec Stereolab et je vous invite à le découvrir, au mieux à vous procurer l'album. Hospitality


 

mardi 9 avril 2013

Chris Walla


Christopher Walla est un grand monsieur de la musique rock indépendante américaine. C'est un super actif, perfectionniste, multi-instrumentiste, un des meilleurs guitaristes du moment, leader des Long Winters, guitariste principal des Death Cab for Cutie, il joue avec Nada Surf, Decemberists et Tegan & Sara, il est aussi leur producteur et produit encore d'autres groupes tels que Hot Hot Heat, Thermals, etc.
Après un projet solo avorté Martin Youth Auxiliary en 2000, Chris Walla remet un coup de collier en créant son studio d'enregistrement à Portland, Hall of Justice. En 2007, il participe à une superbe compilation de reprises Bridging the Distance, réunissant des artistes de Portland, the Dandy Warhols, Britt Daniel, Viva Voce, the Minus 5, the Decemberists, the Minders et d'autres groupes chantant du Sam Cooke, Brian Eno, Yes, Fleetwood Mac etc... Chris Walla y fait renaitre le titre d'Alan Parsons, Shattered dreams.


La même année, il est de retour en studio pour y enregistrer son nouvel album Field Manual sorti en janvier 2008. Il y joue tous les instruments sauf la batterie qui est assurée par ses amis, le batteur de Nada Surf et celui des New Pornographers. L'album est sublime, drôlement bien élaboré, les guitares y sont à l'honneur. Le fond comme l'indique le titre de l'album parle d'endroits et lieus différents, de voyages et d'hommes. Impliqué sur le plan politique Walla sera inspiré par des évenements comme l'ouragan Katerina et l'aide allouée ou pas aux civils.

Dès le 1er titre Two-fifty, on décolle et on part en balade à son bras en chantant "Let's move forward out of". Score, plus rock amène le son piquant des guitares, des orgues, sur un chant volontaire "the resistance is calling". Sing Again donne la tonalité pour une traversée du sud Dakota. Les titres s'enchainent, parfois groovy faisant penser à Josh Rouse, qui aime lui aussi le thème du voyage, parfois plus folk, A bird is a song parlant du Colorado "Who would need escape, who would seek salvation From a place so bright and clear". C'est aussi pop avec Geometry C où Chris entonne de joyeux da-dee-dum-dum sur une profusion de guitares, de cordes pincées et grattées me ramenant au son puissant d'un autre groupe du genre, Popsicle. La promenade se poursuit avec Everybody needs a Home, puis Everybody On "Everybody on the border towns, your radios, your northern sounds: Fly your banners from the line, a thousand miles long", plus loin, le fabuleux Our Plans collapsing. Walla signe dans l'ascension avec Archer V Light, entrainante, progressive, une envolée de sons qui magnifie l'atmosphère. Le calme revient en fin de parcours avec le titre Unsustainable et Holes, deux morceaux magnifiques représentant le repos du guerrier pour clore en douceur sur l'orgue Rhodes.
La voix de Chris Walla sur Manual Field est émouvante et impliquée, une qualité à ajouter à ses dons de musicien hors normes.

hallofjusticerecording.com

dimanche 7 avril 2013

The Nobility

The Nobility, groupe basé à Nashville, est conduit depuis 2005 par l’excellent auteur-compositeur et chanteur Sean Williams. A l’image de son leader, l’univers de The Nobility est tantôt excentrique, tantôt romantique, toujours enjoué et riche de références musicales. Fan des Kinks et des Beatles, il sait faire planer l’âme des sixties dans ses compositions arrangées avec originalité et une grande musicalité. Les titres que signe Sean Williams sont portés par des mélodies solides et efficaces, ornées d’une pléiade d’instruments. On retrouve tour à tour sur l’opus de 7 titres en 2005 The Art of Building a Moat, puis sur les 11 titres de The Mezzanine en 2007, l’EP 3 titres Gentle Giant puis sur l’EP 6 titres sorti pour Noel 2010 I've Got A Present For You des orchestrations fournies et fleuries de flûtes, de cors, tuba, violoncelle, saxophone, violons, d’orgue et piano assurés par Stephen Jerkins, de guitare jouée par Sean Williams avec la présence des bassistes Benjamin A. Harper et David Dewese, et de la batterie avec à ses commandes, Brian Fuzzell. Des amis musiciens ont concocté une compilation de reprise des chansons de The Nobility, Happy Birthday Dear Sean, en 2011 année où les rythmiques psychédéliques, les arrangement pop baroque de The Nobility sont derechef resplendissants sur le dernier album The Secret of Blennerhassett Island. Les 11 titres, rafraichissants, dansants sont dans la veine pop orchestrale, avec des envolées lyriques, rock sur Moonlight Shines et des choeurs enchanteurs sur My Best. Des notes psychédéliques et drôles se glissent légères dans les textes en se mariant à la perfection comme sur Start it all Over et les ballades romantiques sont tout aussi cadencées et chaloupées avec Marigolds ou Everybody Says It's Funny. La voix de Sean Williams particulièrement belle et charismatique qui anime à elle seule les textes s’allie aux instrumentations de cuivres comme par exemple sur Caviar Comedian et fait virevolter les titres, rendant l’ensemble élégant et magnifiquement abouti. The Nobility offre des mélopées rayonnantes de pop alternative à savourer avec l’arrivée du printemps. TheNobility

jeudi 4 avril 2013

The Madd

Voici un groupe que j'ai passé dans mon émission de radio l'année dernière. Je vois que la mayonnaise ne prend pas vraiment car aucun site ou blog français n'en parle et pourtant...
Les Madd sont un grand groupe. Les amoureux du rock garage, du rockabilly, du mouvement Mods devraient y trouver leur compte.
Ces quatre garçons dans le vent, de la ville de Rotterdam, Dave Von Raven pour le chant et guitare, Richard Bouguet, le frenchy à la basse, Marty Graveyard le batteur et De Schuinsmarcheerder à l'orgue font des concerts et jouent partout dans le Nord de l'Europe.
Ils ont raison de garder la passion car ils ont un sacré disque à faire découvrir et ils sont doués sur scène. La combinaison en fait un des meilleurs groupes garage du moment.
Dès la parution en 2006 de leur premier ep Are left Behind, j'étais scotchée et mordue. Les orgues et claviers délurés, psychés, jouaient un antipasti rock des plus alléchants . Les guitares exitées, provocatrices et les clap-hands d'humeur généreuse de I'm Gone annonçait déjà un plat de résistance de haute teneur.

Enfin, l'opus Ongeneeslijk Beat sort en 2007 signé chez Excelsior Recordings avec en avant-garde le single Jump Now, le titre d'ouverture de l'album. Dès les 40 premieres secondes d'écoute, les hollandais psychédéliques balancent le son Madd sans scrupules, sans retenue. La suite est de la même envergure. Les chansons sont toutes élancées et honorent les grands groupes des sixties comme Love, Kinks, Barons, Count Five, Small Faces, Archies etc. Le cd contient de véritables perles: I saw Abba avec les choeurs qui entonnent des Yeah enervés, les riffs saturés des guitares de Come on, avec les cordes taquinant le tambourin pour laisser entrer la flûte arrogante. La ballade Sad Boy, authentique et convaincante alterne avec le suivant I want you, need you, love you débordante d'énergie satanique, obsessionnelle qui laisse entrevoir que le chenapan Sad Boy a plus d'une idée en tête pour reconquérir sa belle.
Le groupe passe en Angleterre, Allemagne et Suisse. Reste à croiser les doigts pour une venue dans l'hexagone, et si tel n'est pas le cas, la consolation est totale avec leur album. En bonus, le dernier titre Je suis parti est chanté en français, diaboliquement bon!
themadd

mercredi 3 avril 2013

Richard McGraw


Burying The Dead sort le 15 janvier 2010, signé par Richard McGraw, auteur-compositeur new-yorkais. McGraw n'en est pas à sa première production, c'est son cinquième disque. Burying the Dead, sorti sur un petit label Non-Utopian qui est loin d'utiliser l'artillerie lourde promotionnelle, édité le jour du décès de Vic Chesnut, fait déjà le tour de la planète en remportant un franc succès. C'est légitime et mérité car c'est un objet magnifique de fond en comble.
De la veine de Wainwright, Dylan, Donovan, Will Oldham, Nick Cave, certains s'accordent pour dire que McGraw est le nouveau prophète du genre et que Burying the Dead de 2010 et Popular Music de 2012 sont des pièces majeures de son répertoire.
La pochette de Burying the Dead est représentée par un dessin de Kevin Sprouls, célèbre portraitiste et créateur du style pour le Wall Street journal. Au côté de Richard McGraw, il y a le Brooklyn Philharmonic, des invités comme Baird Hersey + Prana, ensemble vocal qui a officié déjà avec les Talking Heads, Joni Mitchell etc.. et à la direction artistique des noms comme Jay Foote des Welcome Wagon et Diane Birch, pianiste américaine qui sort un superbe opus en 2009, Bible Belt.


Brillamment entouré, Richard McGraw offre une reprise de The Faith de Leonard Cohen dont il est clairement l'héritier, Chelsea Hotel et My life, magnifique titre de Billy Joel, sont revisités avec l'amicale collaboration de Jay Foote, également arrangeur et producteur de Sufjan Stevens, entre autres.
Sur une trame lyrique conduite par les violons, violoncelles, accordéons, Wurlitzer, banjo, l'atmosphère folk règne et c'est la guitare de McGraw, profonde, grave, vibrante qui mène la danse. Un peu alt-country comme sur On our Knees et son banjo flamboyant, parfois pop alternatif, Burying the Dead est aussi porté par les textes poétiques, riches de métaphores, et la voix habitée de Richard McGraw. Son chant, fulminant de maturité et de sincérité, convainc et touche.
Il y a du génie et du brio dans Burying the Dead, comme dans Popular Music qui sont des albums à déduster absolument.
richardmcgraw.bandcamp