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samedi 31 août 2013

February Records

J’aime February Records dont la devise se rapprocherait de la mienne sur Piggledy Pop : «We love pop music. We want you to love it too». Ce label basé en Nouvelle-Angletterre est mis en place avec la classe et le goût diablement affilé de Kristin Gill et Danny Goodwin qui signent une pléiade de groupes américains, asiatiques et britanniques. La paire de fins connaisseurs est ultra active, fort sympatique et généreuse. A l’heure actuelle, prendre à bras le corps la responsabilité d’un label indépendant demande une sacrée dose de passion, de courage et comme aux débuts de Sarah Records ou de nos amis australiens de Matinée Recordings, une pointe de rêve partagée. L’aventure de February Records est belle, commence avec beaucoup d’entrain de la main de maitre de Danny Goodwin en 2008 sous le nom de Tweefort Productions, devenu en 2010 February Records et laisse depuis percevoir une belle destinée.
  De manière contemporaine, Kristin et Danny fonctionnent avec le digital et des signatures qui les mènent à participer à nombre de festivals. Commençant avec le groupe de Brooklyn, Boy Genius, Danny sort deux compilations en 2009, puis organise des concerts à New-Haven avec la complicité du label Kitten Records et crée le Elm City PopFest. La première production officielle est en avril 2010 avec les ex- Lunchbox, Tim Brown et Donna McKean accompagnés de l’ex-Boyracer à la batterie Stewart Anderson, qui forment les Birds of California. Puis les sorties qui portent l’âme indie-pop s’enchainent: The Month of June, le génial 12 titres New Lives de Cavemen Go, les indonésiens de Brilliant at Breakfast et de Bangkutaman, Secret Charisma, Dexter Poindexter, Ghost of Chance, The Tyler Trudeau Attempt, Summer Library, The Inclined Plane, Two If By Sea, Abby Mott, Jayson Munro, The Whatevers, Even Artichokes Have Hearts, les new-yorkais de Even Eastern Phoebes, Ghost of Chance, Protocol Afro, et les dernières signatures de 2013, époustouflantes, Finnmark!, Bourgeois Heroes, The Swapsies et The Halamays. TheHalamays
  Depuis 2002, les Bourgeois Heroes, Elise Nacca à la batterie et parfois à la guitare, Jason Bourgeois, au chant et guitare cuisinent des mélodies pop psychédéliques qui peuvent faire penser à un mariage entre la fraicheur excentrique et brillante des gallois de Euros Child ou de Gruff Rhys et l’inspiration, l’art de composer des Beach Boys. Tous les deux écrivent et co-opèrent leurs mélopées à distance, Elise vivant à Austin et Jason à Northampton. Aimant faire résonner les cordes tous les deux, fans de van dyke parks, ils signent des EP depuis dix ans et ne cessent de créer une pop baroque ravissante, de s’amuser au clavecin et au clap-hands dans une ambiance joyeuse et élégante sur Come out and Play with Bourgeois Heroes en 2007, Musical Postcards en 2010, Olé​/​Hola en 2011 et Fleur de Lys & Me en juillet 2013. 
  Finnmark! offre aussi une signature excellente et fait preuve d’un sacré don pour la composition. Le groupe de Leeds conduit par Edward Forth qui jouait auparavant de la basse dans Just Handshakes, aime les films de Bergman, la Scandinavie, les Field Mice, boire du café, faire du vélo et de la musique. Owen et Ed sous le nom de Finmark! signent 3 EP en 2013, One Day At A Time, Through A Glass Darkly, et Everyone's Dying, de la belle matière pour taquiner les scènes pop européennes cette année ! Quant aux Swapsies, Andy Donovan, Elaine, Huw and Sean qui apparaissent en 2011 dans les bars de Liverpool aux côtés des Allo Darlin’ avec le sublime You're My Maillot Jaune qui est sur l’EP éponyme, reviennent grâce à February Records en Août 2013 avec Another Game on Saturday. Leur pop mélodieuse et alternative est griffée, belle et à suivre de très près...

mercredi 28 août 2013

The Halamays

L’electro-pop, en général, me fait peu dresser l’oreille. Les exceptions comme celle produite par The Hallamays sont rares et le couple de l’Ohio me séduit doublement. Duo à la ville comme à la scène, les deux musiciens mariés, Katie et Patrick Watkins nous concoctent une pop jouée essentiellement au synthé et à la guitare en forme d’ouvrage minutieux, mélodieux et dansant. Le thème de leurs mélopées tourne autour de l’amour, du temps qui joue sur l’euphorie ou à l’inverse l’ennui qui gagne les jeunes couples. J’avais déjà parlé de Katie Watkins en 2012 lors d’une chronique sur le groupe de Chicago Very Truly Yours, au sein duquel elle joue du piano et du synthétiseur en omettant de préciser que son chéri Patrick était aussi de la partie en assurant la trompette et les percussions sur l’album de 2010, Things You Used to Say. Là : VeryTrulyYours

  Les deux tourtereaux se lancent dans l’aventure The Halamays dès 2011, en signant le fabuleux This Boring Party et ses cinq titres où Patrick et Katie chantent tous les deux ; Tour à tour, la vie domestique et ses abords romantiques sont soulignés sur Sleeping in the Kitchen ou sur I heard my Mobile. Guitare et Moog flirtent sur des mélodies qui balancent des rythmes frais et des notes frissonnantes. Dès 2012, le deux titres planant 15 vs 30, suivi de VS en avril 2013, avec des reprises de la Motown, des Temptations ou des Supremes permettent de nous aider à patienter jusqu’à ce mois d’Août 2013. L’excellent label February Records sort main dans la main avec The Halamays le génial EP éponyme il y a 3 jours. Overkill et Keeping it together laissent entrevoir un album parfait et prometteur, orchestré avec beauté. Le troisième titre With Arms Outstretched, reprise du titre de Rilo Kiley, montre là encore que The Halamays ont un goût musical et des références élégants qui nourrissent leur talent pour la composition et l’écriture. Le duo multi-instrumentiste sait manier les harmonies, jouer du tempo alternatif pop pour créer la surprise et procurer des sensations. L'osmose entre Katie et Patrick est magique depuis qu'ils se sont rencontrés au lycée, à l'époque où ils jouaient dans des bars à la guitare et au ukulélé. The Halamays ont fait évoluer leur univers en un style ultime et singulier diablement efficace, en pyjama à la maison et en savourant leurs disques des Beatles, Jens Lekman, Sigur Ros et Radiohead
 

mardi 27 août 2013

My Life Story

Petit flashback avec My Life Story, groupe anglais qui commence en 1991 à l’initiative de son auteur-compositeur-interprète, Jake Shillingford. My life Story est dans les années 90 un groupe hors du commun, comprenant 12 personnes sur scène et les premiers à offrir en live une pop orchestrale. En 1993, le premier single Girl A, Girl B, Boy C, produit par Giles Martin le fils de George Martin «le cinquième Beatle», remporte de suite un vif succès. Parmi les fans on peut distinguer Morrissey dont le guitariste Boz Boorer offrira une chanson à Jake Shillingford. My life Story pérennise la collaboration avec d’excellents producteurs comme sur l’opus The Golden Mile de 1997 avec George Shilling ( Teenage Fanclub, Wannadies, Primal Scream, etc) qui avec la complicité de Shillingford, arrange les partitions de trompettes, violons, violoncelles, tambourins, cor, trombone, harpe, guitares, piano, batterie et saxophone; Puis Giles Martin revient pour l’album Mornington Crescent de 1998 qui ré-édite Sparkle, Star Colliding, et Girl A, Girl B, Girl C déjà parus en singles et l’ingénieur du son et arrangeur Pat Collier vient l’épauler en studio, mixant 7 titres sur les 17. 




Il y a 20 ans, ce mélange de brit pop et de chamber pop surprend mais l’entente au sein de My Life Story s’effrite et l'ensemble flamboyant se sépare après la sortie du troisième disque Joined Up Talking. L’univers romantique, dansant des musiciens de Bristol s’évanouit, laissant derrière lui des chansons grandioses comme Duchess, The New New Yorker, The King of Kissingdom, Strumpet, You Dont Sparkle in My Eyes, titre qui évoque la rupture et l’amertume de la séparation. Depuis Jake Shillingford a signé le magnifique album en solo Written Large et continue de composer, d’écrire pour d’autres projets. Se reformant en 2006 à l’occasion d’un concert, le groupe crée l'évènement surtout le 19 décembre 2013 à Londres au Shepherd's Bush Empire où il offrira une soirée mémorable pour fêter les 20 ans de My Life Story. A réserver !


jeudi 22 août 2013

Bart Davenport

Ce brillant auteur-compositeur californien aurait pu écrire le Da Capo de Love dans une autre vie. La voix de Bart Davenport rayonne de sensualité sur ses compositions velvetiennes, folk, pop, bossa teintée de lounge. Prolifique, inspiré, ses débuts sont des bolides et il signe sur des chapeaux de roue 3 albums en 3 ans : son opus éponyme de 2002 signé sur le label Paris Caramel, le génial Game Preserve de 2003, album sucre d’orge pour l’été puis en 2005, Maroon Cocoon, grandiose, tous deux signés chez Antenna Farm Records. Cette collaboration permet de pérenniser le travail d’orfèvre de Bart avec l’excellent Palaces qui parait par la suite. Les mélodies qu’il griffe de sons influencés des Beatles, The Incredible String Band et Donovan, sont une tapisserie d’harmonies qui rendent hommage aux sixties et aux seventies. Bart Davenport commence la guitare à 8 ans et compose très tôt , travaille aux arrangements de cordes et des rythmiques pour ses albums et part à la conquête des scènes en solo au travers des Etats-Unis jusqu’en Europe. Esthète de la pop musique, compositeur et interprète, arrangeur et producteur de ses albums, il devient en bonus un parfait showman lors de ses concerts. Bart n’est pas un débutant car il brûle les planches depuis les années 90 tout d’abord au sein du groupe de San Francisco The loved Ones où il joue de la guitare et chante, puis au sein de The Kinetics qu’il met en place avec son ami d’enfance Xan McCurdy, membre de Cake.


En 2000, tandis qu’il officie comme bassiste pour les Persephone’s Bees, il présente en simultané ses compositions lors de lives partagés avec d’autres amis, Eric Shea et Devendra Banhart. C’est alors qu’il entre en studio, enregistre ses premiers albums et repart sur les routes, recevant Peter Bjorn and John en Californie, allant jusqu’en Espagne et en Allemagne pour la première partie des Kings of Convenience. En 2006, ce Mozart de la pop à la voix suave de baryton qui rappelle Bert Jansch dont il est fan, intègre la formation The Honeycut en tant que chanteur et compositeur et signe l’opus The Day I Turned to Glass en 2006 qui remportera illico un franc succès. Les festivals et les médias internationaux accueillent la tournée des Honeycut ce qui pour autant ne détourne pas Bart Davenport de l’écriture en solo de Palaces signé en 2008.

  
L’artiste qui connait bien l’Europe sillonne l’Espagne où désormais un groupe de musiciens l’accompagne, les Biscuit, ainsi que l’Allemagne où il retrouve son deuxième label de Hambourg Tapete Records ( Lloyd Cole, Lacrosse, Nom de Guerre, Next Stop: Horizon etc). Il continue d’écrire sans relâche pour un autre projet nommé Incarnations en chantant et composant l’album With All Due Respect en 2011, puis toujours pour Honeycut, sortant un deuxième album en 2012, Comedians

Bart Davenport nous offrira cette année 2013 son dernier album solo Physical World, encore tout chaud puisqu’en fin d’enregistrement, qui sera sous format cassette sur le label Burger Records. Aimant les collaborations, composant pour d’autres artistes ou groupes, j’admire sa force de production mais je préfère son travail solo qui, à mes yeux, est plus centré, intense et lui ressemble davantage et délivre son aura, son élègance, sa personnalité drôle, délicate qui ressort belle et charismatique dans ses propres albums. Je conseille en plus un moment divin en écoutant un album de reprises Searching for Bart Davenport où il rend hommage aux musiciens qu’il aime, Arthur Lee, Kings of Convenience, David Byrne, Gil Scott-Heron etc et permet ainsi de se dévoiler encore plus.
 

mercredi 21 août 2013

Country Club

Amoureux des Pale Fountains, Philippe Lavergne est depuis les années 90, l’ambassadeur le plus frenchy de la pop. Originaire de Perpignan où il taquine la batterie sur ses premières scènes, Philippe est vite mordu par la guitare et l’aventure de la composition. Le jeune musicien bercé par les Beatles et les Beach Boys est piqué au vif lors d’un séjour en 1986 à Bristol où il découvre les Tallulah Gosh, Chesterfields et écoute les Smiths. Il décide de sortir un 45 tours De nos jours en 1987 puis rejoint à Paris son ami batteur Rodolphe Vassails pour monter le projet Les Freluquets. La capitale l’aspirera pendant 17 ans avant de partir vivre aux Etats-Unis. Les freluquets, Philippe, Rodolphe à la batterie et Patrice Ruhl à la basse, Denis Colson à la guitare comme Philippe et Stoyan au chant, se partagent l’écriture des chansons de l’album La Débauche qui parait chez Rosebud en 1990. Le disque magnifique, salué par Bernard Lenoir, offre des titres galbés et sucrés de mélodies, ornés de textes en français qui donne du sens à la pop de l’époque après le passage conséquent de nos amis de Gamine. Le départ de Stoyan pousse Philippe a assuré tout le chant sur le deuxième disque Discorama de 1992. Rodolphe et Denis quittant le navire, Philippe Lavergne a l’inspiration pop virulente, proche des Teenage Fanclub, St Christopher, Franck and Walters, a envie de s’affirmer dans le genre, recrute de nouveaux guitariste et batteur et lance le nouveau projet Qu4tre en signant le mini LP de 6 titres Un jour j'irai en Norvège…en 1994. 

Philippe joue sur scène, gagne un beau succès en Allemagne, appelé « le Johnny Marr français» dans la presse, il fait un break quelques temps avant de mettre en place en 2000 Aujourd’hui Madame, nom sous lequel il compose des mélopées pop incroyables, écrit des textes géniaux toujours en français. En 2005, il participe à 6 titres de l’album de Bill Pritchard By Paris, By Taxi, By Accident puis part aux Etats-Unis en 2006. L’éloignement, malgré l’EP el americano de 2009, déscellera l’aventure Aujourd’hui Madame

2013 est l’année de Philippe Lavergne qui signe avec Pascal Delbano un superbe album éponyme sous le nom de Country Club. L’exil américain ne change rien au style riche, rythmé et coloré de Philippe qui écrit là en anglais, hormis pour le titre Quand je serai jeune, compose dans son studio en Virginie tous les titres et les interprète en jouant les guitares et claviers. Fidèle au genre indie-pop, l’auteur-compositeur l’est également dans ses amitiés puisqu’il s’entoure de Nicolas Karlinsky qui enregistre la batterie à Paris et joue de la basse sur See you again et Whatever, Christophe Loiseau à la basse sur Just Another Miserable Self-Centered Bastard, Pascal Delbano assure la rythmique sur The Machine, Nicolas Dubosc de la basse sur Sell my Soul et son acolyte Rodolphe Vassails mixe, produit et arrange Country Club de Paris. 

C’est sans superflu que Philippe Lavergne signe des mélopées convaincantes, dansantes, un festin de notes pop fleuries sur un cocktail de cordes rock. Les guitares et les basses sont sensationnelles sur la batterie abrasive et chaloupée. Country Club a de l’allure dans le chant impeccable qui m’évoque Blue Boy et qui apporte une sorte de souffle nouveau tant l’accent est parfait, chose rare chez les chanteurs français. Les guitares et les textes fabuleusement bondissants dignes des Boo Radleys montrent le talent évident et confirmé de Philippe Lavergne. L’album Country Club est rempli de sonorités qui mettront en train les lecteurs de Piggledy Pop, rassurée quant à l’inspiration sans faille et généreuse du génial artisan de la pop élégante pour l’avenir.  
 

lundi 19 août 2013

The Crayon Set

The Crayon Set fait sa rentrée avec un nouvel album monumental qui est, à mes yeux, une des meilleures productions indie-pop de l’année 2013. Formé en 2008 par l’auteur-compositeur Robert Baker, le groupe s’étoffe au fil du temps et compte désormais 8 personnes. L’enthousiasme et le dynamisme des 8 musiciens est éclatant dans la construction dansante des chansons, l’interprétation partagée et l’instrumentation riche de sonorités avec du violon, de la flûte, des trompettes, du banjo, des guitares, basse, piano, et de l’harmonium. Originaire de Dublin, Crayon Set assure des concerts jusqu’au prix gagné en 2011 à Londres lors du Benny & Jerry’s Music Festival. Cette même année, le groupe enregistre son premier EP, I wanted You qui sort en 2012, produit par Nick Brine, musicien et producteur des Stone Roses, Arctic Monkeys, Super Furry Animals et des Teenage Fanclub
The Crayon Set et ses 8 membres qui tous, chantent, sont : Robert Baker à la guitare, melodica, cavaquinho, Stephen Byrne à la guitare, banjo, harmonica, George Guilfoyle à la basse, harmonium, Labhaoise Brennan à la flute, percussion, Kama Swoboda au violon, Sam Saarsteiner à la batterie et percussion, Hannah Hughes au piano, synthétiseur et Anna Keogh à l’oboe. En avril 2013, ce fabuleux ensemble offre son opus de 12 titres, stupéfiant d’harmonies et d’efficacité. Tous les titres sont magnifiques et finement aboutis. Dans la veine pop des Camera Obscura, l’album éponyme est irrésistiblement ludique, charmant, coloré de mélodies destinées à l’imtemporalité. Crayon Set réussit un coup de maitre en faisant briller le genre orchestral pop qui fait danser depuis des lustres et le dépoussière par la qualité des compositions ornées d’un violon à l’âme irlandaise. La délicatesse constante qui émane des morceaux, l’intelligence des instrumentations, le talent dans les arrangements de voix, tiennent de la performance parfaite. Les dublinois, actuellement en tournée, font rayonner l’élégance de la pop sur scène et au travers de l’album The Crayon Set, en promettant une belle persistance contemporaine à l’indie-pop.


samedi 17 août 2013

Pas/cal

Groupe de Detroit, Pas/cal est mené de l’écriture à la composition par le multi-instrumentiste Casimer Pascal. Autour de lui, dès la création du projet en 2000, il y a ses amis musiciens le guitariste Gene Corduroy et le batteur Little Tommy Daniels. Après quelques concerts, se joignent à eux le bassiste Nathaniel Burgundy pour enregistrer le premier EP The Handbag Memoirs, puis le pianiste Richard Panic et Bem au chant et clavier. Dan Ladouceur apposera également ses notes de trompette. Cette première signature de 2002 sur Le Grand Magistery Records est accompagnée d’une apparition sur le label Darla avec un titre sur la compilation hommage A Tribute to Donovan. Les demandes pleuvent, Pas/cal signe un titre sur la compilation Supercuts du label Startime International en 2003 puis sort le deuxième EP Oh Honey, We're Ridiculous en 2004. Fan de Bowie, des Beatles, des Cure et des Smiths, Casimer Pascal compose des chansons pop fluorescentes et brillantes. Les orchestrations et les arrangements sont incroyablement cohérents, spectaculairement aboutis. 
Dans une veine sixties, il rajoute des sonorités motown, jazzy avec une fibre symphonique parfois teintée  de violons et de trombone. Casimer Pascal est l’homme orchestre pour les arrangements de cordes, mais il joue aussi de la batterie, de la guitare electrique et acoustique, basse, orgue, glockenspiel, tambourin et apporte en bonus sa voix mélodieuse. En 2006, l’auteur-compositeur et sa clique signe un troisième EP Dear Sir avant de se ruer en studio pour l’album I Was Raised on Matthew, Mark, Luke & Laura qui marquera la dissolution du groupe Pas/cal en 2008, Burgundi et Corduroy ayant emménagé à New-York. 
En 2007 Casimer Pascal participe en solo avec la chanson You Keep me On à la compilation A Very Magistery Valentine, superbe album réunissant des groupes comme Watoo Watoo, Momus, Mr Wright etc.


   

Malgré le break dans l'aventure Pas/cal, Casimer ne lache pas la bride et c’est sous le nom de Computer Perfection qu’il revient fringuant en 2009 avec ses amis de toujours Gene Corduroy, Nathaniel Burgundy, Little Tommy Daniels et Bem au chant. Toujours avec des mélopées pop ensoleillées et dotées d’un psychédélisme vintage, une trame plus synthétique et atmosphérique, ils signent cette même année l’album We Wish You Well on Your Way to Hell. Depuis, Computer Perfection inspiré par OMD et son Enola Gay ou par l’épisode From Agnes with Love de It’s a Twilight Zone, série de 1964, le groupe signe en 2012 le titre I Need a Serious Love. Piggledy Pop attend avec impatience la suite et conseille chaleureusement de se pencher sur le travail passé de ces fabuleux chevaliers pop de Pas/cal et Computer Perfection, enthousiastes et avant-gardistes.
 

mercredi 14 août 2013

Tristen

Sébastien Pasquet aka Tristen est un artiste parisien originaire de Toulon qui fait ses armes dans multiples groupes depuis des années étant multi-instrumentiste de renom et arrangeur au talent inouï. J’ai parlé de son opus L’ombre à suivre de 2011 qui déjà laissait entrevoir toutes les possibilités et l’or qu’a Tristen entre les mains. «Avec ce coup de maitre, Sébastien qui joue de la guitare au sein de C++, Folks, ou encore avec Alex Rossi, Myra Lee, n’en est pas à son premier coup d’essai en tant que compositeur. Il signe un très solide album L’ombre à suivre dont il est auteur-compositeur et interprète en octobre 2011, entouré du pianiste et arrangeur Fabrice Ravel-Chapuis et du guitariste Julien Cortes alias Querencia avec qui Sébastien a travaillé. Après avoir connu un premier succès sous son propre nom avec le titre The Child qui sera diffusé en boucle sur les radios, Sébastien enregistre son album aux titres chantés en français et en anglais sous le joli pseudo Tristen. L’univers de L’ombre à suivre est sensuel, poétique, orné de la texture vocale de Sébastien Pasquet qui maitrise son chant de manière impressionnante.» 


  

Le 16 septembre 2013, l’orfèvre Tristen offrira son deuxième album Mars en marche signé sur le label américain Bleeding Gold Records (Moon Jelly, Songs for Walter, Marc Desse, The Notes, etc). Mars en marche est un titre éloquent, à l’image des textes poétiques que concocte Tristen, qui apportent davantage de profondeur aux compositions. Son chant, plein de nuances et de couleurs, touche et enlumine aussi les arrangements. Puissant en mélodies, magique par l’exécution et l’orchestration, Mars en marche est une sorte de grimoire musical dont l’univers sonore opère sur les émotions. L’attraction des corps ouvre l’album majestueusement. Comme il sait si bien définir une recette, les ingrédients que Tristen maitrise y sont : texte superbe, harmonieux qui colle à la mélodie et au grain de voix. Sébastien qui excelle à la guitare, basse, piano et à la batterie, fait galoper la rythmique sur Le lustre, dansant et virevoltant comme En Solitaire, avec ses guitares et ses clap-hands espiègles. L’ambiance rock et pop de Mars en Marche nous emmène en voyage au côté du dieu de la guerre, accentuée par les choeurs, les claviers aériens, les mots voluptueux et amoureux « je veux traverser les mers, partir en mongolfière à travers les nuages et oublier d’être sage..viser la stratosphère..». L’écho des guitares sur le chant intime et merveilleux de justesse, de lyrisme sur Laisse pleurer les hommes continue doucement la volupté avant de laisser place aux flûtes chaloupées et le tempo pop taquin de La femme qui ne souriait jamais. Les claviers psychédéliques, les guitares électriques affûtées et stellaires de Ce qui reste de toi créent un tourbillon de sons offensifs où Tristen dompte et défie la mélodie avec une habilité et une adresse époustouflante. Les Boites aux lettres, est écrit avec un style métaphorique et subtil qui rend le thème au fond ombré plus lumineux. 10000 jours, offensif et varié de rythmes dignes d’une légion romaine continue de nous envelopper dans cette luminosité glaciale du texte qui évoquent «les barbares» «les guerres de Troie». La structure musicale magistralement construite, alternative, est consumée par Le phoenix des fleurs qui suit et qui élève la température. Ce titre ressemble mot pour mot, note pour note, au domaine de Tristen qui brille de par son chant, son écriture et son orchestration. Sachant décrire avec dextérité des décors, des ambiances, les mots aiguisés, guerriers, et les instrumentations fournies reviennent bondissants sur La pluie horizontale. Les guitares ondoyantes laissent place au piano de Sur le sol où Sébastien lâche sa voix, émouvante, captivante et conclut avec son âme délicate, ce style lyrique, rock et psychédélique. Mars en marche est un travail unique, intemporel et essentiel, où Tristen touche du doigt l’absolu. A se procurer nécéssairement avant de pouvoir l’applaudir sur scène où là aussi, l’artiste est sans faille.


 

lundi 12 août 2013

The Bicycles

Mis en place au début des années 2000, les cinq canadiens de The Bicycles font resplendir une pop sunshine au travers de leurs albums et de manière constante sur les scènes internationales. Constitué de Andrew Scott qui est multi-instrumentiste, des deux guitaristes Matt Beckett et Drew Smith, de la batteuse Dana Snell et du bassiste Randy Lee, le groupe est à l’unisson pour les voix et les compositions. Les harmonies pop et efficacement stylées sixties apparaissent dès 2002 quand les Bicycles se produisent sur scène avec notamment The Boy Least Likely To. Le passage en studio qui suit offrira leur opus de 2006, The Good The Bad and The Cuddly, album grandiose chamber pop dans la veine des Kinks et des Monkees avec des arrangements néanmoins actuels aux accents de Belle and Sebastian, Camera Obscura et Apples in Stereo. En 2008, Randy Lee quitte le groupe qui peaufine son second album, Oh No It's Love, avec 19 titres parfaits. Ce coup de maitre formé de courtes mélopées de 2 minutes est éclatant. Les textes joyeux et lyriques sont rythmés, riches de références; Déjà, l’intérêt pour la France du quintet de Toronto se notait sur l’opus avec Paris Be Mine, et de nouveau réapparait sur Oh No It's Love avec le titre Won't She Be Surprised orné de trompette, saxophone et de claviers champêtres : "Won't she be surprised, Let's make our date this Christmas in Paris, Won't she be surprised when the clock strikes midnight And I've traveled a million miles only for a new year's kiss"
L’instrumentation fleurie de flûte, harmonica, piano, trompette, clarinette, saxophone, violon, harpe est incroyable. Les guitares et les voix se marient somptueusement et les tempos, bluesy, pop, disco font tournoyer les mélodies audacieuses. En 2009, le groupe initial se reforme avec le retour de Lee et travaille l’année 2012 sur le troisième album  Stop Thinking So Much sorti en mars 2013. Garni de psychédélisme raffiné, de folk sensuel, de partitions pop contemporaines influencées par la country, le 12 titres contient 12 pépites. Pour les amoureux d’indie-pop, ce troisième bijou des Bicycles propose des tubes généreux qui s’alignent élégamment et tracent leurs sillons en collant à la peau. Ample avec un charme rétro à la Lee Hazelwood, les balades de Stop Thinking So Much font danser les guitares et banjos, swinguer le groove disco sur Bandana Cat, la courtoise âme sixties sur Goldeneye et bubblegum sur Baby Boy. Dotés d’un don formidable pour la composition, l’écriture et l’orchestration, The Bicycles est actuellement le groupe phare du genre sunshine pop et ravira tout genre d’oreille, aguerrie ou pas. TheBicycles


 

dimanche 11 août 2013

Forgotten Birds

Couple de Hambourg, Forgotten Birds propose un univers musical langoureusement pop qui pourrait s’apparenter aux Mazzy Star. Les deux voix de Judy Wilms et de Jan Gazarra se mêlent à la perfection dans une douceur mélodique riche d’instruments sur Sahara, album de 10 titres magnifiques. Depuis 2010, le duo joue ses mélopées sur scène, partageant l'affiche avec Whitest Boy Alive (Erlend des Kings of Convenience) et s’entoure d’autres musiciens pour les accompagner. En octobre 2013, c’est le grandiose label berlinois Karaoke Kalk (Will Samson, Toog, Donna Regina, Dakota Suite etc ) tenu par l’excellent musicien et DJ Thorsten Lütz qui sortira Sahara en offrant au préalable le single Fools Rush In depuis le 16 Aout. De Brooklyn Bridge à She Goes, tous les titres sont généreux de sonorités parfois folk ou pop atmosphérique avec une trame légèrement psychédélique à travers les claviers, le melodica, les flûtes, le violon et la guitare de Jan qui compose et écrit. 
Ballroom qui ouvre l’écoute contient d’emblée une sorte de grâce et d’élégance, nappée de romantisme. Le chant et les paroles de Brooklyn Bridge, ode à New-York nous embarque sur East River, bercé par les vagues de cordes et de voix délicates qui touchent comme sur Small Things, titre émouvant qui poursuit le voyage tout en émotions. Silver River en un moment de cinq minutes a le pouvoir d’en décrire plusieurs et la guitare acoustique de Jan mélée au glockenspiel crée un tempo qui s’enorgueillit davantage avec la batterie. Fools Rush In et She Goes qui suivent, confidentiels, intimistes, ont des allures séduisantes, lyriques et poétiques. L’instrumentation est fine sur Rose of Trallee et Empty Dancefloor, évoquant l’absence, le départ avec pudeur et une dose d’harmonie dans les notes de claviers ou dans les rythmiques de tambourins. L’orgue de The Aliceband, ses cordes de guitares, de violon et de ukulele sur le chant poppy des Forgotten Birds, montrent l’abilité du duo à briller dans son genre. Windmills Of Your Mind qui boucle l’écoute contient un texte superbe mis en valeur par le chant en symbiose, si beau et mélodieux qu’il nous plonge dans une atmosphère sucrée mémorable de la veine de Paul Simon et Leonard Cohen. D’un calme olympien et d’une force herculéenne musicale, Sahara, travaillé de compositions riches et abouties, nous fait voyager, prouve que les Forgotten Birds n’ont pas envie d’oublier les personnes qui ont inspiré leurs chansons et savent partager ce memorandum avec énormément de talent.


 

vendredi 9 août 2013

The Orange Peels

Comment ne pas passer l’été avec les albums de The Orange Peels : Il y a de la matière sonore monumentale et ils vont comme un gant «shiny» et brulant à la saison. Dans la biographie du groupe, leur style est décrit comme navigant au confluent du post rock, indiepop, space rock, nouveau psychedelia, et prog rock. Au début des années 90, The Orange Peels sont formés par l’auteur-compositeur et chanteur Allen Clapp qui depuis est à la tête de son label Mystery Lawn Music et producteur d’artistes comme Alison Faith Levy, Jim Ruiz Set ou encore The Corner Laughers. Avec Clapp à la création des Peels, il y a sa complice, la bassiste Jill Pries. Les californiens se font d’abord appelés Allen Clapp & his Orchestra, puis The Orange Peels est le nom adopté dès 1994 pour l’opus One Hundred Percent Chance of Rain. Album excellent, les Peels se font illico remarquer par les critiques, les radios et médias, gagnent un public de fans qui les suit sur les routes jusqu’en 1997 et la sortie du second album Square signé chez Minty Fresh.




Guidés par une veine pop, les arrangements sont parfois orchestrés avec des cordes, parfois rock, pop garage ou sunshine pop sur des choeurs et des mesures alternatives. Continuellement sur les scènes de San Francisco et de toute la côte, le groupe fait quelques modifications en 1998 et voit l’arrivée du multi-instrumentiste John Moremen qui participe à l’enregistrement du troisième volet en 1999, So Far. Début 2000, Clapp se consacre à une carrière solo pour revenir aux Orange Peels en 2005; Ce sera le label Parasol qui signe la réunification avec l’album Circling the Sun, estival et dansant à souhait. Plus conquérants que jamais, Clapp et Pries s’entourent du pianiste et guitariste Oed Ronne, et de trois batteurs, le fidèle Bob Vickers là depuis l’avènement des Peels, Peter Anderson, membre de Ocean Blue avec Ronne et Bryan Hanna. En 2009, un retour chez Minty Fresh offre un quatrième album, 2020, toujours aussi fourni de mélodies et de style alternatif magnifique. The Orange Peels, Allan Clapp, Jill Pries, John Moremen et un nouveau venu à la batterie Gabriel Coan, reviennent en mai 2013 avec un album parfait Sun Moon. Les quatre californiens font vibrer les guitares sur les claviers pour orner des mélopées psychédéliques, pop, folk et rock. Chez Piggledy Pop on se régale des Orange Peels et conseille la discographie entière avant, éspèrons le, de pouvoir les suivre prochainement sur les scènes européennes pour la tournée Sun Moon. OrangePeels


 

mercredi 7 août 2013

Peter and The Wolf

C’est à l’âge de cinq ans qu’il joue pour la première fois au piano le thème de Star Wars. Ses parents lui offrent alors des leçons de musique et des années plus tard le lycéen Brian Redding Hunter, devenu multi-instrumentiste, fait ses armes dans un groupe appelé Rocks From Space. Le teenager grandit et depuis compose pour son projet Peter and The Wolf. Pianiste à 13 ans, il ajoute à ses 16 ans la guitare comme corde à son arc, puis la batterie, la basse et accessoirement la trompette et le kazoo. Redding Hunter écrit depuis 2005 dans son fief à Austin, Texas. Prolifique, inspiré, ses compositions sont acoustiques, folk, parfois rock et pop, arrangées et ornées d’autres instruments qui accompagnent son chant limpide et mélodieux. Une fois le museau mis dans l’ensemble attachant des productions de Peter and The Wolf, on ne lâche plus les disques. L’opus Lightness de 2006 montre déjà l’intérêt que porte Red Hunter pour la littérature, étant parallèlement écrivain de romans et de nouvelles. Lightness et ses 16 titres sont écrits avec un style et une prose excellents mis en exergue par des mélodies incroyables dignes du domaine artistique de Neil Young et de Bob Dylan avec un chant touchant enveloppé de contrebasse et de Glockenspiel.
Suit Fireflies et ses 8 titres en 2007 avec des thèmes philosophiques comme celui relaté par Plutarque sur Alexandre et Diogene. Puis Ivory Palms de 2008 et son hommage à Henry Miller sur Ghost Sandals, Mellow Owl de 2009 sont deux albums consécutifs qui montrent l’étendue du talent d’auteur-compositeur de Peter and The Wolf et son inspiration effrénée. Depuis le début du projet c’est Redding Hunter qui dessine, peint et signe les pochettes de ses albums qui paraissent également en format vinyle. Esthète en art, l’artiste américain poursuit son travail d’orfèvre en 2010 avec les albums Easy Mountain de de 12 morceaux. Cette même année, il enregistre au Eastern Sun Studio d’Austin, tenu par Matt Simon, batteur de Voxtrot et de Belaire. Les deux musiciens deviennent illico amis et travaillent désormais ensemble sur les chansons de Peter and The Wolf pour son prochain album qui est en cours Old Hotels et qui devrait sortir incessamment. Piggledy Pop attend avec grande hâte cet album. Peter&theWolf 
PS : il y a beaucoup de confusion sur le net avec un autre groupe de Liverpool qui porte le même nom. A éviter.