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samedi 28 septembre 2013

Sweet Baboo

Sweet Baboo c’est un des bijoux du Pays de Galles, des pépites pop signées de la main de Stephen Black depuis 2003. Le cortex de l’artiste ne lésine pas et en sort des albums d’une musicalité pop fabuleuse. L’album The Mighty Baboo de 2008 fait suite à trois perles grandioses, l’EP C'mon Let's Permoose de 2004 et les singles Mountain et C'mon Beef respectivement de 2006 et 2007; Depuis, deux albums sont sortis Hello Wave en 2009 et I'm a Dancer / Songs about Sleeping en 2011 qui lui vaut d’être nominé aux Welsh Music Prize. En 2013, le maestro nous offre Ships, avec lequel le gallois démontre brillamment qu’il a le vent en poupe et mérite son succès grandissant. 



If i died ouvre le bal avec des cuivres, la voix puissante et tendre dans les notes chantées dignes des montagnes russes, la batterie et les claviers tournoient avec gaillardise. Le tempo ne désemplit pas sur The Morse Code For Love Is Beep Beep, Beep Beep, The Binary Code Is One One, offensif et dansant, drôle et ennivrant pour évoquer le sujet de l’amour. La solidité des instrumentations et l’élégante basse nous enveloppent sur Let's Go Swimming Wild, langoureuse invitation à plonger dans l’univers sensuel de Sweet Baboo.


  

Le titre C'mon Let's Mosh! incite réellement à danser et le chant aux accents délicieux gallois est virevoltant comme sur Twelve Carrots of Love qui suit et dont l’humour séduit et convainc. Les orchestrations pop symphoniques et psychédéliques sont d’une absolue beauté et les textes descriptifs proches du ton de Jonathan Richman sont poétiques, habillés d’un esprit cocasse fort touchant. Le titre Chubby Cheeks est tout aussi désopilant et émouvant. 8 Bit Monsters qui suit donne l’impression de mots naifs, enfantins, signés d’une pop premier degré qui en devient arrogante et provocante. Le psychédélisme dans les thèmes comme sur You are a Wave dont le titre rappelle le nom de l’album montre que malgré les apparences, le second degré est bien là, que Sweet Baboo maitrise la métaphore, ornée d’instruments éblouissants comme sur The Sea Life Is The Life For Me (Mermaid Cutie) où l’on comprend in fine que l’artiste produit et arrange les albums de Euro Childs et de Gruff Rhuys. Build You A Butterfly continue l’épopée rythmique avec des cuivres en symbiose avec les guitares guillerettes et la batterie joyeuse pour conclure sur le génial Cate's Song où la distorsion dans la voix délivre une belle intimité et une certaine pudeur dans sa déclaration d’amour. L’album Ships est signé par le label Moshi Moshi en 2013 qui propose déjà un prochain EP Motorhome Songs avec un lien pour écouter le single depuis deux jours et qui parle de la jolie escapade de Stephen Black et sa douce sur la route allant de Cardiff à la plage de Bamburgh Castle. Un régal que tous les amateurs d’indie-pop apprécieront à sa juste valeur. SweetBaboo


Cracbooms

Originaires d’une région qui m’est chère, c’est à Aurillac que les garçons pop de Cracbooms concoctent un bien joli premier Ep éponyme en 2011 pour poursuivre en décembre de la même année avec une reprise ensoleillée de la Compagnie Créole, Bon baiser de Fort de France. Dans la veine du groupe marseillais Aline, des Bordelais de Pendentif, Cracbooms : Clément Warlier au chant et guitare, Thibaut Plantecoste à la basse, Jerôme Laporte à la guitare et Benoit Puechbroussou à la batterie ne sont pas inspirés par le plateau des mille vaches mais par la mer, les filles, le soleil, et les bateaux, le voyage qui font ressac sur les différents EP comme Copains soleil ou comme sur le dernier de mai 2013 Je reviens dans un an.
  Les quatre garçons jouent sur les scènes françaises ces deux dernières années pour présenter leurs mélopées, écrites en français, dansantes et chaloupées. Quand je les écoute, je replonge dans les années fin 80 quand j’assistais au premier concert de Tahiti 80 à Rouen. La fraicheur et le toupet vogue le long des mélodies poppeuses et accrocheuses. Le jeu des guitares est abouti, les textes imagés sont superbement interprétés. La justesse du chant, les mots aventuriers et l’instrumentation rythmée nous emmènent au long cours sur les côtes tropicales de la pop française. Les Cracbooms offrent une musique enjouée, en faisant surfer à leur manière irrésistible les notes optimistes et harmonieuses sur les thèmes colorés, permettant de prolonger l’ambiance estivale. Avec Cocoon, Marshmallow ou Mustang qui met en selle Cracbooms en partageant les concerts, la belle et solide Auvergne et son Chaudron dévoile un potentiel pop qui séduit Piggledy Pop.
A suivre !
cracbooms

 

mardi 24 septembre 2013

Jean-François Coen

C’est un des rares auteurs compositeurs français qui me touche depuis des années et dont je regrette la discrétion. Depuis Gainsbourg, très peu de musiciens se colle aux paroles en français avec autant de poésie, de sens dans les mots crus ou délicats, interprétés avec sensualité. Jean-François Coen écrit avec cette élégance dès 1988 pour le duo Luna Parker, connu pour son tube Tes états d’âme Eric en lui confiant le morceau La Tour de Londres que l’auteur remet à son goût sur son opus La Tour de Pise dix ans plus tard. Entre Pise et Londres il y a Oran où il nait, puis Paris où il vit depuis qu’il a 6 ans, où il apprend la musique au Conservatoire. A peine âgé de 20 ans, il signe son premier disque en 1979 en tant que bassiste au sein du groupe post punk Modern Guy qui sera enregistré à New-York et produit par John Cale. Voilà, on est en 1981 à Paris, il y a Eli et Jacno, Lilidrop et son fabuleux Sur ma Mob, Taxi Girl, et Jean-François Coen qui déploie ses ailes en jouant de la basse pour Juliette et les Indépendants et Mirwais, groupe de Mirwais Stass guitariste de Taxi Girl mais aussi de Madonna.


 

Fan des Beatles, Pink Floyd et Jimi Hendrix, Jean-François Coen artiste complet et fidèle en amitié, signe son premier album solo Tour de Pise en 1993, dédié à son ami disparu Guillaume Israel, le chanteur de Modern Guy. Avec lui, ses amis Yahn Lecker, guitariste, membre de Modern Guy et Hervé Zenouda batteur du groupe Stinky Toys prennent part à l’aventure que Jean-François Coen souhaite produit seul et à sa manière. Cet amoureux de cinéma fait un clin d’oeil au Mépris de Godard sur son titre Camille et de façon avant-gardiste, se lie in fine au 7ème art en demandant à son autre ami réalisateur Michel Gondry (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, L'Écume des jours) de faire la vidéo de La Tour de Pise. Le clip depuis est devenu un modèle, une référence pour les amateurs de pop indépendante et la mélodie de Coen, son texte cinématographique lumineux constituent un des titres majeurs des années 90. 


Toute la musicalité, la volupté poétique et l’art de la composition de monsieur Coen sont de retour en 2004 sur l’album au nom évocateur Vive l’amour. Les 11 titres tous magnifiques, sont parsemés d’humour et d’images, de métaphores détonnantes qui transforment les mots en butin. Album amoureux, le talent d’écriture s’inscrit aussi dans le mordant de Ulysse & Penelope, superbe duo avec Salomé Califano ou encore Calamity Jane, colorés de références. Toujours entouré de ses proches, Stan Cuesta à l’origine de Casse toi, le titre Photogénique, émouvant et frissonnant écrit par Guillaume est joué à la guitare par Peter Leonard déjà présent sur Tour de Pise et dont la fille Léa compte parmi les choeurs. Vive l’amour est à l’image de Jean-François Coen, touchant et chaleureux, de la présence des amis, des sentiments entre les lignes, de sa voix ennivrante et de tous les instruments qu’il joue et arrange. 
  Créatif, Jean-François Coen offre des instrumentations pop précieuses, des guitares chavirantes, des synthétiseurs épiques, des rimes acidulées et romantiques. Vive l’amour, passionnant et absorbant n’a depuis pas été suivi par d’autres signatures, hormis sa participation à la BO de No"I" in Team de Shaun Severi en 2011 et l’année dernière le titre Trois Jours en écoute sur bandcamp. En 2008, il reprend avec classe le titre Bleu comme toi pour l’album collectif de reprises d’Etienne Daho, Tombés pour la France où apparaissent Arnold Turboust, Doriand, Daniel Darc, Sébastien Tellier et Jacno. Ecouter de nouvelles chansons serait un sacré cadeau et me laisse gredinement rêveuse, idem à l’écoute des anciens titres comme Calamity Jane qui me donne envie de saisir chapeau et colt. Les chansons de Jean-François Coen ne prennent pas une ride et forment une pierre angulaire dans le paysage de la french pop. JFCoenBandcamp


 

dimanche 22 septembre 2013

Earth MK. II

Sous l’alias Earth Mk. II se cache un jeune homme de bon goût, Hugo van de Poel qui est un artiste inspiré et influencé par des noms comme Syd Barrett et Billy Nichols. Hugo est comme l’âme soeur de Jacco Gardner, avec qui il joue depuis 2009 sous le nom de Skywalkers. Les deux musiciens hollandais ont arrêté le groupe aux sonorités sixties et psyché pour se consacrer à leurs projets en solo; pour ce faire et de manière soft, les deux acolytes signent l’album Year One en novembre 2010, titre qui me laisse croire qu’il y aura une suite dans l’épopée des Skywalkers
  Si Jacco Gardner galope à bon train depuis 2010, comme je le souligne en janvier dernier là : JaccoGardner l’amitié qui le lie à Hugo Van de Poel depuis qu’ils ont 12 ans perdure et l'amène à produire l’album solo Music For Mammals que Hugo signe le 30 aout 2013. L’âme de Syd Barrett et des Zombies traverse les 13 titres et les habille d’une pop baroque psychédélique incroyablement composée et exécutée. Les mélodies séduisent et aspirent l’attention, le clavecin, les guitares et la distorsion qui fleurit la voix d’Hugo est hypnotisante. Les arrangements et les instrumentations sont divines, de The Warden à I Think You’re Not The Kind Of Person That You Say You Are, ça balance dans les rythmes comme dans les textes. La balade envoutante Memories où il me semble reconnaitre monsieur Gardner dans les choeurs a un charme rétro et romantique qui rappelle l’indie pop de Sarah Records, des Field Mice à The Orchids. La basse, les tambourins, les flûtes, la guitare et les claviers mélancoliques ou ensoleillés sur Friends servent sur plateau une dreampop psychédélique ravissante et aboutie. Music For Mammals, excellent premier coup d’essai, promet d’excellents moments encore à l’écoute de Earth Mk. II


samedi 21 septembre 2013

Mazes

Le psychédélisme et la power pop de Ladybug Transistor, Dressy Bessy, Of Montreal, Apples in Stereo, Essex Green, Jens Lekman, Elf Power, toutes ces références et puissances mélodiques se retrouvent dans les disques des américains de Chicago, Mazes. Tandis que le compositeur et chanteur Edward Anderson et son amie Caroline Donovan sont au sein du groupe 1900s depuis 2004, ils créent le projet parallèle Mazes en 2009 avec le musicien et écrivain Charles D'Autremont. Cette même année, les harmonies sucrées et arrangées avec des cuivres, des orgues dignes des Kinks font déjà danser sur les 11 titres de l’opus éponyme. Parfois lo-fi, twee, power pop, les orchestrations, très alternatives, valsent entre le rock, la pop, l’acoustique et le folk. Le style mystérieux et romantique est mis en évidence dans les textes qu’Edward Anderson écrit avec finesse. Il sait avec brio les mettre en musique et avec élégance les interpréter. Les choeurs sont joviaux, dansants, assortis d’instruments variés, mélodica, banjo, congas, basse, guitare électrique, piano et ensemble de cordes. Depuis le trio s’est étoffé et Mazes compte dans ses lignes le bassiste Tom Smith, le batteur Pat Cavanaugh et le guitariste Charlie Ransford. 
En 2010, Edward Anderson continue d’enregistrer librement tous les titres qui foisonnent dans sa besace et Mazes sort le EP Mazes Messes' (with My Imagination) avec sept morceaux complétement différents les uns des autres, des thèmes où le ton et la liberté d’expression sont moins romantiques mais drôles comme sur FUSA où Edward chante en français. Puis en 2012, Mazes signe un second album absolument pop et génialement solide, Mazes Blazes. La pop y est extravagante et énergique, le groupe expérimente un son organique et des bruitages ajoutés aux mélodies toujours belles, efficaces, ritournelles obsédantes et cousues d’or. La voix d’Anderson ensorcelante et parfaite va comme un gant aux mots parfois sarcastiques, directs et aux thèmes psychédéliques qui partent dans tous les sens sur Lois & Clark & Lake ou sur Not Gonna Let My Imagination Bring Me Down. Les instrumentations fleuries de Mazes Blazes ornent d’une pop sophistiquée les 17 titres et Mazes armé de son maestro fort inspiré Edward Anderson accroche tendrement l’oreille pour ne plus la lacher.
Rendez-vous en juillet 2013 sur Piggledy Pop avec les 1900s là : 1900s

 

mardi 17 septembre 2013

Station to Station

C’est l’histoire d’un train, écrite de la main de Doug Aitken, artiste diplômé des beaux-arts, spécialiste du design et illustrateur qui vit en Californie et à New-York. Il travaille pour le cinéma, concocte des vidéos pour des musiciens, expose ses sculptures et ses photographies dans des galleries de renom, comme le Museum of Modern Art ou encore Pompidou à Paris et remporte nombre de prix comme la Biennale de Venise. Cet Andy Wahrol des temps modernes propose une idée artisitique originale depuis quelques jours en faisant voyager l’art à bord d’un train qui part de la côte Atlantique en direction du Pacifique et nomme son projet Station to Station. Le train qui s’arrête dans 9 stations est parti il y a 10 jours de New-York, est passé à Pittsburg, Chicago, Twin Cities, KC et sera demain à Santa Fé, puis Winslow, Barstow, Los Angeles et Oakland/San Francisco. A chaque station, des artistes sont invités à venir partager leur amour de l’underground, via la vidéo, littérature, musique, photographie ou bien en aborder un autre comme au passage de la locomotive à Pittsburg quand Thurston Moore (Sonic Youth) a lu du William S. Burroughs ou encore quand Jennifer Baron a présenté son projet The Garment District en jouant avec son mari au sein du Mattress Factory museum of contemporary art.
ThurstonMoorePiggledyPop 


   
Passionné par les nouvelles technologies, Doug Aitken adopte un train du 19ème siècle pour l’orner de lampes Led qui réagissent en fonction de la vitesse ce qui habille cette belle épopée sur rail en lui donnant un profil lumineux supplémentaire. Ce «nomadic happening» convie les groupes : Cat Power, Ariel Pink, Beck, Lia Ices, Nite Jewel, Jackson Browne, No Age, Cold Cave, John Moloney, Charlotte Gainsbourg et énormément d’autres, les peintres, sculpteurs, dessinateurs Kenneth Anger, Ernesto Neto, Carsten Höller, Liz Glynn, Urs Fischer etc. Des films évoquant l’architecture, l’industrie locale, les musiciens comme Patti Smith sont également projetés et le tout est enrichi de cuisiniers et restaurateurs qui viennent proposer leurs spécialités comme par exemple l’omelette au cactus, du riz au jasmin ou des beignets faits à bord par des chefs comme Alice Waters. Tous les artistes s’investissent avec coeur dans ce projet monumental de Doug Aitken et jouent le jeu entièrement pour certains qui restent à bord du train jusqu’à l’arrivée le 30 septembre. L’événement financé par le Moma de New-York et la marque Levi’s prend de l’ampleur en ce moment aux Etats-Unis. Station to Station qui est aussi un album de David Bowie, fend la bise sur les rails américains et Doug Aitken marque par sa personnalité et son talent d’une pierre blanche le monde artistique underground. StationToStation

 

lundi 16 septembre 2013

Rue Royale

Rue Royale est un duo de Chicago. Ruth et Brooklyn Dekker sont aussi un couple hors des projecteurs. Ces deux là ont eu la géniale idée de s'unir pour se destiner à un patrimoine musical pas commun. Brooklyn avait en 1995 enregistré un ep en solo, pour être vite repéré par des producteurs de Nashville, ville temple du jazz-rock. Il forme un groupe Trevorside et part en tournée. C'est en Angleterre qu'il rencontre Ruth qui joue avec un autre groupe américain. Ils ne se quittent plus, emménagent à Chicago et travaillent ensemble à plusieurs titres pop folk. Il y a des combinaisons insoupçonnées parfois qui s'avèrent évidentes avec le temps. Celle-ci, en fin de compte est particulièrement efficace. Rue Royale, nom d'une rue de Chicago où les amoureux se promènent un jour est adopté comme nom et nait officiellement en 2006. Ils éditent un ep The search For Where to Go et un album éponyme en 2008 : RueRoyale-surPiggledyPop-2008

  Etablis depuis des années en Angleterre, l’album est concocté dans leur cottage de Notthingham mélangeant comme à l’accoutumée leurs deux styles, leurs influences soul, jazz et indie pop. Ayant joué ces dernières années à travers les continents européen et américain, le couple ne cesse d’être inspiré et signe le 24 juin 2013 le superbe single Set Out To Discover qui annonce la sortie du troisième album Remedies Ahead le 9 septembre dernier. Le charme et la magie des 12 titres opèrent. Les deux voix se mêlent dans une symbiose sur le thème du voyage, exposé de manière talentueuse par David Litchfield qui illustre la pochette, un dessinateur avec qui le duo travaille sur un livre musical. DavidLitchfield
La palette de sons et de mots poétiques de Rue Royale touche au domaine fantastique et féerique, en osmose avec l’univers de David Litchfield et offre sur cet album une gamme de couleurs étendue allant des influences musicales de Brooklyn et de Ruth différentes et complémentaires.
  Avec des références venant du gospel et de la brit-pop, le résultat est constitué de mélodies indie-pop, orchestrées avec beaucoup de style. Leur ami musicien Paul Pilot alias Paul Wilkinson, producteur de Duke Special et d’Athlete est en studio avec eux à Lewes dans le sud de l’Angleterre pour partager cet album marquant. Piggledy Pop adore Remedies Ahead qui utilise autant d’instruments traditionnels comme pour la rythmique que les sons contemporains délicats et bien ficelés de synthétiseurs. Rue Royale commence aujourd’hui le marathon des scènes avec un premier concert ce soir à Dusseldorf, un planning de lives quotidiens qui suit jusqu’au 30 novembre et une soirée mémorable à Paris le 26 Septembre 2013 à l’Espace B. A noter ! RurRoyale

dimanche 15 septembre 2013

Denison Witmer

Denison Witmer signe un album éponyme le 30 avril 2013 qui est une des plus belles productions de l’année. Apparu en 1995 en Pennsylvanie où il grandit, avec une cassette nommée My Luck, My Love, il signe les EP River Bends en 1999 et l’album de 10 titres Of Joy & Sorrow en 2001, aussi beau que puisse être une signature de Neil Young, Donovan ou Elliott Smith. L’artiste compose des mélopées gigantesques garnies d'airs dansants, d'arrangements efficaces et d'orchestrations alt-country d’une finesse absorbante. Sa voix d’une force mélodique impressionnante porte et fleurit les notes qu’il joue à la guitare avec brio sur Philadelphia Songs, album de 9 titres qui précède son magnifique disque de reprises Recovered de 2003 que je conseille fortement. C’est un album qui rend hommage à Leonard Cohen avec Suzanne, Neil Young avec Love in Mind, Alex Chilton de Big Star avec Nightime, Carole King avec So Far Away et une chanson que je vénère particulièrement du génial Graham Nash, Simple Man. A travers cet élégant travail de reprises, Denison Witmer nous convie à decouvrir ses influences, ses références qu’il met en musique avec grâce. Son don pour composer des mélodies se classe au rang de celui de Paul Simon, Jackson Browne et Donovan avec qui on peut tenter la comparaison, présente dans diverses formes dont son amitié musicale avec Sufjan Stevens qui rappelle celle de Donovan et de Dylan. 
Featuring de Denison Witmer sur Atlanta des Catch Bees 
Denison Witmer qui accompagne Sufjan Stevens sur ses albums l’invite en retour sur Are you a Dreamer de 2005, album entièrement écrit et composé par Witmer, sur lequel Stevens vient jouer les parties de piano, de claviers, d’orgue, de banjo et chanter. Ce cinquième album est aussi produit par Don Peris, son ami et jadis, professeur de guitare. Depuis les amis inséparables ont participé à l’album de Rosie Thomas en 2007, These Friends of Mine. La chanteuse américaine reprend même la chanson Paper Doll écrite par Denison Witmer. Rosie Thomas viendra contribuer ensuite au sixième album de Witmer, Carry the Weight, enregistré en 2008, à Seattle offrant en featuring la présence du batteur James McAlister (Sufjan Stevens, Clare & the Reasons, Welcome Wagon etc), Noah Harris au chant et au piano, Blake Wescott (The Posies, Pedro the Lion, The Long Winters, Rosie Thomas etc) qui chante, joue de l’orgue, guitare et basse. Entouré de ses amis, Denison Witmer fait scintiller ses guitares folk en ajoutant des orchestrations pop et des paroles poétiques, métaphoriques qui évoquent aussi Nick Drake. En 2011, le troubadour propose un nouvel album de 11 morceaux là encore, de toute beauté, The Ones Who Wait. L’âme acoustique qui parcourt les titres est ornée de cor, de trompettes, tambourins et en plus d’apporter un chant cristallin et chaleureux sur ses textes qui établissent une sorte de bilan sur la vie, ses expériences heureuses et malheureuses, Denison y assure les guitares, la batterie, l’orgue et le banjo avec un talent très émouvant. 
  En avril dernier, le splendide album Denison Witmer vient nourrir les platines et propose derechef 10 titres qui accrochent l’oreille et ne la quittent plus. Pour enregistrer, Witmer s’entoure de ses amis Spencer Cohen à la batterie, William Fitzsimmons à la guitare et au chant, Devin Greenwood à la basse, accordéon, orgue, chant et guitare, Don Peris au mellotron et guitare, Sufjan Stevens au piano et chant. Denison Witmer est à se procurer et à rencontrer sur scène absolument. Ce dernier album étant enregistré à New-York, le titre Much Farther to go qui met en musique la ville et joué par Denison Witmer, Sufjan Stevens, Rosie Thomas et son mari Jeff Shoop résume joliment le plaisir qu’a la clique d’amis à jouer ensemble. denisonwitmer

jeudi 12 septembre 2013

Harper Simon

Harper Simon voit le jour à New-York en 1972 entouré de ses parents, Peggy Harper et Paul Simon. Dès ses quatre ans, il s’intéresse aux guitares qui l’entourent, grandit dans un univers musical et commence à jouer sur scène très jeune, accompagne son ami Sean Lennon puis papa Simon, travaille en studio avec Carl Perkins, les musiciens de Voidoids et de Dinosaur Jr avant de partir en 2000 vivre une dizaine d’années à Londres. A son retour, Harper Simon joue pour Yoko Ono et le Plastic Ono Band, brille à la guitare sur l’album de Sean Lennon, Friendly Fire en 2006, partage la scène en Afghanistan avec la chanteuse Suphala et assure la guitare sur son album Blueprint, tout comme il enregistre la guitare de l’album Love & War de Daniel Merriweather. Il participe à nombre de concerts aux côtés de Rufus Wainwright, Lavender Diamond, Stuart Murdoch des Belle and Sebastian, Graham Coxon de Blur. De manière constante, lié par une grande amitié, il travaille et compose avec Gillian Welch, David Rawlings, Benmont Tench et Jon Brion



Harper n’est pas un «fils à papa». Il fait ses armes sur scène et en studio pendant plus de vingt ans avant de signer son opus Harper Simon en 2010. Guitariste prodigieux, il joue avec une faculté quasi divine en visitant tous les genres et approchant n’importe quel style de musique. Il s’entoure de musiciens de Nashville pour son premier disque, ainsi que d’artistes comme Lloyd Green de The Byrds, Inara George, le romancier Ben Okri pour l’écriture, de Eleni Mandell, Steve Nieve pianiste d’Elvis Costello, du guitariste et compositeur américain Marc Ribot qui joue avec Tom Waits, Costello, Sam Phillips pour la participation à l’enregistrement, encadré par le producteur Bob Johnston qui oeuvra pour Bob Dylan, Johnny Cash et Leonard Cohen. Le résultat de 10 titres est un cocktail de chansons pop, orchestrées avec beaucoup de goût, de sonorités folk, country et de parties symphoniques luxuriantes mêlant l’harmonica taquin de Charlie McCoy, le cor, flûte et saxophone, les cordes de violons, de violoncelle, de mandoline à celle du banjo. L’album se termine sur une note frissonnante avec Berkeley Girl, ballade qui rappelle avec tact et une tendre attention, l’univers de Simon & Garfunkel. La rythmique, riche et touchante avec Sean Lennon à la batterie, comme les voix féminines de Petra Haden, Inara George et d’Eleni Mandell, apportent une convivialité et une chaleur à l’écoute.

  

En mars 2013, Harper Simon revient et crée la surprise avec l’album sophomore Division Street en travaillant avec Tom Rothrock, le producteur d’Elliott Smith sur XO, Either/Or, Figure 8, ou encore de Badly Drawn Boy et de Beck. Là encore les 10 morceaux sont dignes d’un coup de maître qui, on peut l’entendre a été un jour le disciple de l’autre maître, Elliott Smith à qui il rend hommage avec délicatesse tout au long du disque. La poésie des textes, les harmonies dans les arpèges de Just like st. teresa montrent le talent de composition de Harper Simon et son admiration pour Elliott Smith, sur Bonnie Brae où il nomme Patti Smith ou sur 99 en évoquant ses disques de Big Star. Le lyrisme des textes et la beauté mélodique comme sur Leaves of Golden Brown m’évoque Bob Dylan et Leonard Cohen. Harper Simon dont le jeu de guitare est digne de Keith Richard, a aussi un don incroyable d’auteur-compositeur. Ses deux amis Benmont Tench de The Heartbreakers à l’orgue et piano, Jon Brion à la guitare électrique s’allient pour fleurir l’ensemble des compositions d’instrumentations pop aidés par l’excellent batteur Pete Thomas, le bassiste des Strokes Nikolai Fraiture, Mikael Jorgensen de Wilco, Nate Walcott de Bright Eyes, la voix magique d’Inara George et le producteur de Feist, Brian LeBarton, qui joue du clavier. Piggledy Pop conseille mille fois Division Street, qui avec toute cette musicalité rock et pop dans les titres et la voix magnifique d’Harper Simon, contient une pléthore d’influences allant de Little Richard, the Kinks, Big Star, Hank Williams, the Pixies, Television, Muddy Waters, T Rex, the Who qui plairont forcément aux amateurs du genre et des genres. 


mardi 10 septembre 2013

The Starfolk

Quand il y a des départs difficiles, même guidés par une excellente raison, pour garder la tête dans les étoiles pendant 20h de vol, réussir à ne jamais perdre de vue son but pour mieux Revenir, une bande son peut aider... 
à Johnny John Pete.

En 2008, les deux musiciens, créateurs du groupe The Owls depuis 1999, Allison LaBonne et Brian Tighe, caressent le projet d’écrire et composer leurs propres titres. Loin de débuter, Allison étant la chanteuse du groupe Legendary Jim Ruiz Group (sur Piggledy pop là : JimRuiz ) et Brian, leader des Hang Ups depuis 1990, les deux amis de Minneapolis unissent leurs talents pour signer dès 2009 un premier single, Lemon-Lime. Avec Brian qui joue de la guitare, du piano et assure le chant tout comme Allison, également à la basse, le batteur Stephen Ittner, ex des Hang Ups et The Owls ainsi que la violoncelliste Jacqueline Ultan, apportent une touche chamber-pop aux titres. 
Brian et Allison qui se partagent la composition et l’écriture avaient déjà gagné une jolie renommée en signant avec les Hangs Up, le titre Jump Start pour le film Chasing Amy de Kevin Smith avec Ben Affleck. En 2011, Starfolk réitère en participant avec le morceau Matter à la BO du film de Todd Cobery, Good Morning Beautiful.

Le scientifique et astronome Carl Sagan émet dans The Cosmic Connection de 1973 l’idée de Starfolk, expliquant que les molécules du corps humain auraient auparavant constitué la matière d’une étoile dans le «human kingdom".
La théorie est belle et inspire le groupe Starfolk qui, fan de The La’s et de My Bloody Valentine, sait aussi offrir du rêve avec l’album éponyme magnifique de 12 titres qui sort aujourd’hui. Le thème du voyage, du cosmos, mêlé à celui des sentiments est mené par un rythme pop mélodique, délicat, sur les voix harmonieuses d’Allison et de Brian qui chantent «Under the stars, Jupiter and Mars, Forgetting who we are» sur Winterwalk, «She’s stepping on stars to cross a great expanse, And casting them from the sky like shards of glass» sur The Great Unknown. L’ensemble lyrique et poétique est enveloppé d’envolées de cordes de guitares et de violoncelle arrangées avec beaucoup d’élégance. Le son et la texture pop de Starfolk apportent les frissons, font rêver et la quintessence des notes fait assurément voyager. Starfolk KordaRecords

 

samedi 7 septembre 2013

Allah-Las


Pour ceux qui surfent sur le net ou surfent 'tout-court', il est facile de connaitre les Allah-Las. Groupe californien formé en 2008, au son rétro garage rock moulé de réverb, pop psychédélique avec l’âme des Shadows et de Dick Dale, les Allah-Las jouent avec brio et légitimité la musique qui naît en Californie dans les années 50. Dès leurs débuts, les quatres musiciens quittent le sable chaud pour les studios d’enregistrement et rencontrent immédiatement un succès auprès du public et de la presse. Le guitariste et chanteur Miles Michaud, le deuxième guitariste Pedrum Siadatian, le bassiste Spencer Dunham et le batteur Matthew Correia signent le premier EP en 2011, Catamaran qui de manière old-school sort en vinyle. Produit par Nick Waterhouse, autre figure pop garage et rock surf du continent américain, l’artiste apporte sa plume soul au projet Allah-Las. La belle collaboration prend forme sous deux EP et un album éponyme pendant l’année 2012 avec des titres où Nick Waterhouse vient ajouter sa participation, comme sur Sacred Sands
Les mélodies au grain nostalgique nous emmènent dans le temps des harmonies chaudes et des échos tambourinants des Kinks. En attendant leurs prochaines productions, Allah-Las est le groupe actuel qui joue du côté vintage sixties en le revisitant avec de belles créations et inspirations, en parcourant l’Europe pour des concerts avec Jacco Gardner ou The Entrance Band. Allah-Las qui passait à Paris en mai dernier est à déguster à la paille comme un brin de soleil supplémentaire en cette fin d’été.