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vendredi 29 mars 2013

Abba / Dancing Queen

Une chronique de 2008 pour les amis suédois dont l'histoire est cousine de celle de la France et leur musique omniprésente sur Piggledy Pop.


Le disco est de retour, il revient au galop avec ses boules à facettes et ses pantalons pattes d'eph.
L'occasion d'évoquer le groupe Abba et sa chanson Dancing Queen.
C'est dans les années 60 que les deux garçons Benny Andersson, Björn Ulvaeus et les deux filles Agnetha Fältskog, Anni-Frid Lyngstad (frida) se rencontrent. Ils enregistrent les premiers titres ensemble en 1970, après avoir chanté dans des bars, ou en vacances sur des plages puis être surpris par le vif succés remporté. Mais c'est en 1974 que le groupe se fait connaître en gagnant le prix de l'eurovision avec Waterloo. Bien installés en tête des hits avec 3 albums à leur actif, leur sacre est en 1976 avec l'album Arrival. C'est sur cet album qu'est Dancing Queen, jouée et interpretée pour la première fois (voir vidéo) au cours du mariage de Charles XVI Gustave de Suède et de Silvia Sommerlath (Frida chante Dancing Queen accapella lors de la cérémonie anniversaire en 1993, les 50 ans de la Reine Silvia).
La famille royale de Suède est chère au groupe Abba, et c'est réciproque. Dans leur premier album Ring Ring, le titre Nina, Pretty Ballerina parle déjà d'une reine qui danse. La royale Dancing Queen sera vendue à 10 millions d'exemplaires et restera 14 semaines premiere dans les hits parade américains et européens. Le film ABBA-The Movie explose les écrans aux USA en 1978, fait plus d'entrées que Grease ou La Guerre des etoiles et la chanson Dancing Queen restera, cette même année, classée numéro 1 des ventes du pays.

Depuis le titre aura été repris par plus de 60 groupes dans le monde entier. Cela va de Kylie Minogue à la cérémonie des JO de 2000 à l'orchestre militaire de la Reine d'Angleterre qui le joue aux changements de gardes à Buckingham Palace! Et puis il y a aussi les reprises de Franck Pourcel, des Sex Pistols, Belle & Sebastian, Sunday Drivers, U2, de l'Orchestre philarmonique de Londres, et très récemment le groupe français Cocoon qui en a fait également une cover.
L'histoire de Dancing Queen a 32 ans et semble bien eternelle.
La couronne de Suède offrira un musée en juin 2009 à la gloire de Abba qui a vendu 370 millions d'albums dans le monde. Reste à imaginer en France ce que donnerait un musée Mireille Mathieu offert par l'Elysée...

Friday night and the lights are low
Looking out for the place to go
Where they play the right music, getting in the swing
You come in to look for a king
Anybody could be that guy
Night is young and the music's high
With a bit of rock music, everything is fine
You're in the mood for a dance
And when you get the chance...

You are the Dancing Queen, young and sweet, only seventeen
Dancing Queen, feel the beat from the tambourine
You can dance, you can jive, having the time of your life
See that girl, watch that scene, dig in the Dancing QueenYou're a teaser, you turn 'em on
Leave them burning and then you're gone
Looking out for another, anyone will do
You're in the mood for a dance
And when you get the chance...

mardi 26 mars 2013

Locas in Love

Locas in Love est un groupe de Cologne qui concocte des mélopées rock et pop depuis 2001 avec une série d’EPs, Rio Veneno, A Robot Can Make A Hole In The Ground, Música De La Concha, El Loco Roco... jusqu’au premier album en 2004 What Matters Is The Poem suivi par Saurus en 2007 et Winter en 2008. Depuis, productifs, inspirés et fertiles, les quatres musiciens allemands signent le EP Avocado en 2010 qui annonce deux superbes albums : Lemming en 2011 et Nein! en 2012. Malgré quelques titres anglais, les textes sont chantés en allemand, même pour la reprise Falling de David Lynch. Sur toute leur production, seuls quelques morceaux sont chantés en anglais comme If You Could Read My Mind et les reprises savoureuses de Simon & Garfunkel April Come she will, Jolene de Dolly Parton ou encore celle des Beach Boys, Wouldn’t it be Nice, ce qui est un fait rare et remarquable. 



Dans la veine indie de Weezer, de Ride et du Velvet, les titres sont folk, pop ou rock. Griffés de magnifiques mélodies ils peuvent aussi être porteurs de textes somptueusement poétiques et métaphoriques comme Rosa Mond, To get things straight, le dansant Sachen ou Stephanie sagt, clin d’oeil à la bassiste du groupe et au Velvet Underground. En plus des références musicales, les chansons offrent aussi des références littéraires sans pour autant perdre un certain sens de l’humour et d’une fort séduisante humilité. C’est en 2001 que Björn Sonnenberg, à la guitare, chant et composition, rencontre Stephanie Schrank, bassiste et chanteuse qui dessine aussi toutes les pochettes d’albums de Locas in Love. La même année, ils rencontre Niklas Jansen, guitariste et enregistrent les premières cassettes et vinyles. Maurizio Arca, batteur, vient les rejoindre pour jouer sur scène dès 2005 quand le groupe part en tournée aux Etats-Unis avec Arab Strap. En 2008, Locas in Love retourne présenter leur EP Winter à New-York puis ils reviennent enregistrer en Europe les deux récents albums, à Glasgow, Dusseldorf, Hambourg et Cologne. Sur scène, ils jouent avec Xiu Xiu, Okkervil River, The National etc.. Locas in Love constitue un des plus efficace et talentueux groupe de pop en Allemagne dont les mélopées sont évidentes et restent rafraichissantes même dans la durée. A l’instar de leurs compatriotes Donna Regina, les Locas in Love grandissent et touchent l’excellence au fur et à mesure des années...A découvrir absolument ! LocasInLove

dimanche 24 mars 2013

The Icypoles

The Icypoles, groupe de Melbourne, est constitué de quatre filles, toutes musiciennes de talent, multi-instrumentistes qui ont déjà fait leurs armes dans d’autres formations. Isobel Knowles qui compose et chante et Tara Shackell, faisaient partie des Architecture in Helsinki de 2000 à 2007; Les deux musiciennes retombent vite sur leurs pieds en quittant le groupe, volant de leurs propres ailes et filent en studio enregistrer les cuivres et cordes au bras de Kevin Ayers pour l’album The Unfairground, produit et arrangé par Gary Olson. KevinAyersPiggledyPop En 2008, tandis qu’Isobel Knowles travaille sur la bande originales d’un film en signant des morceaux dans la veine musicale des girls band des années 60, l’idée de créer son propre groupe germe et avec ses meilleures amies Tara Shackell et Kim White, le projet Icypoles est lancé. Les premières chansons sont signées sur le EP bien-nommé Getting Ready dès 2009 et les filles rejoignent Architecture in Helsinki pour une tournée mondiale en 2010. Icypoles, après ce break, prend forme au fil du temps ; La batteuse Lani Sommer est recrutée pour continuer l’aventure en studio mais aussi sur scène et en 2011 c'est la parution du génial EP Promise to Stay. Les textes sont élégants, parlent de leurs vies respectives de musiciennes amoureuses et les arrangements sont garage, pop, parfois twee. La batteuse Evelyn Morris alias Pikelet (qui a signé, en solo, quatre albums et tourné avec Jens Lekman, Sufjan Stevens, Darren Hanlon, Beirut, Camera Obscura, etc) vient jouer sur deux des titres. Les quatre demoiselles partent alors présenter leurs titres sur les routes allant de Sydney à New-York, Londres et Stockholm, accompagnant sur scène Gary Olson et Monnone Alone. Distribué par le label anglais Kookydisc, Promise to Stay est une amorce du futur album prévu en 2013 dont un des titres est présent sur un sampler du label australien de Stanley Paulsen Lost & Lonesome. Dans l’attente, Piggledy Pop se délecte de ce titre Stayin’Home. TheIcypoles   

dimanche 17 mars 2013

Jennifer Baron Interview/ Garment District

Soeur de Jeff Baron le fondateur des Essex Green, Jennifer Baron qui a joué de la guitare et chanté au sein des Ladybug Transistor et de Saturnine avec Matt Gallaway, est une personnalité dans le monde de l’indie-pop. Talentueuse et généreuse, elle apporte sa griffe en jouant avec Kevin Ayers et Gary Olson sur la reprise en français de May I. Jennifer est une artiste impressionnante, qui ne cesse de m’étonner au fil du temps et à qui je voue une admiration sans bornes. Originaire de Pittsburg, diplômée du Brooklyn Museum of Art, la musicienne auteur-compositeur est actuellement en studio pour enregistrer de nouveaux morceaux après avoir signer, sous l’alias Garment District, l’album Melody Elder en 2011 sur cassette avec le label Night-People puis récemment un EP chez French label Radar Station, label français dont le nom va comme un gant à l’univers musical de l’artiste américaine. Jennifer a eu la gentillesse, le tact charmant de répondre de manière détaillée, référencée, à mon interview au beau milieu de ses sessions d’enregistrement. Ci-joint à la suite de la chronique Melody Elder.



Melody Elder est une concentration d’ambiances lunaires, une oeuvre fascinante signée Garment District qui dissèque, bricole avec science, mais aussi libère toute sa musicalité et sa sensibilité via une esthétique incroyable avec la participation brillante de Kevin Smith aux rythmiques et ingénieurie. Jennifer Baron fait planer le mystère avec une grâce jaillissante dans chaque titre de Melody Elder. Son prodige instinctif, sa mémoire et sa filiation musicale, Syd Barrett, Kinks, Leonard Cohen, Bob Dylan, Neil-Young y sont pertinents et admirables. On Air, en ouverture de bal, est une ritournelle qui reste en tête et fait naturellement opiner de la tête tellement elle est rythmée par la guitare et le mélodica, voltigeants. Venant d’un orgue et d’un synthétiseur, évoquant volontairement le domaine du futur, une ambiance cosmique, la mélodie nous invite d’emblée dans l’univers musical pop et psychédélique de Jennifer. The Parlance poursuit dans le thème, et on imagine des martiens aimables, green aux allures hippies débarquent sur la planète avec des guitares et des claviers psyché. Puis l’excellent Bird or Bat, là encore marque l’oreille efficacement, donnant furieusement envie de déhanchés dévergondés à son écoute, est le premier titre chanté. Le xylophone, éminent, harmonieux accompagne les claviers et la voix angélique de Lucy Blehar, cousine de Jennifer ce qui est élégamment annoncé dans le break qui suit nommé I am not The Singer. Nature-Nature et son synthétiseur puissant, annonce les sujets proches de la nature et apporte la texture conceptuelle fabuleuse, un tuteur et une chronométrie au disque. La pop psychédélique, alternative et expérimentale habille l’album qui se déroule comme un film, une suite d’images ordonnées à la perfection. La batterie langoureuse de Supermoon amène le processus auditif en apesanteur, les synthétiseurs nous font voyager dans l’espace de manière cohérente et absorbante avec Bird or Bat Reprise et le son vibrant, oscillant, tandis que Highway Mountain Hymnal Rain tente de rester en contact avec les ondes terrestres quand la transmission difficile est enfin captée sur Apple Bay Day. Là, la mélodie m’évoque une scène des martiens, pâquerette à l’oreille, dansant une ronde mirifique dans un verger en fleurs. Quand un chant de muezzin moins champêtre nous ramène sur terre sur Gaza Drift, changeant brillamment de tonalité, en quittant brusquement le domaine féerique définitivement avec Push, qui boucle avec éclat et réussite l’ensemble des titres. Push propose un sample émouvant tiré d'un projet artistique sonore de 1980 appelé The Apology Line par son auteur Allan Bridge, plus tard adapté en livre puis adapté au cinéma. Melody Elder est conquérant, magnifique d’ambiances, de messages libres d’interprétation, un travail de composition remarquable, une performance sonore. L'album montre tout le riche univers artistique de Jennifer Baron, qui se dévoile, magistrale ! 

Hommage : S’il y a une autre planète habitée de pop orchestrale et psychédélique à explorer, loin des contingences politiques et religieuses, nous éspèrons, Jennifer et moi, que Kevin Ayers s’y repose en paix. 





INTERVIEW 
Thank you so much Jennifer for your answers... Not an icon, you are becoming a real indie-pop landmark, a riche reference and a source of enthousiasm for Piggledy Pop and his readers. 

What were your dreams when you were 10? 
At age 10, I dreamed about being a writer and an artist, having more cats and traveling. I used to create collages and homemade books with different subject matter and themes. My mom saved most of my childhood artwork, so I am able to revisit my childhood imagination from time to time. 


What were activities when you were 20?
At 20, I felt the usual combination and fluctuation of urgency, confusion, idealism, experimentation, and wanderlust that comes with that age. I also felt very fortunate to be able to attend Mount Holyoke College, which has a magical campus feeling with inspiring Gothic architecture, and brilliant faculty, in a small Western Massachusetts town--it was quite idyllic. I met inspiring women from around the world--India, Nepal, England, Serbia--many of us are still in touch. I had the life changing opportunity to study abroad at York University in Northern England, where I fell in love with the landscape, history and music scene. At 20, my mind was completely focused on living in New York City, an obsession that began in high school, especially after visiting my aunt there when I was 16. I drove straight to Brooklyn during the summer after my college graduation to start a Museum Education Internship at the Brooklyn Museum of Art, and lived in New York City for 10 wonderful years.

Today, many of my dreams are of course are highly personal and private, but one that never fades is to live in a cozy house by the sea, such as in Humboldt County, California, with my husband Greg and our Chocolate Labrador Retriever Bailey, along with our records, books and vintage housewares, and to make music by the ocean and walk next to the waves every single day. I always wish to travel more, and dream of living in cities like Barcelona and Stockholm, where I have been so lucky to your with my old band The Ladybug Transistor. Travel is on my mind quite often, and I feel the urge to experience other cultures on a regular basis. South America, Indonesia, New Zealand, and Iceland are high on my list. More dreams? Having the magical power to live in the year 1967; being able to talk to my grandparents again; living on a planet inhabited by many more animals; and permanently clearing space in my life for creating more music and art. 


How do you imagine yourself at 80?
Living by the ocean with my husband Greg and at least one large dog, playing lots of board games, listening to and making music, tending a small garden, and drinking summery cocktails on a big porch with friends and relatives.

I'd like to live similar to my great-grandmother, Peggy "Nana" Beach, who lived to be 1010. Nana was incredibly independent minded, and kept an apartment with a balcony well into her 90s, entertaining friends, telling stories and enjoying a glass of wine each night.: )
Off to brunch! What was your part in Saturnine? 
I played guitar and sang back-ups in Saturnine. We recorded numerous albums and 45s on Dirt Records and toured in the US and Canada. I coincidentally met guitarist-vocalist Matt Gallaway when I went over to his apartment in Park Slope, Brooklyn to have dinner with his roommate, whom I had met in college. All of a sudden, Matt and I realized that we had many uncanny things in common. I lived a few streets away in Park Slope, and we were stunned to find out that we had grown up in the same part of Pittsburgh, though we had not met because he went to boarding school in Michigan. We started playing music together instantly, and he built a rehearsal space in the basement of his apartment. It became a regular gathering place for us, our friends, and fellow musicians, visual artists and filmmakers, during the mid-1990s in Park Slope. 


What was the first musical participation and when did you meet Gary Olson to become a Ladybug Transistor member?
I first met Gary in the early-1990s; we attended a lot of the same shows and art openings in the East Village and parties in Brooklyn. While I was playing with Saturnine and he was playing with Azalia Snail and in an early incarnation of Ladybug, we played shows together, such as the somewhat legendary show at the now defunct Threadwaxing Space in SoHo. The show was turned into a compilation that was released on LP/CD, featuring artwork by Steve Keene, and songs by Saturnine, Azalia Snail, Guided By Voices, The Sea and Cake, Giant Sand, Slant 6, and Blonde Redhead.
I first started playing in Ladybug in about 1995, when Gary asked me to join the band (my brother Jeff had joined on guitar after I introduced Gary to Jeff), and soon after in about 1996, we toured in Switzerland with Sportsguitar (Matador), which was an incredible experience! I taught myself to play bass at that time and soon after I moved into Marlborough Farms in Flatbush, Brooklyn where we had a studio.

You contribute on the wonderful cover Puis-Je of Kevin Ayers with Gary Olson. Which was your part? Merci, Marie-agnes! I played guitar and percussion. This remains one of the musical highlights of my life. All these years later, I still cannot believe this actually happened. Even though I knew well of Kevin's demons, I am deeply saddened by his death last month in France. There is no other musical figure quite like Kevin Ayers and he continues to blow my mind and inspire me to make music. Joy of A Toy is a constant presence in my life and source of inspiration, and has been for so many years. I feel so deeply honored that he agreed to sing on our version of this song. We recorded all of the instruments at our Marlborough Farms studio in Brooklyn (where we were living at the time) and then sent the song to England, where Kevin recorded his vocals at a studio in London. 


How old were you at your first gig? Do you think playing lives young helps and encourage to create music, is a motor or a motivation. What part of music do you prefer?
the laboratory work process in rehearsal in studios or to play live in front of the audience? I was in theater company in high school and I performed at some coffeehouse shows in college, so my first show as part of a band was not entirely a brand new performance experience. That said, there is nothing that can compare to playing your first live show in New York City as part of a band, and it was definitely a turning point for me. Saturnine played our first show at a party at our friend Joe Gaer's (his nickname was Joe Show, because he was a fixture in the Downtown Manhattan music scene, present at every show I can remember) house in the financial district of lower Manhattan. To live there during the early 1990s was fairly pioneering, and his space was a spawning loft that seemed massive and wonderfully cavernous to me. I instantly fell in love with performing live, just as I had instantly fallen in love with New York. 

The first concert I attended was Peter, Paul & Mary at The Stanley Theatre in Pittsburgh with my mom, when I was in elementary school. My mom used to sing “Stewball” to us—my three brothers and me—all of the time when we were children, and she named her dog after the song//horse. My first concert alone with friends getting dropped off by parents was The Kinks, Civic Arena, when I was in junior high.

I do not prefer one aspect of music making over another; I love writing, recording and performing live equally.

  

Whatever was the reason of your leaving after Ladybugs, I know you travel around the world with Ladybug Transistor playing guitar with Gary on stage, in Paris for example. What did you do after that? (babies, wedding, day-to-day work, etc..) and were you still playing music at home, with plans and envies to go back for rehearsal or on stage? 
When I left NYC, I took the position of Education Director at the Mattress Factory, a museum of contemporary art and residency program in Pittsburgh. I was ready for a change in life and new scenery, and I was excited about the challenge of creating educational programming focusing on contemporary art, a passion of mine and the subject I studied in college. One of my favorite artists, James Turrell, organized a major retrospective at the Mattress Factory, and I also got to work on programming for a Cuban Art exhibition, as well as for installations by artists I greatly admire, such as Yayoi Kusama, Kiki Smith, Rolf Julius, Forcefield, and many more.

In 2011, I co-produced a 200-page color photography book on vintage signs called, The Pittsburgh Signs Project: 250 Signs of Western Pennsylvania (Carnegie Mellon University Press), that was featured on Boing Boing. I contributed many photographs to the book and also received a grant to support the publication. I also help run Handmade Arcade, Pittsburgh's first and largest annual DIY/indie craft fair, which features more than 150 indie designers from around the United States. 



Your new project The Garment District is on the way with an EP came out these days on the French label Radar Station and your album Melody Elder released on cassette on Night-People in 2011. Would you like to come back in Paris to introduce your new material? 
Absolument! Bientôt je l'espère. I toured in France with Ladybug many years ago, and I also traveled through France during college, and I would love to return soon. If I don’t travel I feel claustrophobic and landlocked. I miss traveling on a semi-regular basis to Europe, and would love to return to the beautiful country of France. One of my best friends from college lives in Paris. Even at a distance, I do feel the support of French listeners and writers. I am incredibly grateful for the support of Jerome and Fleur, who run La Station Radar, and for all of the work they put into releasing my new three-song 45. I am thrilled with the results. I am also extremely grateful for the support and enthusiasm of French music journalists Tibo Novo (Hartzine) Joseph Ghosn (Obsession), who have reviewed my music, interviewed me, and invited me to curate mix tapes:


What were your musical influences when you were teenage, then later? What did inspired you for Melody Elder? How was doing the creation’s process? Did your write lyrics? what came first? music or lyrics? How do you work when ideas come to you?
I write all of the music and lyrics for The Garment District. Two songs on Melody Elder (Push and Highway Mountain Hymnal Rain) were collaborations with Oakland, California-based sound artist Kevin C. Smith. When I write music, I don’t concretely or consciously think about influence. I focus on listening to what is in my head and interpreting and giving it form via sound, melody, and texture. My hope is that it takes on a new life that is out of my control cerebrally. I think more in terms of inspiration as an energy force, rather than a traceable or literal influence. Things seep into your subconscious and may end up making their way into your artistic voice in unrecognizable or partially discernible ways. 

Growing up, our house was filled with LPs, cassettes and 8-tracks—records by the Beach Boys, Beatles, Bob Dylan, Leonard Cohen, Donovan, Neil Young, and Van Morrison were some of our first toys—so I was fortunate to feel like I had a private listening library to share with my brother Jeff. My parents raised my three brothers and me on what I call the "Leonard-Cohen-Bob-Dylan-Neil-Young-Trinity," so I was hooked on certain music at a pre-verbal age. My husband Greg (he runs a tape label called As Above So Below, which released the first two RANGERS tapes and the debut release by North Carolina-based Dreams West) has an astounding vinyl collection, so we often have turntables going on both floors.

Among the first albums I bought as a child were compilations of “hits” from the 1950s-1970s. One in heavy rotation included Napoleon XIV’s “They're Coming to Take Me Away” (1966), The Coasters’ “Yakety Yak” (1958) and Sam The Sham & The Pharaohs “Li’l Red Riding Hood” (1966). Those songs all have catchy melodies paired with evocative imagery and narratives to stir a child’s curiosity and imagination. They got lodged in my brain and I still love them, and instantly associate them with childhood. 

I was recently asked in an interview to name my favorite album of all time, which is too difficult to do. I pretty much stink at best/worst/favorite questions! I think of music as one giant ever-morphing soundtrack to life. Albums that provide me with a constant source of inspiration are: Kaleidoscope: Tangerine Dream; Love: Forever Changes; The Beach Boys: Pet Sounds; Judy Henske and Jerry Yester: Farewell Aldebaran; The Golden Dawn: Power Plant; Syd Barrett: The Madcap Laughs; Gene Clark with the Gosdin Brothers; Donovan: A Gift From a Flower to a Garden; Mayo Thompson: Corky’s Debt to His Father; John Phillips: John, the Wolf King of L.A.; John Cale: Paris 1919 and Vintage Violence; Songs of Leonard Cohen; The Left Banke: Walk Away Renée/Pretty Ballerina; Brian Eno: Here Come the Warm Jets; Kevin Ayers: Joy of a Toy; The Zombies: Odyssey and Oracle; The Kinks: Arthur; New Order: Movement & Power Corruption & Lies; Joe Week: I Hear a New World; Manuel Göttsching: E2-E4; Lee Hazelwood: Cowboy in Sweden; Harald Grosskopf: Synthesist; R. Stevie Moore: Meet The R. Stevie Moore; Jack Nitzsche: The Lonely Surfer; and Jim Sullivan: UFO.

Since I was a teenager, I have been drawn to a massive range of music--including 1950s-1970s psychedelia, folk, pop, garage, freakbeat; 1950s-1960s rock steady and ska; early electronic music; free jazz; 1980s NYC hip hop; 1970s-1980s pop and new wave from Scotland, New Zealand and Australia; and film soundtracks, interstitials and TV, video and cartoon themes. 

New(er) music I have been listening to a lot lately includes Samantha Glass, White Fence, KWJAZ, Rangers, Liam Hayes, Matrix Metals, Wet Hair, Euros Childs, Halasan Bazar, Destroyer, The Cyclist, War on Drugs. Some of my favorite music from the 1980s and 1990s is still just as inspiring to me, such as Neutral Milk Hotel, Beachwood Sparks, Broadcast, The Aislers Set, Galaxie 500, The Olivia Tremor Control, The Clean, Swell Maps, Television Personalities, Yellow Magic Orchestra, The Go-Betweens, The Velvet Underground, Tall Dwarfs, The Feelies, Psychic TV, The Jesus and Mary Chain, Game Theory. There are also so many amazing reissues to keep up with that it makes my head spin. Films from the 1960s-1980s have also always inspired me. I view a passion for film, photography, music and design as more of a nebulous inspiration and energy, than a direct and traceable or literal influence. There is music that I know will always just BE in my life, and then there is that amazing moment when you discover a new band or a hear a reissue of something you have never heard before, when you realize how crucial it is to always keep your mind open, listening and waiting. 




Do you ask to someone to have a listening and to offer advices or did you go straight ahead in creation, confident in composing your songs?
I work from what I hear in my head and from experiments with the mostly vintage equipment I have at home. I share a lot of my ideas with my husband Greg and he plays synth on one of my brand new songs, which I am currently finishing up now. I make music in something of a cocoon. I completed my new 7" and Melody Elder basically in a vacuum of my own mind, blocking out some of the hazards that can sometimes be associated with any place in time, locale or scene. Currently I am finishing mixes for a new full-length album, and I got to work with an amazing drummer and bassist on five of the new songs. 


You write all the songs and play all instruments on Melody Elder and your cousin Lucy Blehar sings. Will you play guitar or synth on stage and will you sing? how many musicians will play with you for the lives? Do you consider to play acoustic gigs sometimes? 
I love to perform live and hope to do so more frequently as The Garment District, because I have mainly been focusing on recording up to this point. The arrangements and lineup depends upon the show. Live, my music can work as a full orchestrated group or as a more minimal approach. I could play keyboards, guitar or bass depending upon the set and the song selection. When I performed at the 2012 VIA Music & New Media Festival (opening for LA-based musician Julia Holter) in October 2012 at The Andy Warhol Museum, I played keyboards and put together a lineup of multi-instrumentalists that featured Orlando 'Buscrates' Marshall (ELQ), d/s/miller (Dynamo Sound Collective), Greg Langel (As Above So Below Tapes), Liz Adams (Lohio), and Matt Booth (City Dwelling Nature Seekers). The multi-media set was accompanied by videos created by Keith Tassick (Pittsburgh), Albert Birney (Philadelphia) and Ryan Emmett (Pittsburgh), as well as a video that I filmed in Pittsburgh with my step-dad. Here is a video clip: 




If you had the choice, what band would you dream of to share the stage for one night? (dead or alive)
Syd Barrett, Marc Bolan, Euro Childs (Gorky's Zygotic Mynci), John Cale 


Some songs have the psychedelic vein, were you looking for this effect and do you like psyche music? Merci; I love psychedelic music for sure! I am intrigued by the intersection of different kinds of sounds or ways of making music. I do not think of my music, or any in general, as confined to a category or a description that is limited by language. I feel a personal connection to music, art and film that embody a psychedelic nature, and I also love melody, soundtracks, incidental sounds, and both arranged orchestrated pop and free-form experimentation. I am very interested in some kind of convergence between highly orchestrated, pristine pop music and the vibe/feel of more ambient experimental stuff, and in contradictions like wanting to have control and letting go. I think there’s something akin to alchemy, or maybe having a fever, about writing music. It’s difficult to discuss and sometimes best to keep the process hidden or private.

I will leave the effect mostly up to the perceptions and imaginations of listeners, and to you, to create your own experience. When I write music, I don’t concretely or consciously think about effect or message or influence. I try to focus on listening to what is in my head and interpreting and giving it form via sound, instrumentation, melodies, and texture. My hope is that it takes on a new life that is out of my control cerebrally. I genuinely hope that meaningful relationships and visceral connections are formed between listeners and my music. I suppose there is always a tension in mind between wanting to experience and feel every fleeting moment and embrace the parts of life that are elusive and temporary and this attachment I have to objects and permanent sounds or documentation of existence.



The cover of Melody Elder is awesome and really arty. It’s from Jesse Treece. Your new video for Nature-Nurture made by the filmmaker Keith Tassick was selected for Design, Art and Technology Awards by the Pittsburgh Technology Council. The videos feature 700 photographs you took. So, with photography and music, your artistic skills are rich! are you interested in other forms of art? Does the talking part in Push come from a movie?
The artwork for Melody Elder was designed by Shawn Reed, who runs Night-People and is in the band Wet Hair. With Melody Elder, this was my first time being involved in a release that I did not have a direct hand in designing/packaging. I admire the consistent visual aesthetic of Night-People, particularly Shawn’s rigorous process and his use of color, texture, line and collage. It was unknown territory for me—a challenge personally—to have to let go of that stage of the process, especially since I am a very visual person. It’s an honor for me to have my music represented in the visual way he created. In high school, when I purchased tapes, I would often remake the artwork myself, and I still have crates filled with them. I am mesmerized by the precious and limited-edition nature of tapes. It’s a kind of cultural currency. Tapes are both raw and clunky but also magical. This thin tiny fragile strip of tape holds so much information, energy, effort, and communication. Releasing a tape was also natural extension of my participation in the DIY/indie craft scene. 

The artwork for my new 7" was designed by Seattle-based collage artist Jesse Treece, who I met via communication on Tumblr. His collage work, source material and visual references really resonate with me, and I am in awe of his meticulous process. The experience was ideal, and we exchanged ideas over the distance, as he developed collages for the front and back covers and the labels. I am honored to have his vision for the packaging and I think it is the perfect visual representation for my music. Even though we have never met in person, we have become connected and shared an expression through this process. collageartbyjesse 



Melody Elder is a kaleidoscope of themes like the nature, the cosmos, music, different territories and cultures. Are you feeling well in the country or in a city? which one? 
Merci, Marie-agnes! I really appreciate those thoughtful words. My inner mindset is a shifting place, when I think about locations. I currently feel a bit landlocked where I live now, and my ultimate desire would be to live closer to the ocean. I am definitely drawn to the outdoors and to nature, and I need to have nature as a regular constant part of my life, even if only in minor or mundane ways. I try to consciously build in moments for this. But I also love cities and urban architecture and typography, so I exist in more of a duality. In Pittsburgh, I am inspired by the topography, art scene and museums, architecture, neighborhoods, thrift shops, record stores, independent businesses, and history. One of my favorite things about Pittsburgh is its remarkable role in America’s music history, in terms of jazz, soul and funk (Kenny Clarke, Billy Strayhorn, Gene Ludwig, Henry Mancini, Beaver Harris, Roger Humphries), rock and roll (Fantastic Dee-Jays, Swamp Rats, Bo Didley's guitarist The Duchess, Todd Tamanend Clark, The Cynics) and 1950s/1960s pioneering DJs, teen dance clubs and pop hits. This is where tastemaking DJs such as Terry Lee, Mad Mike and Porky Chedwick created hits for many obscure groups and where songs like Tommy James's "Hanky Panky" were literally revived and made into hits here—so music is in this city's fabric. Pittsburgh’s architecture deserves more international attention: with everything from the Alcoa Building (first aluminum skyscraper in the US) to beautiful buildings by H.H. Richardson, Mies van der Rohe, Paul Schweikher, and Frank Lloyd Wright. There is such a distinct intersection of labor, innovation, art, and creativity embedded in Pittsburgh. 


Basic and a tiny bit in Proust style questions for the end (Saturnine and his indie rock opera Remembrance of Things Past) : what’s your favorite color, favorite word? Your heroine in World history? Your favorite heroine in fiction? If not yourself, who would you be?
I think of color in terms of combinations: orange and turquoise; pink and brown; yellow and brown; orange and pink; gold and green.
So many heroines in history, fiction and music to celebrate! 
History: Frida Kahlo 
Music: Delia Derbyshire, Daphne Oram, Judy Henske, Nico, Sandy Denny, Dorothy Moskovitz, Carole King, Carol Kaye 
If not myself, a dolphin.


dimanche 10 mars 2013

Tristen

Ravens est le premier ep du duo parisien Blanche as a name sorti en avril 2012, chamboulant et glaçant par les thèmes avec l’opus Frost qui déploie des sons intenses et finit sur des ressorts quand les maracas font corps avec la guitare électrique. Where i am poursuit dans une ambiance inquiétante menée par les textes, ajustée par les jeux de guitares absolument et délicieusement pixiesiens sur Like a Lake. Les voix et les choeurs donnent un caractère spectral à l’odyssée sonore de Dove puis par l’écho dans les cordes sur le titre folk Hear this, en progression savante et en élévation vocale hypnotique. L’ep se termine avec la savoureuse reprise de Fais moi mal johnny de Boris Vian qui clôt avec fantaisie et sans complaisance les cinq titres du duo. En Octobre parait Crossing the sign aux sonorités sixties psyché dans les cordes de guitare et aux choeurs animés digne des Beach Boys. Avec l’arrivée du printemps, les deux tourtereaux de Blanch as a name ont su dessiner une atmosphère et l’interpréter d’aussi belle manière que pouvaient le faire Lee Hazelwood et Nancy Sinatra. Benedicte Monat, amatrice de littérature, s’est chargée de l’écriture des textes avec Sébastien Pasquet qui a avec élégance d'entreprise composé les musiques et joué les instruments pour les interpréter magnifiquement. Avec ce coup de maitre, Sébastien qui joue de la guitare au sein de C++, Folks, ou encore avec Alex Rossi, Myra Lee, n’en est pas à son premier coup d’essai en tant que compositeur. Il signe un très solide album L’ombre à suivre dont il est auteur-compositeur et interprète en octobre 2011, entouré du pianiste et arrangeur Fabrice Ravel-Chapuis et du guitariste Julien Cortes alias Querencia avec qui Sébastien a travaillé. Après avoir connu un premier succès sous son propre nom avec le titre The Child qui sera diffusé en boucle sur les radios, Sébastien enregistre son album aux titres chantés en français et en anglais sous le joli pseudo Tristen. L’univers de L’ombre à suivre est sensuel, poétique, orné de la texture vocale de Sébastien Pasquet qui maitrise son chant de manière impressionnante. La guitare galopante de Une fois par an sur la rythmique offensive, comme pour Un peu plus bas, offrent des textes intimement amoureux qui montrent d’emblée le sens créatif de l’artiste. La poésie de Tu fais la morte et ses arrangements pop annoncent le dansant So Naked et ses claphands qui balancent des rythmes endiablés et des riffs de guitares déchainés. La conquête et la séduction se poursuivent avec des mots langoureux sur le tempo sensuel de Sans se connaitre et de Sans mémoire de moi, titre dont l’ampleur mélodique et le grain de voix de Tristen touchent inévitablement les âmes sensibles. 
Les guitares magistrales et les notes délicates jouées au piano accompagnent les choeurs féminins qui viennent ajouter de la volupté à l’ensemble. L’érotisme Gainsbourgien mêlé au romantisme déçu de Domique A planent sur Once i had fun et sur L’ombre à suivre, orchestrés avec une perfection pop. Le fort harmonieux Four years ago qui vibre sous les envolées de voix, d’arpèges de guitare accompagnée d’accordéon précède le somptueux Drôle de fille et son avalanche de choeurs ornés de xylophone sur les ébats subtils des claviers et des guitares. At the back of the shop suit logiquement le thème secret de l’"ombre" qui prend des formes féminines en dévoilant une guitare vombrissante, un tempo espiègle et toujours la puissance, juste et efficace, dans la voix de Sébastien Pasquet qui resplendit de charme en clamant A rebours, exotique, rock, pop, mélodieux et fulgurant à l’image de L’ombre à suivre qui est un bonheur sonore et pour la french pop, est un honneur. 


vendredi 8 mars 2013

Phantom Buffalo

J’ai les cartes signées de Phantom Buffalo qui trônent épinglées sur mes murs depuis hier et leur musique dans les oreilles grâce au label parisien Microcultures qui signe et distribue le disque Tadaloora de 2012 en offrant les dessins faits maison par le groupe de Portland. Stylées naives et minimalistes, les représentations de princes, reines, pâtres et ménestrels dont les traits humbles et les couleurs vives sont complétement en harmonie avec le genre musical et les paroles des américains. Les chansons griffées pop psychédéliques se rapprochent de la pop des Belle and Sebastian, Olivia Tremor Control, Essex Green, avec en bonus, une fraicheur rock et des textes à thèmes historiques, transportant dans les temps médiévaux où règne l’âme des Kinks. Les Phantom Buffalo qui sont Jonathan Balzano-Brookes, auteur compositeur, à la guitare et chant, Tim Burns auteur-compositeur et guitariste, Philip Willey à l'accordéon et clavier, le bassiste Sean Newton, le batteur Jacob Chamberlain, nous gratifient de leur sens mélodique depuis 1998 d'abord sous le nom The Ponys. Les guitares monumentales accompagnent le chant somptueux, la voix intraséquement romantique et charmante de Jonathan et on est illico saisi par l’envie de se dandiner à la cour du royaume de la pop, lieu-dit Tadaloora (que le groupe dessine en détails géographiques sur la carte offerte avec l’album). Flûtes traversières, trompettes mènent une cavalcade sur les guitares rutilantes et nous emmènent en grande pompe avec les nobles tambourins sur les routes à dos du Horse named Reginald. La guitare électrique et la batterie arrivent tambour battant dans les oreilles qui sont loin d’être coupées en quatre par les épées du Oldest Man, du Wedding Day Massacre ou du Journey to the Castle of the Racing Wind. La bannière pop alternative est hissée de magnifique manière sur Sea Lion Saves Librarian et Frost Throat qui balancent des rythmes cuivrés et traditionnels, emmenée par le chant narratif fantastique de Jonathan Balzano-Brookes . Tadaloora, après Shishimumu opus de 2005, Take to the Trees de 2008 et Cement Postcard With Owl Colours de 2010, est puissant d’arrangements originaux, d’inspiration, d'onirisme, offre brillamment l’univers unique et savamment psychédélique de Phantom Buffalo. Album époustouflant à se procurer absolument chez Microcultures là : microcultures PhantomBuffaloBandcamp  

Folks

Folks est le nom de musicien de François Gauer que j’ai découvert très récemment lors d’un de ses concerts. Le nom Folks, judicieux, va comme un gant au style musical qu’offre l’artiste et correspond aussi aux textes. Auteur-compositeur basé à Paris, François compose des chansons qui résonnent parfois pop-folk et parfois chamber-pop avec des arrangements délicats et finement accomplis de violons et de cuivres. Le thème «folks» se retrouve aussi dans les textes que François maitrise avec une poésie métaphorique incroyable, intimiste et touchante et dans lesquels on se retrouve. L’émotion gagne par les mélodies riches de mélancolie raffinée, des textes désarmants de pudeur, toujours subtils. Folks sort son premier album French songs 1, 2, 3 cette année, un fort bel album proposant un cd de titres en français et un autre en anglais avec la collaboration de l’excellent multi-instrumentaliste et arrangeur Nicolas Boscovic. Leur complicité et leur osmose se retrouve dans l’album superbement travaillé, formant bien son unité et son homogénéité. La partie française, French songs, commence par Comme un requin que Folks a joué en opus au concert, absorbant. Suivent Ta mèche, harmonieux dans les tonalités et les métaphores, Baisser les bras dont l’intimité des textes glisse sur les cordes délicatement pincées et A la maison où l’instrumentation aérienne, voltige et donne un caractère lumineux, maintenu de manière poignante sur La grâce. Folks  nourrit de son esprit et de sa verve Quatre par trois, dernier titre du volet français, qui règle élégamment ses comptes avec du mordant dans les mots et dans son jeu à la guitare, rythmé et saisissant. Les chansons en anglais sur le cd 1, 2, 3 sont toutes aussi resplendissantes, ornées de flûtes, violons, batterie, de guitares et basse. Les textes rodés et dorés de la langue de shakespeare sont joués dans la veine d’Elliott Smith en se mariant à la voix de François Gauer cristalline et dotée d'un accent parfait. Les balades 1, 2, 3, puis Horses on a shore et Electroshit aux allures bossa orchestrées avec classe sont suivi de Burden, où les arrangements de cordes sont sidérants de finesse. Not the man et One of those guys nous emmènent dans l’intimité de son auteur avec de l’accordéon, du violoncelle ; Puis on se sent bercé par les astres avec les mots, la guitare, le piano espiègles sur Bossanova et Our car at night. Le spectre de Nick Drake vient planer sur Lullaby et sur To die at 27 qui boucle l’écoute et referme le coffre aux trésors. Le double album French Songs - 1,2,3 de Folks est une ribambelle de sonorités fleuries de mélodies et de textes émouvants que le bouillant et révolté François Gauer dégaine avec brio et, c'est évident, une réelle âme d'artiste. 
Accompagné sur scène de Raphael Chevalier-Duflot, magique à la batterie, et de Sébastien Pasquet à la basse (dont le projet solo Tristen, délicieusement mélodique, où son chant poignant porte des textes pertinants de beauté est à découvrir absolument! ), Folks offre une série de titres enregistrés entre eux trois, parsemés de rythmiques et guitares rock, en écoute là : FolksYou


 

jeudi 7 mars 2013

Amores Vigilantes

Amores Vigilantes délivre une pop aux saveurs psychédéliques comme il se doit pour un groupe de San Francisco. C’est en hommage à New-Order et leur Love Vigilantes que Delfin Vigil et Kristian Casey Staubach, chanteurs et auteurs-compositeurs, choisissent le nom en 1999 pour lancer leur projet après avoir jouer au sein d’autres groupes. Les deux musiciens se connaissent depuis leur adolescence, sur les bancs du lycée que fréquente aussi leur clavieriste Jacob Schroth qui les rejoint pour le premier disque West Coast Kingdom. Plus tard, en 2009, Jason McCrarey qui est bassiste et ami d’enfance prend part à l’aventure. Tandis que les quatre Amores Vigilantes assurent nombre de concerts, l’album West Coast Kingdom remporte un franc et mérité succès auprès des médias américains mais aussi européens. Le label berlinois Edition 59 leur offre une signature supplémentaire à leur label Three Ring Records (The Lonelyhearts, Asp, Scrabbel etc.. )

  

Leurs 10 chansons inspirées des bonnes vibrations sixties sont toutes excellentes et forment un album totalement abouti, qui s’écoute en boucle sans avoir pris une seule ride. Les mélodies belles, intemporelles, gravées dans la pierre de l’indie-pop sont finement orchestrées avec des cordes et des cuivres (participation du trompettiste Stephen Cavoretto). Dansantes, virevoltantes, elles offrent des textes amoureux et sensuels qui collent parfaitement à l’altitude et la qualité des arrangements. Les choeurs wilsonniens, le vibraphone, le glockenspiel, les tambourins, les guitares et la basse tantôt langoureuses, tantôt endiablées, reviennent en 2010 avec l’ep de 4 titres I Love You More Than You Love Me qui est suivi du 5 titres de 2011, You Can't Live Forever in Paradise on Earth (Without Me). Piggledy Pop aime la magie de Amores Vigilantes et West Coast Kingdom est un disque délicieux, obligatoire pour les partisans de la pop. AmoresVigilantes-threeringrecords 

Pour les curieux et les amateurs du genre, il y a à lire sur un autre groupe de Three Records : Scrabbel


  

mercredi 6 mars 2013

Hundred Little Reasons

Basés à Brighton, les Hundred Little Reasons offrent une pop romantique et old-fashioned marquée d’une ambiance années 30. Les titres ornés de ukulélé, de voix stylées et profilées phonographe proposent aussi des effets de stéréophonie. Les créateurs de cette magie sonore rétro et élégante sont l’auteur-compositeur et interprète Andrew Grimes et l’excellent producteur Jim Crane. Tels des orfèvres, ils sculptent minutieusement les mélodies montées de textes plein d’une nostalgie légère et précieuse. Hundred Little Reasons se présente en délicatesse en 2010, avec en introduction le sublime Ep éponyme et le single Someday. Les chansons y sont vivantes, rondes, avec un ukulélé accompagné de violons, de xylophone, de rythmiques variées et de trompettes romantiques. L’instrumentation resplendit de charme et met en avant le ukulélé qui est transporté à l’époque géorgienne. L’ambiance aristocratique de Brighton et l’envie de sentir la pelouse anglaise sous les pieds en sirotant un darjeeling revient planer sur le second ep en mai 2012. Là encore les titres font voltiger des notes gracieuses, flirtent avec le spectre du temps avec beaucoup de raffinement. Le chant juste et duveteux de Grimes, sur des mots simples et imagés créent un ensemble distingué, séduisant et charmant. Hundred Little Reasons qui se définit ainsi : "enjoy practicing magic tricks, telling rude jokes and singing silly songs. Fusing a blend of one part Ukulele, one part whimsy and two part harmony, theirs is a simple promise: to celebrate a love of small things and to revel in the joy of multiplicity" est idéal à écouter dans cette atmosphère printanière et plaira aux Hercule Poirot et Miss Marple en herbe. 

dimanche 3 mars 2013

Labrador Labratories

Labrador Labratories est le projet conduit par Tom Gottlieb depuis 2009. L’auteur-compositeur de 28 ans était musicien au sein d’un autre groupe avant de mettre en place son propre groupe. Fourmillant d’idées, de thèmes, de mélodies, l’opus Open Cage de décembre 2010 souligne le blocage que l’artiste rencontrait à ses débuts, dû à son sens aigu de l’autocritique et à son perfectionnisme. Pour corriger cela, il lâche des idées pêle-mêle, décide de composer un album par semaine, sans se mettre de barrières non plus dans l’écriture des textes. Open Cage découle de cette libération et ses airs joués à la guitare folk dans la veine de Leonard Cohen, enregistrés à la maison avec un glockenspiel sur les genoux, dévoile l’univers poétique, romantique également plein d’humour de Tom Gottlieb. L’artiste, avec beaucoup d’esprit et d’espièglerie se crée une biographie croustillante pour internet en attendant de voir quel profil viendra écouter ses compositions, américains, européens, asiatiques..
"I wrote that my mother was a stripper in Las Vegas who had gone on a head-clearing trip to Burma, and there she fell in love with a Burmese monk and returned to California pregnant," he says. "As an excuse for my foreign accent I wrote that my Serbian grandmother had raised me and home-schooled me, and that I had learned to sing in the church choir. Later I wrote that at the age of 20 I punched a policeman and went to jail, where I picked up a guitar for the first time and wrote the songs." Labrador Labratories signe le splendide album sophomore Stairway Escapist en 2011 puis le troisième, tout aussi sublime, Labra Cadabra en 2012 . Tom Gottlieb s’entoure de ses amis originaires comme lui de Tel-Aviv : Yoav Shoshani, Adar Freiberg, Noam Vardy, Etay Naor. Se basant sur deux principes, Labra Cadabra est extraordinaire et magique. Tom Gottlieb propose aux internautes inscrits sur son site d’envoyer des photos d’eux ; Celles-ci seront le moteur déclencheur des chansons. Le deuxième principe instauré par Gottlieb est que ses amis musiciens du groupe ne joueront pas de leurs instruments respectifs. Noam qui est bassiste et guitariste se retrouve donc à la mandoline et au piano, Dafna Keinan, guitariste est installée à la batterie, Yoav est muté de la guitare acoustique à l’électronique. Seuls Inbal Zubalsky à la basse et Idit Mintzer à la trompette, gardent leurs instruments initiaux. Se joignent à cette joyeuse compagnie musicale, Itay Kaufman, Avner Kelmer, Yael Shapira, Max Olearchick, Nadav Lazar, Oran Ben-Avi, Dani Dorchin et Alon Padan.
Le résultat est d’une fraicheur infinie. Les textes, intimes, métaphoriques, narratifs, mis en valeur par la voix de velours de Tom Gottlieb sont magnifiés par les arrangements pop délicats, folk élégants avec harmonica et tambourin, ornés d’envolées de cordes et cuivres. Les six musiciens de Labra jouent souvent sur scène à Tel-Aviv et récemment ont offert des concerts à Berlin et Lyon. Même si Israel n’est pas tout prêt, je garde l’éspoir d’un show des Labrador Labratories bientôt à Paris. En attendant, le bandcamp avec les trois albums à savourer et se procurer, nous console allègrement.

vendredi 1 mars 2013

Dean Wareham

Grand monsieur du pop-rock, Dean Wareham apporte un univers nouveau à la musique depuis la formation de son groupe initial Galaxie500 en 1987, puis Luna fondé en 2001, et enfin son duo Dean&Britta depuis 2003.
Wareham, diplômé de Harvard, est la perle nacrée du rock depuis 20 ans. 6 albums signés avec Galaxie500, 10 avec le groupe Luna, et 4 avec Britta, son patrimoine fourmille d'excellents disques, de chansons à sculpter dans le marbre.
Ses compositions sont un mélange de Lee Hazelwood et Nancy Sinatra, de Serge Gainsbourg et Jane Birkin; ses influences sont Yo La Tengo, Love, les Stones, Stooges et les Velvet Underground.
Il voue une profonde admiration pour le Velvet dont il fera la première partie lors de la tournée européenne de 1993 à la demande de Lou Reed, lui même fan du travail de Dean Wareham.

Petite bio pour les non-initiés:
Dean Wareham nait en Nouvelle-zélande, puis part vivre son enfance en Australie, enfin, ses parents emménagent à Manhattan lorsqu'il est adolescent. Il découvre la scène musicale en arpentant des endroits stratégiques comme le CBGB de New-York. C'est avec ses amis de Harvard, après les cours, qu'il joue du Velvet Underground et dans la foulée crée Galaxie500. Le label Rykodisc sortira dans les années 90 un coffret de tous les albums du groupe, avec des eps, des inédits.

Toujours aussi rock avec des nuances plus indie-pop, le groupe que Dean crée en 1991, Luna, aura le succés escompté. Les guitaristes sont Stanley Demeski des Feelies et Justin Harwood du groupe néo-zélandais The Chills. Le batteur de Mercury Rev, Jimmy Chambers, se joint à eux en 1992. Le groupe enregistre, d'abord Luna Park en 1992, part en tournée avec le Velvet Underground, sort Bewitched en 1994, Penthouse 1995 qui offre une magnifique reprise, Bonnie & Clyde de Gainsbourg , Pup Tent 1997, The Days of Our Nights 1999, puis en 2000 Dean met une annonce dans les journaux: "cherche chanteuse".

Britta Phillips passe l'audition et ne quittera plus Wareham. Britta est alors mariée avec Jody Porter des Fountains of Wayne, Dean est également marié. Les mariages explosent et le duo sur scène se marie. C'est dans ce romantisme ambiant qu'à la manière de Lee Hazelwood Dean écrit des odes à sa belle; ils les chantent ensemble via Luna et l'album Romantica de 2002, suivi du disque signé Dean & Britta, L'Avventura en 2003, dont la reprise de Madonna I deserve It et le titre Knives from Bavaria (clin d'oeil à Bonnie & Clyde), RendezVous avec Luna en 2004. Puis c'est la dissolution du groupe en 2005. Un album de reprises Lunafied en 2006 comprenant des covers de Gainsbourg, Blondie, Donovan, Velvet Underground, Michel Polnareff etc.. concluera l'oeuvre.

Dean Wareham et Britta Philipps, mariés, heureux, continuent leur belle aventure sous le nom de Dean & Britta évoquant plus que jamais le couple Lee Hazelwood & Nancy Sinatra, dont d'ailleurs ils feront une reprise, You Turn My Head Around. Leur histoire débouche sur un nouvel album en 2007, Back Numbers avec Tony Visconti ( proche de David Bowie) aux manettes. Ce disque est de toute beauté; les textes sont fabuleux, les compositions sont inspirées, le duo est formidablement assorti!
Vous pouvez retrouver tout le récit et la vie complète du "Aristorocker" comme le titrait le New-York Magazine, des anecdotes sur ses groupes, dans la biographie qu'il vient d'écrire (publication chez Penguin Press en mars 2008), Black Postcards.
Dean Wareham, agé de 45 ans, est un artiste à découvrir absolument.
deanandbritta