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jeudi 30 mai 2013

Benoit Carré

Benoit Carré est enfin de retour avec son univers servi par sa plume, ses influences cinématographiques, sa voix et sa manière unique d’arranger ses chansons avec Celibatorium sorti en avril 2013. Ce qui me plait avant tout chez l'artiste parisien, c’est sa régularité, son style inébranlable à travers les années et les modes, sa courageuse et tenace écriture en français. Ne s’épanchant pas sur des sujets comme le mal-être ou la politique, des thèmes récurrents chez les autres artistes français, Benoit compose des mélodies pop rafraichissantes et amusantes de manière constante. Il partage sa fantaisie, son humeur élégante, joviale et romantique dans ses orchestrations, dans ses mots et son interprétation. Même les titres qui parlent de ses amours déçus, ceux qui ramènent au titre de l’album, A quoi ça m’a servi, En train, Fermé pour la saison, sont gracieux et pas du tout déprimants. Les titres de Célibatorium s’enchainent comme des films, ornés de paroles fleuries, métaphores, de couleurs, d’ambiances, similaires à des mini comédies musicales. Ce talent de composition, ce don pour l’écriture digne d’un réalisateur de film reproduits sur Celibatorium de façon fidèle et égale est un art que maitrise Benoit Carré, qui est notre Woody Allen de la pop française . Admiratrice de Lilicub depuis l’opus Voyage en Italie, je me régale de tous les albums où je retrouve l’empreinte unique de Benoit Carré, cette atmosphère cinématographique que j’aime sur  Zoom, dotée de sons jazzy qui rappellent Michel Legrand sur Villégiatures, sur Super 8, puis les albums La grande Vacance avec son excellent bossa J’ai vu à Bahia, ou encore Sous un Parapluie, ode aux Demoiselles de Rochefort. L’album A la nouvelle vague au nom évocateur et le récent Papa a fait mai 68 qui là encore nous emmène dans une atmosphère poétique, romantique, sur des mélopées rétro comme Ma gueule de petite bourgeoise et son banjo boogie magnifique, sur Les fêtes de famille, ou encore sur le génial Anna qui rappelle le Paris des années 50 si précieusement et brillamment décrit par Benoit. LiliCubPiggledyPop 
Les admirateurs de monsieur Carré dont je fais partie seront aux anges en rajoutant Celibatorium à la collection. Le style et la griffe Carré est au rendez-vous avec ses références auxquelles les fans se sont attachées, tels que la lune, le parapluie, le psy, les danseurs et la capitale. L’album est un régal sonore avec ses guitares surf sur le premier titre Piano Mécanique, suivi du second Autographe, justement joué avec un piano mécanique mais aussi une rythmique tonitruante dans les cuivres, qui offre tout l’esprit fantaisiste et une déclinaison d’hommages aux personnalités manifestement aimées de son auteur. Suit le duo avec sa soeur Isabelle Carré que je trouve touchant et beau. Via la participation d’Isabelle, qui est une actrice française splendide par son jeu et aussi par le choix stylé et original de ses rôles, on comprend ce goût pointu et passionné pour le 7ème art qui rayonne dans l'album. Le titre pop sixties et dansant J’ai peur des filles est suivi du splendide Figurant, qui savamment orchestré avec ses instruments à cordes, énonce une liste d’acteurs et montre le talent de composition de Benoit. Tout comme sur A quoi ça m’a servi, les guitares, le piano, la flûte traversière et le chant de Benoit qui sait avec les mots, jouer et en jouer, tel un acteur, sont absorbants et efficaces. Puis le titre Pete Best qui est un hommage aux Beatles arrive comme une tornade au milieu de l’album. L’écriture drôle, l’orchestration fourmillant d’instruments, le chant virevoltant, montrent que Benoit Carré excelle dans son domaine. C’est dans cette ambiance british que le seul titre écrit en anglais arrive, Undo. Cette balade amoureuse chantée par Benoit avec un accent parfait, prouve derechef qu’il pourrait aisément tomber dans la facilité des textes en anglais. Mais l’auteur-compositeur persiste et signe dans la langue de Molière avec En train, au tempo ensoleillé avec des maraccas, clap-hands, piano taquins et sensuels. Les claviers clinquants et l’âme des comédies musicales poursuivent dans les ritournelles dansantes de Peut-être et le piano émouvant boucle l’écoute sur le majestueux Fermé pour la saison. Les mots chantés avec une élégance touchante et une grande finesse dans «les traits de lumière», «les murs de ma chanson» rappellent comment et où Benoit Carré a conçu l’ardant Celibatorium qui est au top des productions french pop 2013 et au panthéon du classement Piggledy Pop. BenoitCarreCelibatorium


mardi 28 mai 2013

Francois Peglau

Artiste péruvien, ancien leader des groupes Los Fuckin Sombreros et El Ghetto, Francois Peglau désormais installé à Londres, travaille en solo depuis 2010 et la sortie de l’opus Random Singles. Ce huit titres est un prélude qui parait volontairement un an avant l’album The Imminent Failure of Francois Peglau de mars 2011. Le garçon compose et joue des chansons pop alternatives nourries de sons bossa, d’ambiances latines mêlées à des arrangements proches des Beatles, d’orchestrations twee et electro qui évoquent Jim Noir. Ce joli mélange d’influences est porté par son auteur qui dégage une personnalité étonnante et singulière. Menestrel des temps modernes, Francois Peglau compose des mélodies entrainantes et écrit avec de la superbe des textes inspirés de ses expériences. Il emménage à Londres avec son épouse et enregistre chez lui, de manière simple et familiale, faisant aussi les vidéos, il garde cette belle indépendance qui le rend drôlement prolifique comme il le souligne dans une interview : “What I’m trying now is to make things simple and personal as possible, I’m trying to make my music and videos reflect the people behind them. We are just people who are doing music for fun and we say what we mean.” Les textes griffés d'origines latines sont chantés en espagnol ou en anglais, ses mélodies sont enveloppées de chaleur avec la mandoline et le ukulele qui jouent des salsas sur ces textes qui parlent de plages, de mariachis mais aussi d’Alain Delon ou de la firme new-yorkaise Goldman Sachs. Le dernier single Costa Rica, un aperçu de l’album à venir en 2013, est une collaboration avec l’auteur Alonso Gonzales et le guitariste Juan Carlos Arenas. Digne d’une bande annonce d’un film de Tarantino, le titre montre toute l’originalité de l’artiste, dans la composition psychédélique et l’interprétation amusante, promettant un album hors du commun. En attendant, il y a les récentes productions de Francois Peglau à découvrir et à apprécier là : FrancoisPeglauBandcamp

dimanche 26 mai 2013

She & Him

Je parlais de She & Him dans ma chronique sur le film 500 days in the summer en juillet 2010, l’actrice principale du film étant Zooey Deschanel .
http://piggledypop.blogspot.com/2010/07/500-days-in-summer.html 
En 2008, le duo Zooey Deschanel et M.Ward conjuguent leurs talents pour former She & Him, Zooey chante, joue au piano et banjo et M.Ward est à la guitare et arrangements. Pour les concerts, d’autres musiciens les accompagnent, Mike Mogis à la mandoline, guitare, Mike Coykendall à la basse et Rachel Blumberg à la batterie. Les deux artistes se rencontrent en 2007 sur le tournage du film de Martin Hynes, The Go-Getter, dans lequel Zooey a le rôle de Kate et pour lequel M.Ward compose la bande originale. Le film rend hommage à Godard, à son film de 1964 Bande à part avec Anna Karina, Sami Frey et Claude brasseur qui dansent le Madison dans un café, scène mythique reprise avec le chic en moins dans The Go-Getter. 
She & Him se complètent et s’entendent pour signer dès 2008 le Volume1 de leurs compositions. Evidemment, c’est somptueusement pop et mutin à l’image de la demoiselle, c’est finement folk-indie et cadré par la personnalité du jeune homme. Les 13 titres du Volume 1 sont réellement beaux, avec des titres comme Why Do You Let Me Stay Here?, Sentimental Heart, le smithien This Is Not A Test, la balade country Change Is Hard, I Thought I Saw Your Face Today, au groove sixties de I Was Made For You qui serait allé comme un gant aux boots de Nancy Sinatra, au badin Black Hole, c’est un voyage sentimental et mélodique assuré. Les chansons parlent d’amour, de bons sentiments, de sensualité, avec en bonus une reprise d’un titre de Smokey Robinson You Really Gotta Hold On Me sur des guitares taquines, un piano espiègle, et la suave voix de Zooey qui porte en elle tout un héritage pop stellaire à multi-branches et qui resplendit au tambourin. Le couple She & Him sort le Volume 2 en mars 2010 avec au menu des guitares, des cymbales, des mandolines, du banjo, claviers, piano, des chœurs qui susurrent des doo-waaap, des houlalahou, des covers comme celle de Skeeter Davis, You Really Gotta Hold On Me, puis… toujours de l’amour, du sucré.. Quoi que les paroles puissent porter comme message fruité, les chansons sont vraiment bien chaloupées, les mélodies, bien cintrées, nous emmènent. La deuxième galette de She & Him est globalement charmante, élégante, presque du country précieux qui mériterait que le volume 3, s’il y a, prenne un peu plus de risques pour frôler l’excellence. 


Voilà ce que je publiais en novembre 2010 et le Volume 3 étant paru en mars 2013, je le savoure et l’écoute avec une oreille affûtée et hautement ravie. Les She & Him signent un somptueux troisième volume boisé, fleuri, parfumé. Il est ficelé avec perfection et offre des titres qui délivre de la pop, de la bossa, des mélopées funky, dansantes et virevoltantes avec des clins d’oeil aux fifties et aux sixties. Le chant de Zooey est splendide, posée et puissante, formidablement mélodieuse. Son charisme transperce les morceaux qui sont agrémentés d’une orchestration inventive et abondante. Cuivres et ensemble de cordes valsent avec les guitares et les basses, les choeurs et les paroles imaginatives, amoureuses apportent de la vivacité à l’ensemble. 
  Never Wanted Your Love qui ouvre le bal sème des sons de guitares fifties et une pop orchestrale qui d’emblée est accrocheuse. L’energie poursuit avec Baby et I Could've Been Your Girl, porteuses d’une âme surf et pop garage. Les Stratocaster rayonnent pour enchainer sur un léger trémolo et délicat rythme bossa avec Turn to White. Les mélodies rétro et dansantes comme Somebody Sweet to Talk To, Sunday Girl ou la tonalité rock garage dans Snow Queen, blues suave de Something's Haunting You, de London jusqu’au disco, Hold Me, Thrill Me, Kiss Me ou de Together, le tempo flamenco sur Shadow of Love sont réellement absorbants et convaincants. Sur ces 14 petits bijoux sonores, 11 sont écrits par Zooey Deschanel et 3 sont des reprises ( signées Noble, Stein et Jeff Barry, Ellie Greenwich). Tout l’album Volume 3 de She & Him orné de trompettes, tambourins, violons, trombone, vibraphone, saxophone, piano, guitares est une réussite absolue qui se savoure en boucle. She & Him sont au rendez-vous,  toujours avec la même classe et la même subtilité. Piggledy Pop les adore ! She&Him

 

mercredi 22 mai 2013

Alexander Ebert

Alexander est un des plus brillants auteurs-compositeurs américains de néo-pop psychédélique de ce début de siècle. C’est en 1997 à Los Angeles, qu’il fonde et dirige son premier groupe Ima Robot dont l’opus éponyme sortira en 2003. L’album convainc et après une tournée américaine, deux départs de musiciens remplacés par Filip Nikolic alias Turbotito à la basse et Timmy Anderson dit The Terror à la guitare, son cousin le batteur Scott Devours et Andy Marlow aux claviers, Alexander Ebert sort de magnifiques titres de son chapeau et les signe sur l’album Monument to the Masses en 2006. Avec ce bijou, Iam Robot se fraie un chemin conséquent sur scène, dans les festivals, sur les médias, rompt son contrat avec Virgin Records et en 2010 offre le troisième album Another Man's Treasure. Plein de mélopées pop psyché, orné de la voix magistrale de Ebert, le disque prend son envol sur les radios et apparait sur nombre de bandes originales de films et de séries (comme l’excellent générique de Suits ). 



Alexander Ebert est auteur de ses chansons mais aussi de livres dont le personnage, son alter ego, est nommé comme le groupe qu’il fonde en 2010, Edward Sharpe and the Magnetic Zeros. S’entourant de ses même amis, l’ensemble compte parfois 10 personnes, un réel collectif de musiciens très talentueux aux allures hippies mais très professionnels, excellents troubadours qui forment un choeur, une troupe joviale et efficace. Alexander Ebert écrit des textes où rayonne sa personnalité et tout son parcours intime parsemé d’excès dont il se soigne en créant ce double Edward Sharpe. A travers cette crise existentielle, le musicien sensible et énergique qui joue du piano, de la guitare, harmonica, clarinette et de la batterie part avec tous ses amis en tournée présenter le spirituel premier disque Up from Below durant l’année 2010.


 
Ce faisant, l’artiste californien continue de composer et signe en 2011 sous son propre nom cette fois-ci, le génial album Alexander et son titre phare Truth également très présent sur les bandes son de films et de séries. Toujours touché par la grâce, ce messie du psychédélique continue de travailler et renouant avec Edward Sharpe and the Magnetic Zeros, sort en 2012 Here. Folk, pop, l’ambiance chorale et les mélopées fascinantes d’orchestrations, d’arrangements colorés, ensoleillés, emmènent dans les canyons et les vastes prairies de l’ouest américain. Fortement conseillé et idéal pour se dorer les oreilles élégamment cet été.


mercredi 15 mai 2013

Golden Boots


Apparus en 2005 avec sous le bras un album alt-country , Bland Canyon Adventure, un opus en guise de pied à l’étrier, les Golden Boots créent un nouvel univers musical au cœur des plaines de l’Arizona, lovés dans un studio de Tucson. Signés chez Park the Van Records et Havalina Records pour la France, les deux auteurs-compositeurs aux bottes dorées, Dimitri Manos et Ryen Eggleston récidivent en 2007 avec Burning Brain. Ce second disque met la puce à l’oreille avec des titres magiques, en ajoutant du violoncelle sur des partitions country et un tempo alternatif digne des Kinks ou de Love.


Le duo enchaîne les productions, Deathbed Surprise sort en 2008 comprenant dix-sept titres profilés, honorant un western américain psychédélique quasi-inconnu où l’orgue Hammond serait roi dans les saloons. Ou alors on n’a rien vu venir et les Navajos se faisaient déjà des fiesta sous les tipis du grand canyon en mettant des cactus hallucinogènes dans leurs calumets?
Le 29 janvier 2009, les Golden Boots offrent leur quatrième bébé, The Winter of our Discotheque. L’album est diaboliquement bon. A l’écoute des accords parfaits, d’une rythmique enivrante, des refrains-couplets surprenants, on opine du chef, on tape du pied, on bouge même les orteils dans les souliers.

Les bottes sont à la mode semble-t-il, comme l’année dernière, et l’année d’avant, pour faire original… nous n’allons pas tarder à re-harnacher nos chevaux où aller à la pêche aux moules à ce rythme! Les Golden Boots eux, ne manquent pas d’originalité. C’est d’ailleurs leur atout. Tucson est la mecque de la guitare, du rock-alt-country, où les studios d’enregistrement accueillent des figures du genre comme les Giant Sand, Calexico, Neko Case, Gary Olson qui y enregistre Kevin Ayers et maintenant ce génial groupe, vivement et hautement conseillé.
myspace.com/goldenboots
parkthevan.com/goldenboots/wood/

mardi 14 mai 2013

Antarctica Takes It!

Dylan McKeever est un auteur-compositeur pop qui mérite qu’on évoque son travail complet et admirable. Le californien est un artiste étonnant parcequ’il joue une floppée d’instruments, guitare, ukulele, accordéon, piano, basse, batterie, s’active en tant qu’ingénieur du son pour d’autres en studio (Daniel Johnston, Aqualung etc) et est aussi dessinateur et illustrateur. Comme ses compatriotes Princeton, Dylan McKeever propose des mélodies pop qui séduiront les fans de Belle & Sebastian et des Lucksmiths. Son style chamber pop ou pop orchestrale apparait sur son opus de 2006 The Penguin League sous le nom de Antarctica Takes It! comprenant 10 mélopées ornées de violon, d’accordéon, guitares, glockenspiel, harmonica et une rythmique rafraichissante de tambourin, maracas et clap-hands. 
Le deuxième album de 2010 Constellations, véritable perle pop intemporelle accueille ses amies Maria Schoettler et Rachel Fannan qui viennent prêter leurs voix magnifiques à celle de Dylan, belle et ronde, créeant une harmonie grandiose dans l’interprétation. Sur une instrumentation dansante et catchy, Dylan concocte des textes romantiques qui s’accordent avec le style fifties qui se glisse dans les arpèges des guitares. L’esprit qui voltige sur les 11 titres est guilleret, les orchestrations alternatives et les textes resplendissants de naturel me font parfois penser à l’univers de l’excellent Pelle Carlberg. C’est le génial label londonien How Does It Feel To Be Loved? (Suburban Kids With Biblical Names, Butcher Boy, Lucky Soul, Cats On Fire, Pocketbooks) qui propose à Antarctica Takes It! de réengistrer et distribuer Constellations en 2010. Reste à éspèrer que Dylan McKeever ne s’arrêtera pas là et qu’il signera encore d’autres superbes titres. AntarcticaTakesIt!bandcamp  

lundi 13 mai 2013

Clémentine


Clémentine est une chanteuse française... D'où précisément, il est bien difficile de vous en dire plus (pas de myspace, ni de facebook, ni de sites), mon travail d'investigation se heurte au néant. Enfin pas tout à fait, il m'a mené sur le site de Virgin entre autres, truffé d'âneries, vantant les disques d'une certaine Clémentine en se mélangeant les pinceaux et en balançant sur la même page les cds de deux jeunes femmes au même prénom qui n'ont absolument rien à voir.

Ballade de Johnny-Jane

Si après avoir écouter ici les titres de Clémentine, l'envie vous prenait de commander ses disques, voici la liste des cds concernant "notre" Clémentine: Soleil (2004), Best de Clémentine (2004), Made in France (2005), Avec (2005), Lumiere (2006) et les singles: Sweet Illuminution (2008), Sweet Rendez-vous (2008), Chocolat et sweets (2008).
Voilà une interprète qui se penche essentiellement, à la manière de la Nouvelle Vague, sur des reprises bossa de Kokomo des Beach Boys, de Moon River d'Henry Mancini, La Mer, Sunny, le Queen Mary, Two of us des Beatles, des titres de Gainsbourg, Couleur Café, la balade de Johnny-Jane et une floppée de titres évoquant des figures détonnantes du 7ème art, l'ambiance sixties et bossa nova tient la note. Y règnent un avant-goût d'été et un rythme chaloupé à dépoussiérer les bikinis.
Pour les amateurs de pop, vous vous régalerez de glockenspiel, de claviers joyeux, guitares et piano. Biensûr, Clémentine est radieuse autant en français, en italien, en espagnol, anglais, vient voltiger et poser délicatement sa voix sur toutes ces savoureuses mélodies.

Itsi Bitsi petit bikini

Ce qui tend à révolter, à l'heure où l'on parle d'identité nationale (stupidité! hélas), où la culture musicale à la télévision française, sur les ondes de radios françaises, est mutilée par des Tokyo Hotel, les  Beyonce, Rihanna, Aguilera ou Lady Gaga, .. tout ce qui finit grosso modo par un "a" et, où, on offre un cachet de centaines de milliers d'euros à un Johnny imposé à l'étranger pour venir chanter sur le Champs de Mars un 14 Juillet (cachet payé par vos impôts, hélas), et constater qu'une artiste comme Clémentine, totalement inconnue en France, n'est signée qu'au Japon. La culture musicale française serait-elle tenue par des ânes et des boeufs? Diam's est nommée directrice du label Motown France en 2006. C'est désormais au nombre de "yo" dans une phrase que l'on distingue les nouveaux grands chefs d'entreprises musicales dans l'hexagone (... 3ème hélas).



Clémentine, charmante et brillante chanteuse, elle, est née à Paris en 1963 d'un papa directeur de Orange Blue Records, fameux grand label de Jazz. Elle a offert en tout plus d'une dizaine de disques et tous produits et sortis au Japon, pays qu'elle adore.
Finalement, le pays du soleil levant n'est peut-être pas si mal que ça...si on y entend Clémentine chanter Que sera sera... ou encore Les Champs-Elysées remixés par son ami Stéphane Pompougnac.
A vous de juger et de commander. cdJapan

dimanche 12 mai 2013

Ball Park Music

Jeune groupe fort prometteur dont le nom indique bien que sa musique est faite pour danser, Ball Park Music originaire de Brisbane se compose de Sam Cromack au chant et guitare, Paul Furness au trombone et claviers, Jennifer Boyce à la basse, et les frères Daniel et Dean Hanson, respectivement à la batterie et à la guitare. L’aventure Ball Park Music commence en 2008 quand Sam qui joue ses compositions en solo rencontre les frères Hanson. Le noyau se fournit à l’université de Jennifer et Paul qui suivent illico l’idée de former un groupe avec un premier EP enregistré en 2009; Le single All I Want Is You déclenche un raz de marée sur les radios australiennes, le groupe part sur les chapeaux de roues en tournée et rafle nombre de prix et récompenses. Ce succès fulgurant et cet épisode est relaté sur le deuxième EP de 2010 au titre évocateur Conquer the Town, Easy As Cake

Plein d’énergie et de chansons dans la besace, les Ball Park Music sèment leur pop dansante à tous vents et signent en 2011 leur premier album très enthousiasmant, Happiness and Surrounding Suburbs. L’album est ficelé avec dextérité, sans fautes, il contient des titres aboutis, presque tous tubesques. La jeune troupe est douée techniquement, maitrise ses performances, chante en choeur et offre en bonus un esprit jovial. Tous semblent s’amuser et prendre plaisir à jouer sur scène leurs morceaux qui parlent d’amour et de leurs expériences personnelles avec drôlerie et simplicité. Sam Cromack, fan des Beatles, est inspiré et continue d’écrire ses chansons tout en assurant des festivals et concerts toute l’année 2011. Déjà, en Aout 2012, le groupe annonce son deuxième album Museum, splendide encore d’efficacité et gagnant en maturité est solide, époustouflant en mélodies rythmées, harmonieuses et généreuses . Le quintet a du tempérament et de la personnalité en plus du talent car même si les titres les plus dansants sont de réels hits pour les radios, Sam impose également des balades plus folk détonantes qui le destinent à suivre les pas des ses compatriotes The Lucksmiths. Ball Park Music est idéal pour accompagner l’été et se doit d’être dans toute cdthèque honorable... ballparkmusic


Gregory and the Hawk

Derrière ce nom de groupe qui peut sonner braconnier se cache une artiste new-yorkaise qui propose un univers musical fin et délicat, proche de Nick Drake et d’Elliott Smith. Meredith Godreau s’adonne à la musique depuis ses 12 ans et joue de la guitare, clarinette, violon, de la harpe et du piano. Elle compose ses chansons, écrit ses textes qu’elle interprète depuis 2003 en signant d’abord deux EP qui attirent immédiatement les attentions, l’éponyme de 2005 Gregory and the Hawk et le fabuleux Boats and Birds de 2006. Intimistes et citadins, ses textes narrent ses aventures de jeune femme qui se lance en solo dans la musique et se produit sur scène avec sa guitare dans Brooklyn et la ville de New-York qui rayonne dans ses chansons. Meredith Godreau aime travailler seule, de la composition à l’enregistrement, assurant tous les instruments et chantant avec sa voix cristalline, élégante qui va comme un gant aux mélodies légères et délicates. Toujours en cavalier seul, elle vend 15000 copies de ses EP avant d’être remarquée par les maisons de disques.


En 2007, le label FatCat Records la convie à signer son opus In Your Dreams suivi de Moenie and Kitchi en 2008, Leche en 2010 et le dernier de juin 2012 Come, Now. Durant la préparation de ces quatres albums pop et folk, l’approche de FatCat Records et des autres artistes aide Godreau à s’ouvrir à des collaborations. Sur Moenie and Kitchi, elle travaille main dans la main avec Adam Pierce de Mice Parade, qui vient aussi jouer de la guitare sur Leche, avec Jeremy Backofen de Felice Brothers et Rob Laakso de Mice Parade. Gregory and the Hawk connait de plus en plus de succès et part en tournée sur tout le continent américain et en Europe. Le voyage et les concerts de l’année 2010 inspireront Meredith pour l’écriture de Come, Now. Pour aider à patienter et à attendre le cinquième album, l’admiratrice de Nick Drake continue l’aventure de Gregory and the Hawk avec deux EP en novembre 2012, Come as you are reprise de Nirvana et Stone qui propose 6 nouveaux morceaux plus shoegaze, plus electro mais toujours savoureusement ornés de pop alternative belle et inspirée. 

vendredi 10 mai 2013

Fink


Fin Greenall est l’auteur-compositeur, chanteur, au sein de Fink qu’il fonde en 2001 avec ses amis d’enfance, le bassiste et guitariste Guy Whittaker et le batteur, également guitariste (et écrivain !) Tim Thornton. Originaire de Brighton, le trio signe un premier album au style electro avec la participation de Lee Jones alias Hefner, puis un deuxième qui mêle blues, soul et pop en 2006, Biscuits For Breakast. Celui-ci emmène Fink sur les routes et la tournée enrichit les anglais sur le plan technique et de la création. Le magnifique titre Pretty Little Thing accroit leur renommée, ils jouent de New-York à la Pologne, sont invités par les festivals américains et européens. Fin Greenall qui est un musicien orfèvre, inspiré et prolifique, signe Distance and Time en 2007 avec son single au succès international This Is The Thing. Le disque sophomore amène l’ancien dj, guitariste folk, compositeur de pop trip-hop à travailler avec le soul man John Legend sur Move on me et mixe avec intelligence un cocktail de  genres musicaux qui l’inspirent.


 

Fink réitère en 2009 avec Sort of Revolution, stylé dub, pop et acoustique ayant peaufiné l’album plus intimiste dans l’appartement de Greenall, transformé en studio d’enregistrement. Mêlant l'expérience des sessions live au KCRW de Los Angeles et à la BBC, les titres aux mélodies performantes sont ornés de violoncelle, de basse, de rythmiques soft et de choeurs; La voix de Greenall, splendide, suave, absolument bluesy et groovy habille ses textes poétiques formant un album magnifique qui se termine avec la reprise du New-yorkais Jeff Barry, Walkin in the Sun, initialement interprétée par Glen Campbell. S’ensuit une série de concerts en Australie et Chine, Europe et USA tout en composant déjà les chansons qui paraitront sur le quatrième album et dernier en date de juin 2011, Perfect Darkness.

Avec une dominante de guitares, les instruments sont étincelants et variés, les mélodies sont parsemées de styles colorés comme le gospel, blues, la pop et la soul. Proposé en deux cds, le premier regroupe dix nouveautés, renversantes d’efficacité à l’orchestration, de musicalité à la composition et de prodige à l’interprétation et le deuxième offre quatre titres acoustiques, vibrants et touchants. Fink sont surprenants en live comme avec le RCO d’Amsterdam, créent leur univers musical au fil des albums, profond, calmement révolté et poétique qui grandit, s'affirme à l'image du groupe qu'ils admirent, Radiohead.
Fink

à David....