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dimanche 28 juillet 2013

The Steinbecks

Les jeunes frères de Melbourne, Josh, 19 ans et Joel Meadows, 16 ans, forment le groupe Sugargliders de 1989 à 1994, font leurs armes sur scène et gagnent une belle reconnaissance. La qualité de leurs chansons les mènent à signer chez Sarah Records. Le duo a envie de s’étoffer et en 1994, il annonce la venue de Robert Cooper à la basse, du guitariste et trompettiste Adam Dennis, de la batteuse Bianca Lew et change de nom, puisant dans leurs références littéraires en adoptant celui de The Steinbecks. Une magnifique compilation sur cassette signée Tali White des The Lucksmiths qui est le cousin des frères Meadows rend hommage aux Sugargliders qui font partie de ses influences. 
Le quintet compose des chansons pop, riches de références littéraires et cinématographiques, agrémentées de leurs repères musicaux qui vont des Monkees, aux Beatles, The Auteurs, The Sundays, Cardinal, Televison, Big Star et Lloyd Cole and the Commotions. Très vite, ils se mettent au travail et enregistrent au rythme de 7 titres en 3 jours, At Home and Abroad qui sort en 1996, où sur un de leur titre Settlement, Josh récite un poème de John Lennon, A Spaniard in the Works. Orné d’une pop enthousiaste, les mélopées sont vertigineuses avec des guitares bondissantes sur les accords dansants du piano et de la trompette. A Melbourne, la même année, un artiste du nom de Bart travaille sur son album pour Bart & Friends et demandera à Josh de lui écrire un texte. Finalement, Joel, Josh et Bart enregistreront le titre Are you guys into Wings? En 1997, The Steinbecks accueillent des nouveaux pour des sessions d’enregistrement : Matthew Sigley à la basse et Darren Seltmann à la batterie. Toujours entourés de leur ami ingénieur du son Mat Gearing-Thomas, The Steinbecks signent en 1998, sur le label Summershine, un 6 titres encore excellent, From the Wrestling Chair to the Sea, suivi de l’album Recorded Music Salon de 2000. Derechef, la plume philosophique et romantique des Steinbecks est lumineuse, évoquant leur goût pour le cinéma sur le titre Anna Karina, la voix de Josh subjugue par son timbre ravissant, forte et joyeuse en choeur mêlée à celle de Joel sur Monochrome.  
En 1999, Josh part pour un service volontaire de deux ans en Nouvelle-Guinée et pendant ce temps, à distance continue d’écrire tandis que Joel peaufine de nouvelles chansons en studio, se produit en solo lors de concerts et lives radio. Les deux frères se retrouvent en novembre 2001 et un des premiers titres qu’ils jouent sur scène au retour de Josh est Arafura Sea, un hommage aux papous, aux traumatismes qu’ils vivent et notamment, du meurtre de leur chef Theys Eluay en 2001; Le titre est sur le 6 titres de 2003 Branches And Fronds Brushing The Windows. Réunis, The Steinbecks enchainent les performances, s’offrant des reprises comme Alone again Or de Love dont ils sont fans et repartent en studio travailler sur le quatrième album qui paraitra en 2007, Far From the Madding Crowd. Le groupe propose derechef un album formidable, fleuri de trompette, de cor, assurés par Adam Dennis et Rowan Austin, riche des voix de Josh et de Joel, leurs jeux élégants de guitares acoustiques, de basse, sur Sweepstakes and cheapskates ou encore Bye bye baby. Tali White vient apporter sa contribution, écrivant et chantant sur The Doppler Effect et Have you ever looked after a song? La superbe chanson Sellowiana, qui porte la voix charismatique de Joel est enregistrée en une nuit pour aboutir à un résultat 
magique et lunaire.

  
Après une tournée australienne, The Steinbecks se sont arrêtés quelques temps sans pour autant que les frères Meadows cessent d’écrire des chansons et durant l’été 2012, décident de sortir une compilation des titres de Sugargliders pour enfin la présenter en live. Lors de ces concerts, nombre d’artistes viendront jouer les titres avec Josh et Joel, les membres des Lucksmiths, Bart & Friends, Lovetones, Dunaways, etc. 

En 2013, The Steinbecks sont de retour ! Préparant un album dont le titre sera Kick to kick with The Steinbecks sur le label de Melbourne Popboomerang. En amont, le légendaire groupe australien qui fête ses 20 ans vient de sortir l'EP At Arkaroo Rock de 3 titres grandioses à se procurer absolument chez Matinée Recordings.
 

samedi 27 juillet 2013

Scott Brookman

Je voue une réelle admiration pour Scott Brookman que je connais depuis des années et dont je peux dire que l’artiste constant et émouvant dans ses productions, l’est aussi sur le plan humain. Adepte de la pop sixties, surement un des ambassadeurs les plus actifs de la sunshine pop, professionnel et passionné il compose tel un prodige et écrit, arrange avec du style. Les Beach Boys et Burt Bacharach coulent dans ses veines et leur aura resplendit au bout ses doigts. Il nous comble depuis des années avec son inspiration. Généreux et curieux, il fleurit ses compositions de nombreuses collaborations avec d’autres artistes et explore, invente, en variant les instrumentations. La pop de Scott est joyeuse, chaleureuse et élégante à l’image de son auteur. 
Lycéen dans les années 80, Scott gagne une expérience scènique avec son premier groupe Poisonous Sewer Fish qui joue essentiellement des reprises et se distingue très vite en écrivant et composant des mélopées dans une veine mélodique hautement pop sixties chez lui, en Virginie. De manière artisanale, dans sa salle de bain ou son garage, sur un quatre piste, avec un kit de batterie, le multi-instrumentiste expérimente les sons de sa guitare acoustique, de sa fender, de son clavier yamaha sur différents micros et en sort une série de cassettes magistrale : Bonaparte, Hot Enough to Fry Your Dog's Brain, frozenrawheadless, In My Own Backyard, Tool for the Man, It's More Than a Hobby et A National Treasure. Dans les années 90, Scott Brookman signe un premier Ep vinyle, The Busy World of Scott Brookman, sur le label Twee Kitten Records qui précède The Man From Operations, quatre titres extraordinaires, sorti en 1998, puis le 13 titres de 1999, For Those Who Like POP.et dix ans plus tard, l’album sophomore A Song for Me, A Song for You
En 2009, Scott évoquait déjà son interet pour le cyclisme dans le titre A sinister Cyclist et réitère sur son dernier album sorti en juin 2013 avec la première plage de Smellicopter qui rend hommage à Tim E. Redmond, un type qui volait des vélos dans le voisinage quand Scott était enfant. Le superbe album que nous propose Scott Brookman contient son humour dans les textes et toujours cette dextérité pour arranger ses chansons de manière alternative, lumineuse et intelligente. Pour couronner le tout, il s’entoure d’excellence avec la présence du multi-instrumentiste Roland Wolff de Riviera, du français Mathieu Bournazel de Purple Submarine Orchestra qui taquine la basse avec brio, chante et arrange Very Anne, du guitariste Jack Shannon, ses amies Yani qui chante sur Weirdos et Violetta, qui signent le titre Delmarva Way, Nathan Goodwyn et Anthony Allen qui jouent du cor, Jimmy Ghaphery du saxophone sur I Could Use Some New Friends. L’ensemble des titres montrent le talent infini de Scott Brookman. Après le succulent opening Tim E. Redmond et les claviers, le sonnette de vélo et bruit de roue libre, piano et basse admirables, glockenspiel, ses choeurs lumineux, on retrouve la voix pop, délicate et eurythmique qui ensoleille Summer's Two Weeks Notice, beachboysienne et diablement allègre. Dans une fine logique sonore suit To Find Your Happiness, qui swingue, où le banjo fait danser les cordes du piano, de la guitare, de la basse dans un accord parfait. Puis la touche frenchy sur Very Anne grâce au savoir faire du maestro Mathieu Bournazel à la basse et au chant embrase le tempo, en enchainant sur cette irrépressible envie de danser avec Inspected by Curly et sa guitare electro-acoustique espiègle. Puis la balade Iceberglar apporte de la douceur, des notes suaves en milieu d’écoute pour laisser place au galopant et psychédélique Delmarva Way. L’album jusqu’ici reussi et fort abouti continue avec des titres incroyablement bons, I Could Use Some New Friends avec ses cuivres rutilants, Maybe Then et la voix de Scott savoureuse dans la veine de Scott Walker voltige légère et harmonieuse, voix qui nous cueille sans résistance sur Daisy Von Zeppelin où la basse, le piano, banjo et claviers sont euphoriques. Enfin, Weirdos boucle l’écoute toute en émotion, prestance et subtilité, ce qui définit et représente bien l’artiste. Evidemment Piggledy Pop conseille le sublime Smellicopter à déguster et le génie de Scott Brookman à découvrir .

 

Fialta

Fialta est un quator pop californien qui apparait il y a deux ans avec l’EP 3P et nous offre pour l’été un superbe album sorti le 22 juillet 2013, Summer Winter. Les quatre amis de Fialta forment dans le privé deux couples mariés et la joie de vivre, la bonne humeur rayonnent sur les 12 titres. Michael Leibovich, David Provenzano, qui se rencontrent en 2003 pour former Sherwood leur premier projet et composent dès 2010 pour Fialta, tombent sous le charme de Beth Clements et de Sarah Shotwell. Les quatre sont musiciens et chantent en choeur des textes aux allures littéraires et aux formes romantiques qui évoquent le voyage et l’amour. Le nom de Fialta vient de la nouvelle de Vladimir Nabokov, Spring in Fialta
La Californie est à l’honneur sur Greek Pretender «Come to California, Flee the wasted east, Resurrect my Princedom by the Sea», l’Est américain est soupoudré de notes séduisantes sur High above Chicago, l’éloignement et la distance sont soulignés sur Japanese Novelty Shop. La chaleur des mélodies est fondue dans les harmonies pop baroque sur Photographs et sur le titre Cars, menées par les percussions variées, colorées, parfois caraibéennes, ornées d’un ukulélé estival. Les arrangements de voix sont champêtres, le chant des couples Michael et Beth, David et Sarah forment une osmose et une alchimie qui rend l’ensemble limpide, homogène. Ils s’entendent et se connaissent très bien, partagent la scène et la composition et la complicité des Fialta apporte beaucoup de dynamisme à l’écoute. Le piano et les guitares sont accompagnés par le glockenspiel, les tambourins et les clap-hands qui accentuent l’effet de synergie. Fialta signe un magnifique Summer Winter à l’âme sixties, peaufiné en studio avec à la basse James Trujillo et à la batterie la participation de Jesse Sotelo, du groupe des Hurricane Roses, puis au masteuring il y a Troy Glessner qui travaille pour Pedro the Lion et Death Cab for Cutie. Piggledy Pop suit Fialta depuis plusieurs mois et l’album tant attendu, est une telle réussite qu’ils nous feraient un sacré honneur de pousser leur voyage jusqu’en Europe pour le présenter. Puisque la peau de singe est pas facile à dénicher, touchons du bois !
Fialta
  

jeudi 25 juillet 2013

The Very Most

2009 : Groupe américain originaire de l'Idaho, The Very Most sont 6 musiciens dont deux voix, celle de Jeremy et celle de Gia qui se répondent avec magie et osmose. En 2004 ils enregistrent leur opus Making the Case For Me. A l'époque Jeremy Jensen avait parallèlement un autre projet avec sa soeur Rachel qui est aujourd'hui membre de Parenthetical Girls. Aujourd'hui c'est Elijah son frère, guitariste, qui rejoint The Very Most, ainsi que le bassiste Zach House, Clint Vickery à la guitare et Jake Hite à la batterie et sortent ensemble l'album Congratulations Forever avant d'accueillir Gia Trotter. Suite à lire là : TheVeryMostPiggledyPop2009
  Revoilà ma plume estivale sur Piggledy Pop pour parler de The Very Most que j’aime depuis leurs débuts. Le groupe ne cesse de me surprendre en écrivant des mélodies qui sont toujours aussi captivantes et en continuant de jouer devant son public sans modération et sans compter les miles. Le voyage en Irlande et la tournée dont je parle dans la chronique de 2009 s’est soldé par une belle collaboration avec le label irlandais Indiecater qui signe dès 2010 sous forme de compilation des quatre saisons l’ensemble des Ep, A Year With The Very Most. Les six musiciens continuent de créer, de travailler sans relâche et avec une veine sunshine et orchestrale, offrent le EP Patricia la même année, particulièrement touchant avec un titre hommage à Jonathan Richman et un autre aux Pixies avec la reprise de Here Comes Your Man



La chaleureuse clique, talentueuse, qui fait jouer le vibraphone et le tambourin candides sur les guitares électriques et acoustiques ambitieuses poursuivent leur entreprise avec deux EP en 2011 et 2012, Snow Covered et Ununiversalizable Us. Tout en participant à la compilation Village Green en mars 2013 avec deux titres dont la reprise du projet de Adam Sanders, Adam and Darcie, Take Them All Away, The Very Most pense à nous concocter pour l’été l’EP somptueux Just a Pup sorti en Juin 2013. Ces quatres nouveaux titres sont ronds d’harmonies, galbés d’arrangements brillants, avec des textes narratifs mélancoliques, romantiques, constamment efficaces. 
Jeremy Jensen accompagne Liz Hunt, la chanteuse du groupe de Cardiff The School ; Leurs deux artistes en symbiose reprennent It's Not Unusual. Sous format vinyle, l’EP Just a Pup des Very Most que l’on peut commander via le bandcamp de The School (pratique pour les européens) laisse entrevoir un album à venir grandiose. Le chant délicat et le jeu de guitare élégant de Jeremy, ses compositions aux courbes pop dansantes et captivantes, la batterie de Jake Hite magnifique qui accompagne la basse de Brion Rushton et la guitare de Elijah Jensen sont présents au Popfest de New-York édition 2013. A leurs côtés, il y a Math & Physics Club, The School, Making Marks, The Smittens, Alpaca Sports, French Films, etc.. The Very Most est sur le point de devenir le groupe phare dans le monde Indie Pop, le « very must» à se procurer absolument.
theschool

mercredi 24 juillet 2013

Ashley Park

Derrière le nom d’artiste Ashley Park, il y a un auteur-compositeur, qui fait un travail d’orfèvre en guise d'arrangements, du nom de Terry Miles. Il apparait en amont avec deux autres projets, Cinnamon, groupe de quatre musiciens qui signe Cream Soda en 1996 et Saturnhead, dont le 45 tours Introducing...de 1997, porte l’âme des Guided Voices notamment sur le titre A Post-Aristocratic Theme Song, avec le psychédélique pop qui orne les instrumentations derechef sur l’album Saturnhead, California en 1999. Parallèlement, Terry Miles peaufine un autre album pop de 12 titres prometteurs et aboutis, Welcome to...the Kelly Affair paru en 1998 sous le pseudo The Kelly Affair.



Sunshine pop, orchestrale pop, le style des compositions de Terry Miles qui lance le projet Ashley Park en 2000 avec Town and Country propose un délicieux mélange d’influences, allant des Beatles aux Beach Boys, passant par les Kinks et les Zombies. Multi-instrumentiste et arrangeur, le canadien de Vancouver est prolifique et inspiré. Sur cet opus, Miles joue de la guitare électrique, acoustique, de la basse, est aux claviers et au piano, s’entoure de Michael White à la batterie, Chris Harris au violoncelle, banjo, et piano, Kyle Axford à la trompette. Les harmonies pastorales et aiguisées sixties dans la veine de Bacharach, sont chantées par Terry Miles dont le grain de voix élégant enthousiasme et irradie. En 2001, un second album de 15 titres, American Scene, parait et donne l’impression que Miles sort les mélopées comme par magie de son chapeau. La première en écoute Old Masquerade qui est une chanson hommage au mythique Snake Oil salesman, embarque immédiatement dans la nostalgie de l’enfance, du voyage, du rêve, thème leitmotiv du magnifique disque où le musicien, accompagné par son amie Kelly Haigh au chant sur quelques titres, s’offre une reprise de Neil Young, Tell me why.


En 2003, Ashley Park qui ne compte plus que Terry Miles, Kelly Haigh et Gregory MacDonald signe The Secretariat Motor Hotel. Souhaitant revenir à certaines bases country, Terry Miles concocte 12 morceaux plus alt-country mais toujours avec une trame pop contemporaine et rétro à la fois, proposant des instrumentations fleuries de cor, trompette, banjo, tambourin, mandoline, piano et une ribambelle de guitares. Puis en 2005, Nobody Broke your Heart sera le dernier album à ce jour dont Ashley Park nous gratifiera.

BytheStereoAshleyPark

Ami avec Nikki Sudden, il participe à ses albums, au piano et orgue Hammond sur trois de ses albums dont le dernier de 2011 Playing with Fire. Il fera de même avec les Jacobites (2 albums et membre du groupe), avec The Salteens et d’autres encore. 
Sans vraiment décrocher des studios d'enregistrement, il se consacre désormais à une autre passion qui est le cinéma et l’écriture de scripts. Il réalise deux films liés aussi à la nostalgie de l'enfance, odes au passé, When Life Was Good en 2008, The Red Rooster en 2009 et fait partie de la sélection au Toronto International Festival pour A Night For Dying Tigers, film qu’il écrit, dirige, filme et produit en 2012. Cet amoureux de peinture et de littérature, artiste aux multiples facettes, n’a pas fini de nous surprendre. 

lundi 22 juillet 2013

Jon Brion

Né dans le New-Jersey en 1963, Jon Brion est aujourd’hui l’un des meilleurs auteurs-compositeurs, au sommet de l’art en tant qu’arrangeur et un producteur intuitif, talentueux, qui est généreux et passionné. La musique est présente dans sa vie dès le berceau, parents musiciens, son père dirige l’orchestre de Yale, sa mère est chanteuse de jazz et frère et soeur, respectivement chef d’orchestre et violoniste. Très tôt multi-instrumentiste, Jon Brion alors âgé de 17 ans décide de quitter l’école. Il fait partie début années 80 du groupe The Excerpts, puis installé à New-Haven, il forme The Bats avec Bill Murphy, signant l’album How Pop Can You Get? en 1982. En 1987, il s’envole pour Boston où il rencontre les personnes avec qui il continuera les années suivantes à travailler comme Mike Denneen, qui a un label et un studio d’enregistrement, et Aimee Mann alors jeune guitariste, chanteuse dans le groupe Til Tuesday




Instinctif, vivant sa passion au coeur des studios, cet artisan de la musique à l’oreille absolue, apporte son savoir faire et son inspiration à d’autres groupes en arrangeant et produisant le deuxième album Spilt Milk des californiens Jellyfish en 1993, en jouant de la guitare sur les titres des Wallflowers, groupe de Jakob Dylan (fils de Bob). Il montera le groupe The Grays avec le guitariste des Jellyfish, Jason Falkner auteur-compositeur également qui travaille avec Eric Matthews et joue, écrit, produit les albums One Mississippi et Lapalco de Brendan Benson ainsi que l’album Is and Always Was de Daniel Johnston
Brion joue plusieurs instruments en 1996 sur l’album Omnipop de Sam Phillips, aide Michael Penn (génial musicien, frère de Sean et mari d’Aimee Mann) à l’écriture de la BO de Hard Eight puis assure en solo les BO des films de Paul Thomas Anderson, Boogie Night en 1997, puis Magnolia en 1999, bande originale nominée aux Grammy Awards. (P.T Anderson, réalisera plus tard There Will Be Blood qui sera en 2008 nominé 8 fois aux Oscars et offrira à Daniel Day-Lewis l’oscar du meilleur acteur, tout comme The Master, nominé et oscarisé en 2013). 




Le travail de composition de musiques de film n’attire pas Jon Brion au prime abord, mais le piquera in fine et le mènera à signer celle du magistral long métrage du français Michel Gondry en 2004, Eternal Sunshine of the Spotless Mind et sur laquelle Beck au chant et Brion à la musique s’offrent la reprise de Everybody's Got to Learn Sometime. Tout compte fait, il signe comme un prince quinze bandes originales dont les dernières ParaNorman (où Brion rajoute un titre de Donovan et un des White Stripes), This is Forty en 2012 et The Blue Umbrella en 2013 sont stupéfiantes tant les mélodies sont abouties et belles.




Jon Brion en solo offre un magnifique disque en 2001 et Meaningless comprend des pépites intemporelles, magnifiques, comme Trouble qui est surement une des plus belles chansons écrites depuis des lustres. Brion y assure tous les instruments, biensûr la composition, arrangements, production et invite Aimee Mann à co-écrire les paroles de I Believe She's Lying et Grant Lee Phillips alias Grant Lee Buffalo, le texte de Walking Through Walls. Certains critiques osent comparer Jon Brion à Brian Wilson, aux Beatles et il coopère d’ailleurs à l’album de Sean Lennon en 2006, Friendly Fire. Le fils de John Lennon dit dans une interview au sujet de Jon Brion : « how I would imagine it’s like to work with Prince. It’s like having a weird alien prodigy in your room». Les collaborations sont multiples, les productions brillantes et on compte parmi elles donc Aimee Mann, Sean Lennon, Jakob Dylan, Eels, Fiona Apple, Eleni Mandell, Robyn Hitchcock, The Polyphonic Spree, Jude Cole, Jimmie Dale Gilmore, David Byrne, Brian Stevens, Sam Phillips, Elliott Smith, Rufus Wainwright, Of Montreal, etc... 


La liste se complétera encore dans les années à venir et confirmera que Jon Brion est une star. Loin du clinquant dont il n’a guère besoin, authentique, ce qui le démarque est son humilité quand il se produit toutes les semaines dans le même bar-concert de Los Angeles en y invitant ses amis et le public à participer. Jon Brion est le maitre absolu depuis vingt ans, le chef d’orchestre et le compositeur pop de notre époque. La dernière vidéo est le show organisé par Jon Brion où il invite son ami Elliott Smith : 43 minutes d’émotion...intense évidemment pour Piggledy Pop.

   

samedi 20 juillet 2013

Ballboy

On tombe sous le charme des textes signés et interprétés par Gordon McIntyre, leader charismatique du groupe indie pop Ballboy. La séduction opère essentiellement parce qu’à l’écoute de leurs fabuleux quatre albums, on sourit, voire rit, sur des paroles croustillantes, sarcastiques, originales et parfois tranchantes tout en étant déclamées avec simplicité. L’humour et les traits d’esprit resplendissent dans les titres d’une volupté pop incroyable. Je suis conquise par cette drôlerie mordante ornée d’un délicieux accent, des textes savoureusement sardoniques, amoureux et fondamentalement sensibles sur des mélodies géniales. Ballboy né après un incident lors d’un tweet de McIntyre au sujet d’un match de football concernant Chelsea, quand Eden Hazard à récolter un carton rouge pour avoir «kicker» un «ballboy». Le nom de groupe été adopté. 
  Ballboy est un superbe compromis musical entre leurs compatriotes Lloyd Cole et Belle & Sebastian. La poésie est aussi présente que les références littéraires et la musique peut-être arrangée en acoustique ou en pop orchestrale. Quoiqu’il arrive, la surprise est là. Le profil alternatif et chevaleresque dans l’instrumentation attire d’emblée l’attention. Les albums sont agrémentés de violon, violoncelle, harmonica, melodica, de guitares, basses, une rythmique avec tambourins et batterie. C’est sans prétention que le groupe Ballboy récolte dès son opus Club Anthems de Février 2001 l’enthousiasme du public et les hommages des critiques dont John Peel qui les recevra souvent même chez lui, pour enregistrer des sessions live autour de repas et nommera le titre Olympic Cyclist chanson de l’année. Ce savoureux cynisme plait au plus grand nombre d’adeptes de la pop et le succès emmène Ballboy sur le chemin des studios en 2002 pour le succulent A Guide for the Daylight Hours. Trompettes, guitares, violoncelles, claviers et batterie se côtoient joyeusement et la mayonnaise prend divinement. Aux commandes, guitare, chant et composition, Gordon McIntyre resplendit. Avec lui ses acolytes Katie Griffiths, à la composition, claviers et chant, Nick Reynolds à la composition et à la basse, ainsi que le batteur Gary Morgan qui compose itou. La joyeuse clique est épaulée par le violoncelliste Peter Harvey et la violoniste Caroline Evans, Grant Mcnamara à la production et David Shirgley, diplômé en design de l'Ecole Polytechnique de Leicester et réalisateur de la vidéo Good Song de Blur, qui offre sa patte pour la pochette du disque.
  En 2003, McIntyre signe en solo l’intimiste et mélancolique The Sash My Father Wore and Other Stories puis retourne en studio avec ses amis pour peaufiner le troisième album de 2004, The Royal Theatre comprenant le magique morceau Shallow Footprints In The Snow qui sera sur la compilation Avalanche Records alternative Christmas en 2009. McIntyre poursuit en invitant Laura Cantrell qu’il rencontre grâce à John Peel. La chanteuse américaine qui chante avec They Might Be Giants et Elvis Costello lie sa voix à celle de McIntyre sur I lost you, but I found country music présent l’ep Past Lovers. En 2008, le groupe d’Edimbourg écrit la bande son de la pièce de théâtre Midsummer signée par David Greig et la même année sort le quatrième album I Worked on the Ships. Le succès est au rendez-vous, les projets s’enchainent comme les invitations aux popfests du monde entier, d’Edimbourg, Londres, San Francisco, New-York. Ballboy, devenu référence, est depuis repris par nombre de jeunes groupes d’indie-pop comme Idiot Love, Local Heroes, Wave Pictures, Chelsea Princess ou encore Meursault. Eparpillés quelques temps, les Ballboy se reforment en 2012 pour l’occasion du Edinburgh’s Electric Circus, ce qui nous donne l’espoir d’un retour avec un cinquième disque à se mettre sous la dent et dans les oreilles.  
BallBoy

dimanche 14 juillet 2013

Brown Recluse

Groupe de six musiciens de Philadelphie, Brown Recluse est formé en 2005 avec un ep qui suit en 2006 nommé Black Sunday. Ils offrent une pop orchestrale qui peut évoquer celle des Ladybug Transistor et des Belle and Sebastian, typée pop psyché sixties comme celle des Zombies et des Kinks, influencée par la production Spector ou Meek. Le deuxième ep de 2010 The Soft Skin annonce la sortie du 9 titres Panoptic Mirror Maze en janvier puis de l’album Evening Tapestry en mars 2011. Brown Recluse c’est le chanteur, guitariste Timothy Meskers qui est présent en 2012 également sur Plateau Vision de Lushlife, et le batteur Mark Saddlemire qui lancent le projet auquel adhèrent le guitariste Herbert Shellenberger, le pianiste Alexander Tyson, Jesse Todd à la trompette et le bassiste Dan Steinberg
  Evening Tapestry est un canevas génial de chansons toutes aussi brillantes les unes que les autres. Les ambiances pastorales s’enchainent et les arrangements fins et singuliers se déchainent. Les mélodies parfaitement orchestrées ornent tout l’album, remarquable. La qualité se retrouve aussi dans les textes mutins et romantiques, aux résonances rétro et vintage dans le piano de Statue Garden, avec des claviers,  de la flute et du cor sur Wooden Fingers. Les mélopées gardent néanmoins des allures contemporaines dans le mariages des guitares électriques et des synthétiseurs comme sur Monday Moon. La pop champêtre des tambourins, des orgues et des guitares surf de At Last ou du solide Impressions of a City Morning, la trompette sur Hobble to Your Tomb, forment des harmonies efficaces, alternatives et construites avec originalité et belle inspiration. Les Brown Recluse jouent de façon cohérente sur scène avec des collègues pop de la même veine comme The Pains of Being Pure At Heart et Dirty Projectors. Les titres que Timothy Meskers signe ont une structure psychédélique baroque proche de Of Montreal ou Olivia Tremor Control et sont interprétés avec beaucoup de style. Les textes aboutis nous emmènent en voyage dans le temps grâce au clavecin de Paisley Tears ou pour une balade estivale sur Summer Showers. Evening Tapestry, pour l’instant l’unique album des Brown Recluse, est rafraichissant, innovant et se savoure à foison pendant l’été. BrownRecluse

 

jeudi 11 juillet 2013

The Loose Salute

The Loose Salute est un groupe anglais que forme Ian McCutcheon, guitariste et batteur de Slowdive et de Mojave 3. Sont de l’aventure avec lui dès 2006 les chanteuses Charlotte King et Lisa Billson qui assurent aussi les percussions, le bassiste Alan Forrester, les guitaristes Robert Jesse et Alden Evans. Les six amis établis entre Londres et les Cornouailles se retrouvent pour jouer ensemble et signer en 2007 l’opus Tuned to Love. Les mélodies de The Loose Salute sont pop folk et distribuent des ambiances estivales ornées de tambourins, colorées de piano, de banjo, d’orgues, de saxophone. L’univers poétique et maritime des Cornouailles se retrouve dans les textes des chansons tout aussi romantiques que des toiles d’impressionnistes. Cette ambiance musicale me fait penser parfois à l’écriture délicate de Lloyd Cole et de Neil Young, avec un air des Mamas & Papas pour la jovialité. 



Les titres peuvent aussi être chaleureusement rock, pop sixties, ou légèrement psychédéliques comme sur le deuxième bijou de 11 morceaux qui sort en 2011, Getting Over Being Under. Sur ce génial album là encore typé carte postale, Ian McCutcheon compose, joue de la guitare et chante avec une classe infinie comme sur le titre Hermosa. La présence des violons et les orchestrations nous emmènent en balade le long des falaises anglaises, au rythme des vagues de maracas, de la basse rebelle et séduisante sur It’s a beautiful Thing. Les orgues et guitares taquinent des airs dansants sur Run Out of Morning. Les glockenspiels voltigent, les guitares country se promènent avec grâce aux bras des violons, violoncelles et de la trompette de Gavin Broom. Les choeurs flamboient et la guitare acoustique rayonne sur This is Love, se marie à l’électrique avec ingéniosité sur Three of us où l’harmonica et le piano habillent la voix cristalline de Lisa Billson
Ian McCutcheon se révèle être un brillant auteur-compositeur qui a été un adolescent influencé par les albums chez ses parents et qui écoute désormais Elliott Smith, the Beachwood Sparks, the Tyde, Wilco, the Shins, Midlake etc. Autant de bonnes vibrations se développent sur les albums de The Loose Salute qui se glisse au rang des grands groupes de pop indépendante du siècle et dont on attend avec impatience un troisième volet. The Loose Salute, un des groupes chouchous de Piggledy Pop, est donc chaudement recommandé ! TheLooseSalute


mardi 9 juillet 2013

1900s

Groupe pop de Chicago constitué en 2004 par le guitariste et chanteur Edward Anderson qui s’entoure du batteur Tim Minnick et d’un deuxième guitariste Mike Jasinski, ses amis de lycée, puis du bassiste Charlie Ransford. La même année, les 1900s s’étoffent avec la venue de la violoniste Kristina Dutton et des chanteuses Caroline Donovan et Jeannie O'Toole. Le sextuor signe son premier ep en 2006 et dévoile un univers shiny et power pop, mélodieux et fleuri de chansons dansantes aux textes imagés et narratifs au travers des 6 titres délicieux de Plume Delivery. Inspirés par le Velvet Underground, les musiciens des 1990s offrent une pop parfois psyché qui peut aussi se rapprocher des Essex Green et des Left Banke mais aussi des Belle and Sebastian par la structure musicale sophistiquée et pastorale. Egalement inspirés d’autres grands artistes comme Leonard Cohen, le groupe lui consacrera un hommage sur le deuxième ep de 2009 Medium High au travers du titre When I Say Cohen. Avant cela les 1900s rencontrent leur public et récoltent un beau succès avec l’album Cold & Kind de 2007 où viennent s’ajouter des arrangements de cordes et cuivres. Edward Anderson compose là un magnifique disque de 12 titres ambitieux, harmonieux et solides. Violons, cor, tambourin, trompette, trombone, se mêlent à l’élégant piano et orgue de Benjamin Balcom sur des paroles délicates et langoureuses. Avec une instrumentation parfaite, ensoleillée, le chant de Jeannie et de Caroline est angélique et aussi caressant qu’une plume. 2008 sera une année de concerts mais aussi de tensions au sein du groupe qui se sépare et subit le départ de Mike Jasinski, Kristina Dutton ainsi que de Tim Minnick. Après un moment de flottement, les autres se réunissent autour d’Edward Anderson qui repart en studio, la besace pleine de 11 titres qui paraissent sur l’album sophomore Return of the Century en 2009. Les 1900s sont de nouveau unis et accueillent le batteur Matt Ronan qui devient membre du groupe à plein temps tout comme Andra Kulans au violon et claviers. La joyeuse bande américaine signe un album génial, abouti, avec la griffe excellente d’Anderson qui en plus d’être auteur-compositeur, assure guitare, piano, percussions et le chant toujours avec les deux voix magiques de Caroline et Jeannie. Depuis Return of the Century, les 1900s ont joué en live, accompagnant Iron & Wine, British Sea Power, New Pornographers, Black Mountain, Stars, Belle & Sebastian et nous concocteront peut-être un troisième album plein de saveurs pour fêter leurs dix ans d’existence. Croisons les doigts.