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dimanche 27 octobre 2013

vendredi 25 octobre 2013

Turner Cody

La première fois que j’ai découvert Turner Cody, c’était il y a dix ans lors d’un concert avec les Herman Dune, dans une chapelle normande où le son et la lumière des bougies lui avaient donné un profil d’ange. Marquant. Cet auteur-compositeur commence à présenter ses chansons pop-folk en 2000 avec une production éponyme, apparaît en 2002 sur une compilation RoughTrade, Anti-folk Vol.1, au côté de Jeffrey Lewis et d’Adam Green pour qui il assure les premières parties en tournée. Turner né à Boston et emménage à New-York à ses 18 ans et fait partie depuis, des artistes actuels qui chantent le plus élégamment la  ‘big-apple’.




En 2001, il signe un 12 titres qui accueille Adam Green à la guitare sur 2 titres et sur 4 titres Spencer Chakedis musicien new-yorkais et ami qui compose, joue de la guitare et de la mandoline pour Adam Green et Jeffrey Lewis. Héritier spirituel de Dylan, Drake, Cohen, Cody écrit des mélodies radieuses, romantiques et des textes prophétiques admirables. En septembre 2001, il enregistre à New-York quelques jours après les attentats Who Went West, 7 titres qui rendent partiellement avec This City un hommage à sa ville. Puis The Cody Choir sort en 2003 avec en guise de « choir », la fratrie Herman Dune : David (guitare et batterie), André (clarinette, guitare, basse) et Neman (batterie et percussions) avec la participation d’Etienne Jaumet (harmonium) et Sam Grossman (guitare électrique). Le sublime Buds of May de 2004 propose aussi des mélopées folk avec quasiment les mêmes amis qui coopèrent à l’enregistrement. La voix naturelle de Turner irradie en 2005 sur le 7 titres de The great Migration, puis sur Quarter Century en 2007, année où il signe aussi 60 Seasons qu’il concocte cette fois seul. 
Prolifique et inspiré, Turner Cody nous offre le génial First Light en 2008, orchestré et abouti, orné d’une foule d’instruments qui nourrissent les titres joyeux, dansants comme Irene, First Light et le délicieux Coconut Tree. L’ambiance joviale revient sur Gangbusters où la clique française des Herman Dune avec Etienne Jaumet sont au mixage, à la production, et sont sûrement pour beaucoup dans les titres français Aurevoir et Mon Amour fleuris de trompette, flûte, clarinette, bugle, basse, guitares, rythmiques et piano. En 2010, Rules of the Road présente 10 titres enregistrés live et la même année en studio à Brooklyn, Radioman Sessions qui comprend de la trompette, du banjo et le 9 titres folk évoque une influence Dylannesque par les textes et la façon de chanter, harmonieuse et franche. En août 2013, Turner Cody continue ses envolées folk et pop avec Last of The Big Time Spenders, un album lumineux, entraînant avec des titres amoureusement ficelés comme I Know How I feel About You, ou Beautiful Day avec son accordéon et sa harpe, idem sur Better Days, « Well, I won’t let you down, And I won’t mess around, There will be better days, Better days will come ». Le dernier bijou tout en émotion et musicalité signé du chérubin brillant et au talent infini Turner Cody est à découvrir et à savourer.  


jeudi 24 octobre 2013

Bombadil

Bombadil est un groupe de la Caroline du Nord. Daniel Michalak, Bryan Rahija, James Phillips forment une sorte de trois-pièces folk, bluegrass aux allures brit-pop. Leurs chansons sont alternatives, surprenantes dans le format comme dans l’instrumentation. L’ EP Bombadil est présenté en mai 2006 et le premier album A Buzz, A Buzz en mai 2008. Tarpits and Canyonlands sort le 25 septembre 2009, signé chez Ramseur records, l’écurie familiale des Avett Brothers. L’album est grandiose, garni de mélodies enjouées, les textes de toute drôlerie traitent du mariage et de la vie matrimoniale qui peuvent devenir effrayants comme dans Kate and Kelsey ou dans Honeymoon, du train-train quotidien et de voyage amusant comme celui en Espagne dans Barcelona . Les textes sont d’une franchise fringante, le chant folâtre percute l’accordéon, le saxophone et le cor, l’amusement se ressent dans les arrangements, les 15 titres des Bombadil forment un univers fort jovial. Les rythmiques chevaleresques se frottent à la flute de pan, les claviers et le piano chevauchent les cordes des guitares, le glockenspiel devient psychédélique sur les violons dans Jellybean Wine.
 
Les trois excellents musiciens aiment Elliott Smith, Paul Simon et les Kinks, le nom de Bombadil étant un personnage de Tolkien leur va comme un gant. Ils sont allègres, bondissants, leurs harmonies sublimement et finement excentriques. En nous livrant Tarpits and Canyonlands les sémillants Bombadil réussissent à nous attirer dans leur fiction.

Le trio qui voyage et vit quelques années en Bolivie, évoque cette expérience et toujours leurs sentiments amoureux délicatement chantés dans leur dernière pépite de juillet 2013, Metrics of Affection. Comme le nom de l’album met la puce à l’oreille, c’est l’émotion et la splendeur qui se colle à l’oreille avec les 13 magnifiques titres. La douceur acoustique des mélopées jouées au piano comme sur Patience Is Expensive ou comme sur le dernier morceau Thank You se mêle à l’en e et à la drôlerie parfois sarcastiques des autres chansons comme Angeline, When We are Both Cats ou Isn’t It Funny

L’orchestration fleurie de trompette, violoncelle, piano, guitares variées est de manière homogène mise en valeur par chaque membre du groupe qui s’étoffe autour de Daniel Michalak à la basse, Bryan Rahija à la guitare, James Philips à la batterie avec Stuart Robinson au piano qui revient au sein de la formation après deux ans d’absence. Les harmonies de Bombadil sont chamber folk, ensoleillées, d’une pop étincelante recommandées par Piggledy Pop qui est fan.
Bombadil 

 

mercredi 23 octobre 2013

Spencer McGillicutty

Quartet pop de Minneapolis, les Spencer McGillicutty se rencontrent au lycée en 2004, les deux garçons et les deux filles partagent leur goût enflammé pour la musique et le groupe qui les influence, les Beatles. Dès 2006, Mitchell Adam Johnson et Ryan Ruff Smith, écrivent et composent des chansons éditent un premier album éponyme où Brittany Miller et Nicole Wilder chantent. Cette collection de premiers titres est jouée en acoustique à la manière de leurs débuts sur scène. Puis le deuxième album Games comprenant 11 titres sort en septembre 2008; leur style griffé des quatre garçons de Liverpool est évident, dans la veine sixties, les mélodies sont jouées à la guitare, batterie, xylophone, tambourins, orgues avec des choeurs façon Beach Boys. Les titres sont joyeux, courts, ensoleillés, rythmés pour danser sur des paroles naives et amoureuses, le tout parfaitement abouti. De Claire Carnaby à Secret Best Friend où l’élégance et la délicatesse trotte sur les mots : « I always think of you, When I hear my favorite songs Come and meet me out tonight, It feels like it’s been so long» , c’est l’âme de Sgt. Pepper qui vient flotter dans les oreilles. 
  Tandis que Spencer McGillicutty connait un beau succès au Japon, Games y étant ré-édité en 2010, les quatre musiciens américains travaillent déjà à leur troisième album All The Happy People qui voit le jour en 2012. Mitchell et Ryan se partagent de manière égale l’écriture et leur amitié musicale offre un ensemble de chansons en symbiose, ils composent en parallèle un univers commun et le résultat est grandiose. Mitchell y assure toutes les guitares, electriques, acoustiques, classique, le piano, orgue et synthétiseur, la basse et le clavecin; Ryan y joue de la guitare et de l’harmonica. Tous les deux y sont majestueux, arrangent les orchestrations avec une maturité et un savoir faire étonnant : les titres comportent du banjo, mandoline, ukulele, trompette, trombone, cor, violon, saxophone, harpe, vibraphone, cloches, accordéon et une batterie ravissante. Les 13 titres qui se terminent avec You Haunt Me, idéal pour Halloween, sont frais, joviaux, mélodieux. La chanson 1944 (Think of me) est une des premières écrites en 2006 lors d’un voyage scolaire à Londres et enregistrée en studio avec les soins de Mitchell aux arrangements. La nostalgie et la mélancolie du thème «We were together back in 1944, You fought alongside me in the second World War ... You look familiar; I think I've seen you once before, we spoke in Gaelic dancing on the Cliffs of Moher, We were younger then, But we will dance again my friend» montre l’intérêt des musiciens pour l’histoire et la littérature. En 2012 de nouveaux morceaux apparaissent sur internet et on devine un nouvel album en cours de préparation avec les singles Baby Don’t Go en septembre 2012, Used to think excellent titre concocté par Ryan Smith en novembre 2012 et le dernier bijou signé de Mitchell sorti en Aout 2013, Wish I was Your Girl. Les Spencer McGillicutty sont doués pour créer des atmosphères harmonieuses, après avoir vécu dans la même maison pendant deux ans, sont liés par une sincère amitié qui s'entend immédiatement et donne un aspect franc, enthousiaste et jamais prétentieux à leurs albums que je conseille d'écouter vivement. SpencerMcGillicutty
 

samedi 19 octobre 2013

Army Navy

Trio de Los Angeles, Army Navy offre des mélopées pop depuis 2008 avec la sortie de leur album éponyme qui très vite est diffusé sur les radios, largement suivi par les médias grâce au titre Silvery Sleds qui apparait sur la bande originale de Nick & Norah's Infinite Playlist, comédie dont la bande son propose We Are Scientists, Devendra Banhart, Bishop Allen, Vampire Weekend etc. Le EP Stay In qui sort pour l’hiver 2011, idéal pour passer Noel au coin du feu annonce pour la même année le génial album The Last Place, dont le titre The Long Goodbye apparait lui aussi sur la bande originale du film Beastly. Army Navy signe des compositions pop qui balaient divers styles du genre, twee, sunshine, dream et garage avec une inspiration fulgurante. 


Justin Kennedy, Louie Schultz, Douglas Randall qui intronisent depuis peu Grant Lovelace assurent un jeu diaboliquement bon sur The Last Place qui contient 11 titres fulgurants, efficaces et sans fausses notes, 11 pépites dansantes de style alternatif affiné et malin avec des guitares et une basse scintillantes sur A Circus et Feathered. La basse devient cold wave et désinvolte à la fois sur Hunter où le chant amoureux est langoureux, passionné enveloppe l’attention comme sur I think it’s Gonna Happen où la chasse romantique se poursuit. Les paroles écrites et chantées par Justin Kennedy sont en osmose avec les mélodies, joyeuses et mélancoliques comme sur Wonderland to Waterloo où il évoque une séparation avec des arrangements pop riches et rythmés. Army Navy revient cette année avec le single Pinkle qui promet un troisième album à venir détonnant et sillonne les scènes de l’ouest américain en Novembre au côté de Someone Still Loves You Boris Yeltsin. En attendant cette production et peut-être une venue en Europe, les titres d’Army Navy en guise de bouquet de notes pop sont à découvrir absolument.
ArmyNavy

vendredi 18 octobre 2013

Fred Thomas

Fils spirituel de Neil Young, Bod Dylan, ce musicien de Detroit crée dans les années 90 deux groupes monumentaux, His Name is Alive et Saturday Looks Good To Me qu’il conduit en composant, écrivant et arrangeant jusqu’en 2008 quand Fred Thomas élabore son projet en solo pour revenir joindre ses amis de Saturday en 2013 et leur concocter le dernier EP One Kiss Ends It All/ Sunglasses
Lire plus là : SaturdayLooksGoodToMe
  En 2009, Fred Thomas part du Michigan rejoindre son ami Ryan Howard batteur des Saturday looks Good To Me pour lancer le projet City Center au coeur de Brooklyn où les deux musiciens sont désormais établis. Dans une veine pop sixties, psychédélique aux allures beachboysiennes, leurs chansons ensoleillées sortent par poignées et se vendent illico. D’abord Fred Thomas signe seul sous le nom City Center en 2008 un premier album éponyme puis le duo formé avec Ryan, prolifique et énergique, joue sans compter sur les scènes new-yorkaises et présente l’EP Zen Kids en 2010 puis le second album Redeemer en 2011. Fred ne s’arrête plus et crée le nouveau projet garage-pop Swimsuit en 2011 pour lequel ils compose, joue et arrange, produit par son ami Ryan, en s’entourant des chanteuses Amber Fellows, Shelley Salant et Dina Bankole. Fred Thomas qui ne sait pas lésiner, retrouve entre-temps pour un autre projet pop et folk parallèle sa complice chanteuse de Saturday Looks Good To Me, Betty Marie Barnes pour former ensemble Mighty Clouds. Le superbe duo signe en 2010 un 11 titres éponyme touchant et orné de mélodies ravissantes enregistré en Suède. Fred Thomas c’est The Hive Dwellers, City Center, Saturday Looks Good To Me, Mighty Clouds, Lovesick, His Name is Alive, Flashpapr. Avec son univers musical plein de Stephen Merritt, Will Oldham, la poésie de Morrissey et de Neil Young avec l’harmonica mordant et dansant de Bob Dylan, l’inspiration de Phil Spector, Fred Thomas signe aussi en solo ces albums : Everything Is Pretty Much Totally Fucked Up en 2002, I Heard the Angels Sing en 2003, Turn it Down en 2004, Sink Like a Symphony en 2005, Flood en 2007 avec sa mandoline magnifique, harmonica et violoncelle magiques, Kuma en 2012 si beau qu’il mériterait des éloges plus étendues, avec des titres raffinés, intemporels que j’écoute en boucle comme Soft Talking orchestré avec des cordes, Your Love is Everywhere et sa voix pénétrante et le piano magistral de Home on a Plane. En ce début 2013, l’ensorceleur pop peaufine son album Night TimesPumpkin Seeds sera idéal à savourer pendant Halloween. La personnalité charismatique de Fred Thomas séduit, ses amis disent qu’il est facile de travailler avec lui, de le suivre, le qualifient de visionnaire doté d’une humeur constante et drôle. Son talent est infini pour la composition et les arrangements pop, bubblegum, garage, psyché, aux influences colorées de par son expérience de vendeur de disques et sa connaissance sans bornes de la musique pop. Fred Thomas est amoureux des vinyls, des cd et des cassettes audio, supports qu’il utilise pour sortir ses productions qu’il gère dorénavant avec sa casquette de responsable de label nommé Life Like.


samedi 12 octobre 2013

Airliner

L’auteur-compositeur Kristian Rosengren qui est aussi créateur du groupe Aerospace peaufine en parallèle un autre projet en compagnie de Johan Angergard membre et producteur de Club 8 et Acid House Kings. L’artiste suédois signe Last Days of August en mars 2004 sous le nom de Airliner, magnifique album pop de 10 titres enregistré dans les fameux studios Summersound de Stockholm. Stylé et griffé, le disque se rapproche de l’univers des Trembling Blue Stars ou The Clientele, du tempo sensuel pop de Club 8 ou de Love, et de la composition harmonieuse de Nick Drake
  

Kristian Rosengren est guitariste et batteur respectivement des groupes Aerospace et The legends et joue sur de nombreuses scènes européennes pendant des années. Pianiste et violoniste depuis qu’il a 8 ans c’est à l’université qu’il rencontre Johan. Les deux amis nouent cette complicité musicale depuis des années et la belle coopération se ressent dans les titres, homogènes et harmonieux.




Les textes relatent les expériences de Kristian, ses aventures australiennes, sa connaissance en architecture, ses amours et attachements à New-York, Sydney, Stockholm. Ce fan de Crowded House, Jens Lekman, Beatles, Belle & Sebastian, The Orchids, Brighter, The Smiths et de Roger Nichols nourrit ses chansons de poésie, de mélodies accrocheuses, ensoleillées ou mélancoliques, avec des arrangements qui ont du tempérament et les orne de sa voix somptueuse. Les choeurs qui l’accompagnent sont assurés par Karolina Komstedt de Club 8 et de Julia Lannerheim des Acid House Kings. Depuis cette sublime sortie Last Days of August chez Labrador Records, un des titres est apparu sur la compilation David Design From Sweden With Love du même label en 2007 et les amateurs d’indie-pop attendent sagement que Kristian revienne avec tous ses inédits en studio et que les guitares et les trompettes d’Airliner continue de les faire poppeusement sautiller et vibrer.



 

jeudi 10 octobre 2013

Acb's

Les quatre musiciens de Kansas City, le guitariste et chanteur Konnor Ervin, le bassiste Bryan McGuire, le batteur Kyle Rausch et le guitariste Andrew Connor forment les Acb’s depuis 2006. Stona Rosa et ses 10 titres sort en 2010, proposant un ensemble de mélodies rythmées, fraiches et sucrées, ornées de tambourins qui prêtent à dodeliner du chef et à danser. Les harmonies pop légèrement psychédéliques, rock, parfois garage sont savamment réalisées. De la composition à l’éxecution, leur travail rayonne de bonne humeur, de textes drôles comme sur Street Fighter II et de sensualité funky comme sur Neonlight. Leur personnalité amusante s’entend de nouveau en mars 2013 sur l’album Little Leaves, où là encore leurs influences Beatlesiennes font voltiger les notes. 
  Le même producteur, Mike Nolte apporte son talent et les Acb’s mènent à très bien 13 titres ultra mélodieux, parfaitement construits et interprétés où les guitares, la basse et batterie brillent. Le tempo accrocheur sur Ocean, les cordes de guitares électriques magiques flirtent avec la basse espiègle et efficace sur Attic fan, le clavier taquin sur Record Store où les quatre Acb’s chantent en choeur, sont finement aboutis et réussis. Leur style lumineux et contemporain éclate aux oreilles sur Lover Yeah où la basse se pose princière, dans la veine de Withest Boy Alive, et donne pour conclure l’écoute définitivement envie de groover. Acb’s et son frétillant Little Leaves est à écouter en boucle cet automne et entre par son enthousiasme, par le brio des mélopées charmantes et entrainantes dans le top des albums 2013 sur Piggledy Pop. Je remercie mon ami et équipier pop Philippe Lavergne, qui de l’autre côté de l’atlantique apporte son aide précieuse et de très bon goût !  
   

lundi 7 octobre 2013

Hey Marseilles

Hey Marseilles est une formation indie-pop de Seattle comptant six musiciens, parfois sept, dont Nick Ward à la mandoline et guitare, Matt Bishop, chant et guitare, Jacob Anderson au violon, Sam Anderson au violoncelle, Colin Richey à la batterie, Philip Kobernik à l’accordéon et piano, Ahamefule Oluo à la clarinette et trompette. Arrivé en 2010 sur les scènes indépendantes, le groupe compose des mélodies pop orchestrées et arrangées dans une veine proche des Decemberists. Excellents auteurs-compositeurs, le duo Matt Bishop et Nick Ward commence à jouer en 2006, à l’université où il rencontre Philip Kobernik. Les trois amis recrutent vite pour enregistrer l’opus To Travels & Trunks dès 2008. Leurs mélopées ornées de pop orchestrale qui parlent d’amour et de voyage sont largement diffusées sur les radios locales, puis les blogs où les critiques les encensent. Les deux années qui suivent sont consacrées aux festivals et concerts, puis Hey Marseilles retourne en studio pour proposer le single deux titres Elegy en 2011 dont Cafe Lights resplendit de charme par son orchestration et son texte romantique.



En mai 2013, Hey Marseilles marque son retour avec un deuxième album Lines We Trace fleuri de ritournelles délicates, écrites tour à tour par Sam Anderson, Bishop, Ward, Richey, Kobernik. Chacun y écrit son titre et parfois écrivent à l’unisson, créant une parfaite symbiose au sein du groupe qui s’entend et donne une impression fort plaisante de cohésion à l’écoute. Tous les titres ont une élégance et une classe, dans le chant ou les paroles. Les arrangements de trompette, des violons, violoncelles sublimes sur Rainfall et Demian, guitares, de la clarinette magique sur Tides et de la harpe qui illumine Building Glare, de toms rythmiques galopants sur Looking Back enrichissent l’album, hautement mélodique, lyrique, une réussite totale. Lines We Trace est garni d’instruments parfaitement dosés par les fabuleux Hey Marseilles et son écoute garantit un moment savoureux. 


dimanche 6 octobre 2013

Prefab Sprout

Groupe formé par l’auteur-compositeur Paddy McAloon à Newcastle, Prefab Sprout a pendant les années 80, systématiquement été classé dans le charts anglais et gagné un succès international. Le premier single de 1982 Lions In My Own Garden (Exit Someone) est dédié à une demoiselle française dont Paddy est amoureux et dévoile dès lors l’écriture romantique et poétique de l’artiste. Swoon, l’opus de 1984 alignera aussi des mélodies pop sur des mots lyriques et sentimentaux. L’album qui offre la belle renommée et hisse Prefab Sprout au sommet des classements et des ventes de disques est Steve McQueen. Les textes claquent, tranchent et vrombissent avec un ton sarcastique, toujours élégant et métaphorique pour évoquer l’infidélité, les regrets, l’amour sous forme de plaisirs gustatifs dans Appetite ou encore dans le mélancolique Blueberry Pies.

La voix de Paddy est grandiose, limpide, chaleureuse et colle aux mots à la perfection. C’est aussi par les arrangements superbement ficelés que Prefab Sprout brille et passe les frontières en 1985 en sortant Steve McQueen sous le nom de Two Wheels Good pour le territoire américain. Le groupe anglais connaît la gloire outre-Atlantique et une énorme tournée suit, confirmant l’attrait pour les USA de Paddy McAloon, déjà présent sur Cars and Girls, sur The King of Rock 'n' Roll ou sur Venus of the Soup Kitchen soulignant sa passion pour la ville de New-York. Les sonorités brit-pop évoluent sur du folk, country ou du gospel avec Paddy, fan de Dylan qui joue de l’harmonica et qui signe en 1988 le disque From Langley Park to Memphis. L’album confirme par la qualité des orchestrations de guitares, basse, claviers, saxophone, harmonica et ensemble de cordes, composées et peaufinées par Paddy son don incroyable. Autour de lui, Pete Townshend vient jouer de la guitare, Stevie Wonder de l’harmonica et toujours son ami producteur Thomas Dolby qui une fois de plus en 1990 leur vaudra une nomination aux Brit Awards grâce à l’album Jordan: The Comeback. Entre-temps, l’album Protest Songs qui avait été écrit avant Steve McQueen est enregistré et pour le public c’est encore un coup de maître avec un record battu dans les charts anglais pour le titre Life of Surprises et l’audience applaudit son esprit juste et acerbe au sujet de la société anglaise sur le titre Diana. Après quelques temps de silence, Prefab Sprout revient en 1997, signant Andromeda Heights qui mènera le groupe en tournée jusqu’en 2000 mais qui éloignera aussi les membres du groupe de Paddy qui attiré par la religion, cherche des techniques musicales synthétiques aux résonances spatiales . En 2001, c’est l’enregistrement de l’album ingénieux dédié à l’American Wild West, The Gunman and Other Stories, produit par Tony Visconti qui remet Paddy et son frère Martin en selle sur un style country avec des guitares, de l’orgue, une rythmique diabolique avec des hand-claps puissants, du violon et violoncelle, une basse et une mandoline espiègles.


Demain, le 7 octobre 2013, Prefab Sprout fait son come-back avec un magnifique album Crimson/Red. D’une réussite époustouflante, Paddy McAloon a le même timbre de voix qu’il y a 30 ans, gracieux et ennivrant avec sa barbe de prophète et la même faculté à écrire des chansons efficaces, qui ont du sens et une trame mélodique forte. L’auteur nous fait part de ses influences comme Bob Dylan dans Mysterious ou encore Jimmy Webb dans Songs of Danny Galway, nous conte avec délicatesse les expériences vécues sur Adolescence, Songs of Danny, et Prefab Sprout virevoltant, energique et magique continue de nous faire danser avec un charme intemporel. Monsieur Paddy McAloon joue tous les instruments sur ce superbe album et comme par le passé quand il nous faisait voyager en compagnie de Jesse James, Dylan, d’Elvis Presley, de Stephen Sondheim, Bruce Springsteen, Georgie Gershwin sur Hallelujah, Mozart, de Manhattan, à Paris en passant par Dublin, Prefab Sprout nous embarque de nouveau pour une virée musicale princière avec Crimson/Red.
Piggledy Pop est fan !
PrefabSprout


samedi 5 octobre 2013

Saturday Looks Good To Me

Le groupe auquel on pense le samedi matin quand le reste du weekend est à venir, c’est ce fameux Saturday Looks Good To Me que j’évoque souvent sans lui avoir encore consacré de billet. L’univers sixties lo-fi, dream pop inspiré par le grand Phil Spector de l’auteur-compositeur Fred Thomas apparait sur l’opus Saturday Looks Good To Me en 2000. Le musicien, créateur et leader du groupe de Detroit était auparavant dans les formations Flashpapr et Lovesick avant de se lancer dans ce nouveau projet qui depuis ne cesse de signer d’excellents albums et de sillonner les scènes internationales indépendantes. En 2001 sort Cruel August Moon délivrant les facettes talentueuses du multi-instrumentiste Fred Thomas qui habille ses mélopées de violon, de clavier, batterie, basse et guitares, comme en 2002 sur Love Will Find You où les arrangements et les orchestrations de cordes renforcées par un xylophone, un orgue et un saxo, montrent son don pour l’écriture et la composition. Entouré d’une clique d’amis musiciens et de la chanteuse Erika Hoffmann, Fred Thomas mène Saturday Looks Good To Me en studio en 2003 pour peaufiner les géniaux et exquis All Your Summer Songs, puis en 2004 Every Night, tous les deux aux sonorités proches des Byrds, de Camera Obscura et des Magnetic Fields.
  
Travaillé en 2005 avec la chanteuse Betty Marie Barnes qui intègre la formation du Michigan jusqu’en 2008, l’album Sound on Sound contient les bonus et titres qui n’apparaissent pas sur les premières signatures et l’objet magnifique est un véritable keepsake mélodique stylé et intelligent. Les textes pudiques, d’une délicatesse absolue sont toujours savoureux, poétiques et naifs. En 2007, toujours brillant, productif, imaginatif, tout en assurant nombre de concerts, Saturday Looks Good To Me propose le magistral Fill Up the Room qui élève Fred Thomas au sommet de la pop.  
Fred Thomas, époustouflant sur scène, animé et fertile, crée Cold Colors en 2007 qui emmène la bande sur les routes américaines et européennes pendant plus d’un an. En 2008, pendant un court break, Fred Thomas met en place son propre label et finalement ne peut s’empêcher de jouer, produire, écrire et prend part à l’opus du groupe New-Yorkais World Atlas en 2010. WorldAtlasPiggledyPop Il revient en novembre 2012 avec le vinyle Sunglasses qui annonce la sortie du magique album de mai 2013, One Kiss Ends It All. A ses côtés, participent ses amis Betty Barnes au chant, Elliot Bergman présent depuis les débuts au saxophone, percussions, trompette, le bassiste Scott Deroche, Scott Sellwood à l’orgue, piano, claviers et Steve Middlebauff à la batterie. Réapparaissent sur One Kiss Ends It All, Invisible friend et Polar Bear suivi de Johnny, intemporel, comme the Everpresent New Times Conditions, qui en plus d’être dansant est savoureusement rétro, est amoureusement mélancolique. Saturday Looks Good To Me fêtera bientôt ses 14 ans et frais, spontané, devient même de plus en plus vigoureux, puissant et chaleureusement conseillé aux personnes de bon goût par Piggledy Pop ! SaturdayLooksGoodToMe