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dimanche 29 décembre 2013

Les yeux et les oreilles de Piggledy Pop en 2013



Inside Llewyn Davis / Bob Dylan, Dink's Song covered by Marcus Mumford and Oscar Isaac

Happiness Therapy / Alabama Shakes, Always Alright

From The Sea To The Land Beyond / British Sea Power, The Land Beyond

Frances Ha / Bowie, Modern Lover


Prince Avalanche / Explosions in the Sky & David Wingo

 Jappeloup / Thin Lizzy, Dancing in the moonlight

Not Fade Away / Rolling Stones

Warm Bodies / Troggs, A girl like you

Wicker Park / Mazzy Star, Flowers in December

50/50 / Radiohead, High and Dry

Oblivion / Daft Punk, Beyond




Brooklyn Brothers Beat The Best /  Brooklyn Brothers

Garden State / Simon & Garfunkel, The Only Living Boy in New-York

vendredi 27 décembre 2013

Eye Travel

Découvert il y a quelques jours, Still Twinkle Like Stars in my Brain signé de Eye Travel, constitue à mon goût, un des meilleurs albums 2013, sorti il y a 20 jours. Derrière ce pseudo, il y a une jolie personnalité du nom de Christoffer Andersson, artiste suédois qui vit à Göteborg. Auteur-compositeur de talent, sa belle âme et sa sympathie sont appréciées dans le milieu indie-pop et elles transparaissent dans ses chansons. En 2010 Eye Travel signe son premier single Every Little Smile, puis au printemps dernier fait paraitre un deuxième single Calm Water. Les deux titres sont prometteurs, magnifiques, offrant des mélodies jouées à la guitare qui évoquent Paul Simon ou Bob Dylan. La sensibilité se perçoit autant dans les cordes pincées et taquinées de la guitare que dans son grain de voix, touchant et efficace. Avec une tonalité dans le chant qui fait penser à Cat Stevens ou Peter Von Poehl, Eye Travel nous emmène dans son univers particulier. Orchestré avec des cuivres, basses, tambourins, guitares et pianos, Still Twinkle Like Stars in my Brain, sorti le 6 décembre 2013 est savoureux et généreux. Accrochant l'oreille, les mélopées sont rythmées, dansantes ou plus langoureuses.


Les textes qui ornent l'album sont tout aussi gracieux que les mélodies, écrits autour des thèmes du temps, du voyage, de l'amour comme I can be Your Window que Eye Travel peaufine en 2007 chez ses parents, inspiré par le Wonderful World de Paul Simon. Tel un exégète raffiné et adroit, Christoffer Andersson propose des émotions musicales intenses en héritage et titille intelligemment les vastes thèmes de la valeur morale et de l'humanité. Cette influence se retrouve aussi sur March (i wrote it for Us), dansant et joyeux qui donne envie de se lover dans les sifflements et la rythmique entrainante. Les chansons étaient dans un premier temps enregistrées à la maison entre 2006 et 2008 avant que Christoffer ne rencontre le producteur Charlie Storm qui arrange l'ensemble des titres en studio avec à leurs côtés le guitariste Magnus Tengby et parfois un ensemble de 25 musiciens. Les orchestrations de violons superbes et fines, les choeurs gospel sur les rythmiques édifiantes de Soldiers Without Guns prouvent un sacré talent d'écriture et de construction de chansons. La basse et les cuivres sur Our Journey, où l'orgue et le clap hands se faufilent, forment une mélodie pop réellement belle et aboutie. When the Colours Are Changing boucle l'écoute avec le chic de Eye Travel pour mêler les sentiments amoureux aux saisons. En s'immergeant dans Still Twinkle Like Stars in my Brain, on éspère pouvoir prolonger la magie, enveloppés des harmonies prononcées et griffées de l'artiste. Le répertoire acoustique de Christoffer est souriant. Il sait jouer, jongler avec des instrumentations orchestrales avec souplesse et marier les textes aux mélodies avec adresse. Eye Travel, magnifique songwriter est un des coups de coeur de Piggledy Pop de 2013. 

mardi 24 décembre 2013

Bill Ryder-Jones

Bill Ryder-Jones est un auteur-compositeur originaire du Cheshire, coeur musical battant entre Liverpool et Manchester où le musicien fait ses armes en tant que guitariste entre 1996 et 2008 au sein de The Coral. Après les cinq premiers albums du groupe, Ryder-Jones part pour une aventure en solo en 2008 qui prend aujourd'hui le profil d'une bien belle carrière. En 2011, son opus If dévoile un travail de composition excellent, instrumental et symphonique qui laisse entrevoir déjà les prochaines collaborations avec le cinéma. If déroule les 10 titres comme une bande-son de film, avec des orchestrations très étudiées et proches d'oeuvres classiques. Musique de chambre, envolées de cordes se mêlent sur le thème du roman oulipien de 10 volets d'Italo Calvino Si par une nuit d'hiver un voyageur qui inspire Bill Ryder-Jones. Les 10 titres accompagnent les 10 chapitres du roman, offrant parfois le chant de l'anglais, somptueux et délicat, comme sur Leaning (star of Sweden). Bill Ryder-Jones a de multiples influences qui se retrouvent sur If comme celle des Gorky's Zygotic Mynci, Nick Cave que l'on perçoit sur Give me a Name ou Syd Barrett qui vient hanter de sa superbe le titre Enlace. Aimant les compositeurs de films, Ryder Jones compose et enregistre l'album soit dans la maison de sa mère avec les guitares comme sur Le Grand Desordre soit les parties orchestrales avec le Royal Liverpool Philharmonic Orchestra et le Scandinavian Church of Liverpool. En 2011, Bill enregistre l'EP Submarine avec son ami Alex Turner des Artic Monkeys avec qui il assure la tournée internationale cette même année. 



Parrallèlement, Ryder-Jones ne cesse d'écrire pour le cinéma avec ses débuts pour des court-métrages en 2009, Leave Taking de Laurence Easeman, en 2010 It's Natural to Be Afraid de Justin Doherty, en 2011 Bed de James Lees pour enfin recevoir sa première commande de bande originale de 26 titres magnifiques en 2012 pour le film Piggy de Kieron Hawkes. En avril 2013, l'artiste signe son deuxième album studio A Bad Wind Blows in My Heart où son talent de composition et d'écriture s'épanouissent et Bill Ryder-Jones brille dans son exercice en y apposant son chant touchant et émouvant. Les 11 titres proposent des balades folk, pop, avec des arrangements fleuris de piano, de guitares, basse et d'une rythmique sensuelle. Les textes personnels, narratifs, qui reviennent à son enfance, emploient des métaphores qui donnent un aspect fort poétique à l'ensemble et montre le réel don d'écriture et la passion pour la littérature de l'auteur. By The Morning I et Wilds Swans rappellent  les ambiances pop des écuries écossaises et galloises du genre, comme les Pastels et les Gorkys auxquels on pense en s'enveloppant du génial Christina That's the saddest Thing. L'instrumentation riche montre que Ryder-Jones avec sa modestie naturelle est un musicien-maestro qui commançant jeune à jouer du violon, du piano dont il dit qu'il "arrive tout juste à sortir des sons corrects", assure sur A Bad Wind Blows in My Heart la guitare, la basse, la batterie, le clavier et piano, et comme il le dit "entre deux clopes" il joue même de la guimbarde. L'ambiance musicale est suave et entrainante, nostalgique avec un retour à ses sentiments d'antan mais avec de jolies notes d'ironie et d'humour comme sur You’re Getting Like Your Sister. Elegance et courtoisie sont présentes sur les morceaux de A Bad Wind Blows In My HeartBill Ryder-Jones se révèle aussi chaleureux qu'impressionnant de charisme. Pour Piggledy Pop, il s'agit d'un des meilleurs disques de 2013 et que je conseille, évidemment.  


dimanche 22 décembre 2013

Pleyel

En novembre, la presse a annoncé la fermeture des ateliers de fabrication des pianos Pleyel à Paris. Il s'agit des derniers ateliers français mais aussi européens, le marché du vieux continent qui a vu naître Mozart, Chopin, Litzt et Haydn ne fait plus face au chinois ni au coréen. 1757, Ignaz Joseph Pleyel nait en Autriche où parrainé par le comte Ladislas Erdödy, il beneficie de l'apprentissage du piano auprès de Haydn jusqu'à ses 15 ans. Déjà, une grande amitié lie les deux musiciens qui se retrouveront des années plus tard. En 1784, Pleyel a 27 ans et déjà son travail intrigue et des admirateurs se dévoilent comme Wolfgang Amadeus Mozart qui écrira cette année là : "il vient de paraître des quatuors d'un certain Pleyel qui est un élève de Joseph Haydn. Si vous ne les connaissez pas encore, essayez de les trouver, ils méritent toute notre attention" ou encore une lettre de Mozart qui confie à son père au sujet de Pleyel : "C'est un bonheur pour la musique" .
A à peine 20 ans, Ignace Pleyel, est maitre de chapelle et à 30 ans, il part en Italie où le roi de Sicile lui fait une commande d'opéra en 1785, année où il va vivre à Strasbourg pour devenir l'assistant maitre de chapelle de François Xavier Richter. 1789, Richter meurt et Pleyel le remplace quelques temps car la révolution française le pousse à fuir à Londres où il retrouve Haydn. Ensemble ils assurent nombre de concerts dans la capitale anglaise de 1791 à 1792, parfois l'un contre l'autre quand l'élève dépasse le maître en compagnie du compositeur Johann Salomon. Pleyel revient en France, achète un château près de Strasbourg et craignant la Terreur, emprisonné et menacé, pour sauver sa tête, il compose avec son ami Rouget De L'Isle des chants comme l'Hymne pour la liberté


Salon de musique Pleyel, rue Rochechouart, Paris 1893 (Eugène Ysaÿe, le violoncelliste Joseph Jacob, MM. Crickboom et Van Hout et Claude Debussy assis au piano)

Ignace Pleyel, prolifique, réputé et respecté pour son talent de composition, signe après Temple de l'Être Suprême, Le jugement de Paris, des opéras, des concertos pour clarinette, violon et violoncelle, une pléthore de compositions de musique de chambre, plus de 40 symphonies, avec une technique particulière qui attire l'attention. En 1794, il s'installe à Paris avec femme et enfants, y monte son premier commerce de vente de partitions et une maison d'édition. Dans ce domaine, il sera précurseur en étant le premier à éditer les partitions en format de poche. Depuis 1797, la maison d'édition Pleyel qui fait paraitre à ses débuts les oeuvres de Haydn et de Beethoven, publiera plus de 4 000 compositions. C'est en 1802 qu'il peaufine son premier piano qui a la particularité d'avoir les cordes frappées par un marteau et non plus pincées et dépose ce brevet en 1807. Avec la collaboration de Charles Hemme, la Manufacture des pianos Pleyel ouvre ses portes en 1809. Il y en aura des adeptes de l'instrument Pleyel à la mécanique légère, sensible au toucher avec des touches lourdes qui rendent les notes élastiques et aériennes, comme Saint Saens, Debussy, Liszt, et surtout Chopin. Ce dernier est un fidèle de l'écurie Pleyel et tombant amoureux de l'élègance et la grâce du piano Pleyel s'écrira :"Les pianos de Pleyel sont non plus ultra". Plus tard Chopin, devenu intime, ami fidèle, s'investira dans la Société Ignace Pleyel & Compagnie fondée par son fils Camille Pleyel en 1829. Camille s'associe en 1830 à Kalkbrenner, compositeur ami de Chopin et professeur de piano de Marie Pleyel et du compositeur-chef d'orchestre Charles Hallé, pour lancer une fabrique de nouveaux pianos.


  
En 1820 on compte une trentaine de fabricants de piano en France, qui souvent ouvrent leur salon et salle de musique comme le fameux et resplendissant Salon de musique Pleyel à cette époque, qui se trouve rue Cadet à Paris où Frederic Chopin donne son premier concert en 1832 et son dernier concert en 1848. Près de Blanche, Marcadet et Rochechouart, la fabrique de pianos Pleyel en 1830 fait vivre plus de 200 ouvriers (900 ouvriers en 1890) et le complexe énorme aux affaires florissantes qui comprend une scierie gigantesque, une multitude d'ateliers, offrira également rue Rochechouart la deuxième plus grande salle de concert au monde de 550 places. Une plus modeste sera ouverte également au siège Pleyel rue Richelieu jusqu'à ce que celle du Faubourg Saint-Honoré, toujours en place, ouvre ses portes. La Salle Pleyel inaugurée en 1927, dont le sol et les murs sont art-déco, a accueilli le jeune Camille Saint-Saëns âgé de 11 ans pour son premier concert, Cortot, Debussy, Liszt, Rubinstein, Hiller, Stravinsky est devenu en 90 ans un haut lieu musical international que les artistes contemporains venant du classique ou du rock admirent. Ignace Pleyel mort en 1831, avant-gardiste brillant, invente une sonorité en créant le cadre métallique ou introduit le piano droit en France et son fils Camille aussi compositeur et pianiste continue la même aventure en créant de nouveaux pianos aux allures romantiques dont les marteaux effleurent délicatement les cordes. En deux siècles, 250 000 pianos Pleyel ont été fabriqués et vendus. Quand dans les années 2000, le propriétaire de la salle Pleyel décide de regrouper les désormais 3 seuls fabricants français de pianos, Erard, Gaveau et Pleyel à Alès, c'est pour que cette Manufacture des pianos français d'Alès annonce en 2007 la fermeture de ses ateliers. Regroupés dès lors à la fabrique Pleyel de Saint-Denis bâtie en 1865, tout fermera à la fin de l'année sans que les investisseurs publics ou privés y prêtent la moindre attention. Tout ceci est bien voilé et bien bouché. L'indifférence ne coûte pas cher, heureusement il reste toujours les burgers à engouffrer devant les matchs de foot. Mais en 2014, c'est Pleyel qui ne jouera plus. 

Patrick Watson à la Salle Pleyel 



mardi 17 décembre 2013

Xmas compilation

Charlie Chaplin - Stop the cavalry - For Christmas

Music video by Bing Crosby & David Bowie performing The Little Drummer Boy / Peace On Earth

John Lennon - Happy Christmas (War Is Over)

Sufjan Stevens - Put the Lights on the Tree

Brett Dennen - "Holidays are Here (And We're Still at War)"

The Ramones - Merry Christmas (I Don't Want To Fight Tonight)


Last Christmas cover by Erlend Oye

The Wave Pictures - I Love You Like a Madman

She & Him - Baby, It's Cold Outside

Bruce Springsteen - Santa Claus Is Comin' To Town - 2007


Carol Of The Bells by The Bird And The Bee

Nat King Cole Chestnuts Roasting On An Open Fire



The DandyWarhols - Little Drummer Boy
 

Come On Santa - The Raveonettes


Aimee Mann - Christmastime


Hawksley Workman - 3 Generations

Darren Hanlon - I Wish That I Was Beautiful For You

The High Fidelity - Buy yourself an Omnichord for Xmas

Weird Fishes/Arpeggi- Radiohead (Dr. Who "A Christmas carol")

Grandaddy - Alan Parsons in A Winter Wonderland

Sarah Vaughan sings "My Favorite Things"

Belle and Sebastian - O Come, O Come, Emmanuel

vendredi 13 décembre 2013

Andrew Keoghan

Andrew Keoghan vient de Nouvelle-Zélande pour proposer en 2011 son opus Arctic Tales Divide et peaufine actuellement son deuxième album entre Auckland et New-York. De formation classique, violoniste, il est auteur et compositeur de ses mélopées pop, finement arrangées avec du piano, cor, ukulele, violon et des guitares brillantes qui accompagnent sa voix cristalline. Les cuivres présents sur les titres offrent en parcimonie des particules pop baroque et orchestrale qui s'approchent du style de Sufjan Stevens sur un chant délicat qui évoque Thomas Dybdahl. L'album est magnifiquement mélodieux, abouti et construit avec savoir-faire. Andrew Keogan qui travaille avec son compatriote Lawrence Arabia aux arrangements de The Sparrow, coopère à l'album Christopher des The Ruby Suns, signe des titres rythmés où il joue de la guitare, du piano, du violon, joint par le producteur de l'album Wayne Bell qui est aussi à la batterie et aux percussions, Jol Mulholland à la basse et guitare, Gareth Thomas qui joue au sein de Goodshirt est aux claviers, Ben King du groupe Goldenhorse à la guitare mais aussi au chant avec Victoria Girling-Butcher qui parallèlement joue pour Lupin et Lucid 3
Les thèmes du voyage dans le temps et l'espace y sont soulignés avec élégance, les titres nous invitent à visiter l'Artique ou le cosmos, dans une atmosphère de contemplation et de fascination. Pour le voyage dans le temps, Andrew Keoghan utilise pour l'enregistrement son violon vieux d'un siècle qui appartenait à son grand-père, l'utilisant comme une guitare sur certains titres. Fan de Bob Dylan, Leonard Cohen et des Beatles, Andrew Keoghan qui apprend à 8 ans auprès de sa mère professeur de piano à jouer avec les notes et les accords, mêle ses influences classiques d'enfance à ses goûts musicaux d'adulte ainsi que ses influences de globe-trotter en amerique du sud avec la rythmique samba de Rio qui se faufile dans les chansons. Le single Ca va bien merci est un clin d'oeil à Serge Gainsbourg. La poésie et les harmonies pop folk, les instrumentations variées et alternatives habillent les 11 titres contenus dans Artic Tales Divide qui est à mes oreilles un des meilleurs albums de ces deux dernières années. Andrew Keoghan et sa voix touchante, majestueuse, a d'ailleurs reçu le Taite Prize de 2012 et est classé dans le top 30 des artistes par le Time-Out. A découvrir absolument ! 


jeudi 12 décembre 2013

Evripidis and his Tragedies

Evripidis Sabatis est un artiste grec aux talents multiples, musicien et écrivain, qui s'établit à Barcelone en 2004. Indépendant il crée en 2007 le projet Evripidis and his Tragedies qui est label et nom de groupe pour pouvoir produire librement son album éponyme de 15 titres. Auteur-compositeur interprète, il arrange aussi avec beaucoup d'inspiration ses compositions pop et s'entoure d'une jolie troupe de musiciens comme Marc Ribera, également un designer très réputé, Manel Ibañez à la guitare et clarinette, Rafa Ibañez au saxophone, Iker Glez à la basse, Jaume Ribell à la batterie, Cristina De Sola au violon, et se joindront plus tard Xavier Tort à la trompette, Sergi Puyol à la guitare électrique et banjo, Luis Berges à la mandoline, Santi Rivas au ukulele, Carlos Carbonell à la clarinette, les trois guitaristes Adrian de Alfonso, Aleix Clavera, Borja Rosa et Anie Arjona aux percussions. Avec des choeurs qui évoquent la sunshine pop des Beach Boys, des chanteurs et chanteuses accompagnent Evripidis depuis l'opus : Marisol Simó, Anie Arjona, Nora Gala, Odil Bright, Pedro Luis Martinez, Marc Ribera, Victor Antolin également bassiste. Les mélodies sucrées sixties, pop baroque, écrites par Evripidis Sabatis sont collégiales au chant mais aussi parfois aux arrangements.
  Fan de David Bowie, Phil Spector, Jonathan Richman, Pulp et de Stephen Merritt à qui il rend hommage en 2008 sur l'album de reprises 21-song tribute to The Magnetic Fields avec le titre Time enough for rocking when we´re old, Evripidis Sabatis sait faire jongler les cordes, piano et rythmiques avec une belle présence et un charisme certain. Ses textes parlent de son départ d'Athènes, du manque et de l'absence, comme sur le titre Abroad qui ouvre le bal, mais aussi de l'Europe, de la musique, de l'amour comme sur Euroyéyé, sur l'épique Transylvania qui laisse entrevoir le travail à venir romantique, aux variations musicales médiévales : Historia de la Espuma. Cet album est une bande-son de 9 vidéos stylées, signées du catalan David Bestué, qui précède un autre travail de la même veine en 2013, Hombre Caminando, titre soundtrack pour le court métrage de Jordi Cussó. Après l'EP deux titres de 2010 consacrés aux transports avec Motorbike et Dreamboat, Evripidis and his Tragedies sort en 2011 un sublime album nommé A healthy dose of pain. Les mélodies y sont construites comme des scénarios, les textes délicats sont ornés d'humour, l'ensemble est intemporel et multi-culturel avec des influences du folk grec, espagnol dans les percussions, pop sixties californiennes et britpop avec des harmonies proches de celles des Beatles
La mélancolie et la nostalgie y sont précieuses et élégantes, arrangées de manière à rendre l'ensemble dansant et gai par exemple sur le titre Take a healthy dose of pain où la voix mélodieuse d'Evripidis Sabatis annonce dans une atmosphère rétro et classe "take a healthy dose of pain, it will ground you and make a better man of you. Caress softly your grandfather´s beret, remember how he used to take you in his arms, sing you songs and slip money in your pocket" ou sur Before it's over "When you taste the fruits you always let, their juice stain your chin and fingers. It reminds you of being a messy little girl, the rebel on the family table. Maria, you don´t need any lover"
A Healthy Dose of Pain d'Evripidis and his Tragedies qui mêle la pop à des arrangements classiques sur les thèmes nostalgiques de l'enfance, romantiques du mariage, est un keepsake d'images et de mélodies aux notes méditerranéennes qui assure un dépaysement total à son écoute, surtout quand l'amateur de cinéma et de poésie, Evripidis Sabatis boucle l'écoute en chantant en espagnol sur le bonus track Este Verano

mardi 10 décembre 2013

Alexander Von Mehren

Le mozart de la pop droit venu de Norvège, Alexander Von Mehren, à 4 ans découvre le piano et consacre ses dix années suivantes à apprendre la musique classique. Suivant des études à l'université, il dirige en plus un orchestre symphonique local et le week-end, il passe des disques de french-pop dans une boite appelée "bibliothèque musicale" à Bergen. Quel ambassadeur et quel honneur! Etudiant en langues, il s'intéresse à la science et à la psychologie. Alexander est passionné, inspiré, se nourrit de jazz et de rock toutes ces années. Son amour pour la culture musicale française le conduit à participer à l'album Le Génie Humain du groupe de Nancy Orwell, à reprendre Stereolab avec Hillbilly Motobike sur The Politics Of Photosynthesis (Stereolab Tribute), à travailler avec les High Lamas, Modular, William Hut qu'il accompagne au grand piano avec le Bergen Philharmonic Orchestra à Grieghallen, 2007. Il accompagne également Espen Horne de Kinny & Horne en 2006 sur la compilation Saint-Germain-Des-Prés Café 7




De formation classique ce virtuose du piano qu'il étudie des années découvre la culture pop et s'y plonge corps et âme en apprenant à jouer de la guitare, du vibraphone, de la basse. Passionné de l'univers rétro futuriste de la musique des années 60' et 70', il grandit dans l'atmosphère indie post-scène rock américaine en écoutant The Sea and Cake ou David Axelrod. Alexander Von Mehren n'est pas seulement un amateur de pop, il s'active et contribue à un renouveau du genre en composant depuis 5 ans. Il ne cherche pas à reproduire mais il malaxe ses influences qui se chrysalident et analyse tout ce qu'il écoute pour en reformer de fraiches mélodies. Depuis 2007 et sa présence aux côtés d'Orwell à l'orgue, piano, guiro, aux arrangements de cordes du titre Sun Holiday, il crée en Norvège La Bibliothèque Musicale qui consiste, avec l'aide d'un de ses amis Audinho da Vitrola, à un concept concert mêlant l'audition et le visuel sur des airs sixties, en grande partie francophones. 2009, Alexander prend part à l'album Sticks du français Chris Joss en jouant du vibraphone sur Tea Age Sea mais aussi travaille au côté du finlandais Le Futur Pompiste
  Multi-instrumentiste, arrangeur et producteur de 30 ans fait montre d'un charisme merveilleux. Il honore la pop française et ses influences mélodiques vont de Gainsbourg à Françoise Hardy en passant par Bertrand Burgalat. Sa voix, fleurie et suave, nourrit la création exceptionnelle de l'artiste de textes écrits et interprétés dans un excellent français. En 2010, le voici en piste avec Aéropop, son premier album. Alexander Von Mehren enregistre dans son studio chez lui et se joignent à lui ses amis et acolytes musiciens : le guitariste Fredrik Drønen, Erlend Alm Lerstad, Erik Johan Bringsvor et Chris Joss, Sigurd Fischer Olsen aux cordes, Siri Eimhjellen Oie, Eline Rodvelt Hansen et Andy Nice, Ina Walde, Tor Erik Pettersen Seim, Erlend Hausken, Silje Veit et Marius Solevåg Eide, les chanteurs Mari Kvien Brunvoll, Nathalie Nordnes, William Hut et Lise Seth ainsi que des membres des High Llamas, Orwell et de Modular. Ce feu d'artifices de Moog, synthé et orgues, de savoureuses guitares, de tambourins, flûtes, saxophone, vibraphone, trompettes, trombone, cor, appelé Aeropop vient d'être réedité avec des inédits en septembre 2013. Ce magnifique objet de 20 titres avec 6 aerosuites allant du style pop baroque au groovy symphonique de la basse qui conclut avec Aérosuite Partie G Survol de l'Amérique et constitue le cadeau idéal au pied du pinède. 


 

mardi 3 décembre 2013

The Ballet

The Ballet est un trio new-yorkais, mené par l'auteur-compositeur et arrangeur Greg Goldberg et ses deux amis, Craig Willse qu'il rencontre en 2005 à l'université, par sur les bancs de fac mais dans la salle de professeurs, et Marina Miranda. Dès 2006 ils signent leur opus Mattachine! puis en 2009 Bear Life, ces deux albums sont actuellement déjà tous vendus et désormais en version digitale seulement. La synth-pop des débuts est aérienne, dansante, arrangée à la manière des compatriotes  Voxtrot ou des écossais de Belle and Sebastian. Le lyrisme qu'appose Greg Goldberg dans ses textes est envoutant. Sur ces deux premiers albums, les mots sont naifs, francs avec des thèmes contemporains évoqués comme les relations amoureuses et ses ambiguités. D'autres sujets de société comme la guerre y sont soulignés poétiquement, avec beaucoup d'élégance et le chant sublime de Goldberg leur donne davantage de magnificence. Les compositions sont jouées essentiellement au synthétiseur mais il y a aussi des mélodies enorgueillies de guitares, de violons, de handclaps comme When You Go Dancing, des rythmiques endiablées sur I'm Going Through a Personal Transformation, du glockenspiel ravissant sur Kitty
Le cocktail de sonorités pop, parfois lo-fi, revient avec le dernier album sorti en juin 2013 au nom éloquent, I Blame Society. Les instruments prennent place au côté du synthétiseur, la basse y est royale et nous love dans une ambiance joviale et dansante. L'electro-pop de The Ballet est sucrée, charmante et les mélodies qui se suivent sont d'une qualité constante. Signé chez Fortuna Pop, l'album est abouti, efficace, avec des textes qui traitent des mêmes thèmes mais avec des expressions moins juvéniles, des formes plus matures et profondes. Batterie, basse, guitares et violons nous convient à une escapade pop dès Alright, parfait titre pour attaquer le repertoire offensif. Cruel Path, nous emmène dans la rythmique sensuelle du mouvement des hanches avec Greg qui entonne "we should go dancing" quand la basse continue ses taquineries sur Difficult Situations avec des guitares sixties et des maracas ensoleillés. Le délicieux Feelings aux sonorités eighties qui ranimerait toute la scène de Manchester pose le décor et le beat libéré donne infiniment envie de les balancer ces hanches. Le tempo et la résonnance splendide des guitares sur Meaningless, au profil coldwave est touchant par sa mélodie et son texte "i’ve got no wedding dress, i’ve got no diamond ring, no vows or crowd to address, i guess my love is meaningless" mettant le doigt sarcastique et mordant sur le sujet qui lui tient à coeur, le mariage. Too Much Time, plus gai que Is Anybody Out There, continue dans l'élégance et la délicatesse et sont suivis du brillant Turn You. Sorry sort la cavalerie de synthétiseurs et d'effet dans le chant nous propulsant dans les années 80, pour conclure sur le génial All the Way que les amateurs du Velvet Underground pourront apprécier. The Ballet sont indéniablement les héritiers du grand Lou Reed de par les harmonies intelligentes de Greg Goldberg mais aussi évidemment, par la belle bataille qu'ils mènent pour le respect des individualités et leurs libres choix. Ramesh de Voxtrot et Linton des Aislers Set viennent jouer et chanter sur les albums de The Ballet qui après avoir assuré des concerts avec Hidden Cameras, Voxtrot, Dear Nora, the Felt Tips, de Stockolm à Munich, de Londres à Glasgow, sera présent au Popfest de New-York en juin prochain avec The Smittens, Making Marks, les Silkies et croisons les doigts, peut-être un jour à Paris. 

lundi 2 décembre 2013

The Olms

The Olms est un nom de groupe concis mais il y a derrière cet alias deux multi-instrumentistes, auteurs- compositeurs au talent illimité et riche, J.D King et Pete Yorn. Le premier, troubadour californien qui avec sa guitare acoustique et son harmonica transforme ses chansons countryfolk en potions magiques, a signé deux albums, en 2006 American Mercury et en 2008 Here's J.D. King. Il a un coup de coeur a 10 ans en découvrant les vinyles des Beatles et d'Elvis Presley, prend des leçons de piano, guitare et apprend seul, la flûte, clarinette, basse, saxophone. Adolescent, J.D King  rencontre Thurston Moore (Sonic Youth) à New-York et créent ensemble, avec le bassiste Bob Pullin et le batteur Danny Walworth le groupe The Coachmen. A 21 ans et une flopée de chansons en poche écrites depuis qu'il a 17 ans,  on le décrit comme "a old soul", spirituel et philosophe. J.D King est un artiste complet qui pose parfois sa guitare pour dessiner et peintre, illustrateur de métier et récompensé par des awards (American Illustration), il expose, crée des bandes-dessinées et travaille pour le Newsweek, New-Yorker, Fortune, Time, etc. 
Quand au second artiste, du New-Jersey, cela fait 13 ans que l'on savoure ses compositions avec l'opus de 2001 Music for the morning after suivi depuis de 6 albums dont celui de 2009, Break-up en duo avec Scarlett Johansson, inspiré par le duo Gainsbourg/Bardot qui recolte un bon succès. Mais Pete Yorn n'est pas que ce succès commercial, loin de là. Dans la lignée de Donovan, Elliott Smith, Mark Kozelek et son ami J.D King, Yorn est un troubadour, un auteur avec des textes et des mélodies intemporelles que j'écoute depuis 2001 quand le magazine Rolling Stone le classe dans le top 10 des artistes de l'année. Day I Forgot de 2003 puis Nightcrawler de 2006 l'emmènent sur les routes partageant la scène avec Foo Fighters, REM, Crowded House etc, travaille en studio avec Don Fleming de Sonic Youth et invite sur ses propres enregistrements le guitariste Peter Buck de REM ou encore Frank Black des Pixies qui produit le dernier album éponyme en 2010 de Pete Yorn.

  

Yorn fan de l'album Here’s J.D. King invite son mentor à partager une tournée et il en résultera la jolie collaboration The Olms qui commence en 2011 avec l'album Twice as Nice. Le duo en parfaite osmose compose et écrit des titres aux résonances country avec des textes narratifs qui nous embarquent dans l'Ouest américain, bercé par une atmosphère de saloons et de l'épopée des chercheurs d'or. Leur amitié musicale nous propose en juin 2013 un superbe album nommé The Olms qui nourri des influences du duo, est solidement construit autour des styles rock progressif, country-folk, et pop sixties. Le disque offre une ribambelle de sonorités et d'instruments qui sont crédités aux noms des deux artistes. J.D King y joue de la guitare, flute, accordéon, banjo, orgue, trompette, cymbales, clarinette, violoncelle et Pete Yorn, guitare, batterie, piano, tambourin, orgue, percussions et basse. Tous les deux se partagent le hand-clapping, le chant et la composition. Tandis que J.D King me fait penser aux Byrds et The Animals sur le titre Only One Way, ses textes mélancoliques sont amoureux, pleins de musicalité sur des mélodies dignes de celles des Beatles comme Things We Said Today, On the Line, ou Wanna Feel It où l'esprit sixties vient se glisser dans les arrangements. Another Daydream et Twice As Nice contiennent des harmonies qui évoquent Pet Sounds. Le duo propose un disque magnifique, aux influences diverses et griffé de leurs propres styles qui se marrient excellemment bien. The Olms est un objet de grande qualité et ces deux fans des Kinks et des Ramones forment un duo lumineux et émouvant.  


dimanche 1 décembre 2013

Yellowbirds

Le monde musical de Yellowbirds, originaires de Boston et désormais installés à Brooklyn, est totalement aspirant. Dominées par les guitares, guidées par les synthétiseurs, agrémentées de rythmiques dynamiques, de harpe, flûte, trompette, tambourins, clarinette et d'orgue, les chansons écrites par le leader Sam Cohen sont dotées d'un psychédélisme fabuleux. Peu étonnant d'apprendre que l'auteur-compositeur est aussi musicien fondateur des Apollo Sunshine mais aussi guitariste pour Joseph Arthur, Norah Jones, producteur des The Bandana Splits ou encore musicien arrangeur de l'album hommage à Bob Dylan, Paupers, Peasants, Princes & Kings: The Songs of Bob Dylan. Dans la lignée des Olivia Tremor Control avec un style proche de The Clientele, les singles de 2010, The Rest Of My Life et The Honest Ocean ouvrent la marche pour Yellowbirds qui prend son envol en 2011 avec l'album de 11 titres, The Color. Sam Cohen, charismatique à la composition, chant, guitare, batterie, basse, cithare et claviers enveloppe ses titres de sa voix majestueuse et maitrisée à la façon Hazelwood ou Morrissey. A ses côtés, les quatre acolytes musiciens forment en choeur élégant, George Lewis Jr à la basse, Wynne Bennett à l'orgue, Max Koepke à la guitare classique et cithare, Brian Geltner à la batterie et un ensemble efficace. 
Sam Cohen nous conte des histoires, nous transporte dans le temps et l'espace avec ses métaphores et ses harmonies variées, ses arrangements alternatifs. L'effet kaléidoscope est garanti avec Honest Ocean ou Pulaski Bridge et le style sixties comme sur The Color, les ballades pop, rock, garage parfois, sont fort réussies. Le jeu puissant des guitares de Yellowbirds est impressionnant de qualité. The Reason qui boucle l'écoute de The Color nous offre l'agréable sensation que les Beatles viennent hanter le titre. L'influence quatre de Liverpool se confirme sur le deuxième album sorti en mai 2013, Songs From The Vanished FrontierSam Cohen dévoile un sacré talent de compositeur. Si Yellowbirds se pose en héritier de Lennon, McCartney, Harrison, il y a aussi des arrangements qui explorent le genre sunshine et pop orchestrale proches de Van Dyke Parks ou de Phil Spector. Les instruments, la batterie de Brian Kantor, la guitare et clavier de Josh Kaufman et la basse, guitare, orgue et synthétiseur de Sam Cohen, se mêlent avec harmonie. Les mélodies gardent un aspect spontané et underground qui m'évoque la musicalité du Velvet ou de Cardinal. Les textes sensuels ont un beau cachet et un raffinement qui émeuvent. La poésie des mots est un bain d'émotions et la personnalité de Sam Cohen, renversante de sincérité. Cette fraicheur se retrouve sur le dernier album Across The Whipplewash dont le schéma est un soundtracks avec des notes encore plus sixties et rétro dans les guitares, galopantes et emballantes. 


Lisa Crawley

Originaire du pays de la Terre du Milieu, la jolie néo-zélandaise Lisa Crawley a plusieurs cordes à son arc. Chanteuse à la voix de velours, elle est excellente musicienne et une parfaite auteur-compositeur. Après ses deux premiers EP, Shoot the Night en 2007, Hello Goodbye and everything in Between en 2009, elle signe l'opus Everything That I Have Seen en 2011 en apposant à son univers piano-voix des arrangements pop élégants, des choeurs gracieux avec Hollie Fullbrooke au violoncelle, avec Oliver Emitt au trombone, du banjo qui offre la participation de David Ward, la basse de Djeisan Suskov, les guitares de Matthew Hutching et une rythmique assurée par Stephen Thomas rayonnants. We are Wolves écrite par Richard Setford, est chantée avec Andrew Keoghan, auteur-compositeur et musicien qui travaille avec Lawrence Arabia aux arrangements de cordes sur The Sparrow. L'univers jazzy et boogie de Lisa Crawley est ravissant de féminité et son écriture romantique, poétique, fleurit Everything That I Have Seen de classe. 
Cette année, la fée aux doigts d'or et à la tête couronnée de brio, signe 3 singles qui annoncent la sortie du second album paru en septembre 2013, All in my Head. Car Lisa Crawley n'est pas active qu'au niveau de la production de ses disques, elle sillonne également les pays, les bars-concerts, les hotels, elle joue seule (piano, clarinette, guitare) ou avec son groupe, au Japon, au Danemark, en Angleterre, au Texas et à New-York avec Jon Natchez de Beirut ou encore en Nouvelle-Zélande avec Paul Weller. A ses côtés pour ce deuxième magnifique album Heart of Mine, il y a son ami producteur des Tiny Ruins et membre des Cool Rainbows, le multi-instrumentiste Djeisan Suskov. Ensemble ils travaillent un album très stylé, des mélodies sublimes, sophistiquées dans les harmonies pop, qui accueillent des tambourins, des guitares fifties au côté rétro charmant. La griffe jazz est savamment mélangée à une atmosphère pop sixties qui glisse à l'écoute des titres délicats, allant des titres dansants sortis en single, Tide is Low, Elizabeth, What Would I Give vers une fin d'album soft, nourri de balades mélancoliques.

L'envolée de cordes et la désinvolte basse accrochent l'oreille dès le premier titre, tout comme le grain de voix de Lisa Crawley, cristallin et envoutant. Même si on distingue une belle vulnerabilité, l'artiste sort l'artillerie aussi, maitrisant ses mélopées avec maturité et efficacité. La sensibilité et la force y sont mêlées dans les harmonies et les paroles comme sur Imagination et sur Stranger, où les réglements de comptes sentimentaux sont épinglés et sur Better Lands ne sont pas épargnés : "Oh God, What have I done? I’ve just killed my only love, I took things into my hands And I sent him on his way to better lands". Sur des mots poivrés ou sucrés, Lisa Crawley avec son style singulier jazzy conclut l'album sensuellement, en déposant les armes et en créant des harmonies langoureuses au piano-voix magiques sur Heart Of Mine "Every night I look towards the stars, And I wonder where you are I wonder if you’re far, Oh this heart of mine, Beats for your tired mind, On my own I have travelled far On my own I have battled war". Lisa Crawley, à qui Tim Finn des Crowded House vient de demander de faire partie de la troupe de la comedie musicale qu'il vient d'écrire, Woman In Black, est une artiste inspirée, fan des Beatles et de Burt Bacharach,  continue son aventure musicale avec talent et tact.