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jeudi 27 février 2014

Marshall Holland

Ce jeune auteur-compositeur californien apparait en 2010 avec le génial opus Don't Jettison The Memories, où les notes ensoleillées et colorées pop alternent avec brio, arrangées et orchestrées aux petits oignons. Les références qui viennent à l'esprit en écoutant Marshall Holland ne sont rien d'autres que les Zombies, Kinks, Beatles, Bob Dylan ou encore Paul Weller, Ben Folds Five, Jon Brion. L'artiste Marshall écoute The Cowsills pour s'inspirer et durant des années écrit au milieu des champs de son grand-père, enregistrant ses mélopées sur un magnétophone couché dans les blés, en retravaillant à la maison ses harmonies et arrangements. De Sacramento à San Francisco, le musicien a dû beaucoup déménagé et après être passé par l'exercice de la recherche de musiciens dans chaque ville pour constituer un groupe, il a opté in fine pour l'apprentissage de chaque instrument. Les racines de ses inspirations viennent essentiellement de son père, Mike Holland, guitariste leader du groupe californien The Agents, actif pendant les années 80, qui a bercé le bébé Marshall et accompagné ses premiers pas .

Il compose et chante, arrange dans une veine orchestral pop des morceaux magnifiques et les habille personnellement de son jeu de guitare, basse, batterie et piano. Digne d'un travail de haute-couture, le deuxème disque Statistically I Should Say​.​.​.avec sept titres typés Weezer, Josh Rouse ou Brendan Benson parait en 2011. Là encore, les guitares puissantes rock, les tambourins et l'orgue accompagnent les "shalala", les "papapa", sur des textes narratifs où les personnages ont leurs états d'âme, voyagent dans Meet Me By The Blue Balloon, tombent amoureux dans Jennifer, se prélassent au soleil où se lassent des concupiscences comme dans le dansant Your Ego Is Too Big For Your Head au piano boogie délicieux. En janvier 2014 sort le troisième album And the Etceteras qui est un régal pop baroque, rock, où les instrumentations variées se révèlent être réfléchies et peaufinées avec une oreille absolue tout en donnant l'impression de spontaneité et de fraicheur. La justesse du chant de Marshall est belle, du velours sur ses partitions solides et catchy. La rythmique fulgurante dans les cordes de guitare subjugue dès l'ouverture de Take Me, qui offre de l'accordéon, de l'orgue hammond, de la batterie, un air obsédant qui donne envie de dodeliner du chef. Le torticoli se profile assurément avec le titre suivant At 65, écrit et composé par Michael Brooks du groupe The Agents qui parle avec poésie élégante du temps qui passe sur un tempo ennivrant qui se continue sur le beatlesien Oh Please, à l'âme sixties, revigorant et fougueux. Le poppeux Fool Me délivre une mélodie somptueuse où Marshall brille aussi au chant, fragile ici en dévoilant ses sentiments dans une relation illusoire. Le majestueux break d'une minute To the Scene of Them All est délicatement glissé là, avec sa harpe, avant la guitare acoustique et le piano softs de la splendide et nostalgique Goodbye September Days.

Le galop des notes reprend son allure baroque et orchestrale sur Radio Style dont le texte touchera tous les amateurs de musique pop et surtout les groupes qui ont démarché un jour auprès de programmateurs d'émission de radio. Le mouvement de tête ne s'arrête pas, que ce soit avec le second break instrumental au nom évocateur, In the Swing of Things ou bien avec les guitares électriques et country bien balancées et aiguisées d'Elise at Least. Les tubes se succèdent constituant un ensemble de qualité qui titille du menton jusqu'aux chevilles. La cavalcade fulmine, l'enthousiasme chemine jusqu'aux envolées rytmiques tropicales de Can I Borrow Your Pillow?, suivi du dernier instrumental The Key of Sea, orné d'une cadence bossa qui boucle l'écoute. Avec sa voix cristalline troublante, ses compositions inspirées, ficelées, Marshall Holland signe le superbe And the Etceteras qui en plus de faire vibrer l'hélix fait swinguer les cervicales. Une très belle réussite de 11 titres qui entre d'ores-et-déjà au top des albums 2014 de Piggledy Pop.
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lundi 24 février 2014

Malishkamu / Малыш Камю

Couple à la vie comme à la scène, les deux tourtereaux russes qui ne sont pas sur les podiums de Sotchi touchent quand même les cîmes de la pop avec un EP prometteur paru en avril 2013. Je découvre les deux musiciens qui signent quatre titres fabuleux sous le nom de groupe Малыш Камю ou Malishkamu  grâce à February Records, label qui les aime et en parle même si le duo qui est actif depuis 2013 n'est pas encore signé. Evgeniy, ingénieur et Ekatarina étudiante en littérature se trouvent un terreau pop en commun, jouent de la guitare, du ukulele, composent et chantent tous les deux. Ce qui est admirable dans leur écriture est l'utilisation du russe qui même s'il ne rend pas les textes facilement abordables, est une prouesse dans le milieu indie-twee-pop, courageuse, assumée et réussie. Le russe, splendide est rythmé et lyrique, se marie à la perfection avec l'univers élégant et délicat du couple Малыш Камю qui souhaite volontairement faire découvrir leur langue natale en partitions. Ils offrent un style proche des Trembling Blue Stars, Azure Blue, Rue Royale, ou encore d'Amor de Dias en explorant des thèmes amoureux et romantiques. Le tandem, dont Mark Monnone des Lucksmiths fait les éloges, comme l'ensemble de la bonne presse internationale indépendante se destine avec cet EP à un avenir plein de mélopées et de grands rendez-vous live.
Evgeny Nedilko et Ekaterina Khandiy viennent du même berceau qu'Anton Chekhov, la ville Taganrog au sud ouest de la Russie sur les rives de la mer d'Azov et ils y cultivent leur goût pour les livres qui resplendit dans leurs morceaux évoquant la littérature enfantine scandinave, ou encore leur nom Malishkamu signifiant Enfants de Camus. Evgeny Nedilko et Ekaterina Khandiy forment une combinaison musicale pétillante et séduisante ornée de ukuleles friffés de la marque Luna sobres et confortables dont ils parlent ainsi "It feels to us that Luna Guitars make their instruments with 'big' love". Il y aussi de la basse, des guitares electriques, de synthétiseurs et de batterie qu'ils jouent eux-mêmes. Leurs influences musicales sont aussi riches et fleuries comme par exemple The Cure dont ils reprennent Lovesong, ou Atmosphere des Joy Division et Maps des Yeah Yeah Yeahs, références qui s'entendent sur ce magnifique EP nommé Похожий на осень (Just Like Autumn). Acoustique et aérien, le disque parle du couple qui sculpte de la bedroom-pop en regardant par les fenêtres de leur chambre, inscrivant une description du bord de mer, le paysage vert qui tourne à l'ocre, les phares dans la nuit, mélée à une douce nostalgie et amour du passé. Ils mettent avec finesse et brio la jeunesse et l'innocence en lumière et en musique. Chaleureusement conseillé par Piggledy Pop aux amateurs de notes slaves profondes et grâcieuses.
Malishkamu


dimanche 23 février 2014

C.C Lou

C.C Lou est une musicienne interprète parisienne originaire d'Aix-en-Provence, dont la personnalité et le charisme attachants, sensuels et drôles transpercent autant dans ses disques que sur scène où elle est présente depuis 2009. Son énergie et sa douceur se lient avec une belle grâce et les médias, de France Inter à Aligre FM , les télévisions, intrigués par ce talent féminin lui ouvrent leurs portes, alors que C.C Lou remporte au passage quelques prix en Belgique, des tremplins et des récompenses comme le Prix SACEM d’écriture et de composition. Après un premier single signé chez Sony dans les années 90, Nathalie s’en fout, C.C Lou amoureuse de Serge Gainsbourg, Bashung et Ella Fitzgerald, revient signer son premier album Gourmande en 2010. 
Le jazzy Je fume offre d'emblée l'univers plein de sensualité de C.C Lou. La voix chaude, est habillée à la fois de provocation et de fragilité, belle et suave, aussi mélodieuse que les airs qui soufflent nicotine et vapeur douce sur son album voluptueux. C.C Lou, fine et délicate sait hisser les notes au delà de nos attentes, déposant sur Mauvais Carbone, une sensibilité touchante, des aveux amoureux qui ondulent sur un piano absorbant et des mots magnifiques. Comme si les dépôts de fumées et de carbone ne suffisaient, le tempo endiablé et dansant d'Intox souffle dans le style du groupe Superbus, enveloppe de saveurs bondissantes, planantes et mordantes. Les Perruches se pose dans la même veine groovy et moqueuse dont la plume est drôle et jouissive.
alt : Noomiz
Avec des arrangements aussi beaux et parfaits que la voix de C.C Lou, Ma Colère est une ballade pop aux guitares electriques aiguisées qui donnent du tempérament au titre séduisant. La variété est présente sur Gourmande, où les voix graves ou langoureuses, parfois offensives, frissonnantes font les montagnes russes comme les musiques alternant les rythmiques par exemple sur l'exotique et ensoleillé Apoca. L'électricité sensuelle explorent divers territoires sur Fais moi l'amour où les flèches musicales et lyriques efficaces créent l'émoi. Avec un brin de voix qui m'évoque celui de Jeanne Balibar sur les textes de Rodolphe Burger, C.C Lou magicienne et muse, propose un monde d'émotions et de poésie proche aussi de celui de Serge Gainsbourg. Quand je serai forte dévoile une fragilité et une grâce charismatique de l'artiste sur une mélodie pop harmonieuse mêlée de guitare, de piano, de basse et batterie lumineux qui rebondissent sur Gourmande, titre phare qui suit rond d'humour et d'esprit. C.C Lou décomplexée explose de sa personnalité charmante et suggestive à souhait sur l'érotique Monica, suave et ondulant fleuri de mots italiens glissés avec magnétisme. Mon dernier amour enchaine avec une esthétique élégante, qui prolonge le plaisir de l'écoute jusqu'à l'étincelant et voltigeant De vous à moi, au rythme délicieusement endiablé. Avec la complicité des compositeurs Christian Lachenal, Benjamin Constant et Michel Leclerc, du guitariste Jeff Mignot, la voix de Sarah Holtrop sur Intox et de Pascale Salkin sur Mon dernier amour, Gourmande est une déclaration d'amour qui permet de savourer tout le talent de C.C Lou, une orfèvre brillante et engageante, une dame qui a une âme.
CCLou
En parallèle, je suis époustouflée par le don d'écrivain de Joelle Thienard qui écrit le tout nouveau titre Ce soir pour C.C Lou qui signe la musique. Le texte est tiré de l'encre de Joelle toujours belle, émouvante et transportante dans son univers littéraire et poétique, auteur que je vous invite à découvrir ici : JoelleThienard
alt : Noomiz


mercredi 19 février 2014

Pale Lights

Le talentueux musicien qui flanqué de l'alias Hoffner Burns fait partie du trio fondateur des Comet Gain, Phill Sutton étant à la batterie, David Feck à la guitare et chant et George Wright à la basse de 1993 à 1997. Musicien, chanteur, compositeur et arrangeur, il fait ses armes au sein de multiples groupes Kicker, The Projects, Velocette, The Soft City et récemment son nouveau projet, Pale Lights. Avec les anglais de Kicker, Ben Phillipson et Laura Bridge, Phil Sutton signe deux albums chez Track & Field entre 1999 et 2002. Puis l'anglais s'exile à New-York où il met en place The Soft City avec des membres de Kicker, de Comet Gain et des Ladybug Transistor avec un premier EP en 2007 sur Cloudberry Records, puis un autre en 2008 qui aboutissent à un album éponyme en 2010 signé chez Plastilina Records, enfin un autre EP en 2012 Four Stories, entièrement composés, écrits par Phil Sutton, tous enregistrés dans le fameux studio à Brooklyn de Gary Olson des Ladybug Transistor, Marlborough Farm Studios. Les poppeux de The Soft City, Dora Lubin au chant, Kyle Forester aux claviers et à la basse avec Turner Stough, Jason Corace à la guitare, à la composition aussi du titre Plane in the Sky et Phil Sutton à la batterie offrent des mélopées rythmées, joyeuses et dansantes à l'âme sixties que je conseille chaleureusement.


En 2011 Phil Sutton s'allie à Lisa Goldstein, un temps batteuse au sein de The Soft City pour peaufiner un sublime EP sous le nom de Pale Lights qui ravira le club des fans de Lloyd Cole et qui comprend Andy Adler qui joue de la basse dans Crystal Stilts, Brooke Watkins au piano et clavier, Maria Pace à la basse et Phil à la guitare, rythmiques et chant. L'EP éponyme 4 titres sorti en 2012 est un ravissement de sons pop sixties, qui tient son nom d'une chanson de Felt Under a Pale Light propose une âme et une griffe artistique et littéraire. La plupart des membres de Pale Lights sont libraires et c'est essentiellement les livres et leur profession qui les rapprochent. Depuis l'emmigration de Phil Sutton aux Etats-Unis en 2007, il avoue écrire et composer dans une veine plus britpop, plus proche de l'époque de Kicker excepté pour le titre Ghosts of Youth qui était écrit pour The Soft City, inspiré d'un livre de Sherwood Anderson. Boy of Your Dreams est issu des influences de Phil pour le néo-réalisme dans le cinéma, la littérature et les interprètes féminines des années 60 comme Françoise Hardy qu'il admire. Présents sur le New-York Popfest, les Pale Lights jouent énormément et donnent nombre de concerts en attendant les festivals europpéens et le prochain EP 4 titres qui est déjà en cours de préparation. Un titre inédit Dearest Virginia a été enregistré pour une compilation sur le label japonais Violet and Claire, disque nommé Bad Feeling qui comprend The Garlands, The Wallflower, Northern Portrait, etc..à se procurer absolument.
PaleLights




lundi 17 février 2014

Elephant Parade

Elephant Parade est un duo de Brooklyn qui signe deux albums pop subjuguants avec des singles superbes. Estelle et Ido construisent un univers pop où leurs deux voix se marient magnifiquement. Quand les deux multi-instrumentistes se rencontrent à New-York l'été 2005, Estelle est membre du fameux groupe d'indie-pop Brittle Stars avec qui elle signe deux albums et également musicienne au sein d'un autre grand groupe, Human Television et Ido, vidéaste originaire d'Israel, joue avec le groupe rock new-yorkais Pale Blue Jeans. Ils ont beaucoup d'influences musicales en commun, ne se quittent plus, s'aiment et commencent à écrire en osmose pour signer un opus au nom significatif Bedroom Recordings, puisqu' enregistré artisanalement sur un pc et microphone à la maison.


Aficionados des Elephant Parade depuis leurs débuts comme je le souligne dans ma chronique de 2008 (ElephantParadePiggledyPop), c'est le duo par excellence à écouter les soirs de Saint- Valentin..ou le reste de l'année comme je le fais, pour ceux qui n'attendent que prou des saints. Ils ne se quittent plus depuis 2005, dès la parution de l'album le groupe se produit sur scène au cotés d'artistes comme Beirut et Chris Garneau. Dans une interview, Estelle souligne qu'elle écoute Françoise Hardy et les Papas Fritas, pour Ido, c'est Will Oldham et Neil Young. Toutes ces influences s'entendent vraiment dans leur style pop lo- fi, intimiste, délicat qui a de faux airs de Trembling Blue Stars. Ce mélange donne des mélopées langoureuses qui envoûtent par les détails sonores, les souffles, les murmures; l'album est terriblement sensuel. C'est beau l'amour quand cela aboutit à une telle "musique de chambre".

Le projet Elephant Parade est sur le rails et un deuxième album nommé Home sort en 2010 avec des mélopées aussi élégantes et sensuelles, en hommage à Brooklyn qui sont enregistrés avec cette humilité qui les caractérise comme dit sur le bandcamp " It was recorded with the help of friends, in different apartments, all around the world." La poésie habite les titres comme sur Butterflies, la délicatesse des sentiments y est toujours aussi présente sur Not Without You. Il y aussi les départs pour des destinations familières comme sur Home ou Flowers for smelling. Les arrangements sont riches et colorés, différents d'un titre à l'autre, offrant du clavier et piano, batterie, ukulele, de la basse, des guitares et des cuivres. Elephant Parade qui fait paraitre le génial single Stars en mai 2013, toujours aussi original et inspiré, opère un chemin musical sublime, qui je croise les doigts, les mènera un troisième album.
ElephantParade



French Cassettes

French Cassettes est un quator américain qui a un sacré sens de la mélodie, immédiate et fraiche, qui caresse et titille l'oreille à une vitesse éclair. Les titres courts, efficaces, passent avec une facilité déroutante à l'écoute. La production de qualité offre des arrangements pop qualifiés de jangle, rock, ou surf avec une rythmique et une basse féroces. Originaires de Ripon près de San Francisco, Scott, Mackenzie, Thomas, James signent un premier ep jovial et estival nommé Summer Darling en août 2011. Que ce soit dans les paroles narratives, dans le chant ensoleillé et spontané de Scott Huerta ou dans les harmonies volontaires et énergiques, l'ensemble rappelle les Strokes. Les frères Scott et Thomas Fuerta jouent et composent depuis leur adolescence en public sur les scènes et plages locales. Ils rencontrent Mackenzie Bunch au lycée en 2006 et ensemble signent Summer Darling. Ils rencontrent ensuite le batteur James Gallagher et partent sur les routes de Californie pour présenter leurs premières chansons tout en peaufinant l'album Gold Youth de 9 titres sorti en août 2013.


Cette signature de French Cassettes est fort prometteuse. L'âme surf et rock orchestrée avec des tambourins et des guitares rutilantes est addictive et accrocheuse. Les voix groovent et séduisent en choeur, incrustées de soul et d'authencitité. Le narrateur, Scott, va à l'essentiel utilisant un champ lexical franc, avec comme thèmes de prédilection les dents et les langues sur Caterpillar, Teeth for Talking, US Kids, We were fun, Mouth Drum ou sur Spooky, les regards et la vérité sur Bee's Knee, Cousin’s Carpet ou sur Radley qui évoque le personnage de To Kill a Mockingbird. Cette référence apparait indirectement d'ailleurs dans le titre Secrets Make Sounds quand Scott entonne " Well the difference gets blurred when you mock like a bird about me". Les arrangements ficelés sont tout aussi directs, stimulants et percutants, plein de jeunesse consciente et soulignée sur I’m Green Today "The big yellow buses, those late morning rushes, I’m learning to read and to fight, We’re writing letters, plucking cards like they’re feathers, I’m green today, but tomorrow I’ll do better. ". Gold Youth est un album sautillant et scintillant avec un tempo qui galope, qui donne envie de danser avec ses mélodies rondement menées tandis que les French Cassettes ne sont qu'au printemps de leurs créations. A suivre absolument.
FrenchCassettes



samedi 15 février 2014

Ferns

Ferns est un groupe malaisien qui avec son nom, "fern star" désignant une famille de fougères, et le titre de leur opus de 2007, On Botany, nous livre un univers plein de pétales, d'oxygène, de fleurs des champs dans leurs mélopées. Originaire de Kuala Lumpur, les membres du groupe aiment Camera Obscura, Wilco, Jens Lekman etc, et ces jolies influences se distinguent dans leur pop rêveuse et élégante. Les guitaristes, Johan et Warren qui chante, le bassiste Adrian, le batteur Rudy et la claviériste Abby qui chante aussi, offrent un univers pop délicat, frais qui remporte un franc succès auprès des médias et du public, classant On Botany meilleur album indie-pop de l'année . Sur scène, le groupe est invité en Suède à partager l'affiche avec Pelle Carlberg et Club 8. Les arrangements fifties et sixties peaufinés twee sur les dix titres accompagnent des textes mélancoliques qui toucheront les amoureux déçus et les coeurs brisés. Les sentiments désespérés sur The Western Front "I honestly believe, Momentum breaks my heart"..."I honestly believe, This war was lost for me", ou sur This Sweet Refrain "Today you'll find, Another sad scene inclined, Make up your mind, All of us've gone through hard times" se lient de manière contradictoire à des harmonies légères, mellow et pailletées. Le thème romantique à toute épreuve est décliné sous toutes ses formes et ses temps dans une ambiance champêtre comme sur Finding love in a handful of beans avec ses feuilles, son fermier et ses saisons.


En 2011, Ferns revient avec l'album Fairweather Friends où l'esprit apparait moins désanchanté, parlant de soleil, d'arc-en-ciel sur des rythmiques dansantes aussi belles que sur Botany. Les guitares fluides et taquines avec des distorsions et des échos sculpent des airs un peu fifties. Lumineuses, les harmonies colorées et variées se font pastels ou flashy. La pleine palette sonore des Ferns est agrémentée de la voix limpide et suave de Warren Chan. L'écoute des dix titres tend à l'escapade dans une atmosphère plus cabotine et positive comme sur Miss Stormcloud "I know a girl who's good at bringing out the rain, She makes me think of things that I just can't explain" ou encore sur A Funny Feeling où les cicatrices semblent bien refermées "Some kinda romance I'll do a silly little dance, Don't need no metaphors, It's just you I adore". Les bonnes ondes émotives sont ornées de ukulele, de guitares et d'un piano revigorant avec des textes métaphoriques autour des éléments de la nature sur I Should Be Having More Fun qui égrène les saisons et les astres. Ferns sait attraper l'attention et l'envelopper avec ses deux albums aussi délicieux et parfaits qui je l'éspère seront suivis d'autres productions.
Ferns

jeudi 13 février 2014

The Autumn Defense

The Autumn Defense commence l'aventure musicale en 1999 avec à ses commandes deux musiciens qui sont actifs chacun dans des groupes : John Stirratt bassiste et batteur de Wilco, de Uncle Tupelo, et Pat Sansone qui joue avec Andrew Bird, Joseph Arthur, Josh Rouse, The Clientele et Phil Selway, batteur de Radiohead. Lire plus là : PhilSelway Le duo de musiciens muti-instrumentistes américains signe en 2001 l'opus The Green Hour, griffé pop orchestrale avec des arrangements sixties proche de Love avec d'ailleurs comme cerise sur le gâteau, une reprise du titre de Woody Guthrie, Revolutionary Mind. L'ensemble des titres est fleuri de trompettes, trombone, glockenspiel, guitares, mellotron, de synthétiseur moog et d'orgue, piano, sitar, vibraphone, basse, guitare classique et pour la plupart, joués par John Stirratt et Pat Sansone.

Jusqu'alors les deux compères accompagnaient des musiciens sur scène et en studio d'enregistrement. Green Hour les révèle comme deux auteurs-compositeurs orfèvres de la pop, inspirés et brillants. The Autumn Defense part en tournée présenter l'album et continue de composer pour signer en 2003 Circles. Pendant que Pat Sansone est intronisé membre de Wilco aux côtés de John Stirratt, Circles reçoit des critiques dithyrambiques dans la presse rock internationale. Avec des harmonies épanouies, des mélodies magnifiques, on y trouve l'empreinte de Forever Changes et de Yankee Hotel Foxtrot avec leur griffe singulière et réellement consistente. Petit chef d'oeuvre pop, Circles offre une atmosphère sucrée et chaude californienne, une qualité de production, des compositions astrales et atmosphériques dont les textes nous parlent de ciel bleu, de neige, de soleil et de "village green". Les violons, l'orgue hammond et les guitares se lient à la perfection au chant magistral de John et de Pat qui proposent une fibre parfois seventies, parfois sixties influencée par les Beatles. Mélancolique, romantique et poétique, l'album est une lettre d'amour intemporelle. Les cordes puissantes sont jouées par John Pirruccello et Jeff Tweedy aux guitares, Brad Jones à l'orgue, basse et guitare 12 cordes, et Andrew Bird au violon. L'année suivante The Autumn Defense coopère avec le groupe new-yorkais Hem pour un superbe EP Birds Beats & Flowers sorti en septembre 2004 tandis que John Stirratt compose l'album de 11 titres Arabella avec sa soeur jumelle Laurie avec qui il fait de la musique depuis leur enfance en chantant Dylan, encouragés par leurs parents Avery le papa qui joue au sein d'un jazz band et la maman Betty Lou qui joue de la guitare et du piano dans la maison de Nouvelle Orléans.
Originaire du mississippi, Patrick Sansone a beaucoup en commun avec son ami John. Il grandit aussi dans un milieu musical et commence à créer, jouer dès le lycée, fait de la musique très tôt avec notamment Birdy à la Nouvelle- Orléans, puis joue de la batterie dans Blind Melon. En 2008, il signe également avec sa soeur Danielle Stirratt l'album alt-country de toute beauté, Two Flowers.

Tous les deux sont des acharnés de travail de composition, de studio, de production et de scène, jouant continuellement avec Wilco depuis 2004 et continuent leur projet The Autumn Defense avec le génial album éponyme de 2007 qui derechef contient des pépites pop dotées d'harmonies et de mélodies époustouflantes. Se joignent à l'enregistrement nombre d'amis musiciens comme le guitariste Nels Cline ancien membre de Wilco qui joue aussi Jon Brion, le violoniste et violoncelliste Chris Carmichael, Steve Tyska au cor et bariton, Greg Wieczorek aux rythmiques, John Pirruccello à la guitare, Jennet Ningle à l'oboe et Jim Hoke à la flûte. Nostalgiques, romantiques, les deux savent aussi bien parler des sentiments et les chanter que ce soit John est sa voix au grand panache sur Spend your life ou Pat prince du chant suave sur Where you are. Le quatrième album Once Around sort en 2010, poppeux, du velours sur 11 titres qui nous emmène à Londres, dans une atmosphère instrumentale parfois soul et brit-pop proche de celle de McCartney.

The Autumn Defense revient le 27 janvier 2014 avec l'album frais, flambant neuf au nom symbolique de Fifth. Les deux troubadours signent là encore un coup de maîtres en composant des titres façonnés de sonorités sixties, seventies, avec des ballades réanimant les âmes des Byrds et de Simon and Garfunkel. Comme Circles, Fifth est une déclaration d'amour sonore, subtile et captivante. Les guitares puissantes, les voix de miel, le tempo chaleureux offre des dégradés d'univers bossa, folk, pop ravissants comme sur August Song qui parle d'un émoi avec groove et rythmes chauds. Magnifique tapisserie d'arrangements, de recherche esthétique dans les mots et les mélodies, Fifth est un album abouti, un bijou d'une force musicale impressionnante qui se classe au top des albums Piggledy Pop.
AutumnDefense



mercredi 12 février 2014

Richard Lewis

Auteur-compositeur anglais exilé à Paris depuis cinq années, Richard Lewis offre deux albums en 2011 Postcard et Untitled dont nos compatriotes de la butte montmartroise devraient être fiers. Les deux disques sont des carnets de voyage du musicien qui a traverser l'Asie et a posé ses bagages dans différents points du globe. En 2012, il compose et écrit le très inspiré et sculptural album You are Here, accrocheur et attirant joué dans une veine pop, folk, ou jazzy et habillé de violons, de banjo, de basse, flûte et trombone, et toujours l'union réussie de la guitare et du piano. Richard Lewis lance son propre label Louba Reve Records et y signe deux autres projets que les siens comme ceux de Brian Wilshere, compositeur classique qui propose Music for Percussion and Piano en 2013 puis récemment, Chamber Music, travail génial de musique classique contemporaine. 

Les morceaux de Richard Lewis sont variés, colorés comme son Postcard qu'il décrit ainsi dans une interview "En m'installant en France, j'ai trouvé qu'il existait une carte postale de ma propre maison à Montmartre. J'avais envie de l'envoyer à mes proches en Angleterre. Mais il n'y a pas la place sur une carte postale pour exprimer tout ce que je ressentais à ce moment. Le projet s'est donc étalé un peu. En même temps, je suis fasciné par la capacité des gens de ne pas dire tout ce qu'il y a à dire. Même quand tout dépend de ça. J'ai donc fouillé dans ma boîte à trésors et j'ai rassemblé les passages les plus banals des cartes postales que j'aurais reçues, au fil des années, des gens que j'aime. J'ai ensuite filmé mon quartier. Même en multimédia, ce "postcard" n'a toujours pas la hauteur de mon sentiment. La carte que j'envoie dans la vidéo, elle est arrivée finalement chez un ami anglais, en exil aux Etats-Unis et quelque peu perdu. Il a tout compris."

Sur Postcard, la plume de Richard Lewis vole au vent de La chanson d'antan, légère, dont l'accordéon nous berce dans une ambiance nostalgique et dont le texte touchant pourrait faire office de bande-son du film Amélie Poulain. Le coup de force de l'artiste anglais est que sa vie parisienne transperce élégamment ses textes comme s'il était né à Paris, ville qu'il connait sur le bout des doigts et sait ranimer dans ses chansons. Montmartre, les marches, la basilique et ses ruelles vivaces flottent sur les mots en français et en anglais. L'écriture est sans défaut dans les deux langues, ce qui n'est pas évident chez les auteurs français qui tentent d'écrire en anglais. L'accent délicieux de Richard Lewis rappelle le chant de Kevin Ayers dans Puis-je, de l'irlandais Perry Blake dans Tant de belles choses ou Stuart Staples qui entonne Plus de liaisions. Le superbe Postcard et l'instrumental Vers st-Rémi précèdant le duo émouvant de Rue Berthe " tu étais mon bateau, dont les voiles m'éffleuraient, et j'aurais tant voulu avec toi naviguer, vers de nouveaux paysages, pleins de gens vigoureux, tropicaux ou sauvages, bronzés et bienheureux" sont des cartes postales sonores qui nous convient au voyage. Suit le splendide when the heart gives in chanté par Nancy Wallace et joué au piano, comme l'instrumental suivant Louba Reve accompagné d'un accordéon envoûtant.

La valse des bas quartiers entre en scène, virevoltante et poétique avec son 4 temps valsant et le grain de voix de Richard Lewis cabotin comme il l'écrit " je t'apporterai, une valse des bas quartiers, un poème, une rue du vingtième, le clignotement des néons mouillés", suivi du tempo bossa et langoureux de Just Like the song qui parle de départ. La notion de séparation et de manque est aussi dans L'autre bout du monde où l'auteur s'adresse à son aimée qui est loin, avec un accordéon mélancolique et une guitare délicate qui se marrient parfaitement à l'atmosphère. L'effet est renforcé  par le titre La Bercée, instrumentale géniale avec son piano souverain, l'accordéon taquin et sa clarinette, flûte, arrangées par Jude Rees. La mélopée d'amour déçu Quand tu viens est aussi somptueuse que le dernier titre instrumental Rungis, le 13 juin qui boucle ce moment magique nourri de l'univers de Richard Lewis, qui séduira les amateurs de la musique de Yann Tiersen. Signé en Mars 2011, Postcard est accompagné le même mois d'une autre signature que je conseille d'écouter à tout prix, l'album Untitled avec des titres qui titillent et accrochent l'oreille comme Furieux Pays, White Tulips, ou Secrets. Richard Lewis compose des airs pop minimalistes ou pop symphoniques ornés de trombone, violoncelle, violon, piano orchestrés avec des arrangements parfois jazzy, fins et ficelés avec classe et un talent infini.
RichardLewis



mardi 11 février 2014

Scott Gagner

Scott Gagner est un auteur-compositeur qui à San Francisco évolue depuis des années sur scène en gagnant une belle renommée et une estime des musiciens en les accompagnant à la batterie. Il se lance en solo en 2007 avec l'EP de 5 titres, Cartographer puis continue son aventure en 2011 signant l'opus Rhapsody in Blonde, qui marrie rock, pop colorée et variée mariant le psychédélisme et la power avec des mélodies fabuleuses que je recommande. En 2012, avec son compère Steve Enstad, ils créent le projet Electrolic au son pop psyché ensoleillé efficace. En janvier 2014, le musicien opère un bien bel album plein de sensualité et de sucreries sonores nommé Rise & Shine.

Le disque s'ouvre sur I’ve taken a shine to you, une mélodie voluptueuse jouée au violon par Alisa Rose qui se trouve être une ode à la venue de sa fille au monde que tout parent qui se respecte (j'entends celui qui sait estimer sa chance) saura comprendre. Du mellow-pop d'un papa aux anges, la seconde plage Waterloo passe à l'offensive en parlant d'une bataille, celle qu'on vit face aux cathéters, aux moniteurs et tubes de respiration d'hôpital sur une rythmique plus jazzy aux cordes de piano aiguisées. Dans la veine de Josh Rouse, Nick Lowe et Ken Stringfellow qui participe ici à l'enregistrement en jouant de la basse, du vibraphone, du piano et chante, Scott Gagner offre un boogie dansant influencé par les seventies avec une voix dont le grain me rappelle Nick Drake et Harry Nilsson. L'ambiance funky est forte dans take it easy on yourself où le chant croone carrément et les cuivres, la trompette et le trombone joués par Rob Dehlinger sont rutilants. Jason Slota assure la batterie avec une dexterité époustouflante et Not Without Hope swingue gaillarde sur les violons et violoncelle de Courtney Browne. Une armée de cordes accompagne les textes amoureux avec Arnie Kim, Jonathan Chi, Ken Stringfellow, Scott Gagner aux guitares, Mark Anthony Calderon et Jamie Riotto aux basses, Scott Gagner, Rob Shelton, Mark Clifford, aux pianos et claviers.

Le ravissant vibraphone de Moonlight Dancing ferait fondre les valentins le 14 avec des métaphores sensuelles comme "The moon cast two shadows on the ground, There’s nothing I would rather do, Than moonlight dancing with you". "Your smile, your stare, your golden hair, The way you’d sway and saunter, Out there, i was your Fred Astaire, And you, my Ginger Rogers". Vient ensuite le suave I’ll be drinking this christmas qui dévoile l'humour et l'esprit de l'auteur-compositeur avec des claviers et des cuivres si taquins qu'on imagine davantage un noel sous les palmiers de Californie. Le luxuriant piano, la guitare romantique de Few and Far between pincera le coeur des épris et le virevoltant tempo de Catching My Breath leur donnera envie de se mordiller les oreilles. Good Friend enchaine sur un adieu doux et moelleux, quand le boogie d'une trompette stylée années 20 sautille à l'oreille avec I Don't Want to Set the World on Fire plein de son air smart et élégant. La liaison chaleureuse se fait naturellement avec le gospel adulateur de Dreams, puis le final Sentimental Lullaby est son schéma de comptine remarquable et au vibraphone, piano et guitare acoustique vibrants. Rise & Shine est un album au charme et romantisme exacerbé convaincant et fleuri d'harmonies que les valentins devraient cueillir comme une pâquerette le 14 février prochain.
ScottGagner



lundi 10 février 2014

Summer Fiction

Venant de Philadelphie, Summer Fiction est le projet guidé par l'auteur-compositeur Bill Ricchini qui enfant passe ses vacances en bord de mer du Jersey, souvenir de balades avec sa soeur sur la plage, son walkman sur les oreilles qui marque son esprit et son travail de musicien. Après un premier album Ordinary Time en 2002 dont le titre A mountain, A peak apparait sur le film Stuck in Love, puis un second de génie en 2005, Tonight I Burn Brightly, il songe à de nouvelles compositions et enregistre la plupart des titres de l'éponyme Summer Fiction chez lui dans sa chambre pendant deux ans en ficelant les arrangements avec ses musiciens à l'université de Pennsylvanie. Ce fan d'Harry Nilsson inspiré et talentueux, signe d'abord deux singles Chandeliers puis By The Sea pour aboutir sur ce superbe album pop et fondant en 2011.
She's bound to get hurt ouvre le bal mélodieux avec du clavecin, des violons, les âmes des Byrds, Burt Bacharach et de The Left bank sont de la partie. Les voix en chorale malaxées, souples et puissantes sont dansantes et le saxophone donne envie illico de rester en leur compagnie. La pop et folk By the Sea qui suit offre une ambiance maritime, dialogue entre Suzanne sur sa chaise de plage et son chéri, de nage, de pique-nique romantique où le chant d'Eliza Jones qui est membre de Buried Beds répond à celui de Bill Ricchini sur une guitare cristalline et un piano délicat. L'instrumentale Diamond Beach poursuit dans la même veine. Entouré d'une équipe d'amis musiciens, Ricchinni invite à l'enregistrement le leader de B.C Camplight, Brian Christinzio qui est au piano, les trompettistes Chris Aschman et Nathan Slabaugh, Justin DiFebbo au clavecin et clavier, Monique Canniere au violon et James Rappaport au violoncelle, Larry Geiger au saxophone, les batteurs Tommy Bendel et Phil Robertson, Kimberly Hall à l'accordéon, Dave Hartley à la basse, Torin Greenwood aux percussions, glockenspiel et vibraphone, Scott Newcomer au trombone, Andrew Lesser à la clarinette, Robert McLung et Ryan Procini aux guitares. Ricchini qui produit, écrit, compose et chante, joue de la guitare, des percussions et fait les arrangements de cuivres et de cordes. Proposant une pop baroque inspiré de Brian Wilson, les titres suivants sans aucune fausse note ni grain de sable dans la mécanique pop sont peaufinés avec un soin judicieux.

Chandeliers nous emmène poétiquement en voyage aérien à cheval sur un clavecin et un piano voltigeants qui plaira aux amateurs de pop délicate à la Camera Obscura, Jon Brion et Lawrence Arabia quand le chaleureux et typé Kids of Catalina n'interrompt pas l'escursion en nous invitant à siroter un coca-light avec Sarah sous son "brown beret" à la plage en parlant au soleil, à la mer et aux coquillages . Dores et déjà, Summer Fiction porte son nom comme un gant, d'autant plus quand la guitare ispanique nous mène au port dans Carry On qui est ornée de rythmiques exotiques et iliennes pour évoquer l'amour sous les palmiers. Tandis que l'accordéon, le trombone, le cor, les trompettes nous cueillent l'oreille, l'instrumental Waltz (Summer Fade) et suivi par le langoureux To : Alone qui parle d'une fin d'aventure d'été sur une clarinette classe et élégante "It rained all through July, Now it’s farewell and goodbye, To: alone, Covers blown, This letter I send, To my old fair-weather friend It’s the end". Les cuivres de Lipstick Traces évoquent là aussi goulument et rondement l'histoire d'amour estivale qui laisse des empreintes avec des airs old-fashionned des années 30. Le country folk Throw Your arms around me, rythmé et ravissant conclue l'album avec une éfficacité harmonique incroyablement belle tout comme It's Getting Dark, dernier titre virevoltant qui évoque les illusions perdues d'un amour évaporé avec une joviale innocence et une noble naiveté. Le sens de l'orchestration et des arrangements que possède Bill Ricchini est magnifiquement accordé aux mélodies sur Summer Fiction, vivement recommandé par Piggledy Pop.
SummerFiction



vendredi 7 février 2014

Andy Klingensmith

Auteur-compositeur du Michigan, Andy Klingensmith propose une chamber pop pétillante aux arrangements chaleureux et bricolés à la maison. Inspirées et stylées ses chansons glissent à l'oreille, l'accrochent et la percutent. Elles sont habillées de guitares et d'instruments divers avec des textes ludiques et éloquents. Le jeune ménétrier américain nous comble avec un 6 titres sorti en début d'année, le stellaire Bright Again qui annonce le second album qui est en cours d'écriture. Son papa Keith Klingensmith talentueux musicien qui tient le label Futureman Records signe les albums de son fils, la filiation étant belle et légitime.

Ce disque frais et jovial commence par une mélopée ensoleillée et pleine d'entrain Bright Again, interprétée avec des choeurs dans la veine des Beach Boys renforcée par des tambourins dévergondés, une clarinette enchanteresse et un texte souriant. Avec Andy Klingensmith aux guitares, à la basse, aux claviers, tambourins et chant, il y a les apports notables de Jay Gummert aux instruments à vent et à la batterie, Riley Smith qui prête aussi sa voix aux choeurs. Le magnifique No Control, pop et alternatif rappelle le genre de Phil Spector, des Beatles ou plus récemment, les High Llamas et les Neutral Milk Hotel. Le style psychédélique y est saupoudré avec classe et finesse d'ambiances pastorales sur Oh Miss No Name, pop et rock avec des guitares et une batterie à l'unisson, smithiennes. Le titre qui suit l'esprit de No Control qui refuse de suivre la ligne et être enchainé moralement, fait état de la liberté avec des métaphores poétiques et romantiques. L'amour évoqué dans les textes qui prend des formes différentes, montagne ou fontaine, est écrit justement au printemps 2013 quand Andy compose les six titres. Cette ambiance champêtre se retrouve dans The Parade, mélodiquement aboutie, la chanson éclot et s'épanouit au fur et à mesure des arpèges et des notes de flûtes. Le tempo psychédélique envoûte et le chant en chorale accentue l'effet d'évasion et de rêve "And I would ask the sky to take a seat, if it wasn’t still under my feet".

Les tambourins joyeux ajoutent un brin d'air tonique sur le splendide et kaleidoscopique The Penultimate Color, varié d'harmonies et de mots imagés "But the flowers they bloomed and so are doomed to be the penultimate color we're allowed to see, And so how long will nature still pen its overture, Where will the notes fall in the dark without us knowing?". Peels and feels qui boucle l'écoute offre le leitmotiv amoureux sur un air enthousiaste, coloré de sensibilité et de tonalités. Les six morceaux de Bright Again en guise de vague de chaleur signés en janvier 2014 sont un régal au coeur de l'hiver. D'une efficacité étourdissante, Andy Klingensmith enregistre tout chez lui, comme l'album précédent Picture Of d'août 2013 dont les douze titres sont à écouter absolument, idéalement à offrir à l'être aimé.
AndyKlingensmith
Reprises de papa Keith Klingensmith qui chante The Only Living Boy in New-York et Windy



dimanche 2 février 2014

Ducktails

Si la mode actuelle dans le milieu indie-pop est le retour du son des eighties et du sacro-saint saxophone, les Ducktails se posent en experts du genre. Derrière ce nom de groupe qui vient justement d'une série télévisée des années 80, Ducktales, il y a l'excellent musicien Matt Mondanile. Originaire du New-Jersey, il apparait avec ses projets nommés Real Estate ou sous son propre nom avec nombre de titres en poche en 2006. Amateur de son pur et peu trafiqué, il travaille un style sonore roots, proche du son live avec une veine chillwave, lo-fi, dream-pop fort sensuelle et groovy. De 2009 à 2012, l'auteur-compositeur enregistre une myriade de démos, notamment sur cassette. Après 3 albums, Ducktails en 2009, Landscape en 2010 et Ducktails III: Arcade Dynamics en 2011, des EPs sur cassette, en 2012 sa signature chez Domino le fait accéder au studio d'enregistrement. Il y convie dans un premier temps son amie Jessa Farkas pour un duo sur le single Letter of Intent qui sort en 2013 et qui précède l'excellent EP Wish Hotel puis l'album The Flower Lane. Pour peaufiner l'enregistrement de ces dix fabuleux morceaux, Mondanile invite son groupe de scène qui est à ses côtés depuis des années et qui ici co-écrit The Flower Lane, les Big Troubles ainsi que la chanteuse de Cults Madeline Follin pour partager le titre Sedan Magic.

Les textes et les mots langoureux chantés avec délicatesse par Matt Mondanile qui évoquent autant l'exitation des lumières de la ville que la chaleur des couvertures sont mélangés finement au groovy de la basse de Joel Ford et de Luka Usmiani, au piano et claviers taquins de Samuel Franklin et Daniel Lopatin, au suave saxophone de Ian Drennan, aux guitares chaloupées de Matt et de Sam Mehran. Le tout est mixé avec dextérité par le magicien Arl Carlson du groupe Peaking Lights qui joue aussi de la flûte. Depuis un an Ducktails a quitté New-York pour tourner dans le monde entier de l'Australie, Japon, tous les Etats-Unis jusqu'en Europe avec Deerhunter ou Kurt Vile et parallèlement Matt Mondanile travaille avec d'autres groupes comme Noah Lennox de Panda Bear et d'Animal Collective avec qui il enregistre le single Killin' the Vibe, les Smiths Westerns, ou encore Cults. L'esthétique de l'auteur-compositeur qui joue de la guitare, basse, batterie et piano crée un son typé et tient aussi un rôle important dans l'image, étant amateur de cartoons, de bds, du peintre finlandais Jan Anderzen qu'il aime marier à la pop, aux pochettes d'albums et aux vidéos.

Les harmonies vintage, les arrangements eighties qui rappellent la brit-pop et la new-age de Manchester viennent un peu du temps où Matt était étudiant à Berlin et y cotoyait d'autres musiciens allemands et anglais qui jouaient ce genre de pop comme James Ferraro et Spencer Clark des Skaters pour à son retour jouer dans les bars de Brooklyn et broder autour d'un son qu'il nomme "basement" ou "hypnagogic pop". Les sonorités pop sont langoureuses, rythmées avec des thèmes comme l'art, la nature et l'amour sur Ivy Covered House ou sur The Flower Lane "in the corner of the basement gallery" ou les arbres, le lierre, la neige se mélangent au boogie de "under cover". La magie des mélodies et de la rythmique nous emmène loin dans une certaine galaxie d'étoiles pop sur Planet Phrom, à l'incisif Assistant Director en guise de poli règlement de compte poursuivant sur le très beau Sedan Magic. International Dateline rappelle les séjours en Allemagne et en Angletterre du jeune Matt mais aussi ses escapades espagnoles et californiennes sur des guitares endiablées et des synthés hypnotiques. Puis le nostagique Letter of intent dont la vidéo rend hommage à New-York où le couple se promène "hand in hand" "when you are walking next to me..smiling in the gallery, all our thoughts seemed fantasy" séduira les amateurs de Prefab Sprout, de Felt, des Talking Heads avec des effets noisy dans les voix adorables de Matt et de Jessa. Enfin, le dernier titre Academic Avenue qui se rapproche du style psychédélique de Real Estate où brillaient Matt, Martin et Alex sonne plus que jamais spontané avec le nouveau son en or brut de Ducktails. The Flower Lane est intemporel, un coup de maître de la belle et performante équipe des Ducktails que j'écoute en boucle depuis cette année.
Ducktails