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lundi 28 avril 2014

No Middle Name

C'est sieur David Bailey qui confectionne et signe de sacrées mélopées pop sous le nom de No Middle Name. L'auteur-compositeur anglais non seulement façonne ses chansons comme un grand couturier en les fleurissant de loops, de bruitages, de passages parlés, en rapport avec l'ambiance et le texte, mais il chante aussi comme un doux rossignol. D'ailleurs son univers est printanier, bucolique et pastoral quand les titres parlent d'animaux, de paysages et de saisons avec romantisme et sentiments amoureux. Les guitares et les synthétiseurs mènent la danse soit folk, soit disco-pop, ou pop orchestrale. L'atmosphère y est par ses samples très cinématique, imagée avec des références variées et inspirées du 7ème art, de la littérature et de la musique. Auparavant, David faisait partie du duo The Title Sequence avec Nick Crofts, il se lance depuis 2013 avec son projet solo No Middle Name plus pop et lo-fi en présentant le single Another Season pour lequel Lindsay West apporte sa voix.

Puis en fin d'année, c'est la sortie de l'album éponyme à la fibre dream-pop, tantôt folk, tantôt shoegaze, excellemment réussi. Les mélodies et les harmonies s'embrassent et David Bailey apprête son album de sons dorés et dansants. La qualité des airs et des mots choisis montrent une application et une inspiration prometteuse. Dès Telly je pense à Nick Drake et à Donovan par le chant, le schéma naif et alternatif qui semble simple mais qui ne l'est pas au façonnage tant les accords sont fins accompagnés de "papapa" et d'un tempo délicieux. L'ésthétisme sonore qui orne Donkey est tiré d'extrait télévisés des années 70 quand la note nostalgique poursuit avec le thème de Late Bloomer, à la guitare classique comblée là aussi de samples issus d'émissions de jeunesse de son enfance. La mémoire est attisée par les guitares jangle et smithiennes sur Feels Like The 90s Again qui est une ode amoureuse délicieuse où No Middle Name entonne "she makes me feel like a kid again", se demandant si ses sentiments, partagés ou pas. Les choeurs, les parties de guitares, la batterie et le chant de David sont savoureusement pop comme sur Last One to Know, qui précise ce jeu de mélancolie pop des années 90 avec une ambiance dreamy et atmosphérique magnifique. Pour signer ce superbe album, David a eut la complicité, l'amitié de Rory Mansfield, musicien et ingénieur qui tient le label Mollusc Records qui le signe et l'encourage. Cette co-opération avec Rory Mansfield est aussi artistique sur No Sleep écrite et jouée à quatre mains. Dans une veine plus shoegaze, clairement nineties qui rappelle Ride, les Strokes, dont No Middle Name s'offre une reprise, From the Barrel of a Loaded Gun et One Day proposent le phrasé et le chant de David Bailey qui donne une touche certaine de charme. Owl et son originalité dans les bruitages suit jusqu'à Two Friends, avec sa guitare dansante, son rythme chaloupé et sa mélodie de caractère. Avec l'aide de Roy, c'est David qui produit lui-même ce remarquable et vertueux No Middle Name qui mérite réellement une attention particulière.
NoMiddleName


vendredi 25 avril 2014

The Crayon Set

Originaire de Dublin et formé en 2008 par l’auteur-compositeur Robert Baker, The Crayon Set s’étoffe au fil du temps et compte désormais 8 personnes. L’enthousiasme et le dynamisme des musiciens est éclatant dans la construction dansante des chansons, le chant en chorale et l’instrumentation riche de sonorités avec du violon, de la flûte, des trompettes, du banjo, des guitares, basse, piano, et de l’harmonium. Après un prix Benny & Jerry’s Music Festival gagné à Londres en 2011, le groupe enregistre son premier EP, I wanted You qui sort en 2012, produit par Nick Brine, musicien et producteur des Stone Roses, Arctic Monkeys, Super Furry Animals et des Teenage Fanclub. The Crayon Set et ses 8 membres qui tous, chantent, sont : Robert Baker à la guitare, melodica, cavaquinho, Stephen Byrne à la guitare, banjo, harmonica, George Guilfoyle à la basse, harmonium, Labhaoise Brennan à la flute, percussion, Kama Swoboda au violon, Sam Saarsteiner à la batterie et percussion, Hannah Hughes au piano, synthétiseur et Anna Keogh à l’oboe.

Dans mon billet sur Piggledy Pop l'année dernière à l'occasion de la sortie de leur premier album éponyme, j'écris : " Dans la veine pop des Camera Obscura, l’album est irrésistiblement ludique, charmant, coloré de mélodies destinées à l’imtemporalité. The Crayon Set réussit un coup de maitre en faisant briller le genre orchestral pop qui fait danser depuis des lustres et le dépoussière par la qualité des compositions ornées d’un violon à l’âme irlandaise. La délicatesse constante qui émane des morceaux, l’intelligence des instrumentations, le talent dans les arrangements de voix, tiennent de la performance parfaite. Les dublinois, actuellement en tournée, font rayonner l’élégance de la pop sur scène et au travers de l’album The Crayon Set, en promettant une belle persistance contemporaine à l’indie- pop. "

En mars 2014, ils reviennent avec le single qui porte le nom détonnant de Attack avec des inédits pour les fans qui seront sur l'album à venir et déjà une démo sur leur bandcamp, le magnifique Closed Lines. Produit par Karl Odlum et The Crayon Set, le titre qui prend un autre virage groovy et disco-pop annonce un disque prometteur. Continuant de grimper à l'échelle pop, le groupe compose un Attack stylé, plein d'allure et d'entrain. Les guitares cavalent, les voix fulminent sur les violons et la batterie bouillants. Quand on entend The Crayon Set entonner "OK explose, let's attack", mieux vaut ne pas être dans le champ de tir des celtes. Le groupe offre une fraicheur rock'n roll dont certains groupes de pop orchestrale ou symphonique savent faire preuve avec brio. Ici, les 8 musicens qui artistiquement viennent d'horizons variés, jazz, rock ou classique, le montrent avec vigueur et réussite. Prolifiques, les irlandais ont encore une quinzaine de chansons dans leur besace et songent à un double album, tout en assurant une tournée au Royaume-Uni, ce qui ne nous laissera surement pas sans de belles nouvelles avant 2015. Piggledy Pop est No 1 Fan de The Crayon Set !
TheCrayonSet
TheCrayonSetbandcamp

Cover de MGMT Time to Pretend


mercredi 23 avril 2014

Delphine Volange

Auteur-compositeur française, Delphine Volange est une artiste parisienne qui, même si elle tient à sa naissance dans un paysage campagnard, s'imprègne de sa vie à Paris dès l'âge de trois ans, intègre plus tard une école privée du VIIème arrondissement et est bercée par l'univers musical de la salle Gaveau, sa mère épousant en second mariage le fils du propriétaire du lieu. Les pianos l'entourent, elle aime Chopin et son univers romantique, mélancolique et non musicienne, se tourne vers l'écriture et le chant. Elle apparait en 2011 avec le single Sirènes où le génial titre Précieuse, décoré et coloré de vocabulaire est signé de l'écrivain que j'admire, Marie Nimier, Thierry Illouz et la musique de Ferdinand Berville. Marie Nimier encourage Delphine à chanter et offrir des concerts à Paris depuis 2006. Son premier album Et de Delphine Volange le ciel était toujours sans nouvelles de 2012 compte la collaboration du musicien Bertrand Belin qui arrange et joue, David Aron-Brunetière qui arrange et réalise, Laurent Balandras qui produit et Jean-Claude Vannier, compositeur d'Hôtel Chopin qui était arrangeur pour Serge Gainsbourg .

Monceau en ouvrant le bal est une chanson magnifique, tant sur le plan de la mélodie, des arrangements avec cordes, délicats mais pas grandiloquents. Le dosage fin orchestré s'accorde parfaitement à la voix cristalline et cotonneuse de Delphine Volange. L'interprète a un grain de voix de velours qui colle aux cordes de guitares maitrisées et harmonieuses de Bertrand Belin, qui participe au chant pour un duo fort élègant sur le titre suivant, Sirènes. Les textes romantiques, métaphoriques nous emmènent aisément dans l'écoute de l'album qui pose un décor frenchy, parisien, stylé et poétique. Les ronds de fumée continue la balade rythmée, voltigeante, où même l'interprétation de Delphine fait des boucles, des zig-zags, sur l'ensemble de cordes avec une douceur lyrique touchante qui me rappelle Anna Karina. L'artiste avance avec grâce et me persuade, m'émeut, sur le merveilleux banjo folk de Au feu. Il y a de l'humilité, de la fragilité en surface qui dissimule des textes passionnés et des thèmes enflammés comme sur le brulant Hôtel Chopin, composé par Jean-Claude Vannier où là aussi les violons et violoncelles mariés à la basse font penser à des mélopées sixties de Gainsbourg quand la griffe de Françoise Mallet-Joris et de Marie-Paule Belle sur la reprise Trans Europe Express arrive avec une excellence sucrée et précieuse. La gare Montparnasse évoquée nous ramène dans un univers parisien, ville de Delphine Volange qui lui voue sa plume avec dextérité. Ecrire sur la capitale comme le fait Delphine sans se pencher sur la mode serait inimaginable et Empreinte offre cette facette avec un texte qui parle de Courrèges.

Autre sujet féminin, les roses et les lys, formidablement accompagné par le jeu d'Eric Delval à la guitare, arrive dans Ni fleurs ni couronnes. La mélancolie amoureuse entre suave et langoureuse sur Les corps célestes, brillant de notes au clavier qui flirtent avec le violoncelle stellaire. La complicité savoureuse entre Volange et Belin nous aspire sur Sublimons qu'ils partagent et concoctent en duo dansant et espiègle superbe. Comète ou étoile, Delphine Volange propose un album plein de charme, de mélodies, fourni de ses textes comme Aux Iles Borromées, littéraires, poétiques, fort lyriques et romantiques. Cette escapade dans la nature qui parle de jardin, d'oranger, de palace, d'espace, dévoile un grand talent d'écriture et une voix féerique qui va comme un gant aux mots. Et de Delphine Volange Le ciel était toujours sans nouvelles est pastoral, céleste, un album abouti qui est une des plus belles signatures françaises de 2012; Piggledy Pop conseille chaleureusement de l'écouter et de découvrir l'univers artistique de Delphine Volange, picturesque, raffiné et délicieusement romanesque. DelphineVolange


lundi 21 avril 2014

Roland Garros

Wimbledon apparait en 1875, 4 ans plus tard à New-York, le 31 août 1881 est ouvert l'Open des États-Unis, puis ce sera au tour de l'Open d'Australie à Melbourne en 1905 et enfin, le dernier né du quartet du grand Chelem mais pas des moindres, le nommé Internationaux de France qui se dispute à cheval sur le Stade Français et le Racing Club de France, dès 1925. Le stade Roland Garros ouvre ses portes à Auteuil en 1928 grâce aux exploits dans le championnat français et dans les autres compétitions internationales des Mousquetaires : René Lacoste, Henri Cochet, Jean Borotra, Jacques Brugnon


Celui qui marque de son empreinte l'histoire du tennis, c'est l'Alligator, le Crocodile dandy, le premier français qui gagne la coupe Davis, René Lacoste. C'est à New-York qu'il remporte le bouclier d'argent en 1927, et selon le principe du Challenge Round (le gagnant accueil l'année suivante la Coupe Davis), la France doit donc vite songer à construire un stade, n'ayant pas encore de structure suffisamment grande pour contenir un large public. Pour ce faire, on missionne Pierre Gillou, capitaine de l'équipe de France et Emile Lesieur, Président du Stade Français qui dénichent des financements et mettent sans hésiter, leurs propres biens dans l'affaire ce qui, alors que la France peine à se relever au sortir de la Grande Guerre est un véritable défi, une belle audace. Pierre Lesieur, est en 1906 étudiant à HEC, tout comme son camarade de classe Roland Garros. Les deux amis combattent côte à côte pendant la Première Guerre Mondiale en tant que pilotes de chasse jusqu'au 5 octobre 1918 quand Roland Garros meurt dans une bataille aérienne. Pionnier de l'aviation, il a 25 ans quand il réalise l'exploit de la première traversée de la méditerrannée en 1913, puis l'invention d'une technique de tir à travers l'hélice de l'avion de chasse. Son ami Emile Lesieur, devenu un grand rugbyman du Stade français exige que le stade qu'on lui demande d'ériger porte son nom. 1928, les travaux commencent à Auteuil et au mois de mai, Roland Garros offre son premier match officiel.



J'ai foulé la terre battue de Roland Garros, d'autres surfaces aussi, pendant des années pour apprendre à jouer et surtout pour accompagner mon entourage qui savait très bien jouer (lui). J'ai vu le tennis évoluer ces 30 dernières années avec un peu de nostalgie, pas pour la raquette en bois et les boyaux mais plus pour le jeu et les longs échanges qui étaient savoureux, intenses et parfois drôles. Les matériaux ont évolué, les techniques ont suivi et les joueurs ont gonflé. Ca tape, ça bourine, ça cartonne des records de vitesse et de force, moins agréables à regarder avec des échanges de plus en plus courts. Service-retour gagnant. Set et match plié. 



Suzanne Lenglen, dite la Divine, n'est pas témoin de ce changement. Personnage dans l'histoire du tennis elle aussi, elle gagne à 15 ans le championnat du Monde en 1914, puis continue pendant la guerre à s'entrainer essentiellement avec des partenaires masculins, attendant que ses amis officiers reviennent du front. En 1919, à la surprise générale, la jeune Suzanne a 20 ans quand à Wimbledon, elle détrône l'anglaise Dorothea Lambert Chambers, 7 années de suite championne sur ses terres. Lenglen devient imbattable, un ouragan qui remporte Wimbledon 6 fois de suite et les internationaux de France en simple 6 fois également et les championnats du monde de 1914, 1919, 1920, 1921, 1922 et 1923. Elle gagne 241 tournois en 7 ans, 81 en simple et 3 médailles olympiques dont deux en or. Suzanne Lenglen a une personnalité époustouflante, un sacré caractère : elle est combattive, jolie, apporte sa touche en inventant une nouvelle manière de se vêtir pour mieux jouer et pose ses conditions lors des tournois comme à Wimbledon en 1926, refusant de jouer deux matchs de suite (simple et double), refus pris comme un afront par la reine présente dans les tribunes. L'indomptable et perfectionniste Suzanne Lenglen est une muse pour les Mousquetaires, la "diva" les inspire. René Lacoste, surnommé le crocodile à cause de sa tenacité et sa patience dans son jeu de fond de court, progresse en suivant les conseils avisés de son amie Suzanne qui lui fait adopter sa technique du coup droit et sa montée au filet. Elle ouvre sa propre école de tennis en 1927 qui devient officiellement le plus grand centre d'entrainement français, reconnu par la FFT en 1936.



En 1997, le court A de Rolland Garros est baptisé court Suzanne Lenglen, deuxième plus grand du stade après le Central de 14 911 places, sa capacité est de 10056 places. Le stade comporte 5 courts en 1928, double le chiffre en 1980, s'agrandit encore en 1986 avec 19 courts, pour en compter 23 en 1994. Le Court Central nommé court Philippe Chatrier (champion de France junior en 1945, devient un des meilleurs joueurs mondiaux, président de la FFT, président de la Fédération internationale, puis membre du CIO), offre quatre tribunes qui portent évidemment les noms des Mousquetaires : Tribune A Jacques Brugnon, Tribune B Jean Borotra, Tribune C René Lacoste et Tribune D Henri Cochet. Depuis le fameux stade a vu défiler une cascade de championnes, Connolly, Wills, Smith Court, Evert, Navrátilová, Graf, Seles, Williams, Davenport, Sanchez, Hingis, Pierce, Henin ; De champions, comme Wingfield, Davis, Budge, Fred Perry, Rod Laver, le génial Rosewall, Newcombe, Connors, Borg, Noah, Becker, le grand Chang, Lendl, Mc Enroe, Sampras, Agassi, Murray, Lewitt, Kuerten, Söderling, Safin, Roddick, Djokovic, Nadal et Federer...
Rolland Garros c'est aussi un show télévisé où certains font le spectacle chacun à sa manière comme Ilie Nastas, Michel Drhey, les interiews de Nelson Monfort et ses traductions inspirées comme "Michael Chang remercie Luigi", Jean-Paul Loth, les pitreries d'Henri Leconte, Barhami, l'histoire d'amour née sur la terre battue parisienne en 99 entre Steffi Graf et Andre Agassi.



Le tennis s'est démocratisé au fil du temps, en France on a voulu le démocratiser à outrance dans les années 80 ce qui, selon moi, a été une erreur. Il faut être apte à respecter ce sport né du jeu de paume et pouvoir comprendre l'histoire du tennis, les âmes qui l'ont rendu célébre, comme Suzanne Lenglen, les vaillants Mousquetaires et leurs légions d'honneur . Que ce ne soit plus un sport d'élite et qu'il devienne plus populaire est une belle chose tant que les pratiquants, les initiés, saisissent bien cet esprit. Son thème est exploité dans la culture pop, au cinéma avec Match Point de Woody Allen, La plus belle victoire du britannique Richard Loncraine, dans la série américaine Sopranos, les films d'Yves Robert, en littérature il y a Comment j’ai réussi à me faire passer pour John Mc Enroe par Dupuy et Berbérian, Philippe Delerm et Un autre Regard, Nicolas Rey, Le tennis est un sport romantique d'Arnaud Friedmann et le superbe livre Beaux gestes signé Charlélie Couture qui regroupe ses dessins et aquarelles.
Dans la musique pop, avec Dent May et son titre God Loves You Michael Chang, Hugh Laurie I'm in Love with Steffi Graf, Sonny & the Sunsets, Vampire Weekend, Picturebox signe Gabriela Sabatini, Gran Kino I love tennis, Autocollants qui chantent Tennis Racket, Royal Osprey Tennis Ball Trajectories early version, West Side Tennis Club, Otouto Tennis Players, Cream Anyone For Tennis, Pernice Brothers The Ballad of Björn Borg, Jessica Fletchers Summer Holiday & Me et côté français il y a en 1914 Erik Satie qui joue Le Tennis au piano, en 1977, Serge Gainsbourg écrit pour Chamfort Tennisman. Il y a aussi Housse De Racket, Vincent Delerm qui signe Les jambes de Steffi Graf et Court Central, Guillaume Bassard alias Doggy, Papaye qui entonne Tennis ou Monica Seles, Anais, Martin Solveig & Dragonette avec Hello, Dionysos chante John McEnroe et l'été 2001 sort la compilation pop frenchy Simple Messieurs Tahiti Boy, Hopper, Gallantry proposent des perles dansantes comme Nathalie Tauziat white panties, Bjorn Borg (practice), entering the court, John McEnroe, Mats Willander etc..13 morceaux qui sent bon la terre fraiche de Roland Garros
Aux amateurs de la balle jaune, la terre rouge et des rutilants géraniums, ce sera à vous de jouer le 25 mai prochain pour la 34ème édition de Roland Garros.




lundi 14 avril 2014

Roy Moller

La palette de chansons que signe Roy Moller sur son tout nouvel album One Domino fait voyager dans le temps, l'espace et les arts, parlant du passé, d'Edimbourg à Berlin, de l'architecture à la peinture avec beaucoup de poésie, qui avec la musique est la sève de l'auteur-compositeur écossais.
Il y a deux ans, j'écrivais un billet sur Roy Moller que j'admire : "Roy Moller est un auteur-compositeur interprète écossais que je nomme souvent sur Piggledy Pop parce qu’il est très actif, parce que ses projets en solo mais aussi ceux pour les autres, sont nombreux. Généreux, il aime partager la musique avec ses pairs et opère dans diverses collaborations depuis les Huxleys en 1989 alors qu’il n’a que 16 ans, puis en 1994 il rejoint le groupe Meth O.D en tant que guitariste et forme le projet instrumental The Wow Cafe. En 1997 il participe à l’écriture de The Boy With The Arab Strap, signant en binôme avec Stevie Jackson Seymour Stein et Chickfactor. Il co-écrit aussi sur les autres albums de Belle and Sebastian, Dear Catastrophe Waitress, les singles I'm A Cuckoo et Funny Little Frog, faisant une apparition sur la vidéo The Wrong Girl. Proche de Stevie Jackson, Roy Moller collabore à son album I can’t Get No en y chantant, jouant percussions et piano aux côtés de Rose Melberg, Sarah Martin, Bob Kildea, Chris Geddes, etc... "


Dans le portrait que je trace, j'évoque Bob Dylan, les Kinks, Beatles, Kevin Ayers, Leonard Cohen et Burt Bacharach comme influences mais au fil du temps, Roy Moller devient lui-même une référence dans le monde de la musique pop- indépendante. Il est sans cesse inspiré, enthousiaste et depuis le début de sa carrière, écrit mille et une chansons pop, folk, rock qui swinguent et balancent une joie de vivre brulante. En 2003, sa bonne humeur éclate avec l'EP Maximum Smile, suivi en 2005 des 3 titres sur Fermez La Bouche et la même année 6 titres sur Second City Firsts qui constitueront l'album Speak When I’m Spoken To et dont les 11 titres sublimement pop psychédéliques galopent au son des guitares, claviers sixties, flûte et violon. Musicien, ménestrel et poète, Roy est un prince des mélodies, des harmonies en participant à I Would Write A Thousand Words:tribute to the Television Personnalities puis en lançant le projet The Company avec Stevie Jackson, une communauté d'artistes amis qui font flotter des particules d'humour, de drôlerie et qui jouent du cor, du violon, violoncelle, du sitar, du glockenspiel, batterie, accordéon, de la viole, de l'harmonica, de la trompette, de l’harmonium ; La compagnie est montée avec les autres membres de Belle & Sebastian et les mêmes talentueux lurons, Moller, Jackson, Stuart Kidd et Chris Rea des Wellgreen, qui accompagnent aussi The Euros Child, et qui parallèlement forment les The Store Keys qui mettent en musique parfois le poète George Gallacher .
RoyMoller
StevieJackson
StuartKidd
TheWellgreen

Février 2008, Roy signe avec les Hermit Crabs Join The Dots puis en décembre My Ever Accumulating Losses sur The Glasgow School Of Art Goes avec The Company qui l'accompagne aussi pour Brother Love sur la compilation de juin 2009 d'Indietracks. En 2010, le single More Fool You annonce le futur album de 2011, Playing Songs No One’s Listening To, succulent et magique où Roy Moller apparait de plus en plus proche des univers de David Bowie, Lou Reed et Bob Dylan. L'album contient des titres majestueux comme Rhythm From The Rails, My Skyscrapers, Downstate Update, aux harmonies riches et colorées et aux textes d'un lyrisme infini. L'âme de poète, en commun avec Reed, Dylan et Cohen, fleurit les chansons de Roy Moller mais aussi ses écrits littéraires et poèmes, salués par la critique cette année qui seront récompensés par une publication dans le Appletree Writers de poésie. Outre la poésie, Roy Moller est musicalement fort influencé par Lou Reed et vient d'écrire une oeuvre musicale dédiée à l'artiste new-yorkais, My Week Beats Your Year, qui sortira également cette année.

En 2012, sa fibre poétique, sa voix magnifique qui a des intonations proches de l'autre musicien poéte écossais Lloyd Cole, sa passion pour l'Ecosse avec ses couleurs et son paysage, son amour des auteurs, des peintres, réapparaissent sur le fabuleux The Singing’s Getting Better dont j'écris ceci à sa sortie : " Avec ce titre évocateur, il est peu surprenant de découvrir un album comprenant des balades ‘Roy’ales puissantes, griffées de son auteur, devenu jeune papa entre temps, porteur de bonnes vibrations folk et rock sur Mis-Spent Youth, pop sur l’excellente Pop Music Bores. Tout ce qui est bon à l’oreille y est présent, le clap-hands, le violon de Heather Wellcoat, l’harmonica, glockenspiel, la batterie dynamique de Ian Stoddart et la superbe voix de Monica Queen sur I remember Dreams ou le velvetien All The World. Les orchestrations géniales contiennent l’âme sixties et folk traditionnelle qui se marient à la perfection. Son ami multi-instrumentiste Jonathan Lilley alias Sporting hero, présent dès le premier album Speak When I'm Spoken To, aussi leader de The Gracious Losers, co-produit les titres avec Roy et y redessine le paysage pop. "

Le "scottish" plein de qualités et de brio poursuit son travail en 2013 avec des singles Beneath The Tarmac dont Golden Grey décrit l'amour qu'il porte à sa ville, puis Hidden Realms et Street Oblique qui annoncent la venue du sublime dernier album One Domino. Roy Moller y est aussi volcanique que les collines de la royale Edimbourg qu'il chérit tant et met à l'honneur dans ses 11 compositions. Marc Riley, animateur sur la BBC et musicien, membre de The Fall et qui a joué avec les Happy Mondays, Pixies, Massive Attack et les Cocteau Twins dit "A week ago I’d never heard of him, now I’m his biggest fan" et décrit Roy comme le "Scotland best-kept secret". Roy Moller qui est un guitariste brillant, peaufine Honey Berlin à la guitare électrique et une rythmique endiablée sur le thème de Brigid Polk alias Brigid Berlin, personnage glam du Berlin des années 70 et proche amie d'Andy Warhol dès 1964. L'ambiance artistique, les claviers et les guitares vrombissantes poursuivent sur When i paint my Mantelpiece, qui rappelle le When i paint my Masterpiece de Dylan, en évoquant Henry Robb un armateur fameux écossais actif entre 1930 et 1970, ou encore en citant le prophète d'un culte du cargo pendant les seventies, John Frum.

L'electro-pop Obelisk métaphore faisant référence aux deux aiguilles de Cléopâtre, qui se trouvent l'une à Londres l'autre à New-York, sonne pop des années 80 pour rendre hommage à New Order et son titre Your Silent Face, son new-age qui est fort présent sur le dansant Edinburgh City Control qui ouvre l'hommage enflammé de Roy pour Edimbourg. Redpath poursuit dans le thème en remémorant les peintres comme Gustav Klimt et Redpath (exposée au national galleries of scotland), de l'époque beatnik, qui avaient en inhalant des produits divers, une vision drôle de la religion. Textbook, Textbook repart au quart de tours avec des guitares rock, le chant immédiat et séduisant de Roy qui accompagne un texte épineux d'un type abandonné par sa petite amie, quand Street Oblique avec son piano romantique, sa guitare espiègle et comme le précise Roy enregistrée "late one Thursday evening on what sounds like a full moon" nous ramène à Berlin pour une déclaration d'amour. Puis les guitares aiguisées et mariées au clavier psychédélique nous ramènent à Edimbourg sur Where I Am Is Here qui souligne les endroits favoris de Roy comme Princess Street et le pub The Old Chain Pier où il boit sa toute première pinte, en rendant honneur aux beaux yeux de la réalisatrice Margaret Tait qui tourna un film sur la ville. A Glorious Sunset Mistaken For Dawn, plus electro-disco, est une bande son profilée pour Edimbourg, titre emprunté à Debussy pour décrire le "Wagner’s Das Rheingold", quand le vigoureux Vincent surgit, avec une rythmique vagabonde et ronde sur les distorsions de guitares. Vincent été un ami qui contrairement à Van Gogh dit Roy, avait ses deux oreilles, au point d'alerter tout le monde qu'il y avait une fête un samedi soir chez Roy, fête qui a priori, a laissé un souvenir indélébile. Pour conclure ce tour de magie, le titre One Domino, folk et somptueux, évoque la théorie du domino utilisée pendant la seconde guerre mondiale en 1943. Chaque chanson est une histoire narrée par Roy Moller qui nous dépeind des univers variés avec un don pour la création mélodique et l'interprétation, tellement pop et "scottish", pour finir par un pléonasme, que Roy est devenu l'ambassadeur de la scène alternative pop écossaise et comme je le décrivais auparavant, le héro pour nombre de groupes comme les Belle & Sebastian qui lui ont dédié la chanson Roy Walker. Roy Moller est un hérault de la pop et un héro pour Piggledy Pop.
RoyMollerOneDomino
StereogramLabelRoyMoller



dimanche 13 avril 2014

The Very Most

C'est beau un EP vinyle quand il arrive d'abord avec une pochette old-fashioned pleine de charme, signée Michaël Korchia de Watoo Watoo, musicien et excellent photographe et Vinnie Ransome artiste anglaise qui tient les rênes du label My Little Owl Records, également membre des groupes Mini Skips et Vinnie&Markie en duo avec Mark Wainwright, ou encore les Steel city superheroes y assurant le clavier, honore la back-cover du vinyle avec la participation de Daniel Ransome. Les passionnés aiment les vinyles, pas seulement les collectionneurs ou les brocanteurs, mais surtout les puristes qui ont de l'oreille et ce besoin de cajoler le sillon avec art tellement le son analogique est supérieur au numérique. De plus en plus de groupes reviennent au vinyle et The Very Most ajoute son nom au rituel de la précision et de la richesse du son. Ce goût pour l'esthétisme sonore, ce respect et cette passion pour la musique, Jeremy Jensen les porte comme un étendard dans le monde de la pop indépendante. Généreux et fédérateur, il travaille avec engouement à son projet The Very Most en s'entourant de musiciens du monde entier, en partageant sa passion avec ses proches mais aussi ses auditeurs envers qui il ne met aucune distance, restant intègre, distribuant sans compter son humilité noble et émouvante. Tous ceux qui le connaissent apprécient sa personnalité hors norme qui rayonne dans ses compositions et son amitié sincère, avec des attentions touchantes comme celle d'apposer mon nom sur ce beau vinyle. Quel plaisir immense et quel honneur ! Je te remercie tant cher Jeremy.
Il y a cinq ans, je chroniquais son travail et présentais l'artiste là : TheVeryMost2009
Je poursuivais en 2013 avec un nouveau billet au sujet de l'EP Just a Pup : TheVeryMost2013

Comme pour beaucoup de groupes américains, les Pixies en sont le meilleur exemple, leur succès le plus important est en Europe où le dernier EP Just a Pup s'est vendu à plus de 75%. Dans la suite logique de sa renommée, The Very Most vient présenter le nouvel EP sur le vieux continent cet été, qui porte en sus le joli nom de Things Too Obvious to Sing, avec des dates de concerts dont le festival Indietracks du Derbyshire du 25 au 27 juillet aux côtés de Allo Darlin', Gruff Rhys, The Just Joans, The Hidden Cameras, Rocketship, Dean Wareham, et une cascade d'autres fabuleux groupes. Pour ce faire, Jeremy s'entourera sur scène d'amis musiciens venant d'Ecosse, d'Angleterre et d'Espagne. Ces dernières années The Very Most récolte ses lauriers mérités, le retentissement grandit avec la ré-édition des derniers EP sur la compilation du label Indietracks et la présence du groupe au New-York Popfest de 2013. Cette année, le label My Little Owl Records signe Things Too Obvious to Sing et sa fondatrice Vinnie en parle dans la presse : "We believe Jeremy is the epitome of a collaborative musician who has the genius--and I do mean genius, watching him work is terrifying--to put together the styles, ideas and talent of others and create perfect pop songs"... "The Very Most is truly 'indiepop' because [Jensen's] ethos is to make his pop songs sound beautiful for the listener and for himself; they are never crafted simply to be commercially marketable, although we do think everyone should buy the EP because it's just brilliant."
Vinnie voit très juste, Things Too Obvious to Sing est un bijou et Jeremy Jensen un joaillier de la pop, qui sur ces quatre titres assure tous les instruments. Avec son studio à la maison, il enregistre lui-même les orchestrations et invite ses amis au chant comme la géniale et fidèle depuis 2002 Gia Trotter qui prête sa voix cristalline et sucrée à Oh Maisy, About Forgetting et Things Too Obvious to Sing, Vinnie Ransome, Adam Saunders et Darcie Saunders du duo Adam & Darcie qui font partie de la compilation Village Green de 2013 avec Jeremy et qui respectivement du Yorkshire UK et de Californie, participent à distance au chant de la magique Wond'ring ; Tout comme la suèdoise Astrid Wiezell, chanteuse, guitariste de Northern Spies qui vient offrir sa voix sur Things Too Obvious to Sing. Enregistrées entre les studio Old Pig Farm de Sheffield et les Honeyzance Studios de Stockölm, les voix qui accompagnent celle de Jeremy, galvanisante et attachante, ajoutent un caractère familial et amical qui est l'essence de The Very Most. L'estivale et joviale Wond'ring ouvre la marche et véhicule à travers sa rythmique bossa, sa flûte raffinée et taquine, une bonne humeur, l'apanage là aussi de The Very Most. Le mélange de notes pop que Jeremy fait danser au clavier et à la guitare accompagne savoureusement une ritournelle mouvante de mots appuyée par le grain de voix d'Astrid, "Someday someone somewhere's gonna know The reason, reason people go, And sometime somehow somebody will perceive, The reason, reason people leave."

Jeremy, optimiste et croyant, évoque les "psalms" sur Wond'ring et l'amazing Maisy qui est boudhiste et joue de l'orgue à l'église sur Oh Maisy, virevoltant d'humour et d'entrain. L'enjouement s'entend dans la mélodie pétillante et rebondissante, les arrangements vigoureux et le chant de Jeremy lié à celui de Gia. Dans une belle tradition pop alternative griffée d'harmonies sixties grâce au clavier psychédélique, les guitares rock et rieuses, dans la lignée des Unicorn Feather groupe d'Elijah Jensen son frère ou des Parenthetical Girls groupe de la petite soeur des Jensen, Rachel, des Smittens, Apples in Stereo, Ladybug Transistor, Pastels, Belle and Sebastian, le son que produit Jeremy se rapproche également de ses influences et groupes qu'il aime reprendre comme les Smiths, Jonathan Richman et les Pixies. L'Ep se termine avec le titre magnifiquement interprété par Astrid Wiezell et Gia Trotter, Things Too Obvious to Sing, qui souligne le rapport à l'autre, sensible et possible, quelques soient les conditions sociales, soulignant l'ampleur du caractère humain qui personnifie Jeremy. Jamais déprimantes, les chansons sont entrainantes et les harmonies joyeuses tout en touchant à des thèmes délicats. Les quatres titres de Things Too Obvious to Sing aussi beaux et efficaces, groovent, tiennent chaud et The Very Most continue son chemin conquérant depuis 10 ans que j'éspère toujours triomphant pour la prochaine décennie. Je conseille de vous procurer l'objet dont la qualité mélodique, le cachet sonore du vinyle, vous donneront simplement le sourire .
TheVeryMost2014
MyLittleOwlRecords



samedi 12 avril 2014

Daniel Carlson

Daniel Carlson est un auteur-compositeur, multi-instrumentiste également arrangeur qui pourrait bien être le fils spirituel de John Lennon, McCartney ou Brian Wilson. Ce natif de Chicago où il grandit, part s'installer à New-York dès les années 90. Musicien hors paire, il a l'oreille fine et organisatrice, compose en ayant en tête une flopée d'instruments et écrit ses partitions comme un maître d'orchestre. Ses titres pop, sunshine, psychédéliques, se dévoilent en 2001 avec un premier EP Somnar, puis un deuxième en 2004, Now, tous deux enregistrés avec les amis qu'on retrouve dix ans plus tard toujours à ses côtés, les producteurs Ken Sluitter et Chris Bruce aussi guitariste, l'ingénieur et pianiste Mark Greenberg qui travaille avec Real Estate, Low, Wilco, Andrew Bird , et le multi-instrumentiste Jonny Polonsky, proche collaborateur et ami de Franck Black, Donovan, Johnny Cash, Neil Diamond, comptant la précieuse présence du producteur Neal Ostrovsky sur Now. Daniel Carlson enfant, est entouré de bons disques à la maison, sa mère qui une grande amatrice de musique, l'inscrira à des cours de batterie. Il découvre tôt les Beatles et les Mamas & the Papas. Adolescent, laissant la batterie, il passe à la guitare, la basse et un peu le clavier, puis découvre les Carpenters, Burt Bacharach ce qui déclenche une fascination et une passion pour la pop orchestrée et arrangée. Depuis, Daniel qui se replonge dans l'écoute des Beatles, XTC, High Llamas, Stereolab, The Divine Comedy, compose lui-même de la chamber pop stylée sixties, ornée de mellotron, de moog, de cor et trompettes avec des arrangements , riches aussi de son seventies.

Aimant l'idée du EP en version vinyle, l'artiste met sept ans, oscillant entre des coopérations à New-York et ses amis qui se trouvaient à Chicago avant de signer de nouveaux titres en 2010, prévus pour un EP qui se transformera au fil du temps en album grâce aux conseils de Sean O'Hagan des High Llamas qui participe au disque. Aviary Jackson parait donc avec l'aide du producteur Michael Leonhart qui travaille aussi avec Steely Dan et Yoko Ono, et le soutien fidèle de Neal Ostrovsky, Sean et Karl Jensen pour la pochette et le titre. Album conceptuel, les paroles évoquent la mélancolie, des états-d'âme dans des lieux différents qui forment une histoire, un scénario sonore inspiré de Chicago, New-York et Amsterdam où Daniel vit une partie de l'année. Inspiré et prolifique, Daniel Carlson écrit et compose pour d'autres artistes comme ses collaborations variées à la compilation sur le footballeur et entraineur allemand Jurgen Klopp, Hopp Around the Klopp, enregistrée par John et Frank Navin de The Aluminium Group où Daniel co-écrit Summer of 82 avec Jérôme Didelot du groupe français Orwell. Les projets pleuvent, comme celui de la reprise des poèmes de William Blake par Jude Cowan et le disque signé avec le groupe gallois Pulco. L'été 2013 arrive le deuxième album qui sent le sable chaud, ensoleillé et iodé, Me You You Me qui est enregistré à Los Angeles, avec la complicité de Pete Min et toujours Chris Bruce. Là encore Daniel Carlson nous offre une bouffée de mélodies pop élégante, fleurie de guitares, d'orgue, de violoncelle, de cor, de mots qui font rêver et voyager. Avec sa voix lumineuse, Carlson brille sur It's a Joke où la basse et la rythmique soft et sucrée accompagne des choeurs magnifiques. Le Moog de Lins nostalgique glisse sur le temps qui passe, la mémoire vive, pour accueillir la bossa langoureuse de Heaven's Sake et la ballade amoureuse et galante If I Could Try dont l'écho et le départ sont matérialisé par le son élancé des guitares. I'm Tired, au thème sentimental fragile et vulnérable, est arrangé avec une basse solide et un chant posé, fort harmonieux quand Pearl évoque plus de perspective et d'espoir sur un piano divin. Seven Seas mitraille de mots cinglants sur un air raffiné et une orchestration soignée. I can see it poursuit dans le charme désuet et chic des harmonies sixties, avec des accords aboutis. Les harmonies electro-vintage de Eko proposent un joli voyage sonore psychédélique jusqu'aux rives de la pop, pour amérir sur le piano de Lost your Mind, qui conclut l'écoute avec douceur. Me You You Me est un album cousu de fil d'or romantique par l'ésthète Daniel Carlson qui pomponne 10 titres stylés et classes ornés d'harmonies merveilleuses et de son chant gracieux.
DanielCarlson



mercredi 9 avril 2014

Alice Boman

La suédoise apparait comme par enchantement en 2013. On ne sait pas encore grand chose sur Alice Boman, originaire de Malmö, parce qu'elle est jeune et que du haut de ses 25 ans, elle n'a signé qu'un Ep, Skisser, qui se traduit par sketches. Les cinq titres de sa patte sont suffisamment prometteurs pour rester aux aguets et pour aider à patienter, la musicienne a d'ores-et-déjà annoncé un nouvel EP pour 2014. Après ses études, l'artiste qui joue du piano et de la guitare, reprend pour son plaisir les chansons d'autres, part une paire d'années à l'étranger, pour changer d'air et nourrir sa curiosité, comme elle le fait en France. A son retour en Suède, elle se met à composer ses propres démos et enregistre ses chansons chez elle. Son travail d'orfèvre, son chant cristallin ne tombent pas dans l'oreille d'un sourd et le label Adrian Recordings lui propose une collaboration. Sort donc en mai l'année dernière le lumineux Skisser et son titre phare Waiting.

La demoiselle a du talent, une veine nordique forte et fragile à la fois que les radios, blogs et sites s'accordent à vanter, apportant vite au label l'entreprise de faire derechef des EP supplémentaires en version vinyl avec un titre inédit en prime sur ces nouveaux Skisser. A son écoute, rayonne un monde d'influences musicales riche et poétique. Alice Boman aime Leonard Cohen, Bob Dylan, Van Zandt et Nick Cave qu'elle écoute comme elle respire, revenant toujours à leurs compositions qu'elle définit "intemporelles et phénoménales". Pendant sa jeunesse, la musique est primordiale à la maison et très jeune, elle intègre une chorale. L'auteur compositeur écoute tous les styles de musique, aime autant The National que John Maus et croyant à l'instinctif artistique, aux influences qui agissent sur l'inconscient et elle se laisse bercer sans résistance autant par Nico et Joni Mitchell que par un livre ou un film. Alice Boman fleurit ses textes amoureux d'images poétiques pleines de nature, de symboles, comme la lune, les paysages, comme sur les somptueux Skiss 3 et Skiss 8 où l'orgue étaye l'atmosphère intime et délicate. En mars 2014, le single What parait annonçant le deuxième EP qui viendra en juin. Avec son chant aussi émouvant, voluptueux que les notes jouées à son piano, elle est sur les routes de Norvège, d'Espagne, d'Angleterre cet été sur scène à Salisbury le 29 Août avec St-Vincent, Flaming Lips et Yo la Tengo. Les titres excellents, l'univers magique et l'interprétation de haut vol de la jolie Alice Boman prouvent sa profondeur certaine et son don pour la création qui gagnent ma confiance et mon admiration.
AliceBoman

lundi 7 avril 2014

Neighbours

L'aventure musicale des Neighbours commence à Pittsburg en 2009 quand les quatre musiciens amoureux des Zombies et des Beach Boys se rencontrent. Michael Cunningham aux claviers et chant, Ross Reilly aux guitares et chant, Joe Tarowsky à la basse et chant, Andy Mulkerin à la batterie composent des musiques dans la veine Motown, soul, garage pop, avec un groove incroyable. La nouveauté et le coup de maitre ne se trouvent pas dans le style mais dans la façon de l'entretenir avec des mélodies fraiches, des arrangements inspirés et alternatifs dont l'esprit psychédélique frôle le répertoire de Love et le genre pop sixties de Burt Bacharach. Ce qui est notable chez les Neighbours aura été la manière de commencer leur parcours, à l'ancienne, par la scène dans la tradition des groupes des années 60. Avant de passer en studio d'enregistrement les quatre américains jouent d'abord en live, inlassablement sur les routes pendant presque deux ans, comme l'ont fait les Beatles, les Who, les Pink Floyd, entre autres. Un premier single parait en 2011 suivi de l'album Prime Numbers en 2013.

Michael et Ross qui est l'auteur-compositeur du groupe font de la musique ensemble depuis l'université de Pittsburg dont ils sont tous deux diplômés et sur ces douze superbes titres, ils se font enfin plaisir en étant accompagné d'un ensemble de cuivres qui fleurit et anime l'orchestration. Saxophone, trompette, cor se fondent aux instruments pour créer une ambiance ensoleillée et dansante rythmée par Andy qui brille sur All the Time. La rythmique étudiée et appuyée par la basse de Joe comme sur Tell the Truth est ce qui distingue Prime Numbers des autres albums contemporains soul-pop. Les instruments en symbiose offrent un tempo excellent, l'orgue de Real Talk et ses tambourins dégainent et mitraillent à la Al Green des notes de Rythm'n blues. La somptueuse et ronde What did you say est un bijou à mes oreilles, mellow et aérien. L'excellent Winifred suit avec sa saveur mélancolique qui parle de "memories" et qui pourrait très bien rendre hommage à Winifred Atwell, la reine du boogie-woogie dans les années 50. Le légitime Reminder et son piano endiablé poursuit avec les cuivres chauds et groovy sur No Matter the Season, qui croone et roucoule. La batterie de All the Time débarque gaillarde, redoutablement éfficace. La beatlesienne Up and Down the Avenue, toujours aussi ficelée, techniquement exécutée avec brio, offre un chant et des envolées de voix ennivrants. Les mélopées voltigent et se déclinent avec délicatesse ou avec fougue après le rock psychédélique de Green Shoes, l'enfiévré No Car, se terminent dans l'amusement et la taquinerie avec Fun et Streetlight Girl ; Fabuleuse conclusion avec ces deux titres qui donnent illico une envie irrépressible de monter le son pour partager les Neighbours avec ses voisins. Neighbours