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lundi 26 mai 2014

Marc Morvan et Ben Jarry "Ophelia"


Je suis admiratrice et fan de l'univers du duo depuis l'été 2010 quand j'écris: "Marc Morvan & Ben Jarry sont deux artistes qui se rencontrent en 2006, après avoir chacun évolué dans d’autres formations musicales dans les années 2000. Marc menait le groupe Three Guys never in, Benjamin était bassiste de Moesgaard et a joué avec Matt Eliott. Venant du pays nantais, Marc écrit et compose les titres de leur opus Udolpho sorti en 2009 et Benjamin y apporte sa griffe dans les arrangements de violoncelle. La surprise et l’originalité viennent aussi du fait que Marc Morvan et Ben Jarry soient français. Leur musique transgresse les frontières, les influences anglosaxonnes. Avec ces 10 purs joyaux mélodieux, on voyage autant dans les pays slaves, sur les tours de châteaux écossais (pochette de l’album), les plaines américaines ou sur les cimes néo zélandaises ; Voyage musical majestueux intemporel et inaltérable de qualité. La dentelle instrumentale du fond est couronnée par les textes de Marc, poétiques, qui résonnent tels des sonnets de Du Bellay, passionnés et esquissés comme des peintures de Blake. L’âme de Udolpho est romantique. Les textes en anglais sont recherchés, c’est un travail d’écriture admirable."
MarcMorvanBenJarryPiggledyPop2010
En 2014, David Bobee, jeune Directeur de la Scène Nationale de Rouen, demande au duo Marc Morvan et Ben Jarry d'accompagner sous forme de concerts, la tournée de la mise en scène d'Hamlet de Shakespeare . Même si ce projet a pris l'eau, un magnifique disque emmerge et sortira en Septembre 2014 sous le nom d'Ophelia avec 5 superbes titres dont Marc Morvan et Ben Jarry ont puisé les textes parmi une séléction présentée par David Bobee. L'adaptation du duo est incroyablement réussie, éblouissante de cohérence quant à l'écriture romanesque de Shakespeare. Marc et Ben avec leur jeu de notes magistrales, nous propulsent à la cour du Danemark avec élégance. Le chant de Marc Morvan sur ses accords de guitare et l'énergie de Ben Jarry qui fait vibrer son violoncelle sont enivrants. Le voyage musical dans le temps et l'espace proposé est sublime. Le duo approche le domaine passionnant du théâtre après avoir conquis celui du roman en 2009 avec toujours le talent et l'inspiration à couper le souffle. Dans l'hexagone, Marc Morvan et Ben Jarry sont les seuls à savoir toucher à l'essentiel, faire rêver d'autres contrées et d'autres époques avec leurs deux nobles clés de voûte, la guitare et le violoncelle qui pour Ophelia sont agrémentés d'un quatuor à cordes et du son divinement précis de la batterie de Basile Ferriot. Ophelia est un bouquet de mélodies, de ritournelles magiques et époustouflantes. Pour décrire ce travail d'orfèvres, j'appose à ce billet le texte original de Shakespeare qui gagne en arôme, en douceur, grâce au chant de Marc et qui je l'éspère vous donnera aussi l'envie d'écouter les cinq titres en ouvrant Hamlet. MarcMorvanBenJarry

The Ghost fait référence au spectre du roi défunt, père du prince Hamlet qui lui demande de le venger.
I am thy father's spirit,
Doom'd for a certain term to walk the night,
And for the day confined to fast in fires,
Till the foul crimes done in my days of nature
Are burnt and purged away. But that I am forbid
To tell the secrets of my prison-house,
I could a tale unfold whose lightest word
Would harrow up thy soul, freeze thy young blood,
Make thy two eyes, like stars, start from their spheres,
Thy knotted and combined locks to part
And each particular hair to stand on end,
But this eternal blazon must not be
To ears of flesh and blood. List, list, O, list!
If thou didst ever thy dear father love

The play within The Play est une conversation entre le roi Claudius et sa femme, la reine Gertrude (mère d'Hamlet, remariée à Claudius après la mort du père d'Hamlet, plein d'amertume et de reproches). L'ensemble de cordes, la batterie et le piano se marient à la partition fabuleuse de Ben Jarry et du son un peu bossa de la guitare de Marc Morvan.
KING : Faith, I must leave thee, love, and shortly too;
My operant powers their functions leave to do:
And thou shalt live in this fair world behind,
Honour'd, beloved; and haply one as kind
For husband shalt thou
QUEEN : O, confound the rest!
Such love must needs be treason in my breast
Both here and hence pursue me lasting strife,
If, once a widow, ever I be wife!
Sleep rock thy brain,
And never come mischance between us twain!
Dear Ophelia est une lettre d'amour d'Hamlet qui sombre dans la paranoia et la folie, lettre destinée à Ophelie. L'acte 3 met en scène le monologue To be or not to be. La lettre est lue par le père d'Ophelie, Polonius, seigneur chambellan qui met en garde sa fille contre les avances d'Hamlet. L'excellente mélodie mélancolique et romantique nous cueille et nous transporte avec délice dans l'Angleterre du 17ème siècle.
Doubt thou the stars are fire,
Doubt that the sun doth move,
Doubt truth to be a liar,
But never doubt I love.
O dear Ophelia, I am ill at these numbers.
I have not art to reckon my groans,
but that I love thee best, oh, most best, believe it. Adieu.
Thine evermore, most dear lady,
whilst this machine is to him,
Hamlet.”

Rose of may est l'image symbolique d'Ophelie qui est entourée de fleurs pendant toute la pièce, Shakespeare la métamorphose en rose. Ophélie apprend la mort de son père, Polonius, tué par Hamlet, perd la raison et chante, ici grâce au grain de voix de l'anglaise Eléonore James qui est installée en France et vit en Bretagne. Le chant, l'instrumentation, montrent en tous points l'avancée d'Ophelie dans le chagrin et la folie. Les arrangements de guitare et de violoncelle nous embarquent et nous enchantent, tout comme le grain de voix d'Eleonore, angélique et envoûtant.
You must sing "a-down a-down," and you call him a-down-a.
For bonny sweet Robin is all my joy
O heat, dry up my brains! tears seven times salt
By heaven, thy madness shall be paid by weight
Hey non nonny, nonny, hey nonny
And in his grave rain'd many a tear"
Fare you well, my dove
O rose of May!
sweet Ophelia
You must sing "a-down a-down," and you call him a-down-a
Go to thy death-bed
He never will come again
Thought and affliction, passion, hell itself,
She turns to favour and to prettiness
pray, love, remember
And will he not come again?
No, no, he is dead
O rose of May!
sweet Ophelia
O heat, dry up my brains! tears seven times salt

Battlefield 
Battlefield est un morceau instrumental grandiose qui est en symbiose avec le dernier acte où Ophelie se suicide, son frère Laerte qui voue une haine envers Hamlet et un sentiment de vengeance en vient aux mains avec Hamlet mais dans la bataille se blesse lui-même avec une lame empoisonnée. Au dernier moment, les deux se réconcilient avec le dénouement de l'histoire et les révélations sur les meurtres du père d'Hamlet et de celui d'Ophelie.

vendredi 23 mai 2014

Snails

Snails est un duo de Bristol composé de Dan Weltman alias Hollowbody et de Mog Fry membre des The Wraiths. En 2011, les deux musiciens s'allient pour composer des airs savoureusement pop, arrangés avec Holly McIntosh du groupe Schnauser à la basse et Steve Dixon des Shortwave Set à la batterie. Tantôt pop sixties, chamber pop, où Mog chante dans la veine de Nico et de François Hardy, tantôt pop-folk psychédélique quand les voix de Weltman et de Fry se mélangent sur un banjo, des tambourins et des guitares, leurs influences sont variées et élégamment, discrètement présentes.

Dan Weltman n'est pas un débutant après son projet Dan Weltman Band qui signe l'album Breaking the Surface en 2007, puis Inside the Wolves sous le nom de Hollowbody en 2008, splendide album acoustique qui offre des guitares, harmonica, trompette et batterie pour habiller des mélodies luxuriantes, un chant touchant et des textes émouvants. Le don pour la composition et l'écriture s'orne de références pour le projet Snails. Moins acoustique, les harmonies sont riches de flûtes, d'instruments à vent et d'ensemble de cordes. Quant à Mog Fry, elle arrive dans l'indie-pop  via le projet The Wraiths avec le multi-instrumentiste perfectionniste Joe Hunt qui délivre une pop mélancolique sur des textes lyriques, dont la poésie fait renaitre Blake et Keats. The Wraiths dorlotent les poèmes comme Bright Star de John Keats, welcome stranger to this place de William Blake, Merioneth de Lionel Pigot Johnson, November (and the birds were singing) de Flint etc sont vraiment mis en musique comme dit Mog, avec aussi parfois l'influence de Morrissey. Les harmonies que concocte Hunt sont fabuleuses, proches des airs des troubadours du Moyen-Age, des airs folkloriques traditionnels mixés à une ambiance pop.



Dan Weltman et Mog Fry se sont trouvés, tous les deux excellents musiciens, compositeurs et auteurs pour enregistrer un nouveau single bientôt, avec une sortie prévue cet été 2014; Piggledy Pop sera de retour pour l'évoquer. Dans l'attente du nouveau Snails, l'écoute de Hollowbody et des Wraiths est chaleureusement conseillée.
Snails

mardi 20 mai 2014

California Snow Story

California Snow Story est un groupe écossais conduit par l'auteur-compositeur interprète David Skirving qui sur scène joue de la guitare accompagné au chant et à la flûte par Anna Barrek, Gary Thom à la batterie et Garry Hoggan à la basse. Le label Shelflife Records signe l'EP One Good Summer en 2002 et le groupe participe avec une reprise de Brittlestars This trip sur la compilation du label You're Still Young At Heart en 2003 aux côtés de Majestic, Souvenir, Simpático, The Maybellines etc. Puis quatre ans plus tard, en changeant de label pour Letterbox Records, California Snow Story offre l'album Close to the Ocean qui à mes oreilles est une pièce maitresse dans la discographie indie-pop de ces dernières années. David s'entoure d'une nouvelle troupe pour le disque, de la chanteuse Sandra Belda Martinez ex membre du duo espagnol Superété, de la pianiste Madoka Fukushima et de son frère Alan Skirving à la batterie.

David Skirving crée California Snow Story après avoir quitté Camera Obscura en 2001 pour qui il était guitariste principal depuis les débuts en 1996, participant à l'opus du groupe de Glasgow Biggest Bluest Hi Fi produit par Stuart Murdoch des Belle & Sebastian. Le musicien aux doigts d'or et à la voix de velours commence à prendre des leçons de piano à 11 ans, sans grand enthousiasme et c'est avec sa première guitare à 18 ans que la passion de la musique le prend. Ses parents lui feront découvrir les Beatles, Astrud Gilberto, les Monkeys, les Beach Boys et les Carpenters, puis prenant ses marques dans le milieu pop underground, il s'intéresse dans les années 80 au Velvet Underground, Jesus and Mary Chain, New Order, Pastels, et Stereolab. En répondant à une annonce de Tracyanne Campbell qui veut monter un groupe, il devient guitariste de la bande en lui trouvant le nom de Camera Obscura que Tracyanne adopte de suite. Puis l'atmosphère au sein des Camera change. David écrit deux chansons pour l'album Biggest Bluest Hi Fi, non parues, dont Snow in Summer au nom originel Soon It Will Be Snowing, qui n'aura pas été enregistrée, mais sera pourtant chantée par Camera Obscura sur la scène au Bowlie Festival.

David quitte donc le groupe pour in fine enregistrer son génial EP qui comprend 5 titres et la fameuse magnifique Snow in Summer puis Close to the ocean et ses 10 titres. L'album propose des notes pop influencées par la french pop des sixties, des arrangements bossa nova chère au musicien qui est fan des Zombies, de Yo La Tengo, Roger Nichols mais aussi de groupes récents comme The Clientele, Sunny Street, Taken by Trees et Tenniscoats. Toutes ces jolies influences s'entendent et s'apprécient dès l'entrée du titre au nom évocateur, Begin Again et son instrumentation fleurie et fournie. Suit le splendide My life is only a daydream, à la rythmique ensoleillée et aux guitares qui se lient délicatement, de manière twee, à la basse et aux claviers à l'image du duo que David forme désormais aec Sandra. Mirifiques et gracieux, les thèmes amoureux sont imagés par les éléments de la nature, la lune, l'océan, la pluie et le soleil, présents également sur Brook Lune quand David et Sandra entonnent "The sun is the brightest start of the day, But you are the one that lights my way". Les "birds are singing" sur le soft Future is perfect, au piano mellow et à la guitare acoustique somptueuse qui se marient à la voix cristalline de Sandra. La douceur des arrangements et des textes créent une intimité tropicale proche de l'easy-listening. David parle de "secret history" sur Suddenly everything happens, dansant et joyeux où les deux voix dynamiques sur les "papadadapapa" s'unissent. Les claviers entrainants, les guitares habitées d'élégance jouent des mélodies accrocheuses et efficaces comme sur Consolation song et sur le grandiose A new light to guide you. Les 2minutes55 de Wishing well avec ses envolées lyriques langoureuses précèdent le spontané et musical You Set The Scene que Sandra habille de son langage en espagnol. Enfin l'écoute se conclut sur le sublime Once a Ocean dont l'harmonie qui suit la tradition alternative pop saisit et étreint. L'album Close to the ocean est un objet dosé entre le moderne et le suranné, bossa, twee, mélodique et poétique qui avec ses lignes de basse dignes de celles de Lou Reed, fige le temps et propose une pop intemporelle et belle.
californiasnowstory


vendredi 16 mai 2014

Constantin Veis

L'excellent label situé à Seattle, Jigsaw Records a la fine idée et le juste goût de signer Constantin Veis le 6 mai 2014 pour son nouvel album Resurrected Elsewhere sous le pseudo The Glamorous Life Savers. Constantin Veis qui grandit aux Etats-Unis, originaire de Grèce, est un as de la pop, auteur-compositeur qui fait swinguer les dieux de l'Olympe, apparait avec son opus Memory-la en 2002. Avec son frère Alexis Veis, Constantin forme le duo Fantastic Something dès 1983, concocte deux albums géniaux : l'opus éponyme en 1985 puis en 2001 le brillant et chaudement recommandé, Songs in a Small Room. A l'époque, c'est le label de Mike Alway, le fameux Cherry Red, qui au beau milieu de ses nombreuses bonnes intuitions, accueille les frères Veis. Les notes que déverse Fantastic Something sont estivales, sucrées et saupoudrées de mellow pop délicate et élégante à l'image du duo, dans la veine des Pale Fountains, The Monochrome Set, Blueboy, ou The Weather Prophets.

Constantin en solo quitte son nom cette année pour le pseudo charmant The Glamorous Life Savers qui effectivement, via ce nouvel album Resurrected Elsewhere, ressuscite le glamour avec sa griffe pop, mélodieuse, inspirée par ses expériences, la littérature comme sur son titre de 2002, Run Again Tom Sawyer. Sur ces 12 récents morceaux, il réussit là encore à compresser ses aventures et ses histoires bucoliques en carte postale musicale. Constantin est l'héritier spirituel de Burt Bacharach et de Harry Nilsson, imprégné des Beatles et de Simon & Garfunkel. On soupçonne dans ses textes une pureté dans les sentiments, une imagination fertile de qualité, un don pour l'orchestration. Le stylé ultra pop Sweet Hill Observatory ouvre le bal avec la voix chaleureuse de Constantin qui entonne "all my life i know there are feelings i won't show" sur des guitares fantastiques. La bonne humeur harmonieuse et dansante se poursuit sur True and Diamond, toujours aussi fournie de guitares et d'une basse balançant des notes bossa et indie à souhait quand Always been this Way déroule une rythmique efficace et un harmonica récréatif sur un texte mélancolique qui roucoule aux oreilles. Le titre Wish this Side was Gold véhicule l'âme de Simon & Garfunkel avec de l'excellence dans les arrangements.


La performance vocale est offerte comme un bouquet de pop. Constantin brille dans l'interprétation sur The First World i ever Made, plein de fraicheur et de poésie médièvale emmenée par la flûte, la guitare classique et les choeurs. L'esprit classique continue avec la trompette et la mandoline du sublime Excess Rings Of Mellow Tones qui fait penser à Nichols et à Donovan. Puis sur Swing The World By Its Tail, les orteils et les hanches se tortillent, avec une basse qui taquine, un rythme pop disco enveloppé d'une batterie et de guitares électriques démoniaquement subtiles. Sur la géniale Everybody Calls Her The Same Love, le groove continue avec du mélodica et une basse volcanique qui ferait sauter les tresses de Stevie Wonder quand le sunshine pop Barb Wire Cults résonne beatlesien avec une finesse dans la mélodie, dans le jeu de cordes où les harmonies sont parfois garage ou surf pop. Le soleil brille et les UV percent toujours sur la balade One Night Between Two Days et ses arrangements orchestrés folk avec le piano travaillé, précieux, qui arrive dans le somptueux, délicieux et croonant Jesus Fell In Love. Tandis qu'on voit (presque) la lumière divine, de manière plus sure, il y a de la luminosité dans les harmonies et le chant radieux, cristallin de Constantin. L'écoute de Resurrected Elsewhere se termine avec In 2000 Years From Now When We're All Still Around, beau, lyrique et sereinement maitrisé dans la construction. Les thèmes, les mélodies, les structures musicales et vocales donnent envie de s'envelopper de l'univers stellaire de The Glamorous Life Savers.
ConstantinVeis

dimanche 4 mai 2014

Francis d'Octobre

Francis Roberge, de Montréal adopte le nom de scène Francis d'Octobre en 2009 en lançant sa carrière solo, après avoir fait ses armes des années durant au sein d'autres groupes québécois. Son histoire musicale commence par des cours de batterie et de guitare quand il a 15 ans, et tout en intégrant la faculté de musique, il compose et écrit ses premières chansons. Devenu batteur professionnel, il joue et accompagne d'autres artistes jusqu'à ce qu'avec des amis de longue date, musiciens et ingénieurs du son Loïc Thériault et Dominic Hamel, il décide de préparer son premier album, Ma bête fragile qui sort en 2010. L'enregistrement se déroule sur plusieurs mois, et plusieurs lieux dont un chalet dans les bois canadiens et un studio à Montréal. L'atmosphère naturelle et bucolique règne sur l'opus qui parle d'amour en français ce qui sonne encore plus romantique à mon oreille comme sur le titre Ma bête fragile, rythmé au son des claquettes. Francis, écrit magnifiquement, avec poésie et finesse, compose avec une manière alternative fort harmonieuse. Il joue de la batterie ou de la guitare avec dextérité, écrit des textes dignes de scénarios, imagés et narratifs, il sait aussi les habiller en sifflant ou en ajoutant des bruits de vagues, des flûtes virevoltantes sur un tempo stellaire sur Notre légèreté qui attire l'oreille et dévoile son univers. On embarque avec lui sur les flots avec L'homme à la mer, sur les rails avec Ame soeur, dans la campagne et la montagne avec Chercheur d'or, sous le soleil de Présent, dans la nuit sur le sensuel La pieuvre et Tigre. La superbe continue avec le piano mélancolique de Petite prière de chevet et sur les guitares rutilantes et les cuivres mutins de Noeud papillon noir.

Depuis Ma bête fragile, Francis d'Octobre n'a pas cessé de travailler, de créer, d'écrire, de composer et avec sa nouvelle poignée de chansons, il retourne en studio cette année. Le 18 mars 2014, l'artiste offre Le Commun des immortels, un album tellement beau qu'il arrive dans mon casque comme un cadeau. D'une grâce infinie, la voix de Francis y est vibrante, ses mots troublants et touchants qu'il sait ajuster à ses mélodies tout aussi solides et magiques. Six pieds sous la neige ouvre le disque avec un texte qui parle de rupture ornée d'une belle poésie pop arrangée avec des trompettes, piano, guitares et une batterie vivifiante. Les cuivres nous emmènent avec la basse sur le thème du froid dédain de Noir efficacement décrit, mis en musique tout en progression et en évolution exquises qui font entrer un ensemble de violons. Les titres émouvants s'enchainent quand Le Commun des immortels, lyrique, métaphorique où le temps est comparé à un papillon, contre la mort déguisée en requin, le troubadour construit un vaisseau blanc confortable et accueillant pour protéger son aimée éphémère et y vivre leur amour comme des immortels. Beauté Pandore propose une batterie et un piano taquin, des envolées de cordes et des choeurs guerriers, mystérieux. Les mouettes et la clarinette se lient sur L'amour mystique où le chant de Francis d'Octobre fait resplendir des particules d'harmonies sensuelles, de douceur cristalline, de musicalité dans l'intimité qui ondulent sur les violons brillants. Quand arrive l'entrainant et dynamique Règne Animal, là encore, le titre est un coup de maître dans la composition, la dorure des mots, la justesse puissante de l'interprétation. Tout sonne superbement, le tempo se marie aux thèmes, le chant suit l'orchestration avec un éblouissant équilibre où l'on peut entendre que Francis d'Octobre est un excellent musicien, formidable oreille qui en plus est dotée d'une plume inspirée et talentueuse. La nostalgie est de mise sur Chanson regrettée, palpitante et frémissante par son caractère confident et son accompagnement délicat en acoustique au piano. L'attendrissant Jouet de guerre, vue par un oeil frais et joyeux d'enfant face à la violence des armes rappelle la participation de Francis d'Octobre à la compilation de 2012 Partenaires pour la Paix avec le titre Le dernier Homme où il chante "Qu’il était grand le royaume ici, Depuis, mais maintenant je suis Le dernier homme, Je suis le dernier homme à quitter le bateau, J’ai été choisi pour descendre le rideau, Assis au bout du monde, je revois, Ces ombres qui, pour une croix, Ont mêlé le poing à la poussière, Parfois des bombes, même des pierres".
L'écoute se poursuit avec Ma plénitude qui évoque la fin des combats, quand Francis chante "tu ramènes la paix en moi", sur une mélodie légère et aérienne, une guitare et des balais langoureux qui frottent les caisses de batterie. Puis Quand je ne serai plus là, au son du piano poignant, au chant captivant et aux violons plein d'émotion précède les harmonies pop d'Une vie de funambule, où la mesure, le balancement de rythme marque l'avancée, pas à pas, pour accélerer l'allure de la voix, des cuivres et des cordes avec fluidité et cohésion. Ce bijou Le Commun des immortels est une belle réussite pour un deuxième album, vraisemblablement une des meilleures productions francophones de 2014 qui présage une jolie carrière pour Francis d'Octobre que j'éspère voir sur scène bientôt. Francisd'Octobre


samedi 3 mai 2014

The Changes

The Changes est un groupe de Chicago qui depuis 2003 compose et joue des chansons pop qui plairont aux amateurs de REM comme à ceux de Phoenix. Avec deux EP auto-produits en poche, le groupe part sur les routes en 2005 et participe notamment au Lollapalooza où le label indépendant Drama Club Records les remarque. En 2006, l'entrée en studio d'enregistrement fournira un superbe album de 12 titres, Today is Tonight. Je remercie chaleureusement Philippe Lavergne de Country Club qui de ses Etats-Unis me conseille des albums avec un goût constamment exquis et m'a glissé à l'oreille ceux de The Changes.

The Changes naissent quand le batteur Jonny Basofin et le guitariste David Rothblatt qui est auteur-compositeur du groupe et chanteur, forment leur premier groupe au lycée, jouent dans les bars. Puis Jonny rencontre le chanteur et guitariste Darren Spitzer. Le trio colle immédiatement sur le plan artistique et personnel quand le bassiste Rob Kallick intègre la formation. Réels amis, Darren dit dans une interview "The Changes are all growing up, and also growing closer than ever. I really don’t know a band that has a friendship like ours". En 2003 ils enregistrent un cinq titres, au joli nom de First of May sur lequel parait la chanson Such a Scene qu'ils réenregistrent pour l'opus Today is Tonight qui ouvre symboliquement sur When i Wake, dansant, rythmé à la douce saveur électro-pop, incroyablement dynamique et qui accroche d'emblée l'oreille pour poursuivre l'appréciation de On a String, une de mes préférées par ses arrangement ficelés au tempo décidé, au chant élègant sur une mélodie qui s'accorde au texte. L'attention est attirée avec le très poppeux Water Of The Gods qui nous embarque en balade guidée par les guitares, basse et batterie alliées sur du hands-clap frénétique. Sisters où les quatre chantent en symbiose évoque l'amitié et le sentiment amoureux sur un beat groovy envoûtant représentant le "heartbeat" fusionnel dont il est question. L'intimité et le swingue dans la voix, la délicatesse du glockenspiel qui se niche dans l'univers electro-pop forment une composition efficace, aussi virevoltante que House of Style, sensuelle et disco, à la batterie enthousiaste. La cascade de guitares et de claviers continue sur Moderne Love dans une veine pop rock abondante et progressive. The Changes réussissent à juxtaposer les éléments de l'indie-pop à l'electro avec justesse et maitrise.

Twilight, plus clairement disco-pop ensoleillé avec ses choeurs, son tempo endiablé et convaincant prépare à The Machine qui  persuade et interpelle avec l'accompagnement du chant du quartet et des instruments qui s'imbriquent à la perfection jusqu'à la nouvelle version de Such A Scene, attachante par sa rythmique et ses guitares instantanées, presque féroces. Arrive le suave In the Dark qui parle de séparation sur une mélodie magnifique de charme . Puis l'originale Her, You And I dont le thème reste personnel à son auteur me fait penser à une mélopée de Phoenix, entrainante et toujours dans une progression drapée de suspens, avant la dernière chanson, When i Sleep qui répond à la première pour boucler la boucle. Avec son chant précieux, à la limite de la vulnérabilité et sa batterie galvanisante, son clavier princier et ses guitares taquinantes, le funky et les harmonies vocales présents sur l'ensemble de l'album clôturent l'écoute avec beauté.

Après six ans, The Changes remet le couvert avec éloquence en signant le deuxième album American Master qui en tous points à la même griffe que le premier, dévoilant la personnalité de David Rothblatt dans sa constance et sa force pour la composition et l'écriture. A Mystery ouvre le bal pour être suivi par le succulent et dodu Bones. Puis la folkeuse balade, No One Wants to be Alone qui fait penser aux 3 Paul, Weller, MacCartney et Simon est voltigeante. Mask à l'univers inquiétant du personnage masqué dans un château fourni de bougies et de fantômes est réussie, un peu rock et parfois seventies qui laisse place à Logan Square, impeccable, plus proche de l'atmosphère de Johnny Marr avec des choeurs pop raffinés. I woke Up emmène avec ses guitares engageantes qui font penser à Wilco, mais aussi au The Spinto Band, The Futureheads, The 1900s, The Thrills, Ted Leo and the Pharmacists, Stephen Malkmus, Metric, The Walkmen, Kaiser Chiefs, The Cinematics, groupes avec qui The Changes a partagé la scène ces dernières années. Gas Station Girl nous cueille aussi avec sa voix en écho, la batterie et la basse irrésistibles qui ornent le refrain entêtant et dansant. It was Saturday, charnel et flamboyant de cordes, continue de prouver le talent de The Changes pour la création de pépites pop.

Quand In My Mind débarque, on comprend qu'il reste des cartouches à David Rothblatt et à Darren Spitzer dont le savoir-faire se marie pour un résultat somptueux. La mélodie géniale et le profil aérien et enlevé de In My Mind restent justement en tête quand s'invite Stays in your Heart, funky, groovy, rock et pop d'une qualité infinie. Never Blue est une déclaration d'amour, langoureuse fort séduisante avec des choeurs beachboysiens, dernier titre de American Master qui prouve le don d'auteur-compositeur de Rothblatt et l'osmose qui règne au sein du groupe tant les éléments, les instruments se mêlent de manière naturelle et limpide. The Changes qui aiment Sea and Cake et Aluminum Group, deux autres groupes de Chicago, proposent deux albums magnifiques d'un groove contagieux et définitivement séduisant.
TheChanges


vendredi 2 mai 2014

Agony Aunts

Contrairement au nom de groupe, Agony Aunts sont loin du trépas et véhiculent une belle joie de vivre, une énergie sympathique et une drôlerie dans leur humilité. Cet esprit bon-enfant se retrouve dans la construction pop psychédélique de leur chansons, les instruments utilisés et les thèmes relatés. C'est un groupe composé de plusieurs personnalités, un ensemble d'artistes qui séparément opèrent pour The Corner Laughers, The Bye Bye Blackbirds, Preoccupied Pipers, The Orange Peels, William Cleere & The Marvellous Fellas, The Loud Family, et Anton Barbeau. J'écrivais en 2012 "La particularité des cinq Corner Laughers est leur goût pour les collaborations ; Ils s’entourent d’une belle poignée de musiciens donnant une ambiance festive à leur compositions" : CornerLaughersPiggledyPop

Les mêmes amis composent, jouent et chantent pour le projet Agony Aunts avec KC Bowman, batteur, guitariste et chanteur, qui est membre des Corner Laughers et de The Bye Bye Blackbirds, Karla Kane qui écrit, compose, joue du ukulélé et du tambourin, membre des Corner Laughers, qui compte aussi Khoi Huynh qui est bassiste, pianiste, chanteur tout comme Charlie Crabtree à la batterie et au chant. Avec eux, viennent participer aux albums, Allen Clapp des Orange Peels qui arrange et joue du piano sur les titres de Corner Laughers depuis des années, idem pour William Cleere, Bradley Skaught et Gil Ray de The Bye Bye Blackbirds et The Loud Family, la flutiste des Corner Laughers Jeri Sykes, et le multi-instrumentiste Anton Barbeau.
La joyeuse troupe kaleidoscope qui aime les Kinks offre une reprise en 2010 de Waterloo Sunset avant de signer l'opus Greater Miranda en octobre 2010; Les 12 titres rondelés, groovy sont dans la veine chamber-pop, sunshine- pop, tous réussis et brillants. Les musiciens californiens ne lésinent pas sur les harmonies chaudes et sucrées. Les arrangements pop sixties sont rutilants. L'histoire de Greater Miranda dans sa veranda faite de cyprès, de camélias pour la note flower-power qui rencontre une foule de personnes dans son rêve sur les tambourins, le banjo, guitares, basse et ukulélé donne immédiatement envie de danser.

Le garage-pop Me Being Maximum et ses guitares offensives, plein d'ardeur est un réglement de compte emmené par la batterie de Charlie Crabtree. La balade You're sorting out the rules fait penser aux Beatles, entêtante et magnifique. Night Circling Sharks suit, hardie et rythmée, sortant de l'ambiance hippie de San Francisco en sortant l'artillerie des guitares électriques sur un groove envelopant pour enchainer sur la soft et mélancolique Reap The Plains Sown. Puis le psychédélisme savoureux réapparait sur Linus's Fists Of Death parlant de manipulation mentale qui ne semble pas opérer sur KC Bowman et Karla Kane qui chantent avec la fibre de Paul Simon, excellents, accompagnés par la basse puissante de Mike Hate et le tambourin vigoureux d'Allan Clapp. Leland Manor, langoureux et mélodieux emmène sur les chemins du temps avec la voix résolument belle de Mike, puis celle de Karla, qui se répondent sur le sujet du mariage avant d'enchainer sur un air folk-country amusant qui orne l'histoire amoureuse d'Adam et Eve. RB&YM qui est une mélopée à l'origine des Corner Laughers, orchestrée sunshine avec le tambourin diabolique de Scott Rhoades, est enregistrée pour le Rob Black Show.
William Cleere et son chant tonique, audacieux fait son entrée sur Not Penny's Boat habillé du saxophone de Joe Hayes, de piano, percussions en tout genre pour créer une ambiance boogie sur le thème métaphorique de Pénélope. La croyance et l'amour font la paire sur San Rafael In Love qui mêle les voix dans un tempo entrainant efficace qui emmène sur les mers comme le titre précédent. On repose presque les pieds sur terre quand Evergreen Park arrive avec ses choeurs et sa guitare acoustique pour faire parler en écho des voix disparues "We'll skip through the park, Maybe we're thoughtless in deeds; we'll explore like we do I'm Lewis, you're Clark, ... When you see me forming into your twin, I know you'll switch to one who's holding the pin, There in your white lodge Shining & clean, This is your nightmare up on the screen".
En septembre 2013, Agony Aunts n'agonise toujours pas en repassant en studio pour offrir les 12 titres de Big Cinnamon. La clique de joyeux lurons ne change pas et réitère en signant des chansons constamment belle et finement orchestrées. Twenty​-​four Mergansers attaque avec un air pop délicieux où apparaissent des oranges, des citrons, des champignons et l'ours Paddington. Le clavecin, les guitares pop psyché continuent l'aventure sur Family Drugs, dansant, disco, au chant parfait sur des choeurs parfumés aux seventies. Big Cinnamon, au piano taquin, critique la bonne ou mauvaise foi, des situations quotidiennes avec une mélodie ensoleillée et des arrangements aux petits oignons quand arrive Back to Back Bill aux clap-hands envoûtés, au tempo accrocheur, au texte drôle qui parle de flèche, de pomme, de château et de Guillaume Tell sur un banjo déluré. Le voyage dans le temps se poursuit sur Undecimber qui sous ses airs médiévaux, sa clarinette, sa guitare géniale et ses choeurs parle du calendrier romain et des volcans avec poésie. Le rockeux We Got The Jekyll où Hyde arrive au galop, vengeur et ravageur, pour laisser place à Mother Make Sleep, qui parle de foi, de croyance avec un tempo energique, des voix toujours en osmose et des guitares electriques dynamiques, aiguisées derechef sur Uranium my love à l'ambiance plus eighties qui souligne un sentiment anti-militaire. You're So Vague fait l'effet flash-back dans les seventies, presque disco dans la veine de The Partridge Family, au beat patte d'eph en velour et au groovy col roulé en tergal. Le poppeux Laughing At The World suit avec ses arrangements de cordes, un piano ardent qui ravive l'âme des Carpenters, une ambiance soft qui s'interrompt avec l'endiablé Cool Fresh Nights qui sort les couteaux rancuniers sur les guitares électriques déterminées pour conclure délibérément sur le titre Trouble Was Born, écrite par Anton Barbeau, émaillée d'intemporalité soul avec son fuzz, son groove et son folk déluré.
Ces deux albums sont deux pépites pop d'une perfection audacieuse mélangée à la joie de faire de la musique qui s'entend sans cesse. Les amis de Agony Aunts sont tous d'excellents musiciens qui peuvent allier leur savoir-faire dans la bonne humeur et l'amusement pour notre plus grand plaisir. Piggledy Pop est fan.
AgonyAunts



jeudi 1 mai 2014

Gramercy Arms

Alors voilà une info que je tiens depuis des mois et approchant d'une date notable, je la partage. Gramercy Arms est un collectif new-yorkais conduit par le musicien Dave Derby, auteur-compositeur et producteur, et une ribambelle d'artistes autour de lui comme les membres de Nada Surf, Luna, Guided By Voices, Throwing Muses, A Girl Called Eddy, Joan As Police Woman, Magnetic Fields, Sparklehorse, Elk City, Belly, Letters To Cleo et Lloyd Cole. Est-ce qu'à l'approche de l'été, on peut faire plus belle brochette? Ayant déjà édité un premier album en 2008 portant le nom du collectif, Dave Derby proposait déjà un superbe objet. Avec lui sur les titres qu'il offre se trouvent principalement les musiciens de Guided By Voices, Luna, Joan As Police Woman, Nada Surf et en guest il y a l'actrice et compositrice Sarah Silverman (Mary à tout prix, Seinfeld, Nobody's Perfect, Take This Waltz etc) Lloyd Cole, Chris Brokaw, les Pernice Brothers, le groupe the Dambuilders dont Dave Derby fait partie. L'idée est de faire jouer les musiciens ensemble, de varier et partager des duos entre eux avec Derby à la production et Nathan Larson, membre de Shudder to Think et musicien de Cardigans, Jeff Buckley, Nina Persson, Joan as Police Woman etc qui vient apposer son talent d'arrangeur et producteur.


Le 21 juillet 2014 nous pourrons accueillir le deuxième album de Gramercy Arms qui, si l'été et ses barbecues se profilent, annonce aussi la saison des amours en portant le nom de The Seasons of Love . Le single qui doit paraitre le 7 juillet prochain est sorti en vidéo hier, le 29 avril, sur le net et je ne résiste pas à l'envie de parler de celui-ci, Always in Love. Grâce au label anglais Reveal Records, nous danserons certainement sur The Seasons of Love que j'attends depuis l'écoute en avant-première du duo Lloyd Cole et Joan Wasser de Joan As Police Woman, Beautiful Disguise.
Connaissant le don pour les harmonies et la création de mélodies de Dave Derby présents sur Gramercy Arms de 2008 avec des titres solides et accrocheurs comme Looking at the Sun, Shining Bright, Nothing i can do avec Colleen Fitzpatrick ou Fakin avec Lloyd Cole, je conseille de noter sur les tablettes la sortie de The Seasons of Love cet été.
GramercyArms

En bonus, une chanson produite par Dave Derby, enregistrée à New-York en 2010 pour Gramercy Arms, chantée par un autre écossais de renom, Dean Owens accompagné par Ray Ketchem. Dave joue de la basse et il y a au choeurs, Kendall Meade et Renee LoBue.
 

Ralegh Long

Grâce à mon ami suédois Calle, animateur de radio, qui me guide avec son excellent flair sur des pistes pop, j'ai découvert Ralegh Long cette année et je pense aussi qu'il mérite plus que nos deux oreilles. Auteur-compositeur anglais, guitariste, saxophoniste, essentiellement pianiste, il apparait en 2011 avec l'EP Sprawl qui propose cinq titres très beaux et fort intéressants enregistrés à la maison. A ses côtés, il y a des musiciens de talent, qui l'accompagnent parfois au chant, Will Lamport à la batterie, Richard Ellis à la basse et aux claviers pour signer un deuxième EP en 2012 qui porte le joli nom de Gift. Dans la veine pop baroque, Ralegh Long griffe ses nouvelles cinq mélodies d'harmonies et d'arrangements variés, d'un ensemble de cordes, qui annoncent la venue de son album en 2014. L'artiste s'entoure d'amis comme Jack Hayter, membre de Hefner, et de Tom Dougall membre de Toy et arrangeur de Louis-Philippe.

Parallèlement à la confection de son futur album, Ralegh Long fait partie de Gare du Nord Records, qui comporte plusieurs groupes et artistes, alliés pour former le label et dont la particularité est qu'ils s'échangent et font des reprises des groupes uniquement du collectif. Parmi eux, il y a le trio fondateur: l'artiste et journaliste australien Robert Rotifer, Ralegh Long, et Ian Button guitariste de Death In Vegas et producteur de Darren Hayman, de Go Kart Mozart. Il y a aussi Papernut Cambridge et des collaborateurs comme Picturebox et Darren Hayman. DarrenHayman
Une soirée mémorable organisée par Gare du Nord Records a eu lieu au Servant Jazz Quarters le 14 février 2014, Ralegh Long s'y produisait avec The Primary 3. Tout le travail qu'abat le troubadour  porte l'aura de Hefner, Jon Howard, de Robyn Hitchcock et promet un album formidable. Ce faux débutant qui monte son premier groupe quand il a 10 ans pour reprendre entre autres Is Your Love In Vain de Bob Dylan au saxophone, puis plus tard à 20 ans tourne avec Rose Elinor Dougall des Pipettes en 2010, assure sans être échaudé nombre de concerts en Europe. The Primary 3 qui sont Ralegh, Will et Richard créent une alchimie, une osmose qui resplendit sur chaque titre de Gift où la guitare de Jack Hayter brille comme sur Elizabeth, mellow à souhait, saupoudré de particules pop sixties où même la pluie de septembre sonne délectable. La voix sucrée de Ralegh qui me rappelle celle de Paul Stuart de Blueboy est exquise sur Briganza Street où les cordes pincées des guitares taquinent celles du piano avec délicatesse et élégance. La nostalgie orne les textes, les saisons, les endroits romantiques "cafe on the street" et l'évocation de photographies comme les arrangements de cordes sur Gift alimentent la délicieuse mélancolie. L'harmonie du piano et des mots célestes sur No Use resplendissent sur la guitare electrique, savoureuse. Change my Life ferme l'écoute avec le même raffinement touchant, fragile et intime, qui classe Ralegh Long au sein des artistes indie pop à suivre de très près.
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