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dimanche 29 juin 2014

Frank and Walters

Le trio de Cork signe 3 EP en 1991 et 1992 comptant des hits qui se hissent à l'époque au top des charts anglais, des titres comme Fashion Crisis Hits New York, After All ou encore This Is Not A Song pour offrir dans l'année 1992 leur opus Trains, Boats and Planes. Les compositions des Frank and Walters sont griffées d'un style pop proche de The Smiths, The Walkmen, The Orchids. Crée par les frères Paul et Niall Linehan, Frank and Walters accueille le batteur Ashley Keating qui compose aussi pour les Field Mice et Schizo Fun Addict. Avec des arrangements ficelés, des mélodies intemporelles, le second album, Grand Parade, apparait en 1997 ouvrant avec le titre Colours qui va comme un gant à l'élégante pochette. Puis suivent les deux albums Beauty Becomes More Than Life en 1998 et Glass en 2000. Paul Linehan au chant et basse, Niall à la guitare et Ashley à la batterie jouent en live, assurent des concerts et des passages télé comme le Top of the Pops quand Niall quitte le groupe, remplacé par Kevin Pedreschi pour signer en 2006 A Renewed Interest In Happiness avec son somptueux Johnny Cash et son single Miles and Miles.


Le groupe s'étoffe avec Cian Corbett aux claviers et Rory Murphy aux guitares pour préparer et enregistrer en 2011, le single Indie Lovesong qui sortira à l'occasion de la Saint-Valentin et annoncera l'album Greenwich Mean Time en mars 2012. Frank and Walters le présente aux Etats-Unis, au Japon, en Europe et met en place une tournée anniversaire pour fêter les vingt ans de Trains, Boats and Planes. Le spectre du temps fleurit Greenwich Mean Time écrit et composé par Paul qui depuis ses 40 ans est obsédé par le thème du temps. Aimant les sujets mélancoliques et nostalgiques, il rayonne toujours autant de joie de vivre et d'entrain dans les textes et les mélodies. Les envolées pop sont exécutées par les guitares, les airs imparables menés par la rythmique et une basse sublime. Efficace et intime, Frank and Walters nous emmène dans le passé, le présent et le futur, les regrets avec If I had known, l'histoire avec Berlin et l'espoir dans Trust in the Future. Les titres accrochent l'oreille et y trottent gaiment, donnant envie de danser et partageant un bel optimisme. La personnalité humble, jamais prétentieuse de Paul resplendit à l'écoute des 12 titres qui, pleins et ronds d'une poésie amusée et drôle, offrent des refrains qui inspirent le sourire. Alternatif et rock, le genre pop du groupe est bondissant d'enthousiasme, les guitares et la basse jouant une power ou jangle pop typée Frank and Walters, immuablement joyeuse et positive. Paul Linehan dit à propos de Greenwich Mean Time "I suppose we were wearing our hearts on our sleeves more with this album" et cela s'entend, touche, enchante et émerveille. Les 12 titres ont de l'allure et distribuent de l'émotion parce que leur style passe les années en restant musicalement intègre, sans sortir des sentiers battus,  les irlandais ne changent pas et continuent d'offrir des mélopées incroyables sans se soucier des modes "But that’s one of the things we decided with this album: if one of our songs sounds like something else, it doesn’t matter anymore". J'éspère qu'un nouvel album suivra bientôt pour compléter cette carrière brillante et en attendant, il y a de quoi se délecter du génie des Frank and Walters que je conseille évidemment, chaleureusement. Rendez-vous chez FIFA Records : FIFArecords
FrankAndWalters



vendredi 27 juin 2014

Math and Physics Club

Math and Physics Club, trio pop américain de Seattle, fait partie des 10 groupes privilégiés de Piggledy Pop. Parmi ceux-ci, il y a aussi les Lucksmiths et Fred Astereo avec qui les Math and Physics Club partagent la scène à maintes reprises. Signés en 2004 sur le label australien Matinée Recordings, leur premier EP, Weekends Away ne tarde pas à être remarqué par les amateurs du genre, à être chouchouté par les radios indépendantes et blogs. Suit en 2005, Movie Ending Romance, EP de quatre titres, brillant et efficace. Après une tournée aux côtés des Lucksmiths, une compilation comprenant les Acid House Kings, Loveninjas, et les Sambassadeur, Math and physics Club sort en 2006 son premier album éponyme.
MatineeRecordings

Dans les règles de l’art pop, avec le travail de l’ingénieur son et producteur Kevin Suggs (Walkabouts), le groupe composé de Charles Bert (chant, guitare), James Werl (guitare), Ethan Jones (basse), Kevin Emerson (batterie) et Saundrah Humphrey (violon), compose 10 titres fantastiques et magiques; Coup d’éclat pour un opus. Annonciateur d’une suite royale, Math and Physics Club freine néanmoins ses productions, la paternité de Charles et James, puis le départ de Kevin et Saundrah leur faisant faire un petit détour. En 2007, le EP Baby i’m Yours permet d’aider à patienter ces trois années pour enfin pouvoir savourer ce superbe deuxième album, I Shouldn’t Look as Good as I do, paru en juin 2010 dont je parle là : mathandphysicsclubPiggledyPop

En novembre 2013, le groupe amoureux des Smiths et de Tullycraft revient avec l'album Our Hearts Beat Out Loud et sa première balade qui ouvre le disque, We Won't Keep Secrets, dansante, joviale aux guitares dynamiques et au texte romantique. Toujours tirés à quatre épingles, les arrangements sont brodés de fil d'or avec des guitares affûtées garage pop, à la Johnny Marr, des tambourins et une basse qui embrassent une rythmique jangle estivale comme sur Tied To a Stone qui nous raconte les aventures du groupe. Les mélodies ornent des chansons narratives, sortes de keepsakes pop joyeux. We're Not Lost, enflammée, reprend avec finesse le titre de l'album, qui avec des rythmes bondissants et des airs vitaminés est une langoureuse et littérale déclaration d'amour, confirmée avec le rock Long Drag et ses hands-clap musclés. Mandolines et ukulele, guitares aiguisées, basse élancée, batterie vigoureuse montrent un Math and Physics Club au top de sa forme. Orchestré avec élégance et finesse Our Hearts Beat Out Loud explose de sonorités spontanées et parfaites. My Crooked Arms, mélancolique et majestueux, plein de galanterie, avec le chant affirmé du gentleman Charles, intime et éloquent confirme ses sentiments "you still the one that i adore".

Puis We Didn't Run From Anyone, charismatique, titre phare à mes oreilles et surement le plus représentatif de l'univers Math and Physics Club lâche les guitares qui vombrissent sous les doigts de James Werl et de Charles Bert, où les baguettes de la batterie de Kevin Emerson tient une allure géniale au fil de l'écoute, tout comme le fait le resplendissant Ethan Jones à la basse. I Know It's Over offre une rythmique voltigeante et un harmonica dévergondé pour un thème des plus nostalgique, style musicale antinomique où le combo australien excelle pour continuer avec Thank God I Met You et son banjo qui brille sur des harmonies folk et country. Je tire mon chapeau à l'ingénieur Bob Schwenkler qui a su avec un équipement analogique ciblé vintage mettre en place un album râblé et mélodiquement dense. Les guitares rock reprennent de plus belle sur That's What Love Is, dansant, virevoltant qui parle avec poésie d'un groupe de pop, d'une affection particulière, pour terminer dans le même esprit avec le somptueux Road Carry Me Home. La délicatesse du piano, du chant de Charles, du violoncelle de Jen Grady du dernier titre contiennent énormément de charme et de cachet à l'image de l'album entier. Je suis toujours conquise et étonnée, après 10 années de compositions, de tournées, de belles signatures, et ce luxurieux Our Hearts Beat Out Loud se savoure en boucle, me faisant éspèrer une autre décennie d'albums et de concerts des Math & Physics Club.
mathandphysicsclub

samedi 21 juin 2014

The Junipers

Dans la veine des Zombies, Beach Boys, Left Banke, Apples in Stereo, High Llamas et Gorky's Zygotic Mynci, The Junipers offrent une pop sixties mélodique et solide. Le groupe anglais nait en 2000 à Leicester, sur l'initiative de Joe Wiltshire, entouré de Marc Johnston, Pete Gough, Liam Riley, et Stuart Pratt. En 2007, The Junipers signent chez le label indépendant San Remo Records qui appartient au guitariste de Felt, Marco Thomas et enregistrent l'opus Cut Your Key en 2008 dans des studios de Birmingham avec aux manettes l'ingénieur Gavin monhagon, qui travaille avec Ryan Adams, Kings of Leon et the Editors. En 2009, il y a le départ de Marc Johnston, remplacé par un ami de la troupe Robyn Gibson, puis c'est le tour de Liam Riley et de Stuart Pratt, remplacés respectivement par Ash Seldon et Ben Marshall, ex membre du groupe Ambrose Tompkins où excelle d'ailleurs Joe Wiltshire.

En 2011, le line-up qui propose donc Joe qui compose, chante, joue de la guitare, basse et clavier, Ash au chant, guitare, basse et percussions, Pete à la guitare et percussions, Robyn à la guitare 12 cordes, au chant et Ben à la batterie signe en 2012 l'album Paint the Ground, remasterisé en version vinyle au mois de mars 2014 chez Sugarbush Records. The Junipers dont la traduction est "génévriers" jouent une pop psychédélique, teintée de sonorités proche de Revolver ou de Pet Sounds, avec parfois des arrangements typés folklore anglais sur des textes bucoliques et champêtres. L'album est enregistré pour une grande partie chez les Junipers et peaufiné à Birmingham dans le studio qui s'appelle Magic Garden, ça ne s'invente pas! Paint the Ground commence avec les bonnes vibrations dans les guitares de Look Into my River, aux choeurs pastoraux et aux flûtes élancées comme celles de Dandelion Man. Le thème du dandelion qui se traduit par "pissenlit" continue sur Willow and the Water Mill où Joe évoque nostalgiquement la nature et le bourdon éprouvé près de la rivière tout en jouant de la cithare. Romantique et lyrique, les mélodies et le chant en chorale sont un délice. Le folk de In my reverie enchaine sur un tempo malicieux, changeant la balade en morceau pop bubblegum orné d'une guitare électrique mirifique. Puis la guitare de 12 cordes, la cithare et le mellotron se marient sur la magique mélodie de Phoebus Filled the Town, mise en valeur par le jeu rythmique de Ben. Somptueux et duveteux comme un nuage, Antler Season arrive avec ses accords, ses cymbales délicates pour nous emmener dans une bulle sixties psyché quand le jeu des guitares amuse et réchauffe sur Golden Fields in Golden Sun aux tambourins médièvaux croustillants.

Le titre suivant, Song to Selkie, entraine, offre un air dansant jovial sur des paroles poppeuses pleines d'iode, de planètes, portées par des "teuteuteu" enchanteurs. La basse taquinante de They Lived Up in the Valley accroche l'oreille et donne des frissons, comme les flûtes chaloupées, les arpèges des guitares qui proposent une tapisserie sonore légendaire, fantastique où elfes et fées danseraient la chicken-dance. Le dernier titre beatlesien clôt l'écoute majestueusement, guitares, flûtes et batterie enveloppent, donnent du tempo, quand The Junipers en chorale entonnent des paroles qui parlent de renaissance, d'étoiles, d'une maisonnette acceuillante avec une maman qui attend les siens dans la Pearly Home. Paint the Ground est un album très abouti et resplendissant qui trotte en tête un sacré moment, sur lequel on revient avec entrain. The Junipers signent un EP de 4 titres en novembre 2013, nommé EP One, qui promet un album à venir d'une grande qualité là encore. Au début des années 2000, le groupe de Joe Wiltshire s'appelait Monkberry Momma et avait enregistré ces titres qu'il réedite sous le nom de The Junipers' Euphonious Trolley en éspèrant avoir suffisamment d'EP qui aboutiraient sur un nouvel album. Croisons les doigts! J'en profite pour faire un clin d'oeil et une bise au label où j'ai fait mes armes en 2007 et 2008 en tant que "bras droit", dixit le grand chef, label qui a travaillé jadis avec Monkberry Momma ce qui me permet de confirmer en bonus l'esprit ultra sympathique des musiciens de The Junipers.
TheJunipers




dimanche 15 juin 2014

Lloyd Cole

Il y a un an, le 21 juin 2013, Lloyd Cole offre Standards, le dixième album signé de son nom car l'auteur- compositeur interprète anglais, écossais et américain, se fait connaitre en commençant sa carrière en 1984 avec les Commotions. Né en 1961 dans le Derbyshire, il entend à la naissance de son frère Adam pour la première fois les Beatles, puis Bowie et T-Rex. Plus tard, ses parents deviennent Steward d'un club de golf où le jeune Lloyd parfait son swing au point, des années plus tard, d'élever son niveau à l'handicap 6 parcourant les tournois internationaux. L'adolescent de 13 ans, passionné de golf, lit de la science fiction, découvre le punk, pique un raining-coat à sa mère qu'il ruinera en le trouant de pins. A 16 ans, il joue de la basse et chante dans le premier groupe punk rock qu'il fonde au lycée et suit en 1979 ses parents qui déménagent à Glasgow. Là il découvre le Velvet Underground et étant brillant en littérature, il est accepté à l'université de droit de Londres où il part à 19 ans pour finalement réaliser que le droit n'est pas aussi attirant que le cosmopolite "london", les cigarettes menthol, les petites copines italiennes et les concerts où il passe tout son temps. Ian Curtis meurt et le jeune Lloyd est inspiré, écrit plein de chansons, se produit seul dans des bars où il n'y a pas de public mais il n'en a cure et poursuit à 20 ans des études de philo à Glasgow en écoutant Al Green et Orange Juice. C'est à cette époque qu'il rencontre son ami Blair Cowan, avec qui il jouera en duo dans des bars à nouveau des mélodies dans la veine de Soft Cell avant de mettre en place leur groupe The Casuals. Les deux musiciens rencontrent alors en 1982 le guitariste Neil Clark et l'aventure Lloyd Cole & The Commotions démarre sur les chapeaux de roue avec Are you ready to be heartbroken? L'été 1983, Blair et Lloyd quittent l'université pour tenter la musique de manière professionnelle et l'hiver 1983 sortent Perfect Skin et Forest Fire. Lloyd au chant, composition, écriture et à la guitare est entouré des Commotions, Blair Cowan aux claviers, Neil Clark à la guitare, Lawrence Donegan à la basse et Stephen Irvine à la batterie quand il signe en 1984 chez Polydor Records l'opus Rattlesnakes, qui sera disque d'or.

Fan fidèle, j'ai vu Lloyd Cole en concert maintes fois, qu'il vente qu'il neige, qu'il y ait des grèves, j'y vais en avion, avec l'Eurostar, en taxi avec toit ouvrant les jours de pluie écossaise, biensur. Avec les Commotions il y aura 3 albums avant leur séparation en 1989, Rattlesnakes donc, Easy Pieces et Mainstream, produit par Ian Stanley, le clavieriste de Tears for fears. Le groupe split mais reste immuable et lié, comme il le prouve (et j'y étais!) en jouant en 2004 pour fêter les 20 ans de Rattlesnakes au Hammersmith Apollo de Londres. Lloyd décide d'arrêter et part à l'automne 1988 s'installer à New-York où il laisse pousser ses cheveux, ne se rase plus, joue au poker et au billard, vit la nuit..jusqu'à ce qu'il rencontre Elizabeth Lewis qu'il épouse un an plus tard et avec qui il aura deux bambins, William né en 1992 qui suit les traces de son père en jouant de la guitare sur Standards, mais aussi en lançant à New-York son propre groupe en 2013 nommé BFA (bachelors of fine art) et son deuxième fils Franck nait en 1999.

Lloyd Cole continue d'écrire en 1990 et 1991, parfois avec Blair Cowan, et signe son opus éponyme, puis le pop orchestrale Don't Get Weird on Me, Babe, arrangé par Paul Buckmaster qui travaille avec les Rolling Stones et Elton John. Lloyd fait aussi appel à Adam Peters, violoncelliste et pianiste, qui mixe l'album et arrange Butterfly ou encore Bad Vibes de 1993. Lloyd Cole établit un studio chez lui, travaille énormément à ses chansons et ses poèmes, signe en 1995 Love Story avec son titre Like Lovers Do qui se classe premier du Top of the Pops. En 2000 il y aura la jolie collaboration avec The Negatives, et Jill Sobule. Lloyd, qui apprécie le travail en équipe, poursuit la belle aventure en s'entourant en studio de Adam Schlesinger des Fountains of Wayne et Ivy, de Michael Kotch, Jill Sobule, et le producteur des Smiths, Kaiser Chiefs et de Blur, Stephen Street. Côté commercial, Lloyd se lie d'amitié avec Aimee Mann et Michael Penn pour lancer "United Musicians", une cooperative de e-commerce, une plateforme alternative pour vendre leur musique. Lloyd signe deux albums magnifiques cette même année Plastic Wood et Etc. En 2003, c'est la parution du génial Music In A Foreign Language. L'artiste évoquait déjà sa passion de la littérature avec les Commotions, mais se dévoile également en tant que poète en solo. Le gentleman de la pop est un passionné. Ses passions sont belles et exigentes, le golf, la musique, la peinture, la poésie, le cinéma, la littérature et ses écrivains, et nomme souvent ces références dans ses textes, Simone de Beauvoir, Norman Mailer, Eva Marie Saint, Joan Didion, Flannery O’Connor, Kazan, Jarmush. Presque sur chaque album, le très cultivé rockeur s'offre une reprise de musiciens qui l'inspirent, Bob Dylan, Leonard Cohen, Nick Cave, Television, Kraftwerk, Burt Bacharach, M.Ward, Marc Bolan, Moby Grape, Lou Reed, Beatles, Kinks, Pet Shop Boys, Human League, et même ACDC.

Après Antidepressant de 2006 et Broken Record de 2010, l'élégant Lloyd Cole revient en 2013 avec sa constance dans l'écriture, sa ferveur dans la création de mélodies, de ritournelles pleines de guitares éléctriques jouées par Lloyd et William Cole qui participe à l'album familial. Standards ressemble en tous points au travail de son auteur ces trente années, romantique, rock, nostalgique et convaincant. Son ami d'université, co-auteur et clavieriste Blair Cowan est derechef de l'aventure. California Earthquake, reprise de John Hartford, musicien et compositeur américain mythique qui joue avec les Byrds, Glen Campbell, et sur la BO de O'brother des frères Cohen qui lui vaudra un Grammy, ouvre le bal avec ses guitares aiguisées. La rythmique rock assurée par les compagnons des Commotions qui font partie de la famille, le batteur Fred Maher et le bassiste Matthew Sweet, continue sur le dansant Women's Studies qui évoque la jeunesse "I'm drinking tea, Taking unpaid leave from my Women's Studies, uh huh Hiding up here in the library, With The Great Wall Of China, If Josef K was from Edinburgh And Fast Product from Prague, That could have been kind of funny, Or maybe not that funny at all. We were young and we were stupid And it was fine while it lasted, To complete my education, I had to wake up in your bathtub".

L'ambiance nostalgique se poursuit sur Period Piece où papa Cole est avec son fiston William, qui apparait dans la vidéo du titre et en plus d'être lui aussi musicien, d'aimer lire des comics, sa ressemblance avec son père arrivant à New-York il y a 25 ans est frappante. Puis Myrtle and Rose, mélodique et poétique vient se poser légère comme une plume sur le disque, parlant d'un rendez-vous amoureux comme sait si bien décrire Lloyd Cole. Son amie Joan Wasser alias Joan as Policewoman qui vient jouer de la guitare et chanter sur Broken Records, avec qui Lloyd fait partie du collectif Grammercy Arms (j'en parle là: GramercyArms) est de l'équipage Standards en jouant au piano. No Truck enchaine avec ce délicieux sens du sarcasme et de la délicate ironie, nous emmène en balade, sur les routes, dans les montagnes, à la mer, pour chanter l'amour facile des motels, asséché d'émotions. L'excellent Blue Like Mars, offensif, puissant de rythmiques, écrit dans la veine de Kerouac ou de Camus, expose les êtres sans scrupules "freedmen and glorioles", "How could a god create a beast so low", "Brokers and lawyers in the back rooms, Briefcases filled with profane sums", est arrangé avec une certaine amplitude dans les guitares affûtées et tranchantes, à l'image de l'esprit pétillant du musicien. Lloyd chante avec la même fougue et le même entrain, sa voix sagace et énergique décrit un amour impossible sur Opposites Day. Silver Lake, où Lloyd écrit "I don't have a second heart to break" est velvetienne, voluptueuse, tout comme sur le folk It's late, dont le thème est l'amour futile, le bonheur de coin de rue "I went looking for the devil's daughter, Found you sitting in this old saloon, Just exactly where the hotel porter told me, If you're looking for trouble, tonight" synonyme de solitude "It's late and I don't want to be alone". Le style introspectif de Kids Today tend à penser que Lloyd Cole fait un bilan de sa fureur de vivre juvénile d'il y a 30 ans et se moque des vieux aigris d'aujourd'hui qui se plaignent des jeunes "We're juvenile delinquent wrecks, I know With our Heavy Metal comic books, And our rock'n'roll We wear red leatherette, We'll be burning churches next...With their safety pins and nihilism...What is this noise? And how are we to tell the girls from boys? We've got amplified guitars...There is nothing wrong with kids today Queens Of The Stone Age, I love your Vivienne Westwood shirt, Why won't you let me wear it?". Le mitraillant, le pugnace Diminished Ex avec ses guitares éfficaces et son chant expressif, conclut l'écoute dans un style proche de celui de Bob Dylan qui, via son décomplexé Tempest, inspire Lloyd Cole dans la création de Standards. L'album est brillant de tendresse et montre un père qui passe le relai à son fils, parlant avec lucidité de sa jeunesse sur des compositions arrangées et orchestrées dans le sillage des Commotions, rock, pop, amoureux, poétique et émouvant, toujours du grand Lloyd Cole !
LloydCole


lundi 9 juin 2014

MGMT

MGMT qui se fait d'abord appelé Management est un duo américain qui se fait connaitre de manière fulgurante avec leur opus de 2007, Oracular Spectacular. Tubesque, devenu commercial, l'album est un succès international qui mène les deux musiciens sur les routes pendant plus de 2 ans pour des concerts, des télé, des radios, à un rythme tourbillonnant au point d'assurer la première partie de Paul McCartney en 2009, ou encore Of Montreal, Yeasayer, Radiohead. Les deux multi-instrumentistes habitant Brooklyn sont Andrew VanWyngarden, auteur-compositeur interprète, qui joue de la guitare, basse, synthétiseur, de la batterie et Benjamin Goldwasser, auteur-compositeur qui chante aussi, joue du synthétiseur et de la guitare. Etudiant l'art, Andrew et Ben se rencontrent sur le campus de Wesleyan University en 2001. Andrew, né en 1983 à Memphis où il passe une enfance proche de la nature, campant et pêchant avec son père éditeur et rédacteur d'un journal alternatif qui joue aussi de la guitare à la maison quand Benjamin grandit à New-York où sa mère et sa grand-mère lui enseignent le piano. Le jeune Andrew reçoit sa première guitare à 7 ans, découvre Neil Young, Paul Simon, Bob Dylan, Sonic Youth et à chaque fête de Noel qui suit, ne souhaite que des instruments de musique, mandoline, basse, banjo, batterie etc. Pendant que Benjamin intègre un groupe de jazz dans son lycée, Andrew forme le groupe Accidental Mersh avec son ami Hank Sullivant, musicien qui sera présent sur l'album Oracular et sur la première tournée. Ils gagnent un petit succès à Memphis et enregistrent deux albums, Accidental Mersh et Mirror Isaeli. Andrew propose à Ben de venir les rejoindre pour jouer de la guitare pendant l'été 2002; Les jeunes musiciens entrent à l'université et le groupe se disperse quand Andrew et Ben se retrouvent sur le campus et décident sur l'initiative d'Andrew, de lancer Management en composant leur single electro-pop Kids sur l'EP We (Don't) Care qui les mènera à signer avec Columbia Records dès 2006.

Le label les chouchoute, les dorlote au point de leur laisser choisir leur producteur pour leur premier album. Leur choix se portera sur Dave Fridmann. Bien que leur décision soit excellente puisque Dave Fridmann qui est aussi Spacemen3, Mercury Reve, Sparklehorse, Mogwai, Elf Power, etc quand Oracular Spectacular sort, je ne l'aime pas (hormis Pieces of what). Je trouve le disque mauvais et les MGMT insolents et prétentieux pour le peu d'inspiration qui rayonne sur cet opus. Mais ils font le buzz, ont du succès auprès d'un certain public (pas le meilleur!), en sont conscients et du haut de leur 24 ans, la frime est accessible. Les tubes comme Time to pretend, Kids ou Electric feel qu'ils signent me laissent insensible, d'ailleurs ils seront utilisés pour la pub et en France pour des meetings politiques UMP lors de la campagne électorale de 2008. Donc, j'avais oublié MGMT (mémoire sélective peut-être), jusqu'à ce qu'on me fasse entendre, puis écouter plusieurs fois, leur deuxième album qui date de 2010, Congratulations. Depuis, MGMT a signé un troisième éponyme en 2013 qui est très bon et mérite une attention certaine. Comme un médicament pour une allergie, Congratulations qui est décrié par la presse et un public de mauvais goût, celui donc qui adorait le premier album, album lynché, mal apprécié et critiqué, me semble pourtant être la perle des albums de la décennie. MGMT m'a même réconciliée 7 ans plus tard, quand j'ai lu qu'ils avaient porté plainte pour contrefaçon contre l'UMP pour utilisation de leur titre sans autorisation. Accusé, l'UMP a dû payer des dommages et intérêts au duo qui a reversé la somme à un organisme de protection du droit moral et autres associations.

Pour revenir à Congratulations, l'album est infiniment bon, ficelé, est fleuri de clins d'oeil et d'hommages fort nobles. Le duo qui a adopté une autre attitude, qui vit à New-York, blasé du succès et se rendant compte du superficiel qui en découle, part se reposer à Malibu. Ayant gagné assez d'argent, ils s'entendent proposer une liberté artistique totale, sans contrainte commerciale. Et là, les MGMT décollent. Ils signent un album monstrueusement excellent, pop psychédélique où on entend leur interet pour Syd Barrett, Brian Eno, Bowie, Beach Boys, où trotte même l'âme de Phil Spector. MGMT à qui on laisse carte blanche pour ce second album, se surpasse et compose des titres qui selon moi, resteront dans l'anthologie de la musique pop rock. Revenus sur terre, Andrew et Ben un peu déconcertés par leur succès, lassés des courbettes, et surtout déçus de s'apercevoir à quel genre de public ils ont affaire, reviennent à leurs premiers amours, à leurs références en donnant le nom sarcastique de Congratulations à leur disque. Je l'ai écouté des dizaine de fois, m'apparaissant meilleur à chaque écoute, les articles de presse négatifs, les critiques honteusement négatives à son sujet se cassent le nez et me font sourire. Congratulations est brillant, si délectablement supérieur à ce qu'ils ont fait auparavant. Andrew et Ben voulaient prouver qu'ils sont musiciens avant tout et c'est réussi. Les 10 titres commencent avec It's working, tambourinant une mélodie accrocheuse avec Will Berman à la batterie, alternativement pop, rock avec une trame orchestrale faite de flûte, de la basse de Matt Asti, des guitares dévergondées de James Richardson et de l'excellent Ben Goldwasser aux orgues et clavecins virevoltants, psyché, dans la veine des Zombies avec un texte traitant de l'ectasie mis en exergue par le chant en reverb d'Andrew VanWyngarden et l'accompagnement vocal de Britta Philips de Dean & Britta : DeanWareham&BrittaPhillips
Pour la vidéo du titre, les américains sont venus à Paris tourner avec So Me (Bertrand Lagros de Langeron).

Le style baroque-pop rythmé continue sur le titre Song For Dan Treacy qui rend hommage au leader des Television Personnalities, Dan Treacy vouait une grande admiration à Syd Barrett et lui a dédié la chanson  I know where Syd Barrett lives. Quand Syd Barrett se retire de Pink Floyd, il se retire du monde de la musique, malade et fragile, Dan Treacy cherche à savoir ce qu'il devient et écrit cette chanson évoquée par MGMT "No rest for the mind, That's seen it all before, And I don't know where he lives, But he's a myth of a man". L'orchestration en écho, acidifiée, magnifiquement alternative et psychédélique ajoute une belle ampleur à l'hommage. Someone's Missing, superbe balade pop supportée par le chant touchant et tendu d'émotions d'Andrew, explose en rythmique avec la basse, une ambiance spatiale où transparait la touche de Fridmann. Flash delirium qui suit un voyage stylé trip sous acide sur une mélodie psyché en guise de cornet de glace aux parfums beatles-syd barrett "It's just this weird little world which is fueled by vanity and looking at pictures of yourself" dit Andrew, véhément au sujet des réseaux sociaux qu'il cingle à la fin "Sue the spiders, Sink the Welsh, Stab your Facebook, Sell, sell, sell, Undercooked, Overdone, Mass adulation not so funny". A cheval entre des harmonies typées Kinks, Pink Floyd, Zombies, REM, montées en amazone, ça voltige entre le surréalisme, la vague du réalisme des années 60 et l'existentialisme. L'auteur-compositeur Andrew VanWyngarden aime la peinture et la littérature, le cinéma allemand de Werner Herzog. Hédoniste il laisse une belle place à ses influences dans les textes kaleidoscopes. Tantôt cynique et poétique, Andrew lit Opium de Cocteau et des poétes anglais. I Found a Whistle offre une puissance dans le chant et le texte qui traite de la manipulation mentale.

A Malibu, Andrew se met au surf et c'est dans l'esprit des vagues, du soleil, qu'il trouve les harmonies de Siberian Breaks, titre de 12 minutes qui quand il pénétre l'oreille, les scotche et les hypnotise. Siberian Breaks, chef d'oeuvre, rend visite à Arthur Lee et à Syd Barrett, avec plusieurs mélodies en une seule, une sorte de labyrinthe où on se perd volontiers sans vouloir en sortir. Le thème lyrique évoqué, selon Andrew est, "surfing in the Arctic Circle by Russia". Le crescendo y est voluptueux avec les cordes orchestrées par Gillian Rivers, guitares, orgues, des choeurs d'une splendeur psychédélique unique qui là aussi souligne les effets des drogues. A la fois éclaté et aérien, ce titre qui est mythique à mes oreilles, est une pierre précieuse en forme de monolithe. Découpé en plusieurs mélodies, il tient si bien debout qu'il boucle, ondule, glisse rapidement pendant 12 minutes solides et pleines d'arrangements. Le tambourinant et chaloupé Brian Eno arrive au galop, rock, psyché, magnifiquement produit. Le duo fan de Brian Eno lui a écrit souhaitant qu'il produise la chanson, demande restée sans réponse mais le résultat, véritable hommage de MGMT est époustouflant "The song is about walking through the woods in Eastern Europe and hearing synthesizer noises and coming across a large, really old stone cathedral where Brian Eno lives". Puis le délirant instrumental Lady Dada's Nightmare suit et on devine là qu'il valait mieux ne pas écrire de texte puisque Andrew précise que le sens du morceau est "It’s about having sex with Lady Gaga". D'ailleurs les cris d'horreur qui sont samplés évoquant le cauchemar nous aident à imaginer la scène. Congratulations est toute en sensualité, d'une classe mélodieuse infinie, où vient planer le Velvet Underground, les Beatles, Pink Floyd pour réunir des parcelles de ces esprits artistiques en un seul, celui brillant de MGMT. Inbetween liners qui termine l'écoute souligne que le groupe a enregistré l'album rock à cinq : Matt Asti, basse, piano, guitare, chant, percussions, Will Berman, batterie, basse, guitare, chant, synthétiseur, Ben Goldwasser, clavecin, orgue, piano, synthétiseur, chant, James Richardson, guitares, batterie et Andrew VanWyngarden, à l'écriture, composition, basse, batterie, guitare, piano, harmonica, sitar et à la voix qui résonnera encore un sacré moment. Je ne sais pas quelle direction prendront MGMT, mais ce Congratulations de 2010 est une cathédrale de 10 titres intemporels à écouter, en boucle.
MGMT



mercredi 4 juin 2014

Margo Guryan

Margo Guryan est un auteur-compositeur, pianiste, chanteuse américaine née en 1937 près de New-York dans le Queens. Adolescente elle se perfectionne au piano et étudie la musique classique à l'université de Boston, se penche aussi sur le jazz et la musique pop qui est encore aux prémices. A 18 ans, la jeune femme compose et au fur et à mesure de ses travaux, se rend compte qu'elle aime combiner pop, jazz et classique. Douée et dotée de l'oreille absolue, Margo a un don pour les arrangements, l'écriture des textes quand en 1957, l'artiste Chris Connor enregistre une de ses chansons Moon Ride. Ce sera le début de sa carrière d'auteur-compositeur pour d'autres : Claudine Longet pour son album de 1967 The Look of Love, Harry Belafonte pour son album de 1962 The Many Moods of Belafonte, Bobbie Gentry, Glen Campbell, Marie Laforêt, et plus récemment Saint Etienne. La liste d'artistes qui la réclame comme compositeur est longue, d'autres lui commandent des textes comme Dizzy Gillespie, Alice Babs, Dianne Reeves etc. Aimant les Beatles, les Beach Boys, Margo Guryan vit à New-York, loin du Londres des Fours ou des plages "coconuts" des surfers californiens quand elle travaille au label Verve en 1961, où est signée Astrud Gilberto qui d'ailleurs reprendra le titre de Margo Guryan Think of Rain (également reprise par Claudine Longet, Jackie DeShannon, Bobby Sherman, Harry Nilsson).

C'est en 1968 qu'elle signe son premier album Take a picture, plein de titres fantastiquement arrangés pop psychédélique orchestrale, aux particules sunshine où se mêlent avec délice des influences classiques, jazz, funky et bossa. Tout y est excellent, les critiques pleuvent et s'accordent à décrire l'album comme un chef d'oeuvre. Inspirée, perfectionniste, Margo compose entièrement le disque de 14 titres, gère les arrangements et la réalisation, interprète ses chansons avec un talent fou sur les guitares électriques, les basses, le trombone, le sitar, le clavecin, les flûtes traversières. Devenu culte, Take a picture resplendit à travers le temps, et la voix de Margo, qui évoque celles de Françoise Hardy, Petula Clark, Isobel Campbell, résonne toujours dans le microcosme de la pop indé. Cette admiratrice de Cole Porter, Hart/Hammerstein, Miles Davis et Bill Evans, s'enflamme pour la pop le jour où God Only Knows des Beach Boys atteind ses oreilles. Ce sont toutes ces influences qui se marient et réussissent des titres comme Someone i know où Margo sample la cantate de Johan-Sebastian Bach, Jesus, que ma joie demeurre. Les mélodies sont sculptées avec brio, avec du groove sur Don't Go Away, de la taquinerie sur Sun et sa flûte guillerette, ou encore avec le clavier psyché de Paul Griffith sur Love, la basse jouée par Kirk Hamilton, la batterie funky assurée par Buddy Sultzman. La juxtaposition d'une harmonie classique et d'un tempo pop sur Thoughts et les textes sont magnifiques, accrocheurs, délivrant une description de l'époque, d'événements et des cas personnels dont l'auteur parle avec une plume poétique aiguisée et d'une pudeur très efficace.

Dans les années 70, la musicienne qui n'avait fait aucune promotion de son disque, aucun concert, devient encore plus discrète, jamais sous les spots mais toujours à travailler. Elle écrit à tour de bras, des textes romantiques ou des pamphlets politiques comme par exemple sur le watergate dans Please believe me, ou The Hum qui parle du blanc sur les cassettes dans l'affaire de Nixon. Idem en 2001 quand sort 25 Demos, puis en 2007 quand l'album 16 Words parle de Georges W.Bush. Le fameux japonais Cornelius réedite l'album sur son propre label en 1999, puis Franklin Castle fait de même en 2000, d'autres labels le suivent, Siesta pour l'Europe et une floppée de labels américains. Intemporelle, la pop délicate de Margo Guryan qui brille par son chant mélodieux, susurrant et caressant, a traversé ces cinquante dernières années sans s'éssouffler. Appréciant notamment Hold Me Dancin qui est un titre pop disco en hommage aux BeeGees, l'artiste généreuse, n'aura volontairement fait qu'un seul album qu'elle souhaitait utiliser comme carte de visite pour consacrer ses compositions aux autres et aura enseigner la musique tout son temps depuis à des étudiants chanceux. Margo Guryan et son mythique Take a picture sont réellement à savourer et à avoir dans sa discographie, tout comme la perle 27 démos sortie le 27 avril 2014 par le label Oglio Records, album inspiré de 25 demos publié par le même label 2001, masterisé par Bernie & Dale Becker et produit par David Rosner (son second époux) qui propose des inédits et des raretés de l'artiste américaine comme le magique Under my Umbrella. Pour les amoureux des cassettes audio, c'est Burger Records qui se charge de signer 27 demos. Piggledy pop est fan !
OglioRecords



dimanche 1 juin 2014

Hector Guimard

A l'occasion de l'exposition Paris 1900 au Petit Palais jusqu'au 17 aout 2014, j'écris un billet sur Hector Guimard qui je pense n'est pas assez connu du grand public, ni des parisiens qui pourtant passent à côté ou sous ses oeuvres tous les jours, sans le savoir. Ce grand architecte nait à Lyon en 1867 et décède à New-York en 1942. Agé de 15 ans, étudiant brillant, il invite et persuade ses parents à partir pour Paris afin qu'il puisse suivre les cours à l’école nationale des Arts Décoratifs de Paris. Il y reste 3 ans avant d'intégrer l'école des Beaux-arts de Paris en 1885. Sa première réalisation parisienne est sur le quai Blériot, un restaurant-café concerts appelé le Neptune qui disparaitra en 1910. Ayant obtenu une bourse, il poursuit ses études en Angleterre, Belgique, Hollande et en Écosse avant sa première commande en 1889 pour l'Exposition Universelle qui sera le pavillon de l’électricité. Puis il réalise la même année la Maison de rapport Lécolle à Saint-Ouen. A 24 ans, il entre à l'école des Arts décoratifs de Paris mais en tant que professeur. Dès 1891 les commandes pleuvent, l'Hôtel Roszé, l'Hôtel Delfau, l'Atelier Carpeaux, la Villa Jassédé, l'Ecole du Sacré-Coeur dans le XVIème, un Hôtel particulier à Issy-les Moulineaux. Appliquant les principes préconisés par Eugène Viollet-le-Duc il est aussi inspiré par ses contemporains anglais et belges comme Victor Horta avec qui il sera un des premiers architectes à faire de l'Art nouveau. En 1895, il réalise l'important Castel Béranger de 36 appartements, rue La Fontaine à Paris, ville qui lui décernera le prix du concours de façades et gravera cette récompense dans la pierre de la façade.



En 1899, tandis qu'il construit nombre de maisons, de villa, d'édifices dans la france entière, Hector Guimard répond au concours organisé par La Compagnie du métro pour la réalisation de la totalité des édicules et entrées de métro de la ville. Son style unique art nouveau à base de fonte de fer teinté de vert irisé rappelant le toit de l'Opéra de Paris, aux motifs inspirés par les animaux et les plantes, séduit et il remporte le concours. Il continue de travailler sans relâche, d'ériger des castels, des villas, plus d'une quinzaine jusqu'en 1910 quand il construit l'Hôtel Guimard au 22, avenue Mozart dans le XVIème toujours, sur 6 étages, presque 100 mètres carrés, où il installe son agence. En 1913, il réalise la synagogue de la rue Pavée, et toujours dans le Marais, un grand immeuble de bureaux rue de Bretagne. Il est décoré en 1929 de la légion d'honneur et en 1938, la guerre éclate. Ayant peur pour son épouse américaine Adeline Oppenheim qui est juive, Hector Guimard boucle les valises et le couple s’installe à New-York. Quatre ans plus tard, l'architecte Guimard décède dans l'indifférence la plus totale. Pourtant, il reste une des grandes figures de l'art nouveau et de l'art en général dont il disait "J’aime l’architecture, et si je l’aime, c’est parce qu’elle comprend, dans son essence, dans sa formule, dans sa fonction, et dans toutes ses manifestations « tous les autres arts », sans exception." Hector Guimard laisse une belle et vivante signature en France mais aussi ailleurs, étant exposé de Berlin à Richmond en Virginie, de Philadelphie à New-York ou encore à Canberra. OeuvresHectorGuimard
























Torte Bus

Tangpeng au chant et Xiaomao à la guitare forment le duo chinois, Torte Bus, qui offre une pop feutrée, au jeu de guitare bossa, pop acoustique et au chant ouaté. Les deux comparses signent un superbe album en 2007, Summer and Winter, qui gagne sa place au sein d'une discographie pop-indépendante de qualité. L'ambiance intime délivrée par la voix de Tangpeng accompagne des mélodies harmonieuses et onctueuses. Les textes bucoliques nous emmènent dans un univers romantique et sentimental, comme sur First minute in love et son violoncelle langoureux ou comme sur What if où la guitare et la trompette font pousser les pâquerettes dans les cheveux. L'harmonica enchanteur de Summer and Winter caresse l'oreille quand le thème plein de fraicheur et d'innocence nous propose un flash-back au temps de la naiveté et de la douceur, mis en musique par la partition avenante de piano. Les descriptions typiques de balades à vélo, des lumières de bougies ou de la ville la nuit, de vent sur les champs autour de Pékin, s'allient au rythme pop folk et aux accords de guitare proches des Kings of Convenience dont les Torte Bus sont friands, influence fort présente sur Self Talk ou presque chaque strophe rappelle le duo norvégien : "The cloud cast its shadow .. Losing the hopes and, losing the chances to enjoy love..(In such a silence) no conversation..Losing the battles, losing the ability of thinking..". Les mélodies sont solides et le chant voltige avec des choeurs élégants sur Hug me Then où sur le piano chenapan, le violon, la rythmique et la basse rebondissante de She said everything would be all right.
Les musiciens de Torte Bus ont offert un nouvel album en 2008 You have choices, don't you encore plus arrangé et plus mature dans les thèmes abordés davantage métaphoriques.
A écouter absolument