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jeudi 24 juillet 2014

The Shilohs

J'ai eu un coup de coeur pour The Shilohs en écoutant leur premier single de 2012 Private Lives où piano, chant, texte, tambourin, batterie et guitares sont un régal de sons. Les harmonies dosées, les mélodies en béton, l'interprétation chevronnée et la poésie en filigrane me séduisent autant que les Hal ou Bigstar. The Shilohs est un quator de Vancouver qui sonne équilibré dans le chant et ses choeurs sixties, techniquement solide et artistiquement inspiré, armé de guitares et claviers. La rythmique rutilante est assurée par Ben Frey. Les trois autres, Mike Komaszczuk au piano, guitare, Dan Colussi à la basse et guitare, Johnny Payne à l'orgue, piano et guitare, chantent et se partagent l'écriture. A leurs côtés, une armada d'amis vient participer aux enregistrements des deux albums So Wild de février 2013 et The Shilohs, croustillant dehors, moelleux dedans, sorti de la presse le 13 mai 2014.

Pour So Wild, c'est Mike Komaszczuk et Johnny Payne qui sont à la composition et écriture avec Adam Horn qui vient jouer du piano sur les titres Man of the Times, LA, et This Is Vancouver Music accueillant aussi le saxophoniste Aaron Cumming. Un autre saxo est invité sur International Appeal tenu par Noah Becker. Quand Get Ready Now et son tempo endiablé, dansant arrive aux oreilles, c'est un dancefloor années 60 qui vient à l'esprit et des paroles pleines de références de l'époque "The table kept turning round, But listen to Dylan Clark, It's an old, old, old lovers' song." L'influence des Beatles y est vive. Sister Rose confirme cette impression, chaloupé et flottant, impressionnant dans les arrangements sixties, avec une basse fulgurante, une guitare mordante, des tambourins qui taquinent drôlement. La composition alternative continue avec le piano de Adam sur le swing de Man of the times, bijou signé par Komaszczuk qui nous emmène au pays des merveilles pop. Puis Payne griffe son groove sur TV Action Jazz avec son chant langoureux, qui alterne avec des notes rock et jazz rugissantes quand LA déboule en évoquant le départ, le voyage sur les voix de Mike et John qui co-écrivent cette pépite digne des Kinks avec une maitrise de la production et l'art d'écrire une chanson, en adéquation. Little Valentine, virevoletant précède les guitares electriques et le chant stylé, offensivement charmant de Airliner Man avec Soderberg aux arrangements et à l'écriture. Puis le puissant The Place where Nobody knows I Go sort batterie, guitares éclatantes et le clavier profilé sixties, aussi déluré que l'harmonica pour une déclaration d'amour enchainant sur le langoureux Over and Over au boogie sentimental. International Appeal remet en scène le tempo et les guitares rock energiques, le saxo de Becker, souverain. So Wild finit dans l'intimité soft du tambourin caressé de You Don't Call Me Darling Anymore.

L'imagination fertile et le Lennon dans la voix de Johnny Payne et de Mike Komaszczuk reviennent sur The Shilohs sorti il y a deux mois qui attaque avec Student of Nature. Le décor est planté avec le style pop, la présence de violons avec Michael Fraser, Stephanie Chatman, Elliot Vaughan, Adrienne LaBelle et du violoncelle de Michelle Faehrmann, les choeurs fleuris cette fois de voix féminines, Olivia Fetherstonhaugh, Larissa Loyva et Caitlin Gilroy. On devine une cascade d'amis venant participer à l'enregistrement du bébé. Les esprits des Byrds visitent les musiciens dans la création. Les textes qui égrènent l'amour, les relations romantiques, le voyage, roulent et zigzaguent en osmose avec les harmonies. Le moins que l'on puisse dire est que le label Light Organ Records a eu un sacré flair. Ordinary People signé Mike Komaszczuk est habité, tout comme la précèdente écrite par Johnny Payne quand surgit Champagne Days, réelle merveille pop composée et écrite par le bassiste Daniel Colussi qui n'hésite pas à balancer de joyeux "pa pa pa pa" sur l'orgue vigoureux aux manettes de sa soeur Anya Colussi (membre du groupe Spoon River) et de la batterie bondissante de Matt Skillings.

Puis Payne nous offre un titre excellent et évident avec ses inflexions de voix sensuelles qu'il ressert dans Strange Connections. Les rythmiques tambourinent sur les guitares incisives à souhait, là aussi groove et boogie s'invitent sur des choeurs sixties fougueux. Toujours du même auteur qui brille à la guitare, Folks on Trains poursuit la balade romantique musicale où Matt Skillings à la batterie mène la danse, accompagné du saxo de Haig Morrison et du piano d'Adam Horn. Puis le style décoiffant de Michael Komaszczuk revient au galop avec Palm Readers qui crée avec son envergure, sa personnalité une nouvelle ambiance plus granuleuse et typée. Les deux talents de compositeurs de Michael et de Johnny, de guitaristes, unis à Daniel Colussi et Ben Frey forment un patchwork Shilohs à l'image de la pochette d'album, exquise. Cette variété, complémentarité et échange d'inspirations se marient parfaitement à Porch Light, écrite elle de la main de Christopher Gaudet. Bless Those Boys, stellaire et planante, sort le mellow et les violons avec dextérité. Les harmonies sont ficelées et arrangées finement comme sur Down at the Bottom of Bottomland, là encore, pépite de Daniel Colussi avec sa guitare poppeuse qui ne décroche pas de l'oreille accompagné par Anya. Queen Light Queen Dark dévoile un Johnny à l'univers proche de Dylan et de Lou Reed, une énergie dans le ton et le thème qui donne des frissons. Michael Komaszczuk offre violons et guitares stylées REM pour le dernier magnifique titre, Days of Wine. Avec une production de qualité, l'album The Shilohs qui mêle talents et mélodies volcaniques est à classer dans sa discographie.
TheShilohs



lundi 21 juillet 2014

The Owls

En 1990, se forme à Minneapolis le groupe Hangs Up à l'initiative de Brian Tighe qui s'entoure du batteur Stephen Ittner, ami depuis la faculté d'art et du bassiste Jeff Kearns, rejoints plus tard par John Crozier. Ces quatre musiciens intègrent la nouvelle formation de 1992, à Chicago, nommée the Legendary Jim Ruiz Group autour de son leader Jim Ruiz qui compose une pop soft, bossa, soul, orchestrale qui a à ses côtés son épouse Stephanie Winter, guitariste et chanteuse qui formera avec John Crozier, The Shebrews en 1995.
JimRuizPiggledyPop
ShebrewsPiggledyPop
Hangs Up accueille en 2003 l'auteur-compositeur, chanteuse et guitariste Allison Labonne, qui deviendra l'épouse de Brian Tighe en 2000 et chantera, jouera de la guitare aussi chez The Legendary Jim Ruiz Set en 2012, puis avec son mari forme le duo Starfolk en 2013.
StarFolkPiggledyPop
Au milieu de tous ces projets, aventures amicales et amoureuses, Brian et Allison retrouvent leurs amis Stephen Ittner et une amie musicienne de Brian rencontrée en 1987, Maria May, guitariste, pianiste et chanteuse pour créer le groupe The Owls. En 2004 avec John Crozier en guise de producteur, guitariste et ingénieur-son, ils signent un premier disque de 8 titres qui porte le joli nom de Our Hopes and Dreams. Le style pop y est intemporel, arrangé si proprement, orchestré avec tant de dexterité et de talent, les chansons n'ont pris aucune ride. Les mélodies solides, les harmonies toujours actuelles, forment un ensemble qui s'écoute encore aujourd'hui de manière fraiche et spontanée.

A l'image de Air qui commence l'album, avec un chant vaporeux de Maria, la basse subtile d'Allison et des guitares amoureuses suivi de Do Ya au piano imaginatif et toujours les voix de Maria et d'Allison, parfaites. Forever Changing laisse place au chant de Brian Tighe, son auteur, que je trouve magistral, donnant des frissons quand il entonne "and the voice that draws me near, does it come from you, dear? ". Les arrangements de piano et de claviers sixties y sont lyriques quand les guitares accrochent l'oreille sur Luck, conséquentes et sérieuses pour la voix de Maria May "Oh, you must have misunderstood.I'm feeling good about the bad.Airplanes, traffic and trains,That's the only fun I've ever had, People like you, it's all you can do,Not to take the chick for the cluck" Puis l'ambiance redevient plus légère avec le somptueux Baby Boy typé ambiance cabaret où Brian et Maria se répondent avec amusement où Chadwick Nelson s'en donne à coeur-joie aux percussions tout comme Stephen Ittner à son piano jovial. From Far Away sert d'interlude soyeux d'1 minutes 12 avec guitare acoustique et voix quand Drop me a Line fait entrer ses notes romantiques, griffées et signées du frère d'Allison, Cyril Labonne qui est l'auteur- compositeur de Do Ya, Baby Boy et Drop me a Line. Le dernier morceau aux allures beatlesiennes écrite et chantée par le batteur Stephen Ittner est une splendeur et boucle ce trop court opus avec brio.


En 2007 la clique de musiciens qui se partagent la composition, le chant, le jeu sans compétition réitère une signature avec le génial Daughters and Suns de 14 titres. The Way On attaque avec un chant élégant, une rythmique et une ambiance pop proche des Belle & Sebastian, The Clientèle, Ben Folds, Camera Obscura avec des mots mélodiques "We could take the hard road, if it's the only one, We could take the long road, that we've just begun, And when you're happy, I feel the sun, through a cloud, the sun..." Toujours sous la plume d'Allison, Yellow Flowers commence sur un mélodica champêtre, pour accueillir le duo Allison- Brian aux voix parfumées de sentiments et épanouies. Le clavier lance des particules sonores en osmose avec les cordes de guitares de John Crozier qui signe Welcome to Monday et ses "pa pa pa pa" poppeux. Les choeurs joyeux nous emmènent en balade sur Peppermint Patty signée par Maria où les musiciens sifflent gaiment, le nez au vent sur une mélodie aérienne qui évoque le personnage Patricia, copine de Marcie dans la bd The Peanuts. Puis All those in Favor aux allures de Beatles est chantée magnifiquement par son auteur, Brian qui signe un titre irrésistible avec Stephen Ittner qui quitte momentanément sa batterie pour la guitare. Une touche féminine et ronde de douceur apparait avec Bury you Mind, digne d'une belle berceuse, mélopée caressante et astrale qui précède le mélancolique mais pas plaintif The Lucky Ones, et son piano qui dessine une arche de notes étoilées. The Apocalypse, rock et racé, déroule l'armée de guitares dansantes sur la voix déterminée d'Allison et les percussions de Brad Kern. Puis le brillant Isaac Bashevis Singer vient donner des frissons, mes proches sachant quel intérêt précieux je porte à ce grand écrivain new-yorkais, ce titre me touche forcément grâce à l'inspiration de la littéraire Maria May, mis en exergue par son jeu au piano et Brian dans les choeurs. "Isaac Bashevis Singer is not into tragedy. He didn't always live in New York, but he knows about the ladies. He's not worried about getting old. He knows how to keep a yard. And he's very superstitious, but he doesn't work too hard...Isaac Bashevis Singer is not a drinker, but he keeps a whiskey in the house, for his friends in case they need to come over, and he must entertain, But you don't have to worry if you want to stay on the couch. There's a kimono hanging up in the closet, for you in the morning."


John Crozier retourne à sa guitare pour Peaceful Place, titre émouvant et chaleureux qui séduira les fans d'Aimée Mann et de Jon Brion dont je fais partie, tout comme Little Stranger dans la même veine qui nous offre le chant dynastique de Maria et de Brian "All my life I’ve been a little stranger, In your yard, If you had seen what I’ve seen, You’d be deranged too." Black Hands of Time, bijou pop-folk signé et chanté par Stephen qui apporte intégralement son âme d'artiste dans son jeu de guitare, dans les notes de l'harmonium, son grain de voix et son noble texte. Quand Allison nous concocte son Airplane, virevoltant, pour conclure sur le flambant Channel écrit et interprété par Brian. Depuis John Jerry à rejoint la troupe comme batteur et éspèrons que The Owls reviendront pour un deuxième album bientôt car mon petit doigt me dit que le processus d'enregistrement est commencé avec de nouvelles chansons depuis l'hiver 2012.
TheOwls

dimanche 20 juillet 2014

Garment District

Encore une chronique où je m'apprête à encenser l'artiste, puisque j'ai fait le choix ici de ne pas parler de disques qui ne me plaisent pas. Trop facile.
Je ne ferai pas qu'encenser Jennifer Baron mais je dirai pourquoi je pense que la jolie américaine de Pittsburg signe le 15 juillet 2014 un des meilleurs albums pop de l'année. La fan que je suis a eu la joie d'interviewer Jennifer l'année dernière suite à la sortie de son premier album paru en 2011 sur cassette Melody Elder, signé de son alias Garment district, nom tiré du quartier de Manhattan où vivent les couturiers, les modistes et tailleurs depuis des lustres. Pour découvrir la personnalité irisée et irradiante de Jennifer Baron, voir interview et chronique là : JenniferBaronITWpiggledypop
Voilà la présentation que je faisais de la musicienne magicienne : "Soeur de Jeff Baron le fondateur des Essex Green, Jennifer Baron qui a joué de la guitare et chanté au sein des Ladybug Transistor et de Saturnine avec Matt Gallaway, est une personnalité dans le monde de l’indie-pop. Talentueuse et généreuse, elle apporte sa griffe en jouant avec Kevin Ayers et Gary Olson sur la reprise en français de May I. Jennifer est une artiste impressionnante, qui ne cesse de m’étonner au fil du temps et à qui je voue une admiration sans bornes. Originaire de Pittsburg, diplômée du Brooklyn Museum of Art, la musicienne auteur-compositeur est actuellement en studio pour enregistrer de nouveaux morceaux ..."

Le produit de ces sessions d'enregistrement vient donc de sortir il y a quelques jours portant le nom de If You Take Your Magic Slow. L'album que j'ai la chance d'avoir reçu est une pure merveille, mêlant l'ambiance cosmique et avant-gardiste de Melody Melder et le style pop psychédélique des Essex Green, Ladybug Transistor et Kevin Ayers. Cela tombe sous le sens puisque Jennifer a joué au sein de ces groupes et s'entoure pour ce nouveau bijou de 10 titres de la famille, son frère, Jeff Baron compositeur et guitariste d'Essex Green et Ladybug Transistor, son mari Greg  Langel et sa cousine Lucy Blehar, principale interprète de l'album. Il y a aussi ses amis proches, Ma Booth à la basse et Chris Parker à la batterie. Garment District enregistre une partie dans la maison de Jennifer et l'autre au studio Frankenstein Sound Labs à Hazelwood avec Greg Matecko aux manettes. La magie évoquée dans le nom de l'album opère dès l'opus Secondhand Sunburn, fleuri de la voix élégante et mélodieuse de Lucy et la guitare électrique qui fait florès. C'est l'artiste d'Iowa City, Thad Kellstadt, expert en multimédias qui expose ses oeuvres dans les galleries américaines les plus renommées qui a concocté la vidéo du titre, sur le net depuis 3 jours, ainsi que celle de Cavendish On Whist.

The Garment District: Secondhand Sunburn from The Garment District
Jennifer Baron est multi-instrumentiste et ceux qui liront l'interview comprendront que ses influences familiales sont belles et riches. Fertile, inspirée, l'américaine poursuit sa création avec l'instrumental estival Weird Birds and Strange Days où les arrangements sont garnis et pigmentés, biensûr de tambourins, mais aussi d'envolées de cordes et d'orgue avec une batterie efficace qui dessine le sillage rythmique. Quand l'intro rétro de Bell Book and Candle fait son entrée, je reconnais la signature de miss Baron, dont l'âme d'artiste traverse les siècles pour nous ramener des ambiances d'antan avec un instinct et un brio décidé. Le désuet est mis en exergue par les guitares, la voix sublime là encore de Lucy et la basse, clavier, cloches, qui renouent avec le style psychédélique Essex Green. Jennifer met son tempérament méticuleux, réfléchi au service de son don prophétique et visionnaire en utilisant des sons pour nourrir ses oeuvres (car elle peint et dessine aussi), ses compositions comme le son du train sur les rails à la fin de Bell Book and Candle. Coloré d'ambiances, l'album nous embarque avec l'instrumental psyché et lumineux Cavendish on Whist où les guitares, les synthé, les tambourins gambadent joyeusement.

Jennifer et Lucy


Puis l'ambiance cosmique au courbes enigmatiques electro-pop comme sait si bien esquisser Jennifer se prolonge avec le moderne et mystérieux Miraculous Metal. La mélodie chaleureuse de Soon We See Green réfléchit l'ambiance estivale et poétique des thèmes à multiples dimensions, la terre, le ciel, la météo, l'espace et l'amour. Garment District excelle dans la musique suréaliste ornée d'orchestrations pop baroque et sunshine comme sur les synthés excentriques et si harmonieux de Song for Remy Charlip, dédiée à un homme et un esprit libre de l'art graphique et chorégraphique new-yorkais qui travailla avec Cocteau et John Cale entre autres. June's End poursuit l'épopée expérimentale pop et opulente avec son tempo progressif et dansant au son des guitares rutilantes. Suit Velvie Woolvine, instrumental psyché qui porte le nom de la soeur de Hazel J. Dickens, compositrice et musicienne de folk Bluegrass quand Jonquil Place conclut en beauté l'ambiance champêtre et charmante de If You Take Your Magic Slow, véritable chef d'oeuvre pop de Garment district, hautement recommandé. Pour ne rien laisser au hasard, Jennifer demande à l'artiste Shawn Reed, sérigraphe et responsable de talent du label Night-People qui signe le disque, de peaufiner la pochette, admirable.
GarmentDistrict




The Garment District: Cavendish on Whist from The Garment DistrictVimeo

samedi 19 juillet 2014

The Shebrews


The Shebrews composent une pop ornée d'une floppée d'instruments comme des cuivres, un accordéon, basse et guitares qui créent une ambiance sixties. Le groupe de Minneapolis apparait en 1995 avec l'opus Leave All Your Old Loves et compte deux auteurs-compositeurs : Stephanie Winter, americano-anglaise et John Crozier, tous deux membres de The Legendary Jim Ruiz Group. Chacun pris par leurs projets parallèles, Stephanie Says pour Stephanie et Hang Ups pour John, ils se retrouvent en studio en 2001 pour concocter leur deuxième album et dernier à ce jour, Off With Their Hearts. Entre temps, The Shebrews signent nombre de singles et apparitions sur des compilations.
LegendaryJimRuizPiggledyPop


Off With Their Hearts, bondé et blindé de nostalgie, aussi romantique que dansant est un objet splendide. Turning Red ouvre le bal avec une rythmique survoltée et enthousiaste qui accompagne le chant de Stephanie tranché et mélodieux arrangé en choeur sur des guitares smithiennes et une batterie endiablée. Puis The trouble with Harry arrive gracieux dans les oreilles pour une interlude guitare acoustique-chant de 1 minute 12 avant de nous entrainer et transporter en France avec Paris c'est toi, chantée en français dans une ambiance piano-bar et accordéoniste de Montmartre sur un tempo digne des yéyés. Survient la basse majestueuse et grandiose de Jim Ruiz qui vient jouer sur Leave Your Old Loves, morceau sublime par le chant de Stephanie et les arrangements de guitares un peu lounge, sucrés qui plongent dans l'atmosphère oldies, french pop de Françoise Hardy. Cette douce impression se poursuit grâce à I wish i was her, naif, mélancolique dont les harmonies sont  savamment empaquetées de tambourins, guitares et basse. L'envie de danser revient avec la reprise de Jessica Griffen, Motorbike Girl et son parfum twist des fifties, rock bee- bop revigorant. L'univers fifties continue avec la cover des Kinks, Strange Effect, où Jim Ruiz revient prêter son immense talent de guitariste pour créer une rythmique langoureuse aux reverbs typées Shaddows. Le resplendissant Turning Blue conclue l'écoute, faisant écho au Turning Red d'ouverture. The Shebrews qui apparaissent sur les compilations Montecarlo en 1997 (aux côtés de The Orchids, The Pastels, Blueboy, Trembling Blue Stars etc) et Paris Vu Par... en 2000 ( aux côtés de Mr Wright, The Cherry Orchard, White Town etc) séduiront les amateurs de Comet Gain, The Clientele ou The Wedding Present. Je conseille chaleureusement l'album Sex, Socialism, And The Seaside signé de Stephanie Winter alias Stephanie Says et son accent frenchy délicieux sur le titre Qu'est-ce que tu fais ainsi que la multitude d'albums sur lesquels John Crozier joue de la guitare, de l'orgue, harmonica, basse, piano compose et produit comme ceux de The Hang Ups, Milk, Ninotchka, Ninian Hawick et dernièrement deux albums de The Owls.


dimanche 13 juillet 2014

Thomas Filardo

Filardo apparait en 2011 en signant l'opus "Enter The Edit Suite"!, que l'on peut encore acheter sur le bandcamp car le disque s'est déjà vendu. L'artiste californien qui compose une pop ensoleillée et griffée psychédélisme dans la veine du label américain Elephant 6 Collective (Neutral Milk Hotel, Of Montreal, Essex Green, etc) a la particularité de paraitre sur des cassettes audio et vinyles. Ces supports vont comme un gant à l'esprit old-school et artisanal qu'il véhicule dans ses textes, ses arrangements et sa manière d'aborder la scène, les studios, la création musicale étant multi-instrumentiste : chant, basse, piano, guitare, batterie. La production est aussi une corde à l'arc de Tom Filardo qui dès 2003 occupe une activité de producteur et arrangeur auprès du groupe A new January dans lequel joue aussi son frère, musicien et producteur, Andre Filardo.

Entouré de sa clique d'amis musiciens, Thomas Filardo concocte une pop fleurie de flûtes, guitares, piano, tambourins, brodée d'un optimisme rayonnant. Je suis tombée sous le charme de son EP de 2012, Slow qui, uniquement sous format cassette, offre des mélodies et un chant, idéaux pour découvrir l'univers Filardo. Les harmonies proches des Beach Boys, son interprétation m'évoquant Jonathan Richman sont agrémentées de la batterie de Gregory Campanile, de la flûte de Daniel Crommie et du piano, synthé, orgue de Brian Jackson. La poésie de Filardo dans les textes, ses mélodies délicates réapparaissent en septembre 2013 sur son deuxième album Falling Up, mis en valeur par l'ingénieur Nich Wilbur qui a travaillé auparavant avec Mount Eerie. Les 13 titres, au psychédélisme pigmenté sont colorés d'une ribambelle d'instruments dont les orchestrations de xylophone, de clavecin, synthé, de cuivres, sophistiquées et baroques amusent l'oreille. La rythmique caribéenne chaloupée de The Shed Months et de I'm A Child explore une combinaison de sons originale qui se rapproche de l'univers de Phil Spector quand Until True, Spin Me ou Karen's Concerned, les effets de claviers et les performances de pistes de voix nous emmènent dans une atmosphère cosmique.

Puis la guitare de troubadour change encore les horizons sonores sur Opening Windows In May qui propose des choeurs dignes de Brian Wilson, du glockenspiel, du mellotron et un texte magnifique "Stung first by the melody. Caught in the chordal potpourri in a round rubber-top pyrex display that holds the thought of home for the…Streets peppered with the blurred out spots." Cette ambiance se poursuit sur le somptueux instrumental alternatif Falling Up, suivi de I'm Over Breaking Hearts, balade futuriste aux arrangements stellaires. Le dansant et groovy tempo de I Don't Getcha' Kid surprend et séduit avant le psychédélique sixties Spare Me Fantasy qui offre le chant splendide de Filardo aux qualités fertiles tout comme sur Grow Up où sa voix est majestueuse, joueuse, flirtant avec les guitares, le mellotron, le boogie des choeurs qui lancent des "pam pam pam pam". Le dernier morceau I Still Get Around fourni de romantisme et de poésie conclue un disque de génie sur le label de Christian Filardo Holy Page qui, toujours en famille, avait déjà signé l'opus Enter the Edit Suite qui marie des influences telles que les Beach Boys à David Bowie et une spectaculaire jouvence dans l'interprétation et la composition. Le brillant Thomas Filardo est à découvrir absolument !
ThomasFilardo
HolyPageFilardo


Filardo - I Can Love You More from Christian Filardo on Vimeo

mardi 8 juillet 2014

Pool

Pool est un trio d'Hambourg constitué de Nils Hansen, David Stoltzenberg et Daniel Husten liés par leur passion de la musique depuis qu'ils ont 13 ans. Ils ont publié des singles depuis 2012, Don't Call my Name, Flex, Game Over qui annoncent la préparation de leur opus prévu pour 2015. Parallèlement à leur travail d'écriture et d'enregistrement, les Pool participent à nombre de festivals comme le Berlin-Festival-hymn en 2013 et en juin et juillet 2014, au Osthafen Festival de Frankfurt, au Feel Festival de Berlin et prennent part au Ben & Jerry's Taste & Tunes Tour puis d'autres lives encore en juillet. Pour compléter leur haute activité estivale, le groupe vient de faire paraitre une nouvelle vidéo du récent Can't Help Myself (Hold On).

Dans une veine electro-pop, psychédélique, leurs titres sont ultra entrainants et convaincants. La panoplie de guitares, basse et batterie comme sur Don't call my name ou sur Game Over offre un potentiel visible et palpable. Parfaitement enjoués, les arrangements sont clinquants et pimpants. Leurs compositions groovent et proposent parfois une pop bondissante et gonflée comme sur Botox où les choeurs et les lignes de basses donnent envie de donner du balancement de hanches. Pool déclenche un bel enthousiasme et des sensations en étant à peine à un galop d'essai et laisse entrevoir une belle suite. Le chant ample de David et celui de Nils s'ajustent aux lignes de guitares allègres et au tempo fringants sur Harm et sur Lipstick, chaloupés et chatoyants. Puis le lumineux Innervisions, ondoyant de rythmique, proche de la pop de Erlend Øye débarque, persuadant que Pool a décidément de la consistance, en plus d'un plaisir certain dans le jeu. La construction des titres electro-pop a du relief et les perspectives du trio allemand qui assure concert sur concert enchantent via leur participation à des compilations comme Colette's Olympics, leur présence aux tournées de Gold Panda, Wild Nothing, Django Django etc et leur venue attendue au festival SXSW. Piggledy Pop les remercie pour leur confiance et croise les doigts en attendant l'opus de 2015! Pool est à suivre...
Pool


dimanche 6 juillet 2014

The Merrylees

Les Merrylees sont cinq jeunes écossais qui jouent une musique déjà ronde de maturité et de dextérité. A son retour de Hambourg où le groupe a joué avec les Babyshambles, en juin 2014 il assure la première partie de Paul Weller en jouant 5 dates à ses côtés, London, Liverpool, Southampton, Manchester et Nottingham. Dans une veine folk-pop, country, orné d'arrangements fins et bien menés, les Merrylees enregistrent un premier single en 2013, For You, produit par Bill Ryder-Jones, membre de The Coral, groupe dont le chanteur James Skelly invite les écossais à partager son concert de Glasgow avec son groupe The Intenders l'année dernière, leur offrant ainsi d'emblée l'opportunité de se frotter à la scène.
BillRyder- JonesPiggledyPop

En juin 2012, Merrylees propose un titre en téléchargement libre sur bandcamp, où l'on peut entendre une fibre pop psychédélique griffée sixties singulière et étonnante. La western-pop des six musiciens d'Edimbourg et de Glasgow brille sur le single suivant de février 2013, For You puis sur le dernier single de mai 2014 également paru en vinyle, Forever More. For you et The Coroner offrent des airs de guitares country-folk qui propulsent dans le far-west, avec des cavaleries de choeurs, des trompettes qui fleurent les mines d'or et le charbon, des guitares aiguisées pour ététer tous les cactus du canyon. The Coroner et sa cascade de rythmes donne du tempo qui mitraille une ambiance de ranch et on imagine l'étoile de sheriff, les colts, les chapeaux mexicains virevolter. Ryan Sandison, Daniel Paylor, Simon Allan, Lee Brown et Craig Somerville, semblent jouer du lasso derrière leurs guitares et passent à l'assault avec des mélopées impressionnantes. Autant les Merrylees pincent les cordes, donnent du chant grave et habité, sur une batterie qui ensorcelle et renforce l'atmosphère du grand Ouest, autant ils composent et se produisent de façon novatrice et fraîche comme un jeune groupe au potentiel certain qui promet une suite étincellante. TheMerrylees

Tullycraft

Tullycraft est un des rares groupes de pop légendaires encore actif depuis 1995 quand il se forme à Seattle avec Gary Miklusek à la guitare et chant, Jeff Fell à la batterie et Sean Tollefson à la basse et chant. Très vite après la rencontre de ces trois musiciens, se joignent à eux le guitariste et pianiste Chris Munford ainsi que le guitariste Harold Hollingsworth. L'équipe Tullycraft est prête pour les concerts et le premier single porte un titre qui décrit l'esprit taquin et bon-enfant des compositions, Pop Songs Your New Boyfriend’s Too Stupid To Know About. L'opus Old Traditions, New Standards fait un carton, le groupe part sur les routes américaines pour le présenter et récolte un franc succès qui passe les frontières, des labels japonais, allemands, et anglais souhaitant aussi signer leur disque. Puis à peine deux ans plus tard la naissance de Tullycraft, en 1998 sort le second album City of Subarus et suite à la participation au popfest de San Francisco, Gary Miklusek quitte le navire.

Il faudra attendre 2002 pour écouter l'estival troisième volet signé chez Darla Records, Beat Surf Fun, avec des titres ensoleillés qui seront joués cette fois lors d'une tournée internationale qui mène la bande en Scandinavie, Pays-bas et en Angleterre . Voilà Tullycraft en route pour une renommée internationale, portant le drapeau de la nouvelle twee-pop américaine, originale, qui sera reprise à maintes reprises par ses pairs : Rose Melberg, Darren Hanlon, The Smitten, Math and Physics Club etc, notamment sur la compilation de reprises Wish I'd Kept A Scrapbook: A Tribute to Tullycraft.

Au moment de la préparation de Disenchanted Hearts Unite en 2004, Harold Hollingsworth quitte le groupe, remplacé par Corianton Hale toujours membre de Tullycraft depuis, tout comme la chanteuse Jenny Mears. Tullycraft honorera le festival texan SXSW en 2006 et 2007 de sa présence pour enchainer sur l'enregistrement de Every Scene Needs A Center. Sean Tollefson, Jeff Fell, Jenny Mears, Corianton Hale et Chris Munford se retrouvent pour un sixième album en 2013, nommé Lost in Light Rotation avec l'appui des deux labels fidèles au groupe, Magic Marker Records côté américain, Fortuna Pop côté anglais ainsi que l'enrobage sonore de grande qualité exécutée par l'ingénieur Phil Ek (The Shins, Fleet Foxes, Band of Horses, Modest Mouse, The Walkmen, Irving etc). Les Tullycraft connus pour être des personnes qui ne se prennent pas au sérieux, réussissent à signer un bien bel album 20 ans après la création du groupe, stable en matière de talent et de belle humeur. Sean Tollefson concocte des textes souriants, imagés et colorés, qu'il entonne avec de l'immédiateté dans la voix et de la grâce dans les duos avec Jenny. Lost in Light Rotation offre des mélodies énergiques et ensoleillées comme From Witchita with love ou No Tic, All Tac et ses riffs de guitares fifties ornée d'une âme soul, groove et twee-pop présente dans la basse de Mark McKenzie et la trompette d'Evan Mosher. Le bondissant Agincourt ouvre l'album pour continuer sur le langoureux et mélancolique Queenie Co, les deux titres évoquant la pop dont Sean est nostalgique. Puis Lost in Light Rotation et Westchester Turnabouts, sont dansants quand les guitares rock de Chris et de Corianton, la basse groovy de Mark et la batterie stylée de Jeff qui habillent les airs d'une rythmique sixties. La plume de Sean délicatement acerbe et parfois sarcastique pour décrire le milieu indie-pop se déchaine sur From Wichita with Love, fleurie savamment de sonorités pop comme sur Elks Lodge Riot. L'ironie est légère, les rythmes voltigent sur Digging up the Graves dont les choeurs sont typés sixties et fifties via les guitares surf pop de Wake up, Wake Up pour conclure sur la superbe balade Anacortes. Plein de mélodies éfficaces, de sons accrocheurs, d'une pop romantique et poétique, Lost in Light Rotation, avec ses métaphores et ses références, est un cadeau pour les fans de Tullycraft et certainement un bijou pour attirer de nouveaux auditeurs.
Tullycraft