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dimanche 28 septembre 2014

Model Village

Model Village est un groupe de pop qui compte six personnes originaires de Londres et de Cambridge et qui signe depuis 2011 une flopée d'EP efficaces et percutants. Cette qualité et exigence de production, d'inspiration et de jeu sur scène les mènent à les compiler en 2012 sur A Solution To Everything puis à accompagner sur les routes Allo Darling, The Wave Pictures, Standard Fare, The Lemonheads, Jeffrey Lewis etc. L'aventure commence avec Josephina que Model Village signe en mars 2011, se poursuit avec l'EP éponyme de 4 titres en aout 2011, Next Xmas en décembre 2011 et le 2 titres Split partagé avec le groupe indonésien Lipstik Lipsing en janvier 2012. Les musiciens du groupe Daniel Carney, Ian Scanlon, Piers Chandler, Rachel Duncan, Kevin Smith, Kenny Lee, avec parfois Lily, Ellie et Mark qui se joignent à la troupe, jouent des mélopées dansantes ornées de tambourin, accordéon, flûte, des guitares et de la basse, xylophone, cloches rutilantes avec le duo de voix se répondant, celle de Rachel et celle de Ian, qui font aussi la particcularité des Model Village.

En décembre 2013 parait le single Stockholm avec son piano, son glockenspiel, ses guitares et les amis qui chantent en choeur, le tout dans la veine des Shins et de Camera Obscura, masteurisé par l'excellent ingénieur du son américain Carl Saff. Arrive en janvier 2014 le premier album, digne d'un petit bijou pop, orchestré et interprété avec un goût fin et une musicalité revigorante. Les thèmes des chansons qui valsaient entre John Peel, les lapins, leurs grand-mères, la sculptrice Josephina, continuent d'enchanter et même de faire sourire dans la belle ambiance indie- pop de You Chose These Woes. Model Village quitte sa campagne pour voyager, sous le soleil comme dans Sunday ou Walk It Off, de Stockholm au folk blues de Jaguar coloré de "papapapa". Le voyage est de mise quand on sait que le studio d'enregistrement est sur un bateau phare aux allures très brit-pop. Le mélancolique et savoureux Antiques dont les cordes de la guitare acoustique font penser à Paul Simon évoque le temps qui passe, les endroits visités pour conclure par le tempo envoûtant de Kevin et la voix marquante de Ian sur No Personnal Touch. Je mets une option sur Prince où Daniel brille à la basse, Oh my sisters qui contient toute l'âme écossaise de Rachel et 19 avec sa fibre groovy presque eighties, qui sont les titres que je préfère au milieu de morceaux tous excellents. Dans 15 jours sortira le prochain EP You Are Now Leaving The Future. Model Village offre une écoute en amont sur bandcamp pour donner l'eau à la bouche avant de découvrir les deux autres titres, Claude loves Marcel et Pick N Mix. A suivre vivement et à commander chez le label Little Red Rabbit Records là : LittleRedRabbit




dimanche 21 septembre 2014

Scott Hunt

Scott Hunt est un auteur-compositeur américain originaire de l'Ohio qui signe des mélopées sunshine pop, orchestrées avec des guitares, clavecins, orgues, piano et synthétiseurs, basse, batterie et des voix dans la veine de Brian Wilson. Sous le pseudonyme Hunter, l'artiste signe en aout 2013 un très bel objet de huit morceaux Crutches, entouré de la famille et amis, Alberta Hunt, sa soeur Shelby Hunt-Sauer qui écrit et compose, son beau frère Rob Sauer crédité comme producteur, James Goodman, Harold Welch, le batteur et percussionniste Jon Kynard, Jake Perrine au mastering, et Mark Mikel l'acolyte et membre de son groupe pop psychédélique parallèle Dark Ocean Colors.

Avec son goût prononcé pour la pop sixties orchestrale, Scott est un compositeur renommé pour son talent à transformer une mélodie mélancolique en pépite sculptée pour le dancefloor. Maitrisant les effets sonores dansants et les rythmiques dans ses arrangements et orchestrations, l'orfèvre a beau avoir une formation de batteur il sait aussi faire dresser le poil en se défoulant sur un tambourin ou une flûte. Ses harmonies ont toujours une base solide, son instrumentation maitrisée est fleurie de cordes, cuivres et claviers, avec un don prononcé pour dénicher des airs entêtants et accrocheurs.
Dark Ocean Colors qui est son duo avec Mark Mikel offre un sublime album éponyme en 2011 qui d'emblée avec le premier titre My Barbara Closed the Doors ouvre le bal cadencé et chaloupé. Les dix titres sont fabuleux, proposant des guitares folk psyché sur Crashing the sky, des balades proches de l'univers des Beatles comme Lazy Lighthouse Jupiter Band ou suivent le sillage des Kinks avec Alone with Candy. Album sucré, à son écoute, les oreilles frétillent presque propulsées dans les années 60 et 70. Le musicien qui bichonne ses textes, en les irradiant de romantisme aime travailler avec la famille. C'est avec sa soeur qu'il apparait simplement sous le nom Scott and Shelby Hunt en 2001 signant l'album Reverie, projet sur lequel son ami Ken Dudley co-écrit les chansons comme Train to Disaster ainsi que Rachel Melat qui co-écrit quatre titres. Son écriture et son chant font penser à Lennon. Les titres groovent, redonnent ses parts de noblesse à la pop par exemple avec I’m For YouMark Mikel ainsi qu'une section de cuivres sont présents à l'enregistrement. Shelby resplendit au chant sur West Virginia ou encore All You Gotta Do Is Fly quand Scott l'accompagne vaillamment à l'orgue.



En attendant de retrouver de nouveaux morceaux sous l'alias Scott and Shelby, je vous invite à découvrir Hunter et son sublime Crutches au tempo pop disco à dévorer en dodelinant du chef où frère et soeur sont là aussi unis à la création, musique et paroles.
ScottandShelby
"Nights when we sailed on a sea far from shore, A shore where each grain of sand led to our door, A door that you opened with your loving hand and we believed that we'd get back to land, Never believe that we'll get back to land, Nights when I prayed like a lost lonely child, A child that would grow like a flower that's wild, Wild flower opens and wilts under brace, Never believe that we'd both win the race, Nights when we knew we'd be saved by the shire, A shire that can carry us straight through the fire, A fire that can burn even in a swamp land, And we believed it would turn back the hands, Never believe it can turn back the hands "
 

samedi 20 septembre 2014

Franklin's Kite / Hurdles and Rewards

Commençant sa carrière d'auteur-compositeur dans les années fin 80 début 90 avec la formation Bulldozer Crash, Marc Elston apparait avec le nouveau groupe The Liberty Ship en 2003 à Nottingham signant l'opus Tide chez Matinee Recordings en 2004 inspiré de la veine Sarah Records. Marc est accompagné de Rachel Eyres à la guitare et au chant, Steve Mietlinski à la batterie et Tim Wade à la basse pour signer 12 titres mélodieux, arrangés avec délice comprenant du tambourin, des guitares gaillardes, un chant porté par Marc et Rachel avec grâce, des textes poppeux en diable et un harmonica de feu pour couronner le tout ; 12 morceaux de choix entre Baseball Caps And Novas, Cabin Fever ou encore Stars Above. Cette année, Marc Elston souffle ses 10 bougies en se remettant en selle avec l'alias Franklin's Kite qui peaufine actuellement de nouveaux titres en studio. Je boue de hâte d'écouter ces joyaux pop qui promettent un beau moment comme à l'écoute du titre Mumble, orchestré avec la complicité du groupe Postal Blue qui parait sur la compilation de l'été d'Eardrums, Between Two Waves.

Je n'aurai pas eu le temps de bouillir très longtemps avant que Marc Elston ait la délicatesse de m'envoyer le tout dernier EP de Franklin's Kite sorti en juillet 2014, Hurdles and rewards. Objet d'abord charmant à l'oeil, il m'a immédiatement fait danser à son écoute. Les quatre titres, d'une pure pop revigorante, proposent des guitares endiablées et un chant mélodieux, vibrant dans la veine de The Coral, Eggstone, Teenage Fanclub. L'ensemble a du punch, offrant une atmosphère très british et londonnienne comme la savoureuse Hawker hunter tower bridge incident. Le magnétisme est crée dès la première chanson Hurdles and rewards saupoudrée de power pop magique, quand l'envie irrémédiable de se dandiner arrive avec The Way you danced with me, superbement et dynamiquement arrangée. The colours they bring, rock et bondissante, les guitares et la batterie formant une mélodie pop alternative, au psychédélisme éfficace et chaloupé. De plus, je suis gâtée avec le titre Normandy by sundown que Marc a bien voulu partager pour Piggledy Pop et qui ne figure pas sur Hurdles and rewards. Sa mélodie bossa touche, titille particulièrement ma sensibilité de normande, ravie d'entendre un texte qui met autant en valeur cette superbe région et sa météo, que Marc Elston apprécie tant et connait si bien pour y avoir passé du temps en famille. Brillante et bouillonnante, la pop de Franklin's Kite est simplement exquise, aux mélodies inspirées et si bien ficelées qu'on ne les lâche plus ; Ardemment conseillées.
Franklin'sKite


Le Weekend / Un weekend à Paris

Le Weekend est un film de Roger Michell sorti en mars 2014 qui a sa place sur Piggledy Pop. D'abord parce qu'il m'a beaucoup plu, ensuite parce qu'il est intraséquement pop, avec une bande-son concoctée par Jeremy Sams contenant des morceaux mythiques et avec des clins d'oeil à la Nouvelle Vague, aux rock'n roll et aux moeurs des années 70 des plus croustillants. Les acteurs Lindsay Duncan (Meg) et Jim Broadbent (Nick) y sont excellents, le scénario élégant et coquin à la fois, les auteurs ayant transportés les personnages originaires de Birmingham, avec l'humour british, l'excentricité, l'amour de la littérature dans un Paris poétique, classe, populaire, faisant les 400 coups dans des endroits typiques de la capitale parfois clichés et d'autres plus méconnus comme des librairies indépendantes. Les parisiens seront conquis et les autres sauront apprécier la balade romantique très parisienne qu'offre le film.

Le couple des protagonistes, deux "vieux jeunes" au profil anarchistes de gauche caviar mais intellectuelle, bookent un weekend à Paris pour fêter leur anniversaire de 30 ans de mariage. Revenus sur les lieux de leur lune de miel, les révélations sur leurs frustrations fusent, échauffent les esprits et le romantisme virevolte en un joyeux foutoir, une pagaille d'événements et d'actes du couple qui dans la forme se dissout et dans le fond est plus complice que jamais. Les événement comme le fait que le mari soit viré de son poste de professeur de philosophie quelques jours avant ce weekend à Paris, qui n'a plus un sou sur son compte, les poussent à la grivèlerie et augmentent leur connivence. Plein de fantaisie et d'humour, la présence d'un vieil ami de faculté joué par Jeff Goldblum qui vient mettre subtilement de l'huile sur le feu offre un magnifique remake de Bande à part de Godard, la scène de danse à trois dans le café avec Anna Karina, Sami Frey et Claude Brasseur.
L'autre raison de la légitimité du film sur mon blog est la présence de l'acteur et musicien Olly Alexander qui joue le fils de Jeff Goldblum, refilant en douce des joints à Nick lors d'un repas un peu intello chic qui regroupe des figures parisiennes littéraires. On retrouvera Olly Alexander (membre du groupe Years & Years) dans le rôle masculin principal du film God Help the Girl écrit par Stuart Murdoch de Belle & Sebastian où il joue de la guitare et chante ; Film nominé au Sundance Film Festival en janvier 2014.

J'ai adoré Le Weekend signé du réalisateur de Coup de foudre à Notting hill, Morning Glory, Weekend Royal avec Bill Murray, Venus avec Peter o'toole, qui est aidé du scénariste Hanif Kureishi (My beautiful Launderette). Je le conseille chaleureusement parce qu'avec Nick Drake sur la bande son, Bob Dylan en fond sonore pour se brosser les dents au Plaza Athénée Hotel, Bernie Benett pour visiter la basilique de Montmartre, les tombes de Samuel Beckett et de Jean-Paul Sartre au cimetière Montparnasse, la brasserie Dumonet rue du Cherche Midi, le restaurant La Dame de Pic ou encore la librairie Tschann, c'est un régal .



dimanche 14 septembre 2014

Mazzy Star

Mazzy Star est un groupe culte américain qui ravit tous les amateurs de pop depuis 17 ans. C'est David Roback qui écrit et compose des hymnes sous le nom d'Opal au début des années 90 avec la chanteuse Kendra Smith qui l'accompagne et qui sera remplacée par la mexicano-américaine Hope Sandoval et sa voix dorée. Opal devient Mazzy Star et le nouveau duo signe She Hangs Brightly en 1990 chez Rough Trade, puis So Tonight That I Might See en 1993, album sublime de 10 titres qui commence par le renommé Fade Into You. Mazzy Star peut être décrit comme un groupe jouant de la dream-pop, psychédélique, au style sixties et seventies avec des accords folk et country et surtout un chant sensuel, langoureux et des arrangements de guitares proches du Velvet Underground. Entouré de Jill Emery à la basse, Keith Mitchell à la batterie, William Cooper au violon et piano, David Roback est un guitariste de génie qui a un don très aigu pour créer des ambiances, atmosphériques et feutrées, où la voix de velours et envoûtante de Hope se marie au pincement de cordes délicat et élégant de son partenaire. Among My Swan sort en 1996, aussi enveloppant et mélodique que les deux pièces précédentes, avec un alliage de styles supplémentaires powerpop comme sur Mary of Silence. Les deux compères de Mazzy Star invitent leur ami William Reid des The Jesus and Mary Chain's à venir jouer de la guitare sur Take Everything.

En 2000, après la séparation des Mazzy Star, Hope Sandoval s'envole vers d'autres horizons avec Colm O'Ciosoig de My Bloody Valentine pour ensemble lancer le nouveau projet Hope Sandoval & the Warm Inventions qui signera deux albums. La chanteuse qui compose et écrit collabore avec nombre de groupes comme les Chemical Brothers à qui elle prête sa voix pour le morceau Asleep From Day, utilisé par Air France pour une publicité. Hope apparait aussi sur le titre Paradise Circus de Massive Attack en 2010, elle chante aussi pour The Jesus and Mary Chain, Bert Jansch et Death in Vegas.
Parallèlement, David Roback, qui fait une parenthèse en Angleterre et dans les fjords norvègiens, continue d'offrir des musiques onctueuses, toujours armé de son tambourin, comme celle du film Clean de 2004 avec l'actrice Maggie Cheung qu'il compose et produit, tout en jouant son propre rôle à l'écran. Le film sera nominé au festival de Cannes. En 2010, Mazzy Star se retrouve, Roback derechef dans sa Californie natale retourne en studio et offre l'album magnifique Seasons Of Your Day en 2013 liant et ravivant la griffe du duo avec In the Kingdom, I've Gotta Stop pour le plus grand plaisir des fans. L'univers pop folk du grand ouest américain glisse sur les mélodies comme sur California ou Sparrow où David est impressionnant de charisme. Mazzy Star, c'est un velouté persistant et de la douceur harmonieuse à savourer sans compter les années car le duo est là en 2014, venant de faire paraitre le single I'm Less Here en avril dernier.
MazzyStar




Coconut Records

Il y a des musiciens que j'écoute chez moi, qui n'ont pas forcément d'actualité et dont j'ai envie de louer ici tous les mérites. Les amateurs de pop le connaissent, les autres pas. Peu connu en France, il y vient pourtant souvent et est un fin connaisseur de l'hexagone, de l'Europe même. L'artiste américain, scénariste et acteur, apparait sur les écrans de télévision et de cinéma depuis quelques années, vous reconnaitrez surement son minois. Son palmarès s'étale sur une trentaine de productions dont : The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson, Dans l'ombre de Mary de John Lee Hancock, Dans la tête de Charles Swan III de Roman Coppola, Moonrise Kingdom de Wes Anderson, Scott Pilgrim d'Edgar Wright, À bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson, Marie-Antoinette de Sofia Coppola etc...avec bientôt sur les écrans Big Eyes de Tim Burton. Neveu de Francis Ford Coppola donc cousin de Sofia et de Roman et de Nicolas Cage, il se modèle depuis 15 ans son propre parcours et son propre nom : Jason Schwartzman. La personnalité de Jason Schwartzman, finement drôle et étonnamment humble, est agrémentée d'un don pour la composition. Car il est avant tout musicien et un grand passionné de pop. Il apprend la batterie à 14 ans ( aujourd'hui âgé de 34 ans) et très tôt forme le groupe Phantom Planet.

Nighttiming, pour un premier galop en 2007 dans son travail en solo sous le pseudo Coconut Records, est un album d'orfèvre dans la veine de Jon Brion, d'Elliott Smith mais aussi de John Lennon et Brian Wilson, avec des pépites pop à l'âme seventies qui frétillent et se bousculent sur tout le disque, dont le fabuleux titre West Coast qui flirte avec des bijoux comme Ask Her To Dance, Summer Day ou Back to you. A ses côtés pour l'enregistrement il y a son frère Robert (du groupe Rooney) au chant et son ami Sam Farrar membre de Phantom Planet, plus connu désormais pour être le compositeur et producteur des Maroon 5. Il y a aussi les chanteuses Kirsten Dunst et Zooey Deschanel de She&Him pour qui Jason participera au premier album. J'en parle là : PiggledyPopShe&Him

Deux ans plus tard, Coconut Records signe le somptueux Davy que je conseille chaleureusement. Epinglé clairement dans un style pop-songs proche d'Elliott Smith, Jason Schwartzman démontre dur comme fer son don pour l'écriture, les arrangements de violons, piano et sa fertilité mélodique. Le disque qui attaque avec un Microphone lumineux qui paraitra sur la BO du film Lol offre 10 titres brodés et délicats à la guitare acoustique, ornée d'une basse féerique. I was a drummer dévoile une chanson intime qui retrace son expérience personnelle quand Heartless ou For Emma, dessinent la force de ses sentiments en musique. Ses compositions sont concrètes, pleines de texture avec des textes tirés à quatre épingles qui montrent une imagination riche, des influences fleuries allant des Beatles aux Beach Boys et d'autres ; Voir la vidéo jointe où il partage ses goûts de cds et dvds avec son ami Wes Anderson dans les rayons bien fournis d'un magasin.

En 2012 Coconut Records, jamais loin du cinéma qui l'attire en tant qu'acteur (on le verra dans deux films en 2015) écrit la musique magnifique du film Goats avec Woody Jackson. Il n'y a pas moins de 22 morceaux concoctés pour un vinyle somptueux accompagnant le film où apparait David Duchovny dans un rôle de composition fort amusant et surprenant. Jason Schwartzman a énormément de titres à nous offrir encore et dans l'attente, je vous invite vraiment à le découvrir, l'écouter et savourer ces trois fabuleux albums.
CoconutRecords



dimanche 7 septembre 2014

Jim Noir

En 2005, je diffusais Jim Noir dans mon émission d’indie-pop sur Radio Campus. Cette année là, il sortait son premier disque, enregistré à Manchester, chez lui, sur son ordinateur. Inconnu à cette époque, Alan Roberts alias Jim Noir est devenu depuis une référence de la pop électronique psychédélique. Ce garçon est un phénomène ; Il joue lui-même tous les instruments sur ses disques, basse, guitare, claviers, batterie et chante. En plus d'être l'égérie d'adidas pour les musiques de pub, son allure british élégante, sa personnalité fantaisiste et juvénile font de lui un artiste à part dans le monde de la pop. Car Jim Noir dès 2005 frappe fort avec son opus Tower of Love, qui comprend Eanie Meany et My Patch les deux titres les plus entendus dans les pub, les jingles, les films, les séries etc. En 2008, son album éponyme Jim Noir confirme le talent de l’artiste qui entouré de ses musiciens pour les concerts, assure des tournées internationales. Son extravagante apparence cache une grande sobriété et un savoir-faire efficace. Ses mélodies alternatives superbement composées et exécutées rappellent l’univers des Beach Boys avec une pointe d’humour et de naïvité en bonus. Naturel, instantané, Jim Noir parvient à véhiculer son âme rafraichissante derechef dans le dernier ep de 6 titres, Zooper Dooper, paru en Novembre 2010.

J'écrivais en 2008 "Le jeune anglais garde pourtant la tête sur les épaules avec cette soudaine gloire, difficile exercice quand on sait que sa tête est naturellement dans la lune. Jim Noir est atypique, une sorte de clown de la pop, avec un humour excentrique unique; british jusqu'aux bouts des ongles. C'est chez lui que l'aventure commence, devant l'écran de son ordinateur où il compose des mélodies fracassantes de sons sixties; ce dont il parle dans Computer Song. Gérant des samples de voix et des logiciels de composition, il s'amuse à créer des airs electro-pop psychédéliques. Son premier album sera d'ailleurs enregistré au domicile de ses parents, dans la banlieue de Manchester."
Après l'excellent Jimmy's Show de 2012, c'est toujours à Manchester que Jim Noir compose Finnish Line annoncé pour novembre 2014 dont le titre The Broadway Jets en téléchargement libre sur son site fait office de mèche. Etant fan, je ne suis effectivement pas objective. Le nombre de fans accroit depuis presque une décennie, nous sommes donc nombreux à manquer d'objectivité et c'est tant mieux pour Jim Noir qui prépare actuellement ses cordes, démêle ses câbles pour une sacrée belle tournée qui débute le mois prochain en Angleterre.

L'artiste qui choisi son nom de scène en rendant hommage à Jim Moir alias Vic Reeves a écrit et composé 13 fantastiques morceaux en 2012 sur Jimmy's Show, qui avec ses deux sublimes titres X Marks the Spot et The Tired Hairy Man With Parts nous transporte d'emblée dans l'univers pop psychédélique du maestro. Sur ses textes naifs et enfantins, l'orchestration et les arrangements sont très étudiés et matures. L'excentrique est exigeant, cette qualité tartine chaque titre de personnalité drôle, frivole alliée au perfectionnisme. Son don pour créer des mélodies entêtantes étincelle tout comme son interprétation car là encore Jim Noir joue tous les instruments et chante avec l'exactitude pour les choeurs de Brian Wilson. Son travail de bonne facture paie. Après Tea, Sunny parcourt ses influences sixties toujours flamboyantes et justes. On pense à Harry Nilsson, Gruff Rhys, avec cette griffe singulière Noir qui au fil des années se confirme. Aimant l'orgue, entouré ici par le New York Brass, Jim utilise beaucoup les samples electro pour broder comme sur Ping Pong Time Tennis, dansant et planant, suivi du poppeux Driving My Escort Cosworth To the Cake Circus où le musicien excelle à la guitare. JJC Sports est Groovy, rythmé de tempo bossa qui continue la bonne humeur ambiante pour une ballade, mug de thé à la main dans un jardin anglais admirant clopin-clopant, oiseaux, poissons, arbres, fleurs sous le soleil. Les harmonies irradiantes épousent les étoiles sur The Cheese of Jim's Command, moderne, fleuri de synthétiseurs. Puis l'histoire de Old Man Cyril attire l'oreille délicatement, avec sa trame psyché à la Sergent Pepper qui dans le même schéma déroule le tapis sonore à Timepiece. Praise For Your Mother change de climat avec une guitare plus jazzy, un boogie rafraichissant où les trompettes du New-York Brass nous cueillent. Son profil de compositeur s'approchant de Donovan, Herb Alpert, des Kinks agrémenté des notes sixties délicieuses de Under the tree, avant dernier morceau de l'album, ornée de flûte, guitare, basse fait de Jim Noir un grand compositeur de pop qui ne joue pas des coudes pour être dans le sillage des grands. Fishes and Dishes termine l'album Jimmy's Show avec une mélodie alternative parfaite, prouvant le talent, l'expérience, l'aura de dandy fantasque de Jim Noir qui ne se prend jamais au sérieux, devenu certainement le Yoda le moins sage de l'indie-pop.
JimNoir

The Wedding Present / Cinerama

Sous le nom de Cinerama, il y a un auteur-compositeur interprète de talent, artiste complet, créateur de musiques et de textes magnifiques depuis 1985 quand David Gedge crée The Wedding Present à Leeds. Adolescent, il écoute la collection de disques de ses parents puis après l'achat de sa première guitare, apprend à jouer les accords sur les chansons des Beatles avec son copain d'école Dave Fielding, qui sera plus tard le guitariste du groupe de Manchester The Chameleons. Après un premier essai de groupe The Lost Pandas, David Gedge, inspiré par le Velvet Underground et My Bloody Valentine compose le premier single Go Out And Get ‘Em, Boy qui sera suivi du fameux album George Best qui lancera le groupe sur les routes, les festivals et fera sa renommée. Tandis que The Wedding Present enregistre une cascade de chansons, entouré de personnalités ingénieuses et talentueuses comme l'ingénieur et producteur de Surfer Rosa des Pixies, Steve Albini, Ian Broudie de The Lightning Seeds, le producteur des Rolling Stones Jimmy Miller, ou comme pour Watusi en 1994, l'ingénieur Steve Fisk allié à chanteuse Heather Lewis des Beat Happening, les albums regorgent d'influences sublimes et font rayonner de la pop noisy, garage, orchestrale, sixties, alternative et brillante.


David Gedge, fan des Pixies et de Sonic Youth, aussi féru du cinéma des sixties, des seventies et des musiques de films signées Ennio Morricone et John Barry, part sur l'idée d'un autre projet en 1992. Cinerama voit le jour et David en profite pour s'auto-produire et lancer son propre label Reception qui nous offrira trois superbes albums : l'opus Va Va Voom (édité en 500 exemplaires dans les premiers temps du label, tous vendus) qui offre la participation au chant de Emma Pollock des The Delgados, puis Disco Volante en 2000 et Torino en 2002. L'artiste anglais qui explore un nouveau style de pop qu'il qualifie de "Life, love, sex… and red wine", écrit seul, concentré sur ses textes en pensant aux arrangements de cordes, épaulé parfois par le guitariste de Cinerama, également dans The Wedding Present, Simon Cleave, qui participe à certaines compositions et de sa petite amie Sally Murrell qui chante sur les albums. Leur séparation en 2002 après 14 ans de vie partagée marque Gedge qui part de Leeds pour s'installer à Seatlle aux USA où il enregistrera ironiquement le jour de la saint-valentin Take Fountain qui renouera avec The Wedding Present. Avec ses chansons d'une splendeur infinie, le coeur brisé, il compose des hymnes mélodiques et les critiques ne l'appellent plus "pop star" mais le "nouveau Lord Byron" de la pop tellement ses mots et les airs poussent à la manière d'alexandrins. En 2008, El Rey est enregistré à Chicago avec Steve Albini où là encore nos oreilles swinguent au son des arrangements influencés par les Zombies, Scott Walker, les Monkees que le groupe reprend avec Pleasant Valley Sunday, les Smiths que The Wedding Present honore sur l'album Tribute to the Smiths, Neil Young dont David reprend le titre Don't Cry No Tears. En 2012, The Wedding Present ne donne aucun signe de fatigue et continue de faire frétiller nos tympans avec la sortie de Valentina. En 2013 on peut même entendre David Gedge chanter en français sur l'EP 4 Chansons suivi par l'EP chanté en allemand 4 Lieder et en 2014 4 Cân' en gallois! Fin 2014 le label Edsel Records a édité un superbe coffret sur The Wedding Presnt comprenant un livre, 3 cds, 1 dvd et je parlerais bien du single I Wake Up Screaming que Cinerama signe dix ans plus tard à 500 exemplaires en vinyle, déjà tous vendus...pour une écoute complète, rendez-vous sur le site du génial label Scopitones qui dorlote David Dedge, pour une suite bien assurée et prometteuse.
TheWeddingPresent&Cinerama



mardi 2 septembre 2014

Popobawa

J'avoue que mon oeil n'a pas forcément été attiré, au prime abord, par le nom de groupe (ayant peur d'un mauvais reggae digne de fête de la musique auquel je suis aussi sensible qu'au son de l'essorage d'une machine à laver). Le nom est trompeur, je suis ravie de ne pas m'y être perdue car les Popobawa créent une musique synchronisée, mélodique et méticuleuse. Utilisant des samples, énormément de rythmiques, Ollie Hawkins au chant et à la guitare, Sam Mcneily aux claviers, percussions, chant et guitare et Steve Walker au chant et batterie, composent une pop psychédélique élégante et ensoleillée, qui laisse entrevoir dans les textes un rayon de bonne humeur et d'humilité. Originaires du sud de l'Angleterre, le trio de musiciens à l'oreille affûtée, signe un EP en 2013 comprenant six morceaux délicieux. La richesse de leurs compositions est dans le style, unique, mêlé d'une multitude d'influences qu'on y entend. Le groupe doit écouter beaucoup de musique, du rock à la cold wave, en passant par le jazz et à la pop, s'en inspirant pour créer un style singulier ultra contemporain et très dansant. Les amateurs des Wombats, Franz Ferdinand ou les 1990's seront sous le charme des arrangements rythmés, psychédéliquement envoûtants qui expliquent l'origine du mot popobawa qui dans le fantastique et le paranormal signifie "aile de chauve- souris". Sur ce premier EP éponyme j'ai un coup de coeur pour Walls même s'ils ont tous une qualité évidente pour une première production. En février 2014 Popobawa annonce la sortie d'un second EP et offre en écoute Bloody Knees dont j'adore la version acoustique puis en juillet dernier, le single Appetite pour vraiment mettre l'eau à la bouche. Genre pop idéal en cette fin d'été, subliment arrangé et ficelé pour les suivre de près le reste de l'année. PopobawaBandcamp