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dimanche 30 novembre 2014

Alberto Arcangeli

Je viens de découvrir un album qui date de 2011 signé de l'artiste italien Alberto Arcangeli qui a une griffe indie'pop incroyablement belle. Le disque qui porte le joli nom de Pop Down the Rabbit Hole contient 10 titres, tous aussi bons les uns que les autres, variés et riches de mélodies. Les ambiances y sont différentes, l'écriture fleurie et l'instrumentation pop est inspirée. Le musicien signe son opus Sette gocce di liquido lunare en 2003, entièrement écrit dans sa langue maternelle, puis réitère en 2009 avec Dreamsongs comprenant 9 morceaux, des inédits et des reprises, cette fois ci en anglais. A travers ce second album, Alberto Arcangeli présente ses influences, allant des Zombies, Buffalo Springfield aux Kinks. Dans ses compositions, il y a aussi l'âme des Beatles et d'Elliott Smith avec une pincée de psychédélisme qui se retrouve deux ans plus tard sur Pop Down the Rabbit Hole.

Avec son chant fluide et juste, le guitariste offre un album impressionnant qui sonne spontané, alors que l'instrumentation, les arpèges y sont très réfléchis et élaborés. Ce passionné qui écrit et compose, produit son album et joue tous les instruments est entouré de sa famille avec son père Ivan Graziani, auteur-compositeur dans les années 60 du groupe Nino Dale and His Modernists, excellent peintre diplômé des Beaux-Arts, qui jusqu'en 1999 signera une vingtaine d'albums et de sa soeur qui s'occupe du design des albums. Alberto Arcangeli grandit près d'Urbino, au milieu de peintures et sculptures de la Renaissance avec son père qui écoute Revolver des Beatles, Camille Saint-Saens et Ravel. C'est dans ce bain artistique qu'Alberto s'initie à la musique aussi bien qu'il réussit ses études, étant aujourd'hui cadre dans les finances. Ce souffle culturel qui l'entoure influe sur ses chansons, le rend créatif et un technicien talentueux qui produit des harmonies solides, lumineuses et originales. Il y a quelques jours, Alberto a posté un nouveau titre sur soundcloud qui fait penser qu'il nous offrira peut-être bientôt un nouvel album. En attendant, le timbre de voix magnifique de Wheels and Love et la note psyché Syd Barrett sur Pop Down the Rabbit Hole restent savoureusement intemporels et à écouter absolument. L'esprit pop y est prestigieux, dans les textes qui font référence au temps, aux couleurs, à l'amour et dans l'instrumentation kaléidoscopique. L'ambiance fanfare et cabaret au début Nothing Compares To Your Eyes (On Saturday Night) tourne en mélopée acoustique brillante jouée à la guitare où les claviers sixties, les accords bubblegum et power pop accompagnent un chant pur et enthousiaste. Puis Hard Games continue dans l'esthétisme avec la présence de l'artiste Yani Martinelli qui chante en duo avec Alberto, titre où les deux musiciens en osmose s'amusent aux rythmiques et aux arrangements de cordes.

Against the day arrive aux oreilles, ravissant de sonorités, tout comme par exemple la bossa de Winter Leaves, qui amène une vague de chaleur délicate. On the way to Mars, alterne subtilement dans le tempo et le chant pour créer une atmosphère champêtre, peu étonnante quand on sait comment Alberto écrit ses chansons: "in my garden, on a sunny September morning, with birds singing in the trees. Kind of a dreamy picture. I recorded the first half of the song singing and playing di- rectly in my mobile phone, in the garden, and then added the rest of the arrangement in my home studio". Border of Nowhere qui suit est écrite, jouée à la guitare et chantée par Paolino Tomatis accompagné de Giuseppe Minaudo à la batterie proposant une mélodie proche de l'univers de Donovan. La guitare, somptueuse, fait rayonner ses arpèges sur Blow Wind, co-écrite avec Tony Lawson pour dérouler un tapis de notes élégantes, mélancoliques jouées au piano de la version alternative du titre Wheels and Love qui ouvre et boucle le splendide Pop Down the Rabbit Hole. Alberto Arcangeli dont la devise est "i woke up this morning and i was indie" est époustouflant de talent. Je croise les doigts pour qu'il nous comble de nouveaux titres aussi prodigieux très vite. AlbertoArcangeli


samedi 29 novembre 2014

Matthew Edwards and the Unfortunates

Matthew Edwards est un auteur-compositeur anglais originaire de Birmingham, exilé depuis 1994 à San Francisco qui en 2003 forme le groupe The Music Lovers jusqu'en 2009. A cette époque, il s'occupe d'un bar où ont lieu des concerts et des open-mic quand il rencontre le bassiste Jon Brooder qui vient jouer dans son bar, tout comme le guitariste Bryan Cain. Vient se joindre à la formation, un ami de longue date anglais, Paul Comaskey, pour assurer la batterie. Avec une poignée de chansons dans la besace et un premier concert à New-York en 2002, le label Le Grand Magistery les repère et ils signent ensemble le premier EP Cheap Songs Tell The Truth en 2003 suivi de l'album The Words We Say Before We Sleep en 2004. Puis Paul repart vivre en Europe et Matthew Edwards rencontre deux nouveaux musiciens, l'excellent batteur Colin Sherlock et Jun Kurihara qui joue accordéon, piano et co-écrit parfois. Le groupe au complet signe en 2006 le deuxième album The Music Lovers' Guide for Young People. Masculine Feminine suit en 2008; Ces trois albums chamber-pop sont de pures bijoux que je conseille, arrangés de manière fine avec une âme sixties dans la basse et les guitares, remémorant Tindersticks, Divine Comedy, Serge Gainsbourg, The Smiths, Beatles. Les textes délicieux sont nourris de références cinématographiques et littéraires qui peuvent rappeler la poésie dans l'univers de Phil Selway et des Prefab Sprout. L'ensemble est enrichi par des musiciens doués et passionnés comme Jon qui avec la basse joue admirablement de l'harmonica, Bryan qui en plus de la guitare brille à la mandoline, Matthew Edwards à la guitare offre un chant magnifique et rond d'harmonies, Jun Kurihara qui joue de l'orgue, du cor, de l'accordéon, tambourin s'occupe des arrangements de cordes, du trombone de Bryan Schell, de la trompette de Lori Karns, avec une oreille sacrément aiguisée.

Après l'aventure The Music Lovers, c'est la naissance du groupe Matthew Edwards and The Unfortunates avec le single Minotaur en avril 2014, suivi ce mois de novembre 2014 du tout nouvel album The Fates. La formation autour de Matthew accueille la fabuleuse Sasha Bell des Essex Green et Ladybug Transistor qui joue de l'orgue, piano et chante, Isaac Bonnell à l'accordéon, Adaiha McAdam-Somer au violoncelle, Jefferson Marshall à la basse et Kristina Vukic à la batterie, agrémentée depuis peu par la présence de David Roberton, Derick Simmonds et Bob Dog. Derechef, les influences de Matthew Edwards, Scott Walker, Glen Campbell, Leonard Cohen, Nick Cave, rayonnent sur l'album et ses 11 titres magiques où se marient à la perfection violoncelle, orgue et le savoureux accordéon. Le disque produit par le musicien de Captain Beefheart's Magic Band, Eric Drew Feldman qui travaille aussi avec Frank Black et PJ Harvey, s'ouvre sur la mélodie romantique comme sait si bien les composer Edwards de Accident. Puis le mystérieux et envoûtant Ghost arrive sur la platine avec ses particules magnifiques de violoncelle. Les mots sophistiqués glissent et s'agrippent aux oreilles, chantés avec classe par Matthew et Sasha. Quand la guitare subtile de Fred Frith qui joue sur 3 titres, arrive sur le mélancolique et touchant The English Blues, l'atmosphère nostalgique continue sur le tempo dansant de The Way To The Stars où Matthew entonne "I’m English, so English, ridiculously" sur des guitares calibrées et une orchestrations rock-psyché succulente. L'instrumentation merveilleuse se retrouve sur le titre brillant Dizzy qui évoque un thème cher à Edwards, la religion "i'm dizzy from laughing upon this cross, I ask my companions, Boys are we lost?...You ask if i'm praying, well i don't have the time", où le chant pop propose des papadapapa entrainants avec une orchestration de violoncelle médiévale qui revêt Matthew Edwards de son habit de troubadour. La caisse rafraichissante de The Imposter qui parle de villes, de trains et de châteaux confirme l'atmosphère historique avec les violons électrisés et l'orgue irrésistible de Sasha qui assure un chant cristallin.

L'humour délicat et so british de Edwards resplendit sur Sandrine Bonnaire qui forcément, porte une touche so frenchy à l'album. L'instrumentation de The Liar plus americana est tout aussi précise et élégante, maitrisée pour créer des ambiances comme avec la guitare magistrale de I don't care accompagné d'une batterie inquiétante et d'une flûte presque punk. Puis No More Songs dans la veine de Lloyd Cole cadence un texte poétique qui souligne une fin de romance, sur une guitare électrique de velours et des cuivres duveteux. Before The Good Times boucle l'écoute gracieusement dans une veine à la Scott Fitzgerald, Kerouac, griffée Beat Generation où l'on devine que Matthew Edwards a vécu nombre d'expériences qui ne le laisseront surement jamais sec d'inspiration. The Fates est orné d'une culture européenne et américaine, savamment écrit, composé, interprété, surprenant et émouvant. On y revient et il parait encore meilleur à chaque écoute. Matthew Edwards and The Unfortunates, avec la production réussie d'Eric Drew Feldman, l'or dans les doigts de Fred Frith, l'exquise participation de Sasha Bell qui nous prépare actuellement un album, signe un disque sublime que je classe dans le top des albums 2014. Après avoir partagé la scène avec Joanna Newsom, Richard Buckner, St Etienne, Circulus, Broadcast, Devendra Banhart, Camera Obscura, Matthew Edwards and The Unfortunates reprend le chemin des concerts comme celui à Londres il y a deux jours étant en ce moment en Europe. A vos tablettes!
MatthewEdwardsAndTheUnfortunates


dimanche 23 novembre 2014

John Howard

John Howard est un auteur compositeur anglais qui n'est pas nait de la dernière pluie puisqu'il apparait dès 1975 avec son sublime album Kid in a Big World enregistré au studio Abbey Road avec comme producteurs, Paul Phillips et le batteur ex Shadows, Tony Meehan. Les sessions d'enregistrement accueillent Rod Argent, membre des Zombies et le batteur du groupe Argent, Bob Henrit. Dans la même veine ochestrale pop sort le deuxième album la même année, Technicolour Biography puis en 1975, parait le troisième plus disco Can You Hear Me OK?. Pendant les sept années qui suivent John Howard signe plusieurs singles, dont un avec le producteur de Culture Club, pas encore connu du public, Steve Levine. Au milieu des années 80, il ne signera qu'un album au cours de sa retraite au Pays de Galle où il a une activité de producteur avant de se remettre en selle solo dans les années 2000 et de partir vivre en Espagne.


The Pros and Cons of Passion est un album où il propose des originaux mais aussi des reprises d'artistes qu'il aime comme Lou Reed, Neil Young, Paul McCartney, George Harrison, Brian Wilson, Stephen Sondheim et k.d. lang. Howard aime l'exercice qu'il réitère en 2005 sur Songs for a Lifetime et ses reprises de Bob Dylan, Joni Mitchell ou Roy Harper et en 2007 en reprenant The Bewlay Brothers de David Bowie. Howard au piano compose des mélopées proches de l'univers de Rufus Wainwright, d'Elton John, et Darren Hayman avec qui il travaillera sur Darren Hayman and the Secondary Modern ou encore d'Anthony Reynolds pour British Ballads . Devenu un artiste référence aujourd'hui, il s'entoure d'Andre Barreau, guitare de George Harrison . A ses côtés il y aussi des artistes comme le bassiste Phil King des The Jesus And Mary Chain et leader du groupe Lush, Simon Raymonde des Cocteau Twins, et le poète et ami Robert Cochrane. Avec son talent solide pour écrire et harmoniser des mélodies glamour ou pop, fertile et imaginatif, John Howard signera 8 autres albums dans les années 2000 dont le dernier 13ème disque Hello my Name is...sortira le 25 novembre 2014 prochain. Superbe production, les titres y voltigent, flottent avec grâce sur des orchestrations absolument sublimes se glissant entre les univers d'Harry Nilsson et de Prefab Sprout que je conseille en le notant au top 10 des meilleures productions de 2014.
JohnHoward

samedi 22 novembre 2014

The Yearning

The Yearning est un groupe inspiré par les années fifties et sixties pour composer des mélodies et les arranger à la sauce Spector ou Wilson. C'est à l'initiation de Joe Moore, auteur-compositeur et producteur que nait le groupe il y a une paire d'années avec la signature de l'élégant mini LP Jukebox Romance en avril 2012. L'ambiance surprise partie, ice-creams, pétales de roses, sodas à la paille, faux cils et coeurs tendres y est très étudiée. Les textes naifs fleurent bon l'été et les amourettes parfumées à la guimauve. Les guitares sont suffisamment stylées pop surf pour visualiser Fonzie et son peigne ou le sourire diamant de Richie de la série Happy Days. En ravivant l'âme de Claudine Longet, le chant de Maddie Dobie, amie de lycée de Joe Moore, est aussi sucré qu'une barbe à "papapapapa". Puis en juin 2013, un nouveau mini LP apparait sous le nom de Still in Love. Le décor est planté. Les huit titres derechef offrent une ambiance champêtre et romantique, accoudé au juke box pour roucouler les paroles de Everybody Knows (I'm Still In Love With You) ou de Heart Beats A Little Bit Faster.

Le 30 juin 2014, les anglais de The Yearning qui depuis forment un joli clan de musiciens composé du compositeur et arrangeur Joe Moore, Maddie Dobie au chant, Alicia Rendle aux voix, Mark Kiff à la guitare, Alex Chappelow à la guitare, l'harmonica, la mandolin, au trombone et ukulele, Miranda Lewis, Zoe Illes au violoncelle, Sarah Chappelow à la flûte, Francesca Lewis au violon, Adam Bidgood à la trompette, Martha Kiff au saxophone signent un premier album tant attendu, Dreamboats & Lemonade. La galette, dont les sonorités sont plus californiennes que bretonnes, s'ouvre sur le souriant et confiant Dreamboat qui ranime l'esprit des Chordettes ou de Doris Day et se poursuit sur le mélodieux If I can't have you, sorti en single et profilé pour être aisé à aborder, accrocheur avec des choeurs cordiaux. Puis le dansant Dance with me débarque avec ses guitares easy pop quand le clavecin printanier et mentholé, la harpe et les trompettes de Chasing Shadows rappelle la mélancolie précieuse et délicieuse d'Isobel Campbell dans The Gentle Waves ou Belle and Sebastian. Marry Me In The Morning nous emmène dans les plaines du grand Ouest américain, yeehaaaa! "Last night, a stranger came riding, And threw down his hat on the bar, He told me his story with whiskey, And how he had travelled so far, And something about him engaged me" avec des arrangements dignes de westerns des sixties, ornés de cordes, de cuivres, de flûtes qui donneraient envie à n'importe quel coyote de se mettre à la pop.

It's You That I Want, naif et délicat, arrangé avec des guitares, des rythmiques et un chant millimétré excellent pour se plonger dans une ambiance mélo du siècle dernier précède le savoureux Lemonade qui évoque Doris Day et Sandy (pour les aficionados de Grease), là encore orchestré de manière fine et étudiée pour créer une belle identité musicale "With little kisses like candy, He likes to tango to Doris Day, And sing along with Sandy, We calypso in the evening shade And watch the sun go down on the sea, His love is sweeter than lemonade". Le bon goût habillé de classe de The Yearning se poursuit avec les cuivres et le piano taquin de How Will I Know? qui prouve tous les efforts d'harmonies réussis des anglais. Le langoureux Never Learn To Cry écrite par Simon Napier-Bell et Vicki Wickham aux paroles et au chant sensationnels poursuit dans la veine lollipop avec une cadence savoureuse qui irait comme un gant à Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany's, suivi de Every Time I Fall In Love, galopant et joyeusement rythmé, comme Tomorrow Night, emmitouflé dans une nostalgie sucrée et chaleureuse de sortie de collège pour aller danser, l'oeillet à la boutonnière. When I Was Your Baby offre une orchestration de violons et de violoncelles, piano et orgue sublimes avec des envolées de voix sentimentales qui font écho aux Beach Boys et conclut Dreamboats & Lemonade, façonné de manière brillante comme la bande-son d'une comédie romantique.
The Yearning signe un album aux mélodies persistantes et efficaces pour créer des ambiances orchestrées à la perfection. TheYearning

mardi 11 novembre 2014

Playmobil

Depuis qu'il est apparu il y a 40 ans, Playmobil est devenu le jouet le plus populaire de la planète. Hans Beck, son créateur, qui nait dans une famille de dix enfants en Allemagne, confectionne très tôt des jouets pour ses frères et soeurs avant de suivre une formation de menuisier, puis de designer et se faire engager par la société Geobra tenue depuis 60 ans par le brillant Horst Brandstätter. Avec la crise pétrolière, il imagine un jouet demandant peu de matière plastique, haut de 7 centimètres. C'est au salon du jouet de Nuremberg en 1974 que Playmobil, apparait au public pour la première fois. Le succès est immédiat. Dans l'année, Playmobil avec ses joues roses, ses membres articulés, ses yeux ronds et surtout sa coiffure impeccable, est décliné selon plusieurs thèmes : la vie de chantier, le western et les têtes couronnées. Bien sûr, on peut le monter sur son cheval un peu maigrichon mais saillant et lui faire porter son écusson, ou l'assoir dans son camion où sont stockés sa valise à outils, sa pelle, son seau et sa pioche. En 1975 apparait le personnage féminin avec son chapeau et son parapluie rouge (difficile de savoir où la mettre entre le cow-boy, le chef de chantier, ou le roi sur son trône, mais c'était le challenge intéressant.) L'année suivante arriveront les enfants, les indiens (peu de panique à avoir si on avait déjà le ranch) avec leur canoe, le tipi, le feu de camp et leur bandeau à plumes dont l'espérance de vie était courte avant de finir dans un sac aspirateur, les infirmiers, les pompiers, les policiers et leurs menottes qui connaissaient le même sort que les plumes. Puis arrivent les pirates en 1977 avec leur bateau et leurs canons, la ferme, les soldats, etc...Depuis les années 80, Playmobil joue sur tous les tableaux, de la Renaissance au quad jusqu'au plongeur torpille.

J'ai une tendresse particulière pour les toutes premières collections de 1974 à 1978 parce que cette période est celle qui m'a vu jouer aux Playmobils ( poupée Barbie oblige) et parce qu'on avait des étoiles dans les yeux quand en ouvrant la boite du Playmobil "ambulance" on se savait la lourde responsabilité de coller la croix rouge sur la mallette du médecin sans trembler. J'ai aussi le souvenir du "joyeux foutoir" généré quand il s'agissait de caler l'indienne dans le saloon avec le marteau de l'ouvrier à la main pendant que le shérif roulait dans la voiture de police avec la pelle sur le toit ou que le cochon de la ferme frimait dans sa pirogue avec la truelle du maçon. Depuis 1974, 2,7 milliards de Playmobils ont été vendus. La France est le marché étranger qui tient la première place et le fameux Horst Brandstätter continue de passer le matin, âgé de 78 ans, aux bureaux du siège Playmobil accompagné de son chien. Le génie de Hans Beck et de Horst Brandstätter a offert des milliards de petits bonshommes aux multiples possibilités et profils, depuis 40 ans, aux enfants du monde entier nourrissant leur imagination et leur créativité. Une histoire de jouets à transmettre de génération en génération, qui m'aura valu des heures de plaisir passées à créer des univers, des aventures et je sais que beaucoup se reconnaitront dans ce billet. Joyeux Anniversaire à notre ami Playmobil !
Playmobil




lundi 10 novembre 2014

Ry Smith

Ry Smith est la tête pensante, auteur-compositeur, multi-instrumentiste, du groupe de Long-Island Eastern Phoebes dont je parle dans mon billet sur le label February Records.
Depuis le déménagement de Ry en 2011 à Rhode Islands, le musicien se lance dans une carrière solo offrant le très justement nommé This Is A Test: Songs Of The Impossibles, enregistré à la maison, puis signe le génial REXROTH en septembre 2014 toujours chez le duo dynamique Kristin et Danny de February Records. Comme d'habitude sur l'ensemble de pépites pop psyché, affinées et peaufinées dans les arrangements, c'est Ry qui écrit, compose, chante et joue aux guitares, à la basse, batterie, claviers, piano, orgue, harmonica, mandoline, stylophone, banjo, violoncelle. Autant dire que techniquement, Ry Smith est un jongleur, un expert des cordes qui maitrise ses partitions de fond en combles. Son album est surprenant tellement il est enthousiaste, bondissant loin de l'image du poète maudit travaillant seul entre ses quatre murs. C'est plein de jovialité, de mélodies ensoleillées qui m'évoquent un joli cocktail d'univers allant de Jonathan Richman aux Apples in Stereo. Le tempo joyeux, l'interprétation mutine, les orchestrations originales et guillerettes, donne un résultat qui accroche et absorbe l'attention.

Cette pépite galbée et bien balancée commence avec le piano diablotin de It's easy jusqu'au doux psychédélisme pop de Plans Change & People Change Too, à la fois bordé d'un chant de velours et d'un jeu de clavier exalté sur une basse de rêve. Marz, drôle et distingué, porte un texte mirifique sur une orchestration qui ravive l'âme des Zombies ou celle des Beatles comme sur J.K. Rowling Blues au boogie nourri de hand-claps et d'un tambourin futé et moderne. La dansante Oak qui offre une orchestration malicieuse alternative ouvre le pas à Idea of North, aux claviers malicieux et aux percussions gourmandes. Need a Vacation dure 1 minute 10 sunshine et soignée en guise de break au milieu des 13 titres, avant Tree Swallow qui derechef donne cette impression de nouveau, de mobilité, d'imagination sans bornes. Conanicut! entre en scène, cette impression est renforcée à l'écoute du stylophone, du banjo, du piano et des papapapa de Ry Smith qui élève le titre au rang de joyaux pop poursuivant sur le merveilleux Ballad for Benjamin Church. Le style pop-psyché y est dosé, les choeurs taillés comme des rubis sunshine-pop pour poursuivre avec The Dust Bowl, qui délivre une ambiance champêtre saupoudrée d'arrangements lumineux d'orgues, de rythmiques sur un texte fin et touchant. Les mélodies en forme de ritournelles qui tournent en boucle avec facilité, parce que variées et colorées de sonorités, continuent avec Let the Lark aux effluves élégamment mélancoliques puis avec I Gots To Roll Along qui dévoile toute la capacité de l'artiste à explorer les sentiers pop . Je conseille l'écoute de Ry Smith, amateur de Brian Wilson en reprenant Johnny Carson ou encore de poésie en adaptant les poèmes de Gary Snyder comme Stay Together Learn The Flowers Go Light : un artiste de goût riche d'humour et de talent. Il y a quelques jours, le 22 Octobre 2014, Ry Smith signe un album de reprises des Strokes, revues avec brio, revisitées avec une fibre artistique singulière et rafraichissante en téléchargement libre sur le bandcamp.
FebruaryRecordsPiggledyPop
RySmith


dimanche 9 novembre 2014

Lars and the Hands of Light

Lars Vognstrup n’est pas un débutant. Le danois alors âgé de 16 ans chante dans le groupe de métal Rauchy en 2001 et en 2003 il intègre aux choeurs puis en tant que guitariste la formation de Junior Senior avec laquelle il part en tournée jusqu’en 2008. Le single Move your Feet est un succès international. Il forme parallèlement deux projets, l’electro-pop Money your Love en 2004 et le rock psyché Wolfkin en 2006 quand il pose ses valises quelques temps pour vivre à Los Angeles et revient à Copenhague en 2009 pour y fonder Lars and the Hands of Light.

Lars Vognstrup prend une toute autre direction artistique sans pour autant changer ses amis musiciens. A 34 ans, il écrit et compose avec brio des titres influencés par la pop sixties. En 2010, Lars and the Hands of Light signe The Looking Glass, un premier album aux titres dansants, aux résonances funk et pop old-school. Lars semble pouvoir explorer tous les genres musicaux avec une certaine aisance en faisant des reprises des Smiths version rap, en chantant sur du métal, en groovant sur de l’electro-pop pour in fine offrir des titres célestes sur cet album, constellés de guitares, d’orgue, de violoncelle, de claviers psychédéliques, de tambourins et de flûte. Les quatre danois, Lars Vognstrup et sa soeur Line Vognstrup au chant, Thomas Stück au clavier et guitare, Peter Leth à la batterie, s’amusent, jouent des airs joyeux, grisants et savoureusement rythmés. Les harmonies nous emmènent dans les univers des Beatles ou de Belle and Sebastian avec qui ils partagent la scène en 2011. Ils invitent à l’enregistrement de The Lookin Glass, le chanteur de métal Kim Pedersen alias King Diamond et l’excellent guitariste Jacob Funch leader du groupe I got you on Tape. IGotYouOnTapePiggledyPop
Le charisme de Lars Vognstrup, sa voix envoûtante et ses compositions éloquentes sont de retour en avril 2013, comme je l'avais annoncé en novembre 2012 avec la sortie du single End Of Summer.

Fleuri d'arrangements de cordes, une basse resplendissante, un chant et des textes aboutis, Baby, We Could Die Tomorrow de Lars and the Hands of Light est un second très élégant album. Les 9 titres sont inspirés, intelligents et mettent le genre "pop" en exergue. Avec un chant dans la veine de celui de Jarvis Cocker, un peu dandy, un peu prince des arpèges de guitare, Lars est resplendissant.
Le bal s'ouvre sur le parfaitement dansant Time To Glow et ses guitares, ses claviers psychés dans le sillage des groupes pop scandinaves mais aussi des influences amicales américaines comme celle avec Alex Ebert des Edward Sharpe & The Magnetic Zero avec qui il jouait quand il vivait encore à Los Angeles. EdwardSharpeandtheMagneticZerosPiggledyPop
Puis les cordes orchestrées avec finesse, se mêlent aux particules sonores rythmées d'un piano divin sur Kiss You In the Doorway. Puis l'éclatant We Shine On Together, aussi efficace dans la mélodie et l'orchestration, laisse les claviers prendre de la hauteur sur un tempo indie- disco. La voix magnifique de Line Vognstrup poursuit avec l'amoureux How Much We Feel, somptueusement accompagné de guitares et d'une basse. Les arrangement alternatifs et savoureusement pop nous emmènent dans le monde merveilleux de Lars qui est lumineux sur Herd. On peut y retrouver son esprit taquin, novateur, dans une atmosphère proche de Bowie et la poésie de Bacharrach. La délicatesse dans l'écriture et l'interprétation continue sur la splendide ballade Hollywood I Know She Would où basse et violons sont virevoltants. Shiny Bright Star, tout comme End Of Summer, dont la batterie déroule un tempo dynamique sur les voix de Line et Lars, distribuent des rayons uv musicaux dans l'âme des Cardigans, Charlatans ou encore des Postmarks. Enfin, l'harmonica rock'n roll marié aux guitares fringantes sont lumineux sur Baby, We Could Die Tomorrow, dernier et convaincant titre qui donne justement son nom à l'album, conseillé par Piggledy Pop, classé dans le top des sorties passées de 2013. Commande possible chez le savoureux label danois Crunchy Frog :
BabyWeCouldDieTomorrowCrunchyFrog

LarsandtheHandsofLight2012PiggledyPop



samedi 1 novembre 2014

The Orchids

Groupe de pop mythique né à Glasgow en 1986, The Orchids est lié de près à Sarah Records, label de pop mythique mis en place à Bristol en 1987 par le duo légendaire Clare Wadd et Matt Haynes qui accueillent en deuxième signature dès 1988 les musiciens écossais pour le single I've Got A Habit. Le lien qui les unit est si intime et solide que quand Sarah Records cesse son activité offrant un concert d'adieu en 1995, regroupant tous les groupes de la famille (Field Mice, Blue Boy, Another Sunny Day, The Wake, The sea Urchins, Heavenly, St-Christopher, East River Pipe etc), ce même soir The Orchids, au sommet de leur art avec 7 singles et 3 albums, raccrochent les guitares. Pour peaufiner ces 3 albums, Lyceum de 1989, Unholy Soul de 1991 et Striving For the Lazy Perfection de 1994 il y a l'amitié indéfectible et stable de leur producteur Ian Carmichael, également musicien des One Dove. Il y a plus de 25 ans, The Orchids, James Hackett à la guitare et chant, les guitaristes John Scally et Matthew Drummond, le batteur Chris Quinn , le bassiste James Moody et Pauline Hynds Bari au chant, sans encore en avoir conscience, font partie des précurseurs du mouvement indie-pop. Cette joyeuse et talentueuse clique pop aimant "faire la musique" en s'asseyant gracieusement sur l'idée du bénéfice se reforme une décennie plus tard. Sans chirurgie esthétique ni accent nostalgique, The Orchids signe en 2007 l'album Good to Be a Stranger très inscrit dans son époque qui sera suivi par The Lost Star en 2010, tout autant à la page. Cet excellent album contient une âme épique avec ses violons et violoncelles comme sur Come Lay Down On My Bed mais aussi une épine dorsale pop, cette fabuleuse pop qui pousse les tables, donne envie de monter le son et de danser comme des diables.


En ce mois d'octobre 2014, The Orchids sont de retour avec l'album Beatitude#9 fleuri d'harmonies, de mélodies savoureuses, épatantes tant elles alternent de genres, épousent le style pop actuel avec des orchestrations disco-pop, une fibre tantôt twee tantôt acoustique qui rappelle leurs origines avec la griffe subtile impressionnante de Ian Carmichael à la production. J'ai écouté plusieurs fois Beatitude#9 au milieu d'autres écoutes, des albums sortis ces deux derniers mois et celui de The Orchids est vraiment à classer en haut du panier. Sans regarder dans le rétroviseur après presque 30 ans de carrière, le groupe écossais signe un disque frais, fabuleusement moderne et benjamin avec un unique clin d'oeil au passé sur We made a mess, court et intense. Fournie de synthétiseurs arrogants, e la basse captivante du nouveau venu Ronnie Borland comme sur The good words are never too long et le chant sublime de Pauline Hynds, l'orchestration surprend tout le long, groovy ou expérimentale. Carte postale sonore et langoureuse, le thème amoureux domine décliné sous plusieurs rythmes avec en introduction un Turn your radio on de 40 secondes astrales. Aussitôt les guitares bondissent sur la batterie de Chris Quinn dans Something's going on où la voix de James Hackett, juvénile et clinquante, magnifie le titre. Le voluptueux Felurian's Dream vient onduler avant d'offrir un cocktail de notes réjouissantes et poppeuses avec She's just a Girl. The Orchids enchaine avec le tempo énervé, cuivré et funky de Someone like you pour poursuivre sur le magnifique piano de A perfect Foil, sa guitare acoustique enveloppante, sa basse chahuteuse et son rythme de soie. Les synthétiseurs stellaires continuent la balade spatiale sur The coolest Thing avec ses soleils, ses étoiles, ses déclarations enflammées et dansantes. Les arrangements astucieux et progressifs se retrouvent sur And when she smiled, balade maniée avec sensualité comme sur l'approche expérimentale de Hey! Sometimes! où brillent les guitares et les claviers. Après le chaleureux Good Words, les guitares s'aiguisent grâce au talent de Keith Sharp et les boules disco scintillent sur la stéréo avec Today's the Day. La cadence redescend en entrant dans le sillage moelleux et tendre de A way to you, maritime et iodé quand on repart dans le champ cosmique avec Your Heart sends me habillé d'une pleiade d'instruments à cordes qui concluent avec la trompette de We made a mess l'écoute de Beatitude#9 . The Orchids de manière surprenante sont bel et bien là et n'ont pas fini de vendre leur fraicheur et leur énergie de débutants.
TheOrchids