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dimanche 28 décembre 2014

The Ocean Blue

The Ocean Blue sont de retour après une absence de presque 10 ans! Le groupe de Hershey en Pennsylvanie formé en 1986 signe son tout premier single en 1988 en tapant non pas dans l'oeil mais dans l'oreille du label Sire Records. Piqûre de rappel : Sire est dans les années 80 un petit label indépendant crée par le new-yorkais Seymour Stein (le nom parlera aux fans des Belle & Sebastian) aujourd'hui vice-président de Warner Bros qui a eu, à l'époque alors agé de 40 ans, le flair pour nous dénicher The Cure, The Smiths, Depeche Mode, The Ramones etc. Les débuts de The Ocean Blue se font grâce aux quatre lycéens qui se rencontrent, répètent et enregistrent des démos sous cape, David Schelzel au chant, composition et guitare, Bobby Mittan à la basse, Rob Minnig au chant et à la batterie, Steve Lau au saxophone et clavier (jusqu'en 1994 remplacé par Oed Ronne, compositeur avec David et également chanteur). Le premier album éponyme de 1989 est suivi de l'atmosphérique Cerulean en 1991, puis du plus généreusement pop Beneath the Rhythm & Sound en 1993 qui sonne REM, Echo & The Bunnymen et The Smiths.


Puis c'est Mercury Records qui vient chouchouter le quatuor pop rock qui signera en 1995 le quatrième album See. The Ocean Blue signeront Davy Jones Locker en 1999. Puis après une rupture unilatéral avec Mercury, la même qu'essuiera Morrissey, ils disparaissent du circuit. Il y aura une courte réapparition des Ocean Blue en 2004 avec l'EP Waterworks qui offrira la contribution d'Allen Clap des Orange Peels, du nouveau batteur et arrangeur Peter Anderson qui remplace Minnig, parti en 2001. En 2011, le groupe fait une reprise à l'occasion de Noel de Walking in the Air, chanson de Howard Blake, diffusée pour accompagner en 1982 le dessin-animé The Snowman, adapté des nouvelles de Raymond Briggs. L'an dernier The Ocean Blue est de retour avec le splendide Ultramarine chez le label américain Korda Records ( Starfolk, Jim Ruiz Set, the Owls etc) puis en Septembre 2014 avec la magnifique réédition de Waterworks. The Ocean Blue n'a pas à rougir de ces 30 années de métier parce que leur pop n'a pas pris une ride, Ultramarine forme un bouquet de mélodies, du chant excellent et printanier de David Schelzel, d'arpèges revigorantes avec des arrangements qui bombent le torse.

Ultramarine et ses nouvelles mélopées est iodé et aérien. D'ailleurs, le thème marin y est élégamment honoré. Telle une peinture d'impressionniste, les paroles y sont vives, colorées et romantiques. Accompagnant la voix majestueuse de David, les guitares, la basse et la batterie de Give it a try, qui entame l'écoute, symboliquement après une décennie, sont rutilantes. Optimiste et porteur, le titre donne envie illico de bouger son popotin. La basse qui ouvre Sad Night, Where Is Morning?, électrique et vitaminée, dynamite une ribambelle de notes ornées de guitare, de synthé, sur des baguettes de batterie énervées. Tandis que David souligne une temporalité "take a long time to grow" et une lumière matinale désirée, il poursuit avec son grain de voix doré sur New York 6AM "the early morning light..", et ses arrangements délicats au début qui montent en puissance, grimpant des étages rythmés pop touchants pour évoquer la ville et ses joyaux. Puis l'amoureuse et smithienne Blow my mind et ses "papapapa" à couper le souffle poursuit le régal sonore. Latin Blues, diablement rythmée fait un flashback émouvant en évoquant l'ancien titre Drifting/Falling sur Cerulean, "Drift and fall again / It’s going to be different this time" et concluant "just stay true, just stay blue". Et les guitares continuent virevoltantes, éblouissantes sur Fast Forward Reverse, solidement construite dans l'instrumentation et efficacement pop atmosphérique. Puis A Rose is a Rose arrive sur la platine, fraiche et mélodique qui comme le souligne les paroles fait sourire, aide à sentir l'herbe entre les orteils, avec une cascade d'enthousiasme dans les cordes des guitares et dans le chant sublime de David Schelzel qui semble gambader et batifoler autour du micro : délice pop absolu. On se met même à sautiller avec lui dans le sable sur If You Don't Know Why et Sunset - Moonrise avec sa basse mariée aux synthétiseurs brillants, un peu cold wave pour évoquer le soleil qui disparait et la façon dont la "melody" prend forme. Whatever You Say, It Breaks My Heart mélancolique, mélodieux, offre une guitare fantastique sur des mots marins poétiques "I’ve been gone too long, My ship has sailed This song". Tandis que notre pied marin ôte ses bottes, il se trémousse volontiers sur la géniale Ground Gives Way, sentimentale, habillée de tambourins "Whatever thoughts I had of you, Whatever things you put me through, Once glance, one look upon your face, One kiss from you will all erase, The ground gives way beneath my feet". Nos pieds dansent, flottent, jouent et se posent guillerets dans l'herbe fraiche à l'écoute de Ultramarine. Cette impression est envoûtante, émouvante sur Touch Down On Earth qui conclut l'écoute de manière douce "Why don’t we sail under the moon, Why don’t we stroll under the stars, Then we’ll both touch down on Earth". The Ocean Blue nous gâte avec Ultramarine. En plus de la qualité de la composition de David Schelzel aux claviers et guitares, des arrangements, de l'instrumentation qui compte le saxo de Brian Tighe ( Starfolk, The Hangs up, Jeremy Messersmith, The Owls, The Legendary Jim Ruiz Group), du charisme de Peter Anderson à la batterie, et Bobby Mittan à la basse, le fantastique génie d'Oed Ronne au chant, guitare et synthétiseurs, le groupe est grandiose sur scène. Piggledy Pop le classe dans les meilleures écoutes de 2014, indéniablement.
TheOceanBlue
TheStarfolkPiggledyPop
TheOwlsPiggledyPop
TheJimRuizSetPiggledyPop
TheOrangePeelsPiggledyPop




samedi 27 décembre 2014

Jonathan Bree

J'écoute Jonathan Bree depuis des années. Ce que j'aime chez l'artiste c'est sa personnalité qui rayonne dans sa musique, ses paroles et sa voix. Peu pliable, son tempérament intègre me séduit. Originaire d'Auckland, il découvre jeune le milieu de la pop indépendante grâce à son cousin Mark Lyons membre du groupe The Nudie Suits. Il crée dès 1998 son premier groupe The Brunettes avec Heather Mansfield qui assure le chant. L'EP Mars loves Venus sort cette même année, puis en 2002 avec son ami musicien Scott Mannion, Jonathan Bree crée le désormais fameux label Lil'Chief Records que j'évoque souvent sur Piggledy Pop. Le label indépendant se développe depuis dix ans avec d'abord l'opus de The Brunettes Holding Hands, Feeding Ducks qui sera également signé plus tard sur EMI. Jonathan continue de créer, de jouer en offrant l'EP Boyracer en 2003 et signe dans le même temps l'excellent album Songbook de The Nudie Suits. En 2004, le label enchaine les signatures dont les californiens de The Ruby Suns exilés à Auckland. Lil'Chief compte dès 2005 une communauté de musiciens notables qui se produisent les uns avec les autres et des albums impressionnants de qualité comme Edmund Cake qui jouera avec The Brunettes et qui offre en 2004 Downtown Puff, Shaft et son opus Open Sesame, en 2006 se joint à la clique Lawrence Arabia, Little Pictures, The Eversons, Princess Chelsea (autre projet de Jonathan) etc. Les artistes du label et son créateur forment un groupe de reprises de Mc Cartney and Wings appelé Disciples of Macca.
Jonathan parallèlement à son label poursuit son écriture et la composition, attaché au style sixties des Beatles, des Beach Boys et surtout à celui de Jonathan Richman dont il est fan depuis qu'il a 10 ans via Modern Lovers. Avec The Brunettes qui accueille dès 2004 Ryan McPhun des Ruby Suns, il signera 9 albums en une décennie.



En 2013, Jonathan Bree apparait en solo avec son album The Primrose Path qui sera pour Piggledy Pop une des meilleures surprises et un des meilleurs disques de l'année. Le troubadour néo-zélandais à l'humour gourmand, la poésie lumineuse et la musicalité riche offre un deux titres décoiffant, qui balade l'âme de Syd Barett, Lou Reed, Kevin Ayers, Brian Wilson avec sa propre originalité qui vient nourrir les arrangements et le chant splendide. Le 10 titres commence sur la mélodie enivrante, géniale de Booty Call et ses notes de batterie, de basse sensuelles rappelant Gainsbourg. L'instrumentation, intense, poursuit sur Beat your Head, au chant splendide orné de cordes des violons de Andrew Keoghan (co auteur et arrangeur de Lawrence Arabia), Jess Hindin, Mahuia Bridgeman-Cooper, du violoncelle de Rachel Wells et du clavier, guitares et la basse monumentale, assurés par Jonathan lui-même. Bored at a Mall arrive aux oreilles, mélancolique, poétique, construit avec ingéniosité pour nous embarquer avant l'alternatif Seven, sublime de long en large, de l'orchestration, au thème amoureux jusqu'au chant de Bree, révoltant de charme et de sensualité. Fixed Or Floating continue la promenade romantique psychédélique avant le rythmé et dansant Duckie's Lament, hypnotique, certainement magnifique. Entre harpe, trompette de Steven Hut, saxophone de Hayden Eastmond Mein, l'élégance et la sophistication se savourent sur Primrose Path et Crippled Darling, taillés comme une pierre où chaque facette représentant un instrument, la voix de Bree, ses mots, forme une entité précieuse envoûtante. Laptop, langoureux, et Boxes qui clôt le disque sur les mots "end of an album" subjuguent par les arrangements inspirés et efficaces.
The Primrose Path est un album à écouter et à avoir dans sa collection, absolument. En octobre 2014, Jonathan Bree nous fait le cadeau du nouveau single Weird Hardcore qui annonce le prochain album en 2015 A Little Night Music. Je le mets par anticipation sur ma lettre au père Noël de l'an prochain, les yeux fermés, les oreilles frétillantes d'impatience et affrétées.
LilChiefRecords
RubySunsPiggledyPop
LawrenceArabiaPiggledyPop



vendredi 26 décembre 2014

Jack and The

Admirant tout le travail de compositeur et le soin technique, l'esthétique, l'inspiration de Julien Lonchamp, musicien français exilé à Edimbourg, j'écrivais en 2008 un billet au sujet de son projet Jack and The :
J'ai un réel coup de coeur pour Jack and The. Sa musique est de la même veine que celle du fantastique groupe de Nancy Orwell qui a collaboré et produit le premier album Vacation (a pop manifesto). Enregistré en France par la main de maître de Jérôme Didelot, Alex Longo de Cascadeur, Thierry Bellia de Variety Lab et Christophe Inglebert, les magiciens d'Orwell, l'album est illustré par Olivier Godot. L'écoute des titres est du pur jus pop plongeant dans les ambiances sunshine des Heavy Blinkers et des High Llamas. Le saxophone de Pierre Desassis apporte des notes de jazz, le jeu de Wulitzer d'Alexandre Longo colore les titres de son psychédélique sixties dans Thelonious Monk and John Coltrane. Les chansons sont étincelantes de références, le son est candy, joyeux, entrainant. C'est de la haute couture stylée, arrangée avec brio. Les différents instruments arrivent en cascade au fur et à mesure de l'écoute et créent une abondance de sonorités, une atmosphère rebondissante de bon aloi. Sans oublier Julien, il assure avec sa voix qui colle à la perfection au charme des mélodies. Sa voix swingue naturellement, Julien ou Jack...le fils spirituel de Harry Nilsson, des Kinks ou des Zombies, nous offre un bien bel album prometteur avec Vacation (a pop manifesto).

Le 3 décembre 2014, j'ai la jolie surprise de découvrir le nouvel EP qui annonce la confection et sortie imminente du deuxième album. Saharian Sands offre 3 titres sublimes sunshine pop qui rappellent la grâce des Beach Boys et mettent l'eau à la bouche. Autour de Julien on retrouve le batteur Conor O'Hara, le pianiste Johnny Taylor, la chanteuse Sandra Collins sur le titre Le Cygne aux Yeux Bleus, Brian Denver à la flûte et pour les cuivres et cordes, Amanda Feery et Ciaran Sutton à la clarinette, Chris Rooney au trombone, Kate McKenna au violoncelle et Ona McFarland au violon. Son ami Jérôme Didelot d'Orwell vient apporter sa patte sur le mix de Sahara Sands, deuxième morceau après le fabuleux I Think I'm Dancing qui swingue, balance une mélodie pop alternée de sonorités élégantes, typées comme sait les préparer Julien à la voix d'or qui joue aux guitares, banjo, sitar, clavier, glockenspiel, à la basse. J'ai hâte d'écouter ce prochain deuxième album justement nommé Melody Cycle. Si 2015 commence avec un album signé Jack and The, elle sera sous les meilleurs auspices musicaux.
JackAndThe
JackAndThePiggledyPop2008

Johnny the storywriter (video) from Jack and the

jeudi 25 décembre 2014

Copenhague

Certains disent que les habitants de Copenhague seraient les plus heureux au monde. La taille de la ville qui est bercée par la majestueuse Baltique, son profil architectural harmonieusement balancé entre style moderne et ancien créent une ambiance sereine pour ses quelques 560000 habitants. Les danois savourent leur petit lait, la Carlsberg au sein du quartier où se côtoient les institutions, le Parlement, le Gouvernement, regroupés au château de Christiansborg (XVIIème) et la monarchie au château d'Amelienborg (XVIIIème). Les Danois qui vivent à Copenhague ont un niveau de vie qui compte parmi les meilleurs au monde. Il n'y a pas de mystère, l'économie y est dynamique, mais l'habitant aussi. Le vélo y est roi, les âmes de Copenhague privilégient les transports en commun.qui se développent et utilisent de manière futée l'urbanisme moderne et réfléchi. Ne comprenant aucun gratte-ciel, les bâtiments laissent de grands espaces au sol entre eux aussi et forment un centre ville vert, très aéré où la circulation y est fluide permettant aux randonneurs à vélo ou aux 40% des salariés de la ville qui vont au travail en vélo, de se sentir en sécurité. Idem pour les piétons, chouchoutés depuis le "finger plan" d'après guerre. Le centre ville est pensé pour les personnes, pas pour les voitures. Tout est calculé pour le développement durable, l'urbanisation et le bien-être des habitants, très enviés.

Les danois qui fleurissent la capitale ont un caractère respectueux en communauté, fleuri d'un esprit coloré à l'image des maisons sur le port, comme le souligne la danoise Malene Rydahl dans son livre Heureux comme un Danois, les 10 clés du bonheur "A l’Opéra de Copenhague, les étrangers s’étonnent de voir les Danois laisser leurs manteaux dans un vestiaire non surveillé. Les gens se font confiance, ils ne se posent même pas la question". Ces esprits libres, avec leurs gènes de vikings, de guerriers mangeurs de harengs, ont, pendant la seconde guerre mondiale, formé une résistance face aux nazis qui s'est révélée être la plus efficace d'Europe faisant échouer tous les projets d'arrestations et de rafles. Les copenhaguois font rayonner une atmosphère alternative européenne, comme dans celle du quartier latin, ou dans celle de la communauté Christiana. Au milieu des péniches et des voiliers de la "petite Amsterdam", autre noyau animé de canaux au coeur de la ville, l'art y est cultivé sous toutes ses formes. Notamment la musique. Face au Palais d'Amalienborg qui honore les beaux-arts depuis des lustres, il y a l'opéra splendide signé de l'architecte Henning Larsen où se produisent nombre d'orchestres, de ballets et spectacles en tous genres. Il y a aussi et surtout cette ambiance underground, unique en son genre, avec ses boutiques de vinyles, ses salles de concerts, ses festivals, ses musiciens comme I got you on Tape, groupe de Jacob Bellens que j'adore, The Raveonettes, Lars and the Hands of Light, Velour, Figurines, Trentemøller, Junior Senior, PowerSolo, Slaraffenland, Agnes Obel, Julias Moon, The Glow Cats, Northern Portrait etc et les musiciens inspirés par le charme de la belle danoise comme Anthony Rochester, Lucinda Williams, Philippe Katerine, Louis Amstrong et Scott Walker. Copenhague méritait une chronique musicale en ce jour de Noël. Ce beau royaume qui borde la Baltique et qui comprend le Groenland revendique, depuis ce lundi 22 décembre, la souveraineté d'une partie du pôle Nord aux Nations Unies ce qui devrait enfin apporter officiellement une nationalité au gentil barbu appelé Père Noël.
Copenhague
Northern Portrait

Jacob Bellens

The Raveonettes

Lars and The Hands of Light

Agnes Obel

Anthony Rochester

Lucinda Williams

Philippe Katerine

Scott Walker


lundi 22 décembre 2014

Joyeux Noël !

Année après année, on fête ce mariage du profane et du sacré, en famille autour d'un sapin illuminé et entre les huitres, la dinde et le chocolat, certains auront peut-être envie de communier leur joie en musique. Les chants, les banjos, les guitares, les harpes, les cloches font partie du bonheur partagé ce fameux soir. Voilà une idée de programme musical. I wish you a Merry Christmas, hanuka, a gute nitl, buon Natale, fröhliche Weihnachten, gleckika Wïanachta, merii kurisumasu, vrolijk Kerstfeest, god jul, feliz Natal, S rozhdestvom Kristovom, God Jul, et un très beau Noël d'amour, d'espoir et de paix (avec la bûche qui va bien) à tous.






















dimanche 7 décembre 2014

Philémon Cimon

Philémon Cimon est un de mes coups de coeur de 2014. L'auteur-compositeur de Montréal n'écrit pas ses chansons avec une plume ou un stylo bic mais avec une pâquerette. L'esprit de ses compositions est printanier, parfumé au muguet, ouvert comme un tournesol, voltigeant comme les aigrettes du pissenlit, ondulé comme un champ de blé sans toutefois emprunter quatre chemins pour dire les choses. C'est avec son ami et acolyte Philippe Brault, bassiste, qu'il signe en janvier 2014 le 12 titres de L'été, et avec la complicité de l'ingénieur Howard Bilerman qui travaille avec Arcade Fire et qui ici dorlote les sons à la console. Autour de Philémon qui excelle à la guitare, il y a aussi Sarah Pagé à la harpe et au chant, Néstor Rodriguez Vilardell droit venu de la Havane au saxophone, David Payant à la batterie, David Carbonneau à la trompette, Nicolas Basque qui joue dans le groupe Plants and Animals aux guitares, Guido del Fabbro à la mandoline et au violon et Papacho débarqué pour l'enregistrement du Mexique à l'orgue, au mélodica et au piano. L'été déroule son tapis de mélodies en commençant par le titre Soleil blanc, à la rythmique mouvante, aux guitares mutines ornées de la voix gracieuse et naturelle de Philémon, de mots amoureux accompagnés du sensuel saxophone. Puis suit la déclaration enflammée Au cinéma, mélopée pop et dansante agrémentée de cuivres sur un texte sacrément mutin. La balade Julie July qui suit offre un tempo estival, un texte mordant qui parle de pétales, de muguet, de champ et bouquet pour avouer une aventure amoureuse très peu romantique où la trompette vient fouler avec brio l'orchestration. Des jours et puis des jours, décrit également une histoire fanée avec des images poétiques, "J’ai pris ta main comme on prend des cerises, J’ai pris tes jambes en sueur sur le plancher, J’ai pris ta taille de fleur, je t’ai assise, Et j’ai fermé mes yeux pour t’embrasser", ardemment instrumentalisé avec des envolées de cordes et cuivres.

Tout comme dans Julie July où Philémon compare l'acte d'amour à une mort "Étiolée dans ton bouquet nuptial, Je t’ai enterrée", ou encore dans le très suave Chose étrange "Tu donnes ton corps, Comme on donne la mort", thème qui se dévoile sur Chanson pour un ami chanté avec l'accent touchant où Philémon est éclatant d'émotion pour évoquer la mort d'un père, les larmes, les corbeaux, les bouleaux. La lumière céleste revient sur les trompettes de Moi j'ai confiance qui nous emmènent dans un vertigo de notes, de mots amoureux voyageant sur des rivières, des torrents, des chemins, sur la glace en patin à la croisée des chemins il "lui offre le ciel" "Moi j’ai confiance qu’on peut marcher, jusqu’à la prochaine plage, Faire un bateau, y mettre une voile, et puis partir au large". Ecrit de manière pétillante, composé avec enthousiasme, les orchestrations de contrebasse, de violons sont enfiévrées sur Je veux de la lumière, mellow et langoureux où flotte une jolie âme traditionnelle canadienne. La voix de Philémon est fort touchante, elle habille ses mots avec transparence dans le timbre, une honnêteté captivante. Quel été propose un soleil levant derechef, débordant de sentiments, de passion avec un texte débridé coloré et enveloppant. Après les corbeaux, c'est le merle qui vient se poser sur les arpèges de guitare brillants, sur l'archet du violon de La mort des amoureux où la voix de Sarah vient picorer délicatement des mots, accompagnant un morceaux pastoral acoustique d'une fraicheur et subtilité de toute beauté. Où je me perds décrit une sensibilité chaude et étoilé, entre le feu et le ciel jouée à la guitare acoustique qui révèle un profil de ménestrel au musicien. Philémon Cimon conclut magnifiquement L'été avec Par la fenêtre et sa harpe, pour peindre le bonheur amoureux, brossé par l'orgue, par l'envolée de cordes de guitares, le saxophone fondant sur un baiser ardent sous les "lampadaires" de l'"hiver" et "sous les flocons" avec un chant en choral exaltant. L'été fait rayonner des couleurs, des parfums, des paysages, des saisons avec une poésie superbe et des compositions flamboyantes qui indiquent tout le talent d'auteur et de compositeur de Philémon Cimon.
PhilemonCimon