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mercredi 30 septembre 2015

Martha Ffion

Véritable petit bijou pop, élancé et modelé avec idée, le sublime EP Go signé de Martha Ffion en 2014 chez nos amis écossais du label Lost Map Records situé à Isle of Eigg est suivi cette année par le single No Applause. A l'écoute de titres comme Sugar Coat, on revisite les sixties en claquant des doigts, tricotant des orteils, pensant aux groupes de filles (musiciennes) des années 60, les biker girls garage-pop, comme les Gingerbreads, Mam'selles, The Belles ou les The Shangri-Las. Les textes fins et délicats, interprétés avec justesse et musicalité, nous parlent d'amitiés, parfois superficielles comme sur Sugar Coat, d'amour déçu comme sur Go et sur Punch Drunk Love qui sous sa forme romantique démontre une certaine force de caractère de son auteur. Martha de son vrai nom Claire Martha Ffion McKay compose, joue de la guitare et chante, entourée de Craig Angus à la guitare, Gavin Redford à la batterie, Richard Stratton à la basse et Matthew Scott à l'harmonium.

L'enchantement du grain de voix de Martha Ffion, cristallin et tranché, revient puissant sur No Applause. Les riffs de guitare solides, les tambourins et la basse musclés qui me font penser à l'univers pop de Mary Lou Lord sont très enthousiasmants quant à la suite. Le dansant Lead Balloon ravit dès la première écoute, arrangé pop sixties, où les influences comme les Beatles et Nancy Sinatra s'affirment et où le style propre de Martha se confirme. La chanteuse née en Irlande, résidant à Glasgow est accompagnée d'un excellent groupe de musiciens qui font également partie de Lost Map Records. C'est Suse Bear du groupe Tuff Love qui assure la basse, Craig Angus de Poor Things qui est à la guitare et Iain Stewart de The Phantom Band qui est à la batterie. La belle et joyeuse clique est en studio pour concocter un deuxième EP qui nous arrivera aux oreilles très prochainement.
LostMap
MarthaFfion




lundi 28 septembre 2015

The Goon Sax

L'excellent label Chapter Music vient de signer en septembre 2015 un jeune groupe de Brisbane, The Goon Sax, qui sort le single Sometimes Accidentally, accrocheur, prometteur, plein de leurs influences remarquables, les Talking Heads, Galaxie 500 et les Pastels. Un album est prévu pour 2016 et j'avoue l'attendre fébrilement. Il a chez les Goon Sax une âme et une attitude, quelque chose d'imprévisible dont on devine les traits griffés, singuliers et fertiles. Déjà, les jeunes artistes Louis Forster, Riley Jones et James Harrison font montre de talent et d'une grande musicalité.
La personnalité des australiens est charismatique. Leurs compositions fleurent bon la pop avec une instrumentation élégante et inspirée, une interprétation particulière qui aimante et envoûte. On sait par l'ascendance, Louis étant le fils de Robert Forster des Go-Betweens que les trois garçons ont surement été nourris depuis leur tendre enfance au petit lait pop. Ils savent mettre à profit ces références en composant des morceaux sublimement solides avec un don indéniable naturel qu'ils renforcent avec une technique de musicien maitrisée et travaillée.

Je profite du billet pour remercier Raül Jimenez, ami blogger espagnol qui peaufine chaque semaine des playlists de nouveautés pop de très bon goût, un trésor à écouter là : BloodbuzzedJukebox
En 2013 quand James et Louis se rencontrent, ils sont encore au lycée et écrivent, composent leurs premières mélopées déjà sculptées comme des petits bijoux. Riley les rejoint pour assurer la batterie et le trio en 2014 est en marche vers les studios, jouent également sur scène avec des artistes locaux comme les Twerps, Blank Realm et Darren Hanlon ( DarrenHanlon).
Il ne reste plus qu'à patienter pour savourer les prochaines chansons mélodieuses, pleines d'humour et de tambourin des géniaux The Goon Sax, sur l'album qui portera le nom Up To Anything. A suivre.. c'est une évidence!
TheGoonSax

dimanche 27 septembre 2015

Cayucas

Je faisais ce billet il y a 3 ans : "Zach Yudin est à la conquête des hautes vagues harmoniques. Ce musicien surfeur californien se débaptise cette année. Son projet solo s’appelait Oregon Bike Trails en 2011 et prend désormais le nom de Cayucas (nom d’une plage de la côte ouest). Aimant Paul Simon et les Beach Boys, Zach Yudin exalte le style sixties dans ses chansons, avec un talent inouï pour le song-writing sunshine pop. Les guitares énergiques à la Dick Dale, les tambourins et cymbales vivifiants sur les mélodies estivales et bucoliques apportent un air mods, surf-pop à l’ensemble du Ep High Scool Lover sorti en format digital et vinyle en avril 2011"..."Le 16 octobre 2012, le doré Zach Yudin qui a pelé en Cayucas, accompagné de son frère Ben à la guitare, revient avec le single Cayucos. Les notes ensoleillées déferlent, les arrangements de choeurs font sensation et l’instrumentation de Zach est peaufinée avec délicatesse. Les californiens déroulent une dizaine de titres denses et aboutis qui annoncent un album pour 2013 surement le plus accrocheur de l’année"
CayucasPiggledyPop2012

Revoilà Cayucas le 23 juin 2015 avec son dernier bébé nommé Dancing at the Blue Lagoon, près à conquérir l'Europe avec dans leur tournée un passage à Paris ce mois ci. L'album comporte neuf titres superbement ficelés, vitaminés et harmonieux dont Big Winter Jacket qui ouvre le bal avec un ensemble de cordes, des arrangements fleuris de violons et de gingle bells si dansants qu'ils feraient fondre la banquise. Abordant le thème de l'hiver, les notes sont assez ensoleillées pour imaginer des pingouins portant bermudas et tongs. Cayucas chante magnifiquement en proposant des choeurs à la fois soyeux et puissants. L'ambiance ilienne et caraïbéenne réapparait dans les effets de guitares surf pop et le tempo bossa alternatif de la basse royale sur Moony Eyed Walrus. Quand Hella joue sur la platine, les voix typées Beach Boys se dandinent sur des cordes de guitare taquinées avec espièglerie. Les harmonies power-pop font passer les UV californiens dans les écouteurs, les riffs de guitares endiablés et la batterie vitaminée sont tropicaux. Puis le rythme devient langoureux et mélancolique, le piano boogie et élégant est accompagné de violons sur Champion qui nous porte dans une autre époque, sur d'autres plages que celle qui inspire les deux frères Ben et Zach au moment où ils composent. Les deux frères offrent la possibilité d'une interprétation libre des textes en n'écrivant pas des paroles au sens évident du premier degré. 

Davey Brozowski brille aux percussions, l'excellent Josh Neumann au violoncelle et violon accompagné de Kimo Muraki à la flûte, mellophone, cor baryton orchestrent avec brio Ditches. Le talent de composition des Cayucas se poursuit sur Dancing at the Blue Lagoon, exotique, parfumé à la noix de coco, avec une instrumentation solaire et iodée. La Californie et l'océan inspirent les musiciens qui nourrissent les mélopées de tempo brulant comme sur Backstroke, solide et exacte dans le chant magnifique et les rythmiques savantes. On y entend des références musicales de la scène californienne des années 60 remodelées à la manière moderne et très contemporaine. A Shadow in the Dark, contrairement au titre, propose un son de la côte ouest sunshine pop sautillant, qui arrive telle une vague salée et chaude. L'album est digne d'un perroquet multicolore qui surgit la chaine stéréo. Aérien et ensoleillé, Dancing at the Blue Lagoon groove et sent le ciel bleu, le sable chaud, orné d'une orchestration chamber pop joyeuse et enthousiaste.
Cayucas est un groupe que j'adore depuis 2011 et qui après le formidable coup de maitre de 2013 Bigfoot, continue de briller avec Dancing at the Blue Lagoon qui se termine dans le charme et la douceur acoustique de Blue Lagoon. Ce dernier efficace et vaillant album montre que le succès commercial du single Cayucos n'a pas affecté leur inspiration, ni leur constance. Hautement conseillé par Piggledy Pop, été comme hiver, sans restriction médicale. Cayucas



vendredi 25 septembre 2015

Malish Kamu

J'écrivais en février 2014 : "Couple à la vie comme à la scène, les deux tourtereaux russes Evgeny Nedilko et Ekaterina Khandiy viennent du même berceau qu'Anton Chekhov, la ville Taganrog au sud ouest de la Russie sur les rives de la mer d'Azov et ils y cultivent leur goût pour les livres qui resplendit dans leurs morceaux évoquant la littérature enfantine scandinave, ou encore leur nom Malish Kamu signifiant Enfants de Camus"
... "Evgeniy, ingénieur et Ekatarina étudiante en littérature se trouvent un terreau pop en commun, jouent de la guitare, du ukulele, composent et chantent tous les deux. Ce qui est admirable dans leur écriture est l'utilisation du russe qui même s'il ne rend pas les textes facilement abordables, est une prouesse dans le milieu indie-twee-pop, courageuse, assumée et réussie. Le russe, splendide est rythmé et lyrique, se marie à la perfection avec l'univers élégant et délicat du couple Малыш Камю (Malish Kamu) qui souhaite volontairement faire découvrir leur langue natale en partitions. Ils offrent un style proche des Trembling Blue Stars, Azure Blue, Rue Royale, ou encore d'Amor de Dias en explorant des thèmes amoureux et romantiques".

"Evgeny Nedilko et Ekaterina Khandiy forment une combinaison musicale pétillante et séduisante ornée de ukuleles friffés de la marque Luna sobres et confortables dont ils parlent ainsi "It feels to us that Luna Guitars make their instruments with 'big' love". Il y aussi de la basse, des guitares electriques, de synthétiseurs et de batterie qu'ils jouent eux-mêmes. Leurs influences musicales sont aussi riches et fleuries comme par exemple The Cure dont ils reprennent Lovesong, ou Atmosphere des Joy Division et Maps des Yeah Yeah Yeahs, références qui s'entendent sur ce magnifique EP nommé Похожий на осень (Just Like Autumn)".
La suite est là : MalishkamuPiggledyPop2014
Les deux artistes qui offrent des ambiances slaves, des harmonies duveteuses et brulantes typées de l'Est, signent l'EP Акварелью en décembre 2014 qui fait passer une vague de chaleur dans les oreilles comme si un schtreimel les recouvrait. Pour peaufiner ce sublime EP, notre amie Ray Kimura qui dorlote les pochettes des groupes 'indé', excellente dessinatrice et peintre japonaise, a concocté une jolie aquarelle pour l'artwork de l'EP.

Septembre 2015, Evgeniy et Ekatarina signent un nouvel EP que je trouve fondant, d'une qualité formidable, où s'entendent derechef le talent de mélodistes des inséparables. Добрым и нужным est constellé de notes de guitares magiques que joue Evgeniy et du chant cristallin d'Ekatarina qui se lient avec une élégance émouvante. Les quatre morceaux sont si lumineux de dream-pop qu'ils donnent une idée des nuits blanches de Saint-Petersbourg, de la solidité et de l'immensité merveilleuse de la Russie. Je suis fan de Malish Kamu qui compose et écrit en langue russe, sans sourciller face à l'anglais dominant dans la pop indépendante. Les instrumentations sont aériennes, modernes, et même si la traduction exacte des textes peut m'échapper, j'y entends une grande musicalité qui me touche et me taquine l'épiderme. Enveloppant, l'EP est d'une fort belle inspiration. Les 'enfants de Camus' continuent de sculpter des textes sur l'existentialisme, la poésie des paysages, l'innocence et la naiveté de l'enfance, avant le passage du temps qui enlise petit à petit les particules de pureté. Piggledy Pop est fidèle à la poésie musicale de Malish Kamu, pleine de mystère, de symbolique, où la temporalité et le souvenir s'embrassent en 4 titres pop somptueux. A écouter absolument!
MalishKamu

samedi 19 septembre 2015

The Sea Urchins / Delta

Deux frères vivant à Birmingham en 1986, James et Patrick Roberts, encore au lycée, montent le groupe The Sea Urchins. Les amateurs d'indie-pop les connaissent bien car ils seront la première signature du mythique label Sarah Records en 1987.
Avec James Roberts au chant et à la guitare, Patrick Roberts à la batterie, il y a à la guitare Simon Woodcock, Bridget Duffy à l'orgue et tambourin, Mark Bevin à la basse et Robert Cooksey à la guitare. Ces fans des Byrds et des Beatles signent deux premiers 45T en 1986 qui seront pressés sur flexi disc, le single Cling Film sur flexi distribué dans le fanzine Kvatch, magazine rédigé par Clare Wadd, le second morceau Summershine sur un 45T partagé avec The Orchids, distribué par Sha La La Flexis, groupe de fanzines où travaille Matt Haynes. Un an plus tard, les deux personnages Clare Wadd & Matt Haynes créent à l'unisson leur label Sarah Records. Première pierre à l'édifice: le titre Pristine Christine de The Sea Urchins.

La bande va enregistré des singles et maxi pendant cinq ans et après le dernier single Please Don't Cry de 1990, le groupe se sépare. Sarah nous concocte en 1992 une compilation d'inédits des Sea Urchins avec des reprises des Byrds et de Donovan, de sessions studio, un disque au joli nom de Stardust, agrémenté d'un livret écrit par Dan Treacy des Television Personalities.
Suite au split de 1992, les frères Roberts reviennent en selle en 1993 avec le nouveau projet Delta. Cette fois ci, Robert est à la guitare et au chant comme James. Ils accueillent le nouveau guitariste Robert Cooksey, Fiz à la basse, Bird à la batterie et le claviériste Louis J Clark, fils de Louis Clark, célèbre arrangeur du Electric Light Orchestra et chef d'orchestre pour nombre de performances du Royal Philharmonic Orchestra. Delta signe des titres hautement sublimes, qui me semblent même essentiels dans une discographie. Quand sort Slippin' Out, un coup de maitre, un album grandiose, Delta reçoit le soutien de The Divine Comedy et de Grandaddy. Delta signera quatre albums Laughing Mostly en 1999, Slippin' Out, en 2000, qui voit arriver la manager Nicky Weller qui demande à encadrer le groupe (soeur de Paul Weller), Hardlight en 2002 et Singularity en 2004 (sur Elephant Stone Records).

Déjà, les frères se disputent, la consommation de mauvais produits vient semer la zizanie chez les musiciens au talent hors normes. Un des derniers concerts se passe à Cardiff avec les Ben & Jason en 2002 avant que James Roberts parte après Singularity en cavalier seul pour signer l'album Everything You Know Is Right en 2006. Depuis les titres de Delta et des Sea Urchins continuent leur route, repris par des groupes actuels comme The Editors qui glissent Funny Looking Angels sur leur album de 2011, les Tyde qui chantent Sullen Eyes et Birdie qui revisite en 2012 Please Rain Fall.
The Sea Urchins et Delta font partie du top groupes de Piggledy Pop. Les chansons des frères Roberts sont à mes oreilles aussi intemporelles et belles que celles de Paul Mc Cartney. Et si je dois reconnaitre qu'il y a un brin de nostalgie dans ce billet, je suis d'accord avec James Roberts qui répond dans une interview de 2015 " It was fun and exciting though, being a young guy in a band with your mates is great and little stuff like your first record, review or radio play was exciting and not something I’ll forget in a hurry. I’m sure there is some dewy eyed nostalgia about it all but that’s OK, there’s nothing wrong with a little bit of that sometimes."
Je conseille le splendide Slippin' Out, qui à mon avis est un des meilleurs albums de la scène indie du siècle dernier à se procurer.
Delta
ElephantStoneRecords




mercredi 16 septembre 2015

The Channel

Cela ne rajeunit guère de se remémorer Tones Are Falling des texans The Channel, signé chez le label américain Elephant 6 aux côtés des Minders. Cet album de 2003 m'accompagne depuis donc 12 ans. J'avais eu un réel coup de coeur pour ce premier album de The Channel, mais je connais les musiciens texans depuis l'album Walking in the Sunlight de The Arthurs en 2002 (premier projet de Brent Pennington qui rend hommage aux Kinks). La bande est une famille, liée et mariée à la musique pop psychédélique. The Channel, ce sont les Pennington, tous doués, multi-instrumentistes inspirés, avec des talents singuliers parmi les frères, soeurs, époux, cousins, amis de C-Side Records, il y a Colby Pennington, Jamie Reaves et Brent Pennington qui composent, Kimberly Pennington, Rebecca Pennington, Thom Marshall, Andy McAllister, Heather McAllister, Sarah Daniel, Chris Gregory et Matt Gardiner. Les Pennington c'est aussi le groupe Golden Bear, le projet de Chris Gregory au chant et guitare, accompagné par Brent Pennington au chant et guitare, Matt Gardiner aux claviers, Andy McAllister à la batterie, Andrew Gregory à la basse. Golden Bear signera 3 albums dont le premier compte la participation de Voxtrot.
Minders+Elephant6
Voxtrot

The Channel aiment les Beach Boys, Will Oldham, les Kinks, Beatles et ces références nourrissent joliment leurs compositions pop orchestrale ensoleillées de psychédélisme. En 2004, le groupe signe Personalized, puis Sibylline Machine. Les deux frères Brent et Colby dessinent leur chemin en solo depuis, n'arrêtant pas d'écrire, d'enregistrer en studio et de jouer sur scène. Brent signe des albums sous l'alias The derserter et Colby signe deux albums avec l'alias Driftin' Luke and His Personalities. La presse les compare aux Unicorns, Kinks, Of Montreal, quand parait leur double album de 2006, Tales from the Two Hill Heart / Sibyllin.
Le 7 juillet 2015, The Channel reviennent avec Multi Goods & Services, 16 chansons grandioses signées Colby et Kim Pennington, Brent et Marci Pennington, Andy et Heather McAllister, toujours aussi fringantes, énergiques et brûlantes d'harmonies, de mélodies alternatives psyché.

Dès les premières notes de Trumpet Trick in Tempo, on plonge avec un régal infini dans l'univers Channelesque, sunshine, lyrique et joyeux avec Days Ind jonché de guitares, banjo, basse, de voix magiques mêlées au clap-hands. Count the Cost, ses cordes de guitares vitaminées, son piano guilleret et la batterie du prince du rythme, Andy, donne envie de se trémousser. Son schéma alternatif est savoureux, ses orgues diablement bienvenus. Heather arrive avec sa voix d'ange sur les accords des garçons, les choeurs sixties chavirants, les violons folk sur le boogie de Strollin'. Quand le rock continue sur She Sea Monster, aux allures de Neutral Milk Hotel, les tonalités alt-country sixties parfument Scarlet, avec ses harmonies boogie qui rendent hommage à Bruce Channel, auteur en 1961 de Hey Baby! La mélodie de When by the Light colorée par un glockenspiel, de cuivres, d'une rythmique assurée par basse et batterie, de la guitare savoureuse, sert un titre très solide. Two Hill Heart continue la promenade pop délicate, grâce au piano et au chant majestueux. Les guitares reviennent féroces et aiguisées pour faire danser sur Reason for the Feeling au psychédélisme brillant. Le tempo poppeux fifties magnifique de Helmet Song fait dodeliner du chef quand les synthétiseurs de What's in a Name?? déroulent des voix puissantes, une batterie splendide, des guitares et trompette efficaces pour galoper autour de la platine cd et finir à l'écoute du rockeux Slocum Springs par jouer carrément à saute-mouton. L'âme des Beach Boys, auréolée de banjo, de violon et de mandoline, plane avec délectation sur le fabuleux Everything's Disappeared, arrangé avec une absolue finesse comme toujours avec The Channel. Le langoureux et galopant She's an angel s'échappe des harmonies sixties pour offrir un moment presque mods, rock, aux reverbs élancées et sexy. The deserted, en guise de break, propose un moment nostalgique et touchant avec son violon slave avant le dernier somptueux titre Anywhere We Go, mélancolique, au profil country poétique.
The Channel nous font un véritable honneur en proposant ce subtile et très séduisant Multi Goods & Services, à la pop colorée, flamboyante, à l'instrumentation chatoyante et parfaite, le tout emballé par la famille de géniaux mélodistes Pennington. A écouter absolument !
TheChannel




dimanche 13 septembre 2015

Nicolas Jules

Il y a des artistes comme Nicolas Jules qui sont classés dans la 'chanson française' mais ce n'est pas dans cette case que j'ai envie de le coller parce qu'il y a chez lui une âme soul, groovy, rock, jazz, et pop. Ses textes tirés à quatre épingles et plein d'humour, d'esprit, mêlent la poésie à l'humour. Son interprétation charismatique rend ses mots musicaux et touchants. Nicolas Jules est un artiste fissuré d'une folie extrêmement talentueuse. Vif, drôle, excellent musicien, son univers est coloré d'un existentialisme au charme d'antan, tel un troubadour qui saupoudre ses concerts d'excentricité pour dissimuler une grande sensibilité, celle des grands artistes.
Ses références sont Brassens, Barbara ou Tom Waits quand il s'achète sa première guitare à 18 ans. Aimant le théâtre, le dessin, l'électron libre arrête les études pour se consacrer à la scène et il signe un premier disque en 1998, De l'oreillette au ventricule, enchainant sur la scène des Francofolies, Printemps de Bourges où il gagne un prix avant un second album en 2000, Doigts dans les doigts.

En 2002, Tête à cloaque sort et Nicolas Jules part sur les routes de France, Suisse et Belgique, partageant l'affiche avec Miossec, Higelin, Paris Combo etc. Il est parfois accompagné de musiciens mais très souvent courageusement en solo et le costume du one-man show lui va bien. Le quatrième album Le cœur sur la table est signé en 2004, et le "Jonathan Richman français" gagne en renommée, reçoit nombre de récompenses, et joue jusqu'au Canada assurant des centaines de concerts. Suivent en 2005 L'Atelier - Live in New-Orleans, en 2008 Powête et en 2010, Shaker. Son récent album de 2013 au doux nom de La nuit était douce comme la queue rousse du diable au sortir du bain est encore un objet très beau, plein de mélodies, de métaphores sublimes et d'esprit qui nous emmène sur les sentiers hilarants et croustillants que j'admire aussi chez Brautigan, Brassens, ou Gainsbourg des débuts. Il y a des animaux comme sur la délicieuse Temps de chien, ou sur Canard puis Baleine Rouge, des oiseaux sur Kilomètres et sur Sais tu faire le poète sans les mains, des lézards sur Klaxon, des climats sur Lulu qui fait un clin d'oeil à Cure en terminant la chanson par 'Boys don't cry', ou encore Le p'tit soleil. Il y a aussi des couleurs avec Papier Bleu, le corps sous toutes ses coutures, le ciel, l'univers avec sa nébuleuse, ses comètes, ses étoiles pour décrire l'amour et les baisers distribués. Nicolas Jules est un poète romantique, excellent guitariste au chant subtil et élégant qui joue avec les mots et les ambiances. Je conseille la découverte du personnage, ses disques et ses lives d'une théâtralité exquise.
NicolasJules




dimanche 6 septembre 2015

2:Frail

J'ai reçu la semaine dernière ce très joli EP, rempli de musicalité et de charme. Les quatre titres du disque que signent 2:Frail, nommé Vagues noires, accrochent et ne quittent plus la mémoire, titillée. Les amateurs de la scène indépendante de Manchester de 1970 à 2000 aimeront l'univers inspiré de la cold-wave et du shoegaze dans lesquels nous plongent les 2:Frail. Originaires de Brooklyn, le groupe qui compte Jean-Michel à la guitare, basse, programmation et au chant, Ivan à la batterie et Kevin à la basse, nous offre des morceaux absorbants, envoûtants, arrangés avec beaucoup de goût et de charisme. On y retrouve des références royales comme Joy Division et Cure, qu'ils honorent sans avoir à rougir, avec talent et une once de psychédélisme.

L'EP est un délice qui commence avec un Dawn combattant et élégant aux guitares luxuriantes. Le chant de Jean-Michel qui écrit les paroles est très beau, riche et mélodieux, accompagnant à merveille les guitares rutilantes qui roulent, font des boucles et des embardées dans la darkwave et le postpunk. Le chevalier de la nuit garde sa cape de splendeur sur Double Shadow, où la batterie, guitares et basse se lient pour cinq minutes qu'on souhaiterait avec gourmandise encore plus allongées. A ce stade, quand commence Your Life Backwards, l'attention est déjà grignotée. La coldwave de ce morceau tout aussi solide et efficace pour activer les frissons transporte dans un état de contemplation. L'effet donné aux guitares et au chant, alternatif, chavirant, enveloppe instantanément. La batterie magnifique sur The Guilt habille le titre de perfection, à l'image de tout l'EP dont j'ai, dès la première écoute, été surprise et séduite. Vagues Noires saisit dès les premières notes et reste en tête pour la dorloter d'une atmosphère stylée, la faire tourner grâce aux excellentes mélodies, au timbre de voix impressionnant et aux instruments maniés avec grand talent. Jean-Michel écrit et compose comme un poète et musicien du sud de la France qui a traversé l'Atllantique avec ses influences pop-punk-rock européennes pour un résultat au nom de 2:Frail qui brille de qualités.
2Frail