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mercredi 28 octobre 2015

North Atlantic Explorers / All The Ships At Sea

Glenn D’Cruze de Vancouver est un artiste multiple, auteur-compositeur et multi-instrumentiste qui commence par faire ses armes en accompagnant d'autres groupes à la batterie. Cette première expérience l'a emmené sur les routes où les tournées, festivals, américains et européens étaient partagés avec notamment Neil Young, The Velvet Underground, Lemonheads, Sonic Youth etc. Puis quittant un temps la batterie, il s'est mis à écrire des chansons à la guitare et l'idée du travail en solo à germé. Perfectionniste, il décide de se lancer dans la création en ayant en tête un objet élaboré et réfléchi. North Atlantic Explorers, le nom qu'il choisit comme alias ne tient pas du hasard. Il est passionné de cartes géographiques, subjugué par l'Atlantique, l'Arctique, la magie de sa froideur et de ses brumes où son père a fait toute sa carrière en mer au sein de la British Merchant Navy. A ses côtés, il y a son ami co-producteur Jonathan Anderson qui peaufine le travail de composition signé à 100% par Glenn D'Cruze part pour l'aventure en 2005 avec l'opus de 15 titres Skylines. Sur ce fabuleux premier disque, outre ses compositions orchestrales pop incroyables et majestueuses, Glenn s'offre deux reprises, Tonight you belong to me jouée par Steve Martin au ukulélé dans le film The Jerk et I Will Not Leave You Alone de Lloyd Cole. Skylines arrangé de cuivres, ensemble de cordes, glockenspiel, banjo, guitares, basse, piano et orgue est à écouter absolument.



En Octobre 2014, North Atlantic Explorers signe un album concept magistral, surement la meilleure production et inspiration de l'année nommé My Father Was A Sailor. Comme son nom l'indique, le disque rend hommage au père de Glenn, William D'Cruze qui est tragiquement décédé quand l'album était en cours de création. L'album a donc connu un déroulement non prévu, modifié en son coeur, il présente des chansons écrites avant et celles tristement conçues après ce départ qui évoquent la mer, la vie de son père et sa "seconde vie" de manière poétique. Evidemment, les chansons sont poignantes et fort touchantes. Sur le plan de la composition, My Father Was A Sailor est un petit chef d'oeuvre pop orchestré avec des instruments à vent, à cordes, toujours co-produit avec Jonathan Anderson, enregistré avec une chorale de 14 personnes, et Glenn lui-même y assure les guitares, batterie, piano et basse. C'est à l'écoute de Yo La Tengo que le capitaine Glenn est pris de l'envie d'écrire sa propre musique et ce fan de Wilco, Hayden, Sufjan Stevens, Lloyd Cole, Teenage Fanclub, Josh Rouse, Burt Bacharach, Mark Kozelek, Amor de Días, Belle & Sebastian ne peut que kidnapper mes oreilles. Les mélodies royales de My Father Was A Sailor sont agrémentées de textes lus par son ami écossais Stuart David du groupe Belle & Sebastian et de la reprise magnifique South signée des Pipas (Mark Powell & Lupe Núñez-Fernández).
Pour la suite... voir mon billet de janvier 2015 là : NorthAtlanticExplorersPiggledyPop



De retour depuis hier, le 27 octobre 2015, North Atlantic Explorers nous offre un album à l'esthétique musicale toujours aussi remarquable. Dès que je reçois les odes à l'océan de son auteur-compositeur Glenn D’Cruze, me reviennent en mémoire les sentiments d'Emma Bovary face à la mer, les mots iodés de Victor Hugo, d'Hemingway, Daphné Du Maurier, Balzac, Michelet, Melville... A l'écoute de All The Ships At Sea qui suit l'album de 2014, My Father Was A Sailor, on lève l'ancre, on prend la mer, on prend un bain de souvenirs. Toutes ces superbes mélodies immergeant les oreilles, font 'touché-coulé', parce qu'on prend aussi les notes merveilles des instruments à vent, à cordes en plein visage comme une caresse d'air iodé plein d'embruns et de plénitude. Tel un grand navigateur, Glenn signe 13 instrumentaux magnifiquement orchestrés et arrangés. L'album All The Ships At Sea nous envoie des cartes postales de 1.50 à 3 minutes, nacrées, racontant le voyage sur les mers qui fait suite aux aventures courageuses, héroiques, narrées dans My Father Was A Sailor. Les deux albums se suivent, se complètent.
Son père basé à Glasgow pour la british Navy dans les Merchant Marines, a voyagé sur les mers de l'Arctique depuis divers navires. Juste après sa disparition en 2014, Glenn a ressenti le besoin de voguer dans le sillage de son père, en embarquant à Glasgow sur un cargo au large des côtes anglaises en direction de l'Islande. C'est en pleine mer que la belle inspiration de All The Ships At Sea vient ; le nom de l'album va de pair avec les 12 mélopées portant chacune le nom d'un navire où son père est monté entre 1952 et 1958, dans l'ordre exact de sa carrière d'ingénieur à bord. L'aventure commence avec le majestueux Martaban, titre correspondant aux expéditions sur le SS Martaban en 1952.



Tous les éléments, piano, clarinette, contrebasse, cymbales nous mettent dans le bain. On part sur les flots à l'écoute de Renfrew, élégant, au piano nostalgique qui ouvre la voie au numérique pour une envolée marine moderne. Les notes défilent comme une bande son d'un film, offrant une ambiance maritime réussie. Yarborough suit avec ses vagues electro-pop quand Dunmore nous 'prend' dans ses filets d'harmonies virevoltantes. Après l'embarcation sur le Baron Renfrew, le Baron Yarborough et le Baron Dunmore, on hisse le pavillon du Cape Nelson où les synthétiseurs progressent, merveilleux. L'harmonium de Saint-Aidan nous transporte en Irlande, en Ecosse, où Mark Haney à la basse, Lance Odegard au trombone, et JP Carter à la trompette fouettent la mélodie romantique comme ferait dans le feu d'une tempête la grande voile du navire (l'autre nom de la "grande voile" d'ailleurs est "l'écoute"). Puis Agathe et Sapphire arrivent délicieuses où le piano de Glenn voltige de grâce comme les lois de la solide mécanique navale que seuls les éléments extérieurs régissent, dirigé par la puissance céleste. Sheldrake nous accueille à bord et Sam Davidson, brillant à la clarinette, nous cueille. Les ondes mélodieuses du saxophone de Jerry Cook continuent avec le tumultueux et dansant Lapwing sur la guitare décoiffante de Jonathan Anderson. Ptarmigan aux piano-guitare intenses fourmille de notes qui voyagent sur l'eau et dans les airs pour poursuivre le long cours avec Petrel nom du dernier navire de William en 1958, aux sonorités fluides, magiques. Bien sûr Sailing By conclue le somptueux All The Ships At Sea avec talent. Ce titre est la musique d'émission de la BBC en 1963, à l'origine interprété par Alan Perry et le William Gardner Orchestra. Glenn a dans le sang le caractère marin de son père et a lui aussi goûté à la mer amie, souriante, mystique à l'harmonie immense qui inspire sa créativité. Instrumental intense, fruit d'un artiste rêveur méticuleux et navigateur expérimenté, All The Ships at Sea est d'une musicalité inouïe qui permet de larguer les amarres avec The North Atlantic Explorers pendant 30 minutes. Une plongée musicale bleue chaleureusement conseillée!
NorthAtlanticExplorers


samedi 24 octobre 2015

TeenCanteen

Après le terrible Ecosse-Australie qui aurait dû mener l'Ecosse en demie-finale de la coupe du monde de Rugby demain, la fédération internationale reconnait l'erreur d'arbitrage de la toute dernière minute qui fait perdre le match aux écossais qui menaient et demande pardon.
Pardon !!!???

Pour me consoler je me plonge dans l'écoute de groupes pop de la magnifique Ecosse. La liste est longue... les artistes écossais doués, tenaces, inspirés (comme nos rugbymen au chardon). Il y a The Vaselines, Belle and Sebastian, Franz Ferdinand, Aidan Moffat (Arab Strap), Mogwai, The Delgados, Travis, Cocteau Twins, The Jesus And Mary Chain, Primal Scream, Boards of Canada, Texas, Eurythmics, Simple Minds, Wet Wet Wet (souvenir...), Emma Pollock, Idlewild, King Creosote, Teenage Fanclub, BMX Bandits, Camera Obscura, David Byrne, Del Amitri, Isobel Campbell, Calvin Harris, The Incredible String Band, The Orchids, The Pastels, The poems, Alasdair Roberts, Trash Can Sinatras...La liste serait incomplète sans Stevie Jackson, Ed Muirhead, Lonely tourist, Stuart Kidd & Chris Rea (Wellgreen), et l'ami Roy Moller qui m'a récemment parlé des TeenCanteen.



C'est un jeune 'girls band', plein de promesses, distribuant du dynamisme, du talent et de l'humour qui fait ses preuves depuis le premier single Honey de 2013. Les TeenCanteen ont joué sur des scènes locales, accompagnant des artistes expérimentés comme Eugene Kelly des Vaselines, Stevie Jackson des Belle and Sebastian, Duglas T.Stewart des BMX Bandits et Roy Moller des Store Keys qui aident les jeunes groupes à se faire connaître. Cet esprit de partage se retrouve en Ecosse, bien plus qu'ailleurs. En mai 2014, le quatuor de filles rayonnantes signe le second single You're Still Mine. Explosant de fraicheur, de jeunesse, les textes évoquent les sentiments, la musique et les liens qui unissent les quatre copines. Enregistré à Glasgow, You're Still Mine accompagné du titre Vagabond est bondissant. La batterie, le piano, les guitares, claviers, sont arrangés avec finesse déroulant une mélodie souriante pleine de choeurs et de clap- hands. Carla Easton écrit et compose, chante et joue du clavier, Sita Pieraccini et Chloe Philip assurent respectivement à la basse et à la guitare en chantant comme la batteuse, Debbie Smith, véritable bombe avec ses baguettes. La voix de Carla est cristalline, les choeurs fort réussis, et l'orchestration efficace, pleine d'énergie. La jolie audace des TeenCanteen, leur volonté et vitalité musicales se retrouvent dans le dernier titre Sisters paru et enregistré à Edimbourg en juin 2015. Les TeenCanteen forment une nouvelle vague écossaise, dont l'album à venir va évidemment faire surfer leur renommée. Piggledy Pop suivra leur travail ...comme les futurs matchs de l'Ecosse. Rendez-vous à la prochaine Coupe du monde au Japon en 2019.
TeenCanteen


mercredi 21 octobre 2015

Midnight Bloom

Il y a des groupes comme Midnight Bloom qui dès la première écoute, attirent l'attention, procurent du plaisir, font opérer la magie, le mystère de la musique et swinguer les endorphines. Le duo de français établi entre Montpellier, Grenoble et Paris fonctionne à merveille. Félix et Harisoa transportent leur univers musical dans leurs bagages. Leur performance sur sillons est grandiose, celle sur scène est époustouflante. Tels de véritables artisans orfèvres, les deux troubadours indie-pop offrent une prestation physique en live assurant quatre instruments. Les compositions sont tout autant solides sur leur premier EP paru en mars 2015 au joli nom de Side by Side.

Harisoa assure comme une reine au chant tout en jouant de la basse avec sa voix dont l'énergie et la puissance se nouent dans un groove et une justesse éloquents. Félix, enthousiasme et envoûte illico par son charisme, en maitrisant un jeu exact et efficace à la guitare et aux percussions. Cela parait simple écrit noir sur blanc mais du haut de leurs vingtaines d'années, leurs chansons incroyablement bien ficelées à l'écriture, sont fruit d'inspiration, de talent et de travail. Je m'imagine un instant chantant 'frère Jacques' dans un karaoke..je devine déjà le bar se vider fissa prétextant avoir un métro ou un train à prendre, même un jour de grève des transports publics (là, sur ce dernier point, vous n'avez pas besoin d'imaginer trop fort). Et imaginez qu'en plus de chanter, je tente de m'accompagner à la guitare...Bon là, je pense que les organisateurs du Cop21 seraient tentés d'annuler la petite sauterie ayant l'intention d'envoyer un missile nucléaire sur le bar.



J'admire ce que réussissent en binôme les Midnight Bloom, techniquement et artistiquement. En plus d'attiser l'admiration, les musiciens partagent aussi leur passion de la musique qui transparait dans leurs mélopées, comme sur les premières notes de These Walls I Strike My Head Against au tempo virevoltant, présent dans les instruments et le chant vitaminé. Midnight Bloom fait danser les notes, chalouper les guitares sur des textes élégants et dans un anglais parfait, ce pourquoi je leur tire mon chapeau car les groupes français charcutent souvent l'anglais avec un accent à vouloir réinventer les oubliettes. Harisoa et Félix écrivent superbement dans la langue de Shakespeare et sont irréprochables quant aux sonorités musicales qu'il y apportent. I'll be late for dinner propose une balade romantique, aux allures pop folk sur un duo de voix somptueuses, aux effets velour délectables et une guitare qui cabriole, excellente. Les deux compères apportent un soin particulier aux arrangements, aux atmosphères, comme sur la ritournelle Turning, aérienne, aux tambourins chaleureux et à la basse rusée. L'intimité délicieuse et suave de Dance in the Lights est concoctée avec un boogie détonant, un groove malicieux et entêtant. La guitare et basse de Under my skin planent sur le chant mélodique de grande classe pour prendre leur envol et devenir rock, dansantes. On your tracks qui boucle le superbe Side by Side est très cohérent et subtil comme dernier morceau. Les instruments et la voix d'Harisoa sont comme habités, balançant un sacré morceaux à l'âme folk, pop, blues qui laisse deviner que Midnight Bloom peut s'aventurer facilement dans le jazz, le funk, la bossa et le rock. A suivre avec un deuxième EP en 2016 !
MidnightBloom

Concert : Midnight Bloom sont à découvrir au Trac le 20 novembre et au Chat Noir le 28 novembre avec l'excellent quatuor parisien, Nevski, qui remue la french pop avec une classe folle! Une double affiche tropicale garantie en ce début d'hiver.
Nevski + Midnight Bloom : Le Trac, 72 avenue de France, Paris 13ème
Midnight Bloom + Nevski : Le Chat Noir, 76 rue Jean-Pierre-Timbaud Paris 11ème




lundi 19 octobre 2015

Bitmap

'Bitmap' dans le domaine informatique, fait référence à la matrice de points qui constitue une image. Magnetic Fields, matrice de mélodies, de notes magiques et de rythmes fougueux est le nouvel album de Luke Barwell alias Bitmap. A sa première écoute, j'ai pris, comme on dit dans les journaux de rock du siècle dernier, une 'baffe'. Je suis une admiratrice du travail de sieur Barwell depuis des années, Musicality de Salako (son premier groupe) étant classé dans les disques favoris de ma discographie depuis 1999. J'aime les compositions de Luke Barwell parce qu'elles sont surprenantes, inspirées, toujours en avance sur l'époque et très mélodieuses. Le musicien a bien sûr des références, qu'il remodèle, malaxe avec son propre style, singulier et reconnaissable depuis 20 ans. Pour couronner son talent d'auteur-compositeur interprète, il est généreux, actif, fertile en partageant son savoir en tant qu'arrangeur et producteur d'autres artistes. Après Salako, l'artiste anglais signe sous le nom Black Dots et Bitmap.
Pour en savoir plus, vous pouvez vous télétransporter là : SalakoPiggledyPop
ou encore là : LukeBarwellPiggledyPop



Luke est avant-gardiste. Il mêle le breakdance, la pop sixties, le psychédélisme, la 'gentle electric', le hip-hop, la sunshine pop au son du 'computer', mot et idée qui reviennent en leitmotiv dans ses créations depuis 2002. Sans taper dans le style dithyrambique, je le glisse au même niveau d'ingéniosité et d'excellence dans la composition et la pratique musicale que Damon Albarn (Blur. Gorillaz. The Good, the Bad and the Queen) saupoudré du génie psychédélique de Syd Barret.
La fan que je suis depuis 15 ans est donc aux anges, privilégiée (certes pas rajeunie) quand je reçois le somptueux Magnetic Fields de Bitmap avant sa sortie officielle (pour bientôt!). Derechef, je suis séduite. Magnetic Fields est  un chef d'oeuvre pop, un coup de maitre joué en avance sur les autres, comprenant du dynamisme, de l'inspiration, de l'esprit contemporain et une musicalité en or. Car avec le son électronique qui personnalise Bitmap, on retrouve systématiquement en arrière plan des instruments, le son de la guitare, de la basse, du piano de Luke. Le bois vient systématiquement se marier au plastique. Ce parallèle intemporel se retrouve de manière fine et élégante également dans les textes que Luke écrit toujours avec brio.



Ce schéma est aussitôt traité dans le premier titre A long Time ago, qui commence par des notes synthétiques et se poursuit sur une pluie de guitares exaltantes et une rythmique mirifique. La voix, parfaite, en solo et en choeurs, nous emmène d'emblée sur les sentiers pop psyché qu'on poursuit en dansant sur Back To The Start, en se trémoussant sur ce groove dans les guitares électriques et dans l'harmonica endiablé façon Psychotic Reaction de Count Five. Saisissant, l'introduction lyrique de Captian, Won't You Help Me?, son accordéon et ses cordes majestueuses nous hissent dans des hauteurs pop psychédéliques hors d'un navire qui sombre, nous emmènent en voyage à dos de cygne sauvage survoler des océans mystérieux. Une cavalcade de cymbales fait groover l'atmosphère et propager de la soul, quand arrive le bijou Diamonds In The Fields qui électrise l'épiderme. Guitares, claviers, chant subtil et noble de Luke Barwell, ajoutés aux distorsions de l'harmonica offrent un instant de magie vaporeuse. Les effets 'cinquième dimension' continuent, galopants sur le fabuleux Hypnotize. La voix de cyborg sautille sur un moog disco qui ne calme pas l'envie de remuer et de décroiser tous les ligaments. Cette énergie se poursuit sur I Made a Big Mistake, au tempo bouillant qui accompagne des riffs de guitares gaillardes, des flûtes solides, une mélodie entêtante fort bien menée. I Threw My Life into the Sea, aux tambourins magnifiques, à la structure beatlesienne, enfièvre l'écoute. Les synthétiseurs se dévergondent avec une âme sixties dans les choeurs et la forme alternative.
Les harmonies incroyables montrent l'expérience et la maîtrise de Bitmap dans le genre psych-electro qui plaira aux amateurs de Jim Noir. Les textes tirés à quatre épingles, ornés de métaphores, sont romantiques, mutins, pleins de sens et de finesse comme sur I Will Show You The Door, magnétique et scotchant. L'oreille reste aimantée par la modernité de Let Me Spell It Out, puissant de guitares, de notes synthétiques, de tempo groovy, qui se mélangent et montent en puissance electro-rock. Memory Hole, orchestrée avec des cuivres, est un diamant psychédélique qui transporte dans une ère cosmique quand Misery Pot, aux clap-hands vigoureux et aux claviers stellaires, fait état d'un amour asséché et toujours de la mémoire à chérir, à conserver précieusement. This Stinking World entraine dans une spirale positive et optimiste quant aux sentiments amoureux, sous des rythmes chaloupés, une batterie offensive et des guitares qui partent à l'assaut. Wanna Make Time est solaire, farandole funky remplie de voix en montagnes russes qui précédent le joyeux son de clavecin et les choeurs turbulents ajustés aux cordes de You Cannot Steal My Heart qui conclut l'écoute majestueusement. Magnetic Fields est un album soigné de compositions et d'écriture où Bitmap offre des arrangements et des instrumentations malicieux et accrocheurs, à se procurer absolument dès sa sortie.
Bitmap


vendredi 16 octobre 2015

Bic Runga

Les amateurs de rugby français dont je fais partie se disent, avant la rencontre France-Nouvelle Zélande prévue demain : "Avec leur haka de kermesse chez les hobbits, on va manger les all-blacks comme des kiwis, à la ptite cuillère...même pas peur!" Le rêve est permis!

Dans la réalité, hormis l'excellence des blacks au rugby, ce magnifique pays qui va si bien à Tolkien, nous offre depuis des décennies une brochette de musiciens sacrément garnie : Lawrence Arabia, Jonathan Bree, The Ruby Suns, The Brunettes, The Eversons, Princess Chelsea et ...Bic Runga. Auteur-compositrice interprète, la jolie Bic est une figure de l'histoire musicale du pays. Née en 1976, d'une mère chino-malaisienne, chanteuse, et d'un père maori, Bic chante avec ses deux soeurs dès 4 ans, entourée d'instruments à la maison, elle apprend à jouer de la batterie à 11 ans, puis du piano et de la guitare à 14 ans. L'artiste multi-instrumentiste rend visite à Sony Music avec ses démos sous le bras en 1995 et signe l'opus Drive en 1997. Se hissant dans le top 10 des charts du pays, l'album contient une foule de singles qui apparaitront dans des films comme American Pie et Cruel Intentions, dont Sway et Good Morning, Baby 'en duo avec Semisonic). Ces succès qui l'ont aidé à mettre un pied à l'étrier mais je préfère l'album suivant de 2002, Beautiful Collision qui grimpe numéro 1 dans les charts néo-zélandais. Puis, en 2005, Birds parait, auto-produit par Bic qui travaille main dans la main pour certains titres avec Neil Finn de Crowded House pour les arrangements et pour les choeurs, avec l'artiste néo- zélandaise Anika Moa. L'album, somptueux, plait à la réalisatrice Roseanne Liang qui utilise en 2011 pour la BO de son film My Wedding and Other Secrets, trois chansons de Bic Runga.

Cette même année, sort le quatrième album Belle.


Belle est  mon favori, tout en aimant beaucoup les deux précédents. Son nom 'Belle' fait référence au feuilleton de 1965 créé par Cécile Aubry, Belle et Sébastian. Aimant la France, Bic Runga dit dans une interview à son retour de Paris où elle a vécu un an: " I just miss the cakes. My favourite cake shop is called La Duree, it's a bit of an institution in Paris. They're famous for their macaron, which is not macaroon. Paris was a lesson in how to live, and style."

Belle est produit par le musicien Kody Nielson, qui est aussi son partenaire dans la vie et l'heureux père des ses trois enfants. Kody est aussi à ses côtés pour la composition de trois titres. L'album propose plusieurs compositeurs et auteurs venus participer à son élaboration. Le premier Tiny Little Piece of My Heart, écrit par Ruban Nielson, frère de Kody et leader du groupe Unknown Mortal Orchestra, sonne comme une ode à Diana Ross tellement la fibre sixties transpire avec entrain et amusement. L'envie de danser ne faiblit pas grâce à la présence de l'éminent Jon Brion à la batterie sur Hello Hello écrit par Dann Hume, titre aussi virevoltant que les hymnes pop que signe le groupe de Dann, The Evermore, qui compte ses deux frères, Peter et Jon Hume. La ballade If You Really Do, signée de Bic, resplendit de rythmiques suaves, grâce à une basse et guitare subtiles assurée par Tim Arnold, une batterie taquine maitrisée par Joey Waronker et le chant pop-jazzy somptueux nourri de 'papapapa' mellow et sensuels. Le puissant et psyché This Girl's Prepared For War écrit et arrangé par James Milne alias Lawrence Arabia entre en tête et ne la quitte plus.



La délicatesse déroule un tapis de roses dans Everything Is Beautiful and New, ode de douceur signée de Bic Runga qui la chante avec élégance et raffinement. Pour la mise en beauté, le talent de Chris Nielson (frère de Kody) au cor et à la flûte apporte beaucoup. Good Love écrit en binôme par Bic et Dann, sucré de choeurs, de tempo langoureux offert par la basse et par l'orgue harmonieux est suivi de Devil On Tambourine, à l'âme cinématographique frenchy, stylé pop sixties, où Kody allié à Bic dans l'écriture, l'accompagne aussi au chant pour un résultat ravissant, ponctué et fleuri de poésie, de métaphores 'Suddenly I could hear the harmony, Beneath the apple tree, Violent eyes that fire apple green, Devil on tambourine'. Le titre Belle arrive, habillé de harpe avec Natalia Mann et orné de nostalgie, chanté en français par Bic Runga à l'accent parfait et à la voix cristalline pour reprendre le texte de 1965. Puis Darkness All Around Us, un bijou sculpté de Kody Nielson qui l'interprète avec charisme, est rond d'harmonies pop dans les claviers, la batterie, les choeurs qui s'envolent sur les 'lalalala' psychédéliques avant le dernier morceau Music And Light. Son glockenspiel est printanier, ses rythmiques groovy. Ce morceau de Bic Runga brille au piano, au chant, aux arrangements pour les dernières notes amoureuses 'When you look my way, And I wake to the sound of songs in the street, There's music and light in all that I see'.



En mai 2015, Bic annonce qu'elle travaille en studio sur un nouvel album qui sera là pour 2016 et offre en juin un très séduisant single I dreamed a Dream. Les nouvelles de Nouvelle-Zélande sont très bonnes, comptant une tournée avec le groupe Tiny Ruins conduit par la jeune auteur-compositrice Hollie Fullbrook, soutenue par Bic Runga qui croit en son talent en l'invitant sur ce superbe single mais aussi à partager une tournée dans le Pacifique. Cette générosité complète une grande personnalité, attachante et inspirée, qui donne envie de faire un amical Haka pop à l'écoute de ses mélopées.
BicRunga



samedi 10 octobre 2015

Model Village

J'écrivais il y a un an : "Model Village est un groupe de pop qui compte six personnes originaires de Londres et de Cambridge et qui signe depuis 2011 une flopée d'EP efficaces et percutants. Cette qualité et exigence de production, d'inspiration et de jeu sur scène les mènent à les compiler en 2012 sur A Solution To Everything puis à accompagner sur les routes Allo Darling, The Wave Pictures, Standard Fare, The Lemonheads, Jeffrey Lewis etc. L'aventure commence avec Josephina que Model Village signe en mars 2011, se poursuit avec l'EP éponyme de 4 titres en aout 2011, Next Xmas en décembre 2011 et le 2 titres Split partagé avec le groupe indonésien Lipstik Lipsing en janvier 2012. Les musiciens du groupe Daniel Carney, Ian Scanlon, Piers Chandler, Rachel Duncan, Kevin Smith, Kenny Lee, avec parfois Lily, Ellie et Mark qui se joignent à la troupe, jouent des mélopées dansantes ornées de tambourin, accordéon, flûte, des guitares et de la basse, xylophone, cloches rutilantes avec le duo de voix se répondant, celle de Rachel et celle de Ian, qui font aussi la particularité des Model Village. En décembre 2013 parait le single Stockholm avec son piano, son glockenspiel, ses guitares et les amis qui chantent en choeur, le tout dans la veine des Shins et de Camera Obscura, masteurisé par l'excellent ingénieur du son américain Carl Saff. Arrive en janvier 2014 le premier album, digne d'un petit bijou pop, orchestré et interprété avec un goût fin et une musicalité revigorante. Les thèmes des chansons qui valsaient entre John Peel, les lapins, leurs grand-mères, la sculptrice Josephina de Vasconcellos, continuent d'enchanter et même de faire sourire dans la belle ambiance indie- pop de You Chose These Woes. "

En Octobre 2014 Model Village offrait le nouveau single You Are Now Leaving The Future suivi au printemps 2015 de l'EP Burger Party. Comme enfiévré par l'écriture et la composition, le groupe poursuit dans la sculpture de bijoux pop cette année pour nous concocter Healing Centre. Je viens de recevoir cet album qui sortira le 13 novembre 2015. A son écoute, je peux confirmer que Model Village ne cesse de progresser. La troupe affûte ses instruments, prolifique, elle aiguise sa plume, et avec cette rigueur de travail, elle garde l'inspiration, la joie et le plaisir de faire de la musique avec l'envie de la partager. Le label Postpoprecords se charge du bien-être de ce nouvel album qui contient une section d'instruments à corde et des partitions de synthétiseur rétro-futuriste. Model Village, désormais révisé avec la présence de l'auteur-compositeur Dan Carney au chant et à la basse, Ian Scanlon et Piers Chandler à la guitare, Lily Somerville au chant, ukulele et synthé et Kenny Lee, multi-instrumentiste, à la batterie, harmonica, guitare et harpe proposent 10 titres magnifiques aux harmonies ravissantes, aux arrangements pop très solides où se retrouvent leurs influences Yo La Tengo, Camera Obscura, Wilco et Prefab Sprout. Le nom de l'album enregistré à Londres autre patrie de deux membres de Model Village fait référence à un building de la ville de Cambridge, d'où les trois autres du groupe sont originaires. Le disque commence avec la somptueuse balade Sunlight qui sur la voix de Lily lumineuse, nous enveloppe d'ultra-violet pop. Puis arrive Pick & Mix où Dan avec une classe infinie brille autant en délivrant des harmonies magiques de sa guitare que dans son interprétation impeccable. Le synthé, la rythmique bossa alternative de la batterie et de la basse, font danser sur Sorry qui replonge dans l'univers précieux de The Clientele ou de Blueboy. Puis Claude loves Marcel, comme Pick & Mix, présent sur l'EP You Are Now Leaving The Future, est digne d'une mélopée nostalgique griffée 'ambiance Godard, Bande A Part' où la voix de Dan resplendit, entêtante, sur une mélodie très accrocheuse.

Le titre Time to Share poursuit le délice pop, quand la basse frétille, les synthé se dandinent sur la batterie espiègle, l'ensemble de cordes donne envie de se trémousser délivre la voix de Lily aérienne,  géniale. Le bondissant Family Restaurant poursuit le tempo virevoltant et ultra dansant avant le Junction 30, riche de riffs et endiablé de clap-hands, parlant d'amour doux et sucré. Le folk pop, presque americana, Funny Things avec ses choeurs, son instrumentation percutante fait flotter une âme sixties cadencée quand Stop the Clock, immobilise le temps pendant trois minutes de douceur, pleines de nostalgie et de regrets colorés d'ambiance automnale. Dans le sillage, It will be Over Soon, qui évoque le climat, le temps qui passe, boucle l'écoute en toute beauté avec guitares en cascade, cuivres, batterie royale et toutes les voix de Model Village qui à l'inverse du titre, augmente le désir de goûter encore à ces superbes mélopées modelées indiepop. Il suffit de me faire confiance pour commander Healing Centre à sa sortie en novembre et l'offrir à des proches, très beau cadeau assuré pour le Next Xmas.
ModelVillage


mardi 6 octobre 2015

Hafdis Huld

Tout comme ses compatriotes Benni Hemm Hemm, l'artiste Hafdis Huld, devenue récemment maman, tantôt brune tantôt blonde, nous offre un univers islandais à travers ses compositions qu'elle qualifie de 'cosy'. Principalement écrites avec sa guitare et son ukulele, accompagnés de piano, la rythmique n'est pas souvent dans la basse ou la batterie, mais dans la structure des chansons, les harmonies et l'interprétation. Dans cette atmosphère essentiellement acoustique, elle réussit à saupoudrer ses titres d'excentricité, de sourires et de fraicheur tout en revenant dans ses textes sur ses expériences passées. Née en 1979, elle intègre à 16 ans le milieu de la musique avec le groupe pop-electro GusGus. Quittant l'aventure en 1999 pour se consacrer à son projet solo, elle signe un premier album en 2006. Dirty Paper Cup, qui comporte 13 titres dont une cover du Velvet Underground Who Loves the Sun, est récompensé dans la foulée avec l'award islandais du meilleur album pop de l'année.

Hafdis part sur les routes européennes et américaines présenter son album. Présente sur les principaux festivals, Glastonbury, The Secret Garden Party (UK), Airwaves (Icelande), Hultsfred (Suède), Europavox, Les femmes s'en mêlent (France), Midnight Sun (République Tchèque), Spot Festival (Danemark), South by Southwest (USA), elle forme un groupe de musiciens qui l'accompagne sur scène : Sarah Croft, Alisdair Wright (son mari) et Steve Ling. Contrairement aux grosses cavaleries qui fabriquent du bruit, la troupe resplendit sur les plateaux devant des milliers de personnes avec seulement une guitare, un ukulele, un clavier, un banjo et un xylophone. Aimant faire des reprises de Lou Reed, Sam Brown avec Stop! et Creep de Radiohead, Hafdis Huld a un réel don pour la composition. Douée pour nous dévoiler son univers personnel avec pudeur et poésie, elle dissimule sa grande sensibilité et les évènements tristes de sa vie derrière un sens de l'humour croustillant et une espièglerie adorable. Cet esprit se retrouve dans ses mots, son chant et ses tenues, aussi colorées que son tempérament. En 2009, elle signe son deuxième album Synchronised Swimmers, qui gagne un beau succès. Le thème du sport y est décrit avec beaucoup de drôlerie, comme dans Kongolo, qui signifie 'araignée' en islandais et parle d'Alain Robert, le grimpeur français qui escalade montagnes et buildings.

Le troisième volet Vögguvísur sort en 2012, année de naissance de sa fille. L'album est composé de berceuses, de mélodies pour les enfants. Puis Home, ce somptueux quatrième album voit le jour en 2014. Après des albums de pop bondissante aussi fantaisiste dans le textes que délicate et faussement naive comme Ski Jumper ou Action Man, Homemade Lemonade, I Almost Know a Criminal, Robot Robot, ou encore Sumri Hallar, Hafdis nous propose un Home intime, avec un peu de tristesse, de nostalgie mêlées toujours à son caractère optimiste et rayonnant. Home est enregistré avec son mari musicien-compositeur Alisdair Wright, près de Reykjavik dans un endroit magnifique au milieu des montagnes, un chalet en bois qu'Hafdis décrit tel "un lieu magique et parfait pour écrire, enregistrer de la musique, cuisiner des gâteaux et élever une petite fille". L'album parle de ses expériences avec retenue et classe, sur des arpèges pop folk plein de charme et de tendresse, y évoquant surtout l'amour . Les participations d'autres musiciens montrent que la maison pour l'enregistrement de Home était joliment remplie. La composition signée du couple amoureux Hafdis et Alisdair est aussi partagée avec d'autres auteurs pour certains morceaux. La beauté musicale prend forme sur Sunrise, première mélopée écrite avec Ed Harcourt, aux touches de piano et cordes de guitare caressées avec douceur et finesse.



Queen Bee décrit un environnement très naturel, voire paradisiaque, où les arbres protègent les humains, avec cet homme qui met en place une armée d'abeilles et qui se trouve être en réalité le voisin protecteur d'Hafdis, un homme semble t-il adorable qui lui a fait cadeau d'un chien. La pluie de métaphores sur le paysage préservé est mis en exergue par la pureté du jeu et la limpidité du grain de voix. Le folkeux et trottinant Lucky composé par Hafdis et Tim Gordine précède le somptueux alternatif Home, composé avec Calum MacColl également producteur de l'album, grand musicien et fils d'Ewan MacColl et de Peggy Seeger. Home est inspiré d'un voyage en avion quand Hafdis en route pour rentrer chez elle, un peu malade parce qu'enceinte de quatre mois était pressée de retrouver Alisdair. Suit l'intime Wolf co-écrit ici avec l'artiste anglais Boo Hewerdine ex-The Bible, qui narre un mauvais souvenir, une vile rencontre imagée par le 'loup' sur un tempo marqué par le banjo. Treasures derechef avec la patte de Calum MacColl en collaboration avec Hafdis et Alisdair, parle aussi d'un moment difficile, celui de la perte d'un frère, le regret qui nous étreint quand on perd quelqu'un qu'on aime sans avoir su ni eu le temps de lui dire tout son amour. Empty eyes, magnifique balade qui monte en puissance souligne l'évolution des sentiments du bonheur à la colère avant un moment acoustique délicieux, presque enfantin, quand Little Light déroule ses notes de ukulele. Arrive le sautillant Pop Song co-écrit avec l'anglais Nik Kershaw, qui désormais se consacre à des chansons plus folk que ses succès des années 80 et cette reconversion lui réussit grandement. Never needed You, est une balade sublime qui sous une forme réservée dans arrangements humbles, un chant gracieux, mitraille des sarcasmes à l'attention d'un amour du passé. Puis Miss the rain composé avec Boo Hewerdine conclut avec une légèreté chatoyante et une particule d'humour qui laisse une impression très positive en fin d'écoute de Home ; Complet, magnifiquement écrit, arrangé avec une parfaite harmonie dans les instrumentations, les ambiances et l'interprétation fantastique d'Hafdis Huld. Je conseille vivement cet univers artistique, touchant et authentique que nous permet de découvrir le label new-yorkais Ok! Good Records.
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dimanche 4 octobre 2015

Donna Regina

"Les Donna Regina sont depuis les années 90 le duo electro-pop le plus bossa et ensoleillé d'Allemagne. Couple à la vie, à la scène, Regina et Günther Janssen offrent une pop dans la lignée de Stereolab, Lali Puna et Saint-Etienne dont l'élégance et la préciosité, la précision dans leurs compositions electro-pop me touche. Etant une grande admiratrice de leur univers musical, de filmographie et littéraire, je suis encore séduite par leur nouvel album au joli nom Holding The Mirror For Sophia Loren, sorti le 28 février 2014. Extrait Piggledy Pop de 2010 : Donna Regina qui aime chanter Avec le Temps de Leo Ferré est vite repéré par le label Rough Trade et sort l'opus Lazing away en 1992. Le duo downtempo passe les frontières de Cologne. Suit en 1993, Almaty sur lequel ils reprennent La Madrague, 1994 parait For her Beautiful Heart avec également des titres en français comme Loin de Moi et On dirait. Regina et Günther rencontrent en 1996 leur nouvel acolyte multi-clavieriste Steffen Irlinger. Donna Regina forme désormais un trio. Leur style electro low-fi fuse et de vrais instruments comme le piano, les guitares, mandoline, métallophone, cuivres complètent les mélodies organiques. La voix cristalline de Regina voltige de plus belle dans A quiet Week in the House de 1999 et ses titres splendides comme Star Ferry II."

"2002 est la sortie de leur cinquième disque Northern Classic et le trio passe le Rhin, direction la France. Alors que Regina s'amuse à reprendre C'est la Ouate de Caroline Loeb, le trio présente Late en 2003 à son public de fans naissant et joue sa pop mélancolique à Paris où le producteur du label Tricatel, Bertrand Burgalat, est accroché. Ensemble ils enregistreront le superbe et tricatelien album A Collection Of Little Secrets, sorte de carte postale sonore, un puzzle remixé des cinq premiers albums. Ces quatorze morceaux sont parsemés de rythmes chauds, de sons électroniques limpides et dansants. Slow Killer apparait en 2005 et Regina continue ses prouesse vocales, oxygenées et aériennes. L'album reparait en 2007 en vinyle et le label Berlinois Karaoke Kalk qui s'occupe des intérêts du trio depuis 2000, concocte toute une vague de cds et vinyles réussis et probants ; Karaoke Kalk est un label prolifique qui ne manque pas de distinction avec Thorsten Lütz aux commandes. The Decline Of Female Happiness sorti le 18 juin 2010, constitué de 10 titres pop dont Until you do, Perfect stranger, Lost Sunday et le sublime Diamond of the day, sont bossa et dansants. Les autres titres sont plus electronica et résonnent sur des paroles introspectives, féminines et sensuelles. Il y a du son analogue mélangé à du Kinks, Velvet Underground, Astrud Gilberto qui fait danser de Berlin à Bueno Aires et à Paris. Holding The Mirror For Sophia Loren avec des arrangements délicats et oniriques orchestrés par le producteur polonais Michal Jacaszek, image bien les liens sacrés entre Donna Regina et la pologne où le groupe consacre toujours une grande tournée. "

Tel un zoom sur 25 ans de travail, de tribulations dans les studios, de rencontres musicales sur les scènes du monde entier, Dis Cover paru le 11 septembre 2015 est un album de reprises des morceaux de Donna Regina. L'album très complet en mélodies, en collaborations, avec ses huit feuillets, revient sur les premiers pas du groupe en musique via 13 titres interprétés par d'autres artistes avec. Orfèvres de l'indietronic, de la pop expérimentale et ambient, les allemands n'ont jamais cessé de produire et de composer avec un esprit de groupe et de famille. Cela fait partie complétement de leur profil. Leur attachement à leurs amis musiciens est réel. Aujourd'hui, l'album tribute Dis Cover est offert par ces amis qui leur rendent un bel hommage. Avec Driving in your Car interprétée par Dean & Britta, titre fabuleux apparaissant sur l'album Her Beautiful Heart en 1995, l'oreille fait un bond de 20 ans en arrière. La version du couple américain est de toute beauté y ajoutant leur griffe pop délicate que j'apprécie tant. DeanWareham
Puis le The National Jazz Trio of Scotland vient parsemer sa poudre bossa magique sur End of September, issue de l'album Slow Killer de 2005, où la voix de Donna resplendit. Les arrangement folktronic, atmosphériques de Make my Nana, revisitée par Jo Zimmermann alias Schlammpeitziger, grand musicien de Cologne connu pour le son de son casio sur ses compositions, continuent sur le titre grandiose des Donna Regina, How Beautiful, recuisiné ici par Chica and the Folder, projet de la fameuse DJ Paula Chica, artiste née au Chili exilée à Frankfurt depuis son enfance. Coloured like ashes repris par Leichtmetall, chanté en allemand est un bijou, qui contrairement au titre de la chanson, donne un aspect polychrome et multi-culturel à Dis Cover. Leichtmetall originaire de Munich est un groupe magnifique qui concocte ses mélopées pop electronique pleines des sonorités délicieuses de fanfare Klezmer avec du cor, du glockenspiel, des trompettes sur les deux voix malicieuses de Marion Dimbath et de Nicola Schüpferling (à découvrir chez Karaoke Kalk).

Arrive la puissance de Console projet conduit par Martin Gretschmann du groupe Notwist qui reprend Lift me up, à l'origine sur Holding the mirror for Sophia Loren, suivi de II Tempo Gigante (Rolf Hansen) qui revisite Blue (Happy without you), quittant un moment l'ambiance electro de Dis Cover. La guitare majestueuse de Rolf dont on entend le coffre craquer et résonner sous les cordes apporte une sonorité brute et ardente au titre présent sur Northern Classic de 2002. Un parfum français vient voltiger sur l'aérien Les Claviers de Couleurs, interprété et remixé par Nina Savary au chant accompagnée par Astrobal et son ami Tom Terrien aux commandes des claviers. La subtilité du jeux electro-jazzy de l'américaine Dani Siciliano et sa voix de cristal se dévoilent sur Northern Classic, somptueusement suave. Puis Bertrand Burgalat ami de Donna Regina depuis A collection of little secrets, album du groupe allemand signé chez Tricatel, interprète Star Ferry qui apparait sur A Quiet Week in the House de 1999. Bertrand se promène sur le titre dansant, virevoltant avec une classe et une élégance habituelle. Les grands amis Mouse on Mars composé d'Andi Toma qui produit et arrange les titres des Donna depuis des lustres, et Jan St.Werner revisitent Late avec brio. Le duo de Düsseldorf compose de l'electro expérimentale depuis 1993 et forge sa renommée sur son travail d'orfèvre, sculptant tous genres musicaux avec sa signature singulière. La magie polonaise opère immédiatement à l'écoute de la géniale cover de Let's get Slow par Milka. L'artiste Miłka Malzahn est une musicienne de talent mais également animatrice de radio, auteur et docteur en philosophie. Dis Cover ferme le keepsake sur le titre Holding the mirror for Sophia Loren revisité par le suisse Thomas Fehlmann, musicien phare dans la Neue Deutsche Welle des années 80, producteur d'Erasure, et Gudrun Gut, DJ productrice allemande et membre de Einstürzende Neubauten en 1980.
Agréablement habituée à la perfection et au très bon goût du label berlinois de Thorsten Lütz, Karaoke Kalk, je parle des artistes qui font partie du club depuis 6 ans, ici et ailleurs.
DonnaRegina2010
DonnaRegina2014
Toog2010
WillSamson2012
ForgottenBirds2013