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samedi 16 avril 2016

Guillaume Stankiewicz

Aujourd'hui et demain partout en France nous célébrons le 'Disquaire Day'. C'est un weekend spécial dans l'année où les grandes âmes amoureuses de musique, quelque soit le genre, sont invitées à aller soutenir les magasins de disques indépendants. C'est aussi indirectement un peu la fête pour nous, labels indépendants qui sommes présents dans leurs bacs.
A Paris aujourd'hui, se réunissaient plusieurs groupes chez nos disquaires pour animer ce rendez-vous, comme par exemple les amis Zombie-Zombie, le duo Etienne Jaumet (Married Monk) et Cosmic Neman (Herman Dune) présents chez Ground Zero dans le 10ème arrondissement. Idem demain, la fête continue avec notamment à la Fabrique des Balades Sonores, avenue Trudaine dans le 9ème arrondissement, trois artistes qui joueront leurs chansons en faisant résonner notre alliance pour la musique indépendante. Il y aura donc les français de Algo, un groupe qui débarque avec des mélopées pop à couper le souffle, la chanteuse et compositrice anglaise Lail Arad au style acoustique envoûtant et Guillaume Stankiewicz, pour qui j'ai un réel coup de coeur .



C'est au hasard de déambulations bandcampiennes qu'il y a quelques mois mon oreille s'arrête sur Si je savais, ode à la nature, à l'amour, sur des notes pop bondissantes, énergisantes tant elles sont élégantes et remplies de classe. Le disque de six titres enregistré en 2014 poursuit avec La Nuit, poétique, écrite et interprétée avec délicatesse qui donne des frissons absolus quand on ignore de nos jours si le droit aux balades nocturnes, au rêveries sur les terrasses et les avenues est encore possible et permis. Qui d'autre et son glockenspiel étincelant enchaine, dévoilant une guitare et une basse espiègles, orné du thème des astres, des fruits, du paysage, de la lumière qui inévitablement éveillent les sensations et les souvenirs d'enfance. La douceur ne lâche pas la bride quand arrive La disparition avec un jeu taquin dans les paroles comme dans les arrangements chevaleresques touchants, dont la finesse me fait penser à l'univers de Dominique A, Sylvain Vanot, Florent Marchet et aux premières chansons de Philippe Katerine.
Guillaume joue avec les mots qu'il mélange avec dextérité aux mélodies et à l'instrumentation en osmose avec les thèmes, comme sur Nous ne sommes personnes où les 'pam pam pam' animés des choeurs enluminent la musicalité et le lyrisme diantrement et sacrément diablotins. C'était vous, familiers termine l'écoute en blindant de romantisme cette magnifique chanson, du petit lait pour les 'fleur-bleue' qui délivre des paroles sublimes, portées par un chant tout aussi harmonieux et exquis.



Il y a une semaine l'artiste parisien Guillaume Stankiewicz nous offre un deuxième disque de six titres, incroyable de beauté. Là encore son talent d'auteur, de compositeur, son art de la poésie y sont poignants. La pop vitaminée des rythmiques de Sans cesse et sans bruit, revient sur l'enfance, la liberté, la vie et le sablier du temps qui coule sur les guitares, les violons voltigeants et la voix virevoltante. L'innocence et l'impatience mêlées reviennent s'entrechoquer sur un tempo bossa et sensuel dans L'obscurité. Les rimes romanesques et le jeu fantastique de la guitare rendent le titre lumineux et clair. San Francesco del deserto déroule un tapis d'arpèges splendides pour accompagner les flûtes qui emmènent faire une balade à double sens. Les cordes sublimes, les flûtes traversières sur Le temps que j'avais continuent l'impression de voyage, de mouvement sur du velours offrant un moment de nostalgie fort réussi. Le chant et les mots particulièrement touchants sont toujours en symbiose avec l'instrumentation qui propose une facette folk de C'était vous, familiers qui fait peau neuve avant L'hiver bouclant l'écoute, avec une basse, un piano et une guitare inspirés. Sans cesse et sans bruit délivre une grâce dans les mélodies, une belle majesté dans la poésie, à savourer absolument.
Guillaume Stankiewicz et Sans cesse et sans bruit seront joués demain à 18H à La Fabrique des balades sonores, avenue Trudaine où il sera permis de rêver, de déambuler en musique et en liberté.

GuillaumeStankiewicz