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samedi 24 septembre 2016

Mt Doubt

Paru en juin 2016, l'album In Awe of Nothing de Mt Doubt est un disque somptueux. Du début à la fin, il a de la saveur, du caractère dans les mélodies, l'instrumentation et dans les mots. L'auteur-compositeur écossais Mt Doubt, Leo Bargery, nous emmène dans son univers indie-pop parfumé de paysages verdoyants, de fjords, qui contrairement à son titre d'album, peut rendre contemplatif et admiratif. Les airs pop, formidablement alternatifs, font danser, rêver, habillés de lumière pour des thèmes parfois sombres. Les orchestrations sont originales avec des claviers, des guitares, des rythmiques et des choeurs qui lancent des joyeux 'hoohoho' couronnés de 'papapa' sautillants. Sorti sur le label Scottish Fiction, la presse et les médias comparent Mt Doubt à Edwyn Collins, The National, noms auxquels j'ajoute Steve Mason, les compatriotes The Beta Band.
Le musicien d'Edimbourg signe en 2015 My Past Is A Quiet Beast avec aux manettes de la production Mark Morrow de The Winter Tradition. Leo y appose 10 chansons avec une dominante de guitares poppeuses pour créer des ambiances fascinantes, mêlant les saisons, enlaçant les instruments, avec une plume colorée et inspirée comme quand sur Feathers, Mt Doubt compare sa relation amoureuse à une carte postale de Guernica .



A l'écoute de Fjords qui ouvre In Awe of Nothing, les ondulations de guitares, les effets de voix qui s'envolent, Mt Doubt a toutes les cartes de la composition en main et on comprend pourquoi il est décrit comme un des meilleurs artistes écossais du moment. Ce prince pour concocter des harmonies, des mélodies qui glissent et accrochent à la fois, sait opposer sa voix intimiste, grave,à des rythmiques virevoltantes qui martèlent un tempo pop enjoué. Ce contraste attire l'attention. Après le froid de Fjords l'escalade d'arpèges joyeux continue sur le dynamique Afterglow qui donne envie de claquer les doigts mais pas des genoux. Les guitares et la batterie sont magiques, l'interprétation efficace et envoûtante quand To a Cusp, qui plaira aux amateurs de Lloyd Cole, propose une balade indie où Leo parle de ses disques, des nuages noirs sur des choeurs joviaux qui ne lâche pas la bride sur Thirst, troisième single de l'album qui sort ce mois de septembre 2016.



Verdant débarque avec claviers, guitares et sa basse incroyable. L'atmosphère humide et habitée de l'écosse en guise de métaphore nous enveloppe. Les sentiments, les souvenirs se mélangent à la pression atmosphérique contenue dans le xylophone, l'harmonica et l'écho de la guitare électrique. Sheer and Utter poursuit sur les sentiers émotionnels introspectifs orné d'un rythme de grosse caisse endiablée. Puis Hotel Key se fait plus langoureux, révèlant au-delà des apparences, la personnalité intransigeante de son auteur mise en relief par le piano déluré et énervé, schéma que l'on retrouve sur le solide Soak avec orgue, basse et la voix de Leo à l'âme mordante corsée qui ravigote. L'album se termine sur le puissant Bastard Sea, pop et rock, qui forme la boucle avec Fjords et pousse à imaginer des vikings punks sur ce titre fabuleux plein de fibre nordique offensive, impossible à ignorer dans ce consistant et excellent In Awe of Nothing.
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