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dimanche 24 avril 2016

The Lost Boys

Les Lost Boys sont cinq anglais de Southampton avec à sa création l'auteur-compositeur interprète Daniel Ash qui dores et déjà se dégage par son charisme, son inspiration étincelante, récemment remarquée par Paul Weller qui lui prête sa guitare lors d'un show de la BBC Radio 4.
Convaincant, le groupe avec son amical surnom Losties, trotte sur les scènes de Londres à Brighton depuis 2010 avec une myriade de chansons dans sa besace se dessinant un avenir prometteur. Ils offrent en 2011 le mini album Not Arf It's, réussi et complet avec cinq titres si efficaces que leur renommée gonfle à une vitesse impressionnante. Suivra en 2012 l'EP Answers on a Postcard avec cinq autres grandioses titres.



Puis il y a quelques mois sort A Better Life / December Forever, enregistré dans le studio de Paul Weller, Black Barn Studio, produit par Charles Rees et masteurisé par James Stone. Le titre December Forever offre à la guitare la présence de Steve Cradock du groupe Ocean Colour Scene et musicien de Paul Weller . Jason Daniels à la batterie, Joel Doherty aux claviers, Shaun Ashley à la guitare, James Millar à la basse et Daniel Ash au chant et à la guitare jouent une britpop rappelant un cocktail des Beatles dans les arpèges, The Lucksmiths dans la puissance du chant, de Blur dans la précision d'écriture et la révolte élégante, le tout shaké avec de délicieuses influences mods et sixties.
The Lost Boys proposent une pop bondissante et vitaminée à l'excentricité et à l'humour qui inévitablement séduisent. Les compositions saupoudrées de perfection mélodique et d'arrangements soignés s'allient à leur esprit drôle et attachant. Le single China in the sink sera le brin de muguet musical à cueillir le 1er mai prochain, à découvrir absolument !
TheLostBoys







samedi 23 avril 2016

Dr Dog

Se réveiller en écoutant les infos en France, cela devient hilarant. Après une vague histoire de gifle hier, ce matin, la news est le prélèvement ADN sur les crottes de chiens afin de ficher nos boules de poils. On trime déjà à ficher S les brebis galeuses... J'imagine que les élus des partis extrêmes qui pondent ce genre d'idées, dignes d'une cervelle de mouche, jouent à saute-mouton dans la rue pour éviter les fientes de pigeons. Le niveau de pollution de l'air n'a jamais été aussi élevé, néanmoins ce sont les crottes de chien qui donnent matière à réflexion. En attendant que la libre circulation du meilleur ami de l'homme soit réellement menacée, j'ai une furieuse envie aujourd'hui d'écouter Dr. Dog.



Ce groupe génial formé à Philadelphie en 1999 signe un premier album en 2002, l'auto-production Toothbrush, aux canines joliment affûtées dans les textes, le chant, le tempo virevoltant. Dr Dog collectif talentueux, comprenant Scott McMicken (guitare, chant, piano, banjo), Toby Leaman (basse, chant, guitare), Zach Miller (piano, orgue, guitare, accordéon), Dimitri Manos (batterie, guitare, basse), Eric Slick (guitare, batterie), Frank McElroy (guitare), signe chez Rough Trade en 2005 sans concentrer le mérite sur un leader, chaque musicien se passant le relai, ou la baballe.. c'est selon. Après Easy Beat, parait We all Belong, puis le somptueux Fate et en 2010 Shame Shame.



L'aventure se poursuit en 2012 avec Be the Void, le grandiose B-Room en 2013 et cette année 2016, en février dernier, le magnifique The Psychedelic Swamp renait de ses cendres. De manière originale, cet album est tout simplement une reprise de leurs premières chansons de 2001 qui étaient sorties sur une cassette nommée The Psychedelic Swamp que le groupe décide 15 ans plus tard de rejouer, ré-arranger, remettre au goût du jour. L'idée est fumeuse, pleine de tact et de justesse, mariant la nostalgie des premiers essais de jeunes musiciens avec l'expérience et le savoir-faire. Les synthétiseurs, les guitares sont aiguisées pour mettre en exergue les mélopées presque juvéniles et innocentes, qui les années étant passées par là, deviennent déridées et évidentes. L'album est un délicieux retour sur les leitmotivs préférés, explorés de façon constante par la joyeuse troupe : l'amour, la musique, l'ombre, la lumière, les couleurs et les...animaux. Les Dr Dog ne se prennent pas au sérieux et continuent avec un don immuable et un certain enchantement à offrir des mélopées dansantes et pleines de panache, comme celles jouées hier soir à Paris, à la Boule Noire !
DrDog





samedi 16 avril 2016

Guillaume Stankiewicz

Aujourd'hui et demain partout en France nous célébrons le 'Disquaire Day'. C'est un weekend spécial dans l'année où les grandes âmes amoureuses de musique, quelque soit le genre, sont invitées à aller soutenir les magasins de disques indépendants. C'est aussi indirectement un peu la fête pour nous, labels indépendants qui sommes présents dans leurs bacs.
A Paris aujourd'hui, se réunissaient plusieurs groupes chez nos disquaires pour animer ce rendez-vous, comme par exemple les amis Zombie-Zombie, le duo Etienne Jaumet (Married Monk) et Cosmic Neman (Herman Dune) présents chez Ground Zero dans le 10ème arrondissement. Idem demain, la fête continue avec notamment à la Fabrique des Balades Sonores, avenue Trudaine dans le 9ème arrondissement, trois artistes qui joueront leurs chansons en faisant résonner notre alliance pour la musique indépendante. Il y aura donc les français de Algo, un groupe qui débarque avec des mélopées pop à couper le souffle, la chanteuse et compositrice anglaise Lail Arad au style acoustique envoûtant et Guillaume Stankiewicz, pour qui j'ai un réel coup de coeur .



C'est au hasard de déambulations bandcampiennes qu'il y a quelques mois mon oreille s'arrête sur Si je savais, ode à la nature, à l'amour, sur des notes pop bondissantes, énergisantes tant elles sont élégantes et remplies de classe. Le disque de six titres enregistré en 2014 poursuit avec La Nuit, poétique, écrite et interprétée avec délicatesse qui donne des frissons absolus quand on ignore de nos jours si le droit aux balades nocturnes, au rêveries sur les terrasses et les avenues est encore possible et permis. Qui d'autre et son glockenspiel étincelant enchaine, dévoilant une guitare et une basse espiègles, orné du thème des astres, des fruits, du paysage, de la lumière qui inévitablement éveillent les sensations et les souvenirs d'enfance. La douceur ne lâche pas la bride quand arrive La disparition avec un jeu taquin dans les paroles comme dans les arrangements chevaleresques touchants, dont la finesse me fait penser à l'univers de Dominique A, Sylvain Vanot, Florent Marchet et aux premières chansons de Philippe Katerine.
Guillaume joue avec les mots qu'il mélange avec dextérité aux mélodies et à l'instrumentation en osmose avec les thèmes, comme sur Nous ne sommes personnes où les 'pam pam pam' animés des choeurs enluminent la musicalité et le lyrisme diantrement et sacrément diablotins. C'était vous, familiers termine l'écoute en blindant de romantisme cette magnifique chanson, du petit lait pour les 'fleur-bleue' qui délivre des paroles sublimes, portées par un chant tout aussi harmonieux et exquis.



Il y a une semaine l'artiste parisien Guillaume Stankiewicz nous offre un deuxième disque de six titres, incroyable de beauté. Là encore son talent d'auteur, de compositeur, son art de la poésie y sont poignants. La pop vitaminée des rythmiques de Sans cesse et sans bruit, revient sur l'enfance, la liberté, la vie et le sablier du temps qui coule sur les guitares, les violons voltigeants et la voix virevoltante. L'innocence et l'impatience mêlées reviennent s'entrechoquer sur un tempo bossa et sensuel dans L'obscurité. Les rimes romanesques et le jeu fantastique de la guitare rendent le titre lumineux et clair. San Francesco del deserto déroule un tapis d'arpèges splendides pour accompagner les flûtes qui emmènent faire une balade à double sens. Les cordes sublimes, les flûtes traversières sur Le temps que j'avais continuent l'impression de voyage, de mouvement sur du velours offrant un moment de nostalgie fort réussi. Le chant et les mots particulièrement touchants sont toujours en symbiose avec l'instrumentation qui propose une facette folk de C'était vous, familiers qui fait peau neuve avant L'hiver bouclant l'écoute, avec une basse, un piano et une guitare inspirés. Sans cesse et sans bruit délivre une grâce dans les mélodies, une belle majesté dans la poésie, à savourer absolument.
Guillaume Stankiewicz et Sans cesse et sans bruit seront joués demain à 18H à La Fabrique des balades sonores, avenue Trudaine où il sera permis de rêver, de déambuler en musique et en liberté.

GuillaumeStankiewicz



dimanche 10 avril 2016

Cabane

C'est le printemps ! Les hirondelles font leurs nids et le bruxellois Thomas Jean Henri Van Cottom, lui, fait sa Cabane. Auteur-compositeur depuis des années au sein de Soy un Caballo, le musicien nous offre depuis quelques semaines ce superbe nouveau projet.
Thomas a ce don, singulier et rare, de toucher au travers de sa musique. Peu de musicien ont 'le don'. Je ne suis pas étonnée d'apprendre que montent dans sa cabane d'autres artistes de la même veine, ayant la même aura. A ses côtés se joignent ses amis au chant, Bonnie Prince Billy, Kate Stables (This is the kit), Caroline Gabard (Boy & The Echo Choir) et François Marry (François and the Athas Mountain). Aux arrangements de cordes, il y a le grand Sean O'Hagan (High Llamas). Le premier single Sangokaku / La Gomera est d'une beauté absolue où scintillent la poésie lyrique et le charisme émouvant du musicien et interprète. Ce premier 45T est enregistré entre le quartier de schaerbeek à Bruxelles, Londres, Paris et les Etats-Unis.
"Il y a l’importance d’un lieu, d’une maison, des amours que l’on y a vécu et la lenteur de l’oubli."

cabane - sangokaku (official music video) from jerome guiot on Vimeo.




Le deuxième 45T suit avec les deux faces Wooden Home/Here in the wind Wild Oldham (Bonnie Prince Billy) brille au chant accompagné selon les chansons par Kate ou Caroline. Le style de Sean à l'écriture des cordes vient saupoudrer de classe les compositions de Thomas, déjà sacrément assaisonnées. La création féroce, l'inspiration véloce, retiennent toute l'attention et à l'écoute de Here in the Wind, les émotions crépitent. La version française chantée par François propose également une myriade de frissons.
Thomas et sa voix captivante, ses arpèges de guitare et banjo, revisite avec une délicatesse infinie le splendide Effacer la mer, chanson de Orso Jesenska. La musique et l'univers musical, artistique, de Cabane, et les amateurs de musique aiment s'y plonger, s'y piéger et s'y perdre parfois, réveille l'état 'fleur de peau'.
Cabane, en guise de canopée pleine d'harmonies, de mélodies, de mots lumineux, effeuille les sensibilités, fait quitter les pieds de terre et touche par sa douceur, si bienvenue ces temps-ci.
CabaneMatamore



aquarelle de François Marry


wooden home feat. kate stables & bonnie prince billy from thomas jean henri on Vimeo.


Julien Bouchard



A la confection d'un disque, le choix du premier titre, celui qui accroche, celui qui plante le décor est crucial. Ici, sur Songs from la chambre, le choix est réussi et absorbe l'attention. Julien Bouchard joue au sein de ses projets annexes Coco Business Plan et Silent Days, étant sur les scènes indépendantes et dans les studios d'enregistrement depuis plus de dix ans. Véritable orfèvre de la pop, auteur-compositeur de grand talent, son label belge Hot Puma Records (que je recommande chaleureusement) révèle que le troubadour balade avec lui partout son carnet à spirale, contenant tous ses trésors musicaux.
A l'écoute de l'album qui mélange les titres en français et en anglais comme le souligne son nom, on ne peut que fondre devant autant de mélodie et de personnalité confondante. Je suis personnellement restée plantée, coite, distinguant du grand songwriting à la Elliott Smith, mêlé à la poésie française et à la délicatesse française. En solo, l'oiseau déploie ses ailes créatives constamment sur Songs from la chambre, qui est alternatif, étonnant, fort séduisant, sur tout son ensemble, enregistré à la maison.



L'album DIY nous plonge donc d'emblée dans l'élégance de la composition pop avec 100 Regrets, qui montre le pouvoir de Julien sur les mots, avec lesquels il joue volontiers, arrondis par les harmonies et sa magnifique voix. Puis Stolen Love, déroule un tapis de notes et de rythmes de la géniale batterie assurée par Sergio Taronna (label manager de Hot Puma Records). Le piano et les guitares en cascade, offrent un morceau qui plaira aux amateurs de Teenage Fanclub, Travis ou encore de Neil Young.
Handguns déboule, avec sa basse splendide, son piano joué par Eddy La Gooyatsh et le chant grandiose de Julien, orné de glockenspiel, tambourins, pour ornementer l'air émouvant et les paroles touchantes. Always suit avec ses harmonies variées, continuant dans l'émotion et la surprise. L'amour y est le protagoniste, les claviers et les voix l'accompagnant avec grâce pour un moment de douceur galvanisante. Les guitares majestueuses resplendissent sur Si loin de toi où le tempo nous emmène sur les thèmes du temps, de la distance, loin de la France... Color of the Sound, avec les choeurs amicaux de Julien Olivier et d'Ottavia Simonin, continue l'enchantement mélodique, laissant croire au miracle d'une rencontre entre Nick Drake, Donovan, Brian Wilson et John Lennon.



Après le virevoltant et envoûtant Fear, au rythme poignant suit l'ensoleillé et chaloupé Blind Kids in the Stadium, où Sergio vient titiller les synthétiseurs sur les 'hou hou hou' sucrés de Laetitia Cupillard dans les choeurs. L'intimité de Hungry men montre l'immensité du talent de mélodiste et de créateur de Julien Bouchard, qui fait briller son instinct de musicien, sa plume et ses harmonies. Party freaks invite à un léger psychédélisme et à un groove romantique venant papillonner sur le rythme époustouflant d'Elliot Burke à la batterie au côté de Julien qui assure tous les autres instruments. Le délice se prolonge sur Prendre le temps, un titre qui reprend la notion du temps sur une instrumentation magique, un texte et un air brodés d'or pop, des notes fleuries en couronne, des voix en spirale majestueuses pour terminer en beauté ce voyage musical.
Le premier album de Julien Bouchard, Songs from la chambre, est une des plus belles découvertes de l'année 2016 sur Piggledy Pop!

JulienBouchardHotPumaRecords



samedi 9 avril 2016

Why We Love

J'écrivais le mois dernier " Groupe d'indie-pop originaire de Bristol, Why We Love, en plus d'avoir un nom assez jovial, enchaine depuis 2014 des pépites pop dansantes et accrocheuses. Sur leur lancée, ils viennent de signer le vrombrissant single Staying Awake qui indéniablement réveille!
En mai 2014, les quatre musiciens anglais signent le single Patina, comportant une mélodie, des arrangements alternatifs superbement ficelés et des voix dynamisantes."



Comme promis je reviens donner des nouvelles des anglais endiablés de Why We Love qui signent après Fake a Death et The Boy You Knew, l'EP Surrender. Le single du même nom, printanier et pétulant, offre derechef une composition bondissante, une mélodie fleurie et colorée, avec un chant en chorale qui enveloppe le tout comme un papier cadeau.
Toujours aussi fertiles et nourris des embruns de leur fief de Bristol, le frère et la soeur Joe et Rachel Wellfair, leurs compagnons Matthew Thomas et Anthony Dodwell continuent cette virée pop bel et bien démarrée. Le quartet gagne l'attention des médias et surtout gonfle son fanclub présent lors de leurs concerts assurés depuis plusieurs mois à un rythme effréné. Dans l'attente de l'album, Piggledy Pop se régale de la superbe trilogie d'EPs!

WhyWeLoveBandcamp
WhyWeLoveOfficial
MyLittleEmpireRecords





dimanche 3 avril 2016

Steve Mason

De l'expérience de ses trois autres groupes, The Beta Band, King Biscuit Time et Black Affair, Steve Mason n'a jamais autant brillé de sérénité, d'inspiration et de perfection. L'artiste écossais vient de signer ce mois de février 2016 l'album Meet the humans, composé à l'or fin. Les titres y sont désarmants de beauté, chauds, somptueux, peaufinés avec la dextérité de Craig Potter (Elbow) à la production. Tous y sont solides : Une série de tubes en puissance.
Cette petite bombe pop est la troisième signée de Steve Mason en solo, après Boys Outside et Monkey Minds In the Devils Time. Dans les années 90, aux côtés de Gordon Anderson, c'est à Brighton que Steve fait briller The Beta Band. Puis, il part pour Londres où dit-il, il retrouve l'esprit 'mods' qu'il aime et davantage d'artistes avec qui travailler mais ses ressources, c'est en Ecosse où il vient de passer ces dix dernières années qu'il les puisent. Il aime retrouver une ambiance familière, aller au pub, au magasin de disques du quartier, composer au calme de son appartement. Son écriture évoque ses expériences de la vie de tous les jours, ses interactions humaines, signée avec sa plume et son sentiment, saisissants.



La pépite pop commence avec Water Bored, aux voix somptueuses et aux arrangements sautillants, dansants, qui évoquent la magie de l'innocence qui disparait avec l'âge avançant. Le tempo jovial est entrainant et le mécanisme bondissant des guitares, de la batterie scintillante et du chant de Steve, dynamique et élégant continue sur Alive. Là le melodica apporte une énergie vivace et avec la manière d'aborder les voix, le titre devient groovy, délicieusement alternatif, virevoltant. Alright annonce la cavalerie avec ses guitares saturées, ses synthétiseurs princiers, le style shoegaze grandiose doré d'un orchestre conduit par Joe Duddell et comprenant Amy Welch, Christos Zenious, Shane Murray, Joshua Lyuch, Joe Lunn, Helena Hannah-Shelton, Darren Gibson, Laurie Dempsey, Tory Clarke, Ryan Broad. Le boogie d'Another Day accroche, fait dodeliner du chef sur les cuivres aux trompettes rutilantes dotées du piano et de la basse magnifiques. Steve Mason qui joue les partitions de guitares, de basse, melodica, piano et batterie, accueille à l'enregistrement ses amis musiciens comme Greg Nielson de Iceburn aux percussions, Martin Rebelski des Doves mais aussi auteur-compositeur solo au piano, le bassiste Steve Duffield qui jouait avec The Beta Band. L'esprit de groupe s'entend à merveille, la communion des musiciens rayonne et offre une mélopée galopante. Elle est agrémentée des arrangements de cor par Joe Duddell, enregistrés live à Manchester, ville renommée pour être le fief des musiciens classiques sous l'égide du Hallé Orchestra.


La sensation de spirale pop, de tornade indie se poursuit sur Ran Away qui est comme Alright une chanson d'amour déçu, de séparation amère. Quand la splendide To a Door frappe sur la platine, proposant la voix de Kristina Train, chanteuse américaine qui vit à Londres et qui rejoint Steve en écosse pour enregistrer, c'est un plongeon dans une douceur de notes, où le clap hands rond de musicalité nous emporte au bord de mer. Le chant de Steve resplendit sur tout l'album, les arrangements de cordes et le piano de Craig apportent une préciosité pleine de charme aux mélodies éfficaces et grandes. A ses côtés pour la composition des deux titres To a Door et l'incroyable Planet Sizes, Steve Mason invite le fabuleux auteur-compositeur irlandais Iain Archer, connu pour son groupe Snow Patrol, dont je suis fan en solo depuis son titre Soleil sur Canal Song de 2006.



Hardly go Through est un morceau qui va crescendo comme les sentiments grandissants du texte, avec les arrangements qui attaquent en douceur pour se déployer et s'élancer sur les cordes, la rytmique, le chant impressionnant. Through my window, est écrit dans l'intimité de chez Steve, dans une ambiance de doute et de questionnement, fort joliment reconstitué dans l'orchestration délicate et cristalline en écho. Quand arrive Planet Sizes, aux allures universelles et spirituelles, le tempo dynamise les deux voix de Steve et Iain dont l'harmonie dans l'écriture et l'enregistrement, l'amitié et jolie complicité musicale, rayonnent entre les paroles.
" Il était temps pour moi de réintégrer cette société, de rencontrer l’Humanité et de voir ce dont elle est capable. Voir si je n’ai rien raté. Je vois les êtres humains comme des êtres confus et perdus. Leurs valeurs sont totalement fausses. Ils vivent avec les mauvaises personnes et l’école se charge de les pervertir. Mais il n’est jamais trop tard ! Tu peux toujours rattraper le temps perdu".
Comme serein, avec sa personnalité qui au contact de ses amis musiciens éclot de manière printanière, Steve signe une Like Water ensoleillée, zig-zagante entre une rythmique solide et des guitares célestes en terminant sur l'endiablé Words in my head au tempo sanguin, chevaleresque, pour écrire sur l'amour avec une poésie et un romantisme infinis. La pochette de son amie graphiste Olivia Bullock est d'une belle inspiration et va comme un gant à ce philosophique et lyrique Meet the Humans, ode à la renaissance, à une sorte de délicieux optimisme, excellent à écouter.

SteveMason

A special Thank to my friend Scott for his awsome advice !





samedi 2 avril 2016

Croquet

The Beatles
Dans Alice au Pays des Merveilles, on connait la fameuse réplique 'do you play..croquet?', mais à l'instar du croquet aujourd'hui destiné à nos chères têtes blondes, il s'agissait à son origine d'un véritable sport pratiqué par les adultes. Sa première évocation date du moyen-âge, on retrouve sa trace au 14ème siècle sous le nom paille-maille ; C'est avec un maillet (du latin malleus : marteau) que l'on tape la balle qui passe sous un arceau de paille. Populaire dans les campagnes françaises, le paille-maille est aussi très pratiqué par l'aristocratie au cours du 17ème siècle, qui l'exporte notamment grâce au roi Charles II, d'abord en Ecosse puis en Angleterre. Notre petit sport frenchy sera transformé par les écossais en fameux 'golf'. Plus tard en Angleterre, le paille-maille nommé Pall-Mall devient un jeu très à la mode, intensément pratiqué dans les jardins de St James's Park qui depuis garde le nom The Mall Street. Idem à Paris, où le jeu se déroule aux jardins des Tuileries et où le terrain de mail sera agrandi par Louis XIV, grand amateur du maillet. L'histoire dit qu'auparavant, pour des soucis de dos, Louis XI a demandé à son ébéniste un jeu de croquet sur table à hauteur humaine ; La requête donnera naissance au billard.



Math and Physics Club "Afternoons with picnics in the park, Swimming pools and croquet on the lawn, Staying up and talking until dawn, Holidays and Saturdays..."


De nombreux endroits au nom dérivant du paille-maille restent dans notre paysage, comme la Porte Maillot à Paris, le mail à Nancy, Dunkerque, Rennes, Troyes etc.. la rue du Mail à Bruxelles, le Pall Mall de Londres bien sûr, l'avenue du Mail à Genève, le Palmaille d'Hambourg...
Les jeux dès le 15ème siècle étaient nombreux, plus appréciés et pratiqués par les adultes qu'aujourd'hui, avec une liste incroyable de jeux de plein air et d'intérieur : Trictrac, Revertier, Mail, Billard, Reversis, Piquet, Tresette, Jeux de cartes à gogo, Quintille, Quadrille, Echecs, Gibeciere, Gobelets, Colin-maillard, le jeu des dames, des jeux de société, des jeux de compagnies comme on les appelait, de toutes sortes. Les plaisirs, les divertissements et amusements, dans les campagnes, les villes, à tous les niveaux de classe sociale, toutes saisons et à tous les âges étaient bien plus présents dans le quotidien qu'ils ne le sont aujourd'hui. 



Beat Happening " We'll come back for Indian Summer, And go our separate ways, Motorbike to cemetery, Picnic on wild berries, French toast with molasses, Croquet and Baked Alaskas..."


On joue dans des salles, dans la rue, Louis XIII offre 120 billards publics à Paris (un chiffre important pour la taille de la ville en 1630), on danse en groupe sur des airs folkloriques remplissant les places où les musiciens se bousculent.
Les activités ludiques touchaient toutes les catégories de la société et tous les générations, un quadra pouvait jouer à la marelle sans rougir. Serions-nous aujourd'hui devenus tristement sérieux à s'amuser seul avec un candycrush sous cape?



Pour les puristes du croquet, qui n'oublient pas qu'il est français, comme le tennis (jeu de paumes), il est possible de se commander un set en bois, fabriqué dans les règles de l'art, chez notre cousin anglais Jack of London, maison fondée en 1795 par un huguenot français émigré en Angleterre.
JacquesLondon

"Quand j'étais petit, j'emportais toujours un maillet de croquet chez le dentiste. Je ne m'en suis jamais servi mais enfin je savais que je l'avais." - Howard Buten

The Kinks " Long ago life was clean, Sex was bad and obscene, And the rich were so mean, Stately homes for the Lords, Croquet lawns, village greens, Victoria was my queen..."


The Divine Comedy "My parents knew these people who, For all their faults were very nice; They owned a farm whose "Olde Worlde" charm, Earned it the name of "Paradise". We came to stay one holiday, We played croquet and burned our arms; But I was charmed and lost for words, When first I heard the birds of Paradise Farm..."








St. John's College ~ Croquet 2014