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dimanche 29 mai 2016

Fascinations Grand Chorus

Les deux musiciens new-yorkais de Fascinations Grand Chorus, Stephanie Cuto et Andrew Pierce évoluent sur les scènes indie-pop depuis des années.

Stephanie, diplômée en musique et pratiquant le saxophone classique, a lancé son premier groupe Souvenir Stand en 2012, sélectionné au New-York Popfest. Ce projet, elle le peaufine avec sa veine sixties ornée de cuivres et de rythmes géniaux en signant en 2013 l'EP Days I've Spent With You, suivi du single Wherever You Go , puis le formidable Days et ses quatre titres qui swinguent et invitent à danser sans convention. Stylées oldies, les paroles, la voix, les harmonies sont excellentes. Enfin l'EP deux titres Surprise sort en 2014 en cd et vinyle, pour être arraché comme un petit pain, tout étant vendu. Hormis son don de musicienne, Stephanie apporte à sa voix de la majesté, du blues, du rock et l'âme des années soixante dans toute sa musicalité et rythmique. Son chant est harmonieux et va comme un gant à l'instrumentation pop hautement solaire.



Quant à Andrew Pierce, il 'connait la musique' pour avoir créé en 2012 le duo Chalk and Numbers. J'écrivais en 2013 sur Andrew : "Andrew Pierce joue tous les instruments. Ils sont deux et ils envoient une puissance de son dans leurs mélopées pop sixties incroyables...Andrew tient dans ses doigts toute la musique pop surf et brit pop des Beach Boys aux Beatles... et son frère Dennis Pierce avec un système analogique habile et une finesse lo-fi fait sonner leurs influences sixties contemporaines et actuelles. La pop jouée et interprétée par Chalk and Numbers n’a rien de superflu et reste enjouée, pleine d’inspiration et sautillante".
Pour lire la suite, c'est par là : Chalk&NumbersPiggledyPop2013
Chalk and Numbers font chauffer les sillons avec le single Happiness This Time Of Year de 2012, suivi de l'EP He Knew, en 2013 l'autre sublime EP Parade sort précédant le single de 2014 Angelfuck.



Les deux amicaux artistes de Fascinations Grand Chorus viennent de faire paraitre deux premiers singles fort prometteurs. Stephanie Cupo et Andrew Pierce allient leurs talents d'auteurs compositeurs, leur univers pop sixties et leurs jolies influences, The Misfits, 1910 Fruitgum Company, Harry Nilsson et Big Star. Stephanie chante et joue du clavier, Andrew assure la batterie et guitare. Avec toujours le puissant Dennis Pierce à la production, le duo offre deux titres formidablement arrangés et mixés qui ne me quittent plus depuis des semaines. Se délectant de Welcome et de Growing, ces deux artistes qui se liguent et s'unissent proposent une pop sixties dynamite. Le style est caressé de notes sucrées, qui swinguent et surfent sur la platine avec ampleur et ardeur. Andrew déchainé à la batterie, Stephanie qui lâche les chevaux au clavier, des paroles amoureuses et printanières, il ne manque plus rien aux deux Fascinations Grand Chorus. Un régal pop à partager!
FascinationsGrandChorus





Parc Monceau

C'est un des joyaux de Paris, avec la place des Vosges, le parc de Montsouris et le jardin du Luxembourg. Au fil des ans, je découvre ces parcs à l'âme villageoise, ces lignes de buissons, les floraisons printanières roses et blanches colonisées de lierre, ses nuances de vert. Ces coeurs parfumés pour les parisiens, ces poumons colorés de tilleuls et de chèvrefeuilles, sont les lieux de pique-nique, des rendez-vous amoureux, des coureurs décidés et des danse de poussettes, d'enfants sur leurs trottinettes.
L'orage a jeté ses lances ce samedi sur les enfants du Parc Monceau. Depuis deux mois c'est un bordel noir dans Paris, révoltes, défilés, grèves, agressions, incendies et c'est sur des enfants lovés dans leur écrin de verdure réconfortant que s'abat la foudre.


Yves Duteil - Au parc Monceau

Au 18ème, Monceaux ou Mousseau était un village de 450 habitants, comme Batignoles, annexé par la commune de Paris vers 1860. Sur les plaines et champs où s'activent les fermiers, le Duc de Chartres (Louis Philippe d'Orléans) fait ériger un superbe pavillon octogonal dans l'optique de badiner, sur un jardin à la française entre 1769 et 1773 qu'il fait appeler 'la folie de Chartres'. Le parc de Mousseau fait 18 hectares, agrémentés d'une rivière, d'un petit lac, de multiples ponts, un moulin hollandais, une ferme suisse et des temples. On y organise des fêtes coquines. A l'époque, les folies sont des maisons pour gens fortunés ou aristocrates qui rencontrent leurs maitresses afin d'assouvir des plaisirs d'hédonistes, tout ça coincé entre une multitude de couvents. Reste aujourd'hui les Folies Bergères. Au 19ème il y avait une pleiade de Folies à Paris! A montmartre, folie Montigny, folie Sandrin, au faubourg Saint-Antoine on en compte plusieurs, idem au faubourg Saint-Antoine, folie Titon rue de Montreuil, folie Genlis rue de Chemin Vert, hôtel de Clermont puis de Montalembert rue de la Roquette, La folie Richelieu rue blanche, la folie Gramont rue de clichy, la folie Brancas rue Saint-Lazare comme La folie Boutin, La folie Boursault rue blanche, la Folie Marbeuf avenue des Champs-Elysées, puis la Folie de Chartres qui, sans aigreur particulière envers Louis-Philippe, était sacrément kitsch, assez de mauvais goût même...avec ses temples grecs, ses pagodes chinoises, ses tentes tartares, ses obélisques, pyramide, fausses ruines...
Metro Monceaux voir HectorGuimardPiggledyPop2014



Après la révolution, ce parc est complétement laissé à l'abandon, en friche absolue jusqu'en 1860. C'est Napoléon III qui mettra la main à la pâte, les frères Pereire, banquiers, entretiennent et remodèlent le parc réduit à 8 hectares grâce au travail de l'ingénieur Adolphe Alphand et du jardinier Jean-Pierre Barillet-Deschamps. Seule la rothonde de l'entrée est d'origine.
En 1861, les familles Rothschild, Cernuschi, Ménier, Camondo feront alors élever des grands hôtels particuliers dont les jardins donnent sur le parc et Gabriel Davioud est chargé des entrées monumentales avec leurs grandes grilles dorées.



On aménage l'espace et on fourre les pelouses de statues de musiciens, Gounod, Chopin, d’écrivains, Maupassant, de poètes et de leurs muses, Alfred de Musset. Les voies des différentes entrées portent des noms de grands peintres du XVIIe siècle : avenue Vélasquez, avenue Ruysdaël, avenue Van-Dyck, rue Rembrandt, rue Murillo. Les artistes contemporains ont vécu là, Michel Petrucciani, Pierre Desprojes, Bourvil, François de Roubaix, Claude Monet, Gustave Caillebotte etc. Zola longuement évoque les façades, les demeures et les pelouses du parc dans La Curée et Marcel Proust le parcoure quotidiennement, habitant avec ses parents 9, Bd Malesherbes de 1873 à 1900, puis rue de Courcelles jusqu'au décès de sa mère en 1905. Le quartier était, par conséquent, le sien et le parc Monceau, le jardin où il jouait enfant.



« J'en atteste, Ô Monceau, tes jardins toujours verts,
Là, des arbres absents, les tiges imitées,
Les magiques berceaux, les grottes enchantées,
Tout vous charme à la fois. Là bravant les saisons,
La rose apprend à naître au milieu des glaçons,
Et les temps, les climats, vaincus par des prodiges,
Semblent, de la féerie, épuiser les prestiges. »
Abbé Jacques Dellile




dimanche 22 mai 2016

Jason Bourgeois

Amoureuse de sa musique, je suis aussi admiratrice de son univers, du personnage qui parallèlement à la scène indie-pop, réalise des films et des vidéos. J'évoquais le premier groupe de Jason, Bourgeois Heroes dans mon billet sur sur le labbel February et sur son ami Henning Ohlenbusch, ces deux musiciens travaillant ensemble, amis depuis des années. Jason a greffé à son CV en 2009 un autre groupe, The Novels et l'album Paper Cliché que je conseille poppement, dans lequel joue de la guitare et de la basse Mike McLellan de Beach Honey. Jason Bourgeois originaire de Northampton, Nouvelle-Angleterre, après 10 ans avec ses Heroes part trotter en solo pour nous concocte une superbe production de six titres. L'album Jason avec le double de titres était prévu à l'origine ; L'artiste l'a délibérément écourté et l'a logiquement nommé Jason Jr.
Il y a 3 ans, j'écrivais : FebruaryRecords
"Depuis 2002, les Bourgeois Heroes, Elise Nacca à la batterie et parfois à la guitare, Jason Bourgeois, au chant et guitare cuisinent des mélodies pop psychédéliques qui peuvent faire penser à un mariage entre la fraicheur excentrique et brillante des gallois de Euros Child ou de Gruff Rhys et l’inspiration, l’art de composer des Beach Boys. Tous les deux écrivent et co-opèrent leurs mélopées à distance, Elise vivant à Austin et Jason à Northampton. Aimant faire résonner les cordes tous les deux, fans de Van Dyke Parks, ils signent des EP depuis dix ans et ne cessent de créer une pop baroque ravissante, de s’amuser au clavecin et au clap-hands dans une ambiance joyeuse et élégante sur Come out and Play with Bourgeois Heroes en 2007, Musical Postcards en 2010, Olé​/​Hola en 2011 et Fleur de Lys & Me en juillet 2013."





Sur cette dernière pépite Jason Jr, le ménestrel pop-psyché américain se rapproche davantage de ses influences, Zombies, Beach Boys, Beatles et Kinks. A l'écoute de ces six fabuleux morceaux, on jerke, on twiste, les queues de cheval poussent sur la tête et les mocassins à pompon ripent. Jason a un don naturel pour l'écriture et la composition, tout en saupoudrant ses divines mélodies de textes voluptueux et d'arrangements baroques, typés sunshine-pop. Pour l'accompagner à l'enregistrement, son ami Henning Ohlenbusch l'accompagne aux claviers et à la basse, Ken Maiuri est aux claviers, xylophone et basse, Brian Marchese aux percussions et batterie et Ryan Quinn à la guitare.
HenningOhlenbusch



Dès l'amorce de l'album au titre symbolique To The End Of The Page, l'attention est illico captée. Jason fait preuve de talent inné mais aussi d'un réel travail, utilisant des prismes sonores des années 60, il offre ensuite un Are you Ready vif et électrisant qui accueille son ami Lord Russ à la cithare. Sa voix ronronne et cabriole, donne de la chair et du style fort élégant à ses harmonies. Puis Waiting Around, en forme de balade ornée de wurlitzer et de choeurs sixties ravissants ramène à l'esprit l'atmosphère des High Llamas. Les accords du clavier joués par Annie Regan swinguent sur Hey Julia, la rythmique et les arpèges s'envolent avec une classe infinie. La guitare de Jason, qui joue aussi du piano et de la basse, nous propulse sans scrupule dans les yéyés délurés psychédéliques, donne envie de se trémousser sur un be-bop rock faisant des tresses avec des rouflaquettes rebelles. La mélopée romantique Someone From A Long Time Ago est une ode à la nostalgie, avec ses flûtes sopranos qui rappellent les années collège avec une naiveté sublime. Enfin la surf-pop enorgueillie de sunshine vient titiller les oreilles sur BankbookChris Wilkey assure les rythmiques et la batterie. Jason Jr est fourni de rythmes magistraux, de voix espiègles, de chansons alternatives brillantes qui échelonnent un album fort réussi que je chouchoute depuis sa réception et qui sera j'espère suivi bientôt de son grand frère Jason.
JasonBourgeois

Jason Bourgeois - Bankbook from Jason Mazzotta on Vimeo.


samedi 21 mai 2016

Morning Smoke

Mon coup de coeur du moment va à ces musiciens anglais de Brighton Morning Smoke. Leur univers pop griffé post-punk, noisy, fait mon régal ces jours-ci. Le groupe depuis 2014 enchaine les singles et offre ce mois de mai 2016 une poignée de titres incroyablement beaux. Cintrés pour les puristes, exécutés avec perfection, leurs titres tiennent une fibre artistique de la digne lignée des Cure, Joy Division, Sisters of Mercy, New Order, dansants et décapants. A mes oreilles, Morning Smoke qui déclare être influencé par Sonic Youth, Beach Fossils ou Slow Dive, sonne diablement et à l'écoute du premier EP Stephanie I, procure un bien fou.



Derrière leur air encanaillé, les quatre musiciens de Morning Smoke sont des esthètes du rock alternatif. Les chansons sont peaufinées, écrites avec talent et elles s'imposent dans le style grâce au chant et à la guitare de Milo McNulty, à la guitare de Max Wright, à la basse de Chris Shaw et à la batterie d'Isaac Ide. En décembre dernier, le jeune groupe signe un Soft Decay où les guitares scintillent sur des paroles nostalgiques accompagnant une mélodie impressionnante de maturité. Ce single fait suite à In Euphoria, puis Hunger et Unknown. Au printemps 2015, Morning Smoke fait paraitre un single magnifique en split avec le groupe Corners sur les labels Dead Fun Records et Lollipop Records. Puis en janvier 2016, les quatre garçons persistent, encore plus percutants et convaincants avec Cannibal Hymns, un single scalpant formidablement efficace. Ce mois de mai 2016 au milieu des brins de muguets et de lilas se glisse le titre Waste my Time qui accroche, tenace et entêtant.
Volontairement Morning Smoke offre des singles, joue sur les scènes indépendantes, avant de s'atteler à un premier album et être certain qu'il sera attendu. Le groupe est invité à participer au Great Escape Festival, joue ce soir en plus sur la scène du Globe pour les chanceux qui sont à Brighton. J'attends les futures mélopées avec une grande et certaine impatience.
MorningSmoke



Marthas and Arthurs

"L’idée des Marthas & Arthurs murit en 2010 autour d’un feu de camp. Les Arthurs, Matt Hart et Tom Ball, les Marthas, Mary Douglas et Esther Keen la soeur de Tom, forment le projet en famille et composent le single vinyle Sally Started It All qui est suivi en janvier 2011 par l’EP Apes in Aeroplanes. Dans la veine des Mamas & the Papas, les titres ornés de flûtes, de trompette, d’accordéon, de xylophone, d’autoharpe, de tambourin, claviers et guitares nous emmènent irrémédiablement dans l’univers pop des Belle and Sebastian. Marthas & Arthurs venant de Herefordshire savent alterner avec des airs pop british et folk américain, sophistiqués ou plus roots, sur des textes poétiques ..."



"A l’écoute de The Hit World of ... le premier album du quator anglais paru en avril 2012, la richesse des harmonies et des instrumentations surprend d’un titre à l’autre. Les quatre voix s’allient sans fausse note, le chant très harmonieux créant une atmosphère bucolique et champêtre; les 11 titres sont des odelettes à la pop pastorale et symphonique de Abba, aux enfants de la country les Everly Brothers, offrant en bonus un hommage aux Stones Roses avec la reprise de Shoot You Down."

MarthasAndArthursPiggledyPop2012



Le 1er janvier 2016 parait le deuxième album portant le joli nom de More International Hits et le groupe se produit sur les scènes anglaises ces jours-ci pour le présenter. La presse 'rock' est unanime, l'album des Marthas est même salué par les pairs du Royaume-Uni comme le grand Jarvis Cocker qui sur la BBC le décrit comme 'brilliant'. La renommée du groupe est sur les rails, ce qui réjouit la fan que je suis.
D'emblée j'annonce aux aficionados que les neuf titres comprennent de la trompette, de la flûte, du piano, du tambourin, de la cithare, de la basse et des guitares à volo. Comme les Marthas & Arthurs nous y ont habitués, les harmonies qu'ils offrent et qui ravivent les spectres des Kinks sont grandioses. On peut également compter sur eux pour picorer les notes délectables des mélodies, inébranlablement aériennes. Le violon vitaminé ouvre la marche pop sur Farlow, au tempo bondissant et galopant. La mélancolie est colorée, légère, rappelant les années juvéniles comme sur la balade printanière Used Up All My Aces où la notion du temps fait des loops avec le piano et l'archer taquin du violon. La nostalgie dansante des 'now', 'old', 'days', 'queens' de la chanson continue sur la suivante On the Streets of Old Gay Paris où Mary, Tom, Esther et Mat chantent tels des troubadours  "Got a ticket on a modern train, To take us over in the modern way, Oh ho, here we go, Gay Paris, Gonna do the things that lovers do, Eiffel Tower and the queue for the loo...And the cold made us old And our dying love was froze, On the streets of Old Gay Paris, It was the streets of Old Gay Paris."



Puis la magie revient sur Meantime, au glockenspiel ravissant, sur la guitare splendide, le piano majestueux et le chant somptueux. Le rouage, l'engrenage de l'instrumentation pop est bien assis, construit avec finesse et inspiration. La veine sixties vient caresser la composition, suivie dans le même esprit du psychédélisme élégant de l'instrumentale Backwards Blackberries. L'amoureuse et épique Rosa Lee arrive sur la pointe des pieds, avec des choeurs ensoleillés, une rythmique délicate qui s'enflamme au fur et à mesure grâce au piano, à la guitare et à l'entrée des trompettes. L'accordéon et la cithare ornent Diamonds Between Her Thighs, émouvante de clap-hands et d'harmonies traditionnelles magnifiques, pour évoquer les gens obsédés par l'argent, vendant leur âme au diable "You look like the Champs Elysees, Your hair frizzier than France, You talk in Italian accents, Like a Spaniard you probably dance, You work for Al-Jazeera, Reading the news and the sport, Your words another has written, Under the desk you wear shorts". Quand The Agency entre avec ses notes pop sautillantes, l'envie de danser saisit, avec un piano romantique qui se marie au violon et au sample du chant de moineaux qui conclue avec une classe infinie sur Lazy Days.
Quand à l'avant printemps les oiseaux se mettent à chanter sur les cimes des arbres ou sur les toits, c'est leur façon de délimiter leur territoire. Les Marthas and Arthurs marquent de la même manière leur empreinte de musiciens pop en signant un More International Hits éclatant de voix, de mélodies et d'harmonies de haut vol.
MarthasAndArthurs


dimanche 8 mai 2016

James McCartney

J'étais un peu dubitative avant d'écouter The Blackberry Train parce que les disques des 'enfants de' sont souvent décevants mais à son écoute, j'ai été soufflée. Je reste collée depuis deux jours à l'album de James McCartney, violent et doux, rock'n roll et pop, passionné et poétique. Il appose clairement sa griffe et son univers. Son style est enflammé, ses mélodies époustouflantes tout comme l'instrumentation, psychédélique, alternative, puissamment rock. Les thèmes fantastiques sont incroyablement beaux. James nous emmène dans un monde mirifique à bord de son train, où les princesses, les châteaux, les licornes, les couronnes de roses virevoltent dans les titres comme échappés d'un livre de Tolkien.



La passion traverse les chansons de The Blackberry Train, qui est à mon avis le disque le plus amoureux de l'année. Les paroles, passionnantes et passionnées, font corps avec les mélodies tantôt offensives et estomaquantes, tantôt d'un romantisme et d'un lyrisme infini. Il répond dans une interview à la question sur son style musical "poppy and abstract, surrealism, realism … mainly just rock and roll."
J'y entends parfois l'influence de papa McCartney, mais aussi une pléiade d'autres références comme les Pixies, Pavement, Cure, Red House Painters et Neil Young. Né en 1977, il reçoit sa première Stratocaster à neuf ans, devient un musicien hors normes, à la guitare et à la batterie. James sort son premier EP en 2010 au joli nom de Available Light sur lequel il nous offre quatre titres qu'il interprète lui-même à la guitare, chant, batterie, basse, mandoline, piano et contrebasse. Il sera suivi en 2011 du génial EP, Close at Hand et du premier album Me en 2012 avec son sublime Fallen Angel.



The Blackberry Train sorti le 6 mai 2016 ouvre avec Too Hard qui parait en single le 26 février dernier. Le titre est envoûtant, mettant le cervelet illico en mode 'rock'. Les premières notes accrochent, efficaces, les guitares, la basse et la batterie s'envolent sur le chant solide. Suit le fantastique, dans tous les sens du terme, Unicorn. Volontairement rock'n roll dès les premiers titres de l'album, les rythmiques ne désarment pas et évoluent dans un esthétisme, un psychédélisme enchanteur. Il y a une urgence, une honnêteté dans la spontanéité de Waterfall, dédiée à sa mère Linda. Fleuri de batterie, d'une guitare electro-acoustique monumentale, d'une basse impressionnante, le texte lumineux et poétique, plein de clair de lune et de cascades, touche et émeut. Paralysis sort l'artillerie et part en croisade rock'n roll, sur "Once upon a time, in the History, Long time ago, was Mystery..." pour hypnotiser sous la charge de cordes cinglantes et combattantes, magnifiquement aiguisées. Ballerina déroule un texte garni d'étoiles et d'amour, des notes empourprées de sentiments passionnés comme le chant franc, musclé presque mythique. La guitare électrique et l'orgue psyché dégainent sur l'interprétation splendide de James qui dresse les poils, tant sa voix explose et mitraille les mots.



L'excellence poursuit avec les harmonies révoltées et énergiques de Peyote Coyote qui balancent des tempos dansants considérables. La personnalité et le don d'auteur-compositeur de James McCartney sautent aux oreilles sur Fantasy dont les harmonies font vibrer et rêver, amenées avec des arrangements mirifiques divins. De manière logique, le titre suivant Alice utilise Alice au pays des merveilles en guise de métaphore pour un titre superbement rock suivi du fabuleux Ring O Ring O Roses, qui galope printanier et nous emmène sur la mélodie prodigieuse en balade dans la campagne anglaise. Les claviers de Prayer annoncent d'un pas assuré stylé gospel une déclaration d'amour, sensuelle et déterminée. Pour terminer ce chef d'oeuvre, James interprète avec un chant délicat sur un ensemble de cordes Peace and Stillness. Ce dernier titre est un bijou de poésie, délivrant de l'orgue, du violon, un texte magique optimiste et plein de lumière.

Il y a dans les compositions de The Blackberry Train une assurance, une qualité de jeu et de chant, qui balayent d'un revers tous doutes possibles. Rond de maturité, d'un talent inné, d'une technique inouie, l'album est aussi offensif que la flotte de l'Amiral Nelson. L'Histoire avec un grand 'H' tient une place importante dans l'écriture, autant que les contes de fées, les histoires romanesques, auxquelles James fait souvent référence. C'est un passionné de livres, de peintures, du passé historique qui nous offre un The Blackberry Train magnifique.
JamesMcCartney





samedi 7 mai 2016

Seazoo

Lisant la description que le groupe donne sur son site 'Seazoo est constitué de deux humains et d'un ours en peluche déniché dans une brocante', les influences qui animent les musiciens gallois, Gorky's, les sixties, Serge Gainsbourg, Pavement, Yo La Tengo et Granddaddy, le profil indie-pop doté d'un esprit bon-enfant se dessine clairement.
En signant les premiers EP de 2013 enregistrés home-made, Ken et Dog Hotel, joués par les radios du Royaume-Uni et vantés par Steve Lamacq, les Seazoo gagnent immédiatement l'attention des médias. Leur single de décembre 2014 au nom assez long pour veiller les pieds sous le sapin, Happily Taking Advice From An Imaginary Sergeant Eddie Stone Late December, passe dans le Lauren Laverne's show sur la BBC.



Dans ce joli élan, Seazoo poursuit son travail de création, inspiré et fertile, offrant en 2015 le sublime 5 titres, Car Deborah. Les mélodies sont élancées, jouées avec une fibre sixties psychédélique, construites avec batterie, guitares, basse, clavier et chant faisant des spirales et des loops délicieux. Seazoo a la belle particularité d'écrire des histoires et de transformer les chansons en mini scénario, nous emmenant dans des époques, des paysages, aux bras de personnages succulents tout en évoquant notre génération en parallèle.



Cette année, en février parait le single Telephone Jones qui illico séduit et fait dodeliner du chef. Avec une belle dextérité, le groupe enregistre DIY en ajoutant sur le titre de l'orgue et du Korg qui d'emblée accrochent les oreilles. Le 24 avril 2016 l'EP Jumbo arrive comme une comète pop, toujours aussi excellemment dansant, rythmé, aux paroles truculentes et aux arrangements colorés. The Heart of Hercules ouvre le bal, haut en tempo, habillé d'une artillerie de guitares et de claviers. Seazoo, Ben Trow à la guitare, composition et au chant, Llinos Griffiths au clavier et au chant, Steffan Owens à la batterie et au chant, Dan West à la guitare et Mike Smith à la basse, invités à partager un live par Mark Riley, jouent sur les scènes du Pays de Galles et d'Angleterre pour présenter le fabuleux Jumbo.
Le groupe est signé depuis sur le label londonien Fandango, devenu au fil du temps un club de renom où une myriade de groupes viennent jouer, décrit par le Time Out "Club Fandango is the undisputed Daddy of London's indie showcase scene" ( Art Brut, Death Cab For Cutie, Arctic Monkeys, British Sea Power, Keane, Friendly Fires, Kaiser Chiefs, Bloc Party, Maximo Park, Alphabeat, Guillemots, Allo Darlin', We Are Scientists, Crystal Castles, Camera Obscura, The Subways, The Pipettes, Guillemots, Okkervil River, Arab Strap, The Clientele, Je Suis Animal etc) et le premier album de Seazoo doit bientôt arriver, étant en ce moment même au stade de l'enregistrement. A noter sur les tablettes!
Seazoo



jeudi 5 mai 2016

Left With Pictures

En route depuis 2005, Left With Pictures est un groupe londonien qui griffe ses mélodies pop d'une instrumentation orchestrale sophistiquée. Le trio nous offre l'album époustouflant Afterlife ce 29 avril 2016 s'inspirant autant de Ravel, Stravinsky que des Crystal Castles et des Sleigh Bells. Aux côtés de Stuart Barter, auteur-compositeur, guitariste et chanteur, il y a Tom Walker au violon, glockenspiel et Toby Knowles, auteur-compositeur, pianiste, accordéoniste et chanteur qui joue dans le groupe de klezmer-ska, Shtetl Superstars écrivant aussi pour le théatre et la télévision. En 2006, l'EP Making chalk garni de six mélopées pop est un premier galop somptueux avec des 'papapa', des tambourins, un tempo gaillard dans le banjo qui dix ans plus tard sonne plutôt moderne.



Trimbalant autant de spontanéité, d'amusement, de naïveté délicieuse avec l'apparition d'arrangements de cordes, un second EP grandiose suit en 2008. Secretly comporte cinq titres solides, intelligents, où le piano batifole sur le kazoo avec la guitare acoustique, les choeurs beach boysiens orné du chant chaleureux, tantôt de Stuart, tantôt de Toby.



Left With Pictures s'empare des scènes, assure une pléiade de concerts et la presse devient élogieuse. Jusqu'alors en auto-production, le groupe signe sur le label Organ Gringer Records le premier album en 2009 Beyond our means. Les douze titres y sont majestueux, écrits et arrangés avec tact, finesse et une inspiration, une instrumentation mélodieuse qui donne des frissons comme sur Her father's Nose, où glockenspiel, piano, guitare, violon, accordéon s'accordent dans une musicalité impressionnante. Le deuxième album In Time apparait en 2011 avec lui aussi des pépites pop incroyables, saluées par les critiques et les fans qui se dandinent sur Go Simon Go! et St-Dominic.



Cette année, Left With Pictures se sublime, se surpasse, revient avec des titres tous plus sublimes les uns que les autres. Annonçant en début d'année la sortie éminente de Afterlife, les anglais font paraitre le premier morceau, Terra Firma, qui laisse tout ce petit monde des médias royalement sur son séant. Utilisant un schéma plus electro-pop avec Multiplex, The Howling, Who's There, The Start, Last Man on Earth, The Night Watch, balançant sur des morceaux poppeux avec Bloody Mess, Stage Fright et Avert Your Eyes dans la veine de David Bowie, Neil Hannon, Radiohead, l'album Afterlife est surement une des plus remarquables sorties de l'année 2016. Le titre Long Lane, dont la vidéo est dirigée par Jonathan Hyde, aurait plu à Elliott Smith, ce qui rend particulièrement attachants les Left With Pictures. Les trois amis de Londres nous ont concocté un bijou de création, d'inspiration en s'entourant du batteur Ed Seed et du producteur Richard Formby. L'interprétation instrumentale et vocale titille les cimes de la perfection. Tandis que Londres vote aujourd'hui pour son nouveau maire, la ville souffle encore un air de liberté, de rock'n roll et d'indie-pop.
LeftWithPictures





dimanche 1 mai 2016

Gentle Hen

Gentle Hen est le nouveau projet de Henning Ohlenbusch, auteur-compositeur américain qui offre le 6 mai prochain un album pop génial, un bonbon de 10 titres nommé The Bells on the Boats on the Bay. Les amateurs de Ladybug Transistor, Lucksmiths, Camera Obscura, Math and physics club, Hefner, They Might be Giants, seront comblés. Etant fan depuis des années, quand j'ai reçu la semaine dernière ce nouvel album, j'étais en 'lévitation' déjà accrochée aux branches. Je le trouve meilleur d'écoute en écoute. Henning écrit depuis des années, a acquis une solide expérience de la scène et des studios et ayant une belle aisance dans la composition, il se permet de la saupoudrer d'un esprit amusé, radieux, délicatement mordant et adorablement sarcastique. HenningOhlenbuschPiggledyPop2012



L'ancien groupe, comprenant les mêmes musiciens que Gentle Hen s'appelle School for the Dead. Henning joue également dans d'autres formations comme The Fawns, Sitting Next To Brian, Bourgeois Heroes, Goldwater, dans le passé Humbert, The Aloha Steamtrain, The Greenbergs ou encore a accompagné Winterpills, Spouse, Chris Collingwood, Polaris et Mark Mulcahy. Il y a aussi le projet alt-country The Gay Potatoes où Henning écrit des chansons et joue de la basse entouré de Chris Collingwood, Lloyd Cole, Philip Price et Brian Marchese. Actif depuis ses années lycée où il lance son premier groupe, jouant de la guitare et du clavier, Henning ne vit pas sans musique et l'étudie en faculté où il obtient son diplôme en musicologie. Depuis il enregistre ses chansons, produit d'autres groupes dans son propre studio à Northampton. Il signe de multiples disques en solo, dont le stellaire Looks Like I'm Tall en 2006, Henning Goes to the Movies en 2011, réunissant de façon originale des chansons parlant de films comme le titre Amélie et son mellotron dévergondé, ou le magnifique single de 2014 Maybe I'm Not Meant To Do Anything Remarkable After All.




Avec un apéritif tel que I Don't Know About Anyone Else But pour entamer The Bells on the Boats on the Bay, on se régale sous la mitraille de riffs de guitares, brillants. Les tambourins, alliés à la batterie font pousser des ailes et la mélodie donne sacrément envie de sautiller. La bonne humeur resplendit sur la terrible histoire de séparation au charme boogie, au tempo vintage dans Jake and Kim Broke Up (Leave Me Out of It) où les claviers taquins et le chant d'Henning sont splendides. L'irrésistible envie de bouger et danser nous tient sur la balade I Wasn't Looking for This à l'harmonica royal, avec le texte somptueusement désabusé, où les notes pop, la basse grandiose, s'envolent légères et cristallines . Les rythmiques gambadent gaillardes sur Somebody Else's Problem, avec ses guitares sixties scintillantes et ses choeurs joyeux qui accompagnent le texte. Puis le sensuel Waiting For Life vibre allègrement sur une guitare électrique magnifique et la basse, la batterie envoûtantes jusqu'au bondissant et jovial Saving Your Life, à la mélodie vitaminée, aux guitares en cascade. Là aussi l'excellent chant de Henning dont l'humour croustille, est un réel plaisir. The Wrongway Out of Town offre des allures sixties psyché des Zombies, rappelant l'écurie des Neutral Milk Hotel, Elf Power, Of Montreal, The Apples in Stereo ; Titre collectif où toute la clique Gentle Hen chante à l'unisson. Le mellow somptueux de She Does, She Does séduit par son texte hilarant, son instrumentation brillante, donnant un profil rock'n roll aux notes jubilatoires. On se surprend à gigoter fébrilement à l'écoute du solaire The People You See Regularly Never Grow Old où Henning touche et émeut avec cette manière d'écrire sur l'amour avec une infinie drôlerie et pudeur. L'émotion est maintenue, tenace, sur Levitation qui reprend les thèmes favoris de l'artiste, les amis, la grandeur, la peur et l'élévation. Alternatif, ce dernier morceau est une belle réussite dans les harmonies de cordes, sa construction, sans dénoter avec son sens et son message. The Bells on the Boats on the Bay de Gentle Hen est un bijou pop à s'offrir et à offrir absolument, disponible sur le site dès samedi prochain.
GentleHen





Henning Ohlenbusch de Gentle Hen s'entoure fidèlement de ses amis musiciens de School for the Dead , Brian Marchese à la batterie qui joue dans the Aloha Steamtrain, The Greenbergs, The Gay Potatoes, etc, Max Germer à la basse qui joue dans The Maggies, Anthony Westcott à la guitare qui joue dans Humbert (avec Henning et Brian), Ken Maiuri aux claviers qui joue dans Pedro The Lion.