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dimanche 24 juillet 2016

Spearmint

Un ami chroniqueur m'a fait découvrir Spearmint en novembre dernier et pourtant le groupe existe depuis 1995. C'est donc une 'vieillerie' qui cette année était pour moi une découverte, une nouveauté, qui le sera aussi peut-être pour vous. Les bonnes chansons traversent le temps comme le bon cognac ou le bon sherry de Churchill. Groupe de Londres né sous l'impulsion de Shirley Lee à la guitare et chant, il s'étoffe avec Simon Calnan au clavier et chant, Ronan Larvor à la batterie, James Parsons qui passe plus tard de la basse à la guitare, s'occupe également des superbes pochettes d'albums et le bassiste officiel Andy Lewis jusqu'à aujourd'hui.
Je suis passée à côté de Spearmint à l'époque et même récemment en regardant le film (500) Days of Summer dans lequel Joseph Gordon-Levitt's fait cette remarque: “It pains me we live in a world where nobody's heard of Spearmint". 500DaysInSummerPiggledyPop2010



1994, Simon et Shirley travaillent tous les deux dans le magasin de disques, Our Price dans Lewisham qui n'existe plus de nos jours. Shirley joue déjà dans un groupe Laverne & Shirley et intègre Simon. Ce groupe tente davantage de faire des chansons séduisantes pour les labels du moment et son public plutôt que d'écrire selon leurs personnalités et envies. Le groupe sera disloqué et donnera naissance à Spearmint, plus proche de l'univers l'indie pop de Shirley, ce qu'il décrit dans sa chanson Sweeping the Nation sur le premier album de 1999 A Week Away.



Les mélodies fleurissent le second album en 2000 Oklahoma, accueillant James dans la formation. L'album à la pochette incroyable, offre 9 titres carte postale dont les thèmes sont les vacances et le voyage. Spearmint, productif et fertile signe l'année suivante un double album de 15 tires, A Different Lifetime, qui parle d'amour, de fleurs, des Flaming Lips sur des arrangements rudement ficelés pop et dansants. Suivra le génial coup de maître en 2003 My Missing Days avec des chansons phares qui ont toujours leur place et dont le panage des harmonies se savoure sans être démodé. En 2005, Spearmint fait une tournée en Allemagne avec de nouvelles chansons jouées en live, concoctées pour l'occasion, enregistrées en studio à leur retour en Angleterre, un album parfumé aux flocons de neige berlinois, The Boy and the Girl That Got Away.



Shirley auteur-compositeur prolixe et surdoué peaufine l'album suivant Paris in a Bottle selon ses expériences passées, comme un weekend à Paris qu'il nous raconte joliment dans sa chanson, la seule de l'album avec un spoken words d'une invitée française pour la voix. Ce que dit l'artiste anglais de l'album "I love the ambition of it, love the spoken pieces, and think that "Psycho Magnet", "The Competition", "What's Wrong With Breaking Up" and "My Girlfriend Is A Killer" are some of the best Pop songs we have done. I very much like "Wednesday Night", which really should be in a stage musical. Most of all, I adore "The Space" - definitely a contender for my favourite Spearmint song."



Depuis ce magnifique album pop de 2006, Spearmint a signé en 2014 l'album News from Nowhere où James et Shirley se partagent l'écriture, ce qui montre que le groupe a traversé ce lustre sans perdre d'ambition, d'inspiration, de spontanéité. Véritablement habitées par l'indie-pop, les compositions fulgurantes tiennent de la qualité des Smiths, Pulp, Bmx Bandits et toute la smala britpop qui est au top des références dans le domaine. Le titre Children Of The Sixties, Children Of The Seventies par exemple souligne avec finesse le regret au sujet des groupes actuels qui n'osent plus s'exprimer, rager, hurler, cachés derrière leur complaisant petit doigt politiquement correct.
J'écoute maintenant en boucle les Spearmint qui n'ont pas raccrocher les guitares. Ils travaillent en studio en ce moment à d'autres belles chansons, à ces cascades d'harmonies, de mélodies, à ces voix résonnantes, emblèmes de la pop et désormais dans mon panthéon Piggledy Pop. L'album en préparation sortira en septembre et Spearmint reprend la route des concerts dès ce 27 juillet pour une scène londonienne partagée avec Chris TT et Wintergreen, suivi de Brighton en Août et les retrouvailles avec l'acolyte de 1995 Lauren Laverne!
Spearmint

Pour les fans, il y a ce livre bande-dessinée anthologie du groupe sur 200 pages de comics britpop à se procurer : This Is A Souvenir - The Songs Of Spearmint & Shirley Lee






samedi 23 juillet 2016

The Pooches

The Pooches est un quartet indie-pop de Glasgow formé par l'auteur-compositeur guitariste Jimmy Hindle qui joue ses compositions depuis 2013 d'abord en solo, puis accompagné Gavin Cormack à la basse, Calvin Halliday à la batterie et Andy Kelly à la guitare. Jimmy décrit ainsi son univers musical : "like Julian Casablancas fronting The Beach Boys". Le premier album sortira le 9 septembre 2016 et en attendant, les écossais nous offrent depuis janvier 2016 un aperçu croustillant avec l'EP Heart Attack. L'équipe enregistre au studio Lane de Glasgow tenu par l'excellent producteur et musicien Chris McCrory, batteur du groupe Casual Sex et maintenant leader de Catholic Action.



A l'écoute de Heart Attack, single qui ouvre l'EP du même nom, on comprend que The Pooches soit des compatriotes des Teenage Fanclub et des Belle and Sebastian. Superbement alternatif, le morceau est brodé de pop, d'arrangements sixties et de guitares scintillantes. Le titre parle du profil single de Heart Attack sur des notes dansantes et des cordes affûtées pour dégainer une mélodie de rêve. La chevauchée pop se poursuit avec l'énergique Crabhammer qui fait secouer les couettes et craquer les élastiques de soquettes. L'ambiance joviale, estivale continue sur le tempo tropical de Pierre aux paroles voltigeantes et rythmées, tout comme les harmonies fort souriantes. Il y a de l'originalité, de l'inspiration et un son magnifique chez The Pooches et leur EP, terminant par la reprise de Rhythm Of The Rain titre somptueux de 1962 signé The Cascades qui rafraichit après les trois premiers titres bouillants de rythmes. Depuis quelques jours, le groupe ouvre l'écoute du titre Mulligan de l'album à venir et tient mes oreilles dans un état fou d'impatience. Rendez-vous power-pop avec The Pooches en septembre prochain!
Anecdotique mais noblement vrai, Jimmy Hindle amoureux des chiens signe avec The Pooches qui signifie 'les cabots' un autre album One Man Dog consacré aux animaux et ouvre le projet aux contributeurs volontaires.
ThePooches
ThePoochesPetProject



jeudi 21 juillet 2016

The A Word

The A Word est une superbe série proposée par la BBC One en mars 2016 traitant du délicat sujet de l'autisme chez l'enfant et du dysfonctionnement familial qu'il engendre souvent. Tous les médias, les critiques qualifient cette série de 6 épisodes de grandiose, émouvante, incroyable, magnifique et j'ai eu un réel coup de coeur en la regardant.
Elle traite du sujet avec délicatesse, humour et émotion sans jamais tomber dans le provoquant ni l'exhibition. Elle est filmée dans le cadre somptueux du Lake District au nord de Manchester, région au climat changeant, authentique et passionnant. Les vues géniales accompagnent très bien l'esprit véritable qu'incarne la famille Hugues ainsi que la bande-son formidablement brit-pop.



Le personnage de Joe, agé de 5 ans, interprété par l'excellent boutchou Max Vento qui a alors 6 ans lorsqu'il tourne, diagnostiqué autiste, passe le plus clair de son temps avec un casque audio sur les oreilles. Le garçonnet est surnommé 'mozart' par son père, parce qu'il connait tous les noms de groupes, les noms des chansons des années 60 à nos jours, leurs années de création, leurs auteurs-compositeurs etc. La série qui déroule tous ces titres que Joe chante à tue-tête est fondamentalement pop. On y entend The Arctic Monkeys, Franz Ferdinand, Human League, The Only Ones, Pulp, Orange Juice, Ron Sexsmith, The Wedding Present, The Damned, Elvis Costello, Gordon Lightfoot, The Jam, The Mekons, The Mighty Wah!, Paloma Faith, The teardrop Explodes, Julian Cope, The Undertones etc.





The A Word est basée sur la série israélienne Yellow Peppers diffusée de 2010 à 2014 sur Channel 2, la même chaine qui diffuse Hatufim, très belle série qui inspire Homeland. The A Word est adaptée et dirigée par Peter Bowker, fabuleux scénariste qui signe Casualty, Wuthering Heights, Marvellous, une trentaine de films et séries dont Capital en 2015, série à suspens fort réussie, également conseillée. Avec lui, il y a le génial Peter Cattaneo, récompensé pour avoir dirigé The Full Monty et le réalisateur Marcus Wilson. La liste d'acteurs est aussi belle et éloquente avec notamment Christopher Eccleston qui incarne le grand-père de Joe avec beaucoup d'humour et qui est aussi à l'affiche de Doctor Who, Jude, Elizabeth, Gone in 60 Seconds, The Others, 28 Days Later, The Seeker etc. Le père de Joe est joué par Lee Ingleby connu pour son rôle dans Harry Potter and the Prisoner of Azkaban, qui joue aussi dans une foule de séries dont l'actuelle Inspector George Gently. La mère de Joe est interprété par l'actrice écossaise de série et de théâtre Morven Christie qui apparait aussi dans Doctor Who en 2015. Puis il y a la jeune soeur de 16 ans Molly Wright, l'oncle joué par l'écossais Greg McHugh, et sa femme rôle joué par Vinette Robinson, actrice vue dans Sherlock, Doctor Who, Casualty etc.




La star de la série c'est vraiment Max Vento avec son énergie, sa spontanéité dans son jeu de Joe. Haut comme trois pommes, il porte la série entière sur ses épaules en accrochant notre attention et en nous touchant. Le réalisateur dit de Max : "If we didn’t find the right kid, we’ve got no show. Max leaped out as having the smartness to take the responsibility of acting but he also had this lovely look and this slight distance in his eye. He’s got countless older siblings – he’s the youngest of many, and he’s just clever.The A Word est une série divertissante, très loin du mélo-dramatique, elle nous éveille à l'autisme avec beaucoup de finesse, de drôlerie, de simplicité et de caractère. Chaque épisode commence par la même scène pop croustillante de Joe et sa balade matinale sous son casque bleu de lecteur mp3 dans ce paysage grandiose qui chante World Shut your mouth de Julian Cope, Rip it up d'Orange Juice, Mardy Bum des Arctic Monkeys, Another Girl, Another Planet de The Only Ones, Something Changed de Pulp, Kennedy de The Wedding Present et Going Underground de The Jam. A voir absolument.
TheAword



jeudi 14 juillet 2016

Champagne Roger Daltrey - The Who

These limited edition products have been created to celebrate the 50th anniversary of legendary English rock band The Who and Roger Daltrey’s career as a singer and actor, spanning more than 50 years.

Roger Daltrey, membre fondateur et chanteur du groupe de rock mythique The Who, lance une édition limitée de Champagne - Cuvée Champagne Roger Daltrey - à l'occasion de la célébration du 50ème anniversaire du groupe. Le champagne est disponible en pré-commande au prix de 95£ et officiellement annoncé en vente, depuis hier, le 13 juillet à la suite de la tournée The Who Hits 50! .

"Je suis très exalté d'avoir l'occasion d'exprimer ma passion pour le champagne au travers de cette cuvée en édition limitée. J'éspère que vous l'aimerez autant que moi" Roger Daltrey.



La Cuvée Champagne Roger Daltrey est créée en association avec Eminent Life, une société dédiée à fêter l'excellence dans la musique et les arts en créant des produits en édition limitée, sélectionnés et fabriqués selon les meilleurs critères. Un pourcentage du produit de la vente ira à l'organisme de bienfaisance, Teen Cancer America, fondé par Roger et son ami membre du groupe, compositeur et guitariste, Pete Towshend.

"Daltrey is a charismatic singer with one of the most powerful voices in the music industry and still performs on stage after more than 50 years in the rock n roll industry. Daltrey has created a charity helping thousands of teenagers suffering from cancer. A percentage of the proceeds from the sales of the products below will go to Teen Cancer America."
TeenCancerAmerica



Quelle plus belle manière de célébrer les royalties de 50 ans du rock avec un champagne exclusif crée exceptionnellement pour l'occasion? La Cuvée Champagne Roger Daltrey est la quintessence de The Who, la marque symbolique du groupe, la cible 'mod' étiquette la bouteille, ainsi que la célèbre illustration de l'album Tommy de l'artiste Mike McInnerny.

The Who Hits 50! était en tournée en Amérique du nord depuis avril 2015 et était la tête d'affiche du prestigieux festival de L'Isle de Wight le 11 juin 2016. Fêtant un demi-siècle incroyable depuis la formation du groupe en 1964, la setlist de The Who Hits 50! montre exactement pourquoi The Who reste un des groupes le plus influent de tous les temps. C'est un voyage dans le temps, un retour aux prémices du groupe au travers des grands classiques de The Who comme Who’s Next, Tommy, Quadrophenia, My Generation du Live At Leeds, jusqu'à nos jours.



Le champagne qui a remporté la sélection est produit par Champagne Charles Orban ; une famille de viticulteur du village de Troissy, situé sur la rive gauche de la Marne. Issu d'un subtil mélange de trois variétés de cépages, Chardonnay, Pinot Noir et Pinot Meunier, cette cuvée contient la parfaite expression des trois variétés utilisée en Champagne et présente une texture onctueuse avec des bulles fines et aériennes, noté 90 (remarquable) dans le Wine Spectator.

Le seau Orfévrerie d'Anjou en édition limitée :
La cuvée Champagne Roger Daltrey est disponible accompagnée d'un seau à glace en série limitée, fabriqué par l'Orfèvrerie d'anjou, le plus grand spécialiste au monde de fabrication de seau à champagne en étain depuis 1710. Comme la bouteille, les seaux en étain résistants sont modelés et décorés du logo des The Who, gravés avec expertise, comprenant la signature de Roger Daltrey.



Notes de l'éditeur
L'association Teen Cancer America travaille depuis plus de dix ans avec son équivalent en Angleterre, Teenage Cancer Trust. Pete Townshend et Roger Daltrey, suivis et aidés par Robert Plant de Led Zeppelin et Dave Grohl de Foo Fighters, ont donné un concert à Los Angeles en novembre 2011 pour lancer localement un Teen Cancer America. C'est un de leur but depuis longtemps d'établir un programme d'ouverture de centres dans différents endroits stratégiques aux Etats-Unis. Un dollar sur chaque billet vendu de la tournée nord-américaine est reversé au Teen Cancer America. " La maladie devrait être une simple parenthèse dans la vie des adolescents, pas un continuel et dévastateur combat. C'est une grande ambition mais nous pouvons y arriver en travaillant tous ensemble." - Roger Daltrey
ChampagneRogerDaltrey





lundi 11 juillet 2016

The Luxembourg Signal

Voici un groupe qui séduira les amateurs du genre indie-pop, les aficionados de feu Sarah Records et de la Factory. The Luxembourg Signal est un groupe composé de pointures qui signe l'album du même nom en 2014. Cette réunion d'artistes pop qui jouent dans leurs formations respectives depuis des années, comporte le trio de Los Angeles, Aberdeen, Beth Arzy (également dans Trembling Blue Stars), Brian Espinosa et Johnny Joyner, la chanteuse anglaise Betsy Moyer qui enregistre les voix à Londres, Dale Crover des Melvins à la batterie accompagné de Toshi Kasai (acolyte des Melvins), Ginny Pitchford, Dave Newton, ex-guitariste de Fonda et de Mighty Lemon Drops au mixing, accompagné de son ami David Klotz, pilier des Fonda, Daniel Kumiega à la guitare, John Girgus ex-guitariste de Trembling Blue Stars, aux claviers, chant et guitare. Toute cette joyeuse troupe regroupant des talents, de l'inspiration, de l'expérience, nous délivre un album de 10 titres de dream-pop monumentale.



L'ambiance pop démarre sur les chapeaux de roues avec Dying Star, orchestré avec de puissants sons de claviers et de guitares électriques volontaires pour une mélodie frontale. Ses contours dreamy et atmosphériques mettent dans le bain illico. L'esthétisme pop poursuit sa route avec Distant Drive qui nous fait plonger dans l'univers des Smiths, Echo and the Bunnymen, Brighter et des Human League. Les accords fusent, explosent comme des météorites pop au fil de la mélopée qui donne envie de trottiner sous son casque audio. Evidemment, Dale Crover illumine avec son tempo de batterie déchainée qui ne se calme pas sur le fabuleux Heaven, solaire, somptueux, entrainant à danser quand arrive She Loves to Feel The Sun.



Le shoe-gaze entre en scène avec First Light, sensuel et langoureux, où les voix subtiles en duo sont brillantes, les distorsions dans les guitares incroyablement belles, propulsant un moment dans l'univers de The Jesus and Mary Chain et Sonic Youth. Ne quittant plus cette sensation d'apesanteur, Drowning suit, avec ses guitares solides, éloquentes et sa batterie majestueusement combative pour faire resplendir la mélodie. Les cordes, les claviers, les tambourins poursuivent la cavalcade avec Wishing Pool, toujours propulsant, plein de reflets et de reliefs. Le court instant de Unphased et ses synthétiseurs rappelle la métaphore de l'espace dans les chansons pour évoquer les sentiments, les personnels et ceux de musiciens, comme sur We go on, carte postale des années passées ensemble en tournée, sur les scènes, aux quatre coins du monde indie-pop. The Luxembourg Signal termine sur des rythmique estivales et positives avec Let it Go, en mouvement, faisant des pirouettes pop jusqu'à la dernière note. Merci à Shelflife Records, génial label de Portland et San Francisco efficace depuis 1995 et qui offre une belle pépite d'harmonies, d'instrumentations florissantes et fédératrices avec ce grand album émissaire, The Luxembourg Signal.
TheLuxembourgSignal
ShelflifeRecords

dimanche 10 juillet 2016

The Royal Landscape Society

J'ai réalisé ces jours-ci que le genre de musique 'indie' présent sur Piggledy Pop peut paraître vague pour certains, un 'genre' de pop pas bien défini, très vague pour d'autres...Avant de me répandre en adjectifs dithyrambiques comme de coutume sur les Royal Landscape Society (parce qu'être désagréable et déglinguer des groupes, je trouve ça trop facile), je m'en vais faire un memento.

Le genre indie-pop, pop indépendante, nait dans les années 80 au Royaume-Uni dans le sillage du punk, post-punk puis de la New-age. L'Ecosse en ces temps-là est un véritable essaim avec l'arrivée des Orange Juice en 1978 chez Postcards Records, petit label de Glasgow qui grossit dans les eighties avec les Pastels, Belle and Sebastian, Go-Betweens, Teenage Fanclub, Franz Ferdinand etc. Puis arrivent les groupes anglais comme The Smiths, des labels 'indé' comme Rough Trade ou Sarah Records. Concrètement, la naissance de l'indie-pop découle du Do It Yoursel chéri par le punk et post punk, mélangé à l'influence sixties des Beatles et du Velvet Underground. La situation politique à cette époque en Angleterre est tendue, les musiciens du maddchester, de la britpop, imposent leur style, parfois asexué, accueillant enfin des groupes féminins, affichant leur sexualité librement sous des écharpes rayées au chaud dans les Dr Martens (les vraies, pas les chinoises). Après New Order, Joy Division, Cure, l'indie-pop compte plus tard Blur, Talk Talk, Buzzcocks, Pulp, Radiohead qui tâtant un mouvement musical typé 'troisième voie' contre le gouvernement en place de Margaret Thatcher, crée une pop de résistance 'underground'. En bonus, l'indie-pop évolue loin des gros labels, s'évitant avec intelligence et par principe d'autonomie d'avoir affaire à des Universal et consorts.



The Royal Landscape Society sont de Séville. Les musiciens du groupe Cris Romero, Fran Torres, María Barrero, David Vidal et Juan Luis Castro au mix, raniment dans ce premier album de juillet 2014 toutes les âmes qui ont fondé le mouvement indie-pop de The Smiths, The Orchids à C86, Trembling Blue Stars tout en offrant un pop actuelle, moderne, dans la veine de The Real Estate, Jim Ruiz Set, King Creosote ou les Frank and Walters.
L'album éponyme commence avec le fabuleux Goodbye. Ses guitares, sa rythmique dans la batterie et la basse virevoltent et entêtantes, font galoper nos neurones indie-pop en liesse rappelant un peu les arpèges du Failure des Kings of Convenience. Puis Friends and Lovers, aux allures synth-pop, rafraichissant et dansant, porte un joli texte plein de charme old-school et de retenue, comme La La La où les instruments façon twee à la Sarah Records jouent une mélodie qui colle avec classe et finesse au thème.



L'élégance ne désarme pas avec le tempo fort réussi de Frost, qui avec ses paroles mélancoliques propose un air énergique et chaleureux griffé synth-pop suédoise comme celle du label Labrador. Clean, fait du même bois, invite encore à gigoter sur les claviers vitaminés. Le chant lo-fi de Cris est somptueux pour accompagner les arrangements façon 80's et 90's qu'il joue aux synthétiseurs avec brio notamment ceux de Early Sunrays qui rappellent Blueboy et Field Mice. Le fort réussi mini-album de 9 titres contient 3 remix de Goodbye, Friends and Lovers et Early Sunrays respectivement orchestrés par les groupes Combray de Barcelone, Devil Town et I am Dive de Séville. The Royal Landscape Society est un album superbe et excellent par ses mélodies et son interprétation. 
TheRoyalLandscapeSociety
SundaePiggledyPop2012
FeatherfinPiggledyPop2016

dimanche 3 juillet 2016

Marc Elston

Marc et son frère Graeme Elston
Il y a des histoires d'amitié comme celle de l'Angleterre et de la Normandie, immuables. Marc Elston connait bien la région où, quand il quitte Nottingham, il passe ses étés en famille. D'ailleurs, son choix de pochette pour l'album qu'il signe ce mois d'avril 2016 porte sur le pont de Normandie. Regroupant des EP, des singles, des titres enregistrés à la maison dont 3 morceaux sont peaufinés avec le brésilien Adrian Do Couto de Postal Blue, la compilation The Colours They Bring est absolument essentielle aux amateurs du genre. Marc y déroule un tapis de mélodies pop qui ramènent à la britpop si chère à nos oreilles et proche de l'univers des Housemartins, Lloyd Cole, the Smiths, etc. J'évoque son travail d'auteur-compositeur dans un billet sur ses groupes, The Liberty Ship puis Franklin's Kite avec lequel Marc joue sur la scène du festival Indietracks en Angleterre aux côtés de The Very Most, Cosines, Allo Darlin', The Just Joans, Spearmint et bien d'autres.
Franklin'sKitePiggledyPop2014
PostalBluePiggledyPop2016



C'est Everything You Say And Do qui ouvre le bal, avec ses lignes de guitares vitaminées et son tambourin taquin, signé sur la compilation Indietracks 2014 et suivi de la ballade souriante Taking Care Of Business d'avril 2015 ornée du swing et de la sunshine d'Adriano. Arrive la mélopée Normandy by Sundown qu'à l'époque j'avais eu le privilège d'écouter dans son process, enregistrée lors d'un séjour de Marc en 2014 dans les vertes contrées de la Normandie et arrangée avec un délectable tempo bossa dans la basse, le synthétiseur et les magnifiques arpèges de guitare. Adriano Do Coupo revient accompagner Marc Elston sur Mumble de 2015, titre également sur la compilation Eardrums. La rythmique entêtante, la mélodie accrocheuse, s'allient au chant énergique de Marc. Fools Like Us accroche les wagons qui zigzaguent gaiment dans une atmosphère electro-pop avant que les guitares s'envolent élégantes sur The Wonder Hour offrant une atmosphère artistique dans la veine des Eggstone ou des Wannadies. Puis You Want A Girlfriend, intime et somptueux suivi de The Colours They Bring, rock et plein d'entrain indie-pop propose un adorable moment jangle pop, continué avec les tambourins espiègles et le mellotron de Other People's Stories.



Le virtuose Elston offre une nouvelle friandise power-pop avec Hurdles and Rewards au chant et à la mélodie sublimes. Les cordes de guitares marquent la rythmique épatante sur When You Touch Down, avec son instrumentation alternative désinvolte et gracieuse. La twee s'invite sur Frost and Rhyme aux allures langoureuses et nostalgiques sur des mots amoureux quand l'âme historique britannique galope sur le dansant Hawker Hunter Tower Bridge Incident. 2AM parle de musiciens et son tempo chaloupé donne sacrément envie d'onduler les hanches avant de se les désarticuler sauvagement sur la basse et la guitare dévergondées de The Way You Danced With Me. The Colours They Bring contient toutes les couleurs de l'Union Jack, avec ses courbes pop british à s'empourprer, cuivrées, efficaces, vrombrissantes : Un album dans la droite ligne des Boo Radleys, Pastels, Orange Juice et des Pale Fountains à se procurer.

Normandie by Sundown from Marc Elston

Andy Shauf

Andy Shauf est un auteur-compositeur canadien. En 2012, il signe un premier EP nommé Sam Jones feeds his demons, dévoilant un univers musical émouvant, extrêmement mélodique, dans le sillage de Harris Nilsson et d'Elliott Smith tissant avec brio un scenario dans chacune de ses chansons . Multi-instrumentaliste, l'artiste compose, chante et joue de la guitare, du piano, de l'harmonica, de la batterie, du banjo, de la clarinette. Les ballades pop envoûtantes sont construites d'une façon alternative sur sa voix magnifique. Les cordes et les cuivres sont mélangés subtilement et l'orchestration délicate accompagne des textes d'une douceur infinie. De Sam à Victoria, au coeur de l'hiver, l'amour réchauffe les coeurs et à la lueur du jour ou au milieu de la nuit, Sam distribue du sentiment à volo.
Véritable petit chef d'oeuvre, la suite est aussi superbe. En février 2015 parait l'album, simplement fantastique The Bearer of Bad News. Ses 11 titres sont des scènes de vie, chantées avec beaucoup de charme et d'âme, arrangées finement avec une pléiade d'instruments, dosés, voltigeants, gracieux. Andy est autant brillant avec un instrument comme avec un stylo. L'orfèvre mélodiste travaille sur toute la chaine de la création, du papier à l'instrumentation, à l'interprétation et la production ayant enregistré seul ce premier album dans la maison de ses parents.



Andy Shauf grandit dans une famille de musiciens dans la région du grand ouest canadien Saskatchewan bordée de prairies. A 12 ans, il commence la batterie, la guitare, joue de la musique punk-rock dans un groupe puis découvrant les albums d'Elliott Smith, Paul Simon, Randy Newman il est vite contaminé, s'essaie illico à l'écriture. 6 ans plus tard sort son premier disque, travaillant ses chansons le soir en rentrant du lycée. Depuis 2012, le jeune musicien joue sur scène et tourne au canada sans faiblir pour faire connaitre ses chansons jusqu'à ce que le label indépendant Tender Loving Empire lui propose une signature. Habitant depuis peu la ville de Regina, Andy Shauf compose son deuxième album qui sera enregistré en studio et qu'il peaufine seul en jouant tous les instruments, à l'exception des cordes, assurées par Colin Nealis. Au mois de mai 2016, ce bijou pop sort portant le joli nom de The Party.



Tout comme auparavant le disque nous narre l'histoire de personnages, hauts en couleur, variés à l'image de l'instrumentation. Avec une trame boogie, jazzy, groovy, la pop y est resplendissante. Après Jerry, Helen, Jenny, l'auteur-compositeur nous invite à découvrir de nouveaux scénarios, divers décors avec de nouvelles têtes comme le magicien, Martha et Alexander. The Magician, orchestré avec dextérité offre une mélodie solide, un chant d'Andy limpide, aérien, pour former une pop somptueuse. L'ambiance intime et sophistiquée groove délicieusement sur Early To The Party et sa basse sensuelle, ses cordes langoureuses. Le piano majestueux enchante sur Twist Your Ankle où Andy met de l'effet dans son chant pour le faire scintiller et créer un tempo qui voltige suave et précieux.



Quite Like You sautille, clopin-clopant sur les guitares et la basse décrivant le couple Jeremy et Sherry avant la sunshine pop de Begin Again qui évoque ses sentiments pour Sherry. L'ambiance me rappelle fortement celle des Woody Allen avec une pincée de Charles Shulz, les rencontres naives et maladroites, autour d'un verre, dans les parcs, comme The Worst In You qui avec humilité, une rythmique bondissante, est un bol de spontanéité et d'innocence. Le naturel d'Andy Shauf cache du génie, un talent exceptionnel dans la composition et l'instrumentation qui continue avec le sentimental Jimmy sur To you et le groove virevoltant de Eyes Of Them All. Les guitares à l'attaque de Alexander all Alone ravive l'âme de Needle in the Hay, avec un piano et un chant posé, lyriques quand Martha Sways boucle l'écoute avec grâce sur la guitare acoustique délicate et les violons romantiques.
Pour présenter ce The Party époustouflant de qualité et de musicalité, Andy Shauf après avoir joué en Europe et à Paris en avril, part en tournée sur le territoire américain et canadien avec Chris Cohen et Scattered Clouds pour des dates quasi quotidiennes jusqu'au 19 décembre.

AndyShauf