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vendredi 30 décembre 2016

Bonne Année Pop !



 
Sofa City Sweetheart - Christmas On The Sofa


Catholic Action - New Year


Lawrence Arabia - Jingling Christmas Eve


Sam Tudor - The Modern New Year


The Zolas - Snow


The Haywains - Who Needs Summer?


The Layaways - Maybe Next Year


Smalltown Poets - The Wassail Song


Bonne Année, 
blwyddyn newydd dda,  
a gut jor, 
bliadhna mhath ur, 
gott nytt år, 
S novim godom, 
eutichismenos o kainourgios chronos,  
feliz ano novo, 
szczęśliwego nowego roku, 
feliz año nuevo, 
godt nyttår, 
gelukkig nieuwjaar, 
akemashite omedetô gozaimasu, 
felice anno nuovo,
xin nian hao, 
gleðilegt nýtt ár,  
boldog új évet, 
shana tova, 
ath bhliain faoi mhaise, 
gelukkig nieuwjaar, 
onnellista uutta vuotta,  
godt nytår, 
pace è salute, 
chestita nova godina, 
happy new year! 





lundi 26 décembre 2016

Luke Haines

Il est un des plus grands auteurs-compositeurs anglais passé par The Auteurs, Baader Meinhof et Black Box Recorder puis par l'aventure en solo où il signe plus de douze albums depuis 2001.
Régnant sur la brit-pop depuis 1992, avec son groupe The Auteurs, Luke Haines sort en 1993 New Wave, 1994 Now i'm a Cowboy, 1996 After Murder Park et How i learned to Love the Bootboys en 1999 suivi de la compilation Das Capital en 2003 produit par Steve Albini et Luke Haines is Dead en 2005. En 1996 sous le nom de Baader Meinhof, monsieur Haines offre un gigantesque album aussi frappant par la majestueuse instrumentation, par le thème qui marque au fer et par son interprétation écorchée, sincère.



Chroniqueur du contemporain, l'anglais est un conteur, un poète qui soulève parfois des sujets qui fâchent, nous invite à découvrir la peinture, la littérature, la musique au travers de ses textes écrits avec talent et philosophie. Luke Haines possède une diction et une voix élastiques, intelligentes et élégantes auxquelles mon épiderme est fort sensible.
Pour les amoureux de sensualité, de brut et de névrotique à la Velvet, nuancés de son britannique à la Syd Barrett, l'album de Lukes Haines, Smash the System sorti le 7 octobre 2016, fait effet d'exfoliant. La volonté révolutionnaire s'est voilée, engraissée, emmurée, mais l'écoute de Smash the System qui rend hommage à Lou Reed, Bowie, Marc Bolan, The Incredible String Band, soigne de la neuropathie ambiante .



Sans changer son fusil d'épaule, Luke Haines dégaine dès le premier titre Ulrike Meinhof ‘s brain is missing, qui fait référence avec humour et finesse au Baader de d'antan . Les claviers attaquent aussi inquiétants que dynamiques et énergiques sur la voix clamant des mots glaçants qui remémorent la guerre froide ""there's a hullabaloo in the Stasi HQ – Jurgen, Jurgen, achtung surgeon!" avant le drôle Black Bunny (I'm Not Vince Taylor) mordoré d'electro-pop aux sonorités eighties jusqu'au sensuel Ritual Magick où dominent grain de voix et guitare en semant un texte onirique plein de roses, de jardin et de feuilles. En bonus, les flûtes sopranos y soufflent un effet elfique. Le titre suivant, logique, Power of the Witch est décapant de rythmiques, de synthétiseurs qui font des squames dans l'instrumentation. Superbement addictif, l'album de qualité poursuit dans la diversité, keepsake d'univers musicaux avec l'intro Cosmic man avant le somptueux Bomber Jacket orné de clap-hands, de cithare et de percussions envoûtantes. On repart en Allemagne et à Hong-kong avec Bruce Lee Roman Polanski and me, menaçant de sonorités, qui dénonce et accuse.



Le tempo funky et rock'n roll de Marc Bolan Blues parle lui de musique sur le wah-wah révolté des guitares et le chant sarcastique, aiguisé, rendant un bien bel hommage au compatriote et leader de T-Rex qui de son temps chantait Lean Woman Blues . L'humeur nostalgique et respectueuse de ses pairs continue avec l'acoustique et le solo de kazoo sur la mélodie folk psyché grandiose The Incredible String Band. Les références qui habitent Luke Haines se suivent avec l'entrée de Cosmic Man qui énumèrent des noms d'acteurs hollywoodiens des années 70. Enfin la batterie énervée de Smash the system fait claquer nos catterpillars en dansant et en claquant des mains quand Haines entonne 'do you like the Monkees...listen to the Velvet Underground..David Jones sings...' et nous invite à rejoindre the 'underground' et à former 'the riot'. C'est clair. Monsieur Haines est en grande forme. Are you Mad clôt l'album incroyable et très beau en douceur, avec la chaleur des choeurs, des cordes de guitare, hommage à Syd Barrett, véritable tattoo dans l'univers musical de Luke Haines . Smash the System est encore un pièce maitresse, une grande beauté, sortie du chapeau du magicien Luke Haines.





dimanche 25 décembre 2016

Blushing

J'ai un coup de coeur shoe-gaze pour Blushing qui s'aligne dans la grande tradition des Cocteau Twins, The Sundays, Belly, Beach House, Real Estate, les influences dont le groupe d'Austin se nourrit. Le quartet est formé de deux couples unis dans le privé, Christina Carmona à la basse et chant, son mari Noe Carmona au clavier et à la guitare, avec Michelle Soto à la guitare et au chant et son mari Jake Soto à la batterie. Blushing nous offre un premier EP qui paraitra le 13 janvier 2017 nommé Tether et qui fait résonner toute l'excellence indie-pop du Texas, mecque du rock avec ses fabriques de guitares, ses studios d'enregistrement et salles de concert qui fourmillent.



Les quatre américains posent des guirlandes de notes, en apposant avec une sacrée belle alternance de la réverbération et de l'écho qui fait penser aux Garlands et à Heavenly. Le rythme langoureux et gazeux à souhait, les vagues noisy pop de Tether oscillent et explosent sur les voix au bord du cold wave de Christina et de Michelle. Quand la batterie vigoureusement éclatante de Why can't we? lance la rythmique, les voix, la basse et la guitare électrique s'envolent sur le thème romantique et persuadent que Blushing nous réserve une suite musicale prometteuse.
Les six minutes de Mess glissent dans les écouteurs, délicates et puissantes à la fois, oscillant entre les riffs de guitares et les ondulations de claviers, magnifiques de bout en bout avant le touchant Protect you, bijou indie qui boucle ce premier EP à l'atmosphère vibrante réussie.
Blushing

samedi 10 décembre 2016

Joyeux Noël 2016 !

Chaque année, je ne déroge pas à la règle de la compilation de Noël qui aura en 2016 un accent indie-pop eighties, avec ce souvenir vivace de ces années où je développais déjà la phobie 'du barbu'...Comme ces bambins courageux mis à l'honneur en un clin d'oeil par le photographe américain Jeff Roffman.
JeffRoffman


The Blank Tapes - The Golden Winter


Les Bicyclettes De Belsize - A very Indie Christmas




Remington Super 60 - Here Comes Christmas


The Futureheads - Christmas Was Better In The 80s




XTC -Thanks For Christmas


Pas/Cal - Last Christmas




The Boy Least Likely To - George and Andrew


The crookes - You bring the snow




The New Pornographers - Joseph, Who Understood


Eux Autres - Another Christmas At Home




Steve Goldberg - Christmas Time for Girls and Boys


LOS - Christmas in D




Islands - Christmas Tree


David Bazan - All i want for christmas




The Sink Tapes - Priority Mail (This Christmas)


Merry Christmas 2016 with Dogs & Cats - Le Holiday Feast



Etzabotz : Underground Israeli Music

Alakir Records est un label indépendant basé à Tel Aviv qui invite en octobre 2016 plusieurs groupes locaux et musiciens du monde entier à collaborer pour signer la fantastique compilation Etzabotz. Revigorante, elle présente un kaleidoscope d'artistes et de chansons garage, pop, rock, psyché accrocheuses et hautement conseillées pour se décoincer les vertèbres et le jeans trop slim en cette période chocolatée et alcoolisée. J'ai découvert une scène israélienne prodigieusement active et offrant des titres d'indie oscillant entre le post-punk, la pop cold et shoegaze alternative fort efficace.

L'album Etzabotz: Underground Israeli Music Vol​.​1 attaque avec les excellents Haxxan avec ses trois personnages, Rodion à la guitare, Amit à la basse et Yuri à la batterie qui nous offre un Got You on my Back héroique quand The Psychotic Beach Bums déboule, brillant de psychédélisme avec Dancing In Your Light. Le morceau furieusement rodé donne envie de gigoter sur les envolées de guitares de Chen Shenhav, la rythmique endiablée de Georgius Caesar et le chant de Cavan qui clame "I never danced on day in my life, till I saw your smiling eyes, I know I hurt you baby, but I can't stop dancing since I met you, let's go". L'énergie ne lâche pas une note sur Shirley qui parait sur l'album Farsh du duo punk pop-garage Deaf Chonky avec Tami Kaminsky au chant, à la batterie, harmonica et Adi Bronicki au chant, guitare, banjo, synthé et contrebasse. La cavalerie rock de la guitare envoûtante de Tim A débarque sur le chant stylé à la Ian Curtis de Shura Lubarsky (Etzabotz est son studio d'enregistrement), également déchainé à la batterie, qui forment Saint God.



Suit l'énervé Injecting the Poisoned Soul de Verminn, Roy au chant et batterie accompagné de Gil, basse et chant, qui assume sans sourciller un rock métal qui fait dresser le poil, puis l'electro pop décalée dans le genre et le temps avec Parve, Yaniv Schonfeld à la guitare, Tomer Damsky au chant et batterie recoiffent n'importe quel chauve avec leur tantrique Oy Vey Zmir de sept minutes qui fait fondre les ampoules des enceintes. Mongar se glisse dans le disque avec le titre instrumental post rock Chocky avant la technique et l'inspiration foisonnante de Suicidal Furniture et son titre instrumental Video Games. Ce duo, Alexandra Levi et Avinoam Sterenheim, ex Lebanon, décrit son rock 'avant-guard drums-guitar duo from Tel Aviv, with a post/meth/indie-rock sound'. La douceur de The Wind in the Shadows signé des Meshukatzot, le duo Ran & Meital, sculpteurs de noisy rock depuis 2011, parcourt l'échine pour fermer l'écoute de manière sensuelle et très mélodique.
AlakirRecords





Joyeux Noël pollué !

Bilan 2015 après la COP21 à Paris : année de la super Lune, année de la super Pollution.
Depuis une semaine, les parisiens ne jouent pas de l'air-guitare, mais de l'air-ça'gratte.
Du 5 au 9 décembre 2016, l'air parisien était indécent. Quatre jours de trafic routier bloqué avec des transports publics bondés et de surcroît, une gratuité qui a développé une série d'incidents techniques (sans parler du savoir-vivre des cerveaux asphyxiés) faisant un trafic boiteux, voire inexistant à l'aéroport de Roissy par exemple où les touristes ont trouvé la ligne de RER fermée. Une tradition.
On s'en balance me direz-vous, c'est Noël ! Priorités au shopping, aux boules, à la buche et aux crottes... J'ai néanmoins une pensée émue pour le père Noël qui va se prendre une bouffée de carbone dans la barbe en descendant nos cheminées.



Les écolos allemands (Grünen), fer de lance en Europe, réactivent les centrales à charbon ne voulant plus de l'atome nucléaire. Les centrales allemandes au lignite continuent à tourner à plein régime, à cracher du CO2, particules fines, et autres poisons. Sur la carte européenne, le nuage de particules polluantes est au 'rouge' au dessus de l'Allemagne, se déliant sur la France. Mais personne ne proteste, personne ne s’inquiète de ce nuage de l’Allemagne charbonneuse, qui traverse le Rhin et est responsable de 1000 morts par an en France.

"Le charbon entraîne 23 000 morts prématurées en Europe chaque année" - Le Monde, 2016
"Greenpeace estime que les centrales au charbon seraient silencieusement responsables de la perte de 240 000 années de vie [4] par an, en Europe. Globalement, selon Greenpeace, les centrales au charbon tuent plus que les accidents de la route". Silent Killers, 2013

Bilan 2016 : les rats quittent le navire et vont danser la salsa à Cuba.



Cette totale irresponsabilité irrespirable me rappelle le 'Great Smog' de Londres, entre le 5 et le 9 décembre 1952. Cet épisode, considéré comme la pire pollution atmosphérique de toute l'histoire du Royaume-Uni, la pire catastrophe liée à la pollution de l’air qu’ait connue la planète, a selon les premiers comptes rendus par les pouvoirs publics tué 4000 personnes. Les études récentes montrent que le calcul de l'époque était biaisé, 'sous-estimé'. Les dégâts humains liés au smog sur la capitale, des polluants provenant de la combustion du charbon industriel au même titre que le CO2, en à peine 4 jours, seraient de l'ordre de 12 000 morts et 150 000 hospitalisations.
Ajout à la liste pour le père Noël : un hoverboard.. avec le masque skysper en option.





dimanche 4 décembre 2016

Bauer

Au fur à mesure des écoutes de Bauer, les chansons du groupe de Manchester sont devenues addictives. Le single Made the Change sorti en août 2016, sculpté indie, musclé de synth-pop donne furieusement envie de danser sur les belles images vidéo filmées aux abords du Bridgewater Hall du Hallé Orchestra au sein de la city. Après leur premier album Sleeping Giant en 2012, le 7 octobre dernier parait l'album Impossible is Nothing de Bauer dont la devise est "For the Believers, the Pledgers, the Old Guard, the New Guard.. This is Music".



Michael Reed alias Mikey Guitar, qui signe en 2015 l'album solo Fables, Greg Matthew au chant, Neil Treppas à la basse, Lee Bradbury à la batterie s'amusent entre les deux productions à faire des reprises, comme celle des Depeche Mode, des démos, des hommages comme pour David Bowie. Mikey et Greg s'allient cette année dans un projet parallèle aux allures des Chameleons nommé Red Sided Garter Snakes. Il y a effectivement dans ces créations l'âme des eighties et de la Factory qui plane et survole des arrangements pop alternatifs très contemporains qu'assurent les musiciens anglais.

L'album commence sur une mélodie qui ravive les souvenirs de la brit-pop qui hantait Manchester il y a 20 ans. Pleines de romantisme, les paroles s'alignent à perfection aux harmonies qui ondulent entre les claviers, la rythmique et les guitares. Les synthétiseurs resplendissent sur la guitare électrique et la voix d'ange de Greg sur Impossible is Nothing.



La pop pulse, les claviers et le groove tambourinent quand arrive Breakdown dans les oreilles où rôde le thème du brexit (hasard du calendrier), effet renforcé sur le titre suivant Separation, superbement ficelé grâce à une technique finement modelée. A l'écoute de Bauer, on pense au groupe Talk Talk, Cats on fire, Soft Cell, Visage et après l'instrumental réussi Kagoshima, la rupture et l'éloignement bénéfique est consommé sur Made the Change, idem sur Reverence.
Le son eighties fait un revival sur The First Time et True Romance où la rythmique mouvante suit les notes qui dansent. Le chant sublime les mélodies punchy ou langoureuses comme avec Under Your Spell qui termine l'écoute. Le travail d'enregistrement est peaufiné, la production huilée, les mélodies inspirées. Impossible is Nothing présente un Bauer fan des Smiths et de New Order, affûté à l'instrumentation et surprenant dans la création, de quoi combler le monde indie-pop à l'avenir.
Bauer



samedi 3 décembre 2016

Dylan Mondegreen

J'écris sur Dylan Mondegreen à chaque disque, non pas parce que je suis une fan béate, car je surveille les nouveaux albums des musiciens que j'admire autant que la chipolata sur le grill du barbecue, mais parce que son travail mérite d'être encensé.
Cette année, je suis toujours séduite et emportée par les mélodies de l'auteur-compositeur norvégien qui offre un Every Little Step succulent et touchant. Mondegreen nous livre un disque intime au charme cognatique armé d'instrumentations et de textes somptueux, en anglais et, pour la première fois, en norvégien. Tout y est étudié pour se rapprocher au mieux de son univers personnel, les thèmes, le langage, avec sa manière singulière d'arranger et d'interpréter ses chansons.



Mon sentiment en 2008 : "Il y a un peu moins d'un an, Dylan Mondegreen alias Børge Sildnes sortait son premier album While I Walk You Home.... Mondegreen y reprend le titre Cinnamon Girl avec ses amis Frankie et Johnny de Aluminium Group.
Ce jeune et talentueux artiste scandinave enregistre donc son propre disque l'été dernier sur une île de la côte ouest norvégienne. Les compositions sont estivales dans le fond et la forme. Les mélopées sont chaudes, brillantes, d'une classe totale.
Les balades pop sont jouées à la guitare acoustique, ou encore dans un style folk-groovy. Børge s'est entouré des Margareths pour l'enregistrement. L'ambiance dans le studio devait être furieusement pop. Un peu bubble, un peu sunshine, un peu twee, l'instrumentation est fournie de violoncelle, de handclaps, de tambourin, de saxophone, glockenspiel, piano (...) A l'heure où je publie la chronique, Børge est en train de passer la bague au doigt de sa fiancée. Ce potentat de la pop nous offre une part de bonheur avec son album. Heureux mariage monsieur Sildnes!"
DylanMondegreenPiggledyPop2008



Puis, en 2012 : "Il commence à jouer de la guitare à 12 ans et à 14 ans, se produit avec son groupe Tears For You. Fan des Smiths et des Kinks, il ne tarde pas à travailler ses brillantes compositions, ritournelles charmantes et sophistiquées qui sont complétées par son grain de voix élégant. Il le montre de plus belle en 2009 proposant son album sophomore The World Spins On. Avec un chant aérien, des textes délicatement élaborés, Dylan Mondegreen signe 10 mélopées habillées d’une orchestration scintillante de cors, trombone, trompette, violons, guitare et piano (...) En septembre 2012, Dylan Mondegreen nous offre un troisième volet éponyme de ses inspirations et de son talent de musicien. Accompagné en duo de Maria Due sur Come Tomorrow, il fait aussi appel au producteur et ingénieur du son Ian Cat ( Saint-Etienne, Trembling Blue Stars, Northern Portrait Library, Aberdeen, The Field Mice etc) pour peaufiner l’enregistrement."
DylanMondegreenPiggledyPop2012

2016, monsieur Sildnes, artiste et homme comblé, devenu papa depuis, signe un Every Little Step qui évoque symboliquement les premiers pas d'un enfant. Dylan Mondegreen y dévoile joliment sa descendance, son couple, sa passion pour la musique toujours liés et transformés en notes avec brio. C'est aussi nostalgique qu'entrainant, égrenant chaque étape de sa vie ayant les pieds ancrés dans la terre, la tête bien vissée sur les épaules, il dessine ses expériences sur les partitions avec une classe infinie, chantant dans Lost in a Song: "I recall ’94, We were five simple boys, Named our band Tears For You, That’s the thing we would just do, What started out as just fun among friends, became an obsession that seems to have no end, I will always be lost in a song, Want you to hum along..."



La pépite pop commence sur la ballade For the Innocent and Young, où le musicien décrit ses rêves de jeune homme qui s'ennuie dans ses livres d'école de médecine et trouve du temps pour sa guitare, ses chansons sur un air habillé de rythmiques caressantes. Le tempo envoûtant poursuit agrémenté de piano, harmonica, et une guitare ensoleillée qui déroule une pop bossa sur l'émouvant Every Little Step où Børge s'adresse à sa mère décédée peu après la naissance de sa fille en 2012 : “it’s about the beauty of seeing my daughter growing up, but at the same time missing my mother, who died not long before my daughter was born. That void in my life that can never be filled, to see them get to know and enjoy each other”.
Puis le splendide et entêtant Mens i føl de hæm nouvelle version norvégienne, surgit pour littéralement dérober l'attention. L'omelette prend sur le captivant folk-pop Every Flashlight May Blind You qui embarque dans les montagnes, les vallées, les odeurs de fruits en automne et de l'herbe verte du printemps, où tout in fine ramène toujours aux origines. Sautillants, les arrangements de violon et d'harmonica sur la batterie magistrale nous comblent jusqu'au sage et lucide Nothing Lasts Forever qui évoque autant les tuiles qu'on se prend sur nez que les bons moments, proposant une batterie gaillarde et une guitare americana efficace.



L'optimisme reprend du service sur Headphones On où guitares et claviers groovy gambadent sur la voix aussi douce que déterminée quand elle entonne "don’t try to pull my headphones off". Les mots touchants du parent qui laisse son bambin à d'autres mains étrangères quand arrive l'heure de l'entrée en maternelle, brillent sur la guitare délicate et chaleureuse de Slepp taket, chantée en deux langues pour confirmer le sentiment intime. I Only Want You To Be Cruel, magnifique déclaration d'amour, arrive aux oreilles avec son funk et sa basse grandiose. Après avoir dédié un texte poignant à sa mère, un autre du genre à sa fille complété d'une chanson sensuelle pour madame Mondegreen, le bilan se danse logiquement sur le joyeux The Ghost Of Christmas Past enveloppé d'une flûte pop sixties motivée.
Ce splendide Every Little Step se clôt sur Lost in a Song où là aussi, la basse fait des loops avec les trompettes et les saxophones offrant un album constitué d'airs différents, d'ambiances en poupées russes, démontre que Dylan Mondegreen, loin d'être perdu, sait très bien ce qu'il veut et où il va.
Cadeau idéal à glisser sous le pinède familial.
DylanMondegreen