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jeudi 25 mai 2017

California Snow Story

Décidément, c'est une évidence, je suis ultra sensible à l'indie-pop écossaise. La 'scottish pop' de Glasgow avec California Snow Story est sur Piggledy Pop et dans mes écouteurs avec ce qu'elle offre de sa riche identité et de son histoire musicale. David Skirving compose des chansons pleines d'élégance dans les arrangements et d'harmonies dans les mélodies avec, dans les arpèges et l'interprétation, des particules de Love, Blueboys, Yo La Tengo et Field Mice qu'il aime. Accrochée au travail méticuleux et efficace de California Snow Story, je parlais du groupe il y a 3 ans : CaliforniaSnowStoryPiggledyPop2014



"David Skirving crée California Snow Story après avoir quitté Camera Obscura en 2001 pour qui il était guitariste principal depuis les débuts en 1996, participant à l'opus du groupe de Glasgow Biggest Bluest Hi Fi produit par Stuart Murdoch des Belle & Sebastian. Le musicien aux doigts d'or et à la voix de velours commence à prendre des leçons de piano à 11 ans, sans grand enthousiasme et c'est avec sa première guitare à 18 ans que la passion de la musique le prend. Ses parents lui feront découvrir les Beatles, Astrud Gilberto, les Monkeys, les Beach Boys et les Carpenters, puis prenant ses marques dans le milieu pop underground, il s'intéresse dans les années 80 au Velvet Underground, Jesus and Mary Chain, New Order, Pastels, et Stereolab."



Il y a un an parait le fantastique Some Other Places revêtit de l'expérience de son auteur David qui voyage et a vécu plusieurs années au Japon. C'est une ode à la transhumance, au désir altitudinale. On est irrigué par la notion de mouvement dès le premier titre Motorway au tempo précieux qui serpente sur des guitares bossa et un chant parfait, émouvant. La mélodie géniale trottine jusqu'au son savoureux des deux voix mêlées de Our New Sun. Le coup de soleil arrive avec le chant de Sandra Belda Martinez sur la guitare électrique qui frappe l'oreille d'un air pop à rosir sous le casque. Sandra, qui prête déjà sa voix en 2007 sur Close to the Ocean n'est pas la seule invitée sur l'album. David accueille aussi Melanie Whittle de The Hermit Crabs sur le croustillant You'll Go Places, aux notes ensoleillées, à l'instrumentation glorieuse et subtilement alternative. Melanie est une amie de longue date, lorsqu'elle était batteuse pour les concerts live au sein des California Snow Story.

Toujours, le voyage zigzague langoureusement sur les partitions. Le dépaysement se poursuit avec la présence de Lupe Núñez-Fernández sur Outliers, voix somptueuse qui apparait avec Mark Monnone, The Clientele, Amor de Dias, Pipas et The Leaf Library. Les voix de David et de Lupe se répondent aériennes et fluides évoquant les étoiles et le soleil sur la rythmique joviale emmenée par les guitares et le clavier majestueusement twee. Over the View prend de la hauteur, du relief, commençant avec une mélodie mellow qui évolue au fil du titre qui est mon préféré de l'album (s'il faut choisir...)



Les envolées de cordes de guitares sont saisissantes sur Railway Station, cathédrale pop au style fortement signé des California Snow Story, à l'habilité inouie pour faire rebondir la mélancolie en optimisme. Melanie revient habiller Fall in a Line en duo avec David qui excelle à la guitare et à la composition comme un peintre impressionniste qui rend son oeuvre contemplative et virevoltante. La sensation reste sur le sensuel The Solitary Age au chant d'une absolue maitrise pour toucher les âmes sensibles à la pop tendre, taillée comme un joyau. L'or et les roses fleurissent le dernier titre Don't Ever Go, dont les sentiments amoureux remettent en jeu un départ, le tout arrosé d'arrangements sidérants de beauté. David Skirving est un maitre en la matière, dans le sillon légitime d'Alasdair MacLean et de Lloyd Cole, il nous embarque avec California Snow Story et son brillant Some Other Places dans des sphères indie intransigeantes, sereines, qui portent de la joie et de la sincérité.
CaliforniaSnowStory



samedi 20 mai 2017

This Beautiful Fantastic

This Beautiful Fantastic est un film sorti en 2017 en France mais présenté en 2016 au New British Film Festival. Comme son titre l'indique, il s'agit d'un film très beau et aussi flamboyant qu'un conte fantastique. Il est beau par son histoire, ses décors, sa mise en scène où téléphones portables, écrans en tous genres sont proscris. Hors du temps, il compte de merveilleux acteurs et une morale qui me touche habillée d'une poésie et d'un romantisme qui étreignent du début à fin. La symbolique du récit est le thème du jardin.



La protagoniste, Bella Brown, interprétée par Jessica Brown Findlay (Downtown Abbey) est une jeune femme rêveuse, orpheline, dans sa bulle, isolée socialement, agoraphobe pleine de tocs, se retrouve confrontée aux autres, ceux qui entrent dans sa vie sans crier gare, envahissant son quotidien triste et sans vie pour venir le colorer, l'animer, le nourrir d'amour et de fleurs. Ecrivant des livres pour les enfants, vivant au travers de ses lectures, ses écrits et ses esquisses, miss Brown se consacre à son petit boulot d'archiviste dans une bibliothèque, à son vieux canard adoptif, Syd, qu'elle nourrit les dimanche au parc et au rangement compulsif de son petit appartement. Allergique à la saleté, elle est complétement hermétique au jardin de son logement qu'elle évite soigneusement au point de risquer de se faire expulser si elle ne l'entretient pas dans le mois qui suit. L'histoire a son espace temps et son décorum végétal et vital, ainsi que littéraire et poétique, sous fond d'identité et langage gaélique pour balayer les phobies de Bella Brown jusqu'à ce qu'elle se découvre une passion naissante pour le jardinage.



Les personnages qui entrent dans son univers ultra protégé sont les voisins, Vernon joué par l'excellent Andrew Scott acteur irlandais que j'adore pour son rôle de Moriarty dans la série Sherlock et dans le film Lennon Naked où il interprète Paul McCartney. Vernon est également un être à part à sa manière, veuf, père de deux petites filles jumelles, qui fait chauffer seul la marmite, campe le rôle d'un parfait cuisinier et protecteur avec un brin d'humour fort délectable. Il se prend d'amitié pour Bella en quittant son patron misanthrope Alfie Stephenson, voisin insupportable et grognon de miss Brown qui se révèle être un homme sentimental, fleur bleue et un passionné d'horticulture. Le rôle d'Alfie est assuré par Tom Wilkinson, grand acteur anglais à la carrière fournie (The Full Monty, The Patriot, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Snowden, Happy Prince etc).



S'ajoute le romantique rêveur Billy dont Bella tombe amoureuse, amateur de canards sauvages et des dessins de Leonard de Vinci qu'il consulte pour bricoler un oiseau mécanique à la bibliothèque où Bella travaille. C'est Jeremy Irvine qui interprète le rôle avec grand talent, le jeune homme ayant un joli début de carrière, nominé dans War Horse en 2011 comme meilleur acteur anglais de l'année. Le film est écrit et réalisé par Simon Aboud, cinéaste grandiose à qui l'on doit le fabuleux Comes A Bright Day en 2012, et qui est, en dehors des tournages, marié à Mary McCartney, fille ainée de Linda Eastman McCartney et de Paul McCartney.



Simon Aboud nous offre un This Beautiful Fantastic de toute beauté, intemporel. Les livres, les dessins, les bons petits plats, les costumes, la décoration, les oiseaux, le jardin et les fleurs ornent poétiquement le déroulement de l'histoire. Les détails y sont charmants, féeriques, les caractères attachants, tantôt naifs sous fond de littérature enfantine, tantôt excentriques et savamment british. Le récit sème de ci de là des graines de lyrisme, des nuances de couleurs, de parfums de cuisine et de fleurs, créant une palette d'ambiances bucoliques pour montrer que le jardinage est un art ressenti, vivant, qui soigne tous les maux dysfonctionnels tant il demande de l'énergie, de la patience et de la générosité. Le monde intérieur et le monde extérieur ne font qu'un au contact charnel de la terre et de ses fruits. This Beautiful Fantastic (Le Merveilleux Jardin secret de Bella Brown) loin de l'homme moderne sans boussole ni repères, dessine les bienfaits de cet art souverain : cultiver son jardin. Film conseillé pour ceux qui ont vite le coeur en artichaut loin du CO2 à la vue des blés blondissant quand leurs orteils caressent les pâquerettes (en évitant bien sûr les râteaux).



Si tu veux être heureux une heure,

Enivre-toi,

Si tu veux être heureux un jour,

Tue ton cochon,

Si tu veux être heureux une semaine,

Fais un beau voyage,

Si tu veux être heureux un an,

Marie-toi,

Si tu veux être heureux toute ta vie,

Fais-toi jardinier



mardi 16 mai 2017

Mt Doubt

The Loneliness of the TV Watchers est l'EP de Mt Doubt qui sortira le 2 juin 2017 et qui fait suite au single Tourists de mars dernier. La presse souvent qualifie son style de 'dark pop et alt.rock noises' et pour ma part je suis accrochée à l'univers de Leo pour toutes autres raisons.

Je chroniquais son album il y a presque un an : "Paru en juin 2016, l'album In Awe of Nothing de Mt Doubt est un disque somptueux. Du début à la fin, il a de la saveur, du caractère dans les mélodies, dans l'instrumentation et dans les mots. L'auteur-compositeur écossais Mt Doubt, Leo Bargery, nous emmène dans son univers indie-pop parfumé de paysages verdoyants, de fjords, qui contrairement à son titre d'album, peut rendre contemplatif et admiratif. Les airs pop, formidablement alternatifs, font danser, rêver, habillés de lumière pour des thèmes parfois sombres. Les orchestrations sont originales avec des claviers, des guitares, des rythmiques et des choeurs qui lancent des joyeux 'hoohoho' couronnés de 'papapa' sautillants. (...) Leo y appose 10 chansons avec une dominante de guitares poppeuses pour créer des ambiances fascinantes, mêlant les saisons, enlaçant les instruments, avec une plume colorée et inspirée comme quand sur Feathers, Mt Doubt compare sa relation amoureuse à une carte postale de Guernica . (...) L'album se termine sur le puissant Bastard Sea, pop et rock, qui forme la boucle avec Fjords et pousse à imaginer des vikings punks sur ce titre fabuleux plein de fibre nordique offensive, impossible à ignorer dans ce consistant et excellent In Awe of Nothing."
MtDoubtPiggledyPop2016



En quelques mots, ce qui me séduit chez l'écossais outre ses boucles rousses qui forment une crinière flamboyante, c'est son caractère, ses compositions offensives, cette âme nordique, cette impétuosité digne de l'Ecosse qui forme la culture musicale de ce pays. Il en est l'ambassadeur. Dans le monde de l'indie pop, Leo est un highlander.

The Loneliness of the TV Watchers est un tartan de notes chevalresques dans les guitares, dans les mots et dans le chant. Il suffit d'écouter les premières notes de A Natural Swimmer pour deviner qu'il y a un chaudron de romantisme derrière la colère et la rébellion. La rythmique entraine, sous une tempête de guitares, grâce à l'effet acier d'une épée que produisent la batterie et les choeurs puissants, à l'unisson avec celle de Leo. Reference Books plaira aux amateurs de littérature, déclinant le long de la chanson des noms d'auteurs . Les 'sad guitars' évoquées dans le titre sont plus que jamais révoltées et guerrières. Mt Doubt dépose de la magie énergique et transforme ses airs en écrin rock alternatif, prenant des directions artistiques inattendues.
Purity arrive en offrant comme son nom le dit un instant de pureté décrivant des matières, organiques et plastiques, surplombées d'étoiles. Avec sa plume délicate, poétique et métaphorique, Leo chante ses mots aériens animés de chevaux blancs et de paradis avec une vigueur et une force à l'image de la batterie redoutable. Le thème The Loneliness of the TV Watchers apparait sur le magnifique Soft Furnishings qui conclut l'EP avec une once de philosophie ornée de guitares formidables et d'une mélodie revigorante. Comme à son accoutumée, Mt Doubt signe un cinq titres solide et harmonieux qui fait résonner le talent d'auteur-compositeur de Leo et fait relever la tête de son auditeur. The Loneliness of the TV Watchers est une pierre précieuse pop chaleureusement conseillée, à retrouver chez nos amis de l'excellent label Scottish Fiction.
ScottishFiction
MtDoubt





lundi 8 mai 2017

Ramirez Exposure

Ramirez Exposure est le projet passionnant de l'espagnol Victor Ramirez qui compose, écrit et joue tous les instruments. Après le premier album jangle pop et sunshine Book of Youth en mars 2015, le musicien signe le 22 avril 2017 une seconde perle pop nommée Young Is The New Old. Les neuf titres de l'album font rayonner ses influences comme Big Star, Television et Ken Stringfellow avec qui il travaille en 2010 pour son tout premier galop appelé Oh Libia!, nom de groupe et du disque. Ken produit et joue de la basse, des percussions, guitares et claviers. Plus tard, en 2014, Victor collabore avec Tortel, autre artiste de Valence et ils signent ensemble l'album Coleccionistas.



Ce génial disque powerpop enregistré entre l'Espagne et la France, dont les deux titres Hazel Love et la reprise Suddenly Sunshine, ce dernier écrit en 1972 par l'auteur-compositeur américain Marc Jonson, sont produits par Ken Stringfellow. Pour les sept autres c'est tout le talent de Victor, son inspiration, son style, qui resplendissent. Du haut de ses 26 ans, il compose des mélodies ouatées et sucrées, des myriades de sonorités affranchies et lointaines des vilaines modes musicales, ce qui montre une certaine maturité, un caractère trempé. La charmante pop de Hazel Love convainc de suite et ses paroles aériennes amoureuses qui forment une chanson capitonnée de tendresse. Les arrangements bondissants ornés de claphands, de tambourins de All's Well That Ends Well continuent d'embraser les oreilles quand Sweetheart arrive. La mélopée rieuse et fraiche est brodée de pop. Les guitares, gorgées de rock mélancolique, scintillent sur The Heartbreak Kid inspiré du film du même nom, titre sur lequel Richard Lloyd du groupe Television a amicalement ajouté son jeu de guitare. Victor: "It’s about the need to live one’s life to the fullest, to escape a worldly life, a comfort zone where we ended up becoming prisoners."



L'idée du changement, d'un nouveau départ, revient, joyeusement alternatif et galbé de rythmes, de 'papadapa' comme sur Blurred Vision, aux allures fifties gracieuses qui font des loops et des boucles aspirantes. Les sentiments fleuris de papillons inondent Suddenly Sunshine 'Suddenly sunshine girl, rained on my whole wide world, covering all my blues, I tell everyone the news, Every night, everyday, I am falling in your love.' Malgré une tonalité de blues, la rythmique, les harmonies sont rayonnantes. L'énergie poursuit sur Fiction qui offre la participation de Brian Young, batteur des Jesus And Mary Chain et des Fountains Of Wayne, avant le velouté Young Is The New Old qui parle de Cannes, ensoleillé, tamisé de cordes taquines au style sixties pour terminer le disque. Les compositions de Young Is The New Old explorent entre les lignes les influences de Victor Ramirez : Beach Boys, Beatles, Big Star, Jon Brion ainsi qu'un univers commun avec les groupes dont il partage l'affiche comme The Pains Of Being Pure At Heart et Jacco Gardner. Ramirez Exposure, invité à Beniscassim en 2016 sera aussi présent au SXSW en 2017 et poursuit son chemin brillant en Espagne et sur les routes du vieux continent.
RamirezExposure



Victor avec Tortel


dimanche 7 mai 2017

The Soundtrack of Our Lives

Voilà un bon grand groupe de suédois barbus qui signe des albums rock, punk, pop psychédélique à se prendre les pieds dans le tapis de poils. Créé en 1995 et disloqué en 2012, The Soundtrack of Our Lives n'est donc pas une nouveauté mais comme il m'accompagne parfois quand je le sors des fagots, qu'il me marque, je le partage ici. Il y a d'abord Welcome to the Infant Freebase en 1996, Extended Revelation for the Psychic Weaklings of Western Civilization en 1998, Behind the Music en 2001, nommé meilleur album alternatif aux Grammy Awards, Origin Vol. 1 en 2004, A Present from the Past en 2005, Communion en 2008 et le dernier Throw it to the Universe en 2012 ; Il y a amplement de quoi se régaler.



Ce que j'aime chez TSOOL c'est leur talent de musiciens multi-instrumentistes, de techniciens, leur oreille absolue, ce don de mélodistes et cette flamme qui anime leur âme de troubadours doublée de vikings. Ils manient aussi bien l'orgue, le clavecin délicat que les guitares électriques et batterie énervées. Ebbot Lundberg chante et joue de la guitare, sitar et harmonica, a depuis le split signé trois albums en solo, Åke Karl Kalle Gustafsson joue de la basse, clavecin et violon, Martin Hederos aux arrangements de cordes, joue de l'orgue, mellotron et piano, Fredrik Sandsten est à la batterie et percussions, Mattias Bärjed et Ian Person aux guitares. Sur Behind the Music Ebbot invite la famille en la personne de Eva-Tea Lundberg, artiste classique, pour jouer du cor. C'est l'album qui me hante le plus souvent et dont la fibre sixties me séduit. Infra Riot plante le décor avec ses guitares comme sculptées dans l'ébène, accordées d'or et ses paroles éloquentes "It's time to take control again and be the only one". On se met à sauter comme un sioux et à secouer les tresses avec frénésie. L'ambiance hautement rock est rehaussée par la magnifique batterie. Surround Sister suit, psyché et puissant avant le sublime In Someone Else's Mind qui sort du chapeau des influences comme Syd Barrett et les Stooges.



Le tempo reprend de la vitesse et de l'énergie avec Mind The Gap, ballade pop qui résonne cette fois plus seventies quand arrive le délicieux harmonium façon Kinks et Beatles de Broken Imaginary Time, savoureusement orchestré sur un texte qui grince des dents. L'attention redouble. Logiquement le titre 21st Century Rip Off débarque avec sa rythmique fleurie de tambourins et sa ribambelle de guitares accueillantes. La douceur et les harmonies brillantes habillent Tonight, alternant entre le piano, les synthétiseurs et le chant chaleureux. Les voix en chorale renforcent le style rock et offensif de Keep The Line Movin' puis Nevermore monte aux créneaux avec ses guitares britpop et et Independent Luxury persiste en sortant l'armada de notes psyché. Ce titre magistral annonce la guitare acoustique audacieuse de Ten Years Ahead et le tempo furieux, lumineux de Still Aging assaisonné à la sauce la pop de The Coral ou à celle des compatriotes Eggstones. L'échappée mélodique continue avec In Your Veins qui met en avant la guitare et le piano pour délivrer une perle amoureuse, impeccable de subtilité. The Flood et sa touche indie stylée Pulp offre un nouveau tour de piste harmonieux et captivant avant l'enveloppant et caressant Into The Next Sun qui conclut l'écoute. Behind the Music contient tout ce qui représente un artiste, ce qui le révolte, l'anime, l'émeut et dessine le parcours constant et admirable des The Soundtrack of Our Lives.
TheSoundtrackofOurLives



Spearmint

J'écrivais l'été dernier : "Groupe de Londres né sous l'impulsion de Shirley Lee à la guitare et chant, il s'étoffe avec Simon Calnan au clavier et chant, Ronan Larvor à la batterie, James Parsons qui passe plus tard de la basse à la guitare, s'occupe également des superbes pochettes d'albums et le bassiste officiel Andy Lewis jusqu'à aujourd'hui. Je suis passée à côté de Spearmint à l'époque (1995) et même récemment en regardant le film (500) Days of Summer dans lequel Joseph Gordon-Levitt's fait cette remarque: “It pains me we live in a world where nobody's heard of Spearmint". 500daysinSummerPiggledyPop2010



Depuis le magnifique album pop Paris in a bottle de 2006, Spearmint a signé en 2014 l'album News from Nowhere où James et Shirley se partagent l'écriture, ce qui montre que le groupe a traversé ce lustre sans perdre d'ambition, d'inspiration, de spontanéité. Véritablement habitées par l'indie-pop, les compositions fulgurantes tiennent de la qualité des Smiths, Pulp, Bmx Bandits et toute la smala britpop qui est au top des références dans le domaine. J'écoute maintenant en boucle les Spearmint qui n'ont pas raccrocher les guitares. Ils travaillent en studio en ce moment à d'autres belles chansons, à ces cascades d'harmonies, de mélodies, à ces voix résonnantes, emblèmes de la pop et désormais dans mon panthéon Piggledy Pop. L'album en préparation sortira en septembre 2016."
SpearmintPiggledyPop2016

Il y a quelques mois parait donc le vinyle de dix titres It’s Time To Vanish.
In the Shade annonce de suite la solidité des arrangements et des enregistrements assurés par le producteur John Etkin-Bell qui était aux manettes pour le fameux Sweeping the Nation en 2000. Le son pop virevolte sur les claviers de Simon, la voix de Shirley claire et dynamique sur la basse d'Andy et les volées de cordes des guitares électriques de James et de Shirley s'allient magnifiquement à la trompette de Tom Livingstone et au trombone de Will Rumfitt. Le thème de la lumière, de l'ombre, du mouvement, des portes, des astres et de l'amour évidemment sont portés par les guitares jangle teintées de britpop avec de la soul et du rock, fort dansants.



La rythmique galope dans chaque instrument de Clean Money, ritournelle entêtante qui prépare à la mélopée pop folk sacrément bien construite de Sunflowers Eyes, aux sentiments amoureux ascensionnels. La prestance mélodique se poursuit You Woke up the Wrong Man où le chant de Shirley m'évoque le style de David John Haskins ou de Luke Haines, blindé de charme désarmant. Break with Me, romantique et efficace, offre une composition ornée de cuivres aussi sensuelle que son texte quand Man and the Moon propose un tempo majestueux, mordoré d'electro-pop soul enivrante. Les oreilles sont accrochées aux notes du piano nostalgique de Someone's at the Door qui déroule des harmonies et une mélodie touchantes. Le tempo repart en foulées sur I Used To Run où la basse et la guitare sont chaloupées et montrent leurs tempéraments. L'harmonie dans la voix en acoustique de Shirley sur Rest Your Skin est fort émouvante quand il clame 'it's like the world is on fire' pour enchainer sur une note plus offensive et Sleepy Head aux arrangements alternatifs somptueux. It's Time to vanish inspire et resplendissant de sonorités britpop, il trotte en tête un sacré moment. Spearmint



dimanche 30 avril 2017

Secret Gardens

C'est le printemps, tant attendu. Les racines s'épanouissent, délivrent des tiges, des feuilles, des fleurs, les sèves s'élèvent, la terre arable peut enfin être labourée et le jaune or du colza peut enfin s'étendre à tout bout de champ. Fallen Love Records est un label canadien de l'Ontario qui ce 21 avril 2017 signe une compilation vernale de bon aloi. 70 minutes, 22 chansons et 22 artistes de 8 nations différentes qui la composent y consacrent le printemps. Secret Gardens, idéale pour un pique-nique, un tour de bicyclette, un moment de jardinage rend hommage au printemps aux quatre coins du monde avec des groupes d'Australie, du Canada, d'Angleterre, du Japon, des Pays-Bas, de Pologne, de Russie, et des Etats-Unis.



Secret Gardens éclot avec Spring Is Here par Songs By Thom qui comme la rosée du matin, dépose illico une brume de pop, de twee, sur l'écoute comme le souhaitait le label : "Fallen Love Records is a bedroom label based out of Oshawa, Ontario, Canada. We traffic in pop songs. We had been on hiatus since autumn 2015 but now we are back. So fold up your sweaters and oil your bike chains. The blankets on the beds are melting and the flowers will be blooming soon. Let’s start again."
Alors on y va et on le suit dans la célébration du printemps sur la guitare électrique fort sensuelle de Home Movies qui chante Let The Sunshine avec une pépinière de 'lalalala' pop et soyeux. Le style garage fifties débarque avec sa rythmique vitaminée grâce à Brunch Club et leur Wasted Sun suivi du très twee Merry Go Round des Twinkle Twinkles, engageant et dansant. Sleuth arrive dans le casque avec un somptueux A Point Of View, rock et alternatif où guitare, claviers et voix tourbillonnent sur une mélodie chlorophyllée aux Smiths. La compilation fourmille d'horizons et Chicago apparait sous la partition aérienne et légère de Saku signée Benjamin Boyd et son projet Sushi Backpack. La disco-pop efficace et rythmée de Pologne avec Rycerzyki offre le sublime titre The Mating Season .



La féminité dépote avec l'entrée de Minutes From June, du Nouveau Mexique, et son pop-folk Your First Million jusqu'aux voix en duo mélangées à la guitare, batterie et maracas déchainées sur le garage-pop Mood Swings des australiens Good Try.
Le chant de crooner coquin de Blimp Rock sur Wet Hot Canadian est un régal. Il fait sautiller la mélodie sur le texte arrosé d'humour. L'esprit cabot poursuit dans I Want To Be Your Cat chanté par les japonais Milk Film où le rythme chaleureux doowap, les sifflements accompagnent le tambourin et l'orgue. L'excellent Dennis Driscoll de Washington apporte sa patte electro-pop sur Because Doggo, savoureusement imagé et samplé. La douceur de Озеро surgit avec nos amis russes Малыш Камю (malishkamu) au chant d'ange dont je suis fan : МалышКамюPiggledyPop2014



Le tempo subtilement twee de Finnmark! nourrit Going Nowhere de l'âme pop anglo-scandinave que les amateurs du genre connaissent bien. Ed et Owen nous pondent un très fin morceau comme de coutûme avant le bondissant et fleuri de notes Wistaria des Old Lacy Bed, groupe de quatre japonaises qui se greffe parfaitement à la compilation. La pop se fait de plus en plus fertile avec le clap-hands de Sarah, Plain + Tall sur Spring Cleaning suivi du 'ambiant' electro Sufjan de la chanteuse de Toronto Kira May. Les amplis chauffent sur Mr. Punxsutawney dans le jardin des Total Goth de Denver avec un son saturé psyché dans les guitares adouci par le tambourin. Le climat des néerlandais Ghost Thoughts sur Everyone Dies Alone devient pastoral, sunshine-pop, et se greffe avec élégance à la suite de titres comme Emma + Asher et son Elevator ou encore Sarena Steeber feat. Micah Dunlap qui signent Irene Avenue et Red Go-Cart sur Nineteen Seconds [Spring Night Version] dont l'atmosphère rappelle sensiblement la twee des Field Mice et des Pains Of Being Pure At Heart.

A l'écoute de Secret Gardens on récolte des moments de joie, de nostalgie, on reçoit de l'émotion. Les compositions diverses produisent l'effet d'un melting pot de senteurs et de couleurs en ce retour des beaux jours et cette jolie galerie musicale offerte par Fallen Love Records, entre les oreilles, suspend le temps (pas le taon!).
FallenLoveRecords







vendredi 28 avril 2017

Soft Hearted Scientists

Soft Hearted Scientists sont signés chez the Hip Replacement où les musiciens font paraitre leur magnifique double album Golden Omens ‎en 2016 faisant suite à l'album What Ever Happened To The Soft Hearted Scientists chez le label Fruits de mer que je recommande de visiter, ainsi que ses branches, Friends Of The Fish et Regal Crabomophone où vous pourrez pêcher la compilation The Crabs Sell Out / The Crabs Freak Out produite par Soft Hearted Scientists.
Le groupe gallois confectionne des mélopées pop psychédéliques, pastorales, dotées d'influences sixties et seventies. La qualité de la composition alternative, dansante, est garantie. Avec une dizaine d'EP à leur actif, Soft Hearted Scientists qui commencent leur exploration musicale en 2001 avec un 4 titres sur cassette, proposent depuis Take Time To Wonder In A Whirling World ‎en 2007, Wandermoon en 2011, False Lights en 2013, The Slow Cyclone en 2014 et le dernier en date Golden Omens.



J'aime ce groupe parce qu'il est déjanté, complétement fou. Ces drôles de zigotos ont un talent infini, mêlant le folklore gallois, au style psyché des Incredible String Band tout en allant ramasser des crevettes avec des palmes en lisant Richard Brautigan. Ils ne se prennent pas au sérieux et pourtant leur musique fourmille d'arrangements exceptionnels, inspirés et travaillés. Ils savent allier avec un don furieux le style horror, plein de fantômes, de chevaliers médiévaux, de vampires mexicains, tout en parlant de fleurs, de campagne et de leur terroir. Comme décrit dans la biographie du groupe, ils sont quatre depuis 2007, Nathan Hall au chant et à la guitare, Dylan Line à la guitare acoustique et aux synthétiseurs, Paul Jones à la batterie et Michael Bailey à la basse. Nathan : "Anyway, the Soft Hearted Scientists now numbered four and we knew we could take on the world. Or at least Wales. Or at least bits of Wales. Preferably in close proximity to Cardiff. A stone’s throw from my house even better. Actually can we just do gigs in my garden?"



Nathan aime Syd Barrett qui est sa référence artistique 'Syd Barrett could get away with singing songs about goblins and gnomes'. Il aime aussi Bob Dylan, The Byrds, Beta Band, Love, Brian Wilson, Gorkys Zygotic Mynci, Velvet Underground. Ces influences transpercent les 65 minutes et 26 titres de Golden Omens dont le thème envoûte littéralement et dont les harmonies subtiles subjuguent. L'écoute du double album est un réel voyage, assuré par la créativité et l'inventivité fructueuse des artistes gallois. Les endroits décrits, les histoires, les arrangements peaufinés et stylés 'new psychedelism' nous invitent à les suivre et à découvrir leurs univers, débutant par Little Gardens Full of Ghosts en passsant par Rue du Day, qu'il pleuve ou fasse beau, On a Clear Day I Can Think for Miles ou If Only it Would Rain Again on passe par l'ambiance maritime, urbaine, stellaire avec Helicopters of Habershon Street, People Cities and the Silence, 27 Seconds in Antarctica. L'ambiance est fantastique, habillée d'Histoire et d'histoires, alimentée de nature où les mélodies surfent sur les rivières entre les montagnes et de littérature. Je recommande ce vol plané multicolore, ce bijou Golden Omens qui emmène dans des temps soldés mêlés de contemporain avec une grande classe et une grande beauté. Les Soft Hearted Scientist forment un groupe énigmatique dans le monde indie, secret, et pourtant une pièce maitresse actuellement en studio pour travailler un album à venir.
SoftHeartedScientists



samedi 22 avril 2017

The Bullfight

J'aime ce groupe néerlandais parce que son univers musical est singulier et parce qu'il véhicule un esprit qui me touche. S'il devait tenir un rôle dans 'Le bon, la brute et le truand' ils ne serait pas 'le bon' et ce malgré un look de dandy, une allure de jeune premier au costume et chemise tirés à quatre épingles. Il ne faut pas se fier à leurs boucles blondes. Les artistes de Rotterdam cachent des tempéraments bien rincés. Il y a notamment celui de Thomas van der Vliet qui est l'auteur-compositeur, guitariste, pianiste, un mélodiste exceptionnel. Depuis l'album La Chasse que je chroniquais il y a deux ans, Thomas s'est consacré à sa vie privée, son mariage, et revient à la composition ces derniers mois pour offrir en mai 2017 le nouvel album Shame, Guilt, Deception signé sur son label qu'il gère d'une main de fer Brandy Alexander Recordings. A ses côtés, d'autres caractères 'bien trempés' s'activent de façon magistrale et loyale. Le fantastique chanteur Nick Verhoeven, le contre-bassiste Eddy Nielsen, la violoniste Esther Vroegindeweij, le batteur Andre van den Hoek et le guitariste Mark Ritsema.



"The Bullfight est un groupe néerlandais qui compose de la pop aux accents folk et rock grâce à la présence du violon, de l'orgue, de guitares et de la basse rutilantes. Après Lips & Ashes de 2004, One Was A Snake de 2006, le groupe signe le single Another man en 2007. (...) Thomas van der Vliet en 2008 coécrit la bande originale du film Lucid signé du réalisateur Ferry van Schijndel, qui remportera un beau succès aux festival du film de Rotterdam et celui de Berlin. Cette même année, il trouve le temps de peaufiner des chansons avec la clique de musiciens du troisième album Stranger Than The Night qui sort en 2010. Là encore, The Bullfight s'accorde une tournée qui passe par la Grèce, l'Allemagne, le Danemark, la Belgique avant de s'arrêter en studio pour le superbe quatrième album, au joli nom français La Chasse, qui vient de paraître en mai 2015."
TheBullfightPiggledyPop2015



L'ambiance de polar noir saisit aux premières notes de Shame, Guilt, Deception. Le décor est planté, les personnages déclinés, l'histoire déroule son récit sur des arrangements et une orchestration à faire frissonner l'occiput. The Weeping Willow nous entraine dans un temps ancien, sur une rythmique lancinante qui swingue sur un magnifique son de gramophone et de cuivres somptueux. Puis le grandiose I Guess You Know By Now où la voix de Nick voltige sur les violons évoque ses sentiments et sa fragilité imagés par les 'white horses' à la manière de Nick Cave, Bonnie Prince Billy, Lou Reed, Leonard Cohen. That Man quitte un moment la poésie romantique pour requérir à un moment de testostérones décidés, conquérants, agrémentés de l'orgue aiguisé. No Thorns, No Roses évoque un amour, un domaine, rappelant l'esprit de préservation de territoire qui n'attend aucun sentiment. On est délicieusement propulsé au 18ème siècle, où valeurs et honneur sont mis en forme par des cordes et des choeurs somptueux. The Bullfight étend son talent d'écriture et d'interprétation sur My Comeback où le clavier et les guitares resplendissent pour accompagner le protagoniste, de retour sur son sol quelque soit le prix à payer. Plein d'âme, de coeur, le personnage se perd uniquement dans ses sentiments amoureux pour sa belle dans Waltz For L.E. puis dans Only Her Ladder Led To Fire où Thomas brille de talent. Le piano délivre une mélodie émouvante ornée de basse et guitare électrique qui symbolisent une force combattante et résistante. Les violons, à la vanité réconfortante, viennent renforcer ce sentiment d'inflexibilité quand la joyeuse rythmique de My Life Is Better Than Yours apporte un moment de légèreté et d'humour. Backdoor conclut l'écoute avec la même exigence acide, la même passion dans les partitions, dans les instruments et les mots.



Shame, Guilt, Deception est éloquent, mélancolique, spirituel grâce à ses différents talents réunis. Les musiciens créent une atmosphère anachronique, Thomas compose avec autant de sagesse que de compulsion lié à Nick, diplômé en littérature et écrivain, qui apporte sa plume, ses textes intelligents et sa voix envoûtante. The Bullfight offre comme d'habitude du rêve, de la surprise, de l'énergie, de la musique pop théâtrale, extrapolée et un univers artistique, sélectif et élitiste. J'aime ce profil assumé et ce charisme sur scène comme sur disque. Je suis une fan totale des Bullfight qui ne laissent pas de place au hip-hop ou autres 'Alicujus rei consors' mais sortent volontiers l'artillerie de Telecasters pour y faire face. A se procurer absolument le 8 mai prochain en coffret double avec la réédition du génial One Was a Snake sur le site Brandy Alexander Recordings qui signe aussi récemment la réédition de No Song, No Spell, No Madrigal de The Apartments.
BrandyAlexanderRecordings
TheBullfight

dimanche 16 avril 2017

EZTV

2010, l'auteur-compositeur new-yorkais Ezra Tenenbaum enregistre ses chansons en solo sur un 8 pistes dans sa chambre d'étudiant avec sa guitare ou son piano avec l'immédiate envie de les jouer en concert. Il convertit son compagnon de faculté Shane O’Connell qui joue de la basse et Michael Stasiak de la batterie. Michael joue dans Widowspeak et Shane dans Saint Rich, signé chez Merge Records. Tous les trois ont des influences de qualité telles que Magnetic Fields, Beatles, Feelies, Nic Hessler, Big Star, Teenage Fanclub. Ensorcelés par la power pop psyché, EZTV rêvent d'assurer la première partie de Jonathan Richman. Le premier album Calling Out parait en 2015 avec trois chansons de leurs débuts et 9 récentes écrites en 2014. Je l'écoute en boucle...avant de le réécouter, encore.



L'an passé, EZTV signe un tout nouveau disque avec la collaboration d'amis musiciens passés au studio lors de l'enregistrement : Jenny Lewis, Chris Cohen, John Andrews de Quilt, Nic Hessler et les musiciens de Real Estate, Martin Courtney et Matt Kallman. Les dix morceaux de High in Place sont puissants de sonorités pop, de mélodies mêlant jangle pop, power, garage, indie pop ( de la lignée scène new-yorkaise avec Real Estate, Ladybug Transistor, Pigeons, City & Horses, Nic Hessler, Sam Evian, Essex Green, Yeah Yeah Yeahs, Animal Collective, Hospitality etc).



EZTV ouvre le bijou de septembre 2016 avec le somptueux High Flying Faith qui offre la participation de Jenny Lewis au chant. Ezra reconnait que vivre à New-York au milieu d'une multitude d'autres musiciens est un mode de vie qui pousse à explorer de nouvelles techniques mais qu'il se sent mieux à composer ce qu'il connait le mieux, même si le genre est déjà visité sous toutes ses coutures : la power-pop. A l'écoute de Racing Country, les guitares virevoltent, la batterie et la basse font resplendir une rythmique joyeuse et oxygénée. Les mélodies alternatives, aux instrumentations fines et élégantes, au chant limpide et majestueux, comme sur Reason to Run, accrochent l'attention et la cristallise.



Les harmonies typées sixties sont succulentes sur Clear, accompagnées de poésie qui décline des couleurs, les lueurs du matin au soir, en perpétuelle mouvance comme sur States of Confusion et son délicieux handclaps. EZTV sait marier l'esthétisme et l'énergie, la britpop à ce brin de folie créatrice new-yorkaise, évident sur Hammock et sa rythmique solaire qui galope. La notion du temps revient sur le génial Temporary Gold, soyeux titre qui rappelle l'excellence de Big Star. Le régal ensoleillé poursuit avec Still, où la ribambelle de guitares font rayonner la mélodie. Le grandiose How Long's It Gonna Be nous propulse dans l'ancien temps brillant des Teenage Fanclub et de Pale Fountains. Goodbye Morning, émouvant, inspire une réflexion sur un style de vie, loin du nôtre, conclut l'album High in Place totalement radieux. La power pop y est d'une beauté à couper le souffle. Le fond de psychédélisme est une splendeur, la jangle dans les guitares taquine la perfection, les textes fins baignent dans le lyrisme. Ezra exalte l'art de la composition pop avec les magiciens Michael et Shane qui activent un savoir-faire subtil et des références essentielles pour signer un chef d'oeuvre. (chez Captured Tracks)
EZTV

dimanche 9 avril 2017

No Middle Name

J'ai découvert il y a peu le bijou Fondness sculpté cette année par No Middle Name. Sorti en janvier 2017, l'album encore tout chaud fait suite au single Television Soul de novembre 2016 et à l'album No Middle Name de 2013, dont je parle à l'époque de sa parution : "C'est sieur David Bailey qui confectionne et signe de sacrées mélopées pop sous le nom de No Middle Name. L'auteur-compositeur anglais non seulement façonne ses chansons comme un grand couturier en les fleurissant de loops, de bruitages, de passages parlés, en rapport avec l'ambiance et le texte, mais il chante aussi comme un doux rossignol. D'ailleurs son univers est printanier, bucolique et pastoral quand les titres parlent d'animaux, de paysages et de saisons avec romantisme et sentiments amoureux. Les guitares et les synthétiseurs mènent la danse soit folk, soit disco-pop, ou pop orchestrale. L'atmosphère y est par ses samples très cinématique, imagée avec des références variées et inspirées du 7ème art, de la littérature et de la musique."
NoMiddleNamePiggledyPop2014




A l'écoute de Fondness, je suis derechef séduite. Ce que j'aime dans l'univers artistique de David Bailey, c'est sa dictature de l'humilité et de la simplicité, avec en trame de fond, des références culturelles riches et ancrées auxquelles il revient avec soin, un grain de folie, avec humour et charisme.
Obsédé par la pop, David la valorise dès les premières notes de Love in Stereo Sound qui fait sautiller et chanter avec lui des lalalala de pauvres lobotomisés d'indie pop que nous sommes. Les détails scintillants sont là, de la pochette avec son yellow bird sur fond bleu cyan, à la promenade en bord de mer où les mouettes font des vocalises. La basse et les guitares continuent d'empourprer les oreilles sur la rythmique galopante de Reject Club jusqu'au pimpant duo Saturday Girl Sunday Boy avec Samantha Whates. Il est ensoleillé et éclaboussant de clap hands poppeux. L'excellent son saturé des guitares et claviers de Television Soul accompagne comme une seconde peau le thème électrique envoûtant avant l'ambiance plus acoustique et cristalline de Topshop Shelf où la voix de David contient une sacrée musicalité et personnalité. La batterie s'envole et mitraille du tempo efficace sur Sister, accompagnant la guitare électrique endiablée sur un instrumental habité par la grâce britpop.



The boy before dégage un son puissant, une mélodie grandiose, créant une addiction avec un style frisant le rock, la jangle pop habillée de guitares à la Johnny Marr. Fading Photo dont la nostalgie est joliment amenée et menée par des cuivres lointains, dégaine un rythme dansant assuré par la basse et la batterie. Ce joyau pop alternatif étourdit définitivement notre canal auditif perverti à la pop underground. L'effet ne désarme pas quand la guitare électrique de David sur Forget What You Know déchainée, psychédélique, rock, est assez déjantée pour enrôler.
Puis Brother vient répondre au Sister sur une mélodie electro-pop qui attrape illico l'attention. No Middle Name a cette agilité dantesque pour propulser immédiatement dans une ambiance, qui ne nécessite pas de mots. Fondness clôt sur des métaphores magnifiques comme une fenêtre, une petite robe rouge, le vent, les étoiles, et l'été, saison pendant laquelle David a écrit et enregistré à St Leonards-On-Sea ce sublime album.
J'aime cette impression d'incapacité quant à choisir un titre plus qu'un autre. Fondness est entier, brut, instantané. Il contient de l'esprit, de l'humour et de l'intelligence dans la création et dans l'interprétation. No Middle Name nous offre un deuxième album remarquable qui entérine sa précieuse et désormais indispensable présence dans le monde indie-pop.
NoMiddleName





BMX Bandits

Les bandits écossais battent le fer pop depuis 1983. Kurt Kobain disait 'If I could be in any other band, it would be BMX Bandits'. Quand apparait le groupe sous l'impulsion de l'auteur-compositeur Duglas T Stewart qui renait des cendres de The Pretty Flowers, la bande compte Frances McKee et Eugene Kelly des Vaselines, Sean Dickson des Soup Dragons et High Fidelity, Norman Blake des Teenage Fanclub et Stuart Kidd des Wellgreen et de Dr Cosmos avec son acolyte Joe Kane. Avec ses amitiés noblement robustes, ces liens qui traversent les décennies, Duglas continue sa route avec son complice d'écriture Francis Macdonald et Norman Blake tous deux des Teenage Fanclub et Pastels, David Scott des Pearlfishers, Stevie Jackson des Belle and Sebastian. Pour résumer, il y a toute la clique des Vaselines, Teenage Fanclub, The Boy Hairdressers, The Pastels, The Soup Dragons, Superstar, Green Peppers, Snowgoose, Telstar Ponies, The Clouds, Future Pilot AKA, Lloyd Cole, The Pearlfishers, Randolph's Leap, No More Tiger et The Ghosts...une liste à faire frémir! A l'approche de l'été, je qualifierais ces grands noms de ' sacrée belle brochette indiepop'.



Avec 12 albums, une vingtaine de singles et EP, les BMX Bandits signent le 19 mai prochain sur Elefant records un tout nouvel album où revient jangler joyeusement Dr Cosmos aux côtés de Duglas. J'ai donc reçu en avant-première cette tuerie nommée BMX Bandits Forever qui propulse des titres pop incroyables et effectivement intemporels après quelques 35 ans de carrière décrit par son créateur 'With this album we wanted to build a monument to eternal love and pure pop'.

Le festival de notes pop commence avec My Girl Midge. Soufflée, je déguste la mélodie, les paroles, l'orchestration alternative brillante où l'orgue côtoie la splendide voix de Duglas qui partage ici l'écriture avec son ami David Scott. Suit That Lonely Feeling, reprise du groupe des sixties The McKinley, plein d'une âme romantique, de lignes de basses qui ravivent toutes sensibilités fleur- bleue. Puis arrive Mais Do Que Valsa (Just A Memory) et son tempo pop psychédélique où la griffe de Stu Kidd fait son apparition, décrite par Duglas : 'BMX Bandits Forever started with a song that David Scott and I wrote and recorded together in an afternoon at his home in East Kilbride called My Girl Midge. At the time I was totally convinced that it would be the last recording I would make. I just couldn’t see a way forward for BMX Bandits at that point. But then I started recording and writing new things with Stuart Kidd. I couldn’t have done this without Stuart‘s generosity, encouragement and incredible musicality. I saw this quote (below) and it inspired a lyric idea. It was the first track that we recorded together for this album'.

StuartKiddPiggledyPop


Les rois de la pop enchainent sur un Rust dans la veine sixties emblématique des BMX, jusqu'à l'estival et amoureux SaveourSmiles, suivi de Love Me 'Til My Heart Stops qui fera fondre tous les petits coeurs sensibles. Dr Cosmos vient griffer Way Of The Wolf de sa mélodie modelée Beatles en continuant sur la magnifique It's in her Eyes qui ronronne à l'oreille en duo 'It's in her eyes and the way that she smiles, It's in her words and her funny style'.



L'ensemble de 16 titres, élégants, sophistiqués, dansants, fait resplendir les influences de Duglas qui vont de Bacharach, Jonathan Richman à Phil Spector. It's Time fait place à Razorblades & Honey (featuring Anton Newcombe) qui découle de sa rencontre à Berlin avec Anton, fondateur des Brian Jonestown Massacre où les deux musiciens se sont entendus comme larrons en foire. 'In the Summer of 2016 Chloe and I visited Berlin where Anton Newcombe and I wrote and recorded a song Razorblades & Honey for the album. It was great watching Anton work. Like us he likes to work real fast to capture a special kind of raw energy and magic that I think can only come from doing it that way.' Poursuivant dans un esprit hommage, BMX Bandits rejoue Forever des Beach Boys produit par Brian Wilson et American Spring dont je parle là: Honeys

Chloe Philip apporte sa touche féminine en alliant sa voix aérienne à la mélodie rayonnante de No Matter What You Say. L'amour, le rêve et les déceptions, les émotions, l'amitié règnent sur les notes de How Not To Care et Life Without You qui bouclent l'écoute avec une version instrumentale de Mais Do Que Valsa. Duglas T.Stewart dit 'I have always believed in the power and magic of love. It’s something even non-believers can believe in. This album is dedicated to real love.' Piggledy Pop range évidemment l'excellent BMX Bandits Forever dans son panthéon des albums nécessaires. A vos tablettes le 19 mai prochain !
BMXBandits







dimanche 2 avril 2017

Goodly Thousands

Trio pop irlandais formé en 2010, Goodly Thousands fait paraître il y a 3 jours un titre nommé Spree. Il avait signé auparavant l'EP Sunshine Hair en 2015 et Goodly Thousands en 2011. Colm Dawson qui écrit les chansons, joue de la guitare et chante, accompagné de Darren Hughes à la basse et Aaron Doyle à la batterie reconnait lui-même avec simplicité et honnêteté qu'il n'est pas rapide à la création. On lui pardonnera donc amplement tout en succombant aux mélodies jangle pop typées Go-Betweens, Lucksmiths, James, Voxtrot et Blueboy. Les pépites pop que signe Colm sont sophistiquées, dansantes, dentelées de guitare acoustique élégante, de rythmiques énergiques, de lignes de basse essentielles chapeautées d'un chant hautement harmonieux.



L'univers musical de Goodly Thousands s'apparente à une cassette emplie de voyages (Milan), de sentiments (I Wish), de paysages et de nature (Power Bird). Colm porte une attention particulière aux paroles, apporte sa personnalité pétillante aux arrangements et un don pour semer du romantisme et de la délicatesse sur les partitions. Ses titres dénotent une belle sensibilité et Spree offre largement de quoi patienter pour la suite tout comme les fabuleux power-pop Kiss Me Upside-Down et Walking Home ainsi que le premier EP en téléchargement libre là : GoodlyThousands



samedi 1 avril 2017

Winter Coat

Winter Coat, quartet pop de Cardiff, vient de sortir le génial single Into the Blue pour annoncer la venue prochaine d'un nouvel EP. Les musiciens gallois nous ont offert l'opus Drifting l'année dernière et mes oreilles sont définitivement séduites par leur univers. Jennifer Dawn est au chant et à la guitare, Dan Lewis à la guitare, Jonny Campbell à la batterie et Daryl Watts à la basse. Les quatre amis composent et jouent une dream pop qui enveloppe et accroche dès la première écoute. Les Winter Coat tiennent chaud avec leur humour et leur singularité, composant des mélodies pop alternatives superbement cintrées. Les textes décrivent des endroits familiers ou lointains comme Into the Blue qui nous emmène brillamment dans l'espace ou peuvent aussi offrir références cinématographiques comme sur le prochain EP prévu pour cet automne.



Les mots de Sea Song enivrants d'iode et de poésie comme sur Overcast Skies et Drifting sont ornés de guitares, de rythmiques, de vagues de voix qui accompagnent celle de Jen magnifique, d'une élégance infinie. Le club des quatre gallois transporte dans ses chansons, vidéos et concerts son esprit taquin au point de se laisser mener par le bout de la truffe par le chien Jazz au King's Road Studio où ils enregistrent Drifting. Leur inspiration est immédiate, leurs influences viennent des Real Estate, Wild Nothing et Cocteau Twins. Cette lignée musicale s'entend judicieusement dans Waiting at the Stop. La dream pop est menée avec dextérité par les guitares qui donnent le tempo à la mélodie et installe d'entrée de jeu un mellow charmant armé d'une mélancolie légère et exquise. Toujours fort romantique, Drifting propose une batterie qui fanfaronne doucement, une basse porteuse de sensualité et une guitare électrique enjouée pour un titre merveilleusement pop. Puis Sea Song, alchimie sonore bercée d'embruns, allie un texte marin à une instrumentation progressive, aboutie et bien soudée. La voix de Jen apporte de la grâce qui donne de l'ampleur à la musicalité des chansons comme sur le vaporeux et délicat Overcast Skies qui ne donne pas envie d'accoster. La sortie d'Into the Blue prend de l'altitude et enthousiaste parce que Winter Coat signe une mélopée qui se distingue et qui démontre vraiment leur propre style. La patience jusqu'à l'automne prochain sera récompensée pour les chanceux qui seront présents au festival Wales Goes Pop le 15 Avril prochain où Winter Coat portera ses fabuleux titres sur scène.
WinterCoat





dimanche 26 mars 2017

The BV's

A la première écoute des BV's, mon coeur a sautillé comme un poulain dans les prés. Le duo germano-anglais a enregistré d'un jet dans sa maison, une habitation partagée en Angleterre transformée en studio le temps de ce somptueux Speaking from a Distance. Josh Turner du groupe Planet Jazz rencontre à Falmouth Frederik Jehle du groupe Endlich Blüte. Les deux ne se connaissent pas encore et découvre des goûts musicaux communs en s'installant dans cette maison pour six mois. Vite, ils comprennent qu'ils doivent jouer ensemble. Ce génial album, spontané, sincère qui dévoile le talent certain des deux musiciens sort façon 'lapin du chapeau' comme un cocktail hybride d'Ultimate painting, New Order, Smiths, C86 avec de longues oreilles.
Ce petit bonheur shoegaze, ultra pop, qui pousse à remuer, à gigoter sottement dans tous les sens, commence par un Ray au son aérien et dansant. Le chant est excellent, les guitares efficaces, le tempo absorbant. Tout y est pour capter l'attention et surtout, l'écouter en boucle sans se lasser.



Comme le souligne Ronny Pinkau, qui tient les rênes du label allemand Kleine Untergrund Schallplatten les douze titres sont impulsifs et frais, et Sushi Later le démontre. En un souffle, les guitares envoûtent et leurs cordes virevoltent soyeuses et mélodieuses. Charlie bag enchaine avec une véritable âme brit-pop et ses accords en écho nous ramènent le temps d'une minute au temps de Sarah Records. Toujours avec ce style singulier krautrock-jangle garni de distorsions magiques, Im spiegel deiner augen déroule une mélodie bondissante sur un texte mélancolique pour un alliage indie-pop subtil réussi. Suit To no ar et ses guitares qui débarquent sur la côte de Falmouth comme une armada conquérante sonnant des cornes stylées cold-wave. Difficile de choisir ou de préférer un titre parmi ces pépites quand Always parvient aux oreilles et met en ébullition les neurones pop déjà tête-bêche. Après l'instrumentale Mousehole d'une qualité sonore fort soignée, marquante, la twee de Never Open That Door offre une voix qui s'emboite et s'engouffre sur les guitares tendues et belles. H and M continue la promenade pop dansante jusqu'à New-York, San Francisco et la cavalcade mélodique passe les époques, les pistes de guitares se chevauchant princières. Neon, avec son honnêteté brute, tranche via une guitare électrique aiguisée qui ferraille gaillarde sur le tempo dynamique. La démarche des BV's est pleine de ferveur quand Speaking from a Distance au chant trempé du tempérament de Ian Curtis, entrelacé des partitions de cordes divinement pop, ferme l'album, reçu avec joie à la maison avant sa sortie officielle le 7 avril 2017. Le sacré duo BV's sera bientôt en concert le 2 juin à Augsburg avec les néo-zélandais The Bats et pour attendre patiemment la sortie de ce premier galop chez Kleine Untergrund Schallplatten, étant donné que l'EP Run Away signé sur cassette chez le label grec Melotron Recordings est épuisé, il est possible de découvrir la musique de Frederik sous l'alias Endlich Blüte qui offre l'album fabuleux Der Schöne Junge Mann.
TheBV's





Françoise

Je reçois Françoise comme une jonquille en ce jour de printemps 2017. Tout droit arrivées de Montréal, les premières notes de l'album nommé Amour d'été font resplendir de la douceur yéyé et de la joie de vivre d'antan. Françoise est un joli projet qui réunit Marc-André Beaudoin et Jacinthe Riopel, rencontrés lors d'un karaoke, mais oui ! Fans des sixties et de Françoise Hardy, ils se partagent les tâches, duo oblige, depuis leur premier groupe Corail Parc. Marc-André qui jouait également dans Palais, Balmoral et Rose Fargo, se charge de la composition, joue de la basse et de l'orgue quand Jacinthe écrit les textes et les chante. Le couple s'entoure des musiciens du groupe Le Couleur, Patrick Gosselin aux guitares, Steeven Chouinard aux percussions et à la batterie, Félix Dyotte et Laurence Giroux- Do dans les choeurs. L'album dont seul le titre Amour d'été est pour l'instant disponible en écoute sortira le 21 avril 2017.




Les 6 titres sont rayonnants, sucrés et valent amplement la peine aux amateurs du genre de patienter. A l'écoute du morceau Amour d'été, le tempo chromé du son de la basse évoque du tweenie meenie romantique à siroter à la paille. L'ambiance estivale poursuit avec le rythme rock'n roll endiablé de Parasol agrémenté d'un orgue psychédélique fabuleux. Coconut Motel transforme le Quebec en plage californienne grâce à la guitare rockabilly qui croone savamment. Le style vocale épuré et élégant de Jacinthe colle à la perfection aux mélodies entraînantes qui twistent gaiment. Le jerk fait son entrée sur Hula Hoop avec des spirales de notes qui donnent l'envie d'un déhanché insouciant sur une plage blindée de coquillages et crustacés. Les airs garage rock et pop sixties de Françoise rappellent Les Calamités ou encore 5 Gentlemen comme sur Danse avec moi où 'la robe à pois' fait surfer 'la veste à pois' dans une divine atmosphère aux effluves de Golf Drouot. L'écrin chic et sucré Amour d'été se termine inévitablement sur un délicieux Rose bonbon aux arrangements arrosés de pop sixties avec une basse splendide qui fait des embardées façon Sucette d'Annie de Gainsbourg. Françoise offre un album au parfum vintage yéyé, juke-box, radio-crochet pas évaporé du tout. Amour d'été est idéal pour se parer de lunettes de soleil au bras d'un amoureux pour siffler un diabolo Tutti-Frutti.
Françoise

Le Couleur


samedi 25 mars 2017

Nick Drake par Alain Hertay et Alain Pire

Nicholas Rodney Drake (1948-1974) est pour moi comme pour nombre d'entre vous la 'figure emblématique' de la musique du XXème siècle. L'auteur-compositeur interprète anglais qui nous a offert trois albums, sans aucun concert filmé, seulement quelques rares photos, développe depuis sa disparition chez beaucoup de la passion, du fantasme et plus le temps passe, une reconnaissance et une estime infinie parmi ses pairs. Sa manière de composer, de marier les partitions classiques aux mélodies pop, sublimées par sa voix magique, est unique. 'It’s impossible to keep count of the contemporary artists who cite Drake as an inspiration, but a cursory round-up includes R.E.M., Snow Patrol, Norah Jones, Radiohead, Brad Pitt, Sam Mendes, Paul Weller, Keane, Portishead, Belle And Sebastian, The Coral, Coldplay, Heath Ledger, David Gray, Super Furry Animals and Beth Orton.'



Sa famille, très unie, est ornée de musiciens. Faisant partie de la haute bourgeoisie anglaise, elle vit au domaine de Far Leys, près de Tanworth-in-Arden. Comme son père, son grand-père, Nick entre au Marlborough College, puis à l'université de Cambridge pour étudier la littérature anglaise. Il fait un cours séjour dans le sud de la France près d'Aix puis au Maroc ce qui lui sera dommageable. Il y découvre des drogues et rentre en Angleterre fragilisé, les produits le rendent dépressif. Pourtant le jeune homme d'avant est solide, d'après son meilleur ami de l'époque, il était véloce, motivé par la compétition, persuasif en tant que capitaine de l'équipe de rugby, grand sprinter, il était souriant, charmant et intelligent. Mort d'une overdose, on conclut à un suicide à l'époque mais sa famille toujours conteste et sa soeur Gabrielle bataille depuis pour qu'une enquête soit menée.



Nick Drake apprend le piano à quatre ans, puis la clarinette et le saxophone et découvre au fil de son enfance William Blake, Beaudelaire, Rimbaud, Keats, Shelley, Sartre, Camus, écoute Liszt, Miles Davis, Bob Dylan, Leonard Cohen et Chopin. Il compose ses premiers morceaux avant dix ans. Il achète sa première guitare en 1965 et voue un intérêt certain au style du picking. Son père directeur d'une société d'ingeniering, compose à ses heures perdues des opérettes, sa mère est aussi grande pianiste. Les parents Drake encourageront sans cesse les projets artistiques des enfants, les études et la musique classique ou populaire étant, dans leur monde, fort liées. Nick monte un groupe nommé The Perfumed Gardeners en 1964 qui reprend parfois les Yardbirds ou Manfred Mann.

Dès 1968, il se produit en public à Londres et un certain Joe Boyd, jeune producteur qui s'occupe de Fairport Convention, celui qui ouvrira le fameux club UFO, celui qui signe The Incredible String Band et surtout le premier Pink Floyd Arnold Layne, remarque le charisme de Nick Drake. Le lendemain les deux se retrouvent dans le bureau de Boyd à signer l'enregistrement d'un premier quatre titres.
"Boyd se les repasse en boucle, avec l'immédiate certitude du talent de leur interprète, de la singularité de ses compositions, de la virtuosité technique de son jeu de guitare et de la profonde originalité de ce qu'il entend". Cette phrase est tirée du livre magnifique sur Nick Drake que je viens de boucler, écrit par mon ami Alain Hertay et Alain Pire avec la complicité de Joe Boyd qui s'est livré à eux.

FIVE LEAVES LEFT
Nick’s first studio album, recorded in London whilst still a student at Cambridge University, augmented and orchestrated by his colleague Robert Kirby. Released on Island Records in 1969, and produced by Joe Boyd.


Grâce à ce précieux entretien sur Nick Drake, l'ouvrage délivre des détails croustillants sur l'homme et l'artiste lors du processus d'enregistrement du premier album Five Leaves Left. Le livre que nous proposent les deux Alain est un keepsake resplendissant d'anecdotes, une étude creusée sur les sources qui ont inspiré chaque texte, chaque chanson, un fin travail de recherche sur le ' contexte historique et sociologique qui a rendu possible Five Leaves Left'. La maison normande d'édition Densité, spécialisée dans la musique pop-rock vient de le faire paraitre en mars 2017 et signe plusieurs livres dans la collection Discogonie que je conseille : Robert Wyatt, My Bloody Valentine, The Cure, Neil Young. Alain Hertay et Alain Pire effeuillent les titres de l'album vinyle, dans un ordre très agréable à lire passant de la face A à la face B séparées par une feuille blanche symbolique.

Alain Hertay, formateur à la Haute École de la Province de Liège où il dispense des cours centrés sur le cinéma et la musique populaire, passionné par la Nouvelle Vague, le cinéma documentaire, le folk-rock et la musique pop des années 60, également chroniqueur sur le web, est un des grands experts d'Eric Rohmer. Alain Pire musicien guitariste, parallèlement à la scène, avec son doctorat en Information et Communication, dont le sujet de thèse est La musique psychédélique britannique signe l'Anthropologie du Rock Psychédélique Anglais en 2011 et offre la traduction de la biographie sur Syd Barrett Dark Globe en 2012.
Les deux amis nous livrent une très belle étude de Five Leaves Left. On plonge dans la lecture aveuglément. Le génie de Nick Drake laisse une trace indélébile et son don de mélodiste ne cesse de marquer les esprits. Sa musique, dense et intime, son jeu et son interprétation sublimes, sa poésie, continuent de nous hanter. Alain Hertay et Alain Pire ont ranimé son esprit le temps de 70 pages qui se terminent sur le chapitre "Comment disparaître complétement?". Une magnifique enquête sur Five Leaves Left à découvrir absolument.

"If songs were lines in a conversation, the situation would be fine"
Nick Drake

BryterOfficialNickDrakeSite
NickDrakeDensiteAlainHertayAlainPire






samedi 18 mars 2017

Bill Botting & The Two Drink Minimums

Bill Botting originaire de Brisbane apparait sur scène en duo dès 2011 avec son compère Nik Vestberg (Fulhäst) et le délicieux nom de groupe Moustache Of Insanity. Les deux oiseaux composent et jouent de la pure pop indieground utilisant des textes follement drôles agrémentés de guitares et claviers casio, gameboys, ipods, des appareils qui bip et zoop à gogo.
Puis on le découvre au sein des Allo Darlin aux côtés de Paul Rains qui récoltent un succès fulgurant. Depuis 2014, Bill griffe ses mélodies personnelles sous le pseudo Bill Botting & The Two Drink Minimums en s'entourant de musiciens superbes: Jonny Helm de The Wave Pictures, sa petite soeur Hannah Botting et Tom Wade tous les deux de Owl & Mouse, Paul Rains d'Allo Darlin' et Darren Hayman . Tout ce joli monde est accueilli dans le fameux label londonnien Fika Recordings.
WavePicturesPiggledyPop2010
DarrenHaymanPiggledyPop2008
Owl&MousePiggledyPop2015



Après les EP Coming soon et Brisbane (on everything) sous le nom Bill & Hannah Botting qui devient en 2015 Bill Botting & The Two Drink Minimums, un album vient de paraitre le 8 mars 2017 qui scotche mes oreilles au casque. Le style folk americana accompagne des paroles subtiles et les textes cartes postales sont concoctés sur des arrangements stylés et efficaces. L'album de neuf morceaux, nommé Better Friends, raconte l'expérience d'artiste, d'homme, ses voyages, ses concerts, comme un film indie qui proposerait un BO country et power-pop où l'esprit de Lou Reed, Paul McCartney, Paul Simon viennent flotter délicatement.
Comme le souligne le label "Better Friends was predominantly written on the move: on 3 hour night buses, tour vans and cross country trains." .. "The cover of Graceland came from hearing Willie Nelson’s version while waiting for the rest of the band to arrive for the first rehearsal. Having thought it was uncoverable, Bill proceeded to cover it with the gang. And he still modestly maintains that The Two Drink Minimums’ version is the second best of the three".



Le process de création grave réellement les titres qui nous propulsent illico dans cette atmosphère de tournées, d'enregistrement studio, promotion, concerts sous fond de romances. Avec la guitare électrique, basse-batterie resplendissantes de Better Friend qui attaque, le tempo pop dansant, le talent de guitariste et d'interprète de Bill saisit. Burning Bridges en guise de mea culpa est si bien galbé de guitare-voix et de la basse de Tom Wade qu'on pardonne et absout tout pêcher. Le style country reprend du service sur Knew You When qui zigzague guilleret entre Paris et ses verres de vin, d'un ferry pris à Calais après un séjour à Cardiff, en sautillant sur la batterie dynamisante qui monte au front dans la suivante Treating You Right, radicalement rock'n roll et séduisante avec le saxophone de Darren Hayman. Sachant que ce mois ci Bill ramène toute la famille en Australie pour peaufiner un nouvel album d'Allo Darlin', cela s'entend dans le jeu de guitare que le jus vitaminé de kiwi et oranges arrosé de soleil approche. La magnifique reprise Graceland suit logiquement l'ambiance rayonnante et rythmée en brassant le souvenir ému de Paul Simon dans la mélodie : "The Mississippi Delta was shining, Like a National guitar, I am following the river, Down the highway, Through the cradle of the civil war".



Le tambourin déchainé sur les guitares psyché de Feeling Sad Again évoque, d'ailleurs, un départ 'here i'm again on my way home' qui déroule un air fabuleux, qui montre les biceps de Jonny Helm aux percussions pendant sept minutes. Paul Rains et ses guitares sur la balade romantique The Rug, déroule un tapis de notes pour accompagner le chant de Bill chaleureux et intime qui nous invite à poursuivre en creusant plus profondément ce même sillon sur Paulie's Girl ou d'une simple conversation on aboutit à une chambre d'hôtel. Enfin, Difficult Stuff arrive sans prévenir pour les dernières notes de Better Friends qui passe décidément bien trop vite. L'acoustique amorce la rythmique qui s'élance grandiose, pailletée de guitares magnifiques. Better Friends est une sucrerie pop dont on prend chaque titre dans le paquet sans se priver. Bill Botting charismatique sur scène, écrit des mélodies aussi nostalgiques que rafraichissantes, qui font sourire, danser, incrustées de la voix d'Hannah Botting au charme fou.
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