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dimanche 5 février 2017

U.N.P.O.C

Depuis que U.N.P.O.C s'est glissé dans mes oreilles il y a quelques semaines, je ne lâche plus son album Fifth Column qui date de 2003, suivi de la session de 2004, Live at King Tut's. Un de ses titres, Here on my own, sera salué et recomposé, paraissant sur le film Hallam Foe de 2007 pour récolter l'award de la meilleure musique de film au festival de Berlin.
U.N.P.O.C est l'alias du musicien écossais Tom Bauchop qui promène son génie en bandoulière et compose des odes pop psychédélique intemporelles et proche de la perfection. Tom fait partie de Fence Collective, label écossais crée à Fife par King Creosote, où se retrouvent une clique d'excellents musiciens et groupes de la scène de Glasgow comme James Yorkston, Rozi Plain, Lone Pigeon, Deaf Mutes, Withered Hand, Delifinger, The Shivers, Eagleowl, Randolph's Leap, Kid Canaveral.



U.N.P.O.C est addictif. Son style nous embarque dans ses mots décalés, doucement dingues, avec cet humour élégant et mystérieux sur des accords de guitares déjantés et le son du tambourin gentiment siphonné. Quelques soient les noms que portent ses mélopées comme Amsterdam, Nicaragua ou Avignon, soyez sûrs que vous serez ramenés par le col dans la majestueuse et magique Ecosse. D'ailleurs, quand Amsterdam ouvre l'album, le décor est planté avec le chant de Tom sur la mélodie jouée par la guitare junky et la basse cristalline "I was born a thousand million miles away, In the forest they call Amsterdam, A direct descendant of the kings and queens, though they won't say that I am". La silhouette des harmonies surréalistes scotchent au siège (où se trouvera votre séant) quand Been A While Since I Went Away arrive et en moins de deux minutes, éclaire sur les sentiments amoureux qui animent Tom. La drôlerie adorable de I Don't Feel Too Steady On My Feet décrit sur ses 'la la la la' poppeux un garçon un peu fatigué qui rêve de vacances tout en rendant hommage au tambourin (à chacun ses priorités). Puis joue Here On My Own où toute la puissance de la personnalité de Tom Bauchop apparait. Le multi-instrumentiste est rejoint à la batterie par le talentueux Stu Bastiman. Le tambourin revient taquiner Avignon et offre un savoureux moment de sifflement pop rieur et de melodica sautillant. Ce cocktail néo folk-punk-pop psychédélique qui fait se croiser Syd Barrett et les Pixies subjugue, intrigue. Le mystère qui saisit poursuit sur Come In, panoramique sonore et lyrique qui nous envahit et submerge comme un sable mouvant. C'est une pièce maîtresse lo-fi. L'alien U.N.P.O.C continue son tour de magie quand I Love You, Lady Luck lance sa rythmique endiablée où Tom se déchaine sur sa guitare, sa basse, son tambourin et son chant brut, écorché, fort solide. Le somptueux Dark Harbour Wall vogue, navigue dans les harmonies de voix qui jonglent avec des 'pa pa pa' dans le sillage de Neutral Milk Hotels comme sur le grandiose Jump Jet Friend, aux arrangements sunshine-pop assez délurés et révoltés pour m'envoûter.



Beautiful To Me dévoile un romantisme fou et une mélodie troublante ramenant aux sixties et aux bases fondamentales de la pop. Les titres s'enchainent et créent une atmosphère psyché digne du Psycho Killer de Talking Heads et du Hold me now de Polyphonic Spree comme dans See you Later et le grandiose Some Kinds Of People. A l'écoute des paroles voluptueuses et déjantées de So in Tune, de l'orgue et la guitare complices sur une myriade de voix en écho "I cannot sleep or eat but still I feel fine. Old ladies help me cross the street, they're so kind. I cannot concentrate or focus my mind. I cannot keep the pace, I'm falling behind. Cos I love you" il y a matière à fondre d'admiration. Nicaragua offre une veine et une verve révoltée, une batterie énervée, une guitare électrique chargée où Tom Bauchop brille et convertit par son charisme. U.N.P.O.C concocte un Fifth Column débordant d'harmonies et de charme. Pour les curieux, il y a aussi l'album The artist Paints avec 8 titres confidentiels qui devrait sortir à la lumière tellement c'est un joyau brut et également une présence sur le titre Summer Song de James Yorkston en 2008 totalement joué par Tom Bauchop.
Piggledy Pop est fan. Never-ending thanks to my Scott.
UNPOC