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samedi 4 mars 2017

Oscar

J'évoquais le lascar Oscar dans un billet il y a presque deux ans. Depuis le jeune londonien a signé l'album Cut and Paste en mai 2016 et il y a quelques jours, le tout beau single Sometimes​/​Breaking My Phone.
"Le musicien londonien Oscar Scheller alias Oscar commence à faire parler de lui en avril 2013 avec son premier EP auto-produit et enregistré chez lui Never Told You. Remarqué par NME qui conseille de le suivre, et le Guardian qui le décrit comme un artiste héritier de Leonard Cohen et Morrisey .., le jeune Oscar de 22 ans poursuit avec le second EP 146b en 2014. De nouveau l'auteur-compositeur ne passe pas inaperçu et la presse noircit ses pages de compliments. Admirateur de Blur, The Radio Dept et Magnetic Fields, Oscar signe un deuxième disque subtil et fin, au son indie-pop arrangé de synth-pop et d'une rythmique dansante.



Mélange de new-wave et de pop electro contemporaine, Oscar écrit sur l'amour et ses déceptions, en donnant des ailes d'anges à ses guitares et à ses claviers. Les mélodies solides sont très inspirées chez le jeune homme qui nait dans le nord de Londres il y a 25 ans de parents musiciens, son père étant notamment membre du groupe des années 70 The Regents. Le garçon âgé de 6 ans commence à apprendre le piano, à écrire des chansons. Puis il met son imagination en oeuvre en rejoignant les beaux-arts, se spécialisant dans la sculpture. Ne se sentant pas complet, il met sa fertilité artistique au service de la musique. Pour notre grand plaisir, Oscar fait paraitre en juin 2015 l'EP Beautiful Words, romantique et au tempérament trempé. Il nous réserve un album pour 2016 ayant déjà une poignée de 12 titres à enregistrer et à peaufiner. Piggledy Pop sera à l'écoute et en parlera certainement. "



Me voilà donc pour commenter ce magnifique album de 2016 qu'est Cut and Paste. Sometimes lance les premières notes dignes héritières de Blur et derechef on retrouve non seulement le talentueux auteur, le charismatique interprète mais aussi le show-man avec son humour, son amour pour mickey mouse (chacun, chacune son pêché mignon), son univers peter-pan excentrique et surtout son tempérament hautement poppeux. C'est toujours au sommet de la pop underground -attention à la tête- que sieur Scheller nous entraine sur le romantique Be Good où la batterie ronronne en se frottant aux claviers.
Avec ses paroles naives 'en apparence' et la rythmique dodue, l'envie de danser nous maintient grâce à la dextérité de Kim Deal à la basse et à la qualité de l'enregistrement fait par Oscar Scheller, lui-même. Le besoin de se trémousser poursuit avec Feel it too qui offre un sacré chant de crooner sur un tambourin et des guitares indie à souhait. Les harmonies et arrangements sont efficaces, ciselés pour ériger un univers artistique singulier. Les samples groovent sur Good Things, titre positif et amoureux qui devrait tordre les oreilles aux aigris et frustrés ainsi qu'aux idiots qui vivent au travers de leur iphone, idée qui revient sur le fabuleux rock de Breaking My Phone.



Le somptueux duo Only Friend avec Marika Hackman délivre une mélodie pleine de romantisme comme Daffodil Days où la basse et les choeurs liés font dodeliner la tête et se dandiner frénétiquement les vertèbres. Le grain de voix d'Oscar frôle les cimes de la perfection sur Fifteen qui prend le costume d'un billet doux susurré à l'oreille à ébranler l'épiderme. Là encore le mariage du tambourin et de la basse rappelle sensuellement The Smiths dont le style old-school transporte au temps où une plume se fendait sur des mots vibrants de sentiments, état émotif assumé aussi sur Beautiful Words. Le tempo chaloupe et balance jusqu'au dernier morceau Gone Forever, dont les cordes et synthétiseurs tendus sur la voix d'ange d'Oscar ornent la mélancolie d'une histoire qui se termine. Les chansons de Cut and Paste sont addictives, colorées, joyeuses et la voix d'Oscar, généreux et actif, un exquis bonbon parfum baryton.
Oscar
OscarPiggledyPop2015