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dimanche 30 avril 2017

Secret Gardens

C'est le printemps, tant attendu. Les racines s'épanouissent, délivrent des tiges, des feuilles, des fleurs, les sèves s'élèvent, la terre arable peut enfin être labourée et le jaune or du colza peut enfin s'étendre à tout bout de champ. Fallen Love Records est un label canadien de l'Ontario qui ce 21 avril 2017 signe une compilation vernale de bon aloi. 70 minutes, 22 chansons et 22 artistes de 8 nations différentes qui la composent y consacrent le printemps. Secret Gardens, idéale pour un pique-nique, un tour de bicyclette, un moment de jardinage rend hommage au printemps aux quatre coins du monde avec des groupes d'Australie, du Canada, d'Angleterre, du Japon, des Pays-Bas, de Pologne, de Russie, et des Etats-Unis.



Secret Gardens éclot avec Spring Is Here par Songs By Thom qui comme la rosée du matin, dépose illico une brume de pop, de twee, sur l'écoute comme le souhaitait le label : "Fallen Love Records is a bedroom label based out of Oshawa, Ontario, Canada. We traffic in pop songs. We had been on hiatus since autumn 2015 but now we are back. So fold up your sweaters and oil your bike chains. The blankets on the beds are melting and the flowers will be blooming soon. Let’s start again."
Alors on y va et on le suit dans la célébration du printemps sur la guitare électrique fort sensuelle de Home Movies qui chante Let The Sunshine avec une pépinière de 'lalalala' pop et soyeux. Le style garage fifties débarque avec sa rythmique vitaminée grâce à Brunch Club et leur Wasted Sun suivi du très twee Merry Go Round des Twinkle Twinkles, engageant et dansant. Sleuth arrive dans le casque avec un somptueux A Point Of View, rock et alternatif où guitare, claviers et voix tourbillonnent sur une mélodie chlorophyllée aux Smiths. La compilation fourmille d'horizons et Chicago apparait sous la partition aérienne et légère de Saku signée Benjamin Boyd et son projet Sushi Backpack. La disco-pop efficace et rythmée de Pologne avec Rycerzyki offre le sublime titre The Mating Season .



La féminité dépote avec l'entrée de Minutes From June, du Nouveau Mexique, et son pop-folk Your First Million jusqu'aux voix en duo mélangées à la guitare, batterie et maracas déchainées sur le garage-pop Mood Swings des australiens Good Try.
Le chant de crooner coquin de Blimp Rock sur Wet Hot Canadian est un régal. Il fait sautiller la mélodie sur le texte arrosé d'humour. L'esprit cabot poursuit dans I Want To Be Your Cat chanté par les japonais Milk Film où le rythme chaleureux doowap, les sifflements accompagnent le tambourin et l'orgue. L'excellent Dennis Driscoll de Washington apporte sa patte electro-pop sur Because Doggo, savoureusement imagé et samplé. La douceur de Озеро surgit avec nos amis russes Малыш Камю (malishkamu) au chant d'ange dont je suis fan : МалышКамюPiggledyPop2014



Le tempo subtilement twee de Finnmark! nourrit Going Nowhere de l'âme pop anglo-scandinave que les amateurs du genre connaissent bien. Ed et Owen nous pondent un très fin morceau comme de coutûme avant le bondissant et fleuri de notes Wistaria des Old Lacy Bed, groupe de quatre japonaises qui se greffe parfaitement à la compilation. La pop se fait de plus en plus fertile avec le clap-hands de Sarah, Plain + Tall sur Spring Cleaning suivi du 'ambiant' electro Sufjan de la chanteuse de Toronto Kira May. Les amplis chauffent sur Mr. Punxsutawney dans le jardin des Total Goth de Denver avec un son saturé psyché dans les guitares adouci par le tambourin. Le climat des néerlandais Ghost Thoughts sur Everyone Dies Alone devient pastoral, sunshine-pop, et se greffe avec élégance à la suite de titres comme Emma + Asher et son Elevator ou encore Sarena Steeber feat. Micah Dunlap qui signent Irene Avenue et Red Go-Cart sur Nineteen Seconds [Spring Night Version] dont l'atmosphère rappelle sensiblement la twee des Field Mice et des Pains Of Being Pure At Heart.

A l'écoute de Secret Gardens on récolte des moments de joie, de nostalgie, on reçoit de l'émotion. Les compositions diverses produisent l'effet d'un melting pot de senteurs et de couleurs en ce retour des beaux jours et cette jolie galerie musicale offerte par Fallen Love Records, entre les oreilles, suspend le temps (pas le taon!).
FallenLoveRecords







vendredi 28 avril 2017

Soft Hearted Scientists

Soft Hearted Scientists sont signés chez the Hip Replacement où les musiciens font paraitre leur magnifique double album Golden Omens ‎en 2016 faisant suite à l'album What Ever Happened To The Soft Hearted Scientists chez le label Fruits de mer que je recommande de visiter, ainsi que ses branches, Friends Of The Fish et Regal Crabomophone où vous pourrez pêcher la compilation The Crabs Sell Out / The Crabs Freak Out produite par Soft Hearted Scientists.
Le groupe gallois confectionne des mélopées pop psychédéliques, pastorales, dotées d'influences sixties et seventies. La qualité de la composition alternative, dansante, est garantie. Avec une dizaine d'EP à leur actif, Soft Hearted Scientists qui commencent leur exploration musicale en 2001 avec un 4 titres sur cassette, proposent depuis Take Time To Wonder In A Whirling World ‎en 2007, Wandermoon en 2011, False Lights en 2013, The Slow Cyclone en 2014 et le dernier en date Golden Omens.



J'aime ce groupe parce qu'il est déjanté, complétement fou. Ces drôles de zigotos ont un talent infini, mêlant le folklore gallois, au style psyché des Incredible String Band tout en allant ramasser des crevettes avec des palmes en lisant Richard Brautigan. Ils ne se prennent pas au sérieux et pourtant leur musique fourmille d'arrangements exceptionnels, inspirés et travaillés. Ils savent allier avec un don furieux le style horror, plein de fantômes, de chevaliers médiévaux, de vampires mexicains, tout en parlant de fleurs, de campagne et de leur terroir. Comme décrit dans la biographie du groupe, ils sont quatre depuis 2007, Nathan Hall au chant et à la guitare, Dylan Line à la guitare acoustique et aux synthétiseurs, Paul Jones à la batterie et Michael Bailey à la basse. Nathan : "Anyway, the Soft Hearted Scientists now numbered four and we knew we could take on the world. Or at least Wales. Or at least bits of Wales. Preferably in close proximity to Cardiff. A stone’s throw from my house even better. Actually can we just do gigs in my garden?"



Nathan aime Syd Barrett qui est sa référence artistique 'Syd Barrett could get away with singing songs about goblins and gnomes'. Il aime aussi Bob Dylan, The Byrds, Beta Band, Love, Brian Wilson, Gorkys Zygotic Mynci, Velvet Underground. Ces influences transpercent les 65 minutes et 26 titres de Golden Omens dont le thème envoûte littéralement et dont les harmonies subtiles subjuguent. L'écoute du double album est un réel voyage, assuré par la créativité et l'inventivité fructueuse des artistes gallois. Les endroits décrits, les histoires, les arrangements peaufinés et stylés 'new psychedelism' nous invitent à les suivre et à découvrir leurs univers, débutant par Little Gardens Full of Ghosts en passsant par Rue du Day, qu'il pleuve ou fasse beau, On a Clear Day I Can Think for Miles ou If Only it Would Rain Again on passe par l'ambiance maritime, urbaine, stellaire avec Helicopters of Habershon Street, People Cities and the Silence, 27 Seconds in Antarctica. L'ambiance est fantastique, habillée d'Histoire et d'histoires, alimentée de nature où les mélodies surfent sur les rivières entre les montagnes et de littérature. Je recommande ce vol plané multicolore, ce bijou Golden Omens qui emmène dans des temps soldés mêlés de contemporain avec une grande classe et une grande beauté. Les Soft Hearted Scientist forment un groupe énigmatique dans le monde indie, secret, et pourtant une pièce maitresse actuellement en studio pour travailler un album à venir.
SoftHeartedScientists



samedi 22 avril 2017

The Bullfight

J'aime ce groupe néerlandais parce que son univers musical est singulier et parce qu'il véhicule un esprit qui me touche. S'il devait tenir un rôle dans 'Le bon, la brute et le truand' ils ne serait pas 'le bon' et ce malgré un look de dandy, une allure de jeune premier au costume et chemise tirés à quatre épingles. Il ne faut pas se fier à leurs boucles blondes. Les artistes de Rotterdam cachent des tempéraments bien rincés. Il y a notamment celui de Thomas van der Vliet qui est l'auteur-compositeur, guitariste, pianiste, un mélodiste exceptionnel. Depuis l'album La Chasse que je chroniquais il y a deux ans, Thomas s'est consacré à sa vie privée, son mariage, et revient à la composition ces derniers mois pour offrir en mai 2017 le nouvel album Shame, Guilt, Deception signé sur son label qu'il gère d'une main de fer Brandy Alexander Recordings. A ses côtés, d'autres caractères 'bien trempés' s'activent de façon magistrale et loyale. Le fantastique chanteur Nick Verhoeven, le contre-bassiste Eddy Nielsen, la violoniste Esther Vroegindeweij, le batteur Andre van den Hoek et le guitariste Mark Ritsema.



"The Bullfight est un groupe néerlandais qui compose de la pop aux accents folk et rock grâce à la présence du violon, de l'orgue, de guitares et de la basse rutilantes. Après Lips & Ashes de 2004, One Was A Snake de 2006, le groupe signe le single Another man en 2007. (...) Thomas van der Vliet en 2008 coécrit la bande originale du film Lucid signé du réalisateur Ferry van Schijndel, qui remportera un beau succès aux festival du film de Rotterdam et celui de Berlin. Cette même année, il trouve le temps de peaufiner des chansons avec la clique de musiciens du troisième album Stranger Than The Night qui sort en 2010. Là encore, The Bullfight s'accorde une tournée qui passe par la Grèce, l'Allemagne, le Danemark, la Belgique avant de s'arrêter en studio pour le superbe quatrième album, au joli nom français La Chasse, qui vient de paraître en mai 2015."
TheBullfightPiggledyPop2015



L'ambiance de polar noir saisit aux premières notes de Shame, Guilt, Deception. Le décor est planté, les personnages déclinés, l'histoire déroule son récit sur des arrangements et une orchestration à faire frissonner l'occiput. The Weeping Willow nous entraine dans un temps ancien, sur une rythmique lancinante qui swingue sur un magnifique son de gramophone et de cuivres somptueux. Puis le grandiose I Guess You Know By Now où la voix de Nick voltige sur les violons évoque ses sentiments et sa fragilité imagés par les 'white horses' à la manière de Nick Cave, Bonnie Prince Billy, Lou Reed, Leonard Cohen. That Man quitte un moment la poésie romantique pour requérir à un moment de testostérones décidés, conquérants, agrémentés de l'orgue aiguisé. No Thorns, No Roses évoque un amour, un domaine, rappelant l'esprit de préservation de territoire qui n'attend aucun sentiment. On est délicieusement propulsé au 18ème siècle, où valeurs et honneur sont mis en forme par des cordes et des choeurs somptueux. The Bullfight étend son talent d'écriture et d'interprétation sur My Comeback où le clavier et les guitares resplendissent pour accompagner le protagoniste, de retour sur son sol quelque soit le prix à payer. Plein d'âme, de coeur, le personnage se perd uniquement dans ses sentiments amoureux pour sa belle dans Waltz For L.E. puis dans Only Her Ladder Led To Fire où Thomas brille de talent. Le piano délivre une mélodie émouvante ornée de basse et guitare électrique qui symbolisent une force combattante et résistante. Les violons, à la vanité réconfortante, viennent renforcer ce sentiment d'inflexibilité quand la joyeuse rythmique de My Life Is Better Than Yours apporte un moment de légèreté et d'humour. Backdoor conclut l'écoute avec la même exigence acide, la même passion dans les partitions, dans les instruments et les mots.



Shame, Guilt, Deception est éloquent, mélancolique, spirituel grâce à ses différents talents réunis. Les musiciens créent une atmosphère anachronique, Thomas compose avec autant de sagesse que de compulsion lié à Nick, diplômé en littérature et écrivain, qui apporte sa plume, ses textes intelligents et sa voix envoûtante. The Bullfight offre comme d'habitude du rêve, de la surprise, de l'énergie, de la musique pop théâtrale, extrapolée et un univers artistique, sélectif et élitiste. J'aime ce profil assumé et ce charisme sur scène comme sur disque. Je suis une fan totale des Bullfight qui ne laissent pas de place au hip-hop ou autres 'Alicujus rei consors' mais sortent volontiers l'artillerie de Telecasters pour y faire face. A se procurer absolument le 8 mai prochain en coffret double avec la réédition du génial One Was a Snake sur le site Brandy Alexander Recordings qui signe aussi récemment la réédition de No Song, No Spell, No Madrigal de The Apartments.
BrandyAlexanderRecordings
TheBullfight

dimanche 16 avril 2017

EZTV

2010, l'auteur-compositeur new-yorkais Ezra Tenenbaum enregistre ses chansons en solo sur un 8 pistes dans sa chambre d'étudiant avec sa guitare ou son piano avec l'immédiate envie de les jouer en concert. Il convertit son compagnon de faculté Shane O’Connell qui joue de la basse et Michael Stasiak de la batterie. Michael joue dans Widowspeak et Shane dans Saint Rich, signé chez Merge Records. Tous les trois ont des influences de qualité telles que Magnetic Fields, Beatles, Feelies, Nic Hessler, Big Star, Teenage Fanclub. Ensorcelés par la power pop psyché, EZTV rêvent d'assurer la première partie de Jonathan Richman. Le premier album Calling Out parait en 2015 avec trois chansons de leurs débuts et 9 récentes écrites en 2014. Je l'écoute en boucle...avant de le réécouter, encore.



L'an passé, EZTV signe un tout nouveau disque avec la collaboration d'amis musiciens passés au studio lors de l'enregistrement : Jenny Lewis, Chris Cohen, John Andrews de Quilt, Nic Hessler et les musiciens de Real Estate, Martin Courtney et Matt Kallman. Les dix morceaux de High in Place sont puissants de sonorités pop, de mélodies mêlant jangle pop, power, garage, indie pop ( de la lignée scène new-yorkaise avec Real Estate, Ladybug Transistor, Pigeons, City & Horses, Nic Hessler, Sam Evian, Essex Green, Yeah Yeah Yeahs, Animal Collective, Hospitality etc).



EZTV ouvre le bijou de septembre 2016 avec le somptueux High Flying Faith qui offre la participation de Jenny Lewis au chant. Ezra reconnait que vivre à New-York au milieu d'une multitude d'autres musiciens est un mode de vie qui pousse à explorer de nouvelles techniques mais qu'il se sent mieux à composer ce qu'il connait le mieux, même si le genre est déjà visité sous toutes ses coutures : la power-pop. A l'écoute de Racing Country, les guitares virevoltent, la batterie et la basse font resplendir une rythmique joyeuse et oxygénée. Les mélodies alternatives, aux instrumentations fines et élégantes, au chant limpide et majestueux, comme sur Reason to Run, accrochent l'attention et la cristallise.



Les harmonies typées sixties sont succulentes sur Clear, accompagnées de poésie qui décline des couleurs, les lueurs du matin au soir, en perpétuelle mouvance comme sur States of Confusion et son délicieux handclaps. EZTV sait marier l'esthétisme et l'énergie, la britpop à ce brin de folie créatrice new-yorkaise, évident sur Hammock et sa rythmique solaire qui galope. La notion du temps revient sur le génial Temporary Gold, soyeux titre qui rappelle l'excellence de Big Star. Le régal ensoleillé poursuit avec Still, où la ribambelle de guitares font rayonner la mélodie. Le grandiose How Long's It Gonna Be nous propulse dans l'ancien temps brillant des Teenage Fanclub et de Pale Fountains. Goodbye Morning, émouvant, inspire une réflexion sur un style de vie, loin du nôtre, conclut l'album High in Place totalement radieux. La power pop y est d'une beauté à couper le souffle. Le fond de psychédélisme est une splendeur, la jangle dans les guitares taquine la perfection, les textes fins baignent dans le lyrisme. Ezra exalte l'art de la composition pop avec les magiciens Michael et Shane qui activent un savoir-faire subtil et des références essentielles pour signer un chef d'oeuvre. (chez Captured Tracks)
EZTV

dimanche 9 avril 2017

No Middle Name

J'ai découvert il y a peu le bijou Fondness sculpté cette année par No Middle Name. Sorti en janvier 2017, l'album encore tout chaud fait suite au single Television Soul de novembre 2016 et à l'album No Middle Name de 2013, dont je parle à l'époque de sa parution : "C'est sieur David Bailey qui confectionne et signe de sacrées mélopées pop sous le nom de No Middle Name. L'auteur-compositeur anglais non seulement façonne ses chansons comme un grand couturier en les fleurissant de loops, de bruitages, de passages parlés, en rapport avec l'ambiance et le texte, mais il chante aussi comme un doux rossignol. D'ailleurs son univers est printanier, bucolique et pastoral quand les titres parlent d'animaux, de paysages et de saisons avec romantisme et sentiments amoureux. Les guitares et les synthétiseurs mènent la danse soit folk, soit disco-pop, ou pop orchestrale. L'atmosphère y est par ses samples très cinématique, imagée avec des références variées et inspirées du 7ème art, de la littérature et de la musique."
NoMiddleNamePiggledyPop2014




A l'écoute de Fondness, je suis derechef séduite. Ce que j'aime dans l'univers artistique de David Bailey, c'est sa dictature de l'humilité et de la simplicité, avec en trame de fond, des références culturelles riches et ancrées auxquelles il revient avec soin, un grain de folie, avec humour et charisme.
Obsédé par la pop, David la valorise dès les premières notes de Love in Stereo Sound qui fait sautiller et chanter avec lui des lalalala de pauvres lobotomisés d'indie pop que nous sommes. Les détails scintillants sont là, de la pochette avec son yellow bird sur fond bleu cyan, à la promenade en bord de mer où les mouettes font des vocalises. La basse et les guitares continuent d'empourprer les oreilles sur la rythmique galopante de Reject Club jusqu'au pimpant duo Saturday Girl Sunday Boy avec Samantha Whates. Il est ensoleillé et éclaboussant de clap hands poppeux. L'excellent son saturé des guitares et claviers de Television Soul accompagne comme une seconde peau le thème électrique envoûtant avant l'ambiance plus acoustique et cristalline de Topshop Shelf où la voix de David contient une sacrée musicalité et personnalité. La batterie s'envole et mitraille du tempo efficace sur Sister, accompagnant la guitare électrique endiablée sur un instrumental habité par la grâce britpop.



The boy before dégage un son puissant, une mélodie grandiose, créant une addiction avec un style frisant le rock, la jangle pop habillée de guitares à la Johnny Marr. Fading Photo dont la nostalgie est joliment amenée et menée par des cuivres lointains, dégaine un rythme dansant assuré par la basse et la batterie. Ce joyau pop alternatif étourdit définitivement notre canal auditif perverti à la pop underground. L'effet ne désarme pas quand la guitare électrique de David sur Forget What You Know déchainée, psychédélique, rock, est assez déjantée pour enrôler.
Puis Brother vient répondre au Sister sur une mélodie electro-pop qui attrape illico l'attention. No Middle Name a cette agilité dantesque pour propulser immédiatement dans une ambiance, qui ne nécessite pas de mots. Fondness clôt sur des métaphores magnifiques comme une fenêtre, une petite robe rouge, le vent, les étoiles, et l'été, saison pendant laquelle David a écrit et enregistré à St Leonards-On-Sea ce sublime album.
J'aime cette impression d'incapacité quant à choisir un titre plus qu'un autre. Fondness est entier, brut, instantané. Il contient de l'esprit, de l'humour et de l'intelligence dans la création et dans l'interprétation. No Middle Name nous offre un deuxième album remarquable qui entérine sa précieuse et désormais indispensable présence dans le monde indie-pop.
NoMiddleName





BMX Bandits

Les bandits écossais battent le fer pop depuis 1983. Kurt Kobain disait 'If I could be in any other band, it would be BMX Bandits'. Quand apparait le groupe sous l'impulsion de l'auteur-compositeur Duglas T Stewart qui renait des cendres de The Pretty Flowers, la bande compte Frances McKee et Eugene Kelly des Vaselines, Sean Dickson des Soup Dragons et High Fidelity, Norman Blake des Teenage Fanclub et Stuart Kidd des Wellgreen et de Dr Cosmos avec son acolyte Joe Kane. Avec ses amitiés noblement robustes, ces liens qui traversent les décennies, Duglas continue sa route avec son complice d'écriture Francis Macdonald et Norman Blake tous deux des Teenage Fanclub et Pastels, David Scott des Pearlfishers, Stevie Jackson des Belle and Sebastian. Pour résumer, il y a toute la clique des Vaselines, Teenage Fanclub, The Boy Hairdressers, The Pastels, The Soup Dragons, Superstar, Green Peppers, Snowgoose, Telstar Ponies, The Clouds, Future Pilot AKA, Lloyd Cole, The Pearlfishers, Randolph's Leap, No More Tiger et The Ghosts...une liste à faire frémir! A l'approche de l'été, je qualifierais ces grands noms de ' sacrée belle brochette indiepop'.



Avec 12 albums, une vingtaine de singles et EP, les BMX Bandits signent le 19 mai prochain sur Elefant records un tout nouvel album où revient jangler joyeusement Dr Cosmos aux côtés de Duglas. J'ai donc reçu en avant-première cette tuerie nommée BMX Bandits Forever qui propulse des titres pop incroyables et effectivement intemporels après quelques 35 ans de carrière décrit par son créateur 'With this album we wanted to build a monument to eternal love and pure pop'.

Le festival de notes pop commence avec My Girl Midge. Soufflée, je déguste la mélodie, les paroles, l'orchestration alternative brillante où l'orgue côtoie la splendide voix de Duglas qui partage ici l'écriture avec son ami David Scott. Suit That Lonely Feeling, reprise du groupe des sixties The McKinley, plein d'une âme romantique, de lignes de basses qui ravivent toutes sensibilités fleur- bleue. Puis arrive Mais Do Que Valsa (Just A Memory) et son tempo pop psychédélique où la griffe de Stu Kidd fait son apparition, décrite par Duglas : 'BMX Bandits Forever started with a song that David Scott and I wrote and recorded together in an afternoon at his home in East Kilbride called My Girl Midge. At the time I was totally convinced that it would be the last recording I would make. I just couldn’t see a way forward for BMX Bandits at that point. But then I started recording and writing new things with Stuart Kidd. I couldn’t have done this without Stuart‘s generosity, encouragement and incredible musicality. I saw this quote (below) and it inspired a lyric idea. It was the first track that we recorded together for this album'.

StuartKiddPiggledyPop


Les rois de la pop enchainent sur un Rust dans la veine sixties emblématique des BMX, jusqu'à l'estival et amoureux SaveourSmiles, suivi de Love Me 'Til My Heart Stops qui fera fondre tous les petits coeurs sensibles. Dr Cosmos vient griffer Way Of The Wolf de sa mélodie modelée Beatles en continuant sur la magnifique It's in her Eyes qui ronronne à l'oreille en duo 'It's in her eyes and the way that she smiles, It's in her words and her funny style'.



L'ensemble de 16 titres, élégants, sophistiqués, dansants, fait resplendir les influences de Duglas qui vont de Bacharach, Jonathan Richman à Phil Spector. It's Time fait place à Razorblades & Honey (featuring Anton Newcombe) qui découle de sa rencontre à Berlin avec Anton, fondateur des Brian Jonestown Massacre où les deux musiciens se sont entendus comme larrons en foire. 'In the Summer of 2016 Chloe and I visited Berlin where Anton Newcombe and I wrote and recorded a song Razorblades & Honey for the album. It was great watching Anton work. Like us he likes to work real fast to capture a special kind of raw energy and magic that I think can only come from doing it that way.' Poursuivant dans un esprit hommage, BMX Bandits rejoue Forever des Beach Boys produit par Brian Wilson et American Spring dont je parle là: Honeys

Chloe Philip apporte sa touche féminine en alliant sa voix aérienne à la mélodie rayonnante de No Matter What You Say. L'amour, le rêve et les déceptions, les émotions, l'amitié règnent sur les notes de How Not To Care et Life Without You qui bouclent l'écoute avec une version instrumentale de Mais Do Que Valsa. Duglas T.Stewart dit 'I have always believed in the power and magic of love. It’s something even non-believers can believe in. This album is dedicated to real love.' Piggledy Pop range évidemment l'excellent BMX Bandits Forever dans son panthéon des albums nécessaires. A vos tablettes le 19 mai prochain !
BMXBandits







dimanche 2 avril 2017

Goodly Thousands

Trio pop irlandais formé en 2010, Goodly Thousands fait paraître il y a 3 jours un titre nommé Spree. Il avait signé auparavant l'EP Sunshine Hair en 2015 et Goodly Thousands en 2011. Colm Dawson qui écrit les chansons, joue de la guitare et chante, accompagné de Darren Hughes à la basse et Aaron Doyle à la batterie reconnait lui-même avec simplicité et honnêteté qu'il n'est pas rapide à la création. On lui pardonnera donc amplement tout en succombant aux mélodies jangle pop typées Go-Betweens, Lucksmiths, James, Voxtrot et Blueboy. Les pépites pop que signe Colm sont sophistiquées, dansantes, dentelées de guitare acoustique élégante, de rythmiques énergiques, de lignes de basse essentielles chapeautées d'un chant hautement harmonieux.



L'univers musical de Goodly Thousands s'apparente à une cassette emplie de voyages (Milan), de sentiments (I Wish), de paysages et de nature (Power Bird). Colm porte une attention particulière aux paroles, apporte sa personnalité pétillante aux arrangements et un don pour semer du romantisme et de la délicatesse sur les partitions. Ses titres dénotent une belle sensibilité et Spree offre largement de quoi patienter pour la suite tout comme les fabuleux power-pop Kiss Me Upside-Down et Walking Home ainsi que le premier EP en téléchargement libre là : GoodlyThousands



samedi 1 avril 2017

Winter Coat

Winter Coat, quartet pop de Cardiff, vient de sortir le génial single Into the Blue pour annoncer la venue prochaine d'un nouvel EP. Les musiciens gallois nous ont offert l'opus Drifting l'année dernière et mes oreilles sont définitivement séduites par leur univers. Jennifer Dawn est au chant et à la guitare, Dan Lewis à la guitare, Jonny Campbell à la batterie et Daryl Watts à la basse. Les quatre amis composent et jouent une dream pop qui enveloppe et accroche dès la première écoute. Les Winter Coat tiennent chaud avec leur humour et leur singularité, composant des mélodies pop alternatives superbement cintrées. Les textes décrivent des endroits familiers ou lointains comme Into the Blue qui nous emmène brillamment dans l'espace ou peuvent aussi offrir références cinématographiques comme sur le prochain EP prévu pour cet automne.



Les mots de Sea Song enivrants d'iode et de poésie comme sur Overcast Skies et Drifting sont ornés de guitares, de rythmiques, de vagues de voix qui accompagnent celle de Jen magnifique, d'une élégance infinie. Le club des quatre gallois transporte dans ses chansons, vidéos et concerts son esprit taquin au point de se laisser mener par le bout de la truffe par le chien Jazz au King's Road Studio où ils enregistrent Drifting. Leur inspiration est immédiate, leurs influences viennent des Real Estate, Wild Nothing et Cocteau Twins. Cette lignée musicale s'entend judicieusement dans Waiting at the Stop. La dream pop est menée avec dextérité par les guitares qui donnent le tempo à la mélodie et installe d'entrée de jeu un mellow charmant armé d'une mélancolie légère et exquise. Toujours fort romantique, Drifting propose une batterie qui fanfaronne doucement, une basse porteuse de sensualité et une guitare électrique enjouée pour un titre merveilleusement pop. Puis Sea Song, alchimie sonore bercée d'embruns, allie un texte marin à une instrumentation progressive, aboutie et bien soudée. La voix de Jen apporte de la grâce qui donne de l'ampleur à la musicalité des chansons comme sur le vaporeux et délicat Overcast Skies qui ne donne pas envie d'accoster. La sortie d'Into the Blue prend de l'altitude et enthousiaste parce que Winter Coat signe une mélopée qui se distingue et qui démontre vraiment leur propre style. La patience jusqu'à l'automne prochain sera récompensée pour les chanceux qui seront présents au festival Wales Goes Pop le 15 Avril prochain où Winter Coat portera ses fabuleux titres sur scène.
WinterCoat