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samedi 18 mars 2017

Bill Botting & The Two Drink Minimums

Bill Botting originaire de Brisbane apparait sur scène en duo dès 2011 avec son compère Nik Vestberg (Fulhäst) et le délicieux nom de groupe Moustache Of Insanity. Les deux oiseaux composent et jouent de la pure pop indieground utilisant des textes follement drôles agrémentés de guitares et claviers casio, gameboys, ipods, des appareils qui bip et zoop à gogo.
Puis on le découvre au sein des Allo Darlin aux côtés de Paul Rains qui récoltent un succès fulgurant. Depuis 2014, Bill griffe ses mélodies personnelles sous le pseudo Bill Botting & The Two Drink Minimums en s'entourant de musiciens superbes: Jonny Helm de The Wave Pictures, sa petite soeur Hannah Botting et Tom Wade tous les deux de Owl & Mouse, Paul Rains d'Allo Darlin' et Darren Hayman . Tout ce joli monde est accueilli dans le fameux label londonnien Fika Recordings.
WavePicturesPiggledyPop2010
DarrenHaymanPiggledyPop2008
Owl&MousePiggledyPop2015



Après les EP Coming soon et Brisbane (on everything) sous le nom Bill & Hannah Botting qui devient en 2015 Bill Botting & The Two Drink Minimums, un album vient de paraitre le 8 mars 2017 qui scotche mes oreilles au casque. Le style folk americana accompagne des paroles subtiles et les textes cartes postales sont concoctés sur des arrangements stylés et efficaces. L'album de neuf morceaux, nommé Better Friends, raconte l'expérience d'artiste, d'homme, ses voyages, ses concerts, comme un film indie qui proposerait un BO country et power-pop où l'esprit de Lou Reed, Paul McCartney, Paul Simon viennent flotter délicatement.
Comme le souligne le label "Better Friends was predominantly written on the move: on 3 hour night buses, tour vans and cross country trains." .. "The cover of Graceland came from hearing Willie Nelson’s version while waiting for the rest of the band to arrive for the first rehearsal. Having thought it was uncoverable, Bill proceeded to cover it with the gang. And he still modestly maintains that The Two Drink Minimums’ version is the second best of the three".



Le process de création grave réellement les titres qui nous propulsent illico dans cette atmosphère de tournées, d'enregistrement studio, promotion, concerts sous fond de romances. Avec la guitare électrique, basse-batterie resplendissantes de Better Friend qui attaque, le tempo pop dansant, le talent de guitariste et d'interprète de Bill saisit. Burning Bridges en guise de mea culpa est si bien galbé de guitare-voix et de la basse de Tom Wade qu'on pardonne et absout tout pêcher. Le style country reprend du service sur Knew You When qui zigzague guilleret entre Paris et ses verres de vin, d'un ferry pris à Calais après un séjour à Cardiff, en sautillant sur la batterie dynamisante qui monte au front dans la suivante Treating You Right, radicalement rock'n roll et séduisante avec le saxophone de Darren Hayman. Sachant que ce mois ci Bill ramène toute la famille en Australie pour peaufiner un nouvel album d'Allo Darlin', cela s'entend dans le jeu de guitare que le jus vitaminé de kiwi et oranges arrosé de soleil approche. La magnifique reprise Graceland suit logiquement l'ambiance rayonnante et rythmée en brassant le souvenir ému de Paul Simon dans la mélodie : "The Mississippi Delta was shining, Like a National guitar, I am following the river, Down the highway, Through the cradle of the civil war".



Le tambourin déchainé sur les guitares psyché de Feeling Sad Again évoque, d'ailleurs, un départ 'here i'm again on my way home' qui déroule un air fabuleux, qui montre les biceps de Jonny Helm aux percussions pendant sept minutes. Paul Rains et ses guitares sur la balade romantique The Rug, déroule un tapis de notes pour accompagner le chant de Bill chaleureux et intime qui nous invite à poursuivre en creusant plus profondément ce même sillon sur Paulie's Girl ou d'une simple conversation on aboutit à une chambre d'hôtel. Enfin, Difficult Stuff arrive sans prévenir pour les dernières notes de Better Friends qui passe décidément bien trop vite. L'acoustique amorce la rythmique qui s'élance grandiose, pailletée de guitares magnifiques. Better Friends est une sucrerie pop dont on prend chaque titre dans le paquet sans se priver. Bill Botting charismatique sur scène, écrit des mélodies aussi nostalgiques que rafraichissantes, qui font sourire, danser, incrustées de la voix d'Hannah Botting au charme fou.
BillBottingFikaRecordings



dimanche 12 mars 2017

Nicolas Michaux

Je le soulignais en 2015, au sujet de la sortie de son EP, Nicolas Michaux est un gros coup de coeur Piggledy Pop. L'artiste réitère, remet à jour des chansons écrites entre 2011 et 2015 quelque part à cheval sur la Belgique, l'Italie et le Danemark à l'image de son profil de globe-trotter fortement dessiné dans ses mélopées. L'album se nomme A la vie, A la mort et commence par les trois titres de l'EP Nicolas Michaux, Nouveau Départ, A la vie, A la mort et Imposteur que je chroniquais là :
NicolasMichauxPiggledyPop2015



"Nicolas Michaux est un artiste belge qui fait partie de ces oiseaux rares, musiciens-interprètes, qui entendent la musique en chantant, parfaitement en symbiose avec la mélodie. Dans une veine artistique electro-pop, les textes en français élégants se marient à sa voix animée de tendresse. Originaire de Liège, son premier galop d'essai Eté 67 est formé en 1998. Le groupe signe un 4 titres pop-rock en 2005 contenant le single Le quartier de la gare qui fait le tour des radios et l'emmène sur les routes des concerts et festivals européens. En 2010, parait le deuxième volet de 14 titres, Passer la frontière. L'album est brodé avec de la flûte, de la clarinette, du saxophone, guitares, harmonica et des chansons rock, puissamment dansantes. Eté 67 réussi a créer des ambiances diablement réussies sur Le cowboy tout nu comme sur Retour à Elisabethville où les arrangements propulsent à la Nouvelle-Orléans, sur les bords du Mississippi ou bien la pop galbée de Romans de gare, de Passer la frontière, au rythme voyageant jusqu'aux montagnes d'Auvergne et sur un pétrolier en pleine mer."



L'album est grandiose en s'ornant donc de nouvelles chansons dont le formidable Croire En Ma Chance où je distingue en me léchant les babines le style griffé de son auteur. Je fonds au son de ce semblant de nonchalance qui cache énormément de rage de vivre, d'humour, de fièvre admirable que Nicolas sait graver dans ses textes. Les claviers aériens résonnent joliment au côté de la guitare en concluant sur un optimiste 'croire en son prochain' qui nous étend le temps du titre dans une atmosphère mirifique délicieuse. Suit Les îles désertes avec sa basse qui cavalcade guerrière, où le musicien fait flotter un chant intimiste pour délivrer un titre alternatif monumental aux allures du Velvet Underground qui meuble savoureusement 7 minutes.

On reprend la route avec Nicolas sur Si tu me laisses, balade hautement rythmée par sa batterie et les riffs mutins de guitares pour offrir une confession amoureuse à coeur 'de pierre' ouvert via l'Arizona et le Mexique. Le train zig-zag, les notes electro-pop fusent dans Le ciel signé et interprété avec dextérité. L'ambiance insulaire poursuit sur Part of No Part, sur son orchestration et ses arrangements caribéens. Le rythme ondule et continue d'envelopper sur Avec Vous où Nicolas titille le clavier en mettant un charme fou dans sa voix et en sculptant solidement un texte pour conquérir ce 'vous'. Le plaisir ne quitte plus les oreilles quand Etre deux donne un effet de consécration en fin de disque, mêlant anglais et français, pour une palette de sonorités analogiques qui deviennent presque organiques. L'album A la vie, A la mort est empreint de l'âme artistique et de la personnalité aussi amusante que perfectionniste du poète pop Nicolas Michaux qui me touche, assurément.
NicolasMichaux



Mauves

Mauves est un groupe que j'apprécie particulièrement parce qu'il offre depuis son opus de 2011 des chansons galbées de mélodies inspirées et de textes en français, métaphoriques et réfléchis. Les groupes francophones qui savent allier les deux efforts ne courent pas les rues.
Je parlais de ces excellents joyeux drilles en 2013 " Mauves est un groupe canadien, de Québec, qui compose des mélodies dansantes, fourmillantes d’instruments et sait y déposer des paroles pop en français, élégantes et poétiques. L’âme des sixties plane sur leur premier album Cinéma Plymouth, sorti en octobre 2011. Jean-Christophe Bédard-Rubin, Cédric Martel, Alexandre Martel et Julien Déry offrent des airs pop garnis d’harmonica, de tambourins, flûte, de banjo, saxophone (Comme un loir), guitares, violons, batterie, trompette (le Bal) faisant communier le rock, la pop et le folk. Les constructions mélodiques délicieuses rappellent les Beatles et Beach Boys, avec du Paul McCartney dans La maison de Johnny, une once de Burt Bacharach et de Brian Wilson dans le chant en chorale des quatre artistes."
MauvesPiggledyPop2013



2008, Alexandre forme un duo guitare-batterie qu'il nomme Jaune avec Jean-Christophe quand Julien vient les rejoindre à la basse puis Cédric (frère d'Alexandre). Le quartet découvre via de vieux vinyles de leurs parents, notamment les Beatles, Zombies, Kings, Monkeys, l'immensité d'influences que comporte la pop : du rock, du jazz, de la bossa, du classique.
Julien dit que 'c’est devenu un défi stimulant d’éprouver l’écriture francophone sur notre musique à sonorité anglo-saxonne'. Du Jaune, on passe au Mauves dès 2010 et depuis Cinéma Plymouth de 2011, le quatre titres Rebrousser les Indes de 2013 et son grandiose Beetle ou T-Bird suivi de l'album Le Faux du soir la même année, le groupe nous propose un très beau Coco en octobre 2016.



Avec Coco, les géniaux musiciens frappent fort dès J'ai tout essayé. Les guitares qui répondent à la batterie du nouveau venu Charles Blondeau visitent les partitions psychédéliques de claviers. L'esprit taquin et chatouilleur de Mauves se régale comme à l'accoutumée avec des choeurs qui susurrent des 'oh non' pour finir par des 'oh oui' coquins. Le décor est planté, les textes ultra sensuels et sexy comblent de bonheur avec ses métaphores romantiques. La pop voltige sur Vélomoteurs, et pour imager un moment amoureux, les thèmes du feu, du petit jour, de la mort reviennent caresser Longtemps avec la rythmique endiablée du tambourin d'Emmanuel Ethier également aux synthé et aux congos de Jean-Étienne Collin-Marcoux. Le somptueux Les mots de gare est une invitation croustillante à l'amour où les mots glissent doucement en jouant avec l'espace et le temps. La poésie de Mauves touche sans scrupule et enveloppe complétement lors du moment de grâce joué au basson par Marie-Renée Sheridan. On se brûle de nouveau sur La carte des feux et sa guitare folk où l'image du brasier, de la mort, ravivent les sens et résonnent d'autant plus avec la voix enregistrée en acoustique.



Le tempo reprend des couleurs chaudes, voire électriques, quand Parc du Portugal délivre sa mélodie dansante accentuée par le saxophone de Christophe Lamarche-Ledoux. Le voyage se poursuit sur le bondissant En Nouvelle-Calédonie, où les guitares des frères Martel, claviers et la basse de Julien Déry resplendissent et font perdre la tête sautant de Hong-Kong à Bologne en passant par Amsterdam, Oslo, Chicago, San Antonio, tout en mangeant des piments et des hot-dogs. L'ambiance torride et sensuelle revient sur Eh fille comblée de mellow dandy et psyché, d'un blues enragé, où l'absence de morale tend à faire rougir les genoux sur un prie-dieu. Les arrangements ronronnent vaillants sur XXIe orné de choeurs et d'une guitare électrique rebelle pour évoquer la prétention de l'homme et son ignorance qui assombrissent notre époque. Le petit jour pointe pour conclure l'écoute tout comme cette idée ouvrait le disque de façon intelligente. La voix d'Alexandre qui écrit ces dix morceaux avec un talent infini est suivie par les choeurs (Sam Eloi, Catherine St-Jean, Francis Baumans) avec bien sûr les voix angéliques des quatre Mauves qui touchent en chantant "Je connais la mort, je l’étais déjà, Alléluia, Je connais la vie, le mythe de l’amour, Reviens à moi". Mauves, égal à lui-même, orne son chemin pop et rock psyché d'un Coco énorme de qualité. Tout amateur du genre devrait se mettre en chasse pour l'avoir.
Pour les chanceux qui sont à Quebec, le groupe s'y produit plusieurs fois en mars.
Mauves

samedi 11 mars 2017

Mike Evin

Mike Evin est originaire de Montréal. L'auteur-compositeur a sillonné le Canada et vit désormais à Toronto. Multi-instrumentiste, il commence très jeune à apprendre la musique, fait ses armes au piano, puis à la guitare .

Depuis 2001, il signe cinq albums, The January Muse (2001), I'll Bring The Stereo (2005) qui offre la participation d'une pléiade de musiciens canadiens comme les Barenaked Ladies avec qui il part sur les routes ces jours-ci, Good Watermelon (2009), Do You Feel The World? (2011), Life As A Lover (2015). Il travaille actuellement sur son nouvel album auquel on peut participer sur Pledge Music. A ses côtés, le retour d' Howie Beck à la production, son fidèle ami et bassiste Jim Creeggan des Barenaked Ladies et Ian MacKay à la batterie.
PledgeMusicMikeEvin



A l'écoute des albums de Mike Evin, la veine jazzy inonde ses mélodies pop et je retrouve un air commun fantaisiste et mélancolique, un folk américain influencé par la culture européenne, avec ses compatriotes canadiens, Neil Young, Feist, Jason Collett de Broken Social Scene, Hawksley Workman, Leonard Cohen et Rufus Wainwright. Le style de Mike est mâtiné de groove, de pop orchestrée de cuivres et cordes, saupoudrés de son chant volage et sage. Les arrangements fluides et évidents sont dansants, enjoués, nostalgiques et émouvants. Le disque ouvre sur Have i ever loved à l'immédiateté pop où le piano, la basse, la guitare, les claviers, la batterie sont convoqués pour pêcher de friandise. On comprend avec le titre d'album et ce premier hymne sensuel boogie qu'on aura affaire à l'amour le long du disque. Imprégnés d'une rythmique seventies, digne des odes de Gilbert o'sullivan, Shake Well et Alli annoncent le solide Al Green qui groove sur ses "oolalalala", jusqu'au superbe havre de paix If I Stay This LonelyMike Evin brille au piano et au chant, sonnant trompette, flute, cor et cornet. Le swing de Lose my Grip prend un chemin déjà maintes fois fréquenté, pourtant l'effet marche et les claviers y font des loops solaires.



La très belle balade estivale If There Is A One, énergisante de sentiments amoureux, nous mène par le bout du nez cueillir des pâquerettes avec les orteils et mordre les blés à pleine dent. Le tempo de First Friends devient plus langoureux, orné de guitare acoustique et de voix en chorale pour imager le thème nostalgique et sarcastique de parents qui délaissent leur enfant. Puis la rythmique reprend avec sa ritournelle de notes au piano, légère et ensoleillée sur Darlin' Whenever quand Homelands nous conte l'histoire de la grand-mère Nonna, d'une fuite jusqu'à Tel Aviv, et avec qui Mike ravive sa mémoire pleine de thé et de bagels rendant hommage à son arrière-grand-mère Regina Haboucha. Life as a Lover est une pépite pop pleine de mélodies, de charme envoûtant et d'esprit positif où Mike Evin resplendit au Wurlitzer, au piano et à la guitare et surtout, fait vibrer ses chansons par une interprétation ronde de finesse et d'émotion.
MikeEvin



dimanche 5 mars 2017

City and Horses

Je suis fan du groupe. En 2013, je publiais un billet sur les new-yorkais City and Horses pour célébrer la sortie du troisième album Strange Range qui faisait suite à celui de 2011 We Will Never Be Discovered et à l'opus de 2009, I don't want to dream. Ce fabuleux projet est mis en place par Marc Cantone qui s'attèle à ses compositions depuis 2008 et qui en plus d'écrire, de chanter, joue de la guitare, des percussions, de l'orgue.
"L'ensemble de musiciens offre une pop orchestrale joyeuse et dansante grâce aux textes naifs qui narrent les souvenirs d'adolescence avec toupet, entrain et humour. Utilisant un champ lexical enfantin, les thèmes sérieux sont traités avec légèreté tout au long des chansons comme sur Pierre The Arab, Your father's Factory, I'll Marry You qui nous emmènent dans un style pop alternatif proche de celui des Belle and Sebastian (...) L'espièglerie s'entend jusqu'aux arrangements, malins et contemporains (...) Le tempo coloré et chaleureux, les variations dans les mélodies, les arrangements solides montrent que Marc Cantone, également producteur d'émissions à la télévision pour les enfants a de multiples cordes à son arc. "



J'ai la chance et l'honneur depuis quelques mois d'écouter le tout nouvel album Ruins qui paraitra dès la fin mars 2017. Marc revient offrir son talent de mélodiste, son bel esprit rieur et émouvant, son univers artistique groovy seventies orné de cordes, de cuivres toujours aussi joviaux et funky. Dès que joue Shades, c'est une explosion de notes vitaminées dansantes, garnies d'un texte qui parle de 'girls who wear headphones' qui écoutent City and Horses sans se préoccuper de savoir qui est l'humain derrière celui qui écrit des chansons avec des failles comme l'OCD. Puis les brillantes guitares brit-pop se portent en bandoulière pour une balade pop alternative fabuleuse qui nous mène du East-Side en direction de la New-England et séduira les fans de Lloyd Cole, Real Estate et Johnny Marr. Les harmonies rock et pop de génie sévissent sur Drag où guitare et batterie de Chris Wirtalla s'emboitent et s'incrustent comme des joyaux de haute facture. Le titre So, assurément sensuel, gorgé d'une rythmique langoureuse, prend de l'ampleur sur la basse de Matt Manhire et le chant de Marc qui s'envole, brûlant.



Ruins aborde le sujet de la faiblesse et des dégâts que crée l'ocd (Obsessive–compulsive disorder). Berlin saisit par la délicatesse du piano et la douceur des arpèges qui cachent des questionnements parfois adorablement sarcastiques 'i want to go home but i am already there so where do i go now' 'i go to Berlin and i build up a wall, things were easier before the fall'. Après l'ambiance nostalgique automnale, place au groove qui croone sauvage sur Don't Love Me à l'esthétisme Sebadoh tourbillonnant de cuivres, de guitares jouées par Marc et Shane Connerty avec l'ensemble de cordes arrangé par l'artiste indie-pop indonésien Ricky Virgana . Comme de coutume, Marc aime convier des voix féminines, en duo sur My Friends don't know où les synthétiseurs et le saxo de Nikki D’Agostino resplendissent.



Le voyage, les endroits sont souvent présents dans les titres de City and Horses, les souvenirs, les photos, prennent l'habit de nostalgie sur Old Days aux arrangements cristallins et cosmiques. La ritournelle rock lo-fi magique et marquante Love to Give amorce des harmonies brit-pop dans la veine des Rolling Stones avec Keith Richard évoqué d'ailleurs dans le texte. Seltzer à l'image des bulles évaporées parle de la rupture et des ruines laissées après s'être battu comme un diable. Le piano s'accorde à la voix, touchante et fragile, frôlant la perfection de l'intimité et de la confession ouverte. Puis le swing presque ironique de Ruins boucle la masterpiece de 12 titres où la maladie et l'anxiété se glissent entre les lignes sur des mélodies bondissante pop sixties typée Belle and Sebastian dont Marc aime The Life Pursuit , pour lui le meilleur album des ces 20 dernières années.

City and Horses continue de poser sa pierre à l'édifice indie-pop avec Ruins et montre l'inspiration, le travail prolifique et le talent de composition infini déployé le long de ces quatre albums. Grand Merci à nos amis du Havre, les normands Le contremaître et sa contremaîtresse de toutcontre.com, pour leur show hilarant dans les vidéos 'très oranges'!
CityAndHorses
Contremaitres
CityAndHorsesPiggledyPop

samedi 4 mars 2017

Oscar

J'évoquais le lascar Oscar dans un billet il y a presque deux ans. Depuis le jeune londonien a signé l'album Cut and Paste en mai 2016 et il y a quelques jours, le tout beau single Sometimes​/​Breaking My Phone.
"Le musicien londonien Oscar Scheller alias Oscar commence à faire parler de lui en avril 2013 avec son premier EP auto-produit et enregistré chez lui Never Told You. Remarqué par NME qui conseille de le suivre, et le Guardian qui le décrit comme un artiste héritier de Leonard Cohen et Morrisey .., le jeune Oscar de 22 ans poursuit avec le second EP 146b en 2014. De nouveau l'auteur-compositeur ne passe pas inaperçu et la presse noircit ses pages de compliments. Admirateur de Blur, The Radio Dept et Magnetic Fields, Oscar signe un deuxième disque subtil et fin, au son indie-pop arrangé de synth-pop et d'une rythmique dansante.



Mélange de new-wave et de pop electro contemporaine, Oscar écrit sur l'amour et ses déceptions, en donnant des ailes d'anges à ses guitares et à ses claviers. Les mélodies solides sont très inspirées chez le jeune homme qui nait dans le nord de Londres il y a 25 ans de parents musiciens, son père étant notamment membre du groupe des années 70 The Regents. Le garçon âgé de 6 ans commence à apprendre le piano, à écrire des chansons. Puis il met son imagination en oeuvre en rejoignant les beaux-arts, se spécialisant dans la sculpture. Ne se sentant pas complet, il met sa fertilité artistique au service de la musique. Pour notre grand plaisir, Oscar fait paraitre en juin 2015 l'EP Beautiful Words, romantique et au tempérament trempé. Il nous réserve un album pour 2016 ayant déjà une poignée de 12 titres à enregistrer et à peaufiner. Piggledy Pop sera à l'écoute et en parlera certainement. "



Me voilà donc pour commenter ce magnifique album de 2016 qu'est Cut and Paste. Sometimes lance les premières notes dignes héritières de Blur et derechef on retrouve non seulement le talentueux auteur, le charismatique interprète mais aussi le show-man avec son humour, son amour pour mickey mouse (chacun, chacune son pêché mignon), son univers peter-pan excentrique et surtout son tempérament hautement poppeux. C'est toujours au sommet de la pop underground -attention à la tête- que sieur Scheller nous entraine sur le romantique Be Good où la batterie ronronne en se frottant aux claviers.
Avec ses paroles naives 'en apparence' et la rythmique dodue, l'envie de danser nous maintient grâce à la dextérité de Kim Deal à la basse et à la qualité de l'enregistrement fait par Oscar Scheller, lui-même. Le besoin de se trémousser poursuit avec Feel it too qui offre un sacré chant de crooner sur un tambourin et des guitares indie à souhait. Les harmonies et arrangements sont efficaces, ciselés pour ériger un univers artistique singulier. Les samples groovent sur Good Things, titre positif et amoureux qui devrait tordre les oreilles aux aigris et frustrés ainsi qu'aux idiots qui vivent au travers de leur iphone, idée qui revient sur le fabuleux rock de Breaking My Phone.



Le somptueux duo Only Friend avec Marika Hackman délivre une mélodie pleine de romantisme comme Daffodil Days où la basse et les choeurs liés font dodeliner la tête et se dandiner frénétiquement les vertèbres. Le grain de voix d'Oscar frôle les cimes de la perfection sur Fifteen qui prend le costume d'un billet doux susurré à l'oreille à ébranler l'épiderme. Là encore le mariage du tambourin et de la basse rappelle sensuellement The Smiths dont le style old-school transporte au temps où une plume se fendait sur des mots vibrants de sentiments, état émotif assumé aussi sur Beautiful Words. Le tempo chaloupe et balance jusqu'au dernier morceau Gone Forever, dont les cordes et synthétiseurs tendus sur la voix d'ange d'Oscar ornent la mélancolie d'une histoire qui se termine. Les chansons de Cut and Paste sont addictives, colorées, joyeuses et la voix d'Oscar, généreux et actif, un exquis bonbon parfum baryton.
Oscar
OscarPiggledyPop2015